Archive pour la catégorie ‘Expression corporelle’

Où l’on reparle de la 3 C

Jeudi 12 mars 2009

Ah ! Cette 3 C ! Il y a un certain nombre de classes dont je garde d’excellents souvenirs, mais celle-là tient tout de même une place particulière…

Tout d’abord, l’ambiance entre élèves était excellente. Bien sûr, comme dans toute classe, il y avait des « clans », mais tout le monde s’entendait bien. D’ailleurs, sans cette ambiance, nous n’aurions jamais pu monter deux pièces dans l’année, toutes deux des créations à partir d’expression corporelle.

Ces deux pièces ont évidemment renforcé les liens. Si la première, assez courte, a été montée en 2 ou 3 mois, la seconde nous a bien pris 5 ou 6 mois !

Impossible, évidemment, de tout faire en cours de Français. Comme nous étions en ville, et que les élèves habitaient assez près du collège, nous « réquisitionnâmes » la salle de spectacle du Centre culturel de la Zup pour y répéter et avancer nos préparatifs.

Je n’étais pas seule prof, dans cette seconde entreprise : leur prof de Maths nous assista, leur prof d’EPS les fit répéter pour des mouvements d’ensemble et les déplacements de groupes (la classe entière – sauf un élève – se retrouvant sur scène à plusieurs reprises) et apprit à une autre classe une danse de rubans qui clôturait la pièce. Je crois que cette dernière (prof, pas classe ni danse !), ainsi peut-être que leur professeur d’Histoire, vint aussi travailler sur les recherches de maquillages. Enfin (j’allais dire : surtout !), il y eut l’indispensable participation d’un ami, prof en lycée (mais époux d’une collègue) : c’est lui qui créa, avec l’aide d’élèves volontaires, le diaporama qui introduisait la pièce, et qui prit les photos ; lui encore qui s’occupa de choisir les éclairages selon les moments, et supervisa la régie lors du spectacle.

Les répétitions au Centre culturel ayant généralement lieu le mercredi après-midi, beaucoup d’élèves venaient ensuite chez moi (mon appartement était dans la tour voisine) boire le thé (ils ne connaissaient pas vraiment… mais certains y prirent goût) et discuter, de la pièce ou d’autres choses. C’est dire que nos relations étaient vraiment particulières : ils me vouvoyaient et je les tutoyais, certes, je les notais et ils ne me notaient pas, mais quand on se retrouve ensemble, chaque semaine pour certains, assis par terre sur un tapis de laine à boire le thé… les rapports prof-élèves ont tendance à se modifier légèrement…

D’ailleurs, à la fin de l’année, c’est la conseillère d’orientation qui nous invita tous (élèves et profs) à venir manger chez elle ! Je ne sais plus qui eut l’idée de demander aux élèves d’origine étrangère d’apporter chacun un plat de chez eux (j’ai oublié si les autres devaient aussi apporter quelque chose…), mais ce fut une réussite ! Je me souviens entre autres des œufs frits portugais et, surtout, portugais également, du foie de veau aux oranges et au cumin ! Moi qui n’aimais pas le foie, je fis de nombreuses fois cette préparation les années suivantes !

Je me souviens encore davantage du couscous : Bel avait dit que sa mère voulait bien le faire, mais qu’il lui fallait de l’aide pour les épluchages. Je débarquai donc dans sa cuisine vers 8 heures du matin… et elle me transforma en marmiton pour la matinée ! Dommage que j’aie tout oublié : il était délicieux, ce couscous ! (mais je fus très vexée que Bel ne vienne pas le manger avec nous ! Il n’arriva que dans l’après-midi…)

Il faisait beau, et l’après-midi se passa sur la terrasse, à danser et s’amuser…

Premiers pas en expression corporelle (suite)

Mercredi 10 septembre 2008

Parallèlement, des parents d’élèves jouaient aussi traditionnellement une pièce pour la fête de fin d’année, et me demandèrent de me joindre à eux. Ce que je fis, avec l’institutrice de Cours Élémentaire, Solange. Je leur proposai des séances d’expression corporelle qu’ils acceptèrent sans aucun enthousiasme. Mais ils jouèrent le jeu, et l’ambiance était très sympathique. Cependant, le temps passant, ils s’inquiétaient de ne pas encore avoir de scénario précis, et acceptèrent de tenter l’expérience d’un spectacle d’expression corporelle à condition que je joue dans la pièce écrite qu’ils avaient choisie (l’histoire d’un homme qui a – peut-être – avalé une mini-bombe au lieu d’un cachou… réactions de l’entourage qui sait – ou croit savoir…). Quand nous eûmes un scénario qui se tenait à peu près, je suggérai que 2 élèves de 5ème viennent assister à nos séances, comme spectatrices – et comme critiques ! Car, là aussi, il y avait un bilan de fin de séance. Or, comme je jouais, il m’était difficile d’avoir un « regard extérieur » sur ce que nous faisions. Le père de l’une d’elles acquiesça, et Sylvie vint, avec une camarade, jouer les critiques… Pas trop impressionnées, car rodées depuis des mois à cette technique, elles nous aidèrent beaucoup. Et le père de Sylvie recevait ses critiques comme les autres, ce qui devait lui sembler tout de même assez curieux! Je ne me rappelle plus la fièvre qui précéda les derniers jours, mais je suis sûre qu’il y en avait une, et intense! Même si le public nous était  acquis d’avance (au moins pour la pièce des élèves), je sentais l’importance de l’enjeu en présentant des spectacles qui ne ressemblaient pas du tout aux pièces habituelles. Je me souviens par contre des angoisses d’une maman du groupe de théâtre qui jouait le rôle d’une fleur et dansait sur la scène en justaucorps noir : à l’approche du spectacle, elle hésitait à se montrer ainsi devant tout le monde… J’avais demandé à des amis du Pratos de venir voir « ma production », et ils étaient 3 ou 4 parmi les centaines de spectateurs (combien de centaines? Aucune idée! J’ai totalement oublié la contenance de la salle!) : j’espérais très fort que leurs critiques seraient positives! Je ne me souviens pas de problèmes pendant la pièce des élèves; mais je me souviens des applaudissements quand les quelque 80 gamines vinrent saluer à la fin ! Quelle fierté ! (Forcément, les parents de 80 enfants applaudissent beaucoup plus fort que les parents de 2 ou 3 !). Les pièces des adultes se déroulèrent sans anicroches non plus, et je me sentis la reine de la fête!

Premiers pas en expression corporelle

Mardi 9 septembre 2008

A l’époque, j’étais toujours dans l’enseignement catholique et, n’ayant pas trouvé de poste dans ma région, je répondis à une petite annonce (je crois que c’est ma mère qui l’avait vue) pour un poste dans l’Aisne. Comme beaucoup d’écoles de ce genre, l’établissement (école de filles!) avait une classe de chaque niveau, de la maternelle à la 3ème. Je me retrouvai donc à enseigner le Français en 5ème, mais aussi l’Histoire, la Géographie et l’Instruction civique (on ne disait pas Éducation civique, à l’époque) dans les 4 niveaux du collège. Je dirai peut-être un autre jour les problèmes que cela me posa…

Ma classe de 5ème était très sympathique (les autres aussi, d’ailleurs!), ce qui tombait bien, car je la retrouvai une dizaine d’heures par semaine, dans l’une ou l’autre matière. Je ne sais plus du tout comment j’en vins à transformer l’un de mes cours en séance d’expression corporelle… Il me semble que par la suite, de "vraies" séances (c’est-à-dire de 2 heures) eurent lieu après les cours, mais je n’en suis plus très sûre. Comme les élèves habitaient le village ou étaient internes, cela ne devait pas poser problème.

Ces séances avaient un grand succès et, quand on me parla de la fête de fin d’année, où l’on organisait un grand spectacle dans la salle des fêtes, je pensai bien sûr y associer mes 5èmes.

Petite parenthèse : un des grands principes auxquels je me suis toujours pliée était que dans un spectacle de classe, toute la classe participait. Si l’un ou l’autre élève ne voulait pas monter sur scène, il participait d’une autre manière en s’occupant des costumes, accessoires, maquillages, éclairages, que sais-je! Mais je me refusai toujours à préparer un spectacle où les 2 ou 3 (ou plus, qu’importe!) "meilleurs en théâtre" montaient sur scène tandis que leurs camarades spectateurs étaient réduits à les applaudir…

L’institutrice de cours préparatoire était très intéressée par mon projet, et me demanda de donner des séances d’expression corporelle à ses élèves, puis, par la suite, de les intégrer dans le projet des 5èmes. Ces dernières ayant ébauché un scénario comportant des pickpockets qui dévalisaient les passants, on décida que ce serait sur un fond de fête, comprenant un spectacle de marionnettes : les élèves de CP seraient les marionnettes, qui seraient "manipulées" par des 5èmes (mais sans fils : trop compliqué!). Et les CP élaborèrent elles-mêmes les scénarios (si, si! on peut le dire, en français!) des marionnettes. Les enfants qui ne joueraient pas des marionnettes (la multiplication des sketches aurait entraîné un allongement démesuré du spectacle) joueraient de percussions pour ponctuer la pièce.

Sur ce, l’institutrice de CE1-CE2 voulut participer, elle aussi (à moins que ce ne soit l’inverse : elle d’abord et les élèves de CP ensuite… mes souvenirs sont brumeux sur ce point). La pièce étant censée se dérouler sur environ une année, ses élèves se chargèrent d’illustrer le changement des saisons : avec de grands panneaux peints, mais aussi en expression corporelle (muette), rythmée par les percussions.

(à suivre)

Le Pratos

Lundi 8 septembre 2008

J’ai toujours adoré le théâtre : celui qu’on joue encore davantage que celui qu’on regarde… Il est possible que j’aie vu mes parents jouer dans un groupe d’amateurs à l’occasion de fêtes de la paroisse ou de la commune. Je ne m’en souviens pas, mais c’est assez vraisemblable. Mon premier souvenir en tant qu’actrice, mais aussi organisatrice, metteuse en scène, habilleuse, etc., remonte à une kermesse de mon village (c’était un village, à l’époque…) quand j’avais une dizaine d’années. J’avais trouvé le texte dans la revue Lisette, petite saynète à 3 ou 4 personnages…

Le souvenir suivant est bien plus tardif : à la fête de l’école, en fin de première, je me retrouvai en Rastignac, assistant le Père Goriot en train de mourir. J’avais été très déçue : j’espérais remporter le rôle titre, Rastignac n’étant guère plus qu’un figurant… mais une autre élève m’avait devancée…

Par la suite, je profitai de mes séjours comme monitrice de colonie de vacances pour monter de petits spectacles, associant souvent danse et théâtre, car la danse était aussi un de mes rêves. Et, bien sûr, dès ma première année d’enseignement, je me hâtai de monter un petit spectacle à partir de La Belle au bois dormant avec mes élèves de 6ème.

Mais ce goût pour le théâtre devait prendre d’autres formes : si j’avais "le feu sacré", il faut bien avouer que je manquais sérieusement de connaissances en techniques théâtrales et en animation! Ces connaissances indispensables, c’est à la MJC que je les acquis…

Il y avait à l’époque un groupe "d’expression corporelle" : j’ignorais totalement ce que recouvrait ce terme, mais quand j’appris qu’il s’agissait d’une certaine forme de théâtre, basée sur des improvisations,je me hâtai de m’y inscrire.

Le Pratos… Tel était le nom du groupe d’une quinzaine d’adultes (jeunes : moins de 30 ans) et d’ados qui se retrouvait chaque semaine pour des séances où l’on apprenait aussi bien la relaxation que l’image fixe, l’utilisation de la voix, la réaction à telle action ou telle posture d’un autre acteur. On apprenait aussi, à la fin de la séance, à "critiquer" ce que nous avions fait. J’écris avec des guillemets, car trop souvent, on entend le mot "critique" comme négatif : ce n’était évidemment pas du tout le propos. Il s’agissait de formuler comment nous avions vécu la séance : observations tant sur le déroulement même que sur les actions/réactions des autres acteurs.

L’animateur (Jacques refuserait-il le terme?) nous ayant fait découvrir de nombreux exercices et leur enchaînement dans une structure à peu près constante (mise en train, exercice, relaxation, exercices, parfois improvisations globales, bilan), nous passa alors le flambeau : chacun notre tour, nous préparions une séance et devenions animateurs. Bel apprentissage!

Nous montâmes même un spectacle : Malaise, bien que ce ne fût pas le but premier du groupe. Mais nous avions envie de mettre à l’épreuve ce que nous avions découvert.

Et, quand je me retrouvai prof dans l’Aisne, je décidai assez vite de me lancer dans l’expérimentation…