Archive for the ‘Réformes’ Category

Un si beau métier…

mardi, janvier 25th, 2011

C’est curieux, mais il semble y avoir comme une désaffection des étudiants pour notre si beau métier…

Bon, d’accord, le nombre de postes aux concours du second degré est passé de 17 200 en 2003 à 8 600 aujourd’hui.

Mais… les inscriptions, elles, ont baissé de 25% cette année… Il y aurait 1 300 inscrits au CAPES de Maths pour 950 postes… Presque sûrs de l’avoir, dis donc ! (Quand je pense que je n’ai eu la chance d’être dans le « peloton de tête » qu’au 3ème essai…)

Bon, d’accord, la réforme de la « formation » des profs a pu avoir un effet dissuasif… surtout si les étudiants connaissent tel ou telle « stagiaire » qui patauge dans la choucroute depuis septembre…

Bon, d’accord, les 4 800 postes à supprimer dans le second degré, en regard des 48 500 élèves de plus à la prochaine rentrée doivent rendre perplexe plus d’un étudiant : 10 élèves de plus = 1 prof de moins… Drôle d’équation !

Bon, d’accord, les déréglementations mises en oeuvre dans certains collèges, où le principal recrute directement les profs, peuvent faire lever plus d’un sourcil.

Bon, d’accord, la suppression de 155 Conseillers Principaux d’Education peut faire frissonner quelques peureux, qui se voient déjà submergés par des élèves goguenards presque assurés de l’impunité. (Et l’éventuel ajout de policiers dans le collège où ils seront nommés ne les rassure pas forcément…)

Mais… c’est un si beau métier, que d’enseigner… Aider des enfants, des ados, des jeunes, à acquérir la maîtrise d’un savoir, d’une réflexion, d’une autonomie…

* * *

Allons ! Tout n’est pas si dramatique ! Les 4 000 000 d’euros attribués en plus à l’enseignement privé peuvent permettre la création de 250 postes…

Salut, Bastien !

mercredi, janvier 5th, 2011

Grand merci à ma sœur préférée d’avoir attiré mon attention sur le livre Je suis prof et je désobéis, de Bastien Cazals.

Je ne l’ai pas encore lu (et ne pourrai plus le commander à la librairie – fermée – de mon village), mais ai parcouru quelques pages sur Internet…

Son propos est de remettre en perspective l’ensemble des mesures gouvernementales, et de montrer leur cohérence. De la diminution des effectifs, élément le plus visible (16 000 suppressions encore annoncées en 2010) à la transformation du mode de recrutement et de formation (le stage avec horaires adaptés (6 heures au lieu de 18h) est supprimé, et on envoie les nouveaux professeurs à temps plein dans des classes), en passant par la tentative de réforme du lycée qui va revenir sur le tapis ou le changement des maternelles, toutes ces mesures ont un seul objectif: réduire les dépenses, sans réfléchir un seul instant aux pertes que celui induit, notamment en terme de services publics. Car il est bien entendu que ce qui n’est plus fait par l’Etat, comme l’accueil des enfants en maternelle dès 2 ans, permet à des entreprises privées de s’emparer des marchés juteux qui le gouvernement lui offre.

Sans doute avez-vous entendu parler de Bastien Cazals… Pour moi, si j’en avais entendu parler il y a 2 ans, j’avoue que j’avais oublié… Réparation s’impose !

Donc, Bastien, professeur des écoles et directeur, désobéit. Il en a informé le président de la République, en expliquant sa position :

Monsieur le Président, autant vous le dire de suite, avec les transformations qui s’opèrent actuellement, l’État ne pourra plus garantir à chaque citoyen les mêmes droits en terme d’éducation. Et il s’agit, là, du déni d’un droit fondamental, surtout dans une république qui se prétend historiquement éclairée par le savoir et la pensée, la finesse et le bon goût. Cette  »modernisation » de l’Éducation Nationale, qui se construit pas à pas depuis des années, avance sur plusieurs plans à la fois mais dans une grande cohérence. Sachant que votre temps est précieux, j’ai donc choisi de n’en aborder qu’un aspect, le plus saisissant.

[…]

Conscient que vous ne mesuriez probablement ni l’ampleur du désastre qui menace l’école, ni celle de la colère qui submerge le monde enseignant, je sais que vous entendrez mon appel et ne décevrez pas l’espoir que je mets dans la grandeur de votre fonction.

Je ne détaille pas ses désobéissances, qui vont du refus d’appliquer les nouveaux programmes au refus de participer à la « Base Élèves » (dont j’ai déjà parlé), en passant par le refus de « l’aide personnalisée » et autres… Lisez sa lettre, elle est très intéressante…

En tous cas, il n’a sans doute pas été déçu de la façon dont le président a « entendu [son] appel » : convocation à l’Inspection académique, retrait de salaire, menaces…

24/03/2010 à 15h26
Le «désobéisseur» Bastien Cazals condamné par le Conseil d’Etat

Pour avoir pris par petits groupes tous les élèves de sa classe alors que les textes prévoient une aide personnalisée pour les élèves les plus en difficultés, Bastien Cazals avait subi une première retenue de 12 jours de salaire, puis une autre retenue de 24 jours lui avait été notifiée.

Le Mercredi 8 juillet 2009 à 12:39
Bastien Cazals soigné par son administration

L’instituteur désobéissant de Saint-Jean-de-Védas a été en pointe dans la contestation des réformes Darcos, il est aussi en première ligne pour recevoir les mesures de rétorsion. Avec en toile de fond, la question de sa médiatisation qui a fortement dérangé l’administration. Même si celle-ci se défend d’avoir sanctionné selon ce critère. Au delà de ce cas particulier, c’est bien la question de l’utilisation de la désobéissance civile comme moyen de contestation qui est posée.

Faut-il bâillonner Bastien Cazals ?
vendredi 26 juin 2009.par Philippe Ladame

Bastien Cazals, directeur d’école, est en conflit l’inspection académique pour avoir dénoncé les réformes mises en oeuvre par l’ancien ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos. Sa désobéissance à des consignes lui a valu des retenues sur salaires.

Nous publions ci-dessous le communiqué du « Mouvement des enseignants du primaire en résistance pédagogique » à son sujet.

Après les convocations en commission disciplinaire d’Erwan Redon et Alain Refalo, prévues les 7 et 9 juillet, c’est maintenant la liberté d’expression qui est bafouée : Bastien Cazals, enseignant du primaire en résistance déjà sanctionné de 36 jours de retraits sur salaire, a reçu un courrier de l’Inspecteur d’Académie de l’Hérault, daté du 23 juin, lui intimant l’ordre de ne plus communiquer avec aucun media pour tout sujet ayant rapport avec ses fonctions.

On comprend mieux le sens de la nouvelle épreuve concoctée pour les « professeurs stagiaires » : « Agir en fonctionnaire », c’est obéir… et se taire ! Toute expression publique d’un désaccord avec les directives ministérielles doit être sévèrement sanctionnée et réprimée… Le « fonctionnaire » n’est pas un citoyen comme les autres, il est dans une catégorie à part… Je me demande d’ailleurs ce que le gouvernement attend pour interdire purement et simplement les syndicats desdits fonctionnaires…

* * *

En attendant de pouvoir lire le livre de Bastien… j’ai une autre lecture en cours…

Ma sœur préférée (encore elle !) qui me tient sans doute pour une pro de la désobéissance (en quoi elle n’a pas complètement tort…), m’a offert pour Noël le Petit Cahier d’exercices de désobéissance civile

Ce petit cahier est un pavé dans la mare ! Vous en avez marre du système ultralibéral où l’homme et la nature sont soumis au dictat du capitalisme financier, vous en avez assez des discours et des idées « politiquement corrects » qui ronronnent à longueur de journée que tout va pour le mieux dans le meilleurs des mondes possibles ou que tout ira mieux juste après les prochaines élections… Vous n’en pouvez plus d’être (dé)considéré comme un bon consommateur qui achète ce qu’on lui dit d’acheter sans broncher, comme un gentil électeur qui vote pour celui qu’on lui indique d’élire, comme un échantillon d’une opinion publique manipulée à coups de sondages contradictoires… Bref, vous vous sentez pousser des ailes de rebelle mais vous ne savez pas comment vous exprimer, comment agir. Eh bien, ce cahier d’exercices est fait pour vous ! Il vous aidera à prendre conscience de toutes les formes d’aliénation qui vous menacent ou vous empoisonnent la vie, à développer votre « conscience rebelle » pour accéder à la conscience globale et solidaire de l’homme généreux ! Des tests, des profils, des dessins, des exercices ludiques et instructifs vous convient à l’art de la désobéissance civile !

Je sens que ma carrière de désobéissante ne va pas forcément s’arrêter avec ma carrière d’enseignante…

Tout va bien ?

lundi, décembre 13th, 2010

En tous cas, notre Gouvernement fait tout pour venir en aide aux élèves en difficulté : CLAIR, ERS, E2C… Voilà un Gouvernement qui se soucie de l’Éducation !

Voire…

Mais peut-être ces sigles vous semblent-ils « chinois » ? Vous n’êtes pas les seuls… Heureusement que j’ai lu quelques articles m’éclairant sur leur sens et leurs fonctions…

E2C : Écoles de la 2ème Chance. En fait, initiées par Édith Cresson (commissaire européenne) en 1997, elles se développent surtout depuis 2009, date à laquelle l’État vient compléter (jusqu’à 1/3) leur financement.
De quoi s’agit-il ? De modules de formation pour les 18-25 ans (sortis du système scolaire depuis 2 ans au moins) qui se remettent à niveau, effectuent des stages professionnels (surtout dans des branches où le recrutement est insuffisant). L’équipe de formateurs (d’horizons différents) accompagne les jeunes pour les aider à former un projet professionnel. D’après l’article du Nouvel Obs du 18/11, il y a actuellement 55 E2C sur 63 sites (???), et il devrait y en avoir 87 à la fin de l’année. 60% des jeunes en sortant (au bout de 9 mois à 35 heures par semaine) peuvent intégrer un travail, une formation, un apprentissage ou un emploi aidé.

Bien… C’est une bonne idée, de mettre à la disposition de jeunes sortis de l’école sans formation un moyen de les aider à se construire un projet professionnel. Une FPA (Formation Pour Adultes) plus ciblée, en quelque sorte. Ils reprennent confiance en eux, en leurs capacités, et peuvent ensuite se projeter dans l’avenir.

J’apprécie moins le surtitre de l’article : « Une leçon de pédagogie »… D’abord, je n’aime guère qu’on me donne des leçons… Ensuite, comment comparer une classe « normale » d’élèves plus ou moins contraints d’être là, avec de jeunes adultes volontaires, stagiaires et rémunérés (320 à 660 € mensuels en Ile-de-France) ? D’autant que… – détail qui a son importance – aucune indication n’est donnée quant au nombre de stagiaires inscrits en même temps dans un de ces établissements (ni dans l’article, ni dans les sites internet consultés d’E2C)…

CLAIR : Collèges et Lycées pour l’Ambition, l’Innovation et la Réussite. Ce projet, initié par Luc Chatel en mars dernier, vise à reclasser un certain nombre d’établissements classés ZEP (Zone d’Education Prioritaire). Les chefs d’établissements recrutent directement les enseignants et CPE (Conseiller Principal d’Education), horaires d’enseignement et programmes sont « adaptés » localement. En bref, il s’agit donc de sous-collèges et lycées… Les établissements qu’on a classés CLAIR n’ont pas eu droit à la parole… Mais le Tribunal administratif, saisi, a conduit le Ministère à revoir sa copie : le dispositif ne peut être imposé sans l’avis du Conseil d’Administration des établissements…

ERS : Établissement de Réinsertion Scolaire. Annoncé en mai dernier par Luc Chatel, ce projet ouvre en septembre 10 ERS qui regroupent « pour une durée d’un an au moins » 15 à 30 élèves de 13 à 16 ans « particulièrement perturbateurs », ayant subi plusieurs exclusions. Là non plus, pas question de discuter avec les établissements : les ERS sont parachutés dans les établissements. Le magazine du SNES Versailles de décembre cite le cas d’un collège où ni lettres, délégations, ou grèves n’ont rien changé… Mais, au 22 novembre, l’ERS n’a toujours ni projet pédagogique, ni matériel, ni téléphone, ni les surveillants, animateurs et éducateur promis !

Un article du Nouvel Obs (25/11) sur ces établissements est plus « dramatique »: 5 renvois à Craon (sur 14), fermeture de l’ERS de Portbail, suite au renvoi des 8 internes…

Mais là, un « détail » éclairant : les jeunes sont encadrés par divers personnels (enseignants, éducateurs, mais aussi personnels de la Protection Judiciaire de la Jeunesse) au taux de… 1 adulte pour un jeune !

***

Entendons-nous : je ne pense pas que l’école puisse, de par sa fonction et son fonctionnement, résoudre tous les problèmes rencontrés dans certains milieux. Cependant, si on améliore (au lieu de le baisser constamment) le taux d’encadrement des élèves dans les écoles, collèges et lycées, si on veille à ce que, dans chaque établissement, il y ait au moins une permanence infirmier, assistant social, conseiller d’orientation (mais ça, j’en reparlerai…), il y aura tout de même un peu plus de chances pour qu’on détecte les élèves qui risquent de devenir « à problèmes », et qu’on tente, avec d’autres administrations locales, un suivi des enfants et de leurs familles…

Avant…

TOUT VA BIEN !

dimanche, décembre 5th, 2010

Ouf ! Nous voilà rassurés ! Surtout que c’est le Ministre de l’Éducation (Nationale ?) qui le dit ! Monsieur TVB en personne ! Si, si si !

« Je tiens à vous rassurer sur la mise en œuvre de (la) réforme » de la formation, a déclaré M. Chatel en présentant « des indicateurs qui ne sont pas particulièrement alarmants », lors d’une conférence de presse, « point d’étape » de l’année scolaire en cours.

« Moins de 1% » des enseignants stagiaires ont été « repérés en difficulté », entre 3 et 4% ont été en congés maladie et 78 avaient démissionné mi-octobre soit moins que l’an dernier, a-t-il détaillé.

« Réforme de la formation », on appelle ça… Comme dans 1984, où le ministère chargé de modifier les faits conformément à la politique du moment se nommait « miniver » pour « ministère de la vérité »…

Si elle est si efficace, cette « réforme », je suggère qu’on l’applique à tous les corps de métier : ça va en faire, des économies, de supprimer les formations CAP, BEP, et toutes les formations particulières : écoles d’infirmiers, internats de médecine, formations d’assistants sociaux… École, et… boulot ! Aussi sec ! On apprend « sur le tas » ! Même plus besoin d’apprentissage, dites donc !

L’article du Figaro précise :

Au ministère de l’Éducation, on fait observer que la formation pédagogique dispensée dorénavant par les universités et non plus par les IUFM comprendra des stages obligatoires. Il est aussi possible «d’améliorer le dispositif actuel», affirme Luc Chatel qui n’exclut pas la possibilité d’une formation «en alternance».

Ah ! On aura peut-être encore besoin de l’apprentissage, alors ? Pour « améliorer le dispositif actuel » ? Remarquez, il ne peut guère être qu’amélioré : faire moins que zéro, cela signifierait une « formation négative »…

L’article du Figaro module un peu l’enthousiasme du ministre :

Selon quatre jeunes filles professeurs stagiaires exerçant à Paris ou dans les Hauts-de-Seine, « la plupart des stagiaires ont des difficultés mais évitent d’en faire part car ils craignent de ne pas obtenir leur titularisation à la fin de cette année. Nous sommes tous dans la débrouille ».

Une autre jeune femme témoigne: « Je ne sais pas du tout comment m’y prendre. Mes élèves sont des cobayes. Devant les parents, je bluffe et affiche une assurance que je n’ai pas. » Cet autre professeur stagiaire a assisté à une manifestation de parents d’élèves, hostiles à l’arrivée d’une débutante.

Tout va bien, on vous dit !

Cet article se réfère à l’enquête menée par le SNES :

81% des stagiaires estiment leur temps de travail supérieur à 40 heures hebdomadaires.

70% des stagiaires consacrent plus de deux heures à la préparation d’une heure de cours.

Tout à fait logique en début de carrière !

18% des stagiaires sont affectés dans des établissements classés ZEP ou considérés comme difficiles. 16% des stagiaires enseignent dans des classes à examens.

Oui, on se doutait bien qu’ils ne seraient pas affectés dans des établissements « vitrines » !

82% des stagiaires ont plus de 4 classes en charge. (Ce nombre dépend bien sûr des volumes horaires par classe de la discipline enseignée.)
Combien de classes avez-vous ?
1 – 3 : 18%
4 – 5 : 40%
6 – 7 : 34%
> 7 : 8%

Un peu plus de 90% des stagiaires ont un tuteur…

… qui n’est pas toujours dans l’établissement

Non : 35%

… ni dans la même discipline.
Non : 5%

73% des stagiaires auront eu moins d’une semaine, voire aucun jour, de formation avant les vacances d’automne.

Après deux mois dans le métier, ce sont en effet les sentiments d’épuisement et d’inquiétude qui dominent chez les stagiaires.
Parmi les qualificatifs suivants, quels sont les trois (au plus) qui décrivent le mieux comment vous vous sentez depuis le début de l’année dans votre nouveau métier ?
(Plusieurs réponses possibles)
Satisfait : 20%
Épanoui : 19%
A l’aise : 21%
Débordé : 60%
Fatigué : 86%
Stressé : 39%
Angoissé : 22%

Mais, bien sûr, ce n’est là qu’une enquête portant sur quelques centaines de « stagiaires »… Sans doute les quelques pour cent estimés par Monsieur TVB !

Encore une à laquelle j’aurai échappé !

mardi, novembre 23rd, 2010

Une quoi ?

Ben, une réforme, tiens !

Bien contente déjà de ne pas avoir à me confronter au désarroi des nouveaux « stagiaires » qui ont débarqué début septembre, pleins d’enthousiasme… et d’appréhension ! J’ai lu ici et là que, parmi eux, un certain nombre de défections s’étaient déjà faites… Cela n’a rien d’étonnant : « balancer » de jeunes diplômés dans des classes sans aucune formation, c’est les envoyer au casse-pipes. Je tire mon chapeau à ceux qui s’accrochent et parviennent à acquérir, « sur le tas », quelques bribes de pédagogie. (Il est vrai que la « pédagogie », supposée empreinte de je ne sais quel esprit démago ou autre, n’est plus à la mode… Anecdote : lors d’une discussion entre profs de français, il y a une quinzaine d’années, une collègue de Lettres Classiques nous a asséné : Vous, vous êtes des pédagogues ; moi, je suis professeur de Littérature. »… Il est vrai que, n’ayant que de bonnes classes – latinistes – de 4ème-3ème, elle pouvait se permettre de faire l’impasse sur la pédagogie… Les autres, enseignant en 6ème-5ème et dans les « mauvaises » 4ème-3ème, ne pouvaient se permettre cette économie…)

Quelle autre réforme ? me demandez-vous.

Celle du cahier de textes de la classe. Numérique, s’il vous plaît !

Dans mon collège, il avait commencé à se mettre en place il y a 4 ans. Uniquement pour les profs volontaires – même si la direction nous y engageait fortement. Je n’avais pas fait partie de cette élite…

Le cahier de textes de la classe a toujours été un problème pour moi : quand le remplir ? Oui, je sais, il suffit de prendre 2-3 minutes pendant le cours… Mais j’ai toujours eu l’impression que ces quelques minutes, je les aurais « volées » à mes élèves… Faire la chasse aux cahiers de textes après la fin des cours pour les remplir me semblait une tâche ennuyeuse et dépourvue de tout intérêt. Je profitais donc des quelques heures de contrôles ou de rédaction pour remplir ces fameux cahiers… avec parfois un mois (voire plus !) de retard… J’étais en tort, je sais ! Et ma principale « préférée », « la Duchesse », se faisait un plaisir de me le faire remarquer, visant mon cahier bien plus souvent que ceux des autres…

Je n’y ai jamais joint, comme il était demandé, les fiches distribuées aux élèves, textes, exercices, contrôles et autres. Les seules fiches que j’y collais étaient les « objectifs du trimestre » où figuraient aussi les dates des contrôles et des travaux de groupes. C’était pas bien. Bon, je n’ai jamais prétendu que j’étais une prof modèle ! D’ailleurs, on n’a jamais fait appel à moi comme « tutrice » ou « conseillère pédagogique », ce qui prouve bien que.

Évidemment, le problème de « quand le remplir » se trouvait réglé avec le cahier de texte numérique : forcément en dehors des heures de cours… faute d’ordinateurs dans les classes ! En salle des profs ou à la maison, donc. Cela m’est apparu comme un nouveau surcroît de travail (tellement de tâches ajoutées, ces 20 dernières années !)… et j’ai donc continué à remplir, cahin-caha, le cahier de textes « papier »…

Mes collègues récalcitrants n’auront plus le choix l’année prochaine : en septembre 2011, le cahier de textes sera numérique.

Bulletin officiel n°32 du 9 septembre 2010
Enseignements primaire et secondaire
Outils numériques
Le cahier de textes numérique
NOR : MENE1020076C
circulaire n° 2010-136 du 6-9-2010
MEN – DGESCO A

[…]

La circulaire parue au Bulletin officiel n°32 du 9 septembre 2010 installe à la rentrée 2011 le cahier de textes numérique, et remplace celle de 1961.

[…]

La présente circulaire a pour objet de préciser les modalités de mise en oeuvre, par l’ensemble des établissements scolaires, du cahier de textes numérique. Il se substitue aux cahiers de textes sous forme papier à compter de la rentrée 2011.

[…]

Le cahier de textes de classe sert de référence aux cahiers de textes individuels. De façon permanente, il doit être à la disposition des élèves et de leurs responsables légaux qui peuvent s’y reporter à tout moment.

[…]

Le cahier de textes de classe sera organisé par discipline et par autre dispositif d’enseignement.
Il sera tenu par chaque professeur concerné et sera à la disposition des personnels de direction et d’inspection qui devront les viser, dans le cadre de leur mission.
L’accès au cahier de textes se fera par l’emploi du temps de la classe et par les disciplines. Un tableau de la charge de travail donnée à l’élève sera accessible.

(C’est quoi, le tableau de la charge de travail ??? On fait ça comment ?)

Le cahier de textes mentionnera, d’une part, le contenu de la séance et, d’autre part, le travail à effectuer, accompagnés l’un et l’autre de tout document, ressource ou conseil à l’initiative du professeur, sous forme de textes, de fichiers joints ou de liens. Les fonctionnalités offertes par les solutions informatiques faciliteront leur mise en page (polices de caractères, soulignement, couleurs, etc.). Les travaux donnés aux élèves porteront, outre la date du jour où ils sont donnés, l’indication du jour où ils doivent être présentés ou remis par l’élève.
Les textes des devoirs et des contrôles figureront au cahier de textes, sous forme de textes ou de fichiers joints. Il en sera de même du texte des exercices ou des activités lorsque ceux-ci ne figureront pas sur les manuels scolaires.

Ouf ! Tout ça ? Je plains – entre autres – les collègues allergiques à l’informatique qui vont devoir faire de la mise en page… et recopier gentiment sur un ordinateur abhorré les textes de devoirs et exercices…

Entre autres, cela pose le problème de la propriété intellectuelle : celle du prof qui a créé sa séance… et celle des auteurs dont il a utilisé les textes ! Une chose est de distribuer un texte à une classe, une autre de le « diffuser » à un tas d’inconnus. Même si l’environnement est dit « sécurisé » (sans autre précision d’ailleurs !). Quand j’ai donné des documents à un collègue, je lui ai précisé que telle ou telle partie du cours avait été prise sur un manuel ou sur un texte d’auteur. Qu’il sache que ces textes, n’étant pas de moi, pouvaient poser question.

À la fin de chaque année scolaire, ces cahiers seront accessibles pendant une année scolaire entière, dans les conditions des cahiers de textes actifs. Ils pourront être consultés par les enseignants, les conseils d’enseignement, le conseil pédagogique, les conseils de classe et les corps d’inspection. Ils seront ensuite archivés et conservés pendant une durée de cinq ans. Il appartiendra en outre au chef d’établissement de déterminer quels sont ceux d’entre eux qui, témoignant d’un enseignement original, méritent d’être versés aux archives de l’établissement.

Et les inspecteurs pourront interroger les profs sur tel cours fait l’année précédente ? Et ils pourront constituer un « best of » à remettre aux nouveaux « stagiaires », à défaut de formation ?

Vous trouverez le texte complet (et celui de son prédécesseur de 1961) sur le site du SNES.
La circulaire est commentée, et, ce qui est assez amusant, les « copiés-collés » d’une circulaire à l’autre sont mis en évidence… Le législateur n’avait sans doute pas le temps de réfléchir à la question du cahier de textes en 2011, il s’est contenté de « rajeunir » la circulaire de 1961…

C’est vrai que l’enseignement n’a pas tellement changé, en 50 ans…

Referendum pour les retraites

samedi, novembre 20th, 2010

Vous avez peut-être reçu, comme moi, un appel relayé par des amis pour signer une pétition demandant l’organisation d’un referendum sur les retraites.

Cette pétition, lancée par l’hebdomadaire Politis, se trouve ici.

Pour connaître les motivations de l’hebdomadaire, vous pouvez lire l’article
Retraites : signez l’appel à référendum ! du vendredi 12 novembre 2010

Et pour suivre l’évolution de cette pétition :

190 000 signatures pour un référendum ! du jeudi 18 novembre 2010

Pourquoi signer ? Un journaliste d’Agora Vox l’explique.

Dans les courriels que j’ai reçus, il est fait mention de l’article 11 de la Constitution :

« Un référendum portant sur un objet mentionné au premier alinéa peut être organisé à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales.  »

Mais… léger détail : on a oublié de mentionner la phrase qui suit ! Et qui montre bien que nos législateurs se sont protégés contre les éventuelles oppositions des Français :

« Cette initiative prend la forme d’une proposition de loi et ne peut avoir pour objet l’abrogation d’une disposition législative promulguée depuis moins d’un an. » (c’est moi qui souligne)

Or… c’est bien le cas !

« JORF n°0261 du 10 novembre 2010 page 20034
texte n° 1

LOI
LOI n° 2010-1330 du 9 novembre 2010 portant réforme des retraites (1) »

Quel que soit le nombre des signataires, inutile donc d’espérer que notre Président cèdera à la pression d’une pétition…

Ce qui n’empêche pas que le nombre de signataires sera significatif aux yeux du gouvernement… et qu’on pourra faire valoir notre pétition… dans un an !

Jour de grève

mardi, octobre 12th, 2010

Extraits :

suite101.fr

Retraites : les grèves du 12 octobre secteur par secteur

6 oct. 2010 Thierry de Cabarrus
Ce sera un nouveau mardi noir. – DR.
Ecoles fermées, trains, bus et métros à l’arrêt. Il faut s’attendre à des débrayages et des manifestations partout en France mardi 12. Voici les prévisions.

Le mardi 12 octobre sera un mardi noir pour les usagers si l’on se fie aux manifestations et aux débrayages qui se préparent dans toute la France. Les jours suivants risquent aussi d’être perturbés au vu des nombreux préavis de grève reconductibles.

En effet, pour la quatrième fois en un mois, les Français descendront dans les rues afin de protester contre la réforme des retraites. Le projet de loi se trouve, pour deux semaines encore, devant les sénateurs et il devrait faire l’objet de quelques amendements.

buzzinfos.org

Grève du 12 : les perturbations dans les transports

Posté par admin le 11 octobre 2010

Dans la journée du 12 octobre, tous les moyens de transports seront touchés par ce mouvement de grève nationale contre la réforme des retraites, cela risque de durer plusieurs jours.
En raison de la grève du mardi 12 Octobre 2010, les bus et tramway seront perturbés à la TAM.

Voici un guide des transports pour la journée de grève du 12 octobre : prévisions, horaires, adresses pour les trains et les métros …

fr.reuters.com

Semaine sous tension dans la bataille sur les retraites

lundi 11 octobre 2010 13h45

Avant cette nouvelle semaine d’action syndicale, soutenue par l’opposition de gauche, les responsables de droite ont multiplié les appels pour éviter une mobilisation massive dans les lycées, où la contestation s’est accrue la semaine dernière.

Le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, a dénoncé « l’irresponsabilité de personnes qui veulent mettre les lycéens en danger ».

« Manifester sur la voie publique c’est dangereux », a-t-il souligné sur France Info. « Les lycéens n’ont rien à faire dans la rue », a renchéri le chef des députés UMP, Jean-François Copé, dimanche sur Radio J.

La CGT appelle à la grève reconductible dans les ports

lundi 11 octobre 2010 15h59

PARIS (Reuters) – La CGT Ports et Docks a lancé lundi un appel à la grève reconductible dans tous les ports de France à partir de mardi pour protester contre le projet gouvernemental de réforme des retraites.

Le syndicat appelle à une intensification du rythme des mobilisations « pour faire renoncer le gouvernement » sur le contenu du texte actuellement débattu au Sénat.

« De façon à couvrir l’ensemble de ses branches corporantes (propreté, manutention ferroviaire et aéroportuaire, mareyage, le transport fluvial, les ports de plaisance et maritimes), la Fédération nationale des ports et docks CGT dépose aujourd’hui (lundi) un préavis de grève reconductible », dit-il dans un communiqué.

Trafic conforme aux prévisions à la SNCF et à la RATP

mardi 12 octobre 2010 08h30

PARIS (Reuters) – Le trafic à la SNCF et dans les transports en commun parisiens était conforme aux prévisions mardi à l’occasion de la journée d’action nationale contre la réforme des retraites.

Les sept fédérations de cheminots (CGT, Unsa, Sud-Rail et CFDT-Fgaac, FO, CFTC, CFE-CGC) ont entériné le principe d’une grève reconductible à partir de lundi soir.

« Le plan de transports est tenu », a déclaré mardi matin une porte-parole de l’entreprise.

La SNCF prévoit en moyenne un TGV et un Corail sur trois, quatre TER et Transilien sur dix et huit Thalys sur dix. Le trafic Eurostar devrait être normal.

L’opposition à la réforme des retraites durcit le ton

mardi 12 octobre 2010 07h06

PARIS (Reuters) – La France s’apprête mardi à vivre au ralenti avec un durcissement attendu de l’opposition au projet de réforme des retraites.

Cette nouvelle journée de grèves et de manifestations, que les syndicats espèrent plus intense que les précédentes, est « l’un des dernières occasions de faire changer le projet de réforme du gouvernement », selon les mots du secrétaire général de la CFDT, François Chérèque.

La CGT annonce 244 manifestations à travers la France, contre 230 lors de la journée du 2 octobre et 232 le 23 septembre. Fait nouveau depuis le début de la contestation, certains secteurs prévoient des mouvements illimités ou reconductibles, les décisions étant prises chaque jour en assemblée générale.

Selon un sondage Ipsos pour Europe 1, une large majorité de Français estiment que les grèves dureront en fait plusieurs jours. La semaine s’annonce capitale pour les opposants à la réforme avec une autre journée de manifestations prévue samedi.
[…]
Le Sénat a adopté lundi soir l’article 6 de la réforme qui repousse de 65 à 67 ans l’âge permettant d’obtenir une retraite à taux plein, quel que soit le nombre de trimestres cotisés.

Les sénateurs avaient voté vendredi le volet le plus important du texte, le report de 60 à 62 ans de l’âge légal de départ à la retraite.

Le Sénat repousse de 65 à 67 ans le départ sans décote

lundi 11 octobre 2010 21h51

PARIS (Reuters) – Le Sénat a adopté lundi par 174 voix contre 159 l’article 6 de la réforme des retraites qui repousse de 65 à 67 ans l’âge permettant d’obtenir une retraite à taux plein quel que soit le nombre de trimestres cotisés.

« Vous êtes dans une posture qui est idéologique », a dit Eric Woerth, le ministre du Travail, en réponse aux vives critiques des orateurs de l’opposition.

Le « bouclier fiscal », boulet électoral pour le gouvernement

lundi 11 octobre 2010 21h40

(…) supprimer avant la présidentielle l’impôt hautement symbolique qu’est l’ISF serait « suicidaire », soulignent des sources gouvernementales et proches de la direction de l’UMP.

Le gouvernement pourrait donc se contenter, dans le budget 2012, de sortir la résidence principale de l’assiette de l’ISF en contrepartie de l’abrogation du bouclier fiscal ou au moins de son aménagement.

La suppression de l’ISF, qui rapporte plus de 3,2 milliards d’euros par an à l’Etat alors que le bouclier fiscal représente un manque à gagner de 700 millions, pose aussi un problème : où trouver les 2,5 milliards manquants ?

presse-du-web.com

Grève 12 octobre : les enseignants dans la rue

By Daniel, 12 octobre 2010

Pour cette journée du 12 octobre il y aura une mobilisation importante des enseignants du premier degré en ce qui concerne la lutte sur la réforme des retraites.

lefigaro.fr

30% d’annulations à Roissy, 50% à Orly

AFP
12/10/2010 | Mise à jour : 09:30
A l’aéroport de Roissy, 30% des vols étaient annulés, et à Orly 50%, conformément aux prévisions de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) pour la journée interprofessionnelle sur les retraites.

challenges.fr

La grève du mardi 12 octobre secteur par secteur

Alors que les salariés en grève pour défendre les retraites décideront pour la plupart mercredi, au lendemain de la journée de mobilisation du mardi 12 octobre, de la reconduction du mouvement, que ce soit sous forme de grève ou d’autres actions, voici les principaux appels à la grève secteur par secteur.

Journée de mobilisation contre la réforme des retraites

L’intersyndicale appelle à son quatrième mouvement contre la réforme des retraites et table sur une démonstration de force, la mobilisation pouvant être prolongée par des grèves reconductibles.

Un mouvement plus puissant

Forts d’un soutien de l’opinion – selon BVA et CSA, 66% des Français sont favorables à un durcissement des actions et 69% soutiennent les syndicats – et à l’appui des nombreux préavis de grèves, dont certaines reconductibles, les syndicats tablent sur une forte mobilisation, avec 244 défilés prévus.

lalsace.fr

Haut-Rhin : près de 40% des enseignants du primaire en grève demain, selon le SNUipp

Entre 30 et 40 % des enseignants des écoles primaires du Haut-Rhin seront en grève demain mardi 12 octobre à l’occasion de la journée nationale de mobilisation contre le projet de réforme des retraites, selon les estimations diffusées aujourd’hui par le SNUipp-FSU 68.

Un syndicat de police conteste le comptage des manifestants

mardi 12 octobre 2010 16h47

PARIS (Reuters) – Le syndicat Unité SGP police s’élève mardi contre le chiffrage par les autorités du nombre des manifestants contre la réforme des retraites, en particulier à Marseille où l’écart est de un à dix.

Dans un communiqué, il estime que la direction départementale de la sécurité publique des Bouches-du-Rhône « s’épuise à dévaloriser le nombre des manifestants alors même que la mobilisation s’amplifie. »

La manifestation à Marseille mardi a réuni 230.000 personnes selon les syndicats, 24.500 selon la police, une différence déjà observée lors des précédents défilés à Marseille et qui a suscité de nombreux commentaires ironiques.

L’opposition à la réforme des retraites se radicalise

mardi 12 octobre 2010 15h57

« Je le dis très solennellement à cette heure devant l’Assemblée nationale, nous sommes décidés à mener cette réforme à son terme », a déclaré François Fillon lors des questions d’actualité au Palais-Bourbon.

Revenir sur la retraite à 62 ans serait « une folie économique et une catastrophe sociale », a ajouté le Premier ministre.

Le gouvernement parle d’une mobilisation en hausse à la mi-journée, avec environ 500.000 manifestants, contre 380.000 à la même heure le 2 octobre, selon le ministère de l’Intérieur.

Les syndicats évoquent un nombre de manifestants plus important que lors de toutes les précédentes journées d’action, qui avaient réuni selon eux jusqu’à trois millions de personnes.

Dans les transports, les sept fédérations de cheminots ont entériné le principe d’une grève reconductible et des perturbations importantes avaient lieu à la SNCF de même que dans les transports urbains, notamment à Paris.

Le taux de grévistes annoncé par la direction de la SNCF est de 40,4%, en hausse de 3,3 points par rapport au 23 septembre.

Le trafic aérien était lui aussi perturbé, dans une mesure similaire à celle des journées précédentes de grève, avec par exemple une réduction de 50% des vols à l’aéroport d’Orly et de 30% à Roissy-Charles de Gaulle.

Dans l’énergie, la CGT a déposé un préavis de grève illimitée dans les secteurs du gaz et de l’électricité qui pourrait engendrer des débrayages chez EDF et GDF Suez, des baisses de charges et des coupures ciblées.

Les salariés de huit des douze raffineries françaises sont en grève et des pénuries locales pourraient intervenir.

Grève du 12 octobre: suivez la journée de mobilisation en direct

17h00: Grosse mobilisation à Nice
Grosse mobilisation dans la capitale azuréenne, où le cortège est parti à 14h de Masséna après un pique-nique géant sur la place. Selon la police, ils étaient 8.100, soit plus que le samedi 2 octobre (7.900). Un chiffre qui contraste fortement avec celui des syndicats (entre 15.000 et 25.000, certains avançant même jusqu’à plus de 35.000 personnes) mais qui reste le plus gros jamais délivré par les autorités pour les manifestations niçoises anti-réforme des retraites.

16h45: Entre 8.000 et 25.000 personnes à Strasbourg

16h29: 10.000 manifestants à Bourges

15h50: 330.000 personnes à Paris

15h30: Nouvelle journée d’action jeudi à Toulouse

15h20: 20.000 personnes à Cherbourg

14h58: Les sénateurs de gauche vont manifester
Alors que le texte sur les retraites est examiné au Sénat, les débats ont été suspendus 30 minutes pour permettre aux élus de gauche de manifester, alors que le cortège passe à proximité.

14h50: Mobilisation des lycées à Lyon

14h40: Ça augmente aussi à Saint-Brieuc
D’après la police, il y a 12.000 personnes qui ont manifesté dans les rues de la ville bretonne, 40.000 selon les syndicats et 18.000 selon Ouest-France.

14h33: A Grenoble aussi, la mobilisation est en hausse
Entre 14.000 (selon la préfecture) et 72.000 personnes (selon les syndicats)

14h19: A Lyon, le nombre de manifestants s’élevait à 18.500 selon la police et 47.000 selon la CGT

14h16: Record de 22.000 à 60.000 manifestants à Rennes

14h09: 28.000 personnes à Clermont-Ferrand

13h56: La Tour Eiffel en grève
Les salariés de la tour Eiffel devraient se retrouver en grève cet après-midi.

13h21: 500.000 manifestants à la mi-journée
D’après le ministère de l’Intérieur, il y a «environ 500.000» manifestants en France à la mi-journée, soit une «participation légèrement supérieure» à celle du 2 octobre à mi-journée, «due à la forte présence de lycéens».

17h03: La police aurait compté 100.000 personnes à Marseille
Selon les informations recueillies par Europe 1, les policiers auraient compté au moins 100.000 manifestants dans les rues de Marseille ce mardi, bien loin des 24.500 annoncés officiellement.

Des nouvelles des nouveaux…

mardi, septembre 28th, 2010

Article du Nouvel Obs :

« 8300 profs sans formation

Le mal des débutants

Par mesure d’économie, les nouveaux enseignants sont catapultés dans les classes sans y avoir été préparés. Payés 1500 euros par mois pour 15 à 18 heures de cours par semaine, ils rament »

Petite précision sur ce chapeau : ce n’est pas 15 à 18 heures, mais 15 (pour les agrégés) OU 18 heures (pour les certifiés).

Ceci dit, l’article décrit la panique qu’on pouvait supposer…

« Un élève s’est approché de moi avec un cahier, je me demandais ce qu’il voulait. C’était le cahier de textes de la classe que je suis censée remplir à la fin de chaque cours », raconte Antonia, 29 ans. Cette nouvelle enseignante d’anglais a décroché son capes en juillet. Elle a été nommée à la rentrée dans un collège en ZEP de l’académie de Créteil. Pendant les quelques heures de formation express juste avant la rentrée, on lui a répété : « Faites un plan de classe. » Scrupuleuse, elle a essayé d’en imposer un en rangeant par ordre alphabétique ses élèves de troisième. La séance a viré à l’émeute. »

Curieux, cette incitation au « plan de classe » : se présenter face à un public inconnu, aux réactions inconnues, et commencer à vouloir modifier la « géographie » de la classe… Comment peut-on donner de tels conseils ? Au moins aurait-il fallu envisager avec ces « nouveaux profs » les conséquences possibles d’un tel « bouleversement » ! Je sais bien que des collègues pratiquent ce « système », dont je ne vois toujours pas l’utilité, sauf comme remède éventuel (et provisoire ?) à une situation difficile. Mais… ces collègues ont déjà la fameuse « autorité » acquise au fil des ans !

Conclusion :

« Mais l’autre jour, après une nouvelle journée calamiteuse, elle a voulu démissionner. « Je ne me voyais pas retourner au collège. On m’aurait donné six heures, c’était jouable. Mais dix-huit, c’est mission impossible. » Le 15 septembre, Antonia a demandé un congé maladie. »

Voilà une rentrée réussie ! Et comme, dans ce genre de situation, la terreur augmente en approchant du terme du congé… il y a des chances pour qu’Antonia demande de nouveaux congés… en attendant, peut-être, de démissionner.

Il doit y en avoir d’autres, des Antonia, dans nos collèges et lycées ! De jeunes diplômés, désireux de bien faire, aimant leur futur métier… et découvrant qu’ils n’ont pas prise sur leurs élèves… Et je ne suis pas sûre que les videos de l’Institut national de la recherche pédagogique puissent les aider beaucoup…

Quel gâchis ! A peine ont-ils commencé un métier dont ils rêvaient, que ces jeunes se voient déstabilisés, inquiets pour leur avenir, cherchant déjà une autre idée de métier… Et aucune aide psychologique à attendre, évidemment !

Et, bien sûr, des classes sans profs, qui peuvent plus ou moins se glorifier d’avoir fait craquer celui qu’on leur avait parachuté… Toutes prêtes à « mettre le paquet » sur le prochain…

A côté de ces situations extrêmes (mais sans doute trop nombreuses !), les surprises de Jacques paraissent anodines :

« En attendant, les stagiaires font cours en aveugle. « Je n’ai aucune idée de la façon dont un enfant de 11 ans apprend », poursuit Jacques l’historien, tout surpris d’être interrompu par des élèves de sixième qui lui demandent : « Est-ce qu’il faut écrire le titre en rouge ou en vert ? » « 

Tout enseignant en collège s’est trouvé, un jour ou l’autre, interrompu par une question de ce genre… Un des « musts » étant : « Je suis en bas de la page, qu’est-ce que je fais ? ». Forte envie, évidemment, de lui conseiller d’écrire sur la table… mais attention : j’ai déjà parlé de l’imperméabilité à l’ironie de nombreux élèves de cet âge !

Par contre, l’ignorance dont Jacques témoigne quant aux modes d’apprentissage est beaucoup plus dommageable…

Entendons-nous : je ne défendrai pas la façon dont certains IUFM abordaient les questions pédagogiques. J’ai trop entendu d’aberrations à ce sujet. Sans doute en grande partie, d’ailleurs, parce qu’on avait omis de former les professeurs ! Lesquels n’avaient donc que leur propre expérience et la ligne du parti… pardon, du ministère ou du rectorat ! Un peu court pour former de futurs profs… Et, évidemment, il coûte beaucoup moins cher de supprimer ces formations que de tenter de les améliorer…

Nouveaux profs, je suis de tout cœur avec vous… même si cela ne change pas grand chose ! Et j’espère très fort que, dans vos collèges ou lycées, vous rencontrerez des collègues qui pourront vous aider dans ces démarrages difficiles…

Les profs encore en grève !

lundi, septembre 6th, 2010

Ben oui, encore une grève ! Plus exceptionnel : dès la rentrée. Encore plus exceptionnel : grève de 2 jours ! Aujourd’hui pour la défense de l’École publique, demain pour la défense des retraites.

Je me contenterai aujourd’hui de reproduire ici le modèle de lettre aux parents du SNES.

Parce que les réformes entreprises visent à la destruction de notre École (et, plus largement, de nos services publics).
Parce que je ne peux pas accepter qu’on lance sans formation des milliers de jeunes dans des classes.
Parce que les « économies » ne visent que le moment présent, sans prévoir aucunement le prix qui sera à payer dans 15 ou 20 ans pour tous les élèves qui n’auront pas pu, dans des classes de 30, 40 ou plus, accéder à un métier, une situation, un avenir.
Parce que, bien que retraitée, je ne peux me sentir étrangère à ce mouvement de protestation, que j’espère fort et significatif.

Madame, Monsieur,

L’École publique traverse aujourd’hui une période difficile tant au niveau des moyens qui lui sont alloués qu’à celui des missions qui lui sont confiées.

Sous couvert d’une diminution des dépenses publiques, décidée sans prise en compte du rôle social et économique du service public dans l’émergence d’une société plus juste et plus égalitaire, le ministre de l’Éducation nationale réduit l’offre de formation, dégrade les conditions de travail des élèves et des personnels, détruit la formation professionnelle des enseignants, abandonne les jeunes des catégories les plus défavorisées à un avenir précaire. Les conséquences les plus violentes de cette politique sont le désengagement de l’État qui renvoie aux collectivités locales des responsabilités coûteuses qu’il ne veut plus assumer, et l’aggravation des inégalités entre les établissements et entre les élèves.

Ainsi dans (nom de l’établissement), les conditions de vie et d’étude se sont dégradées: donner quelques éléments significatifs (postes, options, dispositifs d’aides et de soutien supprimés, augmentation des effectifs par classe, remplacements non effectués…).

Les personnels ne peuvent se résoudre à cette situation qui les empêche d’exercer leur mission et remet en cause l’idéal démocratique et égalitaire qui les anime.

Porteurs d’un autre projet pour les jeunes qui leur sont confiés, vos enfants, ils interpellent depuis des mois leur administration et leur ministre, sans succès. Pire, les seules réponses à leurs interrogations, préoccupations ou revendications sont le plus souvent marquées du sceau du mépris pour leur travail et leur engagement professionnel, et accélèrent encore le processus de destruction du service public d’éducation.

Dans le même temps le projet de réforme des retraites procède de la même vision de la société : protéger les plus favorisés et faire payer aux moins riches, aux plus défavorisés, aux plus fragiles les conséquences sociales et économiques d’une crise financière provoquée par l’appétit sans frein des spéculateurs.

Décider de cesser le travail est toujours un choix difficile parce qu’il implique une désorganisation de l’établissement et des contraintes pour les familles, mais aussi à cause de ses conséquences financières pour les personnels qui se voient retirer une journée de salaire.

Mais face à une telle situation, les personnels n’ont pas d’autres recours que l’appel à la grève.

Ils seront en grève le lundi 6 septembre dans les collèges et les lycées pour revendiquer une autre politique éducative et l’abandon des réformes en cours.

Ils seront en grève le mardi 7 septembre et participeront aux manifestations aux côtés de l’ensemble des salariés pour exiger l’abandon du projet de réforme des retraites et obtenir une réforme des retraites plus juste.

Les personnels du (nom de l’établissement)

Zerro fôte !

vendredi, juillet 9th, 2010

Un article du NO d’avril m’apprend qu’à l’université de Villetaneuse, l’enseignement de l’orthographe et du français est obligatoire pour les étudiants de première année… Ils font trot de fôtes…

Je me souviens (mais j’ai déjà dû le dire) que ma mère, secrétaire de direction dans un centre de recherches, tempêtait souvent contre les ingénieurs qui faisaient beaucoup de fautes… Il s’agissait pourtant de gens nés dans les années 30-40, peu suspects d’avoir subi une « méthode globale » imaginaire… Et il lui arrivait souvent de devoir aller voir le « fautif » pour tel problème d’accord… que sa « formation scientifique » (ou son absence de… ma mère n’est allée à l’école que jusqu’à 13 ans, la mort de son père l’ayant poussée sur le marché du travail) ne lui permettait pas de résoudre : selon le sens, le mot devait s’accorder avec tel ou tel mot… ce qui changeait radicalement le sens du rapport…

L’enseignement de l’orthographe s’arrêtant à la fin du collège, il me semble évident que les élèves qui n’ont pas eu la chance d’acquérir à ce moment-là les « réflexes » d’écriture auront du mal à les acquérir par la suite, d’autres disciplines requérant leur énergie. C’est particulièrement vrai dans le domaine scientifique, où l’apprentissage de notions très complexes mobilise toute la concentration des lycéens et étudiants (et celle des profs !). Dans les formations littéraires, on porte un peu plus attention à « la forme », autant chez les étudiants que chez les enseignants (ceux-ci conditionnant ceux-là).

La « démocratisation de l’enseignement » (entendez par là le nombre de plus en plus important de jeunes accédant au lycée, puis à la Fac) conduit évidemment à ce que de plus en plus de jeunes « ignorants » en orthographe suivent un enseignement supérieur.

Par ailleurs, ne pas oublier que les heures d’enseignement du Français, tant en primaire qu’en collège, se sont réduites au fil des ans : entre 1969 et 2009 (ma « carrière »), l’équivalent d’une année de moins au collège ! Logiquement, on peut en déduire qu’un élève de 3ème sortant du collège en 2009 a le niveau d’un élève de 4ème sortant du collège en 1969… Mais… même pas en orthographe ! Car, entre temps, on a ajouté tellement d’autres notions à enseigner que, forcément, le nombre d’heures consacrées à l’orthographe a nécessairement diminué ! Si j’ai commencé à travailler en consacrant 1 heure par semaine à l’orthographe, je n’ai pu par la suite y consacrer qu’une heure par quinzaine pour les niveaux de la 5ème à la 3ème…

Enfin, autre élément qui a son rôle à jouer : les enfants écrivent beaucoup plus aujourd’hui qu’avant : SMS, courriels, blogs… Toutes ces écritures qui n’ont à répondre à aucune norme autre que celle de la compréhension du correspondant ne s’inquiètent évidemment pas des formes à respecter : l’orthographe n’apparaît plus alors comme une nécessité de communication, mais comme une matière purement scolaire, détachée de la « vraie vie ».

Oui, cela me paraît une bonne idée de faire entrer cet enseignement en Fac… D’autant que les étudiants, ayant davantage de recul sur la « matière », doivent se trouver plus motivés pour progresser…

Mais… il faudrait tout de même réfléchir au nombre d’heures qu’on accorde à l’enseignement du Français au primaire et au collège…

Sans parler de la réflexion sur les méthodes d’enseignement…

… et sans parler de la formation des enseignants !!!