Archive pour la catégorie ‘Anciens élèves’

Passé toujours présent !

Mercredi 22 juin 2011

Décidément, je suis dans une période où le passé se conjugue au présent… à moins que ce ne soit le présent qui se conjugue au passé…

Il y a quelques jours, un message de Copains d’avant : un bonjour de Sylvie…

Je revois bien sa tête, à Sylvie… mais elle me semble un peu lointaine, et isolée : en général, pour « cerner » un ancien élève, je convoque sa classe, j’essaie de retrouver d’autres têtes, d’autres noms autour… Là, rien. Néant total.

Mais je l’ai bien « reconnue » : sur sa fiche, figure une photo, et c’est bien celle que je « voyais »… sauf qu’elle a 37 ans et que, évidemment, ça change un peu de la gamine que j’ai eue en 6ème-5ème (c’est elle qui me le précisera) il y a… environ 25 ans (ouf !)… Il paraît même que nous avons monté un spectacle… mais j’attends des précisions, car j’en ai tout de même monté un certain nombre…Comme elle me précise qu’elle a 3 frères, je retrouve aussitôt le prénom de celui que j’ai eu comme élève, avec sa tête… et pas grand chose d’autre ! Miracles de la mémoire…

Hier, ma mémoire était beaucoup moins miraculeuse… Invitée par une prof d’EPS (je continue à créer des logos pour leurs T-shirts) à venir faire un tour aux matches inter-classes, je vais voir la demi-journée des 3èmes. Dernière occasion de croiser mes anciens 5èmes avant qu’ils ne quittent le collège…

Eh bien… si j’ai généralement reconnu les têtes, bien peu de prénoms me sont revenus ! De plus, il y avait aussi d’anciens 6èmes que j’avais eus il y a 3 ans… et je mélangeais tellement tout que j’ai très vite arrêté de situer telle ou telle tête dans telle ou telle classe…

Demandé des nouvelles des uns et des autres, les orientations… Certains désolés ou confus d’ »avouer » une seconde technique, un CAP, un CFA… Je les ai « rassurés » comme j’ai pu, selon les souvenirs que j’avais d’eux…

Dans la 5ème d’il y a 2 ans, j’avais 2 élèves que j’avais déjà suivis en 6ème. Ils faisaient un peu partie de mon « fan-club », se prévalant auprès des autres de savoirs particuliers sur mes façons de travailler. La fille, que j’appellerai ici Capucine, était malheureusement absente. Le garçon, que j’appellerai Sylvain, était là… avec pas mal de centimètres supplémentaires. Je l’aimais bien, ce gosse (oui, bien sûr, j’aimais tous mes élèves… mais il y en a tout de même qui sont plus « présents » que d’autres, et marquent davantage !) : très vif, adorant plaisanter (il fallait souvent, surtout en 6ème, que je limite un peu ses interventions intempestives… et généralement assez drôles !), un peu « tête en l’air », se faisant remarquer, mais gentiment… Sylvain va en seconde, et je retrouve son habituelle aisance, son enthousiasme, son humour…

Je le « retrouverai » tout à fait quelques minutes plus tard : il s’adresse à une prof d’EPS pour lui demander ses clefs. Celle-ci, étonnée, lui répond qu’il ne les lui a pas confiées. « Ça ne fait rien, je vais continuer à chercher ! »

Encore un peu plus tard, la prof repassant près du groupe, Sylvain l’interpelle : « Ne vous inquiétez pas pour mes clefs, je les ai retrouvées : elles étaient dans ma poche ! »

Des centimètres en plus… mais la même « tête » qu’en 6ème, Sylvain !

Retour vers le passé…

Mercredi 15 juin 2011

Ce n’est plus un retour, c’est une plongée, une immersion dans le passé !

D’abord, comme je vous l’ai écrit, les recherches généalogiques me transportent entre le Montereau de 1670 et celui de 1730…

Ensuite, mon « livre de chevet » du moment est un livre d’Histoire (un gros, de plus de 600 pages !) sur la période 1850-1914… Comme j’ai lu récemment un certain nombre de romans de Zola, je complète ma culture… et me rapproche tout de même un peu d’aujourd’hui…

Enfin, hier, j’ai reçu un courriel d’une ancienne élève, via Copains d’avant… Assez « ancienne », tout de même : en 5ème en 72/73… Ça nous rajeunit pas, ma pôv’dame ! Ben oui, pas loin de 40 ans, quand même…

Nous avons échangé plusieurs courriels, essayant l’une et l’autre de retrouver des noms, des souvenirs, des visages… Plus de trous que de souvenirs, dans nos échanges ! J’ai parlé ici de cette classe de l’Aisne avec laquelle nous avions monté un « grand spectacle » :

http://blogdeprof.fr/?p=12 (et suivante)
http://blogdeprof.fr/?p=31

Françoise m’a signalé une photo de leur classe sur le site « Photo de classe », , prise lors d’une « activité Moyen Age » : mais la définition est très mauvaise, et je n’y ai reconnu personne… sauf moi, tout au fond !

Du coup, je suis repartie vers un tas de photos non triées rangées dans un tiroir, et en ai trouvé 4, dont une sur laquelle il me semblait reconnaître une certaine Blandine…

La nuit portant conseil, j’ai repris ces photos ce matin : oui, pas de doute, c’est une photo du spectacle de ces 5èmes… mais je n’y reconnais que 2 ou 3 têtes… et je n’ai aucun souvenir de ce spectacle où l’on voit des danseuses (certaines en tutu, d’autres en justaucorps), des équilibristes, une soubrette, un « couple »… Effectivement, il y avait une histoire de pickpockets qui opéraient pendant des spectacles… d’où sans doute ces danseuses…

J’ai donc envoyé ces photos à Françoise…

Et puis… je suis allée ouvrir quelques cartons d’archives… Oui, je suis très « archiviste »… Au 3ème, bingo ! Une série de BD où je reconnais des noms !

Me voilà partie à établir une liste de noms à partir de ces BD, dont certaines sont signées… Quelques têtes me reviennent, ou quelques caractéristiques physiques… mais je n’irais pas jurer de l’exactitude de ces souvenirs brumeux…

Ma correspondante a reconnu d’autres têtes sur les photos… Je lui ai envoyé ma liste, pour éveiller – peut-être ! – d’autres souvenirs…

Dans ce 3ème carton d’archives (il va falloir que je les range un peu, et regroupe celles qui vont ensemble… quand je peux le savoir !), un petit carnet à spirales, bien mince…

Et dedans : des poèmes d’élèves, que j’ai recopiés… d’une classe de 5ème de 1970…

Tiens ! Je vous en livre un : qui sait ? l’auteur se reconnaîtra peut-être…

Le Printemps au parc Leblanc

Le Printemps est là,
Dans le parc Leblanc,
Si beau mais si las,
Si beau et si grand.

Dans un coin de gazon,
Un paon fait la roue,
Étonnant les bourgeons,
Devant le soleil roux.

Les arbres sont en fleurs,
Les merles ont sifflé,
Mais là-bas, l’homme pleure
Sur son triste passé.

Le cygne immaculé,
Le plus beau, le plus grand,
S’en va sur l’eau, reflété,
Mi-glissant, mi-nageant.

Près de l’eau miroitante,
Se penchent de jolies plantes :
Et sur la pelouse endormie,
S’étirent les pâquerettes fleuries.

Le Printemps est là,
Dans le parc Leblanc,
Si beau mais si las,
Si beau et si grand.

Je vous laisse à vos propres souvenirs…

Le bien fait n’est jamais perdu…

Mardi 26 octobre 2010

Proverbe revisité en guise de titre, pour vous parler d’un coup de téléphone reçu avant-hier (non, ça n’a pas fait mal !).

Donc, un « ancien élève » (79-80 !) m’appelle : il m’appelle de temps en temps, est venu chez moi il y a 2 ans… et était un élément de cette fameuse 3 C dont j’ai déjà parlé.

Échange de nouvelles, puis de souvenirs. Celui-là, entre autres. Que j’essaie de retranscrire à peu près (je n’enregistre pas mes communications téléphoniques !)…

« Tu nous avais dit qu’en seconde, les profs nous feraient cours, sans nous dire de prendre des notes, ce serait à nous de les prendre. Donc, un jour, tu nous avertis que tu vas nous faire un cours, que nous devrons prendre en notes. Après quoi, nous aurons à faire une rédaction à partir de ces notes. C’était sur la sorcellerie…

J’étais plutôt bavard, et j’ai pris des notes, mais j’ai aussi bavardé avec Laurent, mon voisin. Et, une fois à la maison, pour faire mon devoir, j’étais assez embêté. Je suis allé chez mon oncle, qui m’a sorti des livres sur la sorcellerie, et j’ai beaucoup travaillé pour ce devoir. Vu le temps passé, et le travail fourni, j’espérais avoir une bonne note !

Et voilà le jour où tu nous rends les devoirs… Tu expliques que tu commences par les meilleures notes, pour finir par les moins bonnes. Il y avait 3 notes : une pour la prise de notes, une pour l’orthographe, je crois, et la 3ème… je ne sais plus [vraisemblablement pour style et vocabulaire].

Et ça commence… Pas de surprise pour les meilleures notes… mais j’espérais vraiment en avoir une bonne ! Un peu déçu d’entendre les notes défiler sans moi… Quand tu es arrivé à la moyenne, j’ai un peu paniqué : non ! ce n’était pas possible ! Avec tout le boulot que j’avais fait, je ne pouvais tout de même pas avoir moins de 10 !

Et ça continue…

Tous les devoirs ont été rendus… sauf le mien !

Et toi : « Maintenant, je vais rendre un devoir vraiment excellent… Celui de Franck ! »

Mon cœur a fait un bond ! Je crois que mes notes étaient 19, 17 et 17 ! Tu n’imagines pas comment j’étais content ! Je n’ai jamais oublié… »

***

Moi, si, évidemment… Mais je vous jure, cet homme de 45 ans au bout du fil… il avait à nouveau 15 ans, toute son émotion intacte comme au premier jour !

***

Parfois, cela fait peur, quand on songe à la responsabilité qu’on peut avoir, en tant que prof, sur une jeune existence…

Retrouvailles…

Vendredi 2 juillet 2010

Retrouvailles au collège hier, là où j’ai sévi pendant 27 ans…

3 collègues partant en retraite fêtaient leur départ : discours, cadeaux, pot… et repas (auquel je ne suis pas restée). Beaucoup de « très » anciens collègues, en retraite depuis 6 ou 7 ans, que je n’avais pas eu l’occasion de revoir depuis des années. Bavardages avec les uns et les autres… J’apprends au passage que 2 anciens élèves, 2 frères (qui n’ont pas laissé que de bons souvenirs…) sont tous les deux papas… L’un a 19 ans, l’autre 16… Ouf ! (pas le « ouf ! de soulagement, mais celui du coup dans l’estomac…)…

Beaucoup d’émotions, donc dans ces retrouvailles, particulièrement avec les 2 anciennes principale et principale adjointe, qui m’ont rendu si agréables mes 3 dernières années : enfin l’impression de marcher main dans la main dans le même but…

Et, cerise sur le gâteau, retrouvailles avec une ancienne élève, fille d’une nouvelle retraitée… J’avais eu de ses nouvelles par sa mère, à diverses reprises, et savais donc qu’elle avait eu son CAPES… de Français ! On a beau savoir qu’on n’y est pas pour grand chose, on ne peut s’empêcher de ressentir une certaine fierté à savoir que des élèves marchent sur vos traces… Au minimum : on ne les a pas dégoûtés de la matière !

S… a donc fait son année de stage, avec 2 classes de 4ème… et a étudié avec eux Docteur Jekyll et Mister Hyde… que nous avions vu du temps de sa 4ème… Je ne sais plus si c’est pour cette classe que j’avais constitué une bibliographie sur le thème du double : les élèves étaient par groupes, chacun devait lire 3 nouvelles ou un roman sur le thème (la plupart des livres venaient de ma bibliothèque personnelle), et le groupe devait rédiger un devoir présentant les caractéristiques du thème dans leurs lectures (lectures en classe comprises, où l’on avait abordé aussi bien La nuit de mai que des nouvelles de science-fiction ou des extraits de romans). J’ai dû réutiliser 2 ou 3 fois ce gros travail qui m’avait passionnée… et avait assez bien intéressé les élèves…

Et S… de me confier qu’elle gardait un bon souvenir des fiches de grammaire dont je les abreuvais chaque semaine, et qu’elle y avait souvent pensé en préparant ses cours, regrettant de ne pas disposer de ces fiches… Vous imaginez le plaisir que cela fait, d’entendre ce genre de propos des années plus tard ? Bien sûr, je lui ai donné mes coordonnées, afin qu’elle passe me voir si elle le désire… et que je lui donne ces fameuses fiches… (que mes collègues n’appréciaient pas tant que ça, en général…).

J’espère bien recevoir sa visite…

D’un établissement à l’autre…

Mardi 29 juin 2010

Hier, suite au commentaire de Mademoisill, je suis allée sur FaceBook voir ce que disaient mes anciens élèves…

Pas de grande surprise : l’essentiel des commentaires sur les profs tourne autour de leur physique. Je suis « repérée » par ma 2 CV… et ma boucle d’oreille (j’ai appris il y a un an ou deux qu’une ancienne élève, des années plus tard, s’interrogeait encore sur le « pourquoi » de cette boucle unique…). Pas grand chose sur les « contenus », à part quelques voyages scolaires et le « bal des 3èmes ». A lire les 5 pages de commentaires variés, j’ai eu une petite envie de mettre mon mot (mais il faut sans doute s’inscrire pour cela)… mais non : j’étais là en infraction, en « voyeuse » ; ce qui se disait là ne m’était pas destiné, et une intervention de ma part aurait sans doute tout cassé…

Quelques commentaires aussi sur les c… de certains anciens, plus ou moins fiers de leurs bêtises ou de celles de leurs camarades. En voici un, à titre d’exemple :

je pence ke tout les prof surveillant cpe principal ki avai kan jetai la se souviendron de moi, je suis graver dans leur memoire juska la fin de leur vie… apres tou en 17ans de carierre ils ont jamai eu un eleve comme moi.. dapres une prof. dedicass a m… ki ma enmener juskau tribunal d… kan meme lol enfin plin de betise ke je ne regrette pas mai alor vraiment pas du tout :p !!!!!!!!! et les pti du colege foutez les merde!!!! batter vous!!! faites toute les connerie inimaginable!!! pask vou pourier le faire ke une fois dans votre vie sinon vous le regretterai ;)

Je l’ai eu, celui-là… Il doit avoir une bonne vingtaine d’années, maintenant… Et je suis désolée de voir qu’il a si peu « grandi »… C’est vrai que des bêtises, il en a fait pas mal… Des vols, entre autres, et parfois au détriment des « copains »… Mais ce qui l’a conduit au tribunal, c’était une lettre (anonyme, bien sûr !) de menaces à un prof (cité dans le message : je n’ai laissé que l’initiale).

Évidemment, il n’aurait eu aucune chance d’entrer dans un « Internat d’Excellence », où on recrute les élèves sur leur « mérite »…

Je lisais un article à ce sujet dans Marie Claire ce matin… et ai recherché d’autres infos sur le Net, à propos de l’internat de Sourdun…

C’est marrant, mais le discours général sur l’inutilité des effectifs réduits et la suppression de personnels « pléthoriques » (profs, surveillants et autres) n’a pas l’air d’avoir cours ici… Pour 120 élèves actuellement (500 à terme… dans un parc de 50 hectares…), une cinquantaine d’adultes ! A peu près ce que nous avions pour… 700 élèves ! 16 profs, 2 CPE, 12 « assistants de vie scolaire », 5 secrétaires (?), 7 personnels techniques… Et, bien sûr, une infirmière et une assistante sociale… D’accord, c’est un internat, ce qui nécessite plus de personnel (mais le site officiel ne mentionne pas les « techniciens de surface »… qui viennent sans doute d’une société privée)…

Les profs sont recrutés directement par le proviseur, en fonction de leur motivation, « dérogeant aux règles imposées par les syndicats de l’Éducation Nationale », commente Le Figaro Magazine…

Du temps où (c’est loin, tout ça…) il y avait des établissements expérimentaux dans l’Éducation Nationale, le recrutement dans ces établissements était soumis à des règles spécifiques, la motivation étant un critère important… Mais le « mouvement », comme on dit chez nous, restait national, et non au gré du chef d’établissement…

Je ne vais évidemment pas regretter qu’on « donne leur chance » à des gamins de banlieue désireux de bien faire (eux aussi sont sélectionnés selon leur motivation !)… mais j’aimerais bien qu’ »on » pense aussi aux millions d’autres, qui ne pourront intégrer ces établissements (d’après ce que j’ai lu, ils pourraient concerner quelque 5000 élèves…)… et qui galèrent tous les jours dans des classes surchargées, dans des établissements où ils sont mal protégés, face à des profs découragés par les bâtons qu’on leur met constamment dans les roues…

Mémoire… et amnésie…

Samedi 26 juin 2010

Hier, Journées Sportives au collège (jeudi et vendredi, en fait). Je me fais un plaisir d’y passer… d’autant que j’ai créé les logos des T-shirts…

Envie surtout d’y croiser des élèves de l’année dernière, parfois revus lors du Cross en novembre. Les anciens collègues, je les reverrai jeudi prochain : de futures nouvelles retraitées m’ont invitée…

Dès l’entrée, j’apprends qu’une élève cherche à me voir, car sa mère m’a eue comme prof… La secrétaire, qui me donne cette information, me fait part de son étonnement : la gamine est venue la voir en lui demandant  » Quand est-ce qu’elle vient, Mme X ? ». La secrétaire n’étant pas au courant que je venais – comme d’ailleurs tout le monde, à une exception près ! – n’a évidemment pas pu lui répondre !

Premier choc : je croise quelques « anciens » (des vrais, qui ne sont plus au collège, mais reviennent encadrer les Journées Sportives) ; la tête de l’un me dit vaguement quelque chose… Il m’apprend que je l’avais en 3ème l’année dernière… Un effort de mémoire me fait retrouver sa tête dans une salle de classe… mais impossible de retrouver nom ou prénom ! Une autre me dit que je l’ai eue il y a 4 ans… Je ne fais même pas l’effort de me souvenir, sûre d’avance de mon échec…

Troublant, tout de même ! Je vous parlais récemment des efforts faits en début d’année pour mémoriser noms et têtes… et voilà qu’un an plus tard, même les têtes ne me disent plus grand chose !

Dans la cour, je revois quelques ex-5èmes (qui vont passer en 3ème !). Là, je reconnais bien les têtes (que j’ai revues, pour certaines, en novembre)… mais aucun prénom ne me revient ! Mieux : une collègue vient me dire bonjour… Devant mon air sans doute un peu égaré, elle me dit son nom, prof de maths… Cela doit bien faire 3 ou 4 ans qu’elle est là… Je l’aurais croisée sans rien lui dire, ne la reconnaissant pas…

Ouf ! Un Alzheimer qui commence ? Je m’en tire plus ou moins en disant que j’ai tout zappé depuis un an… Mais c’est tout de même troublant !

En salle des profs, j’en retrouve 2 – que je reconnais, là, quand même ! Une m’informe qu’une gamine s’inquiète de savoir quand je viens… Elle s’appelle Camille S… et j’ai eu sa mère en classe : « S…? Sylvie S…? – Oui, c’est ça ! »

Ah ben ! La mémoire à long terme, elle, fonctionne encore : Sylvie S… était en 3ème en 82-83, ma première année au collège… Je l’ai revue plusieurs fois après la 3ème… mais l’ai perdue de vue il y a sans doute 15 ou 20 ans…

Tout de même, cette gamine, j’aimerais bien la voir ! Je redescends dans la cour, et me demande si je vais la faire appeler au micro… Mais déjà elle s’approche, s’inquiète de savoir si je suis bien Mme X… « Et toi, tu es la fille de Sylvie S…? » Son regard s’éclaire, nous échangeons quelques mots, et je lui remets une carte de visite pour sa mère…

… qui m’appelle le soir-même ! (Au passage, j’apprends comment sa fille « savait » que je viendrais : Sylvie ayant vu sur le site du collège que j’avais créé les logos avait pensé que je passerais forcément à un moment ou à un autre…) Longue conversation au téléphone, en attendant de se revoir : c’est qu’il s’en est passé, des choses, depuis notre dernière rencontre !

C’était d’ailleurs une très curieuse rencontre : en route pour le collège, je parviens à franchir le stop pour m’intégrer dans la fie de voitures attendant au feu rouge. Derrière moi, une portière claque, et une tête s’incruste devant ma vitre : c’est elle, c’est Sylvie, qui a reconnu ma 2CV… La rencontre est brève, le feu se remettant au vert…

Tout de même… cela m’ennuie un peu d’avoir si vite oublié les élèves de l’année dernière…

On est toujours le bourge de quelqu’un ?

Dimanche 25 octobre 2009

Titre provenant du dernier billet de « La vie cachée des profs », qui m’a beaucoup intéressée, et dont je vous conseille la lecture…

Et qui m’a fait réfléchir sur mes anciens élèves : bourges ? pas bourges ?

Je ne me souviens pas avoir eu des discussions à ce propos en classe. Ce qui ne signifie évidemment pas que je n’en ai pas eu : on oublie beaucoup de choses – heureusement ! – sur 40 ans d’enseignement… Peut-être y a-t-il plutôt eu des réflexions de ce genre quand j’étais dans le Nord : le collège recrutait essentiellement sur la ZUP et les corons.

Mon dernier collège est en « banlieue rurale » et recrute sur 5 villages. Un seul de ces villages a construit des immeubles : 3 ou 4, en « barre », de 4 étages chacun… Ce n’est pas vraiment la « cité », même si certains des gamins qui y habitent essaient de s’en persuader (ou si d’autres, qui n’y habitent pas, les considèrent plus ou moins comme des « zonards »).

Je me souviens d’un de ces gamins, d’origine maghrébine, que j’avais eu en 5ème, et retrouvé en 4ème. A ma grande surprise, à cette rentrée, il avait un nouvel accent : celui de « la zone » ! Je l’avais gentiment chambré et, au moins à mes cours, il tentait parfois d’oublier ce nouveau « style »…

Pour en revenir à la population de mon collège, disons qu’elle était plutôt d’un niveau social « moyen » : commerçants, artisans, employés. Avec, bien sûr, des élèves d’un milieu plus aisé, d’autres d’un milieu plus modeste. En classe, je n’avais pas l’impression de « divisions » entre milieux… mais dans les couloirs, dans la cour, des regroupements se faisaient, et souvent autour d’un ou deux « mini-caïds » qui trafiquaient plus ou moins, et drainaient à leur suite des gamins envieux et pressés de leur resssembler. Je n’ai d’ailleurs jamais remarqué de ces regroupements parmi les filles…

L’année dernière, ma meilleure élève de 5ème était d’un milieu modeste : la maman élevait seule ses deux filles, et se réjouissait que sa fille « marche » si bien, car elle n’avait pas vraiment le temps, avec son travail, de s’occuper d’elle… La gamine avait d’ailleurs un caractère en or, toujours prête à aider un ou une camarade en difficulté…

Je ne sais plus si je vous ai déjà parlé de ce stage que j’avais fait à Versailles, dans la classe maternelle d’une école privée très cotée : l’institutrice s’adressait aux bambins de 3 ou 4 ans en les vouvoyant, les appelant « Monsieur » et « Mademoiselle », parfois suivi du nom de famille (souvent à particule)… J’en avais été horrifiée ! Je crois que jamais je n’aurais pu travailler dans ce type d’établissement : c’était un milieu beaucoup trop différent du mien !

Pour exister, l’ado (et parfois encore l’adulte…) a besoin de se sentir « supérieur »… et la façon la plus simple est encore d’inférioriser « les autres », de les englober dans une épithète injurieuse ou blessante. L’injure étant d’ailleurs toute relative… L’épithète la plus courante que j’aie pu entendre au cours de toutes ces années est celle d’ »intello » ! Les parents de l’ »intello » en question auraient peut-être été ravis que l’on traite ainsi leur fils ou leur fille ! D’ailleurs, le sens profond de cette épithète était tout simplement : « qui a de bonnes notes » (voire même : « qui a de meilleures notes que moi »), compte non tenu de ses aptitudes, de sa réflexion, de ses connaissances, ou autres critères…

Un jour, j’admonestai dans un couloir un gamin qui en interpellait un autre sous le vocable de « Négro ! ». Je ne connaissais ni l’un ni l’autre, et reprochai au premier cette appellation qui m’avait fait bondir. Le gamin m’avait rétorqué d’un air étonné que c’était un mot espagnol… Excuse a posteriori ? Mais… il est possible aussi que ce gosse n’ait jamais entendu ce mot auparavant, avec tout le racisme que j’y entendais… Après tout, « black », « beur », ne sont généralement pas utilisés comme insultes…

Les mots ne sont… que des mots ! Ils ont le sens que l’on veut bien leur donner (d’où, d’ailleurs, un certain nombre de malentendus…). Une phrase comme : « C’est un vrai bourge ! » peut être prononcée d’un air méprisant, ou, au contraire, avec une nuance admirative…

Et je comprends parfaitement l’étonnement des élèves dans le blog cité plus haut :

Les bourges… c’est toujours les autres !

Le cross du collège

Jeudi 22 octobre 2009

Rentrée mardi de Bordeaux (je vous en parlerai un de ces jours), je suis allée hier au cross du collège…

Prétexte avoué : je voulais voir imprimé sur les T-shirts le logo que j’avais dessiné…

En réalité… envie de revoir mes anciens élèves (en 4ème cette année), de me replonger dans cette atmosphère si particulière de la journée du cross…

Je ne sais si cela se pratique partout : tous les ans, les profs d’EPS (Éducation Physique et Sportive, pour les non-initiés) organisent une demi-journée consacrée au cross. Sacrée organisation ! Autorisations à demander (les élèves courant hors du collège), planning des courses (8 départs, 2 par niveau – filles et garçons séparément), organisation minutieuse de l’encadrement (2 profs ou surveillants à chaque point de contrôle – tenant compte des horaires de chacun), de l’approvisionnement (chocolat chaud et viennoiserie après la course), balisage du terrain (barrières, bandes rouges et blanches)… Sans oublier médailles et autres récompenses… J’oublie sûrement des choses, d’ailleurs, n’étant pas au cœur de tous ces préparatifs !

Et, tous les 2 ans, ce sont les « Journées sportives », à la fin de l’année scolaire, sur 2 jours… Je vous en parlerai sans doute une autre fois…

Le résultat ? Une ambiance sportive, certes, mais surtout festive, où élèves et profs encouragent par leurs cris les coureurs, des rapports différents ce jour-là, d’autant que quelques profs courageux courent, eux aussi…

Je ne suis pas arrivée assez tôt pour voir la course des 4èmes, mais j’étais là pour l’annonce du classement des 10 premiers… J’ai fait remarquer au premier des garçons (que j’avais l’année dernière) qu’il pourrait laisser un peu les autres être premiers, car il caracole déjà en tête de classe dans la plupart des matières…

Comme je l’espérais, mon arrivée n’a pas été celle d’un anonyme… Au hasard de mes pas dans la cour, je me suis vue entourée d’anciens de l’année dernière, et même de 6èmes que j’ai eus il y a 2 ans, qui ont tenu à me mettre au courant de leurs réussites, voire même, pour certains, de leurs dernières notes de Français… L’un d’eux, que j’avais eu 2 ans, est revenu me voir plusieurs fois, regrettant que je ne sois plus son prof de français… Ça ne l’aurait pas dérangé d’avoir 4 ans de suite le même prof !

Je suis repartie au bout d’une heure et demie, ne voulant pas assister à la remise des médailles : j’avais trop peur qu’on me demande d’en remettre… et je ne me sens jamais à l’aise dans ce genre de « cérémonies »…

Et : oui, j’ai vu mon logo ! Non seulement sur des T-shirts, mais aussi sur de superbes K-ways violets (ma couleur préférée !) arborés par les profs d’EPS…

J’ai en commande le logo pour les journées sportives… Après les grenouilles de 2008, le lièvre de 2009… que vais-je pouvoir inventer ???

Lendemains de fête…

Mardi 21 juillet 2009

Bon, eh bien, elle a eu lieu, cette annicrémaretraite ! Et sans pluie, de surcroît, malgré pas mal d’inquiétudes et incertitudes à ce sujet !

Ce n’était pas une très grande fête, vu que de nombreux invités étaient en vacances, ou pris par d’autres occupations (forcément, vu les problèmes pour fixer la date de signature, mes invitations avaient été un peu tardives…) ; nous étions une quinzaine (plus 4 enfants), et ce fut une journée fort agréable, sur la terrasse de ma petite maison.

Ce qui est amusant, et dont je ne me suis aperçue que ce jour-là, c’est que, à part les anciens propriétaires (elle étant aussi une ancienne collègue)… tous les autres étaient des anciens élèves (avec leur famille éventuellement)… y compris ma soeur !

- Odile : 1970 (ma première année de prof… elle est arrivée au 2ème trimestre) en 5ème ;

- Annick : 1980-81 en 3ème (habitant dans le sud – bien qu’originaire du nord -, elle m’a fait l’immense plaisir de venir 4 jours… et de me donner un sérieux coup de main !) ;

- Olivier : 1982-83 en 3ème ;

- Sophie : 1982-83 en 5ème ;

- Marie-Laure : 1983-84 en 4ème ;

- Guillaume : 1983-84 en 5ème…

Ma soeur, avec ses talents d’animatrice, a vite rassemblé ces « anciens » (auxquels s’est jointe, sur ma demande, ma nièce… à qui j’avais donné quelques cours d’orthographe il y a 7 ou 8 ans) pour une petite chorale qui m’a chanté, entre autres, « l’école est finie » !

A part Sophie, tous les autres s’étaient déjà rencontrés à la précédente crémaillère, il y a… 13 ans !

Super journée, avec 60 bougies à souffler (!) sur deux tartes aux abricots (du jardin !) confectionnées par Odile (Annick, à ma prière, avait fait 2 délicieuses tartes au Maroilles…) et des cadeaux, bien sûr, en pagaille, dont… un salon de jardin ! Exactement ce qu’il fallait pour que je profite pleinement de ma terrasse !

Aujourd’hui… je vais reprendre un peu mes cartons, car Didier, mon beau-frère magique et préféré, m’a installé samedi de nouveaux espaces de rangement !

A bientôt !

Troisième âge (suite)

Lundi 8 juin 2009

Bon, ben voilà, je les ai, ces 60 ans si redoutés… C’est une sexagénaire tout neuve (depuis hier) qui vous écrit aujourd’hui…

Les changements de dizaine sont toujours assez impressionnants… Avant, surtout. Après… on s’y fait ! D’ailleurs, les quelques collègues interrogés n’ont pas trouvé que j’avais tellement changé depuis jeudi dernier… (Je me suis bien gardée de demander aux élèves !)

Mais tout de même, ces changements marquent, qu’on le veuille ou non, des étapes : à 10 ans, on devient « grand », à 20 ans, presque adulte (de mon temps, on n’était majeur qu’à 21 ans), à 30, c’est la fin de la jeunesse proprement dite, de l’insouciance, à 40, on entre dans la maturité, à 50, les femmes se préparent à la ménopause, à 60… c’est l’âge de la retraite ! Enfin… pour ma génération : celles d’avant travaillaient jusqu’à 65 ans et, tel que c’est parti, les suivantes ne décrocheront pas avant 70 !

Et après ? Je ne sais pas encore…

Hier, donc, j’ouvre mon ordinateur et Gmail m’annonce 4 cartes envoyées de Copains d’avant par 3 « anciens élèves » (dont l’un, devenu ami, m’en a envoyé 2 !). Voilà qui démarre bien la journée ! Par la suite, un courriel, un appel téléphonique, deux autres cartes, un autre courriel… Sept anciens élèves se sont ainsi manifestés pour me souhaiter un bon anniversaire… et encore, je ne compte pas ma soeur… qui est elle aussi une « ancienne élève » !

J’avais reçu dans la semaine une autre forme de rappel : mon Titre de Pension ! Longtemps après avoir été pensionnaire, voilà que je vais être pensionnée ! Du coup, puisque j’entrais décidément dans ce Troisième Age, je me suis connectée à la CNAV (pour les non initiés : Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse)… et ai fait ma demande de retraite. J’ai même calculé combien j’allais « toucher » en plus de ma Pension. Et là, surprise ! Alors qu’en 2006 on m’annonçait 180 € et des poussières… on ne m’en annonce plus que 90 ! Ah bon ! J’ai perdu 50% en 3 ans, pour la même durée de cotisation ? Pour 7 années de travail (et une de chômage), on touche 90 € par mois ??? Va falloir que je demande des explications sur ces calculs…

Vous voyez, des trucs auxquels on n’avait (presque) jamais pensé, qui vous tombent dessus, comme ça, pour vous rappeler votre (grand) âge…

Le Troisième…