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Pan sur les profs ! (encore…)

dimanche, novembre 20th, 2011

Bon, d’accord, les enseignants ne sont peut-être pas un électorat à ménager… Mais quand même !

Merci à Lucien qui nous signale les projets de décret et d’arrêté concernant les enseignants et autres personnels d’éducation. Comme il explique très bien les conséquences financières de ce projet, je me contenterai de le citer :

Évaluation des profs : derrière les modalités, la question des salaires

Imaginons un professeur qualifié d’exemplaire par sa hiérarchie : ayant bénéficié de la réduction de 5 mois tous les trois ans, il parviendra au dernier échelon au bout de 26 ans environ, contre 20 ans actuellement.

Rien ne change en revanche pour le « mauvais prof », qui ne verra le dernier échelon qu’après 29 ans : on notera l’ironie d’un projet émanant d’un gouvernement qui voudrait faire une place plus grande au mérite et qui pénalise proportionnellement davantage les « bons profs » que les mauvais !

Concrètement, les enseignants verront leur salaire stagner plus longtemps, ne connaîtront d’augmentation que de loin en loin. Autant dire que leur pouvoir d’achat va sérieusement se dégrader sur la durée. Peu importe, le gouvernement fera ainsi chaque année quelques centaines de millions d’euros d’économies : l’argent des enseignants, celui-là même qui ne leur sera pas versé par la grâce du présent décret…

Merci également à François Jarraud, du Café pédagogique, qui met à notre disposition ces projets :

Décret n°2012- du 2012 portant dispositions statutaires relatives à l’appréciation et à la reconnaissance de la valeur professionnelle des personnels enseignants, d’éducation et d’orientation relevant du ministre chargé de l’éducation nationale

Objet : modification du système de l’appréciation de la valeur professionnelle par la mise en oeuvre d’un entretien professionnel et des modalités d’avancement d’échelon par l’introduction d’un mécanisme de réductions d’ancienneté.
Entrée en vigueur : ce décret entre en vigueur le 1er septembre 2012.

Notice : La réforme du système de l’appréciation et de la reconnaissance de la valeur professionnelle des personnels enseignants, d’éducation et d’orientation constitue l’un des volets du « pacte de carrière » annoncé par le Gouvernement en octobre 2009 puis confirmé en mars 2010 visant à améliorer les conditions d’exercice du métier d’enseignant dans le cadre d’une gestion plus dynamique et personnalisée des ressources humaines.

Voyons un peu le projet d’arrêté concernant la notation des enseignants…

document de travail V4
1
ARRETE
Arrêté du …..relatif aux conditions générales de l’appréciation de la valeur professionnelle des personnels enseignants, d’orientation et d’éducation relevant du ministère chargé de l’éducation nationale

L’entretien professionnel est conduit par le supérieur hiérarchique direct de l’agent. Pour les enseignants du second degré pré-baccalauréat et post-baccalauréat le supérieur hiérarchique est le chef d’établissement ou son (ses) adjoint(s). Pour les enseignants du premier degré le supérieur hiérarchique est l’inspecteur de l’éducation nationale compétent.
En cas de nécessité liée à la continuité du service public, l’autorité hiérarchique peut également désigner un autre fonctionnaire pour mener les entretiens d’évaluation au sein des écoles ou établissements.

Je me suis déjà exprimée sur cette question, mais j’y reviens… Faire noter l’enseignant uniquement par son chef d’établissement me semble une aberration totale. Rappelons que, actuellement, la notation se fait à 40% par le chef d’établissement, sur des critères discutables, certes, mais globalement d’ordre « administratif », et à 60% par un inspecteur pédagogique censé évaluer la pédagogie de l’enseignant en assistant à une heure de cours. Que ce système ait besoin d’être revisité, c’est probable. En supprimant l’inspection, toute discutable qu’elle puisse être ? L’inspecteur a du moins, sur le chef d’établissement, l’avantage de connaître la matière enseignée, et est donc plus à même d’apprécier le travail du professeur, et son « efficacité ».

Comme, dans le même temps, on demande de plus en plus aux chefs d’établissement de jouer le rôle de chefs d’entreprise, et même d’embaucher directement leurs personnels, enseignants ou non… on peut imaginer les dérives ! Si c’est celui qui m’embauche qui me note… mon emploi est à sa merci !

Et que va-t-on faire des inspecteurs pédagogiques ? On les supprime ? En voilà, de belles économies à réaliser !

Mais voyons sur quoi le professeur va être noté :

Article 5
Le processus d’évaluation est engagé par une démarche d’auto-évaluation qui s’appuie principalement sur les compétences définies à l’annexe de l’arrêté du 12 mai 2010 portant définition des compétences à acquérir par les professeurs, documentalistes et conseillers principaux d’éducation. Il s’agit notamment pour l’agent d’évaluer sa capacité à faire progresser :
– chaque élève ;
– les compétences dans sa discipline ou ses domaines d’apprentissage;
– sa pratique professionnelle dans l’action collective de l’école ou de l’établissement, en lien avec les parents d’élève et les partenaires. Cette action se situe conformément aux orientations validées par les instances de l’école ou de l’établissement par la mise en place notamment de projets pédagogiques transversaux et pluridisciplinaires assurant la cohérence d’un enseignement collectif ;
– la qualité du cadre de travail afin qu’il soit propice aux apprentissages et au partage des valeurs de la République, notamment le respect mutuel et l’égalité entre tous les élèves.

Article 6
L’appréciation du positionnement de l’agent au regard des critères décrits à l’article 5 est réalisée par le supérieur hiérarchique au regard, d’une part, de l’analyse des résultats de l’auto évaluation et, d’autre part, de l’examen de la manière de servir de l’agent.

Je ne comprends pas bien « l’auto évaluation » : le prof doit faire lui-même une évaluation de ses compétences ? Et en fournir un rapport à son chef d’établissement ??? Et j’aime bien « la manière de servir »… Voilà qui éclaire singulièrement la profession…

Bon, c’est un détail… Revenons sur le contenu :
– capacité à faire progresser chaque élève :
C’est évidemment ce à quoi tend chaque enseignant (sauf cas pathologiques…). Y arrive-t-il pour autant ? Difficile à dire ! Prenons le cas – au hasard – d’un prof de Français en collège : il a l’avantage, sur nombre de ses collègues, de n’avoir que peu d’élèves, environ 120). Peut-il, honnêtement, déterminer qu’il a fait progresser chacun de ces 120 élèves ? Ou même, la moitié seulement ? J’aurais été bien embêtée si l’on m’avait demandé de dresser un bilan de ce genre ! Pour quelques élèves, c’est évident, mais pour le plus grand nombre… Quant aux profs qui ont la charge de plusieurs centaines d’élèves… je ne vois pas bien comment on peut évaluer leur action sur ce grand nombre d’enfants ou ados !
Le « mieux », alors, serait de donner les « bonnes classes » aux « bons profs » : ayant de bons résultats, elles prouveraient que le prof est bon… Quant aux « mauvais profs », ne parvenant pas à faire progresser leurs « mauvaises classes »… cela justifierait leur… mauvaise note !

– capacité à faire progresser les compétences dans sa discipline ou ses domaines d’apprentissage :
Même problème… compliqué du fait que l’évaluateur ne connaît peut-être rien à la discipline en question ! Ou n’en a que ses propres souvenirs d’élève !

– capacité à faire progresser sa pratique professionnelle dans l’action collective de l’école ou de l’établissement, en lien avec les parents d’élève et les partenaires :
Ça, à mon avis, c’est le plus dangereux… et le plus facile à évaluer par le chef d’établissement ! Il s’agit donc de calculer l’investissement de l’enseignant en dehors de son travail d’enseignement (qui, rappelons-le, comporte des heures de cours, de préparations et de corrections, plus des entretiens avec élèves et parents d’élèves et réunions avec les collègues des mêmes classes… ce qui représente tout de même une bonne quarantaine d’heures hebdomadaires, compte non tenu des travaux réalisés en dehors des périodes scolaires… lesquelles périodes de « vacances », on ne le répétera jamais assez, ne sont en fait pas réellement « payées » !). Exiger en plus que l’enseignant s’engage dans d’autres actions me semble déraisonnable ! Donnons-lui déjà les moyens de faire correctement son travail, on verra le reste après !
Bien sûr que des projets collectifs sont un « plus », pour l’établissement comme pour les élèves. Et tant mieux pour tout le monde si des professeurs se sentent à même de mener ces projets, malgré l’énorme investissement que cela demande en temps et en travail (non payés !). Mais en faire une « norme », quitte à ce que certains, d’une disponibilité ou d’une force de travail moins grandes, en viennent à bâcler leur métier d’enseignant… c’est un non-sens ! Si on veut vraiment « faire la différence »… payons alors les heures de travail effectuées en plus (ou au moins une partie de ces heures…) !

– capacité à faire progresser la qualité du cadre de travail :
Là aussi, nous nous y efforçons tous ! Mais comment faire réellement un « bilan » ? Les classes ont une « individualité » (si j’ose dire) propre, et nous avons tous eu, certaines années, des classes avec lesquelles nous n’arrivions « à rien » (ce qui est certes exagéré… mais c’est ainsi qu’on le ressent). Si, par malchance, l’année de l’évaluation, le prof a justement des classes qui « ne marchent pas », peut-on vraiment lui en faire porter la responsabilité ?

Article 14
L’agent dont le service est partagé entre plusieurs établissements fait l’objet d’un entretien d’évaluation réalisé par le supérieur hiérarchique de l’établissement d’affectation principale. Le supérieur hiérarchique recueille l’avis des autres chefs d’établissement le cas échéant.
Article 15
L’agent en situation de titulaire sur zone de remplacement est évalué par le chef d’établissement de rattachement administratif. Il recueille l’avis des autres chefs d’établissement où l’agent a exercé.

Déjà que les entretiens avec tous les enseignants de son établissement vont lui demander quelque temps (!), mais le chef d’établissement devra aussi (ce qui paraît « normal ») contacter d’autres chefs d’établissement ! Combien d’heures vont lui prendre ces nouvelles activités ? Car un chef d’établissement a deux ou trois petites choses à faire : veiller à l’établissement lui-même, son entretien, sa sécurité, établir des budgets, encadrer tous les personnels (enseignants, mais aussi assistants d’éducation, personnels de service et d’entretien, personnels administratifs…), s’assurer de la sécurité et du « bien-être » des élèves, recevoir parents, élèves, personnels… et j’en oublie sûrement beaucoup !

D’ailleurs, je vais laisser la conclusion à un chef d’établissement, interrogé dans un blog que nous a signalé Lucien :

Dans les coulisses des évaluations : le témoignage d’un chef d’établissement

Je pense que le système actuel d’évaluation est totalement obsolète. Cela dit, le projet du gouvernement ne me semble pas satisfaisant du tout non plus. Cela nous donnerait vraiment de travail en plus, alors que nous en avons déjà beaucoup. Cela créerait aussi des tensions dans les établissements, y compris dans ceux où règnent actuellement un climat apaisé, et, à l’heure où les conditions d’exercice sont dégradées et où les personnels sont tendus, cela ne me semble pas judicieux du tout… »

P.S. Dans le Nouvel Obs du 17/11/2011, cette citation de Nicole Bricq, sénatrice et rapporteur général de la commission des Finances :

« La défiscalisation des heures supplémentaires des fonctionnaires de ce ministère [l’Éducation nationale] coûte 1,3 milliards d’euros par an à l’État. C’est l’équivalent du coût de 40 000 emplois ! Cela relativise l’efficacité du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ».

Bon dimanche !

Profs mis à nu…

mercredi, septembre 21st, 2011

Merci à Odile qui m’a fourni le lien vers ce site. Au cas où vous ne le connaîtriez pas encore, allez donc voir leur calendrier .

Mis à nu, certes, mais « en tout bien, tout honneur »… Ils ne font qu’illustrer leur certitude que l’école est nue…

Vous connaissez sans doute ce conte d’Andersen, Les habits neufs de l’empereur ? Deux escrocs vont voir l’empereur et lui assurent qu’ils lui feront un splendide habit, tissé d’or et d’argent, qui lui permettra de voir qui est sincère autour de lui (mon résumé est approximatif, je ne l’ai pas lu depuis longtemps…). L’empereur est très ennuyé de ne pas voir ledit costume, mais les courtisans le rassurent en s’exclamant sur la beauté de l’ouvrage. Cortège dans les rues, où chacun s’applique à vanter la munificence dudit costume… jusqu’à ce qu’un petit enfant s’écrie : « L’empereur est nu ! »…

Nous avons nous aussi nos « courtisans » qui proclament que l’école n’a jamais été aussi performante… Sous cet habit de statistiques plus ou moins faussées, volontairement ou non, le collectif du Calendrier proclame que l’école est nue, tant par la réduction drastique des moyens qui lui sont donnés que par la perte des valeurs qui ont fondé l’école républicaine.

Lucien a récemment fait état de deux rapports qui tendraient à contredire notre « roi » :

Deux rapports très critiques pour la politique d’Education française

Celui du Haut Conseil de l’Éducation tire à boulets rouges sur nos fameuses « évaluations » :

[Table des matières]

LES INDICATEURS ANNUELS FOURNIS AU PARLEMENT NE SONT PAS SATISFAISANTS
1.1 Les indicateurs concernant « les compétences de base » en français et en mathématiques sont partiels, peu exigeants, et donc trompeurs quant à la maîtrise du socle commun
1.2 Les indicateurs tirés des évaluations nationales des trois paliers du socle commun ne sont pas fiables pour des raisons de méthode
. Au palier 1 du socle, la confusion entre deux types d’évaluation prive les indicateurs de la rigueur nécessaire
. Aux paliers 2 et 3 du socle, la fiabilité des indicateurs n’est pas assurée
. Le champ des indicateurs existants ne permet pas d’évaluer avec précision la maîtrise du socle

[Conclusion]

Le Haut Conseil de l’Éducation recommande de renoncer aux indicateurs actuels de la LOLF sur la maîtrise des « compétences de base ». Ces indicateurs donnent en effet une image erronée du degré de maîtrise effective du socle commun par les élèves.

[…]

Pour être pertinents du point de vue du socle, les indicateurs devront être attentifs à un certain nombre de caractéristiques : ils devront évaluer des compétences, c’est-à-dire la combinaison de connaissances, de capacités et d’attitudes, et se fonder sur une évaluation en situation complexe36 ; ils devront bien entendu évaluer la totalité des compétences37 et conserver une échelle de valeurs stable permettant la comparaison dans le temps.

[…]

Le moment est venu de confier à une agence d’évaluation indépendante la mise en œuvre d’un tel programme, comme le suggérait la lettre de mission du Président de la République adressée au ministre de l’Éducation nationale en 2007. Il est essentiel en effet que, dans notre démocratie, les données concernant les résultats de notre système éducatif soient objectives et transparentes, donc incontestables.

[Notes]

36 La situation d’évaluation doit permettre la mise en œuvre par l’élève de « tâches complexes », c’est-à-dire qui mobilisent de façon combinée des ressources (connaissances, capacités, attitudes) dans des situations ou des contextes concrets, vraisemblables, quasi-authentiques, qui ne se réduisent pas à l’application d’une procédure automatique. L’évaluation de la maîtrise d’une compétence n’est en aucun cas équivalente à la seule évaluation de la maîtrise de chaque ressource isolément, laquelle est indispensable mais insuffisante, comme l’illustre l’exemple de l’apprentissage des langues vivantes.

37 Il est nécessaire d’avoir des indicateurs pertinents pour chacune des sept compétences, y compris pour les compétences 6 – compétences sociales et civiques – et 7 – autonomie et initiative – dont l’évaluation peut, de prime abord, sembler plus compliquée. Nous ne sommes pas totalement démunis en ce qui concerne leur évaluation, puisqu’ont déjà été menés au niveau international des études et des travaux, comme par exemple l’étude ICCS (International Civic and Citizenship Education Study) de l’IEA déjà citée.

Le rapport de l’OCDE est plus méchant à plusieurs égards :

OCDE (2011), Regards sur l’éducation 2011 : Les indicateurs de l’OCDE, Éditions OCDE.
http://dx.doi.org/10.1787/eag-2011-fr

Le graphique B2.1 de la page 240 nous apprend (?) que la France est un des rares pays qui a consacré en 2008 à l’éducation une plus faible part de son PIB qu’en 2000.

Les dépenses d’éducation tous niveaux d’enseignement confondus ont augmenté à un rythme plus soutenu que le PIB dans plus de trois quarts des pays dont les données de 2000 et 2008 sont comparables. Elles ont progressé de plus de 1.0 point de pourcentage durant cette période au Brésil (de 3.5 % à 5.3 %), en Corée (de 6.1 % à 7.6 %) et en Irlande (de 4.5 % à 5.6 %). Toutefois, les dépenses au titre des établissements d’enseignement ont augmenté à un rythme plus faible que le PIB en Allemagne, en Autriche, en France, en Israël, au Japon et en République slovaque. Parmi ces pays, les variations les plus sensibles s’observent en France et en Israël, où la part du PIB consacrée à l’éducation a diminué d’au moins 0.3 point de pourcentage entre 2000 et 2008 (voir le tableau B2.1 et le graphique B2.1), essentiellement en raison de la diminution des dépenses en pourcentage du PIB dans l’enseignement primaire, secondaire et post-secondaire non tertiaire en France (diminution de 0.4 point de pourcentage) et dans l’enseignement tertiaire en Israël (diminution de 0.3 point de pourcentage).

(C’est moi qui souligne)

Une curieuse « courbe » concernant le pourcentage des jeunes en formation :

pp. 384-385 Pourcentage de jeunes (15-29 ans) en formation :
1997 : 42.6
1998 : 42.9
1999 : 43.9
2000 : 43.9
2001 : 43.1
2002 : 44.1
2003 : 44
2004 : 44.6
2005 : 45.1
2006 : 45.9
2007 : 46.8
2008 : 46.2
2009 : 44

Globalement, à part en 2001 (et, dans une moindre mesure, en 2003), le pourcentage de jeunes en formation (donc ni au travail, ni au chômage) progresse jusqu’en 2007. Puis chute ! En 2009, nous voici revenus au taux de 2003…

Le tableau D2.1 p. 431 nous révèle que le nombre moyen d’élèves par classe en 2009 est supérieur d’un peu plus de 1 en France à la moyenne de l’OCDE, et de plus de 2 à la moyenne de l’Union européenne…

Nous arrivons avant-derniers quant à l’influence du milieu socio-économique sur les résultats aux tests OCDE de compréhension de l’écrit :

Cliquez sur le graphique pour l'agrandir.

Quant aux salaires des enseignants… voyez plutôt :

Cliquez sur le graphique pour l'agrandir.

Pour le salaire statutaire dans l’enseignement public, nous arrivons glorieusement en 22ème position sur 34…

Le salaire des enseignants a augmenté, en valeur réelle, dans la plupart des pays dont les données sont disponibles entre 1995 et 2009. La France et la Suisse font figure d’exception : le salaire des enseignants y a diminué en valeur réelle durant cette période.

La plupart des pays ont assisté à une régression du salaire des enseignants en pourcentage du PIB par habitant entre 2000 et 2009. C’est en Australie, en Corée, en France, au Japon et en Suisse que le salaire des enseignants en pourcentage du PIB par habitant a le plus diminué. Il est toutefois resté nettement supérieur à la moyenne de l’OCDE dans tous ces pays, sauf en Australie et en France.

Et le roi s’indigne qu’on le voie nu ???

Revenons à nos moutons… euh… à nos profs dépouillés…

Ne vous contentez pas de regarder le calendrier ! Allez lire leur manifeste :

Manifeste contre le dépouillement de l’école

Je n’en ferai pas de citations… car il faudrait tout citer ! Il n’est pas très long, et vaut largement la peine d’être lu… voire signé (plus de 12 000 signatures à ce jour). Au moins, contrairement à un certain site dont je parlais récemment, il indique qui constitue ce collectif !

Notre « roi nu » n’a pas aimé, allez donc savoir pourquoi !

Le ministre choqué par les profs qui posent nus pour dénoncer le « dépouillement de l’école »

Luc Chatel s’est dit « choqué » par ces pratiques dans une interview dimanche à France 3. « Ca me choque parce que le rôle d’un professeur (…) c’est de valoriser son institution » et « j’ai une trop haute estime du professeur, de l’image du professeur, de ce qu’il représente dans notre pays et dans la République, pour accepter un tel dénigrement » a ajouté M. Chatel ». « On a le droit de critiquer ma politique, je l’accepte, on a le droit d’être militant syndical (…), par contre je suis choqué que l’on puisse porter atteinte à l’image même du professeur », a poursuivi le ministre qui a indiqué qu' »il n’y aura pas de sanction ».

Vous pourrez lire le communiqué de presse répondant au roi :

Les Dépouillés répondent au ministre de l’Éducation nationale, invité du 12/13 sur France 3 du 18 septembre

Réponse qui commence ainsi :

Monsieur le ministre,

Qui dévalorise l’institution scolaire ?
15 professeurs dénudés symboliquement ou un gouvernement qui envoie les nouveaux enseignants non formés, donc « tout nus » devant les élèves ?

Enfin, la page Revue de presse vous renverra vers quelques articles écrits à leur sujet…

Bonne visite !

Un peu de « bon sens » ???

lundi, août 1st, 2011

Je vous ai déjà parlé de ce « florilège » réalisé par le SNES à partir des témoignages de collègues au sujet du Brevet… J’ai eu beaucoup de mal à faire des choix dans ce corpus, qui vaut la peine d’être lu en entier !

– Dans un collège des Hautes Alpes (05) : la validation a été faite toute l’année sur Pronote mais les collègues ont appris le 24 mai que la validation sur Pronote n’était pas valable et qu’il fallait tout recommencer sur Notanet pour… le lendemain, dernier délai.

– Dans un collège de Saône et Loire (71), le conseil pédagogique a décidé que les items étaient répartis entre les disciplines mais que chacun faisait ce qui lui plaisait et qu’un enseignant pouvait invalider un item validé par un autre : c’est donc le dernier collègue qui est « passé » qui a eu le dernier mot.

– Dans l’académie de Montpellier, les IPR d’EPS prodiguent une page et demie de conseils aux enseignants d’EPS sur leur participation à la validation de la « compétence » n° 1 (maîtrise de la langue française) et … 3 lignes sur les deux items spécifiques à l’éducation physique !

– Entendu dans un collège de Guyane (973) :
Professeur d’EPS : Comment renseigner l’item « savoir nager » alors que les élèves de la classe n’ont pas eu piscine ?
Chef d’établissement : Pour ne pas les pénaliser, il suffira de demander aux élèves s’ils savent nager.

– Dans un collège de la Marne (51), un IPR a expliqué que l’on pouvait valider l’item « faire preuve d’initiative » si on voyait un élève ramasser les dictionnaires dans la classe.

Après une représentation particulièrement réussie de la chorale, un chef d’établissement est allé voir le professeur d’éducation musicale, a omis de la féliciter mais lui a fait remarquer : « Vous allez pouvoir valider plein d’items avec ça. »

– Dans un collège du Nord (59), le chef d’établissement a demandé que le socle soit validé pour tous les élèves, sauf ceux qui ont cumulé des problèmes « sérieux » dans le travail et dans la conduite (liste à établir avec les équipes pédagogiques).

– Entendu lors de l’audience du 26 mai 2011 obtenue au ministère à propos du LPC
SNES : Les enseignants de français ne se retrouvent pas dans un LPC où leur discipline est éclatée en plusieurs piliers et où la « compétence » n° 1 (maîtrise de la langue française) peut être validée par un professeur de n’importe quelle discipline.
Conseiller du ministre : Le fait que tout professeur de quelque discipline que ce soit puisse valider la « compétence » 1 est une avancée. Tous les professeurs disent en effet que les élèves qui ne maîtrisent pas le français rencontrent des difficultés dans les autres disciplines. Tous les enseignants sont donc amenés à enseigner le français (sic !) et à valider la maîtrise de la langue par les élèves.

Le ministère ne confondrait-il pas l’utilisation de la langue et son enseignement ?

– Entendu dans un collège de Seine-Saint-Denis (93) :
Professeurs : Comment savoir si une compétence est vraiment acquise ?
Administration : Eh bien, c’est simple, il suffit d’appliquer la règle des 3 fois.
Professeurs : [surprise générale]
Administration : Mais si, c’est simple ! Un élève qui dit bonjour trois fois a ses items « interaction » et « prise d’initiative » validées dans les piliers 6 et 7.

Administration : Comme nous ne consacrerons que 2 heures par classe pour établir le niveau d’acquisition des compétences, il va falloir aller à l’essentiel, j’ai donc décidé que tous les élèves avec au moins 12 de moyenne auront leur socle validé.

– Dans un collège du Puy de Dôme (63), le chef d’établissement a validé le socle pour tous les élèves et demandé aux enseignants de « dé-valider » ensuite les élèves posant « problème », ce qu’ils ont refusé de faire.

– Dans un collège du Gers (32), où le chef d’établissement a validé tous les élèves derrière les enseignants, un élève qui avait eu 2 de moyenne en anglais a eu son niveau A2 validé dans cette langue.

– Dans un collège de la Meurthe et Moselle (54), le chef d’établissement convoque depuis plusieurs années les profs de LV dans son bureau et les « cuisine » jusqu’à ce qu’ils acceptent de valider le niveau A2 de certains élèves faibles, en leur tenant des propos culpabilisants du style : « Si l’élève n’a pas le niveau, c’est que vous n’avez pas fait votre travail d’enseignant. Qu’avez-vous fait pour aider cet élève ? ».

– Dans un collège du Val d’Oise (95), le chef d’établissement a validé lui-même les items en se basant sur les résultats du brevet blanc.

– Entendu dans un collège de Seine et Marne (77) :
Professeur principal : huit items sur seize, cela fait 50%, on peut donc valider la « compétence » ?
Chef d’établissement : Oui bien sûr… Normalement, il faut 80% des items pour valider une compétence, mais c’est élastique.

– Dans un collège de l’Aube (10) : les équipes ont eu 3 semaines pour remplir les grilles mais il n’y a pas eu de réunion de concertation. Le chef d’établissement a ensuite réuni les professeurs principaux de 3ème un midi et leur a suggéré d’atteindre 90 % d’élèves validés (consignes de l’IA) et de ne pas valider les élèves dont tout le monde était sûr qu’ils n’auraient pas le brevet, afin de « garder une certaine crédibilité ».

– Dans un collège de la Haute Savoie (74), le chef d’établissement a demandé que les professeurs principaux ne dépassent pas « 3 ou 4 élèves maximum par classe » pour lesquels le socle ne serait pas validé.

– Dans un collège du Var (83), le chef d’établissement a déclaré : « il ne faut pas dépasser les 15% d’échec car c’est gênant pour les statistiques que l’on remonte au rectorat ».

– Dans l’académie de Mayotte (976), une IPR d’anglais a fait passer par écrit des consignes aux principaux de collèges pour que le niveau A2 en anglais soit validé pour un nombre plus important d’élèves.
Extraits du courriel qu’elle a envoyé le 4 avril : « Le niveau faible de beaucoup d’élèves et par conséquent le faible taux de validation du A2 les années précédentes, a placé l’académie dans une position très peu avantageuse … J’en appelle à votre pouvoir de persuasion pour amener les enseignants à comprendre que le niveau A2 est juste ce que l’on appelle le ‘niveau de survie’ qui correspond à l’expression ‘grand débutant’, et que c’est un niveau ‘socle’ … J’ai noté une certaine amertume chez les enseignants quand vous validez contre leur gré, mais vous avez ce pouvoir. Permettez-moi de vous signaler toutefois qu’il serait souhaitable de ‘négocier’ avec eux sur la base des considérations ci-dessus. Je compte sur vous pour les convaincre du bien-fondé de vos décisions afin qu’ils accueillent avec plus d’enthousiasme ces nouveaux modes d’évaluation et qu’ils leur accordent plus de crédit…. » .

– Dans un collège du Gard (30), un professeur de Français aboutit à la non validation de la « compétence » n° 1 pour près de 30% de ses élèves. Considérant que cela perturbait « ses quotas », le chef d’établissement a repris l’évaluation du collègue afin d’obtenir un résultat plus conforme à « l’objectif de performance assigné à l’établissement ».

Florilège sur l’épreuve orale d’histoire des arts

– Dans un collège du Gard (30), le chef d’établissement a imposé les consignes de notation suivantes : mettre entre 10 et 12 à ceux qui présentaient quelque chose de « pas terrible », entre 12 et 14 à ceux qui avaient un peu travaillé… et ainsi de suite jusqu’à 19.5 (car il a décidé que la note de 20 sur 20 n’était pas possible)

– Dans un collège de la Moselle (57), des jurys ont été composés de professeurs d’EPS et technologie qui n’avaient pas participé à l’enseignement d’histoire des arts. Les notes ont par ailleurs été communiquées aux élèves dès le lendemain des oraux.

– Dans un collège des Yvelines (78), le chef d’établissement a relevé « à vue de nez » les seules notes des élèves qui avaient des chances d’obtenir le DNB.

– Dans un collège de la Vienne (86), les enseignants ont été contraints, lors de l’harmonisation des notes, de mettre la moyenne à tout le monde, même si certains élèves avaient dit des inepties.

– Dans un collège de l’Essonne (91), le chef d’établissement a modifié, sans convoquer de réunion d’harmonisation, certaines notes attribuées par 3 des 4 jurys au motif que les notes attribuées par le 4ème jury avaient été bien supérieures.

– Dans un collège du Puy de Dôme (63), 4 jurys ont fait passer l’oral avec la même grille d’évaluation après harmonisation, en appliquant les recommandations d’une IPR venue expliquer ce qui était attendu lors de l’épreuve orale. Mais le principal adjoint a déclaré, lors des conseils de classe, qu’il avait dû gonfler les notes de vie scolaire pour contre-balancer « la catastrophe nucléaire des résultats de l’Histoire des Arts » (sic).

* * *

On pourrait conclure de ces extraits que les chefs d’établissement font parfois n’importe quoi… Ce serai oublier qu’ils sont, comme les Inspecteurs Pédagogiques, soumis à des « obligations de résultats » dont dépendent non seulement leur carrière, mais aussi les dotations horaires pour leur collège… Si le ministère a décidé qu’il fallait au moins 80% de « réussites », les établissements qui ne respectent pas ce taux risquent fort d’être « mal notés »… et d’en subir les conséquences du point de vue « moyens » octroyés (suppression de postes, augmentation du nombre d’élèves par classe, suppression d’options…).

Le « Brevet » n’a plus rien d’un examen : c’est un outil de chantage entre le ministère et les personnels de l’Éducation dite « Nationale »… qui n’a de « Nationale » que l’obligation de correspondre aux statistiques prédéfinies !

Injustes notes… (suite… et fin ?)

mardi, avril 13th, 2010

Quand j’ai démarré le commentaire de cet article, je pensais naïvement que ce serait un sujet intéressant pour un billet… Je n’imaginais pas du tout qu’il faudrait QUATRE billets pour « cerner » (et non épuiser !) le sujet…

A quoi sert la note ? Car il faut bien se poser la question, à un moment ou un autre…

Pour moi, la note est avant tout (j’aimerais dire « exclusivement »… mais je sais que ce serait faux…) destinée à l’élève. Elle est un indicateur de ses connaissances ou savoir-faire sur tel ou tel point. Elle a le même genre de valeur qu’une prise de température : suivant les heures, les jours, la température peut monter ou descendre. Selon les personnes, la température « moyenne » est différente. Elle ne soigne pas, ne guérit pas, n’a pas d’autre vertu que d’indiquer ponctuellement à l’élève la « valeur » de ce qu’il a produit.

Pour l’enseignant, idéalement, la note est un échelon qui doit donner envie à l’élève de grimper un cran plus haut. La relative « indulgence » d’un enseignant qui note le devoir d’un élève « qui a du mal » s’explique ainsi : il voit que l’élève a fait un effort, il « valorise » cet effort en fermant les yeux sur tel ou tel point qu’il ne juge pas essentiel. Si, depuis longtemps, j’ai adopté différents « systèmes » de notation de dictée, c’est bien dans le but d’encourager des élèves qui, avec une notation « la même pour tous », auraient zéro du début à la fin de l’année (mais en étant passés, peut-être, de 50 à 20 fautes !), ce que je trouve décourageant et déprimant. Donc, évidemment, la « note » en tant que nombre n’a aucune valeur d’absolu ; et on peut la dire « subjective », dans la mesure où, effectivement, elle peut se moduler selon le « sujet » (c’est-à-dire l’élève, pas le prof !). Et quand on fait un mauvais procès aux établissements qui « notent large » ou « notent sec », on occulte complètement cette valeur de la note, qui a pour rôle d’indiquer à l’élève où il en est, et de lui donner envie d’aller un peu plus loin. Si on adopte les mêmes contrôles, les mêmes critères de notation, dans un établissement « de cité » et dans un établissement « bourgeois » (pour faire court), les élèves du premier établissement risquent d’atteindre rarement le fameux 10 qui leur indique la « moyenne »… D’où : « je suis nul, on est tous nuls… et on le restera, quoi qu’on fasse ! »

Maintenant… le problème est de savoir ce qu’on fait avec ces notes ! Qui prennent de plus en plus une valeur « absolue » ! Le système d’orientation à la fin du collège consiste à rentrer toutes les moyennes de l’élève dans l’ordinateur, avec ses vœux d’orientation… et le logiciel académique « kivaou » (c’est le poétique nom du système d’affectation – je ne sais si c’est toujours le même – décryptez : qui va où ?) « choisit » (!) . Pas d’appréciations pour moduler les fameuses moyennes (que peut faire un logiciel avec des appréciations ???), pas de modulation pour cause d’absences, de maladie ou je ne sais quoi : la note prend alors une Valeur Pure… responsable de l’orientation de l’élève !

Et là, il y a effectivement de quoi se poser des questions ! Car si la note que je mets à un élève doit refléter au plus juste son exacte « valeur », autrement dit perdre sa valeur pédagogique pour n’avoir plus qu’une valeur de constat, je risque de condamner son avenir ! Alors qu’on sait parfaitement qu’un ado de 15 ans sortant de 3ème peut encore beaucoup évoluer dans ses capacités et envies d’apprentissages !

D’ailleurs, à l’inverse, il est arrivé dans mon établissement qu’une principale particulièrement bienveillante nous demande quelque « indulgence » vis-à-vis de tel élève qui risquait de n’avoir aucune affectation avec les notes qu’il « méritait »…

Donc : oui, la note est relative, subjective, et discutable. La perception qu’a l’enseignant de l’élève va moduler sa notation… parce qu’il veut que l’élève y voie un signe de quelque chose (en baisse ou en hausse, pour schématiser).

Tout le problème est de savoir pourquoi on a voulu faire de cet indicateur pédagogique un système absolu pour l’orientation des élèves… Et de vouloir y remédier !

Injustes notes… (suite de suite)

jeudi, avril 8th, 2010

Vous vous souvenez ? J’étais partie d’un article du Nouvel Obs (25-31/03) sur la notation en France, « une absurde loterie ». Pour plus de précisions : rubrique « Entreprendre », surtitre « Les dessous de l’orientation », chapeau « Voilà un siècle et demi qu’on évalue les élèves de façon inefficace et arbitraire. Mais il ne faut surtout pas le dire… »

Je reviendrai tout à l’heure sur ce « chapeau » (pour ceux qui l’ignorent, le « chapeau » d’un article est un « condensé » de quelques phrases, entre titres et article, marqué par une typographie différente). Pour l’instant, je veux « m’attaquer » au dernier facteur cité (en fait, il est cité en premier) comme faussant la notation :

« – La « cloche de Gauss », dite « effet Posthumus ».
Un enseignant tend toujours, de façon mécanique, à ajuster les notes au sein de chaque classe, quel que soit le niveau des élèves, pour les répartir en forme de « cloche » : très peu de notes extrêmes, beaucoup de notes moyennes. »

Alors là… je voudrais bien savoir qui a inventé cette propension « mécanique » à respecter une « loi statistique » ! J’ai connu un prof, en effet, qui avait cette religion, et qui a vainement essayé d’y convertir ses collègues. Selon lui, les notes DEVAIENT suivre cette fameuse courbe, et si elles ne la suivaient pas, c’est que les profs notaient MAL… Je veux bien croire que, statistiquement, cette courbe reflète globalement un ensemble de notations. De là à l’ériger en principe a priori… c’est renverser l’ordre des choses, marcher sur la tête… et consacrer le culte de la Sacro-Sainte Statistique !

Statistiquement, un faible pourcentage (j’ai oublié le chiffre !) d’enfants ayant redoublé leur CP parviennent jusqu’au Bac : alors, faut-il leur interdire l’accès au lycée ? Mais… j’en ai connu, moi, de ces « redoublants du CP », qui ont passé des maîtrises, des CAPES… et même des doctorats !

On pourrait, d’ailleurs, tenir compte de ces mêmes statistiques pour l’orientation des élèves : tel milieu socio-culturel ne produisant que peu de bacheliers, autant interdire aux enfants de ce milieu d’aller au lycée…

Les statistiques se font après, pas avant ! C’est un non-sens !

Si, statistiquement, les enfants marchent à un an (admettons, je ne vais pas rechercher les chiffres !), que ferez-vous si votre enfant de 10 mois veut marcher ? Vous l’attachez sur sa chaise en attendant qu’il ait un an ? Et si, à un an, il ne marque aucune velléité de station debout ? Vous l’attachez debout ?

Si, statistiquement, les enfants marchent à un an… c’est qu’il y en a un certain nombre qui marchent avant un an, et d’autres qui marchent après un an ! On a tendance à confondre statistique et normalité…

C’est d’ailleurs aussi ce principe qui est défendu pour éviter les redoublements (sauf que maintenant, on a en plus l’argument de « combien ça coûte, un redoublement » !) : un pourcentage important de redoublements ne « servirait » à rien. Bon. Il faudrait savoir un peu ce que signifie « servir », ici ! Peut-être l’enfant n’a-t-il pas amélioré ses scores, mais peut-être est-il mieux dans sa peau ?

J’ai déjà parlé des redoublements : ce n’est pas une potion magique, je suis bien d’accord ! J’ai rencontré des « redoublants » qui avaient bien profité de cette année supplémentaire, et d’autres qui n’en avaient apparemment pas tiré grand chose. Maintenant, qu’au nom de la Statistique on interdise à tel élève bien particulier de redoubler, de tenter de combler ses déficits, cela me révolte ! On n’a pas à se conformer à la statistique ! Si, statistiquement, les sites Internet les plus fréquentés (je l’ai encore lu récemment) sont ceux de pornographie, est-ce que je suis obligée d’aller sur ces sites pour être « normale » ???

Bon, pour en revenir aux notes, je ne crois pas du tout que les enseignants tentent « d’équilibrer » les notes d’une classe selon une courbe ! Sauf, évidemment, si on leur a appris que c’était obligatoire ! Pratiquement tous les profs que j’ai connus (et j’en ai connu quand même pas mal !) se réjouissent d’avoir un nombre important de « bonnes notes » ! Logique, d’ailleurs : d’une certaine façon, cela montre qu’ils ont bien « fait leur boulot » ! A l’inverse, un nombre important de « mauvaises notes » les conduit à se poser des questions sur leur enseignement…

Quant à cette « tendance mécanique »… on oublie qu’un enseignant est face à UNE copie, et qu’il réagit à cette copie. Il n’a pas en tête une courbe quelconque des notes qu’il a déjà attribuées pour « moduler » sa notation ! Il y a différents facteurs qui interviennent, je l’ai dit précédemment, mais penser qu’un enseignant évalue une copie en fonction de règles statistiques, c’est ne rien connaître de ce métier !

Je pensais épuiser le sujet aujourd’hui… mais non, il faudra que j’y revienne prochainement…

Injustes notes… (suite)

dimanche, avril 4th, 2010

Les enseignants ne sont pas des robots…

C’est vrai… et on l’oublie souvent ! Lors de la dernière « affaire de gifle » que j’ai évoquée, de nombreux internautes ont commenté à l’infini le fait qu' »un prof ne doit pas frapper un élève », que « s’il n’est pas capable de dominer sa classe, il n’a qu’à faire un autre métier »… Sans doute le modèle des « saints laïques » de la 3ème République flotte-t-il encore dans l’air… même si, dans la réalité, ils étaient bien loin d’être des saints ! Mais leur rôle, vu comme un « apostolat », d' »évangéliser les masses » en leur apprenant à lire, écrire et compter, leur valait une reconnaissance générale…

On est bien loin de cette époque, où l’instituteur tenait un rôle-clé dans le village, au même titre que le curé et le médecin ! On tire à boulets rouges sur les pauvres enseignants, responsables de nombre de maux actuels… mais on s’indigne qu’ils ne soient pas « irréprochables » !

Les enseignants ne sont ni des robots, ni des saints… Comme tout un chacun, ils ont des moments de faiblesse, de doute, de colère… Comme tout un chacun, ils ont une autre vie que celle de leur métier, d’autres préoccupations, qu’elles soient familiales, de santé, pécuniaires, que sais-je !

C’est vrai : un enseignant ne DOIT pas frapper un enfant, c’est écrit dans la loi ! Quelle que soit la provocation, la violence qu’il affronte, il doit rester maître de lui. Mais… « que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre » ! Que celui qui n’a jamais eu un geste ou un mot de trop lors d’une situation stressante, dans quelque contexte que ce soit, se lève en accusateur !

Peuple de saints ! A moins que ce ne soit de « sépulcres blanchis » !

Ne m’en veuillez pas trop de mes références religieuses : j’ai tellement l’impression que c’est une partie importante de la question, cette attente d’une attitude « parfaite » de la part des enseignants !

Et, pour en revenir aux notes… eh bien oui, il me semble logique que la notation soit influencée par des éléments extérieurs ! Parce que l’enseignant n’est qu’un homme (ou une femme, vous m’avez bien comprise !).

J’aimerais tout de même établir un distinguo : il est des devoirs (travaux, exercices…) sur lesquels l’influence du mal de dents du correcteur ne se fera pas trop sentir. Les QCM, bien sûr, mais aussi tous les devoirs comportant de nombreuses questions aux barèmes précis, préalablement définis (avant la correction… et même avant de donner ledit devoir aux élèves !). Sur 20 questions à 1 point chacune, à moins de sanctionner orthographe, style, écriture ou je ne sais quels autres critères plus ou moins étrangers aux buts du devoir, il y a peu de chances que la notation soit très différente d’un correcteur à l’autre, mal de dents ou pas.

Il en va évidemment tout autrement des devoirs essentiellement rédigés : déjà, ils sont beaucoup plus longs et difficiles à corriger, même si l’on a pris la précaution d’établir un barème assez précis. Ensuite, l’influence du style, de l’écriture, de l’orthographe est beaucoup plus forte : imaginez que vous ayez à corriger un devoir de 3 ou 4 pages difficilement lisible ; votre exaspération au pénible déchiffrage a bien des chances de se répercuter sur la note ! Même chose si vous devez lire le devoir à haute voix pour comprendre le propos de l’élève, déformé par une orthographe un peu trop fantaisiste ! Parce que vous n’en avez pas qu’un, devoir à corriger ! Mais 30 !

D’après l’article déjà cité, plusieurs facteurs interviennent pour fausser la notation :
– l’ordre des copies corrigées
Une copie corrigée parmi les premières ou les dernières risque d’être notée différemment. Et pour cause : au fur et à mesure de l’avancée de son travail de correction, l’enseignant prend conscience de la différence entre ses objectifs et ce qu’en ont compris ses élèves. Il m’est souvent arrivé, lors de la difficile correction des rédactions (et malgré la fiche d’évaluation relativement détaillée), de reprendre toutes les copies à la fin, et de modifier parfois des notes.
La note varie aussi, nous dit l’article, selon la qualité des copies précédentes. En effet, après 5 ou 10 « mauvaises » copies, la première « bonne » risque d’être « surnotée », à cause du soulagement ressenti par le correcteur, qui craignait de devoir corriger 30 mauvais devoirs. Et inversement : après 5 ou 10 « bonnes » copies, la première « mauvaise » ou « moyenne » risque d’être « sous-notée », le correcteur s’étant agréablement habitué à des devoirs qui répondent à ses attentes. Là encore, reparcourir l’ensemble du paquet à la fin permet de rétablir l’équilibre. Une chose que je faisais aussi parfois : des « paquets » de copies en fonction des notes ; je relisais le paquet dans son ensemble, et vérifiais que les évaluations « se tenaient ».
Mais… ces travaux de vérification me semblent difficilement réalisables lors d’examens ! A cause des conditions de correction, mais aussi parce que le correcteur, ne connaissant pas les « corrigés », ne mémorise à peu près rien de ce qu’ont écrit les élèves : le travail de relecture devient alors presque aussi long que le travail de lecture !

– l’effet Pygmalion
« La perception globale que les enseignants ont d’un élève, favorable ou défavorable, joue sur le score de chacune de ses évaluations, quelles que soient ses réponses. » dit l’article.
Hum ! Je suis plus perplexe… Je vois mal un enseignant compter juste une réponse fausse (ou inversement) en fonction de l’opinion qu’il a de l’élève… Par contre, il n’a évidemment pas les mêmes attentes d’un élève « en difficulté » (avec lequel il pourra se montrer moins exigeant) et d’un « bon élève » (qui l’aura déçu dans ce devoir).
Je crois avoir déjà parlé de mon « système » de dictées (qui a varié au fil des ans), où, selon les difficultés des élèves, la notation ne se faisait que sur une partie de la dictée, ou sur un « contrat » établi par l’élève à chaque dictée. Je n’ai que très très exceptionnellement rencontré de problème avec ces « systèmes »… et pourtant, les notes chiffrées n’étaient pas comparables, puisqu’elles ne prenaient pas les mêmes critères en compte…

– l’effet source
« Les notes sont souvent influencées par les résultats obtenus par l’élève, en particulier la toute première copie de l’année. »
C’est peut-être (?) vérifié en lycée, où les devoirs sont plus ou moins semblables d’une fois sur l’autre (quant à la « forme », j’entends !), sûrement beaucoup moins en collège ou en primaire, où les travaux notés sont plus nombreux, et de types très différents.

Mais… je m’aperçois que je n’ai pas encore fini… et que, vraiment, cela ferait trop pour aujourd’hui !

Suite (et fin ?) à une autre fois !

Et : Joyeuses Pâques !

Injustes notes…

jeudi, avril 1st, 2010

Un article du Nouvel Obs de la semaine dernière s’intitule « Notation : une absurde loterie ».

En gros : les enseignants sont influencés par des tas de trucs divers (niveau de la classe et de l’établissement, origine sociale et sexe de l’élève, ordre de correction des copies…). Une étude de 1962 « concluait que, pour obtenir une note « juste » aux épreuves du bac, il faudrait faire la moyenne de celles données par 13 correcteurs en maths, 78 en français et 127 en philo… ».

Donc : les notes sont injustes et aléatoires… Et n’ont pratiquement pas changé depuis 1880… Voire…

Il y a pas mal d’années, on a tenté un système de notations « A B C D E » : 5 « notes » au lieu de 20… cela risquait de diminuer un peu les disparités. Encore eût-il fallu préparer les enseignants à ce système ! Car, très vite, fleurirent les « A-« , « E+ » et autres… 15 notes, donc, au lieu des 5 projetées. Le système fut vite abandonné (au moins au niveau du secondaire). Retour à la case départ…

D’autant que… de plus en plus, « on » tenait à additionner, multiplier, diviser, les fameuses notes en question, pour faire des « moyennes », chose évidemment difficile avec des lettres ! Moyennes par matière, moyenne globale, moyenne de classe… Et les enseignants se faisaient (et se font toujours !) taper sur les doigts si leurs moyennes de classe étaient trop faibles… ou trop fortes ! Une moyenne doit être « moyenne », c’est évident !

Personnellement, j’ai très mal vécu le moment où, pour satisfaire le logiciel de notes, il a fallu que je fasse une « moyenne de Français » ! Additionner des notes de contrôles de conjugaison, de dictées, d’exercices de grammaire, de contrôles de grammaire, de rédactions, de comptes-rendus de lecture ou d’exposés m’a toujours semblé une hérésie totale ! En primaire, on m’avait appris à ne pas additionner les carottes et les francs ! J’ai donc continué à faire 4 moyennes (orthographe, grammaire, rédaction, lecture)… et la moyenne de ces moyennes pour le logiciel ! Et à faire noter aux élèves sur leur carnet de correspondance leurs 4 moyennes personnelles (et les moyennes de classe, les plus hautes et les plus basses, pour faire bonne mesure…).

Dans mon établissement, ces dernières années, on avait supprimé du bulletin la « moyenne globale » de l’élève : bonne idée ! Car si, instinctivement, un parent peut se dire : « Bon, il a 10, ce n’est pas si mal ! », il porte nécessairement une moins grande attention au « détail » de ces moyennes. Or, vu la variété des notes « moyennées », ce 10 ne signifie pas grand chose… Un 17 « de moyenne » en Éducation Physique, en Maths, en Anglais ou en Arts Plastiques… c’est tout de même très différent ! D’autant que certaines matières, ne s’exerçant qu’une heure ou deux par semaine, n’attribuent que peu de notes. Une moyenne de 3 notes ou de 15 notes… ce n’est pas pareil !

Et les pauvres profs de tenter d’appliquer des « coefficients » à leurs notes… « C’est vrai, Madame, que les notes de Brevet Blanc comptent coef 8 ? » Ben non, pas chez moi… Par contre, j’ai des notes sur 20, certes, mais aussi sur 10 et sur 5, voire sur d’autres nombres variables selon le travail et les critères de notation…

Car on oublie de dire, dans cet article, que de sérieuses réflexions ont conduit nombre d’enseignants à des exigences dans leur façon de noter. Sont nées, il y a 15 ou 20 ans, les « grilles d’évaluation », qui fixent un nombre de points pour telle partie du travail. Cela limite tout de même les « états d’âme » du correcteur qui, on l’oublie trop souvent, n’est pas un robot ni un ordinateur, qui peut être fatigué, euphorique… ou avoir une rage de dents !

J’ai encore quelques petites réflexions à faire au sujet des notes… mais ce sera pour un autre jour !

P.S. Et bon Premier Avril !

Dernier conseil de classe de 3ème…

vendredi, juin 12th, 2009

Eh oui ! c’était le dernier !

Sans surprise ni discussion, d’ailleurs : 2 redoublements (demandés par la famille), 2 BEP (pardon ! Bac Pro !), 2 CAP… et tous les autres en seconde générale… dont la moitié risquent de se planter très fort s’ils n’apprennent pas très vite à travailler…

Mais… de toutes façons, si on s’y opposait, l’élève obtiendrait le passage à la commission d’appel… On ne fait opposition que quand on est sûr que l’élève ne peut pas, vu ses notes très faibles, aller en seconde, ou qu’on pense réellement qu’une année supplémentaire au collège l’aidera à progresser… dans ses résultats ou dans son projet d’orientation.

Les deux redoublements sont donc demandés par les familles. Mais deux cas très différents : l’un est trop jeune pour faire un CFA, ce qu’il souhaite ; l’autre n’a pas tout à fait atteint l’âge de raison… alors, envisager un métier… Mieux vaut rester au chaud au collège…

J’espère pour lui qu’il aura un peu mûri d’ici septembre… sinon, ça va être un redoublement catastrophique ! Déjà que, cette année, il croyait tout savoir et répondait à tort et à travers…

A part ça, on n’a pas trop entamé notre stock de « Félicitations » et de « Compliments » : 2 de chaque, et c’est tout ! (C’était un conseil où tout marchait par 2 !). Faut qu’il en reste pour les autres classes…

Hé ! Je plaisante ! C’est juste qu’il n’y avait pas vraiment matière à les féliciter, ces petits !

J’avoue que j’aurais préféré terminer ma « carrière » avec une classe de 3ème un peu plus « vivante »… Mais bon, les 5èmes sont « vivants » pour deux classes au moins !

Les notes sur Internet

mercredi, juin 10th, 2009

C’est bien, les notes sur Internet !

Drôlement pratique : de chez vous, vous tapez vos notes, elles arrivent toutes fraîches sur le serveur du collège ; le prof principal, qui prépare ses bulletins, allume son ordinateur et, tranquillement, imprime notes et appréciations de toutes les matières, pour toute sa classe !

Génial, non ?

Je prévois que, d’ici quelques années, les conseils de classe pourront se tenir ainsi : chacun chez soi, devant son ordi, et cliquant sur telle ou telle petite case pour faire connaître son avis…

Mais bon, ça, c’est encore de la fiction (enfin… j’espère !).

Tandis que les notes sur Internet, ça existe ! Même que parents et élèves, munis d’un mot de passe, peuvent aller consulter leurs résultats ! C’est beau, le modernisme !

Bien sûr, cela pose quelques petits problèmes.

Par exemple, pour moi (je prends mon cas au hasard) : je ne vous dirai même pas que je préfère les appréciations manuscrites, parce que plus personnelles, ce genre de réflexion est totalement périmé, depuis longtemps. Il n’est pas non plus utile de mentionner que je trouve absurde une « moyenne de Français », où se confondent notes de dictées, de contrôles de lecture, de rédaction, etc..

Mais quand même : je refuse que le logiciel calcule mes « moyennes » en jetant en vrac mes 20 ou 30 notes du trimestre. Je veux que mes moyennes, puisque moyennes il y a, soient calculées à partir des moyennes de grammaire, d’orthographe, d’explication de textes et de rédaction : la moyenne d’un élève est donc la moyenne de ces 4 moyennes.

Vous me suivez, là ?

Ça fait une différence ?

Oui, et pour deux raisons : d’abord, parce qu’ainsi, on ne privilégie plus le nombre de travaux (si j’ai donné 10 travaux d’orthographe et 2 de rédaction… la « moyenne de français » serait surtout une moyenne d’orthographe !). Ensuite, parce que justement, si on « mélange tout », les élèves faibles en orthographe (et ils sont nombreux !) seraient fortement pénalisés… à moins de ne pas noter les travaux d’orthographe… ce qui ne serait pas non plus très logique !

Pour tout « simplifier », j’attribue aussi des points de « bonus », suite à certains travaux. Le logiciel de notes a bien prévu cela… mais il ajoute les bonus à la moyenne… Je l’ajoute plus modestement avant le calcul de la moyenne… (C’est d’ailleurs ainsi que j’arrive à avoir des élèves qui ont 21/20 en orthographe… ça, le logiciel, il voudrait pas ! Il cracherait de fureur en tous sens !).

Donc : j’entre mes notes dans le logiciel de notes… avec un coefficient 0 (ça, il veut bien ! une chance !) pour qu’il ne me fasse pas de calculs intempestifs. Je les colle dans le presse-papiers pour les importer dans mon tableur, où je n’ai plus qu’à les recopier dans les bonnes colonnes ; je recopie dans mon tableur les points de bonus dans les colonnes correspondantes ; je lance le calcul des moyennes par « sous-matière » (j’ai un ami qui m’a fait une super macro pour ça)… et je fais calculer la moyenne globale au tableur.

Après quoi, si j’ai assez de temps, je recopie mes 4 moyennes dans le logiciel de notes, avec coefficient 1, et je le laisse calculer ce qu’il veut ; sinon, je ne recopie que la moyenne globale (avec coefficient 1 également).

C’est simple, hein ?

On a eu tout de même pas mal de problèmes… Par exemple : plusieurs profs (dont moi) se sont aperçus que les notes ne correspondaient pas… Ben oui, c’est un peu lent, l’entrée des notes via Internet… Si on veut taper à la vitesse « normale » une suite de nombres telle que : 15 12 7 20… le logiciel enregistre à peu près un chiffre sur 2… ou saute carrément une case… Se voir attribuer un 0 quand on avait 20… c’est assez vexant, avouez !

Il faut donc avoir un oeil sur la liste de notes manuscrites, un sur l’écran… et un, accessoirement, sur le clavier… C’est pas ça qui va arranger mon strabisme divergent ! Surtout que le 3ème œil, hein…

Enfin bref, on s’y fait comme on peut…

… quand le serveur du collège veut bien répondre !

Figurez-vous que les dates des conseils de classe sont fixées nationalement pour les 3èmes : nous devons tous avoir entré nos notes aujourd’hui… Certes, des professeurs bien mieux organisés que moi les ont entrées la semaine dernière. Mais je ne dois pas être la seule retardataire… car le serveur est indisponible !

Une collègue à qui j’ai téléphoné (car le collège est fermé le mercredi après-midi, évidemment !) m’a dit qu’hier, ça « ramait » tellement, même après 22 heures, qu’elle s’était levée à l’aube ce matin pour terminer sa saisie… Elle m’a conseillé de mettre mon réveil à 5 heures demain matin… mais ça m’étonnerait que je suive son conseil !

Sans compter que, les notes étant directement « pompées » par l’académie pour le Brevet (pourquoi ont-ils besoin des notes aujourd’hui alors que le Brevet a lieu les 30 et 1er ? Je ne saurais vous dire !), si elles sont transmises cette nuit… il manquera un certain nombre de notes de Français… et que le logiciel n’a évidemment calculé aucune moyenne pour le 3ème trimestre (voir plus haut).

Ah ! Le progrès !

Le niveau baisse !

vendredi, janvier 23rd, 2009

Le nivô basse, ma pôv’ dame, que c’en est pas croyable !

Déjà, de mon temps, il avait baissé, par rapport à celui de mes parents. Je ne citerai pas Platon (qu’on retrouve sur quelques milliers de pages du Net) tant que je n’aurai pas de référence un peu précise. Mais je me souviens avoir lu qu’au 2ème concours d’Agrégation, dans les années 18.. quelque chose, le rapport indiquait déjà une baisse de niveau… Il y a très longtemps, des siècles peut-être, que nous sommes au-dessous du niveau de la mer, et que les pauvres enseignants, tels le petit garçon de Harlem, bouchent les trous des digues avec leurs doigts en appelant vainement à l’aide.

(Mais quelle jolie image, non ?)

Je veux bien reconnaître que « le niveau baisse »… si on me fournit une étude comparée sur ce qui est comparable. Je l’ai peut-être déjà dit (désolée si je me répète !) : « de mon temps », nous avons été 2 sur ma classe de CM2 (une vingtaine d’élèves, je pense) à entrer en 6ème (sur examen, à l’époque !) ; 8 sur ma classe de 3ème (environ 25 élèves) à entrer en 2nde (toujours sur examen !) ; 3 à obtenir notre Bac et 2 à entrer en Fac (sur cette même classe de 3ème). « Les autres », du CM2 ou de 3ème, se sont contentés du Certificat de fin d’études, s’ils l’ont eu (ce que j’ignore).

Je crois qu’on a « légèrement » oublié que, dans les années 60, une importante partie de la population (pour ne pas dire la plus importante) n’avait pas accès à l’enseignement secondaire, ni même au CEG (je suis entrée au CEG… sur examen !). Alors évidemment, si on compare les résultats d’une « élite » de ces années lointaines avec ceux des élèves d’aujourd’hui, qui ne représentent pas une « élite », mais la totalité des enfants d’une classe d’âge donnée… il n’est pas très étonnant de trouver des différences !

Par contre, si on comparait les résultats des « élites » de 1960 et ceux des « élites » d’aujourd’hui (avec calcul d’un pourcentage équivalent dans la population totale)… je suis à peu près sûre que les enfants d’aujourd’hui nous battraient à plates coutures dans pas mal de domaines… même s’ils ne connaissent pas la liste de dates et de sous-préfectures que nous ânonnions !

Réservons l’école à une élite, et le niveau remontera en flèche !

Trêve de plaisanterie, je voulais vous entretenir de cette dramatique baisse de niveau… mais comme Quelle école demain ? (que j’ai découvert hier, mais apprécie de plus en plus…) l’a fait avant moi, très sérieusement et avec référence des sources, je vous y renvoie… Jetez également un œil sur leur étude des résultats des tests internationaux (vous savez, ceux qui disent que la France est la dernière de la classe, ou presque !)… et vous verrez qu’une fois de plus, nos gouvernants nous mentent effrontément !

Une précision : si je n’apprécie pas (euphémisme…) le gouvernement actuel, je ne crois vraiment pas qu’il a inventé le mensonge éhonté à balancer aux divers médias… Disons que nous avons plus facilement accès qu’avant à des informations, des rapports, qui permettent de pointer les « erreurs ».

Ce qui ne nous sert pas à grand chose, les médias se contentant pour la plupart de répercuter les paroles de « l’autorité », sans les vérifier…