Archive pour la catégorie ‘Internet’

Vous avez dit La Culture pour Tous ? Vraiment ?

Samedi 26 janvier 2013

C’est « mon » site de généalogie qui m’alerte… et vu le peu d’échos de mes recherches à ce sujet sur Google, j’alerte à mon tour ceux qui ne sont pas encore au courant…

De quoi s’agit-il ?

De « deux partenariats d’envergure conclus pour la numérisation et la diffusion des collections de la Bibliothèque nationale de France (BnF) »

(dixit le communiqué du Ministère de la Culture et de la Communication du 15 janvier)

Mais encore ?

- Avec la société ProQuest : « numérisation de 70 000 livres anciens français datant de 1470 à 1700″.
- Avec la société Believe Digital et Memnon Archiveing Service : « numérisation et valorisation de près de 200 000 disques vinyles 78 et 33 tours »

Et alors ?

Si le partenariat pour les disques n’est pas explicité, celui pour les livres l’est : à part « 3 500 ouvrages, choisis par la BnF,(…) en libre accès immédiat sur Gallica », le « reste » des 70 000 (- 3 500) sera, « au fur et à mesure de la numérisation » « accessible à tous les lecteurs de la BnF » (encore heureux !!!) « pendant dix ans avant d’être mis en libre accès à leur tour sur Gallica. »

Si l’étudiant, le chercheur, le généalogiste (et pourquoi pas ?), le « simple » curieux habite loin de Paris, il n’aura donc plus qu’à payer, pendant 10 ans, une société privée pour consulter ces livres du domaine public !

Allez savoir pourquoi, il y a des gens que ces merveilleux projets de « partenariat » fâchent…

Et même des gens sérieux, comme l’Association des Bibliothécaires de France :

« La revente durant 10 années de ces contenus numériques, dont une partie importante relève du domaine public, que ce soit par des firmes privées ou par la filiale commerçante de la BNF, sans autre possibilité d’accès gratuit en ligne sur le site des institutions concernées, serait tout à fait contraire à l’égalité d’accès au patrimoine commun. »

SavoirsCom1, avec d’autres associations, a fait son propre communiqué :

« Non à la privatisation du domaine public par la Bibliothèque nationale de France ! »

Enfin, une pétition sur AVAAZ.org reprend ce titre le 21 janvier et appelle à la signature :

« Face au Souhait de Privatisation de Notre Patrimoine Commun par le Ministère de la Culture, Nous citoyens réclamons la publication immédiate des termes de ces accords de partenariat et la suppression de toute clause réduisant la communication des œuvres concernées à une prestation marchande, quel qu’en soit le bénéficiaire. Nous demandons qu’un accès public gratuit en ligne sur Gallica soit instauré d’emblée pour les œuvres tombées dans le domaine public. »

(3 362 signatures à cette heure)

Voilà. Vous savez (presque) tout… du moins en attendant que lesdits accords soient effectivement rendus publics…

De la délation…

Lundi 20 août 2012

S’il y a une chose qu’un enfant apprend vite au milieu de ses « congénères », c’est qu’on ne « rapporte » pas. L’ostracisme entourant le « rapporteur » est tel que, si le cas est d’une certaine gravité, l’adulte responsable du groupe aura toutes les peines du monde à trouver un enfant qui lui conte ce qui s’est passé. La loyauté est en cause, et il est bien difficile à un enfant de comprendre qu’entre la loyauté à ses pareils et la loyauté aux adultes, il lui faut parfois choisir…

Devenu adulte, ce sentiment de loyauté au groupe, plus ou moins bien compris, perdure le plus souvent. On ne « dénonce » pas le collègue qui bâcle son travail, le voisin qui fait brûler ses feuilles mortes en dépit de l’ordonnance municipale, l’automobiliste qui régulièrement franchit les limitations de vitesse. Sauf cas grave, ou préjudices personnels importants. Et, dans ces cas, on se réfère à l’autorité compétente.

Il faut un caractère bien particulier, ou des circonstances bien particulières, pour que se révèle un délateur. Je pense, entre autres, à ces gens qui, pendant la guerre, ont dénoncé leurs voisins comme juifs, communistes ou terroristes : le climat de haine bien entretenu, les privations, la jalousie, la convoitise, la peur, ont sans doute conduit bien des gens « honorables » à la délation. A qui il faut ajouter, évidemment, des « profiteurs » cherchant toutes les occasions pour monter dans l’échelle sociale et/ou pour accroître leurs biens. Là encore, le délateur contacte l’autorité compétente.

Toute autre me semble être la démarche livrant le « coupable » (ou présumé coupable !) à la vindicte publique.

Je fais référence ici à cet article lu dans le dernier Nouvel Obs : « Les justiciers de la Toile » (surtitre : « Big Brother, désormais, c’est le voisin »). En juillet, quelques centaines de personnes ont été dénoncées sur Internet comme fréquentant des sites pédo-pornographiques par les Anonymous. Dénonciateurs anonymes, donc, face au public et non vers une autorité quelconque.

Loin de moi l’idée de défendre ces sites : ils sont dangereux et criminels, tant pour les enfants qu’ils utilisent (car il s’agit bien ici d’utilisation, comme d’objets) que pour les visiteurs : à force de voir des images satisfaisant leurs penchants plus ou moins secrets, ils en arrivent forcément à banaliser ces penchants, et risquent alors de passer à l’acte. La pédophilie est une « maladie » (souvent, d’ailleurs, due à un traumatisme vécu dans l’enfance : j’ai lu nombre de témoignages de pédophiles et de prostitué(e)s qui avaient été « abusés », comme on dit, dans leur enfance). Le passage à l’acte est un crime, un des plus graves, puisqu’il tue l’enfant et compromet gravement sa vie d’adulte.

Et, d’après ce que j’ai pu lire, les sites et réseaux pédophiles échappent régulièrement à la justice, se faisant domicilier dans des pays où on ne peut les poursuivre, changeant d’adresse et de nom autant que nécessaire.

Est-ce une raison pour livrer au public les noms des visiteurs de ces sites ? Après l’affaire d’Outreau, on peut avoir quelques doutes… La présomption d’innocence, ici, non seulement est bafouée, mais l’innocent « confondu » (homonymie ou autre) n’a plus qu’à déménager et trouver un travail ailleurs… En espérant que son nom ne lui soit pas reproché pendant des années !

L’article précise, par ailleurs, que ces dénonciations aboutissent, parfois, précisément à l’inverse de ce que cherchent les dénonciateurs, « grillant » des policiers ayant infiltré des forums…

Les dénonciateurs ne sont pas tous anonymes : Facebook, par exemple, a livré en mars à la police un internaute « suspect » dont les conversations avec une fillette avaient été scannées par un robot, lequel avait détecté des mots-clés… J’espère que les utilisateurs de ce réseau savent qu’ils sont espionnés et que tout ce qu’ils écrivent peut se retourner contre eux…

Le plus grave, à mon sens, est que le procédé (autant celui des Anonymous que celui de Facebook) peut se retourner demain contre n’importe quel groupe de gens livrés à la vindicte populaire : selon les options des délateurs, ils peuvent « livrer » ainsi des noms d’homosexuels, de femmes se faisant avorter, d’ »ennemis » des animaux, que sais-je ? Sans parler des religions, des origines, de je ne sais quels critères des uns ou des autres…

Internet : la meilleure et la pire des choses ? On le savait déjà un peu, on le découvre davantage chaque jour…

Pourquoi tant de haine ?

Mercredi 28 décembre 2011

Un bien vilain titre pour une période qui se veut de chaleur, d’amitié et d’amour…

C’est que j’ai reçu la semaine dernière un message qui m’a fait frémir… Un de ces messages qu’on vous transfère, charge à vous de l’envoyer à tout votre carnet d’adresse, si vous le désirez…

Je n’en reçois plus beaucoup, de ces messages : j’ai pris, depuis des années, l’habitude de répondre à mon correspondant avec l’adresse de l’article où Hoaxbuster analyse ces canulars. Et même, les dernières fois, à envoyer mon message à tous les destinataires, s’ils sont visibles… Du coup, je ne suis plus sur la liste « à faire suivre » de mes correspondants… A moins qu’ils ne consultent à leur tour Hoaxbuster avant d’envoyer le canular reçu…

Pas de chance : celui-ci n’était pas sur Hoaxbuster. Ou plutôt : n’était plus. Car la consultation de diverses pages du web m’a indiqué des références sur ce site… Mais je suppose que le site élimine de temps à autre quelques « vieilleries »… car l’origine de ce « canular » remonterait à 1996…

Je ne vous citerai pas le message entier, mais en voici quelques extraits, le sujet en étant : « EFFARANT !! »…

Effarant, en effet…

De quoi s’agit-il ?

Des propos d’un « jeune sociologue de l’université catholique de Lille, d’origine algérienne, naturalisé français »…

Et ce jeune sociologue s’adresse aux Français :

« Notre invasion pacifique au niveau européen n’est pas encore parvenue à son terme. [...] Comme vous nous faites de plus en plus de place, il serait stupide de notre part de ne pas en profiter. Nous serons votre Cheval de Troie. Les Droits de l’homme dont vous vous réclamez, vous en êtes devenus les otages. [...]

Vous autres Français n’êtes pas en mesure d’imposer le respect à nos jeunes. Pourquoi respecteraient-ils un pays qui capitule devant eux? On ne respecte que ce qu’on craint. [...]

Les lois de votre République ne sont pas conformes à celles du Coran et ne doivent pas être imposées aux musulmans, qui ne peuvent être gouvernés que par la Charia. Nous allons donc œuvrer pour prendre ce pouvoir qui nous est dû. Nous allons commencer par Roubaix, qui est actuellement une ville musulmane à plus de 60 %. Lors des futures élections municipales, nous mobiliserons nos effectifs, et le prochain maire sera musulman. Après négociation avec l’état et la Région, nous déclarerons Roubaix enclave musulmane indépendante comme le KOSOVO et nous imposerons la Charia (loi de Dieu) à l’ensemble des habitants. La minorité chrétienne aura le statut de Dhimmis. Ce sera une catégorie à part qui pourra racheter ses libertés et droits par un impôt spécial.

Et puis avec l’entrée prochaine de la TURQUIE en Europe, c’est plus 80 millions de Musulmans qui circuleront librement et se chargeront d’Islamiser toute l’Europe. Actuellement à l’université de Lille, nous mettons sur pied des brigades de la foi, chargées de « convertir » les Roubaisiens récalcitrants chrétiens, ou juifs, pour les faire rentrer dans notre religion, car c’est Dieu qui le veut ! Si nous sommes les plus forts, c’est que Dieu l’a voulu. Nous n’avons pas les contraintes de l’obligation chrétienne de porter assistance, à l’orphelin, aux faibles et handicapés. [...] Nous pouvons et devons, au contraire, les écraser s’ils constituent un obstacle, surtout si ce sont des infidèles »

Terrifiant, n’est-ce pas ? Si vous voulez lire le message entier, vous le trouverez – entre autres – dans les commentaires à l’article de l’Express du 16/06/2008 : Nuit de violences à Vitry-le-François

(Ne me demandez pas quel rapport entre l’article et les commentaires en question… Un rapport de haine, sans doute…)

Je vous devine aussi révulsés que moi devant ces propos d’une violence extraordinaire… Et vous vous demandez peut-être comment il se fait que ce jeune sociologue n’ait pas été déféré devant les tribunaux…

Il y a pour cela une raison très simple : IL N’EXISTE PAS !!!

Voir à ce sujet le COMMUNIQUE DE LA PRESIDENCE DE L’UNIVERSITE CATHOLIQUE DE LILLE du 22 Avril 2008 :

L’Université Catholique de Lille confirme que depuis 1996, date de la première diffusion de ces informations, cette personne n’a jamais fait partie des effectifs de l’Université, que ce soit en tant qu’étudiant, enseignant ou membre du personnel.

Elle condamne vivement les thèses développées dans ces messages et articles, et attribuées à cette personne dont l’existence n’est pas aujourd’hui prouvée.

L’Université Catholique de Lille porte plainte auprès du Procureur de la République de Lille à l’encontre du responsable de l’organe de presse, et portera plainte à l’encontre de toute personne qui contribuera à la diffusion de telles informations.

(C’est moi qui souligne)

« A MEDITER ………….Longuement ! A faire circuler largement !!!!!! » concluait le message…

Si vous entrez comme moi les nom et prénom du supposé sociologue dans un moteur de recherche, vous tomberez sans doute sur des tas de sites se réclamant de la droite, du catholicisme, du judaïsme, faisant la part belle aux commentaires dont bien peu remettent en question la véracité des « propos » tenus… Cela conforte des convictions pour la plupart… EFFARANT !!! Oui, vraiment !

Pourquoi tant de haine ? demandais-je… Question de pure rhétorique, évidemment… si d’aucuns tiennent que « le moi est haïssable », beaucoup plus nombreux sont ceux pour qui « l’autre est haïssable »… L’autre : celui qui n’est « pas pareil » : autre religion, autre nationalité, autre origine, autre sexe, autre âge, autre sexualité, autre état physique, autre milieu social, que sais-je ? L’autre, c’est tout le monde, sauf soi-même… En quoi nous est-il une menace ? C’est que son existence même remet en question la nôtre, que ses choix remettent en question nos choix, que sa vie remet en question notre vie… Alors attaquons, vite, avant qu’il ne nous attaque…

A méditer, oui…

Et Paix sur la terre aux hommes et aux femmes de bonne volonté…

Du plagiat…

Mercredi 4 mai 2011

Un article du Nouvel Obs m’a envoyé faire un tour sur des sites consacrés au plagiat… Plus précisément, ces sites s’intéressent surtout au plagiat pratiqué par les étudiants (et parfois les professeurs ou les chercheurs…) qui pillent plus ou moins sans complexe des travaux précédents…

L’histoire d’un professeur de faculté ayant ainsi « exploité » le travail d’un étudiant m’a rappelé ma 1ère année de Fac (cela remonte un peu…). Je ne sais plus quel était l’intitulé de ce TD, dont le professeur nous avait fait acheter son livre sur la langue française… En fait, il y a eu très peu de cours (moins de 10, je dirais…), et notre inquiétude était grande, vu que nous avions en fin d’année un examen sur ce TD… et que nous ignorions totalement en quoi consistait cet examen. Une des dernières séances (elles se sont arrêtées avant la fin décembre…), le professeur nous a distribué des travaux, à faire par groupes : nous avons été trois à choisir « l’enseignement du Français dans les revues pédagogiques », je n’ai plus aucune idée des intitulés des autres travaux.

Comme, chaque semaine, nous nous retrouvions devant la salle veuve du prof (jamais de message annonçant son absence, nous ne pouvions que la constater en venant au « cours »), nous avons eu le loisir de faire sérieusement notre travail, d’autant que, formée comme enseignante, j’avais déjà un certain nombre de ces revues. Au final, notre dossier faisait une centaine de pages… dont un certain nombre de feuilles desdites revues, je vous rassure ! Dossier sans doute manuscrit, pas de souvenirs à ce sujet.

Le prof absent ne nous dispensait pas de rendre nos travaux à la date indiquée, au bureau… Je crois me rappeler qu’il a tout de même fait une apparition en janvier ou février, et qu’il a tenté de nous rassurer sur l’examen final… sans nous dire davantage en quoi il consistait…

Quand nous l’avons revu pour la dernière fois, juste avant les vacances de Pâques, la colère grondait dans le TD, et je faisais partie des plus inquiets, donc de ceux qui protestaient le plus : une année sans cours quasiment, pas de programme clair, pas d’indications sur le partiel… Il nous a fait taire en nous donnant les notes de nos dossiers… et moi particulièrement, puisque nous avons eu 18 ou 19… Il n’y avait d’ailleurs pas, je crois, de mauvaises notes, mais ayant eu une des meilleures, je n’ai pu continuer mes protestations… Sauf quand, sur une demande, il a dit qu’il ne rendait pas les dossiers…

Toute neuve à la Fac, j’ignorais que des devoirs pouvaient n’être pas rendus à leurs auteurs… De plus expérimentés m’ont expliqué ensuite que des profs utilisaient parfois ces travaux pour leurs propres livres… Ils en plaisantaient, même s’ils ressentaient une certaine injustice…

J’ignore totalement si le prof en question a utilisé l’un ou l’autre de nos travaux : loin de moi l’idée de l’accuser de plagiat !

D’ailleurs, je ne me sens pas particulièrement innocente en ce domaine : dans les cours que j’ai pu distribuer à mes élèves, il y avait des exercices que je n’avais pas tous créés… et je n’indiquais pas forcément les sources…

Mais, tout de même… je n’aurais sûrement pas présenté à un jury un travail dont je n’étais pas l’auteur…

Il s’agit ici d’enseignants en Université qui ont plagié… leur thèse de doctorat !


Le plagiaire d’Amiens et « l’acharnement »
— par B. Eizykman et M.-D. Porcheron

Posté par Jean-Noël Darde

Les deux enseignants de Lille-Cambrai et d’Amiens qui ont eu les honneurs d’un article récent de Mediapart pour avoir plagié leur thèse de doctorat et avoir été maintenus à leur poste, utilisent tous les deux la même défense : ils sont victimes d’actes injustifiés de « harcèlement » ou « d’acharnement ». [...]

L’annulation de la thèse n’est pas une sanction, c’est simplement la restitution d’un larcin, comparable à la récupération d’une somme volée par un caissier de banque indélicat. Quant à l’interdiction de s’inscrire pendant deux ans, elle ne correspond à rien d’autre qu’à l’empêchement pour l’enseignant plagiaire d’obtenir une promotion pendant cinq ans : deux ans d’interdiction auxquels s’ajoutent trois ans de préparation d’une nouvelle thèse permettant d’obtenir éventuellement le grade de maître de conférences. Or, quand un étudiant qui a passé sa thèse est convaincu de plagiat, fraude la plus lourde et destructrice qui puisse survenir à l’université puisque le doctorat en est le diplôme ultime, il se voit généralement infliger une interdiction à vie, comme le confirme une décision récente du CNESER à propos d’une thèse plagiée à Toulouse-II : circonstances aggravantes pour les étudiants (voir note 3), circonstances atténuantes pour les enseignants ! Le renversement de cette situation serait plus juste. [...]

Privation de promotion pendant cinq ans : le verdict rendu à l’encontre d’un acte qui bafoue toutes les valeurs de l’Université (qualité et originalité de la recherche, probité et rigueur intellectuelles), qui en menace les fondements mêmes, mérite d’être comparé avec ceux de la justice ordinaire.
Une caissière d’un grand magasin qui dérobe une bricole coûtant 1 euro va se faire renvoyer par son employeur, on a pu le déplorer à plusieurs reprises ces dernières années. Le caissier de banque indélicat ne risque pas de retrouver son emploi derrière la même caisse une fois l’argent restitué. Le trader qui s’affranchit des procédures de contrôle et fait perdre beaucoup d’argent à sa banque sera évidemment remercié. Par contre, le plagiaire est maintenu à son poste, apparemment protégé en tant qu’enseignant par l’esprit de corps suicidaire qui règne encore au sein de l’Université et que dénoncent à juste titre les étudiants (comme dans ce courrier adressé à Michelle Bergadaa). [...]

Surtout, quel que soit son statut, le rôle d’un enseignant est de transmettre aux étudiants – pas à des clients – des connaissances, des méthodes de travail et les valeurs qui fondent l’Université. Contrairement au trader qui adhère aux objectifs cupides du système financier, le plagiaire a porté atteinte aux valeurs qui gouvernent le milieu universitaire : comment pourrait-on dès lors se montrer intransigeants vis-à-vis des étudiants en continuant de protéger les enseignants qui violent les valeurs qu’ils sont censés faire respecter ?

3) À l’Université Pierre Mendès-France (Grenoble 2), on a relevé (1999) une « exclusion de tout établissement public d’enseignement supérieur pour une durée de 3 ans pour tentative de fraude lors d’une épreuve écrite d’examen du DEUG » .

Sur le même site, une autre histoire (il y en a un certain nombre… allez donc y faire un tour !) :

UBU, VICE-ROI DU CNU

On se souvient du cas du vice-président du CNU de Sociologie, le professeur Ali Aït Abdelmaleck de l’Université Rennes 2, pris en flagrant délit de plagiat (cf. Plagiat, silence et excellence).

La découverte des premiers plagiats d’A. A. A., d’abord évoqués sur le blog de Pierre Dubois (2 décembre 2010), a été suivie quelques semaines plus tard du repérage de nouveaux plagiats dans d’autres travaux du même auteur. Le 16 janvier 2011, Michelle Bergadaa mettait en ligne les résultats d’une étude sur ce cas.

Cette situation a conduit l’Association des sociologues enseignants du supérieur (ASES) et l’Association française de sociologie (AFS) à co-signer, le 24 janvier 2011, un communiqué demandant la démission d’A. Aït Abdelmaleck du CNU.

Cependant, à l’occasion de la session du CNU de sociologie-démographie qui s’est tenue du 7 au 11 février 2011, une majorité des participants ont fait valoir leur soutien au vice-président plagiaire. C’est donc avec l’appui de ses pairs qu’un professeur plagiaire a pu être chargé d’évaluer la qualité scientifique d’une part des 610 dossiers (529 candidatures de maître de conférence et 81 de professeur) présentés à cette session.

On comparera cette attitude avec les réactions rapides de l’Université de Bayreuth et des universitaires allemands [pétition à la Chancelière Angela Markel signée par plus de 60.000 universitaires (*)] qui ont imposé la démission du Ministre de la défense à la suite de la découverte des plagiats dans la thèse de « Herr Doktor » Karl-Theodor zu Guttenberg (**).

(**) Notons que le même jour de la démission du Ministre de la défense allemand pour plagiat, Gérard Longuet qui s’est revendiqué plagiaire [cf. cet article du Nouvel Observateur (2004) et cet autre de Libération (2002)] devenait Ministre de la défense dans le nouveau gouvernement Sarkozy.

Sur le site Le plagiat, il y a aussi des exemples intéressants… Celui-ci, par exemple :


16 décembre 2010 : Séraphine, aussi…

Séraphine de Senlis, peintre au destin tragique (1864 -1942), a fait l’objet en 2008 d’un film brillant d’originalité et récompensé de sept prix en 2009 lors de l’Académie des Césars.

Le César du meilleur scénario original est pourtant très contestable puisqu’Alain Vircondelet, auteur d’une biographie de Séraphine, publiée aux Editions Albin Michel en 1986, a obtenu la condamnation pour contrefaçon de l’auteur du scénario et de la Société de TS Productions. Le 26 novembre 2010, le tribunal de grande instance de Paris a condamné le scénariste et la société de production à payer, d’une part, à l’auteur de la biographie 25 000 € en réparation de l’atteinte portée au droit moral (le nom de Vircondelet n’apparaît nulle part dans le générique du film) et, d’autre part, à l’éditeur la même somme en réparation de l’atteinte aux droits patrimoniaux (les droits du livre n’ont pas été rachetés pour la réalisation du film).

Plusieurs cas de plaintes et procès pour plagiat de livres sont évoqués aussi. Il est précisé l’issue des procès, si elle est connue. On y retrouve quelques noms évoqués dans la presse, au fil des ans…

Un autre site, suisse celui-là (le premier peut-être dans l’ordre chronologique), qui a une page d’humour où sont cités quelques courriels :

Bonjour

Je viens de tomber sur votre page avec des sites aidant les étudiants à la fraude. Je peut contribuer a votre travail avec un site qui, j’ai cru, pourra m’aider (je travaille et j’avais pas le temps a ecrire quoi que ce soit).

Mais en resultat j’ai eu un « C » et je pas pu obtenir le retour de mon argent!! Leur site est www.superiorpapers.com.

Merci,
B.
Boston University (USA)

Je suis allée voir ce site (en anglais) : selon l’urgence (de 10 jours à… 3 heures !) et le niveau de qualité (3 niveaux) du travail que vous leur confiez, il vous en coûtera de 20 à 58 $ la page…

Et voilà la « mission » qu’explique le site :

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Bien sûr qu’elle est difficile, la vie d’étudiant, et qu’on a des tas de choses plus importantes à faire que d’écrire des devoirs, dossiers, thèses et autres… Pas bête, cette idée…

Autre échange de courriels (il y a 4 courriels, voici le 3ème) :

Acte 3 :
De ; xxx, collègien
A : yyy, professeur

Merci de la promptitude de votre réponse Mme yyy,

Pour être honnête avec vous, ce n’est pas mon professeur qui me pose pb.. Celui-ci m’a dit que je pouvais changer le nom de la société et faire un « truc » qui grosso modo serait la même chose mais améliorée…

(Il est bo le prof hein…lol)

En revanche le souci vient du fait que ce cas doit être présenté devant l’institut qui apparament répertorie ce genre de cas… Alors oui, je suis dans la panade d’après ce que vous venez de me dire et je ne vous remercie pas! (lol)

Toutefois, si vous aviez une autre étude, vous me sauveriez et je vous en serais très très reconnaissant car je vous avoue que là, je suis un peu abattu car je ne sais plus trop quoi faire à présent..

Très sincèrement Mme yyy
xxx

Est cité un article du Monde :

Un logiciel contre le plagiat scientifique
LE MONDE | 24.01.08 | 14h34 • Mis à jour le 24.01.08 | 14h34

Pour mesurer la fréquence de ces indélicatesses, deux chercheurs du Southwestern Medical Center de l’université du Texas, Mounir Errami et Harold Garner, ont ausculté une base documentaire médicale américaine – Medline – où sont indexés, avec des résumés, 17 millions d’articles publiés dans plus de 5 000 revues de quelque 80 pays. [...]

En se focalisant sur les 7 millions d’articles les plus cités, ils ont repéré un peu plus de 70 000 cas de « haute ressemblance ». Ce qui, compte tenu des limites du logiciel, leur fait estimer le nombre de plagiats à plus de 200 000, sur les 17 millions d’articles référencés. Pas loin de 3 % !

Mais… ce n’est sans doute pas si grave… Une lettre ouverte d’un plagié (il y en a plusieurs…), retrouvant dans une revue étrangère sa conférence et son article, a bien sûr informé la revue où il avait publié… Et voici ce que le Secrétaire Général administratif de ladite revue lui répond :

« Pour des raisons que vous comprendrez aisément, nous estimons qu’il vaut mieux ne pas jeter d’huile sur le feu, surtout lorsqu’il a pour lieu des régions où il se propage aisément…C’est après tout un honneur que d’être pillé. Cela montre et l’intérêt du texte ainsi mis à contribution, et celui que présente la Revue dont il est l’hôte. »

De l’honneur d’être plagié…

A l’heure du « manuel » numérique…

Samedi 23 avril 2011

Suite à l’intéressant billet de Lucien sur le « dégraissage du mammouth » et la fermeture de 1500 classes pour la rentrée 2011, je me suis un peu promenée sur Internet, et ai découvert, un peu par hasard, le rapport de l’Inspection Générale (demandée par le ministère en septembre 2009) de juillet 2010 : Le manuel scolaire à l’heure du numérique.

Vous l’avouerai-je ? J’ai eu comme un sursaut, pensant à tous ces manuels que j’ai compulsés dans mon existence d’élève et de prof… et même de retraitée (mais là, c’est vrai, je m’intéresse plutôt aux manuels « anciens », XIXème et début XXème…).

Bien que j’aie été traitée, ici même, d’animal préhistorique incapable de comprendre la réalité du monde moderne (je schématise, n’ayant plus en tête les termes utilisés), je veux rappeler quelques détails me concernant :

- 1985 : Plan « Informatique pour tous » : stage (plus ou moins obligatoire, je ne me souviens plus). A partir de là, j’ai emmené mes classes en salle informatique, équipée de TO7 et MO5, redoutables petits engins d’une faible capacité (je crois me souvenir de 8 ko…) et demandant pas mal de patience au prof et aux élèves pour en sortir quelque chose… Deux ou trois touches pour obtenir une lettre accentuée, une de plus pour l’accent circonflexe, une de plus pour le tréma… Les élèves, estimant qu’ils n’avaient pas assez de doigts pour tout cela, écrivaient sans accents…).

- 1990 : Achat de mon premier PC (disque dur de 20 Mo… ça fait rêver, non ?) avec imprimante (à aiguilles, évidemment !) qui me permettait de ranger ma machine à écrire pour réaliser mes fiches de cours (à dupliquer avec la machine à alcool). J’ai été une des premières de mon collège (sinon la première) à distribuer à mes élèves des cours en police Courrier violette…

- 1995 (je crois) : connexion à Internet, et découverte – professionnelle (ce qui n’empêche pas les autres découvertes…) – de textes, illustrations et exercices multipliant mes possibilités de « création ».

Entre temps, le collège s’est doté de PC, s’est connecté lui aussi quelques années plus tard, et je pense qu’une bonne partie de mes classes, sinon toutes, ont été conduites en salle informatique.

Je ne suis donc pas une adversaire acharnée du numérique (la preuve : ce blog !), j’ai créé il y a quelques années un site de « révisions » de grammaire, avec quelques cours et des exercices à faire en ligne (qu’il faudrait d’ailleurs que je retravaille un de ces jours…).

Par ailleurs, je crois n’avoir jamais été esclave d’un manuel, quel qu’il soit. J’ai toujours préparé mes cours avec un certain nombre de manuels, tirant un texte de l’un, des leçons de plusieurs autres, des exercices de plusieurs autres encore. Dès que la photocopieuse est apparue au collège, tous mes cours ont été photocopiés pour les élèves (c’était plus compliqué avec la machine à alcool et la police Courrier, qui ne permettait pas de mise en page terrible…). L’avantage premier, c’est que les élèves pouvaient écrire dessus, souligner, annoter. L’avantage second était qu’on gagnait beaucoup de temps pour les exercices de grammaire ou de vocabulaire, les élèves pouvant compléter ou souligner les phrases au lieu de devoir tout recopier. Enfin, pour les études de textes, la mise en relation d’éléments (de champs lexicaux, par exemple) pouvait se faire facilement et visuellement à l’aide de crayons de couleurs ou de surligneurs.

Cependant, si l’on utilisait peu les manuels en classe, il me semblait important (et il me semble toujours…) que les élèves puissent s’y référer en dehors des cours : mes « leçons » photocopiées étaient forcément très brèves, et les manuels donnaient beaucoup plus d’explications, qui pouvaient rappeler aux élèves les explications orales du cours.

Le « manuel » (???) numérique ne me semble pas pouvoir remplacer le « vrai » manuel qu’on peut feuilleter, relire plus facilement qu’à l’écran (je trouve… j’avoue que je ne saurais lire un livre sur écran, j’ai besoin de me repérer dans la page, de tourner les feuillets pour trouver la fin d’un chapitre, etc.). La lecture à l’écran me semble plus « volatile »…

D’ailleurs, dans l’expérience menée dans les Landes, les élèves, munis d’un ordinateur portable, avaient cependant le manuel papier à la maison.

Le rapport fait, pour ce que je puis apprécier, le tour de la question : enseignants, élèves et parents, bien sûr, mais aussi éditeurs et contraintes du numérique. Il précise même le danger de cours encore plus magistraux avec l’utilisation de l’écran numérique…

Pour ma part, j’imagine mal, en classe, chaque élève devant son ordinateur portable (sans parler de l’encombrement de la table) faisant ses exercices. Sauf occasionnellement, bien sûr ! Entre autres, me manquent les relations entre élèves : quand on fait un exercice sur papier, il est facile de se pencher sur la feuille du voisin et de lui poser une question ; beaucoup moins facile de se pencher sur un écran. Or, pour moi, les relations entre élèves sont très importantes : au point de vue humain, certes, mais aussi au point de vue pédagogique : un voisin peut apporter une précision, éclairer une démarche ; une recherche commune peut aider l’un et l’autre à avancer.

Un des avantages du « manuel » numérique… est de diminuer le poids du cartable, dont on se soucie beaucoup depuis quelques années… Mais je me demande si, dans quelques années, on ne se souciera pas des problèmes de vue d’enfants soumis de 6 à 16 ans (voire plus) à la vision d’un écran 5 ou 6 heures par jour (pour ne parler que des heures de classe, et imaginer qu’il y a tout de même des moments « sans ordinateur », selon les matières)…

Le rapport fait état des problèmes posés par les parents :

Pour les parents d’élèves, la problématique majeure, s’agissant des outils et des ressources numériques, demeure celle de l’égalité d’accès. Pour eux le problème se pose doublement :
- d’une part, ils dénoncent la disparité des situations des établissements et des écoles au regard des usages du numérique : réseaux et accès haut débit (ou très haut débit), équipements et maintenance, espace numérique de travail, disponibilité de ressources numériques. Cette disparité est d’autant plus grande que l’investissement des collectivités territoriales est variable et s’exerce selon un modèle de partage des responsabilités dont on a vu qu’il n’était pas toujours clairement établi. Le problème est encore plus complexe pour les établissements d’enseignement privé, dont l’État assure seulement le premier équipement, à charge pour les collectivités territoriales (qui n’y sont pas expressément tenues) de compléter et de renouveler celui-ci ;
- d’autre part, pour l’utilisation au domicile, les effets redoutés sont ceux d’une double fracture numérique : certaines familles en effet ne sont pas équipées des matériels requis (ordinateurs, mais aussi connexion à l’internet en haut débit) ou, même si elles sont équipées, n’ont ni la pratique ni la maîtrise de l’outil.

Plus loin, le rapport minimise la « fracture numérique », en voie de résolution : je veux bien croire que de plus en plus de familles possèdent ordinateur et accès à Internet… mais, n’y aurait-il qu’un tout petit pourcentage de familles ne les ayant pas, il me semble que la vocation d’une Éducation « Nationale » est de prévoir un enseignement pour tous… D’ailleurs, dans ses « Recommandations », à la fin, le rapport préconise :

Soutenir et accompagner les usages de l’ENT dans l’espace privé, tant par les élèves que par les parents, notamment pour l’accès aux ressources pour l’enseignement.
Prendre en charge sous forme d’aides directes, les cas de carence d’équipement et d’accès au réseau au domicile familial, fournir une offre de substitution, soit dans l’établissement, soit directement à l’élève et à sa famille.

Le rapport évoque également les problèmes liés à la couverture du réseau, inégale selon les régions, et à l’obsolescence rapide du matériel numérique :

Quelles qu’elles soient, les évolutions du « manuel », numérisé ou numérique, s’inscrivent dans une histoire de l’industrie informatique caractérisée par une extrême volatilité des machines aussi bien que des logiciels. Le « temps de vie » d’un système opératoire est de l’ordre de cinq à six ans et, conformément à la « loi de Moore », l’accroissement de la puissance des « puces » se traduit par des avancées presque exponentielles dans les usages informatiques eux-mêmes : utilisation d’applications de plus en plus « lourdes » et « gourmandes » en ressources, production d’objets de plus en plus complexes.

Il envisage aussi (abomination des abominations !) l’utilisation d’autres outils que les ordinateurs :

Une tablette Kindle, un iPad, une Slate (HP), un assistant numérique ou certains téléphones portables accomplissent désormais des tâches autrefois dévolues aux seuls ordinateurs de relativement forte puissance. Du coup, la lecture sur écran, son ergonomie et ses conditions changent d’échelle avec la prolifération des unités informatiques qu’un particulier peut manipuler : ordinateur de bureau, ordinateur portable, netbook, reader, digital assistant, téléphone, clé USB, etc. L’ordinateur n’est donc pas l’espace de prédilection du « manuel » à l’heure du numérique, c’en est un support parmi d’autres, et c’est bien plutôt la multiplicité de ces « autres » qui doit être au centre des préoccupations des créateurs de contenus, des éditeurs scolaires aussi bien que des médiateurs-savants que sont les enseignants.

Lire Zola sur un téléphone portable… Vous imaginez ???

Pour finir, quelques-unes des Recommandations du rapport :

Introduire, dans le cadre actuel des épreuves du baccalauréat, des modalités d’évaluation de la maîtrise de ressources numériques, de leur utilisation et de leur compréhension.
Mettre en place des expérimentations dès la session 2011.

Je suis curieuse de savoir si ces expérimentations vont avoir lieu, et quels vont être les « exercices » permettant cette évaluation…

Veiller, dans le cadre des instances de pilotage départementales ou de circonscription à la fixation d’objectifs de diminution progressive du nombre de photocopies réalisées.
Dégager les marges d’autonomie financière consécutives à cette diminution pour y substituer l’utilisation de ressources numériques.
Accompagner cette mutation des pratiques au plan juridique, au plan technique comme au plan managérial.

Plus de photocops ! Hé bien, heureusement que je suis partie !
Mais c’est pas grave : à la maison, l’élève (ou ses parents !) imprimeront le texte ou la leçon eux-mêmes ! Comme pour un certain nombre de modes d’emploi qu’on ne trouve plus maintenant que sur CD !
Quant aux familles qui ne pourront, pour des raisons matérielles, réaliser ces multiples impressions quotidiennes (ou à peu près)…
Ben quoi : on s’en fiche, non ?

Vous reprendrez bien un peu de phishing ?

Vendredi 18 février 2011

J’espère ne pas vous avoir trop manqué cette semaine… Non, je n’étais pas partie skier (ça ne risque pas !), mais un ami était venu tester ma chambre d’amis pendant quelques jours… En un an et demi, j’ai dû avoir à peu près autant d’hôtes que pendant les 13 années précédentes… où je n’avais pas de chambre d’amis… Évidemment, j’en suis enchantée !

Avant de repartir sur l’enseignement, suite à un commentaire et au billet de Lucien, je voulais me faire l’écho d’une mésaventure survenue à un journaliste du Nouvel Obs (magazine du 10 au 16/2)…

Vous savez bien entendu ce qu’est le phishing (hameçonnage en québécois, filoutage en français), et on m’a dit que des mises en garde étaient transmises de temps à autre à la télé : un courriel vous demande de renvoyer votre mot de passe, ou vous dirige vers un site contrefait où vous devez entrer ledit mot de passe ; moyennant quoi, le vilain pirate peut accéder à votre compte… et en faire ce qu’il veut…

La variante contée ici est un peu plus futée… et le journaliste s’est laissé prendre…

1. Le pirate crée des perturbations sur la messagerie de sa victime : celle-ci ne reçoit plus certains courriels.
2. La victime reçoit un message du site de messagerie (apparemment…) l’informant de tentatives d’intrusions sur son compte.
3. La victime reçoit un nouveau message demandant le code secret et précisant que, sans réponse, son compte serait fermé par sécurité.
4. La victime envoie son code… « Une fraction de seconde de perte de conscience. Fatale. »…

A la suite de quoi, la victime n’a plus accès à son compte (le pirate a évidemment changé le mot de passe), ni à d’autres, déjà « sous contrôle » grâce aux renseignements glanés çà et là…

Et le millier de « contacts » enregistrés sur le compte reçoivent un courriel alarmant (sous l’identité de la victime)… que je vous recopie, pour admirer l’imagination du pirate :

« Je vis un cauchemar !!! J’ai été agressé ce matin à 600 mètres de l’hôtel près d’Abidjan dans lequel je séjourne par deux hommes armés. Étant en compagnie de Sonia, une collaboratrice, il se trouve qu’elle a reçu des coups de couteau dans le ventre et moi j’ai été grièvement blessé au visage, nous avons été dépouillés de la majeure partie de nos affaires (argent, téléphone, etc.) »

Une amie ayant répondu à ce courriel, le pirate lui a communiqué les coordonnées d’une boîte postale à Abidjan au nom de la victime pour l’envoi urgent de 2600 €…

P.S. Je n’ai pas trouvé d’article correspondant sur Internet, mais celui-ci vous intéressera peut-être :

Un site de rencontres « vole » un million de profils Facebook

Lovely-Faces.com affirme avoir « volé un million de comptes Facebook » publics pour créer des profils d’utilisateur sur son site.

Bon internet !

Généalogie : une affaire juteuse… (suite de suite)

Vendredi 16 juillet 2010

Un message émanant d’un forum de généalogie m’envoie vers d’intéressantes questions posées par Pascale Verdier, directrice des Archives départementales du Bas-Rhin.

Je vous les livre telles quelles. Vous trouverez sur Francegenweb d’autres articles sur la question, si elle vous intéresse.

Sur le fond, je comprends par ailleurs votre inquiétude, qui me semble très légitime et que je ne suis pas très loin de partager. Nous sommes à un tournant, et nous ne savons pas du tout ce que sera l’avenir.
Ce que je voudrais dire encore, c’est que la numérisation, indépendamment des sommes investies par les départements, a nécessité également beaucoup de travail, de matière grise (même si les internautes ne s’en rendent pas compte – il suffit de lire les forums, tout ceci est un dû, doit être gratuit, c’est leur travail etc.) : l’apparente simplicité du résultat est permise par des heures et des heures de travail, de contrôle, d’application… tout cela réalisé par les Archives départementales et leur personnel, au service du public.

Ceci pour indiquer qu’il y a également un investissement « affectif » important (je me mets dans le lot !) dans ces projets ; par voie de conséquence, une partie de la communauté archivistique vit relativement mal que tout ce travail, réalisé dans le cadre du service public et de l’intérêt commun, puisse être remis (quelles qu’en soient par ailleurs les conditions financières) au secteur privé à fins de bénéfices commerciaux – surtout quand celui-ci fait preuve d’une certaine brutalité dans son approche – à peine la mise en ligne réalisée.

Que veulent faire ces entreprises ? Des bases de données géantes (je vous renvoie par ailleurs aux communiqués de l’association des archivistes français), dans lesquelles, après avoir tapé un nom, on trouvera des actes.
- Pourquoi veulent-elles le faire ? Parce que cela répond à une demande sociétale : les usagers du service public, qui sont très en colère quand on leur demande de payer, quelle que soit la somme, pour les sites des AD, seront prêts, lorsqu’ils se tourneront vers des entreprises privées, à payer pour accéder via un nom, à une image. Ca ne choquera personne, alors même que les entreprises privées auront acquis le travail du service public… personnellement j’y vois un paradoxe. Le travail du public a donc moins de valeur que celui du privé…
- Pourquoi, alors les archivistes ne se sont-ils pas lancés dans l’aventure de l’indexation nominative ? pour des raisons de respect des libertés individuelles (respect de la loi Informatique et libertés), et surtout, parce qu’ils sont des établissements scientifiques : ils ne sont pas à même de garantir la fiabilité de l’indexation. Je ne vais pas entrer dans les détails, mais indexer des actes du XVIe siècle nécessite des connaissances paléographiques avérées. Et sans même aller jusque-là, indexer des actes en allemand gothique présente des difficultés !
Personnellement, je veille à la qualité du travail scientifique rendu aux usagers par le biais des Archives départementales.
- Les entreprises privées ne sont pas dans cette optique : les erreurs d’indexation ne seront pas graves pour elles. L’usager, pardon il est devenu le client, s’il ne trouve pas, reviendra une autre fois (donc prolongera son abonnement), et, au pire, imprimera un acte qui ne le concerne pas…
Il n’y aura plus le plaisir de chercher dans les fonds, et de trouver, ou pas, son ancêtre. Quand vous taperez votre nom, Contrelesbandits (!), vous trouverez peut-être un acte vous concernant, mais ce pourra être aussi votre père, votre frère, etc.

J’ai le sentiment que notre travail a été ressenti comme un dû (ce qu’il n’est pas) et que les usagers se rendent compte un peu tard que ce travail a une grande valeur marchande. C’est le sens des avis de la CADA : les archives sont des biens absolument comme les autres, comme des boîtes de conserve par exemple. Cela fut un choc pour les archivistes, qui se voyaient plutôt comme des acteurs culturels. Je persiste à penser, mais c’est une opinion personnelle, qu’ils avaient raison de se voir comme tels. La seule chance est qu’un juge définisse le périmètre de l’exception culturelle prévue par la loi.

De nombreuses questions ont été posées au gouvernement par des députés à ce sujet.

Affaire à suivre…

Généalogie : une affaire juteuse… (suite)

Lundi 12 juillet 2010

J’ai parlé récemment de la tentative d’une société commerciale pour mettre la main sur – entre autres – les actes d’état-civil et religieux détenus par les archives départementales. Je viens d’apprendre que ladite société a racheté Archimaine, spécialisée dans la numérisation d’archives :

La société NotreFamille.com vient de finaliser le rachat de 100% du capital d’Archimaine, bien connue des généalogistes pour s’être vue confier par 20 départements le soin de numériser et mettre en ligne leur état civil ancien. Archimaine, fondée en 1994 à… Laval en Mayenne est un opérateur majeur de la numérisation, l’archivage électronique, l’hébergement, et le développement de logiciels de consultation d’archives sur Internet. La société emploie 20 personnes et dispose d’une capacité de numérisation de plus 1,6 million de documents anciens par mois. Elle héberge pour le compte de collectivités plus de 140 millions d’images (plus de 100 To de données). Archimaine devient une filiale de NotreFamille.com, placée sous la direction de son ancien gérant, Jacques de Baglion. Ce rapprochement avec Archimaine arrive à point nommé, au moment où NotreFamille.com lance un ambitieux mais très critiqué projet de numérisation, notamment dans le cadre du Grand Emprunt.

Ladite société s’est évidemment placée en première ligne pour bénéficier du Grand Emprunt voir à ce sujet l’article bien documenté de papiers.poussieres.

Depuis l’année dernière, une pétition circule contre le danger de privatiser l’accès aux archives et contre les licences payantes .

Plus récemment, le Conseil Général du Bas-Rhin a répondu aux prétentions de la société qui le menace – lui comme les autres Conseils Généraux – de le contraindre à remettre ses archives numérisées :

La directive européenne du 17 novembre 2003 encourage la réutilisation des informations publiques. Cette directive a été transposée en droit français par l’ordonnance du 6 juin 2005. Cette dernière complète la loi du 17 juillet 1978 en y ajoutant un chapitre II consacré à la réutilisation des informations publiques, mais en exempte expressément, dans son article 11, les services culturels, exception dont relèvent les Archives départementales.

La réutilisation des informations publiques produites et reçues par les Archives départementales n’est donc pas régie par les règles de droit commun fixées par le chapitre II du titre Ier de la loi du 17 juillet 1978, mais, par dérogation à ce chapitre, par les règles qu’il appartient à chacun de ces services de définir, conformément aux dispositions de cet article 11 (Voir conseil CADA n° 20082643 du 31 juillet 2009).

C’est un tout autre point de vue que défendent les Archivistes de France : ils s’inquiètent de l’énorme fichier croisant de multiples données qui sera mis à disposition de tous – moyennant finances, évidemment. Si vos recherches généalogiques ou familiales vous amènent à découvrir que votre arrière-grand-père a été envoyé au bagne, vous ne tenez pas forcément à ce que cette information soit accessible à votre employeur, par exemple…

Le pro­jet affi­ché par cette société est de cons­ti­tuer la plus grande base nomi­na­tive jamais réa­li­sée sur l’ensem­ble de la popu­la­tion fran­çaise jusqu’au début du XXe siè­cle, com­por­tant plu­sieurs cen­tai­nes de mil­lions de don­nées, indexées (patro­ny­mes et autres infor­ma­tions dis­po­ni­bles) et reliées aux ima­ges cor­res­pon­dan­tes, sous des aspects qui tou­chent non seu­le­ment l’iden­tité, mais aussi le domaine médi­cal, pénal, fis­cal, judi­ciaire… Pour les seuls actes d’état civil, cette base concer­ne­rait plus d’un mil­liard d’indi­vi­dus, dont des per­son­nes évidemment encore vivan­tes. Sur la base de docu­ments cer­tes com­mu­ni­ca­bles de plein droit au regard de la loi, ce pro­jet, par sa cou­ver­ture géo­gra­phi­que natio­nale et par ses carac­té­ris­ti­ques tech­no­lo­gi­ques (indexa­tion patro­ny­mi­que sys­té­ma­ti­que, rap­pro­che­ment des don­nées, entre­croi­se­ment de fichiers), abou­tit à ficher toute la popu­la­tion fran­çaise, en exploi­tant des don­nées nomi­na­ti­ves d’un grand poids juri­di­que.

Comment faire abs­trac­tion du ris­que direct de concen­tra­tion, à visée com­mer­ciale ou sécu­ri­taire, par un ou plu­sieurs opé­ra­teurs pri­vés de mil­liards de don­nées publi­ques nomi­na­ti­ves, croi­sées, inter­connec­tées et indexées ? Comment garan­tir le res­pect des prin­ci­pes de pro­tec­tion de l’indi­vidu atta­chés au droit fran­çais, si tel opé­ra­teur choi­sis­sait ou se voyait contraint, du fait de son rachat par une société étrangère par exem­ple, de céder à un tiers les vues numé­ri­ques acqui­ses et toute la base de don­nées asso­ciée ? Comment pré­mu­nir, enfin, ces don­nées publi­ques, indi­vi­duel­les et sen­si­bles de la cons­ti­tu­tion de pro­fils d’inter­nau­tes par des opé­ra­teurs pri­vés, qui pro­fi­te­raient d’acti­vi­tés généa­lo­gi­ques, d’achats en ligne ou de par­ti­ci­pa­tions aux forums qu’ils pro­po­sent sur leurs sites, à des fins de mar­ke­ting, de com­merce électronique ciblé ou de pro­fi­lage sécu­ri­taire ?

Je ne doute pas que ce projet trouve écho auprès de responsables (irresponsables ?) acharnés à défendre la SSécurité de notre pauvre territoire… Pensez donc : tout le travail sera fait par une société privée ! Il n’y aura plus qu’à négocier avec cette société pour acquérir tout ou partie de ses dossiers et bases de données…

Petit service…

Samedi 17 avril 2010

Je parlais hier de « 0 absolu » : c’est la « note » que j’obtiens (sans surprise !) aujourd’hui, sur mon site de Français, francais-clg.fr

Comme mon blog, ce site a été attaqué par un méchant hacker, armé de méchants virus, qu’il a disséminés un peu partout dans le site. J’ai remis le site « en ordre » (enfin, j’espère !)… mais il n’a plus reçu aucune visite depuis, d’après Google Analytics…

Je vous demande donc un « petit service » : si quelques-uns d’entre vous pouvaient aller passer quelques minutes sur ce site, cela me permettrait de voir si le problème est un référencement par Google, ou si, effectivement, mon site est désert…

Et si, au passage, vous pouviez me dire ce que vous en pensez… cela me serait d’autant plus utile ! Je n’y ai fait aucun ajout depuis un an… mais ne l’abandonne pas pour autant !

Merci à vous !

Les affaires reprennent !

Vendredi 16 avril 2010

Non, non, je ne parle pas ici de la reprise économique (?) qui ne concerne généralement que les banquiers, d’ailleurs… Ni des Affaires qui éclaboussent l’Église catholique (le scandale des prêtres pédophiles est diversement évoqué ici ou là) ou notre Couple Présidentiel (je viens de lire quelques articles à ce sujet… qui m’ont fait penser à une cour de récréation : « T’es pus ma copine ! – Mais si, je suis toujours ta copine ! – Bon, d’accord, t’es encore ma copine… »… à ce léger détail près qu’on ne parle pas, en cour de récréation, d’écoutes illégales…).

Non, je parle tout simplement (et de manière très égocentrique !) de mon petit blog…

Et quand je dis « les affaires reprennent », n’en déduisez pas que je gagne de l’argent en vous écrivant mes Pensées (mais non, je ne me prends pas pour Pascal !) : mon blog me coûte de l’argent (un peu), mais ne m’en rapporte pas (du tout) !

Je fais simplement allusion au nombre de vos visites du mois écoulé. Après le Désert traversé le mois précédent, c’est très réconfortant de voir que vous êtes revenus me voir ! Car j’ai frôlé le 0 absolu, entre le 17 février et le 17 mars ! Et vous conviendrez que, pour un prof, c’est tout de même une sacrée mauvaise note ! (voir les billets sur les notes, justement…)

1142 visites, donc, du 18 mars au 15 avril ! Certes, je n’atteindrai sans doute pas les records de plus de 2000 visites comme l’an dernier : n’écrivant plus que 2 ou 3 fois par semaine, je ne peux espérer être autant lue que lorsque j’écrivais tous les jours !

Mais, repartant de 0, je n’osais imaginer retrouver si vite un « auditoire » !

Merci à vous, amis lecteurs !