Archive pour la catégorie ‘Professeur’

Être prof, c’est pas si facile…

Mercredi 5 septembre 2012

En ces temps de rentrée, permettez-moi d’égrener quelques souvenirs…

On a dit et écrit tant de choses sur le métier d’enseignant, qu’il semble que tout a été dit. Il est pourtant un aspect qui n’est, je pense, que peu éclairé, dans les rapports entre enseignants et parents.

Je ne veux pas parler ici de conflits. Seulement citer quelques petites phrases entendues lors d’entretiens avec des parents d’élèves. Ces phrases, que j’ai entendues ou que des collègues m’ont rapportées, ont bouleversé l’enseignant en le faisant s’interroger sur les rapports parent-enfant : son regard n’a plus été le même sur l’enfant en question…

* Sébastien, en 6ème. Le professeur explique que Sébastien s’amuse, ne fournit pas le travail demandé, distrait ses camarades.
La mère : Oui… mais il a une si jolie petite frimousse ! On lui pardonne tout, non ?

* Nicolas, en 5ème. Terriblement renfermé, évitant tout contact avec ses camarades. Parents divorcés, à la garde de son père.
Le père : Il a un sale caractère. D’ailleurs, c’est à cause de lui que sa mère est partie !

* Bastien, en 6ème. Ne suit pas, bavarde sans arrêt.
La mère : Oui, c’est un gros bébé… Il dort encore avec sa maman…

* Nicolas, en 3ème. Entretien dans le bureau de la principale, avec Nicolas et ses parents, suite au fait qu’il a rayé volontairement la voiture d’un enseignant.
Le père : Vous n’êtes pas sûre que c’est lui !
La principale : Pardon, il est parfaitement reconnaissable sur le film de la caméra de surveillance.
Le père, à Nicolas : Imbécile ! Tu n’avais pas vu qu’il y avait une caméra ?

* Lydie, en 6ème. Plutôt renfermée.
La mère : C’est tout le contraire de sa sœur ! Sa sœur est tellement jolie !

* Sandrine, en 4ème. Un mot sur son carnet se plaint qu’elle ne suit pas, bavarde, n’apprend pas, ne fait pas le travail demandé.
Réponse écrite du père : Elle veut peut-être être actrice !

* Candy, en 5ème. Parents divorcés, vit chez ses grands-parents. C’est d’ailleurs le grand-père qu’on voit le plus souvent. Exceptionnellement, là, c’est le père. Je ne saurais retrouver le déluge de mots blessants qu’il a eus pour qualifier Candy, une gamine pourtant de bonne volonté, qui fait de réels efforts. Au point que j’ai fini par lui rétorquer : Mais enfin, monsieur, c’est votre fille !

* Nicolas, en 4ème (oui, il y en a eu quelques générations, de Nicolas !). Peu actif, peu travailleur.
La mère : Oui, je me suis beaucoup occupée de ses deux aînés. Maintenant, je suis fatiguée !

* Sabrina, en 3ème. Se taillade les poignets (sans gravité… mais quand même ! La gamine m’a pourtant fait promettre que je n’en parlerai pas à sa mère, dépressive au point de faire des dizaines – oui ! – de tentatives de suicide par an…)
La mère : Elle est si gentille ! Le matin, avant de partir à l’école, elle me cache mes médicaments…

* Denis, en 3ème. Dyslexique, lit très mal et très lentement. A été un temps voir un orthophoniste, puis a arrêté. Le père n’a fait que signer le mot pour lui demander un rendez-vous.
Denis : Mon père, il a dit que si c’était pour voir encore un orthophoniste, c’était pas la peine !

* * *

Ce sont les premiers qui me reviennent à l’esprit, il y en a eu évidemment beaucoup d’autres, de ces entretiens qui ont changé brutalement le regard de l’enseignant sur l’enfant – et sa famille… Petites phrases meurtrières, qui éclairent singulièrement le comportement de l’enfant… Mais dont il n’est pas évident de « faire » quelque chose de constructif…

Voilà pourquoi votre fille est muette…

Dimanche 5 février 2012

Suite à l’excellent billet de Lucien sur le « burn out » des enseignants,
Épuisement professionnel des enseignants : enfin une étude !
permettez que je m’interroge un peu sur les raisons de cet épuisement ressenti par beaucoup trop de collègues : qu’est-ce qui fait qu’un enseignant « lambda » va en être atteint ?

Je me garderai bien ici de faire des comparaisons avec tel ou tel autre métier, telle ou telle autre fonction ; je me contenterai de décrire, aussi objectivement que possible, les caractéristiques de ce métier.

« Lambda », donc, débarque dans un établissement fin août ou début septembre. Avec un peu de chance, c’est un établissement « lambda », sans (trop de) problèmes particuliers. Il fait connaissance avec quelques collègues, reçoit quelques conseils ou suggestions, est initié à quelques particularités administratives ou autres. Il reçoit son emploi du temps, la liste de ses classes (oui, je parle plus facilement d’un enseignant en collège… j’en ai davantage l’expérience… mes lecteurs auront l’obligeance d’adapter pour les autres enseignants…).

Une fois qu’il sait à qui il va s’adresser, rentré chez lui, Lambda prépare ses « cours de rentrée » qui sont à la fois prise de contact, annonce du programme et de la démarche pédagogique. Ce n’est pas très facile, avec un public totalement virtuel, c’est aussi un peu angoissant : comment va-t-il être perçu des élèves ? Comment ceux-ci vont-ils le « tester » ? Quelle image veut-il donner ? Les premières prises de contact sont toujours angoissantes, même quand on est dans le même établissement depuis plusieurs années : l’alchimie d’une classe est toujours imprévisible, quelles que soient les précautions prises pour la composer. Même une classe « qui marchait bien » et qu’on a quasiment reconduite l’année suivante, peut se montrer très différente : des évolutions personnelles pendant l’été, des événements qui ont affecté tel ou telle, l’irruption d’un nouveau, la contestation de l’emploi du temps ou de la liste des professeurs…

Face à la classe, Lambda se montre sûr de lui, tente de cerner son public, répond calmement aux questions (je ne parle pas ici d’un débutant sans formation, pour qui la situation est évidemment bien pire !), expose le travail de l’année. Il essaie de retenir quelques noms, quelques réactions, repère quelques têtes « sûres » ou « à suveiller »… Puis passe à une autre classe…

A la fin de la première journée, il essaie de se faire une idée des classes vues, de la manière dont il va aborder son programme avec celle-ci ou celle-là. Il va parfois se renseigner auprès d’un collègue sur tel élève qu’il a remarqué. Et il rentre chez lui…

Les non-enseignants ont tendance à penser qu’un prof a préparé ses cours « une fois pour toutes », ou à peu près. C’est loin d’être le cas pour la grande majorité des profs ! Même si le programme n’a pas changé (et il change quasiment avec chaque nouveau ministre !), l’enseignant adapte son cours à son public : une même notion grammaticale, par exemple, vue dans deux classes de même niveau, ne sera pas forcément étudiée de la même manière. Quand il prépare son cours, l’enseignant a en tête la classe à laquelle il va s’adresser : telle notion sera trop ardue, tel exercice trop difficile (ou trop facile !), un brin d’humour sera bienvenu ici, à proscrire là… Le travail de préparation est précis et contraignant… et ne garantit malheureusement pas le succès ! Avoir passé une ou plusieurs heures à préparer un cours et faire le bilan, une fois le cours terminé, que peu d’élèves semblent avoir bien compris la notion étudiée… est non seulement vexant, mais angoissant : comment faire pour revenir sur cette notion, comment aborder à nouveau le sujet pour une meilleure réussite – et sans que les élèves aient l’impression qu’on leur rabâche la même chose ?…

C’est un métier où les constats d’échec sont fréquents : avec des élèves particuliers, bien sûr (faibles, inattentifs, contestataires…), mais aussi avec la classe, plus globalement. Et un constat d’échec oblige à une remise en question personnelle, ce qui est toujours douloureux. Avoir eu l’impression que les cours « passaient bien »… et s’apercevoir, lors d’un contrôle un peu global, que la majorité des élèves n’a rien compris… remet en cause le travail de plusieurs séances : frustrant ! Si Lambda a la chance de côtoyer un ou plusieurs collègues travaillant un peu dans le même sens, il essaiera d’en discuter avec eux. Ce n’est pas forcément possible : d’abord parce que, dans certaines matières, il est le seul de l’établissement ; ensuite, parce que les collègues de la même matière n’ont pas forcément les mêmes objectifs, les mêmes méthodes, les mêmes façons de percevoir les élèves… Si on lui répond, par exemple, « De toutes façons, ils ne fichent jamais rien ! »… Lambda n’est pas beaucoup plus avancé…

En dehors des strictes questions pédagogiques, se posent aussi des questions relationnelles, avec tel ou tel élève, avec telle ou telle classe… Un conflit avec une classe est une situation extrêmement pénible : si on ne parvient pas à le désamorcer rapidement, l’hostilité va grandir et devenir un état d’esprit… Il m’est arrivé de faire appel à un collègue ou à un principal dans certains cas… Si c’est un élève particulier qui est en conflit, après tentatives personnelles de le résoudre, mieux vaut faire appel à quelqu’un d’extérieur : collègue, parent, principal…

Ces remises en question, que tout enseignant fait de lui-même, ne sont pas les seules… Des collègues, des élèves, des parents d’élèves, des principaux, des inspecteurs… peuvent aussi contester tel ou tel aspect de l’enseignement. Il faut alors répondre, expliquer, se justifier, face à des accusations plus ou moins violentes, plus ou moins acerbes. C’est très difficile, d’autant plus si l’interlocuteur est agressif… Il m’est arrivé une fois de sortir de la salle où je recevais un parent d’élève, tant la discussion tournait à l’agression systématique… Garder son calme quand l’interlocuteur vous accuse d’incompétence est un exercice qui fait vite monter la tension !

Tout cela, c’est l’ordinaire « normal » d’un enseignant… A quoi il faut ajouter les remises en question « politiques » (les enseignants n’apprennent plus rien aux élèves, ne sont pas fichus de faire respecter la discipline, et autres critiques de ce genre émises par des personnalités diverses), reprises évidemment par les média… et donc par le public (les enseignants sont bien payés pour ne pas faire grand chose… Ils travaillent 18 heures par semaine…). A quoi il faut ajouter les réformes, la diminution drastique de la « formation continue », la disparition de la formation initiale, les exigences de plus en plus nombreuses quant aux « tâches annexes » (entre autres, de plus en plus de choses à rentrer dans les ordinateurs !), les menaces pesant sur la profession (accroissement du nombre d’élèves par classe, « assouplissement » de la carte scolaire, regroupement d’établissements, et j’en passe !)…

Il y a des enseignants qui craquent ou sont près de craquer ? Je m’étonne qu’il n’y en ait pas davantage…

L’école de la tolérance…

Dimanche 8 janvier 2012

C’est le titre (sans les points de suspension) d’un article du Nouvel Obs du 5/1/2012.

Il y est question de l’ »Alliance School », dans le Wisconsin, « seul établissement public « gay friendly » des États-Unis »…

Une école pour les « gays » ? Quelle horreur ! C’est une nouvelle forme d’apartheid ???

Pas tout à fait… Si « un peu plus de la moitié des élèves se disent gays, bisexuels, transgenres ou « pansexuels » (c’est-à-dire qu’ils refusent de se laisser enfermer dans un sexe défini) », les autres ont été en souffrance dans leur école pour d’autres raisons, tenant à leur physique ou à leur caractère. L’école accueille des enfants et ados de 11 à 19 ans à la condition « qu’ils soient prêts à respecter les autres »…

Une « école de la différence », donc… Qui apprend aux jeunes à être ce qu’ils sont et à accepter ce que les autres sont… Joli programme, non ? Mais pourquoi diable ne l’apprend-on pas à tous les jeunes ? C’est ce que plaident certains opposants (les autres protestant « au nom de la morale ou de raisons fiscales ») : « Plutôt que d’isoler ces enfants, ne vaudrait-il pas mieux enseigner le respect de l’autre dans les lycées ? ».

Évidemment…

Je ne me souviens pas avoir connu des collégiens souffrant de leur « différence sexuelle ». Mais j’en ai connu beaucoup, plusieurs chaque année, souffrant de leur différence : trop bons élèves, trop mauvais, trop timides, trop solitaires, trop gros, trop grands, trop petits… que sais-je ? Leur « différence » n’était pas acceptée par la classe, qui le leur faisait sentir, plus ou moins fort. Tous les enseignants en ont connu, je pense…

Comment lutter contre cela ? Pas par de grands discours moraux, bien évidemment : ils ne font que renforcer la ségrégation, car les enfants se retournent alors contre le « rejeté », le rendant coupable du « sermon » entendu.

En fait, selon ma propre expérience, on parvient plus ou moins à atténuer ces discriminations dans des projets collectifs. Travaux de groupes, bien sûr, où l’enseignant devra parfois intégrer lui-même (avec quelle prudence !) le « rejeté » dans un groupe. Projets de classe : quand on monte une pièce de théâtre, chacun doit donner la mesure de ce qu’il peut faire, et des talents nouveaux se révèlent.

J’ai aussi le souvenir de « réunions-bilans » de la classe, quand j’en étais prof principal : nous abordions toutes les questions concernant la vie de la classe, et si une question concernait un « rejeté », une discussion s’ensuivait. Dans une classe de 4ème avec laquelle j’avais de très bons rapports – mais qui posait problèmes dans d’autres matières -, j’ai tenu ainsi une « réunion-bilan » tous les 15 jours, pendant une période. Nous cherchions ensemble des solutions, un élève s’engageant par exemple à « contenir » un « perturbateur » pendant la quinzaine, à certains cours problématiques… La notion de « classe » évolue alors : d’un rassemblement d’individus, elle devient « groupe », et protectrice…

Mais… cela ne « règle » le problème que dans l’enceinte de la classe… Le « rejeté » l’est aussi dans la cour, à la cantine, à l’étude, dans les couloirs…

Outre le fait que dans l’école du Wisconsin les élèves ne sont acceptés que s’ils s’engagent à respecter les autres, un autre fait a son importance : il y a 165 enfants ! Tous se connaissent, donc… Dans un collège de 700 élèves, la réalité est bien différente (sans parler des lycées où les élèves se comptent par milliers…) : on s’en tient à la singularité de l’un ou de l’autre, à sa réputation, on ne cherche pas à le connaître. Pas plus que dans une ville où, croisant de temps à autre une personne, un adulte se dira « Il est drôlement habillé, celui-là ! » ; son « jugement » sera alors négatif sur la personne, il ne cherchera – éventuellement – à en savoir que des éléments qui confirment son jugement péremptoire…

Évidemment, des unités de moins de 200 (ou même 500 !) élèves, cela coûte cher… Et on n’est pas dans une période où… Bref… Cela vaudrait peut-être tout de même la peine de s’y pencher un peu : des écoles, collèges et lycées où l’enfant pourrait avoir le sentiment d’appartenir à une communauté, cela pourrait lui redonner de l’importance à ses propres yeux ; cela pourrait l’aider à apprendre, à accepter les autres ; cela pourrait peut-être – qui sait ? – aider à former de futurs adultes plus à l’aise dans leur peau, et donc moins enclins à la violence…

Qui sait ?

Tous mes vœux à ces enfants d’aujourd’hui, aux adultes de demain…

P.S. En parlant de vœux… Lucien fait état de ceux de Notre Président Bien-Aimé à l’Éducation dite Nationale : Les anti-vœux de Sarkozy à l’éducation… Très intéressant !

P.S.2 Voir aussi les derniers « Délit Maille », entre autres Tricote ta leçon de campagne/ Leçon 1 – Subtilité (mais les suivants sont aussi superbes… et je ne dis rien de la statue de la Liberté tricotée !)

Bonnes visites !

De l’art de la dissimulation…

Lundi 19 décembre 2011

Je vous propose aujourd’hui quelques visites sur des sites qui ne manquent pas d’intérêt…

- De la dissimulation dans la politique de l’Éducation Nationale

Lire le billet très documenté de Lucien à ce sujet :

Education Nationale : une année de communication mensongère

Curieusement, alors que le budget de la communication explose (« On se souvient que la Cour des comptes avait durement pointé, en novembre dernier, les dépenses de communication des ministères. Celui de l’Education Nationale notamment, dont le budget com’ a progressé de 41% en cinq ans (passant de 6 844 000 euros en 2006 à 9 647 000 euros en 2010). »), le nombre des communications diminue :

Les informations émanant du ministère et destinées au grand public sont en très forte baisse : au début des années 2000, une soixantaine de « notes d’information » sont publiées chaque année ; depuis 2009, moins de 20. Cette année encore une cinquantaine étaient prévues, entre bilans d’expériences menées sur le terrain et études diverses : bilan sur les internats d’excellence (mis en place il y 4 ans !), bilan sur l’expérimentation du sport l’après-midi les collèges (prévu pour novembre), bilan sur le dispositif d’accompagnement éducatif (avril), étude sur  le niveau de lecture en 6ème, sur la vision du collège par les parents, bilan sur l’évaluation de l’assouplissement de l’affectation dans les collèges et les lycées, etc. Les informations sur ce dernier sujet existent, nous dit un statisticien, mais elles sont accablantes pour la politique menée…

- De la dissimulation dans la politique de l’immigration (de l’ex-migration, devrais-je dire…)

Un article du Nouvel Obs traite du placement des enfants en « centres de rétention » :

IMMIGRATION. Ces enfants que la France enferme

Pour atteindre les quotas d’expulsion, des familles entières sont interpellées. En 2010, derrière les grilles des centres de rétention, les associations ont dénombré 356 enfants.

Claude Guéant a ainsi fixé son objectif à 30.000 « éloignements » cette année.

Pour plus de précisions, voir

CENTRES ET LOCAUX DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE, RAPPORT 2010

(C’est moi qui souligne)

L’année 2010 est la première qui voit intervenir cinq associations – l’Assfam, La Cimade, Forum réfugiés, France terre d’asile et l’Ordre de Malte France – dans les centres de rétention administrative. Issues d’horizons variés, elles partagent entre autres valeurs la primauté de la personne humaine et le respect des droits de l’Homme consacrés par les engagements européens et internationaux de la France

Ce rapport annuel témoigne de la vie dans les centres français de rétention administrative. Qu’avons-nous observé de plus marquant ? Tout d’abord, les dégâts causés par la « politique du chiffre » mise en place en 2002 et par un régime d’exception qui se renforce chaque année. En 2010, ce sont plus de 60.000 personnes qui sont passées par un centre de la métropole ou d’Outre-mer. Le nombre de familles et d’enfants enfermés dans les centres s’est accru. Il en va de même du nombre de ressortissant roumains – roms essentiellement -, dans un contexte de surenchère répressive dénoncé par l’Union européenne

A minima, plus de 35 000 éloignements ont été exécutés depuis les territoires d’outremer en 2010. Ainsi, lorsque les autorités françaises annoncent avoir réalisé 28 000 éloignements en 2010, en omettant de préciser que l’Outre-mer n’est pas compté, plus de la moitié de la réalité est escamotée. Seul le préfet de Mayotte communique localement sur les chiffres concernant le 101ème département français (plus de 26 000 en 2010). Par ailleurs, selon le Ministère de l’intérieur, 32 881 étrangers étaient placés en rétention dans les territoires ultramarins (contre 27 401 en métropole).

Ainsi, en France, plus de 60 000 étrangers ont été enfermés dans des centres de rétention en 2010. Et plus de 53 000 ont été éloignés, mais sans forcément passer par des centres de rétention.

Le gouvernement annonce avoir éloigné 28 000 étrangers du territoire français en 2010, se décomposant comme suit :
- 70 % d’éloignements forcés
- 30 % de « retours volontaires »

Selon le Ministère de l’intérieur, 8 400 étrangers seraient donc repartis volontairement. Or, le rapport d’activité 2010 de l’OFII, qui est chargé de la mise en œuvre, fait état d’un total de 14 054 aides au retour. Aucun des chiffres de l’OFII ne correspond exactement au 8 400 « retours volontaires » annoncés par le Ministère. Cependant,parmi les différents types d’aide au retour existants, ce sont les « aides au retour humanitaires » (ARH) qui s’en approchent le plus.

En 2010, 9761 ARH ont été réalisées,touchant 7520 adultes et 2 241 enfants. Dans la réalité, 94 % de ces ARH ont concerné des Roumains et des Bulgares, Roms pour la plupart, fortement incités à accepter 300 euros pour être ramenés dans leur pays, d’où ils pouvaient revenir en France facilement car ils sont ressortissants communautaires.

en 2009, un triste record était battu avec 318 enfants enfermés. 2010 est l’année d’un nouveau record avec 356 enfants placés dans des centres de rétention accompagnés d’au moins un de leurs parents (178 familles au total).

Parmi ces enfants, 57 étaient âgés de moins d’un an, et 210 de moins de six ans.

(Voir les graphiques, très parlants, que je ne peux reproduire ici.)

- Du AAA…

Pas eu le courage de rechercher des infos à ce sujet… mais vous en avez forcément entendu parler… En tous cas, ne ratez pas le feuilleton de Délit Maille à ce sujet : 4 épisodes, s’il vous plaît !

Saga Délit: Tricote ton agence de notation. Opus 1

Bonnes visites !

Et rappelez-vous : c’est très vilain, de mentir !!!

Et la poésie, b…! ?

Jeudi 15 décembre 2011

Cela fait longtemps (?) que je ne vous ai pas donné à lire quelques textes d’élèves… En ces temps difficiles, un petit rayon de soleil n’est pas inutile… Voici encore quelques « jeux de rythmes » des 6èmes d’il y a une douzaine d’années :

La petite pie
Prit la route
Dans la direction
De sa mère
Et atterrit sur
Le banc vert.
Après cinq minutes,
Elle se leva
Et s’envola.

Sonia

*     *     *

Bonjour !

- Ça va bien ?

- Très bien.

- Ça va bien ?

- Normal.

- Ça va bien ?

- Bof, bof !

- Ça va bien ?

- Très mal.

Julie

*     *     *

Regarde, Maman !

Où ?

Qui ?

Quoi ?

Là ! Joyeuse fête !

Oh…

Ah…

Euh…

C’est pour toi !

Bien merci,

Ma chérie…

Julie

*     *     *

Un jour d’été, quand
Je
Suis
Allée
Sur la plage de
Mon
Grand-
Père,
Il n’y avait plus
De
Poissons
Dans la mer.

Gwendoline

*     *     *

Il y a longtemps
Je chantais
De très bell’ chansons
Comme ça.
Il y a longtemps,
Je dansais
Sur des rythmes.
Maintenant,
Je n’ sais plus.

Anthony

*     *     *

Des enfants jouent
Dans une rue
À se bagarrer.
Mais quand leur
Mère arrive,
Ils se font
Gronder
Devant
Tout le monde
Qui regarde.

Kevin

Pan sur les profs ! (encore…)

Dimanche 20 novembre 2011

Bon, d’accord, les enseignants ne sont peut-être pas un électorat à ménager… Mais quand même !

Merci à Lucien qui nous signale les projets de décret et d’arrêté concernant les enseignants et autres personnels d’éducation. Comme il explique très bien les conséquences financières de ce projet, je me contenterai de le citer :

Évaluation des profs : derrière les modalités, la question des salaires

Imaginons un professeur qualifié d’exemplaire par sa hiérarchie : ayant bénéficié de la réduction de 5 mois tous les trois ans, il parviendra au dernier échelon au bout de 26 ans environ, contre 20 ans actuellement.

Rien ne change en revanche pour le « mauvais prof », qui ne verra le dernier échelon qu’après 29 ans : on notera l’ironie d’un projet émanant d’un gouvernement qui voudrait faire une place plus grande au mérite et qui pénalise proportionnellement davantage les « bons profs » que les mauvais !

Concrètement, les enseignants verront leur salaire stagner plus longtemps, ne connaîtront d’augmentation que de loin en loin. Autant dire que leur pouvoir d’achat va sérieusement se dégrader sur la durée. Peu importe, le gouvernement fera ainsi chaque année quelques centaines de millions d’euros d’économies : l’argent des enseignants, celui-là même qui ne leur sera pas versé par la grâce du présent décret…

Merci également à François Jarraud, du Café pédagogique, qui met à notre disposition ces projets :

Décret n°2012- du 2012 portant dispositions statutaires relatives à l’appréciation et à la reconnaissance de la valeur professionnelle des personnels enseignants, d’éducation et d’orientation relevant du ministre chargé de l’éducation nationale

Objet : modification du système de l’appréciation de la valeur professionnelle par la mise en oeuvre d’un entretien professionnel et des modalités d’avancement d’échelon par l’introduction d’un mécanisme de réductions d’ancienneté.
Entrée en vigueur : ce décret entre en vigueur le 1er septembre 2012.

Notice : La réforme du système de l’appréciation et de la reconnaissance de la valeur professionnelle des personnels enseignants, d’éducation et d’orientation constitue l’un des volets du « pacte de carrière » annoncé par le Gouvernement en octobre 2009 puis confirmé en mars 2010 visant à améliorer les conditions d’exercice du métier d’enseignant dans le cadre d’une gestion plus dynamique et personnalisée des ressources humaines.

Voyons un peu le projet d’arrêté concernant la notation des enseignants…

document de travail V4
1
ARRETE
Arrêté du …..relatif aux conditions générales de l’appréciation de la valeur professionnelle des personnels enseignants, d’orientation et d’éducation relevant du ministère chargé de l’éducation nationale

L’entretien professionnel est conduit par le supérieur hiérarchique direct de l’agent. Pour les enseignants du second degré pré-baccalauréat et post-baccalauréat le supérieur hiérarchique est le chef d’établissement ou son (ses) adjoint(s). Pour les enseignants du premier degré le supérieur hiérarchique est l’inspecteur de l’éducation nationale compétent.
En cas de nécessité liée à la continuité du service public, l’autorité hiérarchique peut également désigner un autre fonctionnaire pour mener les entretiens d’évaluation au sein des écoles ou établissements.

Je me suis déjà exprimée sur cette question, mais j’y reviens… Faire noter l’enseignant uniquement par son chef d’établissement me semble une aberration totale. Rappelons que, actuellement, la notation se fait à 40% par le chef d’établissement, sur des critères discutables, certes, mais globalement d’ordre « administratif », et à 60% par un inspecteur pédagogique censé évaluer la pédagogie de l’enseignant en assistant à une heure de cours. Que ce système ait besoin d’être revisité, c’est probable. En supprimant l’inspection, toute discutable qu’elle puisse être ? L’inspecteur a du moins, sur le chef d’établissement, l’avantage de connaître la matière enseignée, et est donc plus à même d’apprécier le travail du professeur, et son « efficacité ».

Comme, dans le même temps, on demande de plus en plus aux chefs d’établissement de jouer le rôle de chefs d’entreprise, et même d’embaucher directement leurs personnels, enseignants ou non… on peut imaginer les dérives ! Si c’est celui qui m’embauche qui me note… mon emploi est à sa merci !

Et que va-t-on faire des inspecteurs pédagogiques ? On les supprime ? En voilà, de belles économies à réaliser !

Mais voyons sur quoi le professeur va être noté :

Article 5
Le processus d’évaluation est engagé par une démarche d’auto-évaluation qui s’appuie principalement sur les compétences définies à l’annexe de l’arrêté du 12 mai 2010 portant définition des compétences à acquérir par les professeurs, documentalistes et conseillers principaux d’éducation. Il s’agit notamment pour l’agent d’évaluer sa capacité à faire progresser :
- chaque élève ;
- les compétences dans sa discipline ou ses domaines d’apprentissage;
- sa pratique professionnelle dans l’action collective de l’école ou de l’établissement, en lien avec les parents d’élève et les partenaires. Cette action se situe conformément aux orientations validées par les instances de l’école ou de l’établissement par la mise en place notamment de projets pédagogiques transversaux et pluridisciplinaires assurant la cohérence d’un enseignement collectif ;
- la qualité du cadre de travail afin qu’il soit propice aux apprentissages et au partage des valeurs de la République, notamment le respect mutuel et l’égalité entre tous les élèves.

Article 6
L’appréciation du positionnement de l’agent au regard des critères décrits à l’article 5 est réalisée par le supérieur hiérarchique au regard, d’une part, de l’analyse des résultats de l’auto évaluation et, d’autre part, de l’examen de la manière de servir de l’agent.

Je ne comprends pas bien « l’auto évaluation » : le prof doit faire lui-même une évaluation de ses compétences ? Et en fournir un rapport à son chef d’établissement ??? Et j’aime bien « la manière de servir »… Voilà qui éclaire singulièrement la profession…

Bon, c’est un détail… Revenons sur le contenu :
- capacité à faire progresser chaque élève :
C’est évidemment ce à quoi tend chaque enseignant (sauf cas pathologiques…). Y arrive-t-il pour autant ? Difficile à dire ! Prenons le cas – au hasard – d’un prof de Français en collège : il a l’avantage, sur nombre de ses collègues, de n’avoir que peu d’élèves, environ 120). Peut-il, honnêtement, déterminer qu’il a fait progresser chacun de ces 120 élèves ? Ou même, la moitié seulement ? J’aurais été bien embêtée si l’on m’avait demandé de dresser un bilan de ce genre ! Pour quelques élèves, c’est évident, mais pour le plus grand nombre… Quant aux profs qui ont la charge de plusieurs centaines d’élèves… je ne vois pas bien comment on peut évaluer leur action sur ce grand nombre d’enfants ou ados !
Le « mieux », alors, serait de donner les « bonnes classes » aux « bons profs » : ayant de bons résultats, elles prouveraient que le prof est bon… Quant aux « mauvais profs », ne parvenant pas à faire progresser leurs « mauvaises classes »… cela justifierait leur… mauvaise note !

- capacité à faire progresser les compétences dans sa discipline ou ses domaines d’apprentissage :
Même problème… compliqué du fait que l’évaluateur ne connaît peut-être rien à la discipline en question ! Ou n’en a que ses propres souvenirs d’élève !

- capacité à faire progresser sa pratique professionnelle dans l’action collective de l’école ou de l’établissement, en lien avec les parents d’élève et les partenaires :
Ça, à mon avis, c’est le plus dangereux… et le plus facile à évaluer par le chef d’établissement ! Il s’agit donc de calculer l’investissement de l’enseignant en dehors de son travail d’enseignement (qui, rappelons-le, comporte des heures de cours, de préparations et de corrections, plus des entretiens avec élèves et parents d’élèves et réunions avec les collègues des mêmes classes… ce qui représente tout de même une bonne quarantaine d’heures hebdomadaires, compte non tenu des travaux réalisés en dehors des périodes scolaires… lesquelles périodes de « vacances », on ne le répétera jamais assez, ne sont en fait pas réellement « payées » !). Exiger en plus que l’enseignant s’engage dans d’autres actions me semble déraisonnable ! Donnons-lui déjà les moyens de faire correctement son travail, on verra le reste après !
Bien sûr que des projets collectifs sont un « plus », pour l’établissement comme pour les élèves. Et tant mieux pour tout le monde si des professeurs se sentent à même de mener ces projets, malgré l’énorme investissement que cela demande en temps et en travail (non payés !). Mais en faire une « norme », quitte à ce que certains, d’une disponibilité ou d’une force de travail moins grandes, en viennent à bâcler leur métier d’enseignant… c’est un non-sens ! Si on veut vraiment « faire la différence »… payons alors les heures de travail effectuées en plus (ou au moins une partie de ces heures…) !

- capacité à faire progresser la qualité du cadre de travail :
Là aussi, nous nous y efforçons tous ! Mais comment faire réellement un « bilan » ? Les classes ont une « individualité » (si j’ose dire) propre, et nous avons tous eu, certaines années, des classes avec lesquelles nous n’arrivions « à rien » (ce qui est certes exagéré… mais c’est ainsi qu’on le ressent). Si, par malchance, l’année de l’évaluation, le prof a justement des classes qui « ne marchent pas », peut-on vraiment lui en faire porter la responsabilité ?

Article 14
L’agent dont le service est partagé entre plusieurs établissements fait l’objet d’un entretien d’évaluation réalisé par le supérieur hiérarchique de l’établissement d’affectation principale. Le supérieur hiérarchique recueille l’avis des autres chefs d’établissement le cas échéant.
Article 15
L’agent en situation de titulaire sur zone de remplacement est évalué par le chef d’établissement de rattachement administratif. Il recueille l’avis des autres chefs d’établissement où l’agent a exercé.

Déjà que les entretiens avec tous les enseignants de son établissement vont lui demander quelque temps (!), mais le chef d’établissement devra aussi (ce qui paraît « normal ») contacter d’autres chefs d’établissement ! Combien d’heures vont lui prendre ces nouvelles activités ? Car un chef d’établissement a deux ou trois petites choses à faire : veiller à l’établissement lui-même, son entretien, sa sécurité, établir des budgets, encadrer tous les personnels (enseignants, mais aussi assistants d’éducation, personnels de service et d’entretien, personnels administratifs…), s’assurer de la sécurité et du « bien-être » des élèves, recevoir parents, élèves, personnels… et j’en oublie sûrement beaucoup !

D’ailleurs, je vais laisser la conclusion à un chef d’établissement, interrogé dans un blog que nous a signalé Lucien :

Dans les coulisses des évaluations : le témoignage d’un chef d’établissement

Je pense que le système actuel d’évaluation est totalement obsolète. Cela dit, le projet du gouvernement ne me semble pas satisfaisant du tout non plus. Cela nous donnerait vraiment de travail en plus, alors que nous en avons déjà beaucoup. Cela créerait aussi des tensions dans les établissements, y compris dans ceux où règnent actuellement un climat apaisé, et, à l’heure où les conditions d’exercice sont dégradées et où les personnels sont tendus, cela ne me semble pas judicieux du tout… »

P.S. Dans le Nouvel Obs du 17/11/2011, cette citation de Nicole Bricq, sénatrice et rapporteur général de la commission des Finances :

« La défiscalisation des heures supplémentaires des fonctionnaires de ce ministère [l’Éducation nationale] coûte 1,3 milliards d’euros par an à l’État. C’est l’équivalent du coût de 40 000 emplois ! Cela relativise l’efficacité du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ».

Bon dimanche !

En bref… En vrac… En bref… En vrac… En bref…

Dimanche 9 octobre 2011

Pub

Après les pubs de Microsoft Office, ce sont des pubs d’Eram que je vais brièvement évoquer. Un article du Nouvel Obs les évoque, citant quelques-uns des messages :

« Comme disent mes deux mamans, la famille c’est sacré. »

« Comme disent ma maman et son petit copain qui a l’âge d’être mon grand frère, la famille c’est sacré. »

« Comme disent mon papa, ma maman et la troisième femme de mon papa, la famille c’est sacré. »

Évidemment, on ne voit pas très bien le rapport entre les messages et la vente de chaussures… Si ce n’est que sous la photo de ladite famille apparaissent les prix des chaussures…

Je ne suis pas très sûre que ces messages génèrent une meilleure acceptation des familles qui ne correspondent pas au schéma traditionnel. Et j’avoue que le 2ème message me choque : mettre dans la bouche d’un gamin de 5-6 ans (et qui a l’air plutôt dubitatif) un tel commentaire sur le « petit copain » me semble davantage accuser la mère que la « banaliser »… Vous me direz peut-être ce que vous en pensez ?

Généalogie

Lu dans un forum de généalogie de la Nièvre, cet extrait d’un acte de mariage :

 » …Jean LOUVRIER fils de René LOUVRIER vivant manouvrier et de Marguerite DESPASTI et Edmée DELEUSME fille de deffunt Jean DELUSME manouvrier et de Edmée DUCROT, je leur ay donné la bénédiction nuptiale avec les cérémonies accoutumées en présence de François DELUSME frère de l’épouse et beau père du mary, de Marguerite DESPATIT leur mère et belle soeur, … »

Comprenons bien :

La mère de Jean Louvrier s’est remariée avec François Delusme (ou Deleusme). Elle est donc devenue la belle-sœur d’Edmée Delusme.

Jean Louvrier, en se mariant avec Edmée Delusme, devient donc beau-frère de sa mère. Et son beau-père, François, devient son beau-frère.

Quant à Edmée, sa belle-sœur devient sa belle-mère… et son frère, son beau-père…

Trop compliqué pour faire une pub, non ?

École

Allez voir, si ce n’est déjà fait, le petit film réalisé avec des playmobiles, qu’Odile nous a récemment signalé, École en danger par le collectif PEC de Besançon et du Doubs :

Effectivement, la récitante n’est pas terrible… Mais le film est assez bien fait, je trouve… Et le propos est clair…

Rentrée 2012

Conseil des ministres : Luc Chatel prévoit la suppression de 14 280 postes (donc 80 280 postes supprimés depuis 2007…). Monsieur TVB a répété que l’école comptait plus de profs et moins d’élèves qu’il y a 20 ans, que le budget de l’éducation représentait 6% du PIB, plus que la moyenne des pays de l’OCDE… C’est drôle : je n’avais pas ce souvenir du rapport de l’OCDE… On ne doit pas avoir eu la même méthode de lecture, lui et moi…

Été indien

Après avoir vu mes rosiers refleurir plus ou moins abondamment, alors que les années précédentes ils s’étaient contentés d’une seule floraison en juin, j’ai failli tomber de saisissement devant une pervenche ! Une pervenche ! Fin septembre ! Mais, lors de mon séjour dans la Meuse, j’ai pu voir un petit massif de pervenches !

Dans la Meuse toujours, j’ai été surprise par des vols d’oiseaux… qui, à coup sûr, étaient des hirondelles ! Comme je les avais vues se rassembler après le 15 août et se préparer au départ en se réunissant sur les fils télégraphiques, je suis restée ébahie… Mais ces vols du début octobre, qui ne se posaient pas sur les fils en rangs serrés, regroupaient seulement quelques dizaines d’oiseaux : des couvées tardives ?

Bon dimanche… avec pulls et parapluies !

Demain : Grève…

Lundi 26 septembre 2011

Peut-être le savez-vous déjà : une grève des enseignants est prévue pour demain… Je n’ai pas trouvé beaucoup d’articles sur cette question dans la presse nationale, hormis cet article de L’Humanité :

Forte mobilisation attendue mardi pour la grève des enseignants

Les organisations syndicales veulent peser sur le projet de budget 2012 qui passe mercredi en conseil des ministres et prévoit 14 000 nouvelles suppressions de postes dans l’Education nationale (ce qui en fera 80 000 sur le quinquennat), alors que les effectifs d’élèves augmentent.

[...]

L’enseignement privé sera également du mouvement. Son appel à la mobilisation est historique. Est réclamé « zéro retrait d’emploi pour 2012″. Les enseignants du privé insistent sur le fait qu’ils sont chaque jour devant une classe, aucun professeur n’est en disponibilité, et qu’il n’y a pas de remplaçants.

Par contre, je suis tombée (non, non, je ne me suis pas fait trop mal…) sur un site « armees.com » : très étonnée qu’un site dédié à l’armée parle de la grève des enseignants, je suis allée voir… Il s’agit en fait du blog d’un certain Ivan… qui s’indigne qu’en France la rentrée scolaire soit toujours marquée par une grève, laquelle augmente le déficit de l’État… Visiblement, ce monsieur ignore que c’est tout le contraire, vu que l’État fait alors l’économie d’un certain nombre de journées de salaire (et qu’un prof « manque » ainsi une ou huit heures de cours, on lui soustrait pareillement un trentième de son salaire mensuel…). Profs privilégiés, mythe des classes surchargées… je vous passe les prises de position de ce monsieur…

Plus intéressant à mon avis, le courrier adressé par la FSU aux parlementaires :

Crise : la FSU adresse un courrier aux parlementaires !

La FSU a adressé le 6 septembre un courrier à chacun des parlementaires pour leur faire part de son analyse et de ses propositions.

[...]

Suite aux annonces faites par le Premier ministre « pour réduire le déficit de la France », le parlement examine dès cette semaine les propositions du gouvernement qui consistent à trouver 1 milliard sur le budget 2011 et 10 milliards sur celui de 2012. [...]

La FSU estime que les mesures annoncées par le gouvernement s’inscrivent toujours dans la logique d’une politique d’austérité qui pénalise essentiellement les salariés.

En effet, le gouvernement met peu à contribution les hauts revenus (200 millions sur un plan de 11 milliards), de surcroît il le fait à partir d’un seuil élevé qui va exonérer une large part des bénéficiaires du « bouclier fiscal ». Il ne remet pas en cause la réforme de l’ISF (2 milliards de recettes fiscales en moins). [...]

L’effort demandé face à la crise économique et financière n’est donc pas partagé. D’un côté des mesures ponctuelles et réduites de taxation des hauts revenus et de l’autre, réforme des retraites, suppressions massives d’emplois publics, Révision Générale des Politiques Publiques et stagnation du pouvoir d’achat pour les salariés. [...]

A cela s’ajoute la taxation des contrats d’assurance solidaires. Il s’agit d’une mauvaise solution qui va mettre à mal des dépenses de santé et en difficulté des mutuelles et va aggraver ainsi les possibilités d’accès au soin pour les plus modestes.

Pour la FSU, l’argument de la dette publique dont d’ailleurs la hausse résulte pour l’essentiel des cadeaux fiscaux aux plus riches et des exonérations de charges pour des entreprises décidées ces 4 dernières années, relève d’une mauvaise analyse de la situation. [...]

Dans la situation actuelle, pour faire face à la crise mais aussi aux défis à venir qu’ils soient économiques, scientifiques, culturelles et écologiques, la FSU propose d’agir sur :

La relance de l’emploi
L’Etat employeur devant montrer l’exemple en renonçant au non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite dans la Fonction publique et en créant les emplois nécessaires. Il convient également de mettre fin au développement des heures supplémentaires dans la Fonction publique, comme dans le secteur privé, et de revenir sur les dispositions de la loi TEPA. Les politiques publiques de l’emploi doivent non seulement stabiliser l’emploi mais également participer au développement de l’emploi et de la formation professionnelle. Les minima sociaux et les indemnités chômage doivent être revalorisés.

L’amélioration du pouvoir d’achat et la revalorisation des salaires et des retraites afin notamment de relancer la consommation

La fiscalité
Il s’agit de permettre un autre partage des richesses produites. La nécessité de travailler à la reconstruction d’un impôt réellement progressif s’impose aujourd’hui.

Des investissements productifs pour l’avenir
Les services publics, Education, Formation, Recherche, Santé, Culture, Justice, Logement, Energie, Environnement…sont des « biens communs ». Leur développement est indispensable et notamment en situation de crise. [...]

De nouvelles recettes
En effet, il ne s’agit pas pour la FSU de regarder uniquement à réduire les dépenses mais bien aussi à trouver de nouvelles recettes. L’emploi est un facteur qui y contribue. La fiscalité doit être refondée dans le sens de plus d’équité et d’un autre partage des richesses produites. [...]

Enfin, pour la FSU, il faut cesser de considérer les services publics et la Fonction publique comme une charge pour notre pays. Ce sont bien des investissements productifs indispensables qui sont une chance pour l’avenir de notre société.

Vous vous méfiez des arguments des syndicats ? Alors, peut-être serez-vous sensibles à ceux de l’OCDE, dans le rapport déjà cité :

L’avantage économique que procure l’élévation du niveau de formation profite non seulement aux individus, mais aussi à la société, au travers de la réduction des transferts sociaux et de l’augmentation des recettes fiscales, dès l’entrée des individus dans la vie active. Il est important de tenir compte de l’équilibre entre le rendement public et le rendement privé lors de l’élaboration des politiques.

[...]

Comme les secteurs des services et les systèmes de production deviennent de plus en plus complexes, ils requièrent des travailleurs plus qualifiés. Il est donc important de compter sur une main-d’œuvre hautement qualifiée, non seulement pour pourvoir les postes dans le segment supérieur de compétence, mais également pour garder un avantage salarial compétitif dans les segments inférieurs de compétence. Avec l’intensification de la mobilité des travailleurs dans le monde, il est plus important de trouver un juste équilibre entre l’amélioration de l’équité dans la société et l’offre d’incitations financières persuasives pour attirer et fidéliser des travailleurs qualifiés.

[...]

La littérature foisonne d’éléments à l’appui de la corrélation positive entre l’éducation et un éventail d’indicateurs sociaux, dont l’amélioration de la santé, le renforcement de l’engagement civique et la réduction de la criminalité (OCDE, 2007c ; 2010e). Quelques études, dont le nombre va croissant, suggèrent que l’éducation a un impact causal positif sur ces retombées sociales (voir, par exemple, Grossman, 2006, au sujet de la santé). Selon d’autres recherches, l’éducation peut être un moyen relativement rentable d’améliorer la santé publique et de réduire la criminalité (voir, par exemple, Lochner et Moretti, 2004).

[...]

Dans l’ensemble, les adultes dont le niveau de formation est plus élevé sont plus susceptibles d’être plus satisfaits de leur vie, de participer davantage à la vie de la société (se rendre aux urnes, s’intéresser à la politique et faire preuve de confiance interpersonnelle) et de s’estimer en bonne santé.

[...]

Dans tous les pays de l’OCDE qui ont participé à l’enquête, les élèves de 8e année ayant de meilleures connaissances civiques (c’est-à-dire qui connaissent et comprennent les principes et les concepts de la citoyenneté) sont plus susceptibles, une fois adultes, de voter et d’être favorables à l’égalité entre les sexes.

[...]

Connaissances civiques et retombées sociales

L’éducation peut améliorer les retombées sociales dans la mesure où elle aide les individus à prendre des décisions réfléchies en toute connaissance de cause, à s’informer, et à améliorer leurs aptitudes cognitives et leurs facultés socio-émotionnelles (zèle, image de soi et compétences sociales). En ce sens, l’éducation peut les amener à choisir des modes de vie plus sains et à s’engager davantage dans la société civile. Les établissements d’enseignement peuvent aussi offrir un environnement idéal pour amener les enfants à prendre des habitudes saines, à se montrer coopératifs et à adopter des normes favorables à la cohésion sociale : un climat d’ouverture en classe, une implication concrète dans des matières civiques et une philosophie qui promeut la citoyenneté active peuvent, par exemple, améliorer la participation à la vie de la société.

[...]

Force est d’ailleurs de constater que dans certains pays où le degré perçu de corruption est relativement élevé, plus les individus ont un niveau élevé de connaissances civiques, moins ils sont susceptibles de faire confiance aux institutions civiques (voir l’encadré A11.1). Il ne faut toutefois pas en déduire que l’éducation a nécessairement un « effet négatif ». En fait, si des institutions civiques sont effectivement corrompues dans un pays, une relation négative entre le niveau de connaissances civiques et la confiance vis-à-vis des institutions civiques peut indiquer que le système d’éducation de ce pays inculque aux élèves la faculté de juger les institutions de façon critique et en toute connaissance de cause.

L’Éducation n’est pas le gouffre financier sans fond qu’on voudrait nous faire croire : c’est un investissement à moyen et long terme qui bénéficie au pays tout entier, y compris financièrement. Cela a été la réflexion des politiques du 19ème siècle. Il est regrettable de constater que ceux d’aujourd’hui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez… ou de leur mandat !

Profs mis à nu…

Mercredi 21 septembre 2011

Merci à Odile qui m’a fourni le lien vers ce site. Au cas où vous ne le connaîtriez pas encore, allez donc voir leur calendrier .

Mis à nu, certes, mais « en tout bien, tout honneur »… Ils ne font qu’illustrer leur certitude que l’école est nue…

Vous connaissez sans doute ce conte d’Andersen, Les habits neufs de l’empereur ? Deux escrocs vont voir l’empereur et lui assurent qu’ils lui feront un splendide habit, tissé d’or et d’argent, qui lui permettra de voir qui est sincère autour de lui (mon résumé est approximatif, je ne l’ai pas lu depuis longtemps…). L’empereur est très ennuyé de ne pas voir ledit costume, mais les courtisans le rassurent en s’exclamant sur la beauté de l’ouvrage. Cortège dans les rues, où chacun s’applique à vanter la munificence dudit costume… jusqu’à ce qu’un petit enfant s’écrie : « L’empereur est nu ! »…

Nous avons nous aussi nos « courtisans » qui proclament que l’école n’a jamais été aussi performante… Sous cet habit de statistiques plus ou moins faussées, volontairement ou non, le collectif du Calendrier proclame que l’école est nue, tant par la réduction drastique des moyens qui lui sont donnés que par la perte des valeurs qui ont fondé l’école républicaine.

Lucien a récemment fait état de deux rapports qui tendraient à contredire notre « roi » :

Deux rapports très critiques pour la politique d’Education française

Celui du Haut Conseil de l’Éducation tire à boulets rouges sur nos fameuses « évaluations » :

[Table des matières]

LES INDICATEURS ANNUELS FOURNIS AU PARLEMENT NE SONT PAS SATISFAISANTS
1.1 Les indicateurs concernant « les compétences de base » en français et en mathématiques sont partiels, peu exigeants, et donc trompeurs quant à la maîtrise du socle commun
1.2 Les indicateurs tirés des évaluations nationales des trois paliers du socle commun ne sont pas fiables pour des raisons de méthode
. Au palier 1 du socle, la confusion entre deux types d’évaluation prive les indicateurs de la rigueur nécessaire
. Aux paliers 2 et 3 du socle, la fiabilité des indicateurs n’est pas assurée
. Le champ des indicateurs existants ne permet pas d’évaluer avec précision la maîtrise du socle

[Conclusion]

Le Haut Conseil de l’Éducation recommande de renoncer aux indicateurs actuels de la LOLF sur la maîtrise des « compétences de base ». Ces indicateurs donnent en effet une image erronée du degré de maîtrise effective du socle commun par les élèves.

[...]

Pour être pertinents du point de vue du socle, les indicateurs devront être attentifs à un certain nombre de caractéristiques : ils devront évaluer des compétences, c’est-à-dire la combinaison de connaissances, de capacités et d’attitudes, et se fonder sur une évaluation en situation complexe36 ; ils devront bien entendu évaluer la totalité des compétences37 et conserver une échelle de valeurs stable permettant la comparaison dans le temps.

[...]

Le moment est venu de confier à une agence d’évaluation indépendante la mise en œuvre d’un tel programme, comme le suggérait la lettre de mission du Président de la République adressée au ministre de l’Éducation nationale en 2007. Il est essentiel en effet que, dans notre démocratie, les données concernant les résultats de notre système éducatif soient objectives et transparentes, donc incontestables.

[Notes]

36 La situation d’évaluation doit permettre la mise en œuvre par l’élève de « tâches complexes », c’est-à-dire qui mobilisent de façon combinée des ressources (connaissances, capacités, attitudes) dans des situations ou des contextes concrets, vraisemblables, quasi-authentiques, qui ne se réduisent pas à l’application d’une procédure automatique. L’évaluation de la maîtrise d’une compétence n’est en aucun cas équivalente à la seule évaluation de la maîtrise de chaque ressource isolément, laquelle est indispensable mais insuffisante, comme l’illustre l’exemple de l’apprentissage des langues vivantes.

37 Il est nécessaire d’avoir des indicateurs pertinents pour chacune des sept compétences, y compris pour les compétences 6 – compétences sociales et civiques – et 7 – autonomie et initiative – dont l’évaluation peut, de prime abord, sembler plus compliquée. Nous ne sommes pas totalement démunis en ce qui concerne leur évaluation, puisqu’ont déjà été menés au niveau international des études et des travaux, comme par exemple l’étude ICCS (International Civic and Citizenship Education Study) de l’IEA déjà citée.

Le rapport de l’OCDE est plus méchant à plusieurs égards :

OCDE (2011), Regards sur l’éducation 2011 : Les indicateurs de l’OCDE, Éditions OCDE.

http://dx.doi.org/10.1787/eag-2011-fr

Le graphique B2.1 de la page 240 nous apprend (?) que la France est un des rares pays qui a consacré en 2008 à l’éducation une plus faible part de son PIB qu’en 2000.

Les dépenses d’éducation tous niveaux d’enseignement confondus ont augmenté à un rythme plus soutenu que le PIB dans plus de trois quarts des pays dont les données de 2000 et 2008 sont comparables. Elles ont progressé de plus de 1.0 point de pourcentage durant cette période au Brésil (de 3.5 % à 5.3 %), en Corée (de 6.1 % à 7.6 %) et en Irlande (de 4.5 % à 5.6 %). Toutefois, les dépenses au titre des établissements d’enseignement ont augmenté à un rythme plus faible que le PIB en Allemagne, en Autriche, en France, en Israël, au Japon et en République slovaque. Parmi ces pays, les variations les plus sensibles s’observent en France et en Israël, où la part du PIB consacrée à l’éducation a diminué d’au moins 0.3 point de pourcentage entre 2000 et 2008 (voir le tableau B2.1 et le graphique B2.1), essentiellement en raison de la diminution des dépenses en pourcentage du PIB dans l’enseignement primaire, secondaire et post-secondaire non tertiaire en France (diminution de 0.4 point de pourcentage) et dans l’enseignement tertiaire en Israël (diminution de 0.3 point de pourcentage).

(C’est moi qui souligne)

Une curieuse « courbe » concernant le pourcentage des jeunes en formation :

pp. 384-385 Pourcentage de jeunes (15-29 ans) en formation :
1997 : 42.6
1998 : 42.9
1999 : 43.9
2000 : 43.9
2001 : 43.1
2002 : 44.1
2003 : 44
2004 : 44.6
2005 : 45.1
2006 : 45.9
2007 : 46.8
2008 : 46.2
2009 : 44

Globalement, à part en 2001 (et, dans une moindre mesure, en 2003), le pourcentage de jeunes en formation (donc ni au travail, ni au chômage) progresse jusqu’en 2007. Puis chute ! En 2009, nous voici revenus au taux de 2003…

Le tableau D2.1 p. 431 nous révèle que le nombre moyen d’élèves par classe en 2009 est supérieur d’un peu plus de 1 en France à la moyenne de l’OCDE, et de plus de 2 à la moyenne de l’Union européenne…

Nous arrivons avant-derniers quant à l’influence du milieu socio-économique sur les résultats aux tests OCDE de compréhension de l’écrit :

Cliquez sur le graphique pour l'agrandir.

Quant aux salaires des enseignants… voyez plutôt :

Cliquez sur le graphique pour l'agrandir.

Pour le salaire statutaire dans l’enseignement public, nous arrivons glorieusement en 22ème position sur 34…

Le salaire des enseignants a augmenté, en valeur réelle, dans la plupart des pays dont les données sont disponibles entre 1995 et 2009. La France et la Suisse font figure d’exception : le salaire des enseignants y a diminué en valeur réelle durant cette période.

La plupart des pays ont assisté à une régression du salaire des enseignants en pourcentage du PIB par habitant entre 2000 et 2009. C’est en Australie, en Corée, en France, au Japon et en Suisse que le salaire des enseignants en pourcentage du PIB par habitant a le plus diminué. Il est toutefois resté nettement supérieur à la moyenne de l’OCDE dans tous ces pays, sauf en Australie et en France.

Et le roi s’indigne qu’on le voie nu ???

Revenons à nos moutons… euh… à nos profs dépouillés…

Ne vous contentez pas de regarder le calendrier ! Allez lire leur manifeste :

Manifeste contre le dépouillement de l’école

Je n’en ferai pas de citations… car il faudrait tout citer ! Il n’est pas très long, et vaut largement la peine d’être lu… voire signé (plus de 12 000 signatures à ce jour). Au moins, contrairement à un certain site dont je parlais récemment, il indique qui constitue ce collectif !

Notre « roi nu » n’a pas aimé, allez donc savoir pourquoi !

Le ministre choqué par les profs qui posent nus pour dénoncer le « dépouillement de l’école »

Luc Chatel s’est dit « choqué » par ces pratiques dans une interview dimanche à France 3. « Ca me choque parce que le rôle d’un professeur (…) c’est de valoriser son institution » et « j’ai une trop haute estime du professeur, de l’image du professeur, de ce qu’il représente dans notre pays et dans la République, pour accepter un tel dénigrement » a ajouté M. Chatel ». « On a le droit de critiquer ma politique, je l’accepte, on a le droit d’être militant syndical (…), par contre je suis choqué que l’on puisse porter atteinte à l’image même du professeur », a poursuivi le ministre qui a indiqué qu’ »il n’y aura pas de sanction ».

Vous pourrez lire le communiqué de presse répondant au roi :

Les Dépouillés répondent au ministre de l’Éducation nationale, invité du 12/13 sur France 3 du 18 septembre

Réponse qui commence ainsi :

Monsieur le ministre,

Qui dévalorise l’institution scolaire ?
15 professeurs dénudés symboliquement ou un gouvernement qui envoie les nouveaux enseignants non formés, donc « tout nus » devant les élèves ?

Enfin, la page Revue de presse vous renverra vers quelques articles écrits à leur sujet…

Bonne visite !

Rentrée…

Jeudi 1 septembre 2011

Demain, rentrée des profs… Troisième rentrée à laquelle je ne participerai pas…

Loin de moi l’idée de le regretter. D’abord, j’ai eu, à 57 ans, un choix à faire : m’engager à partir à la retraite à 60 ans pour bénéficier des 3 années de « cessation progressive d’activité ». Ces trois dernières années ont presque été idylliques : plus que 3 classes (2 la dernière année) au lieu des 4 que je n’avais jamais réussi à « digérer », et donc retour à des rapports plus approfondis avec les élèves ; et la chance d’avoir une équipe « administrative » avec laquelle je me sentais « en phase »… chose que je n’aurais jamais crue possible ! J’aurais eu bien du mal à me retrouver avec une équipe plus… « classique » à la rentrée suivante !

Ensuite… eh bien, les changements apportés depuis dans l’Éducation dite Nationale m’ont confirmée dans mon choix… Trop de choses avec lesquelles je ne suis pas d’accord… et plus l’envie de me battre contre les moulins à vent… C’est ça aussi, la vieillesse, parfois…

Il n’en reste pas moins vrai que 40 rentrées scolaires marquent une vie… Si j’oublie les dates de « petites vacances », qui ne signifient plus rien pour moi, il m’est bien difficile d’oublier pareillement la date de la Rentrée…

La première prise de contacts avec les classes est un moment difficile, que j’ai toujours abordé avec confiance, certes… mais aussi appréhension… S’il est faux de dire que « tout est joué » lors de cette première rencontre, il faut avouer qu’elle est très importante : une erreur d’appréciation du « public » tout neuf conduira forcément à des réajustements pas toujours évidents. Enfants et ados ont tendance à un jugement rapide, basé sur ce qu’ont pu leur dire les « anciens » et sur leurs réactions personnelles : s’ils « décident », dès la première heure, que vous êtes « dur », « sévère », « cool », « gnangnan », « vieux jeu » ou je ne sais quoi d’autre, il importe de rectifier rapidement le tir, avant que ces épithètes ne vous collent à la peau et faussent vos rapports avec eux. De même, si vous avez réussi à capter leur attention et leur confiance à la première heure, il vous faudra être attentif à ne pas les décevoir par la suite… L’enseignement, à mon sens, n’est possible que dans un climat de confiance respective (et respectueuse ! pas questions de confidences ici !).

A tous mes collègues qui se préparent à ce difficile exercice, je souhaite, du fond du cœur :

Bonne Rentrée !