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De l’art de la dissimulation…

lundi, décembre 19th, 2011

Je vous propose aujourd’hui quelques visites sur des sites qui ne manquent pas d’intérêt…

– De la dissimulation dans la politique de l’Éducation Nationale

Lire le billet très documenté de Lucien à ce sujet :

Education Nationale : une année de communication mensongère

Curieusement, alors que le budget de la communication explose (« On se souvient que la Cour des comptes avait durement pointé, en novembre dernier, les dépenses de communication des ministères. Celui de l’Education Nationale notamment, dont le budget com’ a progressé de 41% en cinq ans (passant de 6 844 000 euros en 2006 à 9 647 000 euros en 2010). »), le nombre des communications diminue :

Les informations émanant du ministère et destinées au grand public sont en très forte baisse : au début des années 2000, une soixantaine de « notes d’information » sont publiées chaque année ; depuis 2009, moins de 20. Cette année encore une cinquantaine étaient prévues, entre bilans d’expériences menées sur le terrain et études diverses : bilan sur les internats d’excellence (mis en place il y 4 ans !), bilan sur l’expérimentation du sport l’après-midi les collèges (prévu pour novembre), bilan sur le dispositif d’accompagnement éducatif (avril), étude sur  le niveau de lecture en 6ème, sur la vision du collège par les parents, bilan sur l’évaluation de l’assouplissement de l’affectation dans les collèges et les lycées, etc. Les informations sur ce dernier sujet existent, nous dit un statisticien, mais elles sont accablantes pour la politique menée…

– De la dissimulation dans la politique de l’immigration (de l’ex-migration, devrais-je dire…)

Un article du Nouvel Obs traite du placement des enfants en « centres de rétention » :

IMMIGRATION. Ces enfants que la France enferme

Pour atteindre les quotas d’expulsion, des familles entières sont interpellées. En 2010, derrière les grilles des centres de rétention, les associations ont dénombré 356 enfants.

Claude Guéant a ainsi fixé son objectif à 30.000 « éloignements » cette année.

Pour plus de précisions, voir

CENTRES ET LOCAUX DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE, RAPPORT 2010

(C’est moi qui souligne)

L’année 2010 est la première qui voit intervenir cinq associations – l’Assfam, La Cimade, Forum réfugiés, France terre d’asile et l’Ordre de Malte France – dans les centres de rétention administrative. Issues d’horizons variés, elles partagent entre autres valeurs la primauté de la personne humaine et le respect des droits de l’Homme consacrés par les engagements européens et internationaux de la France

Ce rapport annuel témoigne de la vie dans les centres français de rétention administrative. Qu’avons-nous observé de plus marquant ? Tout d’abord, les dégâts causés par la « politique du chiffre » mise en place en 2002 et par un régime d’exception qui se renforce chaque année. En 2010, ce sont plus de 60.000 personnes qui sont passées par un centre de la métropole ou d’Outre-mer. Le nombre de familles et d’enfants enfermés dans les centres s’est accru. Il en va de même du nombre de ressortissant roumains – roms essentiellement -, dans un contexte de surenchère répressive dénoncé par l’Union européenne

A minima, plus de 35 000 éloignements ont été exécutés depuis les territoires d’outremer en 2010. Ainsi, lorsque les autorités françaises annoncent avoir réalisé 28 000 éloignements en 2010, en omettant de préciser que l’Outre-mer n’est pas compté, plus de la moitié de la réalité est escamotée. Seul le préfet de Mayotte communique localement sur les chiffres concernant le 101ème département français (plus de 26 000 en 2010). Par ailleurs, selon le Ministère de l’intérieur, 32 881 étrangers étaient placés en rétention dans les territoires ultramarins (contre 27 401 en métropole).

Ainsi, en France, plus de 60 000 étrangers ont été enfermés dans des centres de rétention en 2010. Et plus de 53 000 ont été éloignés, mais sans forcément passer par des centres de rétention.

Le gouvernement annonce avoir éloigné 28 000 étrangers du territoire français en 2010, se décomposant comme suit :
– 70 % d’éloignements forcés
– 30 % de « retours volontaires »

Selon le Ministère de l’intérieur, 8 400 étrangers seraient donc repartis volontairement. Or, le rapport d’activité 2010 de l’OFII, qui est chargé de la mise en œuvre, fait état d’un total de 14 054 aides au retour. Aucun des chiffres de l’OFII ne correspond exactement au 8 400 « retours volontaires » annoncés par le Ministère. Cependant,parmi les différents types d’aide au retour existants, ce sont les « aides au retour humanitaires » (ARH) qui s’en approchent le plus.

En 2010, 9761 ARH ont été réalisées,touchant 7520 adultes et 2 241 enfants. Dans la réalité, 94 % de ces ARH ont concerné des Roumains et des Bulgares, Roms pour la plupart, fortement incités à accepter 300 euros pour être ramenés dans leur pays, d’où ils pouvaient revenir en France facilement car ils sont ressortissants communautaires.

en 2009, un triste record était battu avec 318 enfants enfermés. 2010 est l’année d’un nouveau record avec 356 enfants placés dans des centres de rétention accompagnés d’au moins un de leurs parents (178 familles au total).

Parmi ces enfants, 57 étaient âgés de moins d’un an, et 210 de moins de six ans.

(Voir les graphiques, très parlants, que je ne peux reproduire ici.)

– Du AAA…

Pas eu le courage de rechercher des infos à ce sujet… mais vous en avez forcément entendu parler… En tous cas, ne ratez pas le feuilleton de Délit Maille à ce sujet : 4 épisodes, s’il vous plaît !

Saga Délit: Tricote ton agence de notation. Opus 1

Bonnes visites !

Et rappelez-vous : c’est très vilain, de mentir !!!

Et la poésie, b…! ?

jeudi, décembre 15th, 2011

Cela fait longtemps (?) que je ne vous ai pas donné à lire quelques textes d’élèves… En ces temps difficiles, un petit rayon de soleil n’est pas inutile… Voici encore quelques « jeux de rythmes » des 6èmes d’il y a une douzaine d’années :

La petite pie
Prit la route
Dans la direction
De sa mère
Et atterrit sur
Le banc vert.
Après cinq minutes,
Elle se leva
Et s’envola.

Sonia

*     *     *

Bonjour !

– Ça va bien ?

– Très bien.

– Ça va bien ?

– Normal.

– Ça va bien ?

– Bof, bof !

– Ça va bien ?

– Très mal.

Julie

*     *     *

Regarde, Maman !

Où ?

Qui ?

Quoi ?

Là ! Joyeuse fête !

Oh…

Ah…

Euh…

C’est pour toi !

Bien merci,

Ma chérie…

Julie

*     *     *

Un jour d’été, quand
Je
Suis
Allée
Sur la plage de
Mon
Grand-
Père,
Il n’y avait plus
De
Poissons
Dans la mer.

Gwendoline

*     *     *

Il y a longtemps
Je chantais
De très bell’ chansons
Comme ça.
Il y a longtemps,
Je dansais
Sur des rythmes.
Maintenant,
Je n’ sais plus.

Anthony

*     *     *

Des enfants jouent
Dans une rue
À se bagarrer.
Mais quand leur
Mère arrive,
Ils se font
Gronder
Devant
Tout le monde
Qui regarde.

Kevin

Pan sur les profs ! (encore…)

dimanche, novembre 20th, 2011

Bon, d’accord, les enseignants ne sont peut-être pas un électorat à ménager… Mais quand même !

Merci à Lucien qui nous signale les projets de décret et d’arrêté concernant les enseignants et autres personnels d’éducation. Comme il explique très bien les conséquences financières de ce projet, je me contenterai de le citer :

Évaluation des profs : derrière les modalités, la question des salaires

Imaginons un professeur qualifié d’exemplaire par sa hiérarchie : ayant bénéficié de la réduction de 5 mois tous les trois ans, il parviendra au dernier échelon au bout de 26 ans environ, contre 20 ans actuellement.

Rien ne change en revanche pour le « mauvais prof », qui ne verra le dernier échelon qu’après 29 ans : on notera l’ironie d’un projet émanant d’un gouvernement qui voudrait faire une place plus grande au mérite et qui pénalise proportionnellement davantage les « bons profs » que les mauvais !

Concrètement, les enseignants verront leur salaire stagner plus longtemps, ne connaîtront d’augmentation que de loin en loin. Autant dire que leur pouvoir d’achat va sérieusement se dégrader sur la durée. Peu importe, le gouvernement fera ainsi chaque année quelques centaines de millions d’euros d’économies : l’argent des enseignants, celui-là même qui ne leur sera pas versé par la grâce du présent décret…

Merci également à François Jarraud, du Café pédagogique, qui met à notre disposition ces projets :

Décret n°2012- du 2012 portant dispositions statutaires relatives à l’appréciation et à la reconnaissance de la valeur professionnelle des personnels enseignants, d’éducation et d’orientation relevant du ministre chargé de l’éducation nationale

Objet : modification du système de l’appréciation de la valeur professionnelle par la mise en oeuvre d’un entretien professionnel et des modalités d’avancement d’échelon par l’introduction d’un mécanisme de réductions d’ancienneté.
Entrée en vigueur : ce décret entre en vigueur le 1er septembre 2012.

Notice : La réforme du système de l’appréciation et de la reconnaissance de la valeur professionnelle des personnels enseignants, d’éducation et d’orientation constitue l’un des volets du « pacte de carrière » annoncé par le Gouvernement en octobre 2009 puis confirmé en mars 2010 visant à améliorer les conditions d’exercice du métier d’enseignant dans le cadre d’une gestion plus dynamique et personnalisée des ressources humaines.

Voyons un peu le projet d’arrêté concernant la notation des enseignants…

document de travail V4
1
ARRETE
Arrêté du …..relatif aux conditions générales de l’appréciation de la valeur professionnelle des personnels enseignants, d’orientation et d’éducation relevant du ministère chargé de l’éducation nationale

L’entretien professionnel est conduit par le supérieur hiérarchique direct de l’agent. Pour les enseignants du second degré pré-baccalauréat et post-baccalauréat le supérieur hiérarchique est le chef d’établissement ou son (ses) adjoint(s). Pour les enseignants du premier degré le supérieur hiérarchique est l’inspecteur de l’éducation nationale compétent.
En cas de nécessité liée à la continuité du service public, l’autorité hiérarchique peut également désigner un autre fonctionnaire pour mener les entretiens d’évaluation au sein des écoles ou établissements.

Je me suis déjà exprimée sur cette question, mais j’y reviens… Faire noter l’enseignant uniquement par son chef d’établissement me semble une aberration totale. Rappelons que, actuellement, la notation se fait à 40% par le chef d’établissement, sur des critères discutables, certes, mais globalement d’ordre « administratif », et à 60% par un inspecteur pédagogique censé évaluer la pédagogie de l’enseignant en assistant à une heure de cours. Que ce système ait besoin d’être revisité, c’est probable. En supprimant l’inspection, toute discutable qu’elle puisse être ? L’inspecteur a du moins, sur le chef d’établissement, l’avantage de connaître la matière enseignée, et est donc plus à même d’apprécier le travail du professeur, et son « efficacité ».

Comme, dans le même temps, on demande de plus en plus aux chefs d’établissement de jouer le rôle de chefs d’entreprise, et même d’embaucher directement leurs personnels, enseignants ou non… on peut imaginer les dérives ! Si c’est celui qui m’embauche qui me note… mon emploi est à sa merci !

Et que va-t-on faire des inspecteurs pédagogiques ? On les supprime ? En voilà, de belles économies à réaliser !

Mais voyons sur quoi le professeur va être noté :

Article 5
Le processus d’évaluation est engagé par une démarche d’auto-évaluation qui s’appuie principalement sur les compétences définies à l’annexe de l’arrêté du 12 mai 2010 portant définition des compétences à acquérir par les professeurs, documentalistes et conseillers principaux d’éducation. Il s’agit notamment pour l’agent d’évaluer sa capacité à faire progresser :
– chaque élève ;
– les compétences dans sa discipline ou ses domaines d’apprentissage;
– sa pratique professionnelle dans l’action collective de l’école ou de l’établissement, en lien avec les parents d’élève et les partenaires. Cette action se situe conformément aux orientations validées par les instances de l’école ou de l’établissement par la mise en place notamment de projets pédagogiques transversaux et pluridisciplinaires assurant la cohérence d’un enseignement collectif ;
– la qualité du cadre de travail afin qu’il soit propice aux apprentissages et au partage des valeurs de la République, notamment le respect mutuel et l’égalité entre tous les élèves.

Article 6
L’appréciation du positionnement de l’agent au regard des critères décrits à l’article 5 est réalisée par le supérieur hiérarchique au regard, d’une part, de l’analyse des résultats de l’auto évaluation et, d’autre part, de l’examen de la manière de servir de l’agent.

Je ne comprends pas bien « l’auto évaluation » : le prof doit faire lui-même une évaluation de ses compétences ? Et en fournir un rapport à son chef d’établissement ??? Et j’aime bien « la manière de servir »… Voilà qui éclaire singulièrement la profession…

Bon, c’est un détail… Revenons sur le contenu :
– capacité à faire progresser chaque élève :
C’est évidemment ce à quoi tend chaque enseignant (sauf cas pathologiques…). Y arrive-t-il pour autant ? Difficile à dire ! Prenons le cas – au hasard – d’un prof de Français en collège : il a l’avantage, sur nombre de ses collègues, de n’avoir que peu d’élèves, environ 120). Peut-il, honnêtement, déterminer qu’il a fait progresser chacun de ces 120 élèves ? Ou même, la moitié seulement ? J’aurais été bien embêtée si l’on m’avait demandé de dresser un bilan de ce genre ! Pour quelques élèves, c’est évident, mais pour le plus grand nombre… Quant aux profs qui ont la charge de plusieurs centaines d’élèves… je ne vois pas bien comment on peut évaluer leur action sur ce grand nombre d’enfants ou ados !
Le « mieux », alors, serait de donner les « bonnes classes » aux « bons profs » : ayant de bons résultats, elles prouveraient que le prof est bon… Quant aux « mauvais profs », ne parvenant pas à faire progresser leurs « mauvaises classes »… cela justifierait leur… mauvaise note !

– capacité à faire progresser les compétences dans sa discipline ou ses domaines d’apprentissage :
Même problème… compliqué du fait que l’évaluateur ne connaît peut-être rien à la discipline en question ! Ou n’en a que ses propres souvenirs d’élève !

– capacité à faire progresser sa pratique professionnelle dans l’action collective de l’école ou de l’établissement, en lien avec les parents d’élève et les partenaires :
Ça, à mon avis, c’est le plus dangereux… et le plus facile à évaluer par le chef d’établissement ! Il s’agit donc de calculer l’investissement de l’enseignant en dehors de son travail d’enseignement (qui, rappelons-le, comporte des heures de cours, de préparations et de corrections, plus des entretiens avec élèves et parents d’élèves et réunions avec les collègues des mêmes classes… ce qui représente tout de même une bonne quarantaine d’heures hebdomadaires, compte non tenu des travaux réalisés en dehors des périodes scolaires… lesquelles périodes de « vacances », on ne le répétera jamais assez, ne sont en fait pas réellement « payées » !). Exiger en plus que l’enseignant s’engage dans d’autres actions me semble déraisonnable ! Donnons-lui déjà les moyens de faire correctement son travail, on verra le reste après !
Bien sûr que des projets collectifs sont un « plus », pour l’établissement comme pour les élèves. Et tant mieux pour tout le monde si des professeurs se sentent à même de mener ces projets, malgré l’énorme investissement que cela demande en temps et en travail (non payés !). Mais en faire une « norme », quitte à ce que certains, d’une disponibilité ou d’une force de travail moins grandes, en viennent à bâcler leur métier d’enseignant… c’est un non-sens ! Si on veut vraiment « faire la différence »… payons alors les heures de travail effectuées en plus (ou au moins une partie de ces heures…) !

– capacité à faire progresser la qualité du cadre de travail :
Là aussi, nous nous y efforçons tous ! Mais comment faire réellement un « bilan » ? Les classes ont une « individualité » (si j’ose dire) propre, et nous avons tous eu, certaines années, des classes avec lesquelles nous n’arrivions « à rien » (ce qui est certes exagéré… mais c’est ainsi qu’on le ressent). Si, par malchance, l’année de l’évaluation, le prof a justement des classes qui « ne marchent pas », peut-on vraiment lui en faire porter la responsabilité ?

Article 14
L’agent dont le service est partagé entre plusieurs établissements fait l’objet d’un entretien d’évaluation réalisé par le supérieur hiérarchique de l’établissement d’affectation principale. Le supérieur hiérarchique recueille l’avis des autres chefs d’établissement le cas échéant.
Article 15
L’agent en situation de titulaire sur zone de remplacement est évalué par le chef d’établissement de rattachement administratif. Il recueille l’avis des autres chefs d’établissement où l’agent a exercé.

Déjà que les entretiens avec tous les enseignants de son établissement vont lui demander quelque temps (!), mais le chef d’établissement devra aussi (ce qui paraît « normal ») contacter d’autres chefs d’établissement ! Combien d’heures vont lui prendre ces nouvelles activités ? Car un chef d’établissement a deux ou trois petites choses à faire : veiller à l’établissement lui-même, son entretien, sa sécurité, établir des budgets, encadrer tous les personnels (enseignants, mais aussi assistants d’éducation, personnels de service et d’entretien, personnels administratifs…), s’assurer de la sécurité et du « bien-être » des élèves, recevoir parents, élèves, personnels… et j’en oublie sûrement beaucoup !

D’ailleurs, je vais laisser la conclusion à un chef d’établissement, interrogé dans un blog que nous a signalé Lucien :

Dans les coulisses des évaluations : le témoignage d’un chef d’établissement

Je pense que le système actuel d’évaluation est totalement obsolète. Cela dit, le projet du gouvernement ne me semble pas satisfaisant du tout non plus. Cela nous donnerait vraiment de travail en plus, alors que nous en avons déjà beaucoup. Cela créerait aussi des tensions dans les établissements, y compris dans ceux où règnent actuellement un climat apaisé, et, à l’heure où les conditions d’exercice sont dégradées et où les personnels sont tendus, cela ne me semble pas judicieux du tout… »

P.S. Dans le Nouvel Obs du 17/11/2011, cette citation de Nicole Bricq, sénatrice et rapporteur général de la commission des Finances :

« La défiscalisation des heures supplémentaires des fonctionnaires de ce ministère [l’Éducation nationale] coûte 1,3 milliards d’euros par an à l’État. C’est l’équivalent du coût de 40 000 emplois ! Cela relativise l’efficacité du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ».

Bon dimanche !

En bref… En vrac… En bref… En vrac… En bref…

dimanche, octobre 9th, 2011

Pub

Après les pubs de Microsoft Office, ce sont des pubs d’Eram que je vais brièvement évoquer. Un article du Nouvel Obs les évoque, citant quelques-uns des messages :

« Comme disent mes deux mamans, la famille c’est sacré. »

« Comme disent ma maman et son petit copain qui a l’âge d’être mon grand frère, la famille c’est sacré. »

« Comme disent mon papa, ma maman et la troisième femme de mon papa, la famille c’est sacré. »

Évidemment, on ne voit pas très bien le rapport entre les messages et la vente de chaussures… Si ce n’est que sous la photo de ladite famille apparaissent les prix des chaussures…

Je ne suis pas très sûre que ces messages génèrent une meilleure acceptation des familles qui ne correspondent pas au schéma traditionnel. Et j’avoue que le 2ème message me choque : mettre dans la bouche d’un gamin de 5-6 ans (et qui a l’air plutôt dubitatif) un tel commentaire sur le « petit copain » me semble davantage accuser la mère que la « banaliser »… Vous me direz peut-être ce que vous en pensez ?

Généalogie

Lu dans un forum de généalogie de la Nièvre, cet extrait d’un acte de mariage :

 » …Jean LOUVRIER fils de René LOUVRIER vivant manouvrier et de Marguerite DESPASTI et Edmée DELEUSME fille de deffunt Jean DELUSME manouvrier et de Edmée DUCROT, je leur ay donné la bénédiction nuptiale avec les cérémonies accoutumées en présence de François DELUSME frère de l’épouse et beau père du mary, de Marguerite DESPATIT leur mère et belle soeur, … »

Comprenons bien :

La mère de Jean Louvrier s’est remariée avec François Delusme (ou Deleusme). Elle est donc devenue la belle-sœur d’Edmée Delusme.

Jean Louvrier, en se mariant avec Edmée Delusme, devient donc beau-frère de sa mère. Et son beau-père, François, devient son beau-frère.

Quant à Edmée, sa belle-sœur devient sa belle-mère… et son frère, son beau-père…

Trop compliqué pour faire une pub, non ?

École

Allez voir, si ce n’est déjà fait, le petit film réalisé avec des playmobiles, qu’Odile nous a récemment signalé, École en danger par le collectif PEC de Besançon et du Doubs :

Effectivement, la récitante n’est pas terrible… Mais le film est assez bien fait, je trouve… Et le propos est clair…

Rentrée 2012

Conseil des ministres : Luc Chatel prévoit la suppression de 14 280 postes (donc 80 280 postes supprimés depuis 2007…). Monsieur TVB a répété que l’école comptait plus de profs et moins d’élèves qu’il y a 20 ans, que le budget de l’éducation représentait 6% du PIB, plus que la moyenne des pays de l’OCDE… C’est drôle : je n’avais pas ce souvenir du rapport de l’OCDE… On ne doit pas avoir eu la même méthode de lecture, lui et moi…

Été indien

Après avoir vu mes rosiers refleurir plus ou moins abondamment, alors que les années précédentes ils s’étaient contentés d’une seule floraison en juin, j’ai failli tomber de saisissement devant une pervenche ! Une pervenche ! Fin septembre ! Mais, lors de mon séjour dans la Meuse, j’ai pu voir un petit massif de pervenches !

Dans la Meuse toujours, j’ai été surprise par des vols d’oiseaux… qui, à coup sûr, étaient des hirondelles ! Comme je les avais vues se rassembler après le 15 août et se préparer au départ en se réunissant sur les fils télégraphiques, je suis restée ébahie… Mais ces vols du début octobre, qui ne se posaient pas sur les fils en rangs serrés, regroupaient seulement quelques dizaines d’oiseaux : des couvées tardives ?

Bon dimanche… avec pulls et parapluies !

Demain : Grève…

lundi, septembre 26th, 2011

Peut-être le savez-vous déjà : une grève des enseignants est prévue pour demain… Je n’ai pas trouvé beaucoup d’articles sur cette question dans la presse nationale, hormis cet article de L’Humanité :

Forte mobilisation attendue mardi pour la grève des enseignants

Les organisations syndicales veulent peser sur le projet de budget 2012 qui passe mercredi en conseil des ministres et prévoit 14 000 nouvelles suppressions de postes dans l’Education nationale (ce qui en fera 80 000 sur le quinquennat), alors que les effectifs d’élèves augmentent.

[…]

L’enseignement privé sera également du mouvement. Son appel à la mobilisation est historique. Est réclamé « zéro retrait d’emploi pour 2012 ». Les enseignants du privé insistent sur le fait qu’ils sont chaque jour devant une classe, aucun professeur n’est en disponibilité, et qu’il n’y a pas de remplaçants.

Par contre, je suis tombée (non, non, je ne me suis pas fait trop mal…) sur un site « armees.com » : très étonnée qu’un site dédié à l’armée parle de la grève des enseignants, je suis allée voir… Il s’agit en fait du blog d’un certain Ivan… qui s’indigne qu’en France la rentrée scolaire soit toujours marquée par une grève, laquelle augmente le déficit de l’État… Visiblement, ce monsieur ignore que c’est tout le contraire, vu que l’État fait alors l’économie d’un certain nombre de journées de salaire (et qu’un prof « manque » ainsi une ou huit heures de cours, on lui soustrait pareillement un trentième de son salaire mensuel…). Profs privilégiés, mythe des classes surchargées… je vous passe les prises de position de ce monsieur…

Plus intéressant à mon avis, le courrier adressé par la FSU aux parlementaires :

Crise : la FSU adresse un courrier aux parlementaires !

La FSU a adressé le 6 septembre un courrier à chacun des parlementaires pour leur faire part de son analyse et de ses propositions.

[…]

Suite aux annonces faites par le Premier ministre « pour réduire le déficit de la France », le parlement examine dès cette semaine les propositions du gouvernement qui consistent à trouver 1 milliard sur le budget 2011 et 10 milliards sur celui de 2012. […]

La FSU estime que les mesures annoncées par le gouvernement s’inscrivent toujours dans la logique d’une politique d’austérité qui pénalise essentiellement les salariés.

En effet, le gouvernement met peu à contribution les hauts revenus (200 millions sur un plan de 11 milliards), de surcroît il le fait à partir d’un seuil élevé qui va exonérer une large part des bénéficiaires du « bouclier fiscal ». Il ne remet pas en cause la réforme de l’ISF (2 milliards de recettes fiscales en moins). […]

L’effort demandé face à la crise économique et financière n’est donc pas partagé. D’un côté des mesures ponctuelles et réduites de taxation des hauts revenus et de l’autre, réforme des retraites, suppressions massives d’emplois publics, Révision Générale des Politiques Publiques et stagnation du pouvoir d’achat pour les salariés. […]

A cela s’ajoute la taxation des contrats d’assurance solidaires. Il s’agit d’une mauvaise solution qui va mettre à mal des dépenses de santé et en difficulté des mutuelles et va aggraver ainsi les possibilités d’accès au soin pour les plus modestes.

Pour la FSU, l’argument de la dette publique dont d’ailleurs la hausse résulte pour l’essentiel des cadeaux fiscaux aux plus riches et des exonérations de charges pour des entreprises décidées ces 4 dernières années, relève d’une mauvaise analyse de la situation. […]

Dans la situation actuelle, pour faire face à la crise mais aussi aux défis à venir qu’ils soient économiques, scientifiques, culturelles et écologiques, la FSU propose d’agir sur :

La relance de l’emploi
L’Etat employeur devant montrer l’exemple en renonçant au non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite dans la Fonction publique et en créant les emplois nécessaires. Il convient également de mettre fin au développement des heures supplémentaires dans la Fonction publique, comme dans le secteur privé, et de revenir sur les dispositions de la loi TEPA. Les politiques publiques de l’emploi doivent non seulement stabiliser l’emploi mais également participer au développement de l’emploi et de la formation professionnelle. Les minima sociaux et les indemnités chômage doivent être revalorisés.

L’amélioration du pouvoir d’achat et la revalorisation des salaires et des retraites afin notamment de relancer la consommation

La fiscalité
Il s’agit de permettre un autre partage des richesses produites. La nécessité de travailler à la reconstruction d’un impôt réellement progressif s’impose aujourd’hui.

Des investissements productifs pour l’avenir
Les services publics, Education, Formation, Recherche, Santé, Culture, Justice, Logement, Energie, Environnement…sont des « biens communs ». Leur développement est indispensable et notamment en situation de crise. […]

De nouvelles recettes
En effet, il ne s’agit pas pour la FSU de regarder uniquement à réduire les dépenses mais bien aussi à trouver de nouvelles recettes. L’emploi est un facteur qui y contribue. La fiscalité doit être refondée dans le sens de plus d’équité et d’un autre partage des richesses produites. […]

Enfin, pour la FSU, il faut cesser de considérer les services publics et la Fonction publique comme une charge pour notre pays. Ce sont bien des investissements productifs indispensables qui sont une chance pour l’avenir de notre société.

Vous vous méfiez des arguments des syndicats ? Alors, peut-être serez-vous sensibles à ceux de l’OCDE, dans le rapport déjà cité :

L’avantage économique que procure l’élévation du niveau de formation profite non seulement aux individus, mais aussi à la société, au travers de la réduction des transferts sociaux et de l’augmentation des recettes fiscales, dès l’entrée des individus dans la vie active. Il est important de tenir compte de l’équilibre entre le rendement public et le rendement privé lors de l’élaboration des politiques.

[…]

Comme les secteurs des services et les systèmes de production deviennent de plus en plus complexes, ils requièrent des travailleurs plus qualifiés. Il est donc important de compter sur une main-d’œuvre hautement qualifiée, non seulement pour pourvoir les postes dans le segment supérieur de compétence, mais également pour garder un avantage salarial compétitif dans les segments inférieurs de compétence. Avec l’intensification de la mobilité des travailleurs dans le monde, il est plus important de trouver un juste équilibre entre l’amélioration de l’équité dans la société et l’offre d’incitations financières persuasives pour attirer et fidéliser des travailleurs qualifiés.

[…]

La littérature foisonne d’éléments à l’appui de la corrélation positive entre l’éducation et un éventail d’indicateurs sociaux, dont l’amélioration de la santé, le renforcement de l’engagement civique et la réduction de la criminalité (OCDE, 2007c ; 2010e). Quelques études, dont le nombre va croissant, suggèrent que l’éducation a un impact causal positif sur ces retombées sociales (voir, par exemple, Grossman, 2006, au sujet de la santé). Selon d’autres recherches, l’éducation peut être un moyen relativement rentable d’améliorer la santé publique et de réduire la criminalité (voir, par exemple, Lochner et Moretti, 2004).

[…]

Dans l’ensemble, les adultes dont le niveau de formation est plus élevé sont plus susceptibles d’être plus satisfaits de leur vie, de participer davantage à la vie de la société (se rendre aux urnes, s’intéresser à la politique et faire preuve de confiance interpersonnelle) et de s’estimer en bonne santé.

[…]

Dans tous les pays de l’OCDE qui ont participé à l’enquête, les élèves de 8e année ayant de meilleures connaissances civiques (c’est-à-dire qui connaissent et comprennent les principes et les concepts de la citoyenneté) sont plus susceptibles, une fois adultes, de voter et d’être favorables à l’égalité entre les sexes.

[…]

Connaissances civiques et retombées sociales

L’éducation peut améliorer les retombées sociales dans la mesure où elle aide les individus à prendre des décisions réfléchies en toute connaissance de cause, à s’informer, et à améliorer leurs aptitudes cognitives et leurs facultés socio-émotionnelles (zèle, image de soi et compétences sociales). En ce sens, l’éducation peut les amener à choisir des modes de vie plus sains et à s’engager davantage dans la société civile. Les établissements d’enseignement peuvent aussi offrir un environnement idéal pour amener les enfants à prendre des habitudes saines, à se montrer coopératifs et à adopter des normes favorables à la cohésion sociale : un climat d’ouverture en classe, une implication concrète dans des matières civiques et une philosophie qui promeut la citoyenneté active peuvent, par exemple, améliorer la participation à la vie de la société.

[…]

Force est d’ailleurs de constater que dans certains pays où le degré perçu de corruption est relativement élevé, plus les individus ont un niveau élevé de connaissances civiques, moins ils sont susceptibles de faire confiance aux institutions civiques (voir l’encadré A11.1). Il ne faut toutefois pas en déduire que l’éducation a nécessairement un « effet négatif ». En fait, si des institutions civiques sont effectivement corrompues dans un pays, une relation négative entre le niveau de connaissances civiques et la confiance vis-à-vis des institutions civiques peut indiquer que le système d’éducation de ce pays inculque aux élèves la faculté de juger les institutions de façon critique et en toute connaissance de cause.

L’Éducation n’est pas le gouffre financier sans fond qu’on voudrait nous faire croire : c’est un investissement à moyen et long terme qui bénéficie au pays tout entier, y compris financièrement. Cela a été la réflexion des politiques du 19ème siècle. Il est regrettable de constater que ceux d’aujourd’hui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez… ou de leur mandat !

Profs mis à nu…

mercredi, septembre 21st, 2011

Merci à Odile qui m’a fourni le lien vers ce site. Au cas où vous ne le connaîtriez pas encore, allez donc voir leur calendrier .

Mis à nu, certes, mais « en tout bien, tout honneur »… Ils ne font qu’illustrer leur certitude que l’école est nue…

Vous connaissez sans doute ce conte d’Andersen, Les habits neufs de l’empereur ? Deux escrocs vont voir l’empereur et lui assurent qu’ils lui feront un splendide habit, tissé d’or et d’argent, qui lui permettra de voir qui est sincère autour de lui (mon résumé est approximatif, je ne l’ai pas lu depuis longtemps…). L’empereur est très ennuyé de ne pas voir ledit costume, mais les courtisans le rassurent en s’exclamant sur la beauté de l’ouvrage. Cortège dans les rues, où chacun s’applique à vanter la munificence dudit costume… jusqu’à ce qu’un petit enfant s’écrie : « L’empereur est nu ! »…

Nous avons nous aussi nos « courtisans » qui proclament que l’école n’a jamais été aussi performante… Sous cet habit de statistiques plus ou moins faussées, volontairement ou non, le collectif du Calendrier proclame que l’école est nue, tant par la réduction drastique des moyens qui lui sont donnés que par la perte des valeurs qui ont fondé l’école républicaine.

Lucien a récemment fait état de deux rapports qui tendraient à contredire notre « roi » :

Deux rapports très critiques pour la politique d’Education française

Celui du Haut Conseil de l’Éducation tire à boulets rouges sur nos fameuses « évaluations » :

[Table des matières]

LES INDICATEURS ANNUELS FOURNIS AU PARLEMENT NE SONT PAS SATISFAISANTS
1.1 Les indicateurs concernant « les compétences de base » en français et en mathématiques sont partiels, peu exigeants, et donc trompeurs quant à la maîtrise du socle commun
1.2 Les indicateurs tirés des évaluations nationales des trois paliers du socle commun ne sont pas fiables pour des raisons de méthode
. Au palier 1 du socle, la confusion entre deux types d’évaluation prive les indicateurs de la rigueur nécessaire
. Aux paliers 2 et 3 du socle, la fiabilité des indicateurs n’est pas assurée
. Le champ des indicateurs existants ne permet pas d’évaluer avec précision la maîtrise du socle

[Conclusion]

Le Haut Conseil de l’Éducation recommande de renoncer aux indicateurs actuels de la LOLF sur la maîtrise des « compétences de base ». Ces indicateurs donnent en effet une image erronée du degré de maîtrise effective du socle commun par les élèves.

[…]

Pour être pertinents du point de vue du socle, les indicateurs devront être attentifs à un certain nombre de caractéristiques : ils devront évaluer des compétences, c’est-à-dire la combinaison de connaissances, de capacités et d’attitudes, et se fonder sur une évaluation en situation complexe36 ; ils devront bien entendu évaluer la totalité des compétences37 et conserver une échelle de valeurs stable permettant la comparaison dans le temps.

[…]

Le moment est venu de confier à une agence d’évaluation indépendante la mise en œuvre d’un tel programme, comme le suggérait la lettre de mission du Président de la République adressée au ministre de l’Éducation nationale en 2007. Il est essentiel en effet que, dans notre démocratie, les données concernant les résultats de notre système éducatif soient objectives et transparentes, donc incontestables.

[Notes]

36 La situation d’évaluation doit permettre la mise en œuvre par l’élève de « tâches complexes », c’est-à-dire qui mobilisent de façon combinée des ressources (connaissances, capacités, attitudes) dans des situations ou des contextes concrets, vraisemblables, quasi-authentiques, qui ne se réduisent pas à l’application d’une procédure automatique. L’évaluation de la maîtrise d’une compétence n’est en aucun cas équivalente à la seule évaluation de la maîtrise de chaque ressource isolément, laquelle est indispensable mais insuffisante, comme l’illustre l’exemple de l’apprentissage des langues vivantes.

37 Il est nécessaire d’avoir des indicateurs pertinents pour chacune des sept compétences, y compris pour les compétences 6 – compétences sociales et civiques – et 7 – autonomie et initiative – dont l’évaluation peut, de prime abord, sembler plus compliquée. Nous ne sommes pas totalement démunis en ce qui concerne leur évaluation, puisqu’ont déjà été menés au niveau international des études et des travaux, comme par exemple l’étude ICCS (International Civic and Citizenship Education Study) de l’IEA déjà citée.

Le rapport de l’OCDE est plus méchant à plusieurs égards :

OCDE (2011), Regards sur l’éducation 2011 : Les indicateurs de l’OCDE, Éditions OCDE.
http://dx.doi.org/10.1787/eag-2011-fr

Le graphique B2.1 de la page 240 nous apprend (?) que la France est un des rares pays qui a consacré en 2008 à l’éducation une plus faible part de son PIB qu’en 2000.

Les dépenses d’éducation tous niveaux d’enseignement confondus ont augmenté à un rythme plus soutenu que le PIB dans plus de trois quarts des pays dont les données de 2000 et 2008 sont comparables. Elles ont progressé de plus de 1.0 point de pourcentage durant cette période au Brésil (de 3.5 % à 5.3 %), en Corée (de 6.1 % à 7.6 %) et en Irlande (de 4.5 % à 5.6 %). Toutefois, les dépenses au titre des établissements d’enseignement ont augmenté à un rythme plus faible que le PIB en Allemagne, en Autriche, en France, en Israël, au Japon et en République slovaque. Parmi ces pays, les variations les plus sensibles s’observent en France et en Israël, où la part du PIB consacrée à l’éducation a diminué d’au moins 0.3 point de pourcentage entre 2000 et 2008 (voir le tableau B2.1 et le graphique B2.1), essentiellement en raison de la diminution des dépenses en pourcentage du PIB dans l’enseignement primaire, secondaire et post-secondaire non tertiaire en France (diminution de 0.4 point de pourcentage) et dans l’enseignement tertiaire en Israël (diminution de 0.3 point de pourcentage).

(C’est moi qui souligne)

Une curieuse « courbe » concernant le pourcentage des jeunes en formation :

pp. 384-385 Pourcentage de jeunes (15-29 ans) en formation :
1997 : 42.6
1998 : 42.9
1999 : 43.9
2000 : 43.9
2001 : 43.1
2002 : 44.1
2003 : 44
2004 : 44.6
2005 : 45.1
2006 : 45.9
2007 : 46.8
2008 : 46.2
2009 : 44

Globalement, à part en 2001 (et, dans une moindre mesure, en 2003), le pourcentage de jeunes en formation (donc ni au travail, ni au chômage) progresse jusqu’en 2007. Puis chute ! En 2009, nous voici revenus au taux de 2003…

Le tableau D2.1 p. 431 nous révèle que le nombre moyen d’élèves par classe en 2009 est supérieur d’un peu plus de 1 en France à la moyenne de l’OCDE, et de plus de 2 à la moyenne de l’Union européenne…

Nous arrivons avant-derniers quant à l’influence du milieu socio-économique sur les résultats aux tests OCDE de compréhension de l’écrit :

Cliquez sur le graphique pour l'agrandir.

Quant aux salaires des enseignants… voyez plutôt :

Cliquez sur le graphique pour l'agrandir.

Pour le salaire statutaire dans l’enseignement public, nous arrivons glorieusement en 22ème position sur 34…

Le salaire des enseignants a augmenté, en valeur réelle, dans la plupart des pays dont les données sont disponibles entre 1995 et 2009. La France et la Suisse font figure d’exception : le salaire des enseignants y a diminué en valeur réelle durant cette période.

La plupart des pays ont assisté à une régression du salaire des enseignants en pourcentage du PIB par habitant entre 2000 et 2009. C’est en Australie, en Corée, en France, au Japon et en Suisse que le salaire des enseignants en pourcentage du PIB par habitant a le plus diminué. Il est toutefois resté nettement supérieur à la moyenne de l’OCDE dans tous ces pays, sauf en Australie et en France.

Et le roi s’indigne qu’on le voie nu ???

Revenons à nos moutons… euh… à nos profs dépouillés…

Ne vous contentez pas de regarder le calendrier ! Allez lire leur manifeste :

Manifeste contre le dépouillement de l’école

Je n’en ferai pas de citations… car il faudrait tout citer ! Il n’est pas très long, et vaut largement la peine d’être lu… voire signé (plus de 12 000 signatures à ce jour). Au moins, contrairement à un certain site dont je parlais récemment, il indique qui constitue ce collectif !

Notre « roi nu » n’a pas aimé, allez donc savoir pourquoi !

Le ministre choqué par les profs qui posent nus pour dénoncer le « dépouillement de l’école »

Luc Chatel s’est dit « choqué » par ces pratiques dans une interview dimanche à France 3. « Ca me choque parce que le rôle d’un professeur (…) c’est de valoriser son institution » et « j’ai une trop haute estime du professeur, de l’image du professeur, de ce qu’il représente dans notre pays et dans la République, pour accepter un tel dénigrement » a ajouté M. Chatel ». « On a le droit de critiquer ma politique, je l’accepte, on a le droit d’être militant syndical (…), par contre je suis choqué que l’on puisse porter atteinte à l’image même du professeur », a poursuivi le ministre qui a indiqué qu' »il n’y aura pas de sanction ».

Vous pourrez lire le communiqué de presse répondant au roi :

Les Dépouillés répondent au ministre de l’Éducation nationale, invité du 12/13 sur France 3 du 18 septembre

Réponse qui commence ainsi :

Monsieur le ministre,

Qui dévalorise l’institution scolaire ?
15 professeurs dénudés symboliquement ou un gouvernement qui envoie les nouveaux enseignants non formés, donc « tout nus » devant les élèves ?

Enfin, la page Revue de presse vous renverra vers quelques articles écrits à leur sujet…

Bonne visite !

Rentrée…

jeudi, septembre 1st, 2011

Demain, rentrée des profs… Troisième rentrée à laquelle je ne participerai pas…

Loin de moi l’idée de le regretter. D’abord, j’ai eu, à 57 ans, un choix à faire : m’engager à partir à la retraite à 60 ans pour bénéficier des 3 années de « cessation progressive d’activité ». Ces trois dernières années ont presque été idylliques : plus que 3 classes (2 la dernière année) au lieu des 4 que je n’avais jamais réussi à « digérer », et donc retour à des rapports plus approfondis avec les élèves ; et la chance d’avoir une équipe « administrative » avec laquelle je me sentais « en phase »… chose que je n’aurais jamais crue possible ! J’aurais eu bien du mal à me retrouver avec une équipe plus… « classique » à la rentrée suivante !

Ensuite… eh bien, les changements apportés depuis dans l’Éducation dite Nationale m’ont confirmée dans mon choix… Trop de choses avec lesquelles je ne suis pas d’accord… et plus l’envie de me battre contre les moulins à vent… C’est ça aussi, la vieillesse, parfois…

Il n’en reste pas moins vrai que 40 rentrées scolaires marquent une vie… Si j’oublie les dates de « petites vacances », qui ne signifient plus rien pour moi, il m’est bien difficile d’oublier pareillement la date de la Rentrée…

La première prise de contacts avec les classes est un moment difficile, que j’ai toujours abordé avec confiance, certes… mais aussi appréhension… S’il est faux de dire que « tout est joué » lors de cette première rencontre, il faut avouer qu’elle est très importante : une erreur d’appréciation du « public » tout neuf conduira forcément à des réajustements pas toujours évidents. Enfants et ados ont tendance à un jugement rapide, basé sur ce qu’ont pu leur dire les « anciens » et sur leurs réactions personnelles : s’ils « décident », dès la première heure, que vous êtes « dur », « sévère », « cool », « gnangnan », « vieux jeu » ou je ne sais quoi d’autre, il importe de rectifier rapidement le tir, avant que ces épithètes ne vous collent à la peau et faussent vos rapports avec eux. De même, si vous avez réussi à capter leur attention et leur confiance à la première heure, il vous faudra être attentif à ne pas les décevoir par la suite… L’enseignement, à mon sens, n’est possible que dans un climat de confiance respective (et respectueuse ! pas questions de confidences ici !).

A tous mes collègues qui se préparent à ce difficile exercice, je souhaite, du fond du cœur :

Bonne Rentrée !

Science sans conscience…

mardi, août 23rd, 2011

Si les élèves de 1ère L et ES, alertés par les débats de toutes sortes, se jettent à la rentrée sur leur manuel de Sciences de la vie et de la terre, ils risquent fort, à mon humble avis, d’être déçus…

Pourtant, la polémique fait rage, paraît-il…

L’homosexualité enseignée à l’école : une pilule qui passe mal

L’introduction, dans les manuels scolaires de la rentrée, d’un chapitre sur l’orientation sexuelle heurte plusieurs associations familiales.

Pour l’éditeur Bordas, «les textes évitent tout esprit polémique (notamment l’influence des religions) et ne font qu’aborder de façon non choquante des questions de société largement médiatisées par ailleurs». Nulle part en effet il est écrit que les élèves doivent multiplier les expériences sexuelles. Mais Familles de France redoute que ces quelques lignes n’entraînent «plus de grossesses précoces et de cas d’infections sexuellement transmissibles».

Les paragraphes sur cette question dans le manuel Bordas.

Si vous avez la curiosité, comme moi, de lire la page incriminée (une page sur plus de 200…), vous contesterez peut-être le titre de Libération : peut-on dire que l’homosexualité soit « enseignée » ici ? On en parle, certes… et alors ?

J’aimerais bien que « Familles de France » m’explique comment parler de l’homosexualité risque d’entraîner « plus de grossesses précoces »… Voir leur lettre au président de la République :

Voulez vous être responsables de plus de grossesses précoces et de cas d’infections sexuellement transmissibles ?

Les « protestataires » s’abritent derrière le fait que ces quelques paragraphes (dans cette édition ou dans une autre) s’appuieraient sur une théorie du « gender », laquelle serait philosophique et non scientifique. J’ignorais jusqu’à ce jour cette théorie qui dit, d’après ce que j’ai lu, que l’identité sexuelle résulte non seulement du sexe génétique, mais aussi de l’environnement socio-culturel. Suis-je totalement stupide ? Je ne vois rien de révolutionnaire là-dedans… Sauf erreur de ma part, l’homosexualité des Grecs anciens était en partie due au fait qu’ils passaient de nombreuses années dans l’armée… Je me trompe ?

Je me souviens aussi avoir lu que le sexe génétique (XX ou XY) n’était pas toujours en accord avec le sexe physiologique (organes) ou hormonal… Anomalies, peut-être, mais bien scientifiques, celles-là…

Voici ce que dit le site Genethique sur cette théorie du genre :

La théorie du gender au lycée : un enseignement idéologique

la théorie du gender a d’abord été l’outil idéologique et subversif d’un féminisme militant : au nom de la non-discrimination entre l’homme et la femme, elle rejette le fondement biologique des sexes comme donné naturellement identifiant pour la personne et affirme que la différence entre l’homme et la femme relève exclusivement d’une construction sociale. Les genres masculins et féminins consistent en des « rôles » socio-culturels arbitraires qu’il est donc possible de déconstruire. En conséquence, aucun dynamisme naturel ne pousse l’homme et la femme l’un vers l’autre : cette inclination ne relève elle aussi que de conditionnements sociaux. Dans cette perspective, c’est l’orientation sexuelle (homosexuelle, hétérosexuelle, bisexuelle, transsexuelle) qui doit primer sur le sexe biologique, génétiquement déterminé par les chromosomes sexuels XX ou XY.

(C’est moi qui souligne : je n’irai sans doute pas lire les textes « officiels » de cette théorie, mais cela m’étonnerait qu’elle nie les différences biologiques !)

Le milieu éducatif et les parents d’élèves ont fermement dénoncé l’intrusion abusive de cette idéologie dans le programme de biologie. Regroupés au sein du collectif « L’école déboussolée », les enseignants du public ont envoyé au ministre de l’Education nationale Luc Chatel une pétition réunissant 33 000 signatures : celui-ci a refusé tout dialogue. Les Associations familiales catholiques (AFC) et l’enseignement catholique ont également protesté.

Je ne sais si L’école déboussolée est un regroupement d’enseignants : je n’ai rien vu dans ce site qui l’indique. Si le site comptabilise effectivement plus de 36 000 signatures à sa pétition, il n’affiche que 6 messages d’enseignants entre le 17 et le 27 juin, et aucun autre depuis…

Pour le philosophe Thibaud Collin, auteur d’essais sur ces questions, « la prime à l’indifférenciation sexuelle promeut en fait l’homosexualité. Ces théories sont une tête de pont pour un changement radical de société ». La dissociation de la sexualité et la procréation est alors consommée : la révolution culturelle voulue par le gender promeut les « droits » à la contraception, à l’avortement et à la procréation artificielle.

Oh ! Les vilains ! Vous vous rendez compte ? La CON-TRA-CEP-TION ! L’A-VOR-TE-MENT ! La PRO-CRE-A-TION AR-TI-FI-CIELLE ! Comment osent-ils !!!

Voir un peu plus bas la position de Christian Vanneste sur la « promotion de l’homosexualité »…

Conclusion
En Espagne, le gouvernement Zapatero a déjà rendu obligatoire les cours sur le gender, entraînant le retrait de dizaine de milliers de familles des écoles appliquant les programmes d’Etat.

Je ne ferai pas de recherches sur le bien fondé de cette conclusion… Si vous avez des lumières à ce sujet, merci de me laisser un commentaire !

Que demande L’école déboussolée dans sa pétition ?

Signez la pétition !

En conséquence, je vous prie donc, Monsieur le Ministre, de bien vouloir :

– Préciser la portée de la circulaire du 30 septembre 2010 et les programmes que vos services ont voulu définir.
– Interdire l’usage des manuels incriminés.
– Garantir que le thème du « gender » ne sera pas à la session 2012 des épreuves anticipées du bac ni aux sessions suivantes.
– Transférer au pire l’étude du « gender » dans le domaine du débat critique de l’éducation civique ou de la philosophie.

36254! signataires depuis le 15/06
RELAYONS
CONTINUONS OBSTINÉMENT !

Je ne connaissais pas Lextimes, mais voici quelques extraits de leur article :

FÉMININ/MASCULIN
Les nouveaux manuels de sciences s’ouvrent à la diversité

« Nous ne pouvons accepter que l’école devienne un lieu de propagande, où l’adolescent serait l’otage de préoccupations de groupes minoritaires en mal d’imposer une vision de la ‘normalité’ que le peuple français ne partage pas », écrit le 31 mai 2011 la présidente du parti chrétien-démocrate Christine Boutin au ministre de l’éducation nationale Luc Chatel

[…]

C’est donc bien un « détournement de l’enseignement au profit du lobby gay », tranche Christian Vanneste pour qui cette « théorie du genre sexuel » ne doit apparaître ni explicitement ni implicitement dans les manuels.

[…]

Un projet de lettre, cosigné par une cinquantaine de députés, circulerait en ce moment et devrait être remis prochainement à Luc Chatel pour dénoncer cette théorie et en exiger le retrait des manuels.

Le « lobby gay »… relayé par les Juifs et les Francs-maçons ?

J’ai lu une autre page… qui m’a laissée perplexe : je pense que, sous la violence des propos, il faut lire l’ironie… Mais celle-ci n’est pas, à mon avis, suffisamment perceptible pour que je puisse citer des extraits… A vous de vous faire une opinion, si vous le désirez :

Courrier des lecteurs
La voix de la sagesse

Bon. Revenons au sujet évoqué dans ces manuels si décriés : faut-il, ou non, aborder les questions de l’homosexualité, de la bisexualité, de la transsexualité ?

Je réponds oui, sans hésitation ! Il m’est souvent arrivé d’aborder le sujet de l’homosexualité avec des élèves, en classe complète, avec un groupe d’élèves ou un élève seul, généralement après qu’un élève avait prononcé l’insulte suprême de « pédé »… Il me semblait de mon rôle d’éclaircir avec eux ce que recouvrait cette insulte, le jugement qu’elle portait. De même qu’un jour j’ai interpellé dans un couloir un élève inconnu qui en appelait un autre « Négro ! ». Il ne s’agit pas de promouvoir tel ou tel « lobby » (!), mais de rendre les élèves conscients d’une diversité et de l’accepter.

Maintenant, que des enseignants se sentent gênés face à ces questions… c’est très dommageable ! Cela prouve une fois de plus que leur formation (quand il y en avait une…) ne les préparait pas suffisamment au dialogue avec les élèves. Et il est beaucoup de questions sur lesquelles le dialogue est primordial, et non pas le « cours », que ce soit sur les « races », l’esclavage, la colonisation, la peine de mort ou autres… Pour pouvoir « enseigner » quelque chose qui a trait à la vie des uns et des autres, il faut s’assurer qu’on est bien sur la même longueur d’ondes, et donc donner la parole aux élèves. Et répondre à leurs questions. Qu’en fin de discussion ils n’aient toujours pas compris, par exemple, que « Négro » était une insulte, n’est pas dramatique : il y a fort à parier que des fragments de cette discussion leur reviendront en mémoire la prochaine fois qu’ils lanceront cette épithète, ou même qu’ils la penseront. Nous n’avons pas à convertir qui que ce soit, mais simplement à expliciter les choses, et donner des arguments en réponse aux leurs.

Les pétitionnaires et autres protestataires exigeant la science « pure » feraient bien de retourner lire Rabelais :

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »

Des nouvelles de l’école…

lundi, juillet 4th, 2011

Les écoles sont fermées, dites-vous : c’est les vacances, et les écoliers, collégiens et lycéens (sauf quelques-uns pour ces derniers…) profitent d’un repos plus ou moins mérité…

Certes… Mais il y a des gens qui ne sont pas encore en vacances, eux, et qui nous donnent quelques sujets de réflexion…

La « mission d’information sur la formation initiale et les modalités de recrutement des enseignants” (composée de 14 députés) constituée en mars 2010 et présidée par le député du Doubs Jacques Grosperrin, vient de rendre son rapport, qui sera soumis le 6 juillet à la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale.

Je n’ai pas lu le rapport en question, me contentant des 20 propositions finales, parmi lesquelles figurent :

Cette dernière proposition, estime la commission, ne sera réalisable que dans une dizaine d’années, le temps que l’opinion accepte que les enseignants soient des travailleurs « comme les autres », donc embauchés sur CV et entretien avec l’employeur (académie ou établissement)…

C’est un incroyable retour en arrière de presque 2 siècles (loi Guizot de 1833, qui instaurait le recrutement des instituteurs sur concours)…

Je ne suis pas une fan des concours (j’ai tout de même raté 2 fois le CAPES…), mais ils ont, à mon sens, de nets avantages sur le recrutement « direct » par l’employeur : l’assurance de l’anonymat, qui permet à tout un chacun de concourir, quels que soient son milieu et ses relations (d’accord, d’accord, comme pour toutes études, certains milieux sont plus favorisés que d’autres…) et une relative « indépendance » liée au fait que l’employeur est le ministère de l’Éducation (dite Nationale) : l’enseignant ne peut donc être simplement « viré » parce qu’il déplaît, pour quelque raison que ce soit, par son directeur, principal, proviseur ou inspecteur.

L’embauche « directe » permet, a contrario, de faire jouer les relations ou les pressions ; elle permet aussi de se débarrasser facilement d’un enseignant qui n’a pas le petit doigt sur la couture du pantalon. Ce qui signifie aussi la fin de toute pratique pédagogique qui ne serait pas dans les idées du chef d’établissement.

Et, à terme, cela signifie aussi que l’enseignant ne sera plus « titulaire », mais simple « vacataire », corvéable à merci et remplaçable aisément… grâce à Pôle Emploi, par exemple…

Drôle d’école qu’on nous prévoit là…

Pour plus de détails :

* Revue de presse du jeudi 30 juin 2011

Fin des concours enseignants ?
L’actualité commande. Alors qu’on s’apprête à ranger les cartables et à sortir les sacs de plage, l’actualité éducative est encore très riche.La “mission d’information sur la formation initiale et les modalités de recrutement des enseignants” ( composée de 14 députés ) constituée en mars 2010 et présidée par le député du Doubs Jacques Grosperrin (UMP) vient de rendre son rapport ( contenant une vingtaine de propositions ) qui a été adopté par les seuls députés UMP, majoritaires dans la commission (les députés PS n’ont pas pris part au vote). Ce rapport doit être examiné le 6 juillet prochain par la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale.

[…]

« Les lauréats de la session 2010 ont été jetés dans le grand bain sans avoir appris leur métier », déplore l’élu UMP. Il faut donc, selon la commission « professionnaliser » la formation. Les universités devraient revoir l’architecture de leurs masters « Enseignement et formation » pour accorder plus de place à la pédagogique, à la didactique, aux sciences cognitives. Jacques Grosperrin propose de « spécialiser » les masters par niveau scolaire. Il y aurait ainsi des masters « école maternelle », « collège et lycée général », « enseignement professionnel »…

Ils sont marrants, ces députés : « professionnaliser » la formation ! Comme si cela ne suffisait pas de les envoyer se « former » à temps plein devant les classes ! Le ministre l’a dit : ça a très bien marché, cette année ! Pas plus d’abandons ou de congés maladie que les autres années !… (Il est vrai que, pour la manipulation des chiffres, « ils » sont forts…)

* Un député propose la suppression des concours enseignants

Au ministère non plus, on n’est pas encore en vacances : vendredi dernier, le Groupe Français d’Education Nouvelle et le Centre de Recherche et d’Action Pédagogique (qui éditent les Cahiers Pédagogiques, bien connus des enseignants) apprennent que leur subvention est réduite de moitié. Or, cette subvention leur permet de payer 4 enseignants détachés, qui se consacrent à l’étude et à la recherche en pédagogie. « La pédagogie serait-elle devenue à moitié inutile ? » interroge le communiqué.

Violence gouvernementale contre les mouvements pédagogiques

Communiqué du CRAP-Cahiers pédagogiques et du GFEN – Le ministère de l’Éducation nationale vient de nous annoncer la suppression de la moitié de la subvention permettant le paiement des enseignants détachés dont nous disposons.

[…]

Depuis des dizaines d’années, nos deux mouvements pédagogiques ont produit un travail considérable en contribuant à la réflexion sur les apprentissages, à la formation des enseignants, à la promotion d’innovations en faveur d’une meilleure école. Une part importante de ce travail repose sur l’action militante de bénévoles, des adhérents de nos associations, de tous les acteurs du monde éducatif qui nous soutiennent, mais il dépend également de quelques enseignants mis à disposition par le ministère, quatre pour nos deux associations.

[…]

L’annonce de cette décision le vendredi 2 juillet avec effet au mois de septembre ne peut que nous contraindre à une réduction brutale de nos activités.

Est-ce qu’au temps du « socle commun » la pédagogie est devenu inutile ? Il faut le croire… Car tout de même, on a du mal à penser que ces 2 postes qui vont « sauter » grevaient trop lourdement le budget…

(« Pas de nouvelles, bonnes nouvelles », dit-on… Je crains très fort que ce soit effectivement le cas quand il est question de l’Éducation – dite Nationale -, ces temps-ci…)

Vous avez dit « formation » ???

dimanche, mai 29th, 2011

Merci, une fois encore, à Lucien, qui suit beaucoup mieux l’actualité que moi (non, je ne parlerai pas ici de DSK ! – pas plus que Lucien, d’ailleurs !), et m’ouvre de nouvelles pistes de réflexion

(Photo sur le site Europe1.fr)

Ça vous intéressait ? Dommage… Le « recrutement » ne se passait que sur une journée…

A défaut de formation, allez donc faire un tour à « Pôle Emploi » (ça fait quand même plus smart que « ANPE », non ?)…

Extraits d’entretien :

Recrutement d’enseignants le 26 mai à Paris

Quel recrutement ?
Avant toute chose, le recrutement d’un enseignant passe par un concours, mais nous sommes amenés à recruter de temps en temps des contractuels pour pallier à des remplacements. Il s’agit de personnes pour le remplacement d’enseignants dans les établissements collèges, lycées généraux, technologiques et professionnels de la Ville de Paris.

Il fut un temps où existaient des « titulaires remplaçants »… Mais, évidemment, ça coûtait plus cher !

Les profils ?
Les pré-requis pour être enseignant contractuel, c’est d’abord un niveau universitaire attendu, le Master ou à défaut la Licence, ou même un niveau inférieur pour certaines disciplines professionnelles, une parfaite maîtrise de la langue française tant à l’écrit qu’à l’oral, une approche de l’animation, le fait de savoir mener un groupe de jeunes et puis une connaissance du monde de l’éducation et du monde de l’école en général.

Si je comprends bien, les « contractuels » seront mieux placés que les « stagiaires » pour affronter une classe : « une approche de l’animation, le fait de savoir mener un groupe de jeunes »… voilà des éléments que les « stagiaires » auraient aimer trouver dans leur « formation » ! (Je mets toujours « stagiaires » entre guillemets, car considérer comme « stage » la prise en responsabilité de classes, avec un emploi du temps de prof titulaire, c’est se moquer du monde ! Comme appeler « réforme de la formation » la suppression de toute formation préalable !)

Quelles perspectives ?
Pour un étudiant, cela peut être un marchepied pour ensuite passer le concours, c’est une excellente expérience professionnelle en vue de préparer ce concours.

Ben la voilà, la solution ! Une « formation » qui ne coûte pas cher !

Pour avoir été « maître auxiliaire » tout en préparant le concours… j’ai raté 2 fois ce dernier ! C’est que, mine de rien, ça prend pas mal de temps de préparer des cours, les assurer, corriger les devoirs… Pour peu que cela vous intéresse, il est difficile de trouver ensuite le temps de préparer sérieusement le concours !

Pôle Emploi recrute des profs remplaçants

Mais alors, comment s’assurer des qualités pédagogiques des candidats ? Selon Benoît Verschaeve, « toutes les garanties sont prises pour que ce soient des personnes en mesure de pouvoir travailler avec des élèves dès la rentrée ».
Un suivi sera mis en place ainsi que des inspections, rappelle en outre le DRH.
[…]
Les candidats recrutés mercredi seront rappelés en septembre. Un contrat de quelques mois ou d’une année entière leur sera proposé. Ils seront surtout sollicités pour des remplacements en urgence, parfois du jour au lendemain. De quoi remédier en partie aux absences ponctuelles, qui ne peuvent être comblés par les titulaires. Ces derniers sont en effet affectés en priorité à des postes à temps plein.

Pas un mot sur les salaires, sur les contrats… On gagne le droit de ne plus être inscrit au chômage (économies… et baisse du nombre de chômeurs !), et remplacements « au pied levé », car chacun sait qu’il n’est nul besoin de préparer quoi que ce soit avant de prendre en charge une – ou plusieurs – classe(s) !

Lisez donc le témoignage d’une de ces « candidates » !

Ma journée au grand marché aux profs de Pôle Emploi

Quiconque verrait un rapport entre ces recrutements « sauvages » et le nouveau projet de « formation des maîtres en alternance » du ministre aurait sans doute mauvais esprit…

Jeunes profs en alternance : nouvelle embrouille de Chatel

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D’abord, il y a une manipulation sémantique. Les masters en alternance prévoient en général un temps quasi-équivalent de stage et de formation. Joël Péhau, secrétaire national du SE-Unsa :

« Dans le projet de Luc Chatel, il n’y a que trois à six heures de terrain prévu par semaine, c’est l’équivalent de 20% du temps sur l’année. C’est un ersatz de master en alternance. »

D’autre part, Luc Chatel n’a pas précisé quelles seraient les conditions d’encadrement de ces contrats d’enseignement. Des étudiants en M1 et M2 (à la fac, pas encore admis aux concours) peuvent-ils prendre en charge des classes ? Joël Péhau :

« C’est comme demander à un maçon de construire une maison tout seul pour se mettre dans le bain. Ce que nous souhaitons, c’est une formation pratique accompagnée. Mais je doute que des tuteurs soient débloqués pour les étudiants en cursus universitaire. »

Luc Chatel a précisé que les étudiants en contrat seraient rémunérés entre 3 000 et 6 000 euros par an. Selon le SE-Unsa, « c’est entre 10% et 50% de moins qu’un contractuel ou un remplaçant en titre ».

A l’IUFM, la formation pratique était assurée par des stages. Des stages d’observation étaient prévus en première année (l’année de préparation aux concours). Une fois admis aux concours, les professeurs-stagiaires alternaient pendant une autre année formation théorique et stages encadrés par des tuteurs.

Luc Bentz, de l’Unsa-Education, rappelle que la conférence des directeurs d’IUFM avait déjà travaillé sur des « vraies formations en alternance » plus exigeantes. Différents modèles ont été proposés. Il regrette que l’un d’eux n’ait pas été retenu.

J’ai déjà parlé ici d’une association des maires ruraux. Ils sont inquiets,les maires !

Luc Chatel : Il faut un traitement différencié en matière de suppression de postes pour l’école-primaire

Ce que vous reprochent un certain nombre de maires, c’est de poursuivre un objectif comptable sans tenir compte des enjeux de l’aménagement du territoire…

L’aménagement du territoire, c’est important. Mais ce qui m’importe le plus, c’est la réussite des élèves, la réussite de ceux qui habitent dans ces zones rurales. Je ne suis pas sûr qu’il soit bien raisonnable, du point de vue des pratiques pédagogiques, d’avoir 12 élèves par classe.

Voilà une nouvelle qu’elle est bonne ! Le souci du ministre est la réussite des élèves ! Et il s’intéresse à la pédagogie : 12 élèves par classe, ça ne fonctionne pas ! C’est lui qui le dit, alors pensez si c’est vrai !

Pendant des années, les maires se sont battus pour conserver au moins une classe par village. Avec le recul, on s’est aperçu qu’il s’agissait d’une fausse bonne idée. Les enseignants se trouvent isolés, on ne peut pas mettre en place d’accueil périscolaire… Aujourd’hui, on privilégie les regroupements intercommunaux, sur un même lieu, souvent un bâtiment moderne, avec demi-pension et garderie.

Que proposez-vous pour éviter une fronde des maires sur les fermetures de classes ?

Je vais demander au premier ministre et au président de la République un traitement différencié pour le primaire. Il n’y aura pas de moratoire sur le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Mais, tout en réalisant le schéma d’ensemble, nous devrons veiller à fermer le moins de classes possible.

Donc, pour arriver au chiffre magique de « 1 sur 2″… il ne reste plus qu’à supprimer davantage de postes – et de classes – dans le secondaire… Ou j’ai mal compris ???

Je lisais dans le Nouvel Obs (25/05/2011) que, d’après un sondage, 72 % des Français font confiance à l’Éducation Nationale (contre 74,2 à la police, 84,8 à la gendarmerie… 55 à la justice et 42,1 à… Pôle Emploi !)… Le score risque de ne pas vraiment s’améliorer dans les années qui viennent…