Archive for the ‘Formation’ Category

Voilà pourquoi votre fille est muette…

dimanche, février 5th, 2012

Suite à l’excellent billet de Lucien sur le « burn out » des enseignants,
Épuisement professionnel des enseignants : enfin une étude !
permettez que je m’interroge un peu sur les raisons de cet épuisement ressenti par beaucoup trop de collègues : qu’est-ce qui fait qu’un enseignant « lambda » va en être atteint ?

Je me garderai bien ici de faire des comparaisons avec tel ou tel autre métier, telle ou telle autre fonction ; je me contenterai de décrire, aussi objectivement que possible, les caractéristiques de ce métier.

« Lambda », donc, débarque dans un établissement fin août ou début septembre. Avec un peu de chance, c’est un établissement « lambda », sans (trop de) problèmes particuliers. Il fait connaissance avec quelques collègues, reçoit quelques conseils ou suggestions, est initié à quelques particularités administratives ou autres. Il reçoit son emploi du temps, la liste de ses classes (oui, je parle plus facilement d’un enseignant en collège… j’en ai davantage l’expérience… mes lecteurs auront l’obligeance d’adapter pour les autres enseignants…).

Une fois qu’il sait à qui il va s’adresser, rentré chez lui, Lambda prépare ses « cours de rentrée » qui sont à la fois prise de contact, annonce du programme et de la démarche pédagogique. Ce n’est pas très facile, avec un public totalement virtuel, c’est aussi un peu angoissant : comment va-t-il être perçu des élèves ? Comment ceux-ci vont-ils le « tester » ? Quelle image veut-il donner ? Les premières prises de contact sont toujours angoissantes, même quand on est dans le même établissement depuis plusieurs années : l’alchimie d’une classe est toujours imprévisible, quelles que soient les précautions prises pour la composer. Même une classe « qui marchait bien » et qu’on a quasiment reconduite l’année suivante, peut se montrer très différente : des évolutions personnelles pendant l’été, des événements qui ont affecté tel ou telle, l’irruption d’un nouveau, la contestation de l’emploi du temps ou de la liste des professeurs…

Face à la classe, Lambda se montre sûr de lui, tente de cerner son public, répond calmement aux questions (je ne parle pas ici d’un débutant sans formation, pour qui la situation est évidemment bien pire !), expose le travail de l’année. Il essaie de retenir quelques noms, quelques réactions, repère quelques têtes « sûres » ou « à suveiller »… Puis passe à une autre classe…

A la fin de la première journée, il essaie de se faire une idée des classes vues, de la manière dont il va aborder son programme avec celle-ci ou celle-là. Il va parfois se renseigner auprès d’un collègue sur tel élève qu’il a remarqué. Et il rentre chez lui…

Les non-enseignants ont tendance à penser qu’un prof a préparé ses cours « une fois pour toutes », ou à peu près. C’est loin d’être le cas pour la grande majorité des profs ! Même si le programme n’a pas changé (et il change quasiment avec chaque nouveau ministre !), l’enseignant adapte son cours à son public : une même notion grammaticale, par exemple, vue dans deux classes de même niveau, ne sera pas forcément étudiée de la même manière. Quand il prépare son cours, l’enseignant a en tête la classe à laquelle il va s’adresser : telle notion sera trop ardue, tel exercice trop difficile (ou trop facile !), un brin d’humour sera bienvenu ici, à proscrire là… Le travail de préparation est précis et contraignant… et ne garantit malheureusement pas le succès ! Avoir passé une ou plusieurs heures à préparer un cours et faire le bilan, une fois le cours terminé, que peu d’élèves semblent avoir bien compris la notion étudiée… est non seulement vexant, mais angoissant : comment faire pour revenir sur cette notion, comment aborder à nouveau le sujet pour une meilleure réussite – et sans que les élèves aient l’impression qu’on leur rabâche la même chose ?…

C’est un métier où les constats d’échec sont fréquents : avec des élèves particuliers, bien sûr (faibles, inattentifs, contestataires…), mais aussi avec la classe, plus globalement. Et un constat d’échec oblige à une remise en question personnelle, ce qui est toujours douloureux. Avoir eu l’impression que les cours « passaient bien »… et s’apercevoir, lors d’un contrôle un peu global, que la majorité des élèves n’a rien compris… remet en cause le travail de plusieurs séances : frustrant ! Si Lambda a la chance de côtoyer un ou plusieurs collègues travaillant un peu dans le même sens, il essaiera d’en discuter avec eux. Ce n’est pas forcément possible : d’abord parce que, dans certaines matières, il est le seul de l’établissement ; ensuite, parce que les collègues de la même matière n’ont pas forcément les mêmes objectifs, les mêmes méthodes, les mêmes façons de percevoir les élèves… Si on lui répond, par exemple, « De toutes façons, ils ne fichent jamais rien ! »… Lambda n’est pas beaucoup plus avancé…

En dehors des strictes questions pédagogiques, se posent aussi des questions relationnelles, avec tel ou tel élève, avec telle ou telle classe… Un conflit avec une classe est une situation extrêmement pénible : si on ne parvient pas à le désamorcer rapidement, l’hostilité va grandir et devenir un état d’esprit… Il m’est arrivé de faire appel à un collègue ou à un principal dans certains cas… Si c’est un élève particulier qui est en conflit, après tentatives personnelles de le résoudre, mieux vaut faire appel à quelqu’un d’extérieur : collègue, parent, principal…

Ces remises en question, que tout enseignant fait de lui-même, ne sont pas les seules… Des collègues, des élèves, des parents d’élèves, des principaux, des inspecteurs… peuvent aussi contester tel ou tel aspect de l’enseignement. Il faut alors répondre, expliquer, se justifier, face à des accusations plus ou moins violentes, plus ou moins acerbes. C’est très difficile, d’autant plus si l’interlocuteur est agressif… Il m’est arrivé une fois de sortir de la salle où je recevais un parent d’élève, tant la discussion tournait à l’agression systématique… Garder son calme quand l’interlocuteur vous accuse d’incompétence est un exercice qui fait vite monter la tension !

Tout cela, c’est l’ordinaire « normal » d’un enseignant… A quoi il faut ajouter les remises en question « politiques » (les enseignants n’apprennent plus rien aux élèves, ne sont pas fichus de faire respecter la discipline, et autres critiques de ce genre émises par des personnalités diverses), reprises évidemment par les média… et donc par le public (les enseignants sont bien payés pour ne pas faire grand chose… Ils travaillent 18 heures par semaine…). A quoi il faut ajouter les réformes, la diminution drastique de la « formation continue », la disparition de la formation initiale, les exigences de plus en plus nombreuses quant aux « tâches annexes » (entre autres, de plus en plus de choses à rentrer dans les ordinateurs !), les menaces pesant sur la profession (accroissement du nombre d’élèves par classe, « assouplissement » de la carte scolaire, regroupement d’établissements, et j’en passe !)…

Il y a des enseignants qui craquent ou sont près de craquer ? Je m’étonne qu’il n’y en ait pas davantage…

Science sans conscience…

mardi, août 23rd, 2011

Si les élèves de 1ère L et ES, alertés par les débats de toutes sortes, se jettent à la rentrée sur leur manuel de Sciences de la vie et de la terre, ils risquent fort, à mon humble avis, d’être déçus…

Pourtant, la polémique fait rage, paraît-il…

L’homosexualité enseignée à l’école : une pilule qui passe mal

L’introduction, dans les manuels scolaires de la rentrée, d’un chapitre sur l’orientation sexuelle heurte plusieurs associations familiales.

Pour l’éditeur Bordas, «les textes évitent tout esprit polémique (notamment l’influence des religions) et ne font qu’aborder de façon non choquante des questions de société largement médiatisées par ailleurs». Nulle part en effet il est écrit que les élèves doivent multiplier les expériences sexuelles. Mais Familles de France redoute que ces quelques lignes n’entraînent «plus de grossesses précoces et de cas d’infections sexuellement transmissibles».

Les paragraphes sur cette question dans le manuel Bordas.

Si vous avez la curiosité, comme moi, de lire la page incriminée (une page sur plus de 200…), vous contesterez peut-être le titre de Libération : peut-on dire que l’homosexualité soit « enseignée » ici ? On en parle, certes… et alors ?

J’aimerais bien que « Familles de France » m’explique comment parler de l’homosexualité risque d’entraîner « plus de grossesses précoces »… Voir leur lettre au président de la République :

Voulez vous être responsables de plus de grossesses précoces et de cas d’infections sexuellement transmissibles ?

Les « protestataires » s’abritent derrière le fait que ces quelques paragraphes (dans cette édition ou dans une autre) s’appuieraient sur une théorie du « gender », laquelle serait philosophique et non scientifique. J’ignorais jusqu’à ce jour cette théorie qui dit, d’après ce que j’ai lu, que l’identité sexuelle résulte non seulement du sexe génétique, mais aussi de l’environnement socio-culturel. Suis-je totalement stupide ? Je ne vois rien de révolutionnaire là-dedans… Sauf erreur de ma part, l’homosexualité des Grecs anciens était en partie due au fait qu’ils passaient de nombreuses années dans l’armée… Je me trompe ?

Je me souviens aussi avoir lu que le sexe génétique (XX ou XY) n’était pas toujours en accord avec le sexe physiologique (organes) ou hormonal… Anomalies, peut-être, mais bien scientifiques, celles-là…

Voici ce que dit le site Genethique sur cette théorie du genre :

La théorie du gender au lycée : un enseignement idéologique

la théorie du gender a d’abord été l’outil idéologique et subversif d’un féminisme militant : au nom de la non-discrimination entre l’homme et la femme, elle rejette le fondement biologique des sexes comme donné naturellement identifiant pour la personne et affirme que la différence entre l’homme et la femme relève exclusivement d’une construction sociale. Les genres masculins et féminins consistent en des « rôles » socio-culturels arbitraires qu’il est donc possible de déconstruire. En conséquence, aucun dynamisme naturel ne pousse l’homme et la femme l’un vers l’autre : cette inclination ne relève elle aussi que de conditionnements sociaux. Dans cette perspective, c’est l’orientation sexuelle (homosexuelle, hétérosexuelle, bisexuelle, transsexuelle) qui doit primer sur le sexe biologique, génétiquement déterminé par les chromosomes sexuels XX ou XY.

(C’est moi qui souligne : je n’irai sans doute pas lire les textes « officiels » de cette théorie, mais cela m’étonnerait qu’elle nie les différences biologiques !)

Le milieu éducatif et les parents d’élèves ont fermement dénoncé l’intrusion abusive de cette idéologie dans le programme de biologie. Regroupés au sein du collectif « L’école déboussolée », les enseignants du public ont envoyé au ministre de l’Education nationale Luc Chatel une pétition réunissant 33 000 signatures : celui-ci a refusé tout dialogue. Les Associations familiales catholiques (AFC) et l’enseignement catholique ont également protesté.

Je ne sais si L’école déboussolée est un regroupement d’enseignants : je n’ai rien vu dans ce site qui l’indique. Si le site comptabilise effectivement plus de 36 000 signatures à sa pétition, il n’affiche que 6 messages d’enseignants entre le 17 et le 27 juin, et aucun autre depuis…

Pour le philosophe Thibaud Collin, auteur d’essais sur ces questions, « la prime à l’indifférenciation sexuelle promeut en fait l’homosexualité. Ces théories sont une tête de pont pour un changement radical de société ». La dissociation de la sexualité et la procréation est alors consommée : la révolution culturelle voulue par le gender promeut les « droits » à la contraception, à l’avortement et à la procréation artificielle.

Oh ! Les vilains ! Vous vous rendez compte ? La CON-TRA-CEP-TION ! L’A-VOR-TE-MENT ! La PRO-CRE-A-TION AR-TI-FI-CIELLE ! Comment osent-ils !!!

Voir un peu plus bas la position de Christian Vanneste sur la « promotion de l’homosexualité »…

Conclusion
En Espagne, le gouvernement Zapatero a déjà rendu obligatoire les cours sur le gender, entraînant le retrait de dizaine de milliers de familles des écoles appliquant les programmes d’Etat.

Je ne ferai pas de recherches sur le bien fondé de cette conclusion… Si vous avez des lumières à ce sujet, merci de me laisser un commentaire !

Que demande L’école déboussolée dans sa pétition ?

Signez la pétition !

En conséquence, je vous prie donc, Monsieur le Ministre, de bien vouloir :

– Préciser la portée de la circulaire du 30 septembre 2010 et les programmes que vos services ont voulu définir.
– Interdire l’usage des manuels incriminés.
– Garantir que le thème du « gender » ne sera pas à la session 2012 des épreuves anticipées du bac ni aux sessions suivantes.
– Transférer au pire l’étude du « gender » dans le domaine du débat critique de l’éducation civique ou de la philosophie.

36254! signataires depuis le 15/06
RELAYONS
CONTINUONS OBSTINÉMENT !

Je ne connaissais pas Lextimes, mais voici quelques extraits de leur article :

FÉMININ/MASCULIN
Les nouveaux manuels de sciences s’ouvrent à la diversité

« Nous ne pouvons accepter que l’école devienne un lieu de propagande, où l’adolescent serait l’otage de préoccupations de groupes minoritaires en mal d’imposer une vision de la ‘normalité’ que le peuple français ne partage pas », écrit le 31 mai 2011 la présidente du parti chrétien-démocrate Christine Boutin au ministre de l’éducation nationale Luc Chatel

[…]

C’est donc bien un « détournement de l’enseignement au profit du lobby gay », tranche Christian Vanneste pour qui cette « théorie du genre sexuel » ne doit apparaître ni explicitement ni implicitement dans les manuels.

[…]

Un projet de lettre, cosigné par une cinquantaine de députés, circulerait en ce moment et devrait être remis prochainement à Luc Chatel pour dénoncer cette théorie et en exiger le retrait des manuels.

Le « lobby gay »… relayé par les Juifs et les Francs-maçons ?

J’ai lu une autre page… qui m’a laissée perplexe : je pense que, sous la violence des propos, il faut lire l’ironie… Mais celle-ci n’est pas, à mon avis, suffisamment perceptible pour que je puisse citer des extraits… A vous de vous faire une opinion, si vous le désirez :

Courrier des lecteurs
La voix de la sagesse

Bon. Revenons au sujet évoqué dans ces manuels si décriés : faut-il, ou non, aborder les questions de l’homosexualité, de la bisexualité, de la transsexualité ?

Je réponds oui, sans hésitation ! Il m’est souvent arrivé d’aborder le sujet de l’homosexualité avec des élèves, en classe complète, avec un groupe d’élèves ou un élève seul, généralement après qu’un élève avait prononcé l’insulte suprême de « pédé »… Il me semblait de mon rôle d’éclaircir avec eux ce que recouvrait cette insulte, le jugement qu’elle portait. De même qu’un jour j’ai interpellé dans un couloir un élève inconnu qui en appelait un autre « Négro ! ». Il ne s’agit pas de promouvoir tel ou tel « lobby » (!), mais de rendre les élèves conscients d’une diversité et de l’accepter.

Maintenant, que des enseignants se sentent gênés face à ces questions… c’est très dommageable ! Cela prouve une fois de plus que leur formation (quand il y en avait une…) ne les préparait pas suffisamment au dialogue avec les élèves. Et il est beaucoup de questions sur lesquelles le dialogue est primordial, et non pas le « cours », que ce soit sur les « races », l’esclavage, la colonisation, la peine de mort ou autres… Pour pouvoir « enseigner » quelque chose qui a trait à la vie des uns et des autres, il faut s’assurer qu’on est bien sur la même longueur d’ondes, et donc donner la parole aux élèves. Et répondre à leurs questions. Qu’en fin de discussion ils n’aient toujours pas compris, par exemple, que « Négro » était une insulte, n’est pas dramatique : il y a fort à parier que des fragments de cette discussion leur reviendront en mémoire la prochaine fois qu’ils lanceront cette épithète, ou même qu’ils la penseront. Nous n’avons pas à convertir qui que ce soit, mais simplement à expliciter les choses, et donner des arguments en réponse aux leurs.

Les pétitionnaires et autres protestataires exigeant la science « pure » feraient bien de retourner lire Rabelais :

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »

Sus aux Vandales !

samedi, août 20th, 2011

De retour de mes petites vacances lorraines, j’apprends – via le Nouvel Obs – que Jack Lang vient de sortir un livre : Pourquoi ce vandalisme d’État contre l’École ? Lettre au président de la République.

Je n’ai aucun souvenir de Jack Lang du temps où il était « notre » ministre… ce qui serait plutôt bon signe, vu que j’ai de mauvais souvenirs du passage de Ségolène et du chasseur de mammouths…

Ce qui m’amuse un peu, c’est que j’ai vu avant-hier dans une station d’autoroute Qui a eu cette idée folle un jour de casser l’école ? de Fanny Capel. Sorti en 2004, lui. Je ne l’ai pas lu, et ne lirai sans doute pas davantage le livre de Jack Lang, me contentant des « morceaux choisis » par le Nouvel Obs…

Celui-ci, par exemple, qui m’a fait sourire :

[Vos ministres] ont commencé par dire qu’on avait plus de professeurs que cinq ans auparavant, puis dix ans, puis vingt ans, et qu’il ne fallait pas venir se plaindre. Cet argument a un grand avenir derrière lui, si j’ose dire, car il est fort probable que le nombre actuel d’enseignants reste pour longtemps nettement supérieur à celui du paléolithique.

Quelques chevaux de bataille cités dans l’article : les suppressions de postes (- 160 000 depuis 2002, soit environ 15% de l’ensemble des personnels), la « réforme de la formation » (rappel des « formations privées » qui fleurissent et ont un certain succès auprès des élèves-maîtres), la réforme des programmes en primaire bâclée par Darcos, le livret de compétences :

On réduit ainsi la scolarité à un sinistre petit tas de compétences parcellisées à l’extrême, qui vont de « formuler un propos simple » à « comprendre quelques questions liées au développement durable et agir en conséquence », en passant par des centaines d’autres exigences éclatées et désordonnées où nul ne peut plus reconnaître les fondements du savoir et de la culture. Dire bonjour à la dame et trier ses poubelles, est-ce votre seule ambition pour la jeunesse ?

Sans oublier le nombre croissant d’élèves par classe (« Comment les professeurs de l’école maternelle, dont l’apport est décisif, tout particulièrement pour les enfants des familles défavorisées, peuvent-ils enseigner la langue orale dans une classe de trente ? Combien de minutes reste-t-il à un élève, dans de telles conditions, pour s’exprimer ? »), la suppression de la carte scolaire, qui revient à ghettoïser les enfants de milieux moins favorisés…

Bref, vous croyez au mérite naturel ou hérité, mais vous ne croyez pas aux vertus de l’école.

Ou, en tous cas, pas à celles de l’école publique…

En (très) bref…

mercredi, juillet 13th, 2011

Suite au petit problème d’arithmétique que je vous avais posé, voici ce que je lis dans le Nouvel Obs (7/7/2011) :

Le ministre de l’Intérieur ne sait pas compter ou tient des propos malveillants. Contredit à plusieurs reprises par François Bayrou et « Libération », il continuait d’assurer que « les deux tiers des enfants qui sortent de l’école sans qualifications sont des enfants de familles immigrées ». L’insee a fini par le corriger officiellement : « La proportion d’enfants d’immigrés parmi les élèves sortant sans qualification de l’enseignement secondaire peut être estimée à environ 16% ».

Gageons que notre mauvais élève va trouver comment deux tiers équivalent à 16%…

Et, suite à mon billet Des nouvelles de l’école… où il était question d’une commission recommandant la suppression des concours de recrutement des enseignants, voici quelques extraits d’un article du Monde (d’accord, j’aurais pu m’en inquiéter plus tôt… mais vieux motard que jamais, non ?) :

Le rapport proposant la suppression des concours enseignants rejeté

La commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale a voté, mercredi 6 juillet, contre la publication du rapport d’information sur la formation initiale et le recrutement des enseignants.
[…]
Le rapport a recueilli 11 voix pour, 15 contre et deux abstentions. « Des députés de la majorité ont voté contre », rapporte Frédéric Reiss, député UMP du Bas-Rhin. Principale raison de ce rejet : la proposition n° 20 de supprimer les concours enseignants.
[…]
Je suis député depuis 1988 et n’ai jamais vu la publication d’un rapport d’information être rejetée en commission, a réagi le député PS du Nord Yves Durand.

Notre Bien-Aimé Ministre juge que la suppression des concours n’est pas d’actualité… mais pourrait l’être d’ici 15 ans… Wait and see…

Des nouvelles de l’école…

lundi, juillet 4th, 2011

Les écoles sont fermées, dites-vous : c’est les vacances, et les écoliers, collégiens et lycéens (sauf quelques-uns pour ces derniers…) profitent d’un repos plus ou moins mérité…

Certes… Mais il y a des gens qui ne sont pas encore en vacances, eux, et qui nous donnent quelques sujets de réflexion…

La « mission d’information sur la formation initiale et les modalités de recrutement des enseignants” (composée de 14 députés) constituée en mars 2010 et présidée par le député du Doubs Jacques Grosperrin, vient de rendre son rapport, qui sera soumis le 6 juillet à la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale.

Je n’ai pas lu le rapport en question, me contentant des 20 propositions finales, parmi lesquelles figurent :

Cette dernière proposition, estime la commission, ne sera réalisable que dans une dizaine d’années, le temps que l’opinion accepte que les enseignants soient des travailleurs « comme les autres », donc embauchés sur CV et entretien avec l’employeur (académie ou établissement)…

C’est un incroyable retour en arrière de presque 2 siècles (loi Guizot de 1833, qui instaurait le recrutement des instituteurs sur concours)…

Je ne suis pas une fan des concours (j’ai tout de même raté 2 fois le CAPES…), mais ils ont, à mon sens, de nets avantages sur le recrutement « direct » par l’employeur : l’assurance de l’anonymat, qui permet à tout un chacun de concourir, quels que soient son milieu et ses relations (d’accord, d’accord, comme pour toutes études, certains milieux sont plus favorisés que d’autres…) et une relative « indépendance » liée au fait que l’employeur est le ministère de l’Éducation (dite Nationale) : l’enseignant ne peut donc être simplement « viré » parce qu’il déplaît, pour quelque raison que ce soit, par son directeur, principal, proviseur ou inspecteur.

L’embauche « directe » permet, a contrario, de faire jouer les relations ou les pressions ; elle permet aussi de se débarrasser facilement d’un enseignant qui n’a pas le petit doigt sur la couture du pantalon. Ce qui signifie aussi la fin de toute pratique pédagogique qui ne serait pas dans les idées du chef d’établissement.

Et, à terme, cela signifie aussi que l’enseignant ne sera plus « titulaire », mais simple « vacataire », corvéable à merci et remplaçable aisément… grâce à Pôle Emploi, par exemple…

Drôle d’école qu’on nous prévoit là…

Pour plus de détails :

* Revue de presse du jeudi 30 juin 2011

Fin des concours enseignants ?
L’actualité commande. Alors qu’on s’apprête à ranger les cartables et à sortir les sacs de plage, l’actualité éducative est encore très riche.La “mission d’information sur la formation initiale et les modalités de recrutement des enseignants” ( composée de 14 députés ) constituée en mars 2010 et présidée par le député du Doubs Jacques Grosperrin (UMP) vient de rendre son rapport ( contenant une vingtaine de propositions ) qui a été adopté par les seuls députés UMP, majoritaires dans la commission (les députés PS n’ont pas pris part au vote). Ce rapport doit être examiné le 6 juillet prochain par la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale.

[…]

« Les lauréats de la session 2010 ont été jetés dans le grand bain sans avoir appris leur métier », déplore l’élu UMP. Il faut donc, selon la commission « professionnaliser » la formation. Les universités devraient revoir l’architecture de leurs masters « Enseignement et formation » pour accorder plus de place à la pédagogique, à la didactique, aux sciences cognitives. Jacques Grosperrin propose de « spécialiser » les masters par niveau scolaire. Il y aurait ainsi des masters « école maternelle », « collège et lycée général », « enseignement professionnel »…

Ils sont marrants, ces députés : « professionnaliser » la formation ! Comme si cela ne suffisait pas de les envoyer se « former » à temps plein devant les classes ! Le ministre l’a dit : ça a très bien marché, cette année ! Pas plus d’abandons ou de congés maladie que les autres années !… (Il est vrai que, pour la manipulation des chiffres, « ils » sont forts…)

* Un député propose la suppression des concours enseignants

Au ministère non plus, on n’est pas encore en vacances : vendredi dernier, le Groupe Français d’Education Nouvelle et le Centre de Recherche et d’Action Pédagogique (qui éditent les Cahiers Pédagogiques, bien connus des enseignants) apprennent que leur subvention est réduite de moitié. Or, cette subvention leur permet de payer 4 enseignants détachés, qui se consacrent à l’étude et à la recherche en pédagogie. « La pédagogie serait-elle devenue à moitié inutile ? » interroge le communiqué.

Violence gouvernementale contre les mouvements pédagogiques

Communiqué du CRAP-Cahiers pédagogiques et du GFEN – Le ministère de l’Éducation nationale vient de nous annoncer la suppression de la moitié de la subvention permettant le paiement des enseignants détachés dont nous disposons.

[…]

Depuis des dizaines d’années, nos deux mouvements pédagogiques ont produit un travail considérable en contribuant à la réflexion sur les apprentissages, à la formation des enseignants, à la promotion d’innovations en faveur d’une meilleure école. Une part importante de ce travail repose sur l’action militante de bénévoles, des adhérents de nos associations, de tous les acteurs du monde éducatif qui nous soutiennent, mais il dépend également de quelques enseignants mis à disposition par le ministère, quatre pour nos deux associations.

[…]

L’annonce de cette décision le vendredi 2 juillet avec effet au mois de septembre ne peut que nous contraindre à une réduction brutale de nos activités.

Est-ce qu’au temps du « socle commun » la pédagogie est devenu inutile ? Il faut le croire… Car tout de même, on a du mal à penser que ces 2 postes qui vont « sauter » grevaient trop lourdement le budget…

(« Pas de nouvelles, bonnes nouvelles », dit-on… Je crains très fort que ce soit effectivement le cas quand il est question de l’Éducation – dite Nationale -, ces temps-ci…)

Vous avez dit « formation » ???

dimanche, mai 29th, 2011

Merci, une fois encore, à Lucien, qui suit beaucoup mieux l’actualité que moi (non, je ne parlerai pas ici de DSK ! – pas plus que Lucien, d’ailleurs !), et m’ouvre de nouvelles pistes de réflexion

(Photo sur le site Europe1.fr)

Ça vous intéressait ? Dommage… Le « recrutement » ne se passait que sur une journée…

A défaut de formation, allez donc faire un tour à « Pôle Emploi » (ça fait quand même plus smart que « ANPE », non ?)…

Extraits d’entretien :

Recrutement d’enseignants le 26 mai à Paris

Quel recrutement ?
Avant toute chose, le recrutement d’un enseignant passe par un concours, mais nous sommes amenés à recruter de temps en temps des contractuels pour pallier à des remplacements. Il s’agit de personnes pour le remplacement d’enseignants dans les établissements collèges, lycées généraux, technologiques et professionnels de la Ville de Paris.

Il fut un temps où existaient des « titulaires remplaçants »… Mais, évidemment, ça coûtait plus cher !

Les profils ?
Les pré-requis pour être enseignant contractuel, c’est d’abord un niveau universitaire attendu, le Master ou à défaut la Licence, ou même un niveau inférieur pour certaines disciplines professionnelles, une parfaite maîtrise de la langue française tant à l’écrit qu’à l’oral, une approche de l’animation, le fait de savoir mener un groupe de jeunes et puis une connaissance du monde de l’éducation et du monde de l’école en général.

Si je comprends bien, les « contractuels » seront mieux placés que les « stagiaires » pour affronter une classe : « une approche de l’animation, le fait de savoir mener un groupe de jeunes »… voilà des éléments que les « stagiaires » auraient aimer trouver dans leur « formation » ! (Je mets toujours « stagiaires » entre guillemets, car considérer comme « stage » la prise en responsabilité de classes, avec un emploi du temps de prof titulaire, c’est se moquer du monde ! Comme appeler « réforme de la formation » la suppression de toute formation préalable !)

Quelles perspectives ?
Pour un étudiant, cela peut être un marchepied pour ensuite passer le concours, c’est une excellente expérience professionnelle en vue de préparer ce concours.

Ben la voilà, la solution ! Une « formation » qui ne coûte pas cher !

Pour avoir été « maître auxiliaire » tout en préparant le concours… j’ai raté 2 fois ce dernier ! C’est que, mine de rien, ça prend pas mal de temps de préparer des cours, les assurer, corriger les devoirs… Pour peu que cela vous intéresse, il est difficile de trouver ensuite le temps de préparer sérieusement le concours !

Pôle Emploi recrute des profs remplaçants

Mais alors, comment s’assurer des qualités pédagogiques des candidats ? Selon Benoît Verschaeve, « toutes les garanties sont prises pour que ce soient des personnes en mesure de pouvoir travailler avec des élèves dès la rentrée ».
Un suivi sera mis en place ainsi que des inspections, rappelle en outre le DRH.
[…]
Les candidats recrutés mercredi seront rappelés en septembre. Un contrat de quelques mois ou d’une année entière leur sera proposé. Ils seront surtout sollicités pour des remplacements en urgence, parfois du jour au lendemain. De quoi remédier en partie aux absences ponctuelles, qui ne peuvent être comblés par les titulaires. Ces derniers sont en effet affectés en priorité à des postes à temps plein.

Pas un mot sur les salaires, sur les contrats… On gagne le droit de ne plus être inscrit au chômage (économies… et baisse du nombre de chômeurs !), et remplacements « au pied levé », car chacun sait qu’il n’est nul besoin de préparer quoi que ce soit avant de prendre en charge une – ou plusieurs – classe(s) !

Lisez donc le témoignage d’une de ces « candidates » !

Ma journée au grand marché aux profs de Pôle Emploi

Quiconque verrait un rapport entre ces recrutements « sauvages » et le nouveau projet de « formation des maîtres en alternance » du ministre aurait sans doute mauvais esprit…

Jeunes profs en alternance : nouvelle embrouille de Chatel

[…]

D’abord, il y a une manipulation sémantique. Les masters en alternance prévoient en général un temps quasi-équivalent de stage et de formation. Joël Péhau, secrétaire national du SE-Unsa :

« Dans le projet de Luc Chatel, il n’y a que trois à six heures de terrain prévu par semaine, c’est l’équivalent de 20% du temps sur l’année. C’est un ersatz de master en alternance. »

D’autre part, Luc Chatel n’a pas précisé quelles seraient les conditions d’encadrement de ces contrats d’enseignement. Des étudiants en M1 et M2 (à la fac, pas encore admis aux concours) peuvent-ils prendre en charge des classes ? Joël Péhau :

« C’est comme demander à un maçon de construire une maison tout seul pour se mettre dans le bain. Ce que nous souhaitons, c’est une formation pratique accompagnée. Mais je doute que des tuteurs soient débloqués pour les étudiants en cursus universitaire. »

Luc Chatel a précisé que les étudiants en contrat seraient rémunérés entre 3 000 et 6 000 euros par an. Selon le SE-Unsa, « c’est entre 10% et 50% de moins qu’un contractuel ou un remplaçant en titre ».

A l’IUFM, la formation pratique était assurée par des stages. Des stages d’observation étaient prévus en première année (l’année de préparation aux concours). Une fois admis aux concours, les professeurs-stagiaires alternaient pendant une autre année formation théorique et stages encadrés par des tuteurs.

Luc Bentz, de l’Unsa-Education, rappelle que la conférence des directeurs d’IUFM avait déjà travaillé sur des « vraies formations en alternance » plus exigeantes. Différents modèles ont été proposés. Il regrette que l’un d’eux n’ait pas été retenu.

J’ai déjà parlé ici d’une association des maires ruraux. Ils sont inquiets,les maires !

Luc Chatel : Il faut un traitement différencié en matière de suppression de postes pour l’école-primaire

Ce que vous reprochent un certain nombre de maires, c’est de poursuivre un objectif comptable sans tenir compte des enjeux de l’aménagement du territoire…

L’aménagement du territoire, c’est important. Mais ce qui m’importe le plus, c’est la réussite des élèves, la réussite de ceux qui habitent dans ces zones rurales. Je ne suis pas sûr qu’il soit bien raisonnable, du point de vue des pratiques pédagogiques, d’avoir 12 élèves par classe.

Voilà une nouvelle qu’elle est bonne ! Le souci du ministre est la réussite des élèves ! Et il s’intéresse à la pédagogie : 12 élèves par classe, ça ne fonctionne pas ! C’est lui qui le dit, alors pensez si c’est vrai !

Pendant des années, les maires se sont battus pour conserver au moins une classe par village. Avec le recul, on s’est aperçu qu’il s’agissait d’une fausse bonne idée. Les enseignants se trouvent isolés, on ne peut pas mettre en place d’accueil périscolaire… Aujourd’hui, on privilégie les regroupements intercommunaux, sur un même lieu, souvent un bâtiment moderne, avec demi-pension et garderie.

Que proposez-vous pour éviter une fronde des maires sur les fermetures de classes ?

Je vais demander au premier ministre et au président de la République un traitement différencié pour le primaire. Il n’y aura pas de moratoire sur le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Mais, tout en réalisant le schéma d’ensemble, nous devrons veiller à fermer le moins de classes possible.

Donc, pour arriver au chiffre magique de « 1 sur 2″… il ne reste plus qu’à supprimer davantage de postes – et de classes – dans le secondaire… Ou j’ai mal compris ???

Je lisais dans le Nouvel Obs (25/05/2011) que, d’après un sondage, 72 % des Français font confiance à l’Éducation Nationale (contre 74,2 à la police, 84,8 à la gendarmerie… 55 à la justice et 42,1 à… Pôle Emploi !)… Le score risque de ne pas vraiment s’améliorer dans les années qui viennent…

Du plagiat…

mercredi, mai 4th, 2011

Un article du Nouvel Obs m’a envoyé faire un tour sur des sites consacrés au plagiat… Plus précisément, ces sites s’intéressent surtout au plagiat pratiqué par les étudiants (et parfois les professeurs ou les chercheurs…) qui pillent plus ou moins sans complexe des travaux précédents…

L’histoire d’un professeur de faculté ayant ainsi « exploité » le travail d’un étudiant m’a rappelé ma 1ère année de Fac (cela remonte un peu…). Je ne sais plus quel était l’intitulé de ce TD, dont le professeur nous avait fait acheter son livre sur la langue française… En fait, il y a eu très peu de cours (moins de 10, je dirais…), et notre inquiétude était grande, vu que nous avions en fin d’année un examen sur ce TD… et que nous ignorions totalement en quoi consistait cet examen. Une des dernières séances (elles se sont arrêtées avant la fin décembre…), le professeur nous a distribué des travaux, à faire par groupes : nous avons été trois à choisir « l’enseignement du Français dans les revues pédagogiques », je n’ai plus aucune idée des intitulés des autres travaux.

Comme, chaque semaine, nous nous retrouvions devant la salle veuve du prof (jamais de message annonçant son absence, nous ne pouvions que la constater en venant au « cours »), nous avons eu le loisir de faire sérieusement notre travail, d’autant que, formée comme enseignante, j’avais déjà un certain nombre de ces revues. Au final, notre dossier faisait une centaine de pages… dont un certain nombre de feuilles desdites revues, je vous rassure ! Dossier sans doute manuscrit, pas de souvenirs à ce sujet.

Le prof absent ne nous dispensait pas de rendre nos travaux à la date indiquée, au bureau… Je crois me rappeler qu’il a tout de même fait une apparition en janvier ou février, et qu’il a tenté de nous rassurer sur l’examen final… sans nous dire davantage en quoi il consistait…

Quand nous l’avons revu pour la dernière fois, juste avant les vacances de Pâques, la colère grondait dans le TD, et je faisais partie des plus inquiets, donc de ceux qui protestaient le plus : une année sans cours quasiment, pas de programme clair, pas d’indications sur le partiel… Il nous a fait taire en nous donnant les notes de nos dossiers… et moi particulièrement, puisque nous avons eu 18 ou 19… Il n’y avait d’ailleurs pas, je crois, de mauvaises notes, mais ayant eu une des meilleures, je n’ai pu continuer mes protestations… Sauf quand, sur une demande, il a dit qu’il ne rendait pas les dossiers…

Toute neuve à la Fac, j’ignorais que des devoirs pouvaient n’être pas rendus à leurs auteurs… De plus expérimentés m’ont expliqué ensuite que des profs utilisaient parfois ces travaux pour leurs propres livres… Ils en plaisantaient, même s’ils ressentaient une certaine injustice…

J’ignore totalement si le prof en question a utilisé l’un ou l’autre de nos travaux : loin de moi l’idée de l’accuser de plagiat !

D’ailleurs, je ne me sens pas particulièrement innocente en ce domaine : dans les cours que j’ai pu distribuer à mes élèves, il y avait des exercices que je n’avais pas tous créés… et je n’indiquais pas forcément les sources…

Mais, tout de même… je n’aurais sûrement pas présenté à un jury un travail dont je n’étais pas l’auteur…

Il s’agit ici d’enseignants en Université qui ont plagié… leur thèse de doctorat !


Le plagiaire d’Amiens et « l’acharnement »
— par B. Eizykman et M.-D. Porcheron

Posté par Jean-Noël Darde

Les deux enseignants de Lille-Cambrai et d’Amiens qui ont eu les honneurs d’un article récent de Mediapart pour avoir plagié leur thèse de doctorat et avoir été maintenus à leur poste, utilisent tous les deux la même défense : ils sont victimes d’actes injustifiés de « harcèlement » ou « d’acharnement ». […]

L’annulation de la thèse n’est pas une sanction, c’est simplement la restitution d’un larcin, comparable à la récupération d’une somme volée par un caissier de banque indélicat. Quant à l’interdiction de s’inscrire pendant deux ans, elle ne correspond à rien d’autre qu’à l’empêchement pour l’enseignant plagiaire d’obtenir une promotion pendant cinq ans : deux ans d’interdiction auxquels s’ajoutent trois ans de préparation d’une nouvelle thèse permettant d’obtenir éventuellement le grade de maître de conférences. Or, quand un étudiant qui a passé sa thèse est convaincu de plagiat, fraude la plus lourde et destructrice qui puisse survenir à l’université puisque le doctorat en est le diplôme ultime, il se voit généralement infliger une interdiction à vie, comme le confirme une décision récente du CNESER à propos d’une thèse plagiée à Toulouse-II : circonstances aggravantes pour les étudiants (voir note 3), circonstances atténuantes pour les enseignants ! Le renversement de cette situation serait plus juste. […]

Privation de promotion pendant cinq ans : le verdict rendu à l’encontre d’un acte qui bafoue toutes les valeurs de l’Université (qualité et originalité de la recherche, probité et rigueur intellectuelles), qui en menace les fondements mêmes, mérite d’être comparé avec ceux de la justice ordinaire.
Une caissière d’un grand magasin qui dérobe une bricole coûtant 1 euro va se faire renvoyer par son employeur, on a pu le déplorer à plusieurs reprises ces dernières années. Le caissier de banque indélicat ne risque pas de retrouver son emploi derrière la même caisse une fois l’argent restitué. Le trader qui s’affranchit des procédures de contrôle et fait perdre beaucoup d’argent à sa banque sera évidemment remercié. Par contre, le plagiaire est maintenu à son poste, apparemment protégé en tant qu’enseignant par l’esprit de corps suicidaire qui règne encore au sein de l’Université et que dénoncent à juste titre les étudiants (comme dans ce courrier adressé à Michelle Bergadaa). […]

Surtout, quel que soit son statut, le rôle d’un enseignant est de transmettre aux étudiants – pas à des clients – des connaissances, des méthodes de travail et les valeurs qui fondent l’Université. Contrairement au trader qui adhère aux objectifs cupides du système financier, le plagiaire a porté atteinte aux valeurs qui gouvernent le milieu universitaire : comment pourrait-on dès lors se montrer intransigeants vis-à-vis des étudiants en continuant de protéger les enseignants qui violent les valeurs qu’ils sont censés faire respecter ?

3) À l’Université Pierre Mendès-France (Grenoble 2), on a relevé (1999) une « exclusion de tout établissement public d’enseignement supérieur pour une durée de 3 ans pour tentative de fraude lors d’une épreuve écrite d’examen du DEUG » .

Sur le même site, une autre histoire (il y en a un certain nombre… allez donc y faire un tour !) :

UBU, VICE-ROI DU CNU

On se souvient du cas du vice-président du CNU de Sociologie, le professeur Ali Aït Abdelmaleck de l’Université Rennes 2, pris en flagrant délit de plagiat (cf. Plagiat, silence et excellence).

La découverte des premiers plagiats d’A. A. A., d’abord évoqués sur le blog de Pierre Dubois (2 décembre 2010), a été suivie quelques semaines plus tard du repérage de nouveaux plagiats dans d’autres travaux du même auteur. Le 16 janvier 2011, Michelle Bergadaa mettait en ligne les résultats d’une étude sur ce cas.

Cette situation a conduit l’Association des sociologues enseignants du supérieur (ASES) et l’Association française de sociologie (AFS) à co-signer, le 24 janvier 2011, un communiqué demandant la démission d’A. Aït Abdelmaleck du CNU.

Cependant, à l’occasion de la session du CNU de sociologie-démographie qui s’est tenue du 7 au 11 février 2011, une majorité des participants ont fait valoir leur soutien au vice-président plagiaire. C’est donc avec l’appui de ses pairs qu’un professeur plagiaire a pu être chargé d’évaluer la qualité scientifique d’une part des 610 dossiers (529 candidatures de maître de conférence et 81 de professeur) présentés à cette session.

On comparera cette attitude avec les réactions rapides de l’Université de Bayreuth et des universitaires allemands [pétition à la Chancelière Angela Markel signée par plus de 60.000 universitaires (*)] qui ont imposé la démission du Ministre de la défense à la suite de la découverte des plagiats dans la thèse de « Herr Doktor » Karl-Theodor zu Guttenberg (**).

(**) Notons que le même jour de la démission du Ministre de la défense allemand pour plagiat, Gérard Longuet qui s’est revendiqué plagiaire [cf. cet article du Nouvel Observateur (2004) et cet autre de Libération (2002)] devenait Ministre de la défense dans le nouveau gouvernement Sarkozy.

Sur le site Le plagiat, il y a aussi des exemples intéressants… Celui-ci, par exemple :


16 décembre 2010 : Séraphine, aussi…

Séraphine de Senlis, peintre au destin tragique (1864 -1942), a fait l’objet en 2008 d’un film brillant d’originalité et récompensé de sept prix en 2009 lors de l’Académie des Césars.

Le César du meilleur scénario original est pourtant très contestable puisqu’Alain Vircondelet, auteur d’une biographie de Séraphine, publiée aux Editions Albin Michel en 1986, a obtenu la condamnation pour contrefaçon de l’auteur du scénario et de la Société de TS Productions. Le 26 novembre 2010, le tribunal de grande instance de Paris a condamné le scénariste et la société de production à payer, d’une part, à l’auteur de la biographie 25 000 € en réparation de l’atteinte portée au droit moral (le nom de Vircondelet n’apparaît nulle part dans le générique du film) et, d’autre part, à l’éditeur la même somme en réparation de l’atteinte aux droits patrimoniaux (les droits du livre n’ont pas été rachetés pour la réalisation du film).

Plusieurs cas de plaintes et procès pour plagiat de livres sont évoqués aussi. Il est précisé l’issue des procès, si elle est connue. On y retrouve quelques noms évoqués dans la presse, au fil des ans…

Un autre site, suisse celui-là (le premier peut-être dans l’ordre chronologique), qui a une page d’humour où sont cités quelques courriels :

Bonjour

Je viens de tomber sur votre page avec des sites aidant les étudiants à la fraude. Je peut contribuer a votre travail avec un site qui, j’ai cru, pourra m’aider (je travaille et j’avais pas le temps a ecrire quoi que ce soit).

Mais en resultat j’ai eu un « C » et je pas pu obtenir le retour de mon argent!! Leur site est www.superiorpapers.com.

Merci,
B.
Boston University (USA)

Je suis allée voir ce site (en anglais) : selon l’urgence (de 10 jours à… 3 heures !) et le niveau de qualité (3 niveaux) du travail que vous leur confiez, il vous en coûtera de 20 à 58 $ la page…

Et voilà la « mission » qu’explique le site :

Isn’t it better to focus on the other important things in your life than spend it on paper writing? Our experienced essay writers know that student’s life is difficult and they are ready to help you complete your custom papers. Save your valuable time for the things that are more important to you with our custom essay writing services. We can solve your writing issues today with a custom written essay, term paper, research paper, homework help and more!

Bien sûr qu’elle est difficile, la vie d’étudiant, et qu’on a des tas de choses plus importantes à faire que d’écrire des devoirs, dossiers, thèses et autres… Pas bête, cette idée…

Autre échange de courriels (il y a 4 courriels, voici le 3ème) :

Acte 3 :
De ; xxx, collègien
A : yyy, professeur

Merci de la promptitude de votre réponse Mme yyy,

Pour être honnête avec vous, ce n’est pas mon professeur qui me pose pb.. Celui-ci m’a dit que je pouvais changer le nom de la société et faire un « truc » qui grosso modo serait la même chose mais améliorée…

(Il est bo le prof hein…lol)

En revanche le souci vient du fait que ce cas doit être présenté devant l’institut qui apparament répertorie ce genre de cas… Alors oui, je suis dans la panade d’après ce que vous venez de me dire et je ne vous remercie pas! (lol)

Toutefois, si vous aviez une autre étude, vous me sauveriez et je vous en serais très très reconnaissant car je vous avoue que là, je suis un peu abattu car je ne sais plus trop quoi faire à présent..

Très sincèrement Mme yyy
xxx

Est cité un article du Monde :

Un logiciel contre le plagiat scientifique
LE MONDE | 24.01.08 | 14h34 • Mis à jour le 24.01.08 | 14h34

Pour mesurer la fréquence de ces indélicatesses, deux chercheurs du Southwestern Medical Center de l’université du Texas, Mounir Errami et Harold Garner, ont ausculté une base documentaire médicale américaine – Medline – où sont indexés, avec des résumés, 17 millions d’articles publiés dans plus de 5 000 revues de quelque 80 pays. […]

En se focalisant sur les 7 millions d’articles les plus cités, ils ont repéré un peu plus de 70 000 cas de « haute ressemblance ». Ce qui, compte tenu des limites du logiciel, leur fait estimer le nombre de plagiats à plus de 200 000, sur les 17 millions d’articles référencés. Pas loin de 3 % !

Mais… ce n’est sans doute pas si grave… Une lettre ouverte d’un plagié (il y en a plusieurs…), retrouvant dans une revue étrangère sa conférence et son article, a bien sûr informé la revue où il avait publié… Et voici ce que le Secrétaire Général administratif de ladite revue lui répond :

« Pour des raisons que vous comprendrez aisément, nous estimons qu’il vaut mieux ne pas jeter d’huile sur le feu, surtout lorsqu’il a pour lieu des régions où il se propage aisément…C’est après tout un honneur que d’être pillé. Cela montre et l’intérêt du texte ainsi mis à contribution, et celui que présente la Revue dont il est l’hôte. »

De l’honneur d’être plagié…

Un si beau métier…

mardi, janvier 25th, 2011

C’est curieux, mais il semble y avoir comme une désaffection des étudiants pour notre si beau métier…

Bon, d’accord, le nombre de postes aux concours du second degré est passé de 17 200 en 2003 à 8 600 aujourd’hui.

Mais… les inscriptions, elles, ont baissé de 25% cette année… Il y aurait 1 300 inscrits au CAPES de Maths pour 950 postes… Presque sûrs de l’avoir, dis donc ! (Quand je pense que je n’ai eu la chance d’être dans le « peloton de tête » qu’au 3ème essai…)

Bon, d’accord, la réforme de la « formation » des profs a pu avoir un effet dissuasif… surtout si les étudiants connaissent tel ou telle « stagiaire » qui patauge dans la choucroute depuis septembre…

Bon, d’accord, les 4 800 postes à supprimer dans le second degré, en regard des 48 500 élèves de plus à la prochaine rentrée doivent rendre perplexe plus d’un étudiant : 10 élèves de plus = 1 prof de moins… Drôle d’équation !

Bon, d’accord, les déréglementations mises en oeuvre dans certains collèges, où le principal recrute directement les profs, peuvent faire lever plus d’un sourcil.

Bon, d’accord, la suppression de 155 Conseillers Principaux d’Education peut faire frissonner quelques peureux, qui se voient déjà submergés par des élèves goguenards presque assurés de l’impunité. (Et l’éventuel ajout de policiers dans le collège où ils seront nommés ne les rassure pas forcément…)

Mais… c’est un si beau métier, que d’enseigner… Aider des enfants, des ados, des jeunes, à acquérir la maîtrise d’un savoir, d’une réflexion, d’une autonomie…

* * *

Allons ! Tout n’est pas si dramatique ! Les 4 000 000 d’euros attribués en plus à l’enseignement privé peuvent permettre la création de 250 postes…

TOUT VA BIEN !

dimanche, décembre 5th, 2010

Ouf ! Nous voilà rassurés ! Surtout que c’est le Ministre de l’Éducation (Nationale ?) qui le dit ! Monsieur TVB en personne ! Si, si si !

« Je tiens à vous rassurer sur la mise en œuvre de (la) réforme » de la formation, a déclaré M. Chatel en présentant « des indicateurs qui ne sont pas particulièrement alarmants », lors d’une conférence de presse, « point d’étape » de l’année scolaire en cours.

« Moins de 1% » des enseignants stagiaires ont été « repérés en difficulté », entre 3 et 4% ont été en congés maladie et 78 avaient démissionné mi-octobre soit moins que l’an dernier, a-t-il détaillé.

« Réforme de la formation », on appelle ça… Comme dans 1984, où le ministère chargé de modifier les faits conformément à la politique du moment se nommait « miniver » pour « ministère de la vérité »…

Si elle est si efficace, cette « réforme », je suggère qu’on l’applique à tous les corps de métier : ça va en faire, des économies, de supprimer les formations CAP, BEP, et toutes les formations particulières : écoles d’infirmiers, internats de médecine, formations d’assistants sociaux… École, et… boulot ! Aussi sec ! On apprend « sur le tas » ! Même plus besoin d’apprentissage, dites donc !

L’article du Figaro précise :

Au ministère de l’Éducation, on fait observer que la formation pédagogique dispensée dorénavant par les universités et non plus par les IUFM comprendra des stages obligatoires. Il est aussi possible «d’améliorer le dispositif actuel», affirme Luc Chatel qui n’exclut pas la possibilité d’une formation «en alternance».

Ah ! On aura peut-être encore besoin de l’apprentissage, alors ? Pour « améliorer le dispositif actuel » ? Remarquez, il ne peut guère être qu’amélioré : faire moins que zéro, cela signifierait une « formation négative »…

L’article du Figaro module un peu l’enthousiasme du ministre :

Selon quatre jeunes filles professeurs stagiaires exerçant à Paris ou dans les Hauts-de-Seine, « la plupart des stagiaires ont des difficultés mais évitent d’en faire part car ils craignent de ne pas obtenir leur titularisation à la fin de cette année. Nous sommes tous dans la débrouille ».

Une autre jeune femme témoigne: « Je ne sais pas du tout comment m’y prendre. Mes élèves sont des cobayes. Devant les parents, je bluffe et affiche une assurance que je n’ai pas. » Cet autre professeur stagiaire a assisté à une manifestation de parents d’élèves, hostiles à l’arrivée d’une débutante.

Tout va bien, on vous dit !

Cet article se réfère à l’enquête menée par le SNES :

81% des stagiaires estiment leur temps de travail supérieur à 40 heures hebdomadaires.

70% des stagiaires consacrent plus de deux heures à la préparation d’une heure de cours.

Tout à fait logique en début de carrière !

18% des stagiaires sont affectés dans des établissements classés ZEP ou considérés comme difficiles. 16% des stagiaires enseignent dans des classes à examens.

Oui, on se doutait bien qu’ils ne seraient pas affectés dans des établissements « vitrines » !

82% des stagiaires ont plus de 4 classes en charge. (Ce nombre dépend bien sûr des volumes horaires par classe de la discipline enseignée.)
Combien de classes avez-vous ?
1 – 3 : 18%
4 – 5 : 40%
6 – 7 : 34%
> 7 : 8%

Un peu plus de 90% des stagiaires ont un tuteur…

… qui n’est pas toujours dans l’établissement

Non : 35%

… ni dans la même discipline.
Non : 5%

73% des stagiaires auront eu moins d’une semaine, voire aucun jour, de formation avant les vacances d’automne.

Après deux mois dans le métier, ce sont en effet les sentiments d’épuisement et d’inquiétude qui dominent chez les stagiaires.
Parmi les qualificatifs suivants, quels sont les trois (au plus) qui décrivent le mieux comment vous vous sentez depuis le début de l’année dans votre nouveau métier ?
(Plusieurs réponses possibles)
Satisfait : 20%
Épanoui : 19%
A l’aise : 21%
Débordé : 60%
Fatigué : 86%
Stressé : 39%
Angoissé : 22%

Mais, bien sûr, ce n’est là qu’une enquête portant sur quelques centaines de « stagiaires »… Sans doute les quelques pour cent estimés par Monsieur TVB !

Vous avez dit « service public » ?

samedi, novembre 13th, 2010

Dossier du Nouvel Obs : SOS services publics…

100 000 postes de fonctionnaires supprimés en 3 ans, « grâce » au remplacement d’un retraité sur deux.

C’est bien, ça coûte moins cher à l’État…

Pour beaucoup de Français, un « fonctionnaire », c’est quelqu’un d’enfermé dans un bureau, qui n’a pas forcément grand chose à faire. Parfois, c’est un de ces employés derrière un guichet qui vous oppose une fin de non-recevoir pour un Xième papier manquant. Et on peste contre ces « incapables », qu’on paie avec nos impôts…

On oublie souvent de penser aux personnels d’enseignement, de santé, de police, qui sont aussi fonctionnaires…

On oublie… que s’il y a moins de personnels aux guichets, cela signifie des attentes plus longues pour les usagers. Moins d’enseignants, ce sont des classes plus nombreuses. Moins de médecins et d’infirmiers, ce sont des délais allongés pour les soins, ou le recours à des cliniques privées. Moins de policiers, c’est l’enfermement de cités « difficiles », devenues lieux de non-droit…

Je ne suis pas économiste, et ne sais absolument pas si, globalement, on peut estimer que les fonctionnaires étaient en « surnombre ». Mais quand je vois que des gens de la Cour des Comptes estiment que l’économie réalisée, au lieu d’un milliard d’euros, est de 800 millions ; que sur ces 800 millions, 60% sont réservés à la revalorisation des traitements, et 200 millions au paiement d’heures supplémentaires (ben oui, on ne supprime pas les usagers dans les mêmes proportions !)… je me dis que le service public paie très cher de bien petites « économies »…

Quelques exemples tirés du dossier :
« La suppression d’un centre territorial sur deux de Météo-France est en partie à l’origine des dégâts monstrueux occasionnés par les pluies diluviennes dans le Var, les 14 et 15 juin » (responsable FO).

« Beaubourg doit fermer par roulement des salles d’exposition du quatrième étage. (Diminution des subventions de 5% et suppression de 18 postes). »

La tarification à l’activité dans les hôpitaux « pousse surtout à privilégier les opérations plus rentables que les soins qui rapporteront moins. »

Dans l’Éducation (dite Nationale ?), « Sur cinq ans, 80 000 emplois ont été supprimés ! Vous imaginez le bruit que ça ferait si c’était dans l’informatique ou la sidérurgie… C’est un véritable plan social. »
« D’autant que l’année de formation en alternance rémunérée vient d’être supprimée… Du coup, certains organismes proposent aux futurs profs angoissés des prépas payantes pendant l’été. »

« Entre 2004 et 2012, les effectifs de la Police nationale auront été allégés, en tout, de plus de 10 000 fonctionnaires. »
« 379 policiers et gendarmes pour 100 000 [l’article dit 1000, mais c’est sans doute une coquille : d’autres sources – dont Le Figaro – indiquent 100 000] habitants, contre 360 en moyenne chez nos voisins » MAIS « 188 agents de sécurité pour 100 000 habitants, contre une moyenne de 237 en Europe. »

Faire plus avec moins, tel est le nouveau refrain dans les services publics, où l’on doit faire preuve de « rentabilité », qu’il s’agisse de soins aux malades, d’arrestations ou d’aide aux élèves… Tout doit être compté, comptabilisé, et rentrer dans les fameuses statistiques… J’ai déjà parlé de tout ça…

On l’aura compris : ces « économies » vont bien profiter… au privé ! De plus en plus, le budget fera la différence entre ceux qui peuvent offrir une école privée à leurs enfants, des soins dans une clinique privée… et les autres !

En attendant de « relancer l’emploi » par des tas d’officines privées tous azimuts, ces « économies » vont d’abord augmenter le nombre de chômeurs…

Le « service public » disparaît au profit… du profit ! Logique, hélas !