Archive pour la catégorie ‘Démocratie et enseignement’

Vous avez dit La Culture pour Tous ? Vraiment ?

Samedi 26 janvier 2013

C’est « mon » site de généalogie qui m’alerte… et vu le peu d’échos de mes recherches à ce sujet sur Google, j’alerte à mon tour ceux qui ne sont pas encore au courant…

De quoi s’agit-il ?

De « deux partenariats d’envergure conclus pour la numérisation et la diffusion des collections de la Bibliothèque nationale de France (BnF) »

(dixit le communiqué du Ministère de la Culture et de la Communication du 15 janvier)

Mais encore ?

- Avec la société ProQuest : « numérisation de 70 000 livres anciens français datant de 1470 à 1700″.
- Avec la société Believe Digital et Memnon Archiveing Service : « numérisation et valorisation de près de 200 000 disques vinyles 78 et 33 tours »

Et alors ?

Si le partenariat pour les disques n’est pas explicité, celui pour les livres l’est : à part « 3 500 ouvrages, choisis par la BnF,(…) en libre accès immédiat sur Gallica », le « reste » des 70 000 (- 3 500) sera, « au fur et à mesure de la numérisation » « accessible à tous les lecteurs de la BnF » (encore heureux !!!) « pendant dix ans avant d’être mis en libre accès à leur tour sur Gallica. »

Si l’étudiant, le chercheur, le généalogiste (et pourquoi pas ?), le « simple » curieux habite loin de Paris, il n’aura donc plus qu’à payer, pendant 10 ans, une société privée pour consulter ces livres du domaine public !

Allez savoir pourquoi, il y a des gens que ces merveilleux projets de « partenariat » fâchent…

Et même des gens sérieux, comme l’Association des Bibliothécaires de France :

« La revente durant 10 années de ces contenus numériques, dont une partie importante relève du domaine public, que ce soit par des firmes privées ou par la filiale commerçante de la BNF, sans autre possibilité d’accès gratuit en ligne sur le site des institutions concernées, serait tout à fait contraire à l’égalité d’accès au patrimoine commun. »

SavoirsCom1, avec d’autres associations, a fait son propre communiqué :

« Non à la privatisation du domaine public par la Bibliothèque nationale de France ! »

Enfin, une pétition sur AVAAZ.org reprend ce titre le 21 janvier et appelle à la signature :

« Face au Souhait de Privatisation de Notre Patrimoine Commun par le Ministère de la Culture, Nous citoyens réclamons la publication immédiate des termes de ces accords de partenariat et la suppression de toute clause réduisant la communication des œuvres concernées à une prestation marchande, quel qu’en soit le bénéficiaire. Nous demandons qu’un accès public gratuit en ligne sur Gallica soit instauré d’emblée pour les œuvres tombées dans le domaine public. »

(3 362 signatures à cette heure)

Voilà. Vous savez (presque) tout… du moins en attendant que lesdits accords soient effectivement rendus publics…

Haro sur les ZEP !

Mardi 15 novembre 2011

« Les ZEP n’auraient jamais dû exister »

C’est le (gros) titre de l’article de Rama Yade dans Marianne (5-11/11/2011). Qui m’a évidemment tout de suite donné envie de le lire… Depuis, il y a polémique autour de son livre, elle est accusée de plagiat… Mais ce n’est pas là mon propos…

Rama Yade nous conte qu’elle a fait toute sa scolarité dans le privé. C’est son droit. Je n’ai moi-même connu le « public »… qu’en Fac ! C’était le choix de ma mère. Je ne lui en veux pas ! Mais je n’ai curieusement pas la même vision que Rama Yade… Il est vrai que nous ne sommes pas de la même génération, et que les choses changent, au fil des ans…

Son panégyrique du privé me met un peu mal à l’aise… Que dit-elle ?

« Ce sont ainsi surtout les familles pauvres qui se ruent vers le privé, le succès de leur progéniture valant tous les sacrifices. Car, disait ma mère, c’est là que bat désormais le cœur de l’école républicaine, celle qui vous apprend à lire, écrire, compter, celle qui vous enseigne les savoirs fondamentaux, celle qui vous inculque une culture générale, celle où règne encore un peu de discipline, celle où l’on respecte l’autorité des maîtres, celle où l’on ne débat pas de rien du tout. »

Voilà, en négatif, un portrait bien négatif, justement, de l’école « publique » ! Dont je me demande quelle connaissance en a réellement l’auteur…

Encore une petite couche ?

« Les familles françaises l’ont compris : qu’elles soient catholiques, musulmanes, juives, agnostiques ou athées, riches ou pauvres, elles se ruent toutes vers le privé. » Le privé, « bouée de sauvetage de notre système scolaire »…

Je ne vais pas cracher sur le privé, sous contrat ou pas : j’y ai passé suffisamment d’années comme élève ou comme prof. Je n’ai pas souvenir d’élèves de « familles pauvres » – ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en avait pas. C’étaient surtout des élèves de familles « moyennes » – sauf dans un établissement où j’étais surveillante d’internat, assez « classé », où les internes, du moins, étaient de familles aisées, voire très aisées…

Enfin bref, arrivons-en à nos ZEP (zones d’éducation prioritaire), que Rama Yade veut supprimer.

J’ai eu l’impression, à lire ce passage, qu’on avait créé les ZEP pour y regrouper les élèves de milieux défavorisés : « [...] à chaque lycée de centre-ville correspond une ZEP de banlieue. Ce partage des tâches est la plus remarquable illustration d’une école à deux vitesses, qui permet aux uns d’avoir l’assurance que les seconds, parqués dans leurs bans, ne viendront pas perturber la tranquille reproduction de l’aristocratie scolaire et l’immobilisme du système. »

N’en déplaise à Rama Yade, les ZEP n’ont pas créé d’écoles, mais « classé » des écoles existantes pour leur donner davantage de moyens, et ainsi limiter un peu le fossé entre écoles de milieux aisés et écoles de milieux défavorisés… les ZEP étant souvent dans les « cités ». Certes, il y a eu des effets pervers : certaines familles, plutôt que de voir leur enfant dans une ZEP, l’ont fait domicilier ailleurs pour qu’il aille dans un autre établissement, moins « marqué ». Par ailleurs, les drastiques réductions de moyens, ces dernières années, ont touché les ZEP autant que les autres établissements. Enfin, « l’assouplissement de la carte scolaire », permettant aux parents de choisir plus ou moins l’école de leur enfant, n’a fait qu’accentuer la ségrégation. Faut-il pour autant jeter l’enfant avec l’eau du bain ?

Oui, répond sans hésiter notre auteur. Car l’enseignement qu’on a voulu y adapter est une aberration : « On a, avec la meilleure volonté du monde, déconsidéré les élèves en les renvoyant à leur milieu et à leur « culture ». ». On a interdit « l’accès à la littérature française à des enfants dont les ancêtres ne sont pas français ou bourgeois. ». « Leur proposer de travailler sur leur culture, c’est les mépriser. Leur conseiller de lire exclusivement des œuvres courtes, comme s’ils étaient débiles, c’est les humilier. Leur faire apprendre l’arabe alors qu’ils ne parlent pas encore le français, c’est ne rien comprendre à leurs besoins. »

Je n’ai pas connu d’établissement où l’on « faisait apprendre » l’arabe… En seconde langue, peut-être ??? Pour les « œuvres courtes », il serait bon que Rama Yade ne les confonde pas avec des livres « pour débiles », à moins de vouloir jeter à la poubelle les contes philosophiques, pas mal de pièces de théâtre, les nouvelles, et autres « romans courts » qui n’en sont pas moins des œuvres de « grands auteurs » français ou étrangers ! Je n’ai pas vu non plus des profs ne conseiller QUE des œuvres courtes…

Enfin, je m’insurge violemment contre l’idée que « Leur proposer de travailler sur leur culture, c’est les mépriser. » : quand j’étais dans le Nord, où la population issue de l’émigration était importante, j’avais fait travailler une classe de 3ème sur leurs pays d’origine (Pologne, Italie, Espagne, Portugal, Algérie, si je me souviens bien). Aucun mépris dans ce choix ! La simple volonté qu’ils prennent conscience de leur histoire familiale et de leur diversité ! Refuser de les prendre en compte me paraît, au contraire, un singulier mépris ! De même, quand un élève de 6ème, lors des ateliers généalogie, s’est intéressé à l’ethnie dont était originaire son grand-père (famille de « gens du voyage » sédentarisés), je l’ai aidé dans ses recherches, et j’ai eu la nette impression qu’il était heureux de voir que l’école prenait en compte sa « singularité » !

Quant aux « solutions » préconisées par l’auteur… personnellement, elles me font frémir !

« Arracher les jeunes à un tel environnement familial ou géographique ["une cité dangereuse"] pour leur donner la possibilité de s’instruire dans le calme est la première condition de leur réussite. »

Carrément !

Allons donc « arracher » les jeunes des banlieues à leurs familles ! Propulsons-les dans un bel environnement, sans cités autour… A Marly, peut-être ? Et prenons en charge, évidemment, les frais que cela implique, en internat entre autres… puisque les familles, par définition, ne pourront le faire… Assistanat ? Ou dictature ???

Bien sûr, les « internats d’excellence » sont vantés ici : « Comme sous la IIIème République, où la scolarisation a consisté à arracher des mains des prêtres les élèves pour les délivrer de l’emprise de l’Église, des familles et des puissances locales, l’intérêt des internats d’excellence réside dans le fait qu’après les cours, les élèves ne rentrent pas dans leur foyer ou dans la bande, mais dans ces structures où ils peuvent se concentrer sur leurs devoirs, continuer à étudier sereinement et bénéficier d’un encadrement éducatif plus strict (des surveillants, quoi !). »

Que je sache, la IIIème République n’a pas arraché les enfants à leurs familles ! Les internats ont été créés pour les enfants habitant trop loin d’un collège ou d’un lycée, et non pas pour priver les enfants d’un environnement familial !

J’ai déjà parlé de ces « internats d’excellence », et m’interroge toujours sur les résultats, à moyen terme, de la dichotomie qu’on crée chez ces enfants « de cités » en les faisant vivre dans un milieu « de riches » : certes, ils peuvent étudier… mais comment vivent-ils les week-ends, les vacances, où ils retrouvent leur milieu de vie « normal » ? A mon humble avis, ou ils vont tourner le dos à leurs origines, ou ils sont bons pour la schizophrénie…

Sans compter que, évidemment, Rama Yade ne s’intéresse pas à ceux qui ne « mériteront » pas les internats d’excellence… Une fois les « bons » élèves, les élèves « méritants » enlevés de leur école (collège, lycée…), que devient ladite école, privée de ses « têtes de classe » ? Mon expérience m’a prouvé que, sauf conditions particulières, une classe d’élèves « médiocres » ne fait que s’enfoncer dans la médiocrité : les « bons » élèves n’étant plus là pour dynamiser la classe, les autres s’endorment, faute de « modèles »…

Je suis mauvaise langue : notre auteur s’intéresse également aux « autres », et préconise « des classes de remise à niveau en petits groupes pour les matières les plus fondamentales (français, mathématiques, langues) et des classes d’excellence pour chaque niveau et dans chaque collège ». Décidément, elle y tient : séparons les bons des mauvais, et les vaches seront bien gardées !

Je n’ai rien contre Rama Yade… mais beaucoup contre les gens qui ne connaissent rien aux questions de l’Éducation et se mêlent de faire des livres à ce sujet ! Un peu d’humilité, que diable ! Si vous ne connaissez rien à une question… apprenez !

Ou taisez-vous !

Petit problème d’arithmétique…

Dimanche 5 juin 2011

Tiens, aujourd’hui, je vous propose un petit problème (n’étant pas très forte en math, je préfère avoir votre avis sur la question) :

Soit 14 300 personnes qui mangent au Mac Do. 13 000 ont pris des frites (dont 6 % avec du ketchup), 1 300 des pâtes dont 11 % avec du ketchup).
Peut-on en déduire que :

- 2/3 (environ) de ceux qui ont pris du ketchup mangent des pâtes ?

- 2/3 (environ) des mangeurs de pâtes prennent du ketchup ?

* * *

Un élève, Claude G., a répondu oui aux deux questions : qu’en pensez-vous ? Quelle note lui auriez-vous attribuée ?

* * *

Qu’est-ce qui me prend d’aller faire un problème de math ? C’est encore à cause de Lucien !

Il me renvoie à plusieurs articles de Libé :

Immigrés : Guéant en échec scolaire

On n’arrête plus Claude Guéant. Après avoir dénoncé le «problème» de l’accroissement des musulmans en France, après avoir annoncé la limitation de l’immigration de travail, le ministre de l’Intérieur diagnostique désormais le fiasco de l’intégration à la française. Sur Europe 1, Guéant déclarait ainsi dimanche : «Contrairement à ce qu’on dit, l’intégration ne va pas si bien que ça : le quart des étrangers qui ne sont pas d’origine européenne sont au chômage, les deux tiers des échecs scolaires, c’est l’échec d’enfants d’immigrés.»

Eh oui ! Notre petit élève qui mélange un peu les chiffres, c’est notre Ministre de l’Intérieur !


Guéant s’enfonce à pas de géant

Le dimanche, Guéant déclare que deux tiers de l’échec scolaire en France est imputable aux immigrés. Le mercredi, il affirme que les deux tiers des enfants d’immigrés sont en échec scolaire. A part le fait de suggérer que les enfants d’immigrés réussissent mal à l’école, il n’y a aucun rapport entre les deux affirmations.

Et il explique sa démarche « mathématique », notre « cancre » :

«L’étude de l’Insee […] précise que les enfants de familles immigrées sortent presque deux fois plus souvent du système éducatif sans qualifications que les autres. […] Cette conclusion vient forcément soit de chiffres exhaustifs, soit d’un échantillon qui se divise en trois tiers. Par conséquent, j’ai correctement cité l’étude en déclarant que les 2/3 des enfants qui sortent de l’école sans qualification sont des enfants de familles immigrées.»

J’ai parcouru rapidement (trop rapidement sans doute) l’étude de l’INSEE de 2005 sans trouver les chiffres indiqués. Je me suis donc reportée au Rapport au Premier ministre pour l’année 2010 : Les défis de l’intégration à l’école

… qui cite bien les chiffres indiqués (« Les enfants de famille immigrée sortent aussi presque deux fois plus souvent du
système éducatif sans qualification (11% contre 6% pour les non immigrés) ».) et précise dans l’introduction :

« En 2005, la proportion de jeunes de 0 à 18 ans d’origine immigrée (au moins un parent immigré) est de 18,1% »

Et plus loin :

« Deux tiers des élèves immigrés ou issus de l’immigration vivent dans des familles aux actifs ouvriers et employés contre un peu plus de la moitié pour les non-immigrés:6 (66% contre 53%). »

Car le rapport, bien loin de jeter le discrédit sur l’intégration des enfants immigrés (ou d’immigrés), pointe plutôt les problèmes sociaux que ce constat d’échec dénonce :

Les conditions socio-démographiques du milieu dans lequel vivent les enfants d’immigrés influent sur leur scolarité et leurs parcours scolaires. Rappelons ici que plus des deux tiers appartiennent à une famille ouvrière et employée contre moins d’un tiers pour les non immigrés. Les parents sont moins souvent diplômés : plus de 58% ont un père non diplômé et 62% une mère non diplômée, contre 12% et 14% des non immigrés.
Près des deux tiers des élèves immigrés (63%) vivent dans une famille d’au moins quatre enfants, contre moins d’un sur cinq chez les non immigrés.
Notons enfin que ces élèves sont plus souvent scolarisés en zone d’éducation prioritaire : près d’un sur trois (31%), contre moins d’un sur dix (8,5%) quand les parents ne sont pas immigrés.

[...]

La moindre réussite des enfants d’immigrés à l’école serait donc due pour une très large part au milieu socio-économique, familial, culturel et territorial dans lequel ils vivent. Et si l’on compare les résultats scolaires des enfants d’immigrés à sexe, structure, taille de la famille, diplôme, activité et catégorie socioprofessionnelle des parents comparables avec les élèves non immigrés, leur moindre réussite scolaire s’atténue fortement. Les risques de redoublement à l’école primaire, comme les écarts de performance aux épreuves d’évaluation sont plus ténus. Dans l’enseignement secondaire, à situation sociale, familiale et scolaire comparables, les enfants d’immigrés atteignent plus fréquemment une seconde générale et technologique, obtiennent plus souvent le bac général et technologique sans avoir redoublé et sortent moins souvent sans qualifications que les enfants de personnes non immigrées. Ce constat reflète, toutes choses égales par ailleurs, reflèterait des demandes et des perspectives familiales plus ambitieuses en termes d’orientation.

Nous voilà bien loin de la lecture (hâtive ? mal intentionnée ?) du ministre… qui aurait bien besoin d’un peu de soutien scolaire !

Du plagiat…

Mercredi 4 mai 2011

Un article du Nouvel Obs m’a envoyé faire un tour sur des sites consacrés au plagiat… Plus précisément, ces sites s’intéressent surtout au plagiat pratiqué par les étudiants (et parfois les professeurs ou les chercheurs…) qui pillent plus ou moins sans complexe des travaux précédents…

L’histoire d’un professeur de faculté ayant ainsi « exploité » le travail d’un étudiant m’a rappelé ma 1ère année de Fac (cela remonte un peu…). Je ne sais plus quel était l’intitulé de ce TD, dont le professeur nous avait fait acheter son livre sur la langue française… En fait, il y a eu très peu de cours (moins de 10, je dirais…), et notre inquiétude était grande, vu que nous avions en fin d’année un examen sur ce TD… et que nous ignorions totalement en quoi consistait cet examen. Une des dernières séances (elles se sont arrêtées avant la fin décembre…), le professeur nous a distribué des travaux, à faire par groupes : nous avons été trois à choisir « l’enseignement du Français dans les revues pédagogiques », je n’ai plus aucune idée des intitulés des autres travaux.

Comme, chaque semaine, nous nous retrouvions devant la salle veuve du prof (jamais de message annonçant son absence, nous ne pouvions que la constater en venant au « cours »), nous avons eu le loisir de faire sérieusement notre travail, d’autant que, formée comme enseignante, j’avais déjà un certain nombre de ces revues. Au final, notre dossier faisait une centaine de pages… dont un certain nombre de feuilles desdites revues, je vous rassure ! Dossier sans doute manuscrit, pas de souvenirs à ce sujet.

Le prof absent ne nous dispensait pas de rendre nos travaux à la date indiquée, au bureau… Je crois me rappeler qu’il a tout de même fait une apparition en janvier ou février, et qu’il a tenté de nous rassurer sur l’examen final… sans nous dire davantage en quoi il consistait…

Quand nous l’avons revu pour la dernière fois, juste avant les vacances de Pâques, la colère grondait dans le TD, et je faisais partie des plus inquiets, donc de ceux qui protestaient le plus : une année sans cours quasiment, pas de programme clair, pas d’indications sur le partiel… Il nous a fait taire en nous donnant les notes de nos dossiers… et moi particulièrement, puisque nous avons eu 18 ou 19… Il n’y avait d’ailleurs pas, je crois, de mauvaises notes, mais ayant eu une des meilleures, je n’ai pu continuer mes protestations… Sauf quand, sur une demande, il a dit qu’il ne rendait pas les dossiers…

Toute neuve à la Fac, j’ignorais que des devoirs pouvaient n’être pas rendus à leurs auteurs… De plus expérimentés m’ont expliqué ensuite que des profs utilisaient parfois ces travaux pour leurs propres livres… Ils en plaisantaient, même s’ils ressentaient une certaine injustice…

J’ignore totalement si le prof en question a utilisé l’un ou l’autre de nos travaux : loin de moi l’idée de l’accuser de plagiat !

D’ailleurs, je ne me sens pas particulièrement innocente en ce domaine : dans les cours que j’ai pu distribuer à mes élèves, il y avait des exercices que je n’avais pas tous créés… et je n’indiquais pas forcément les sources…

Mais, tout de même… je n’aurais sûrement pas présenté à un jury un travail dont je n’étais pas l’auteur…

Il s’agit ici d’enseignants en Université qui ont plagié… leur thèse de doctorat !


Le plagiaire d’Amiens et « l’acharnement »
— par B. Eizykman et M.-D. Porcheron

Posté par Jean-Noël Darde

Les deux enseignants de Lille-Cambrai et d’Amiens qui ont eu les honneurs d’un article récent de Mediapart pour avoir plagié leur thèse de doctorat et avoir été maintenus à leur poste, utilisent tous les deux la même défense : ils sont victimes d’actes injustifiés de « harcèlement » ou « d’acharnement ». [...]

L’annulation de la thèse n’est pas une sanction, c’est simplement la restitution d’un larcin, comparable à la récupération d’une somme volée par un caissier de banque indélicat. Quant à l’interdiction de s’inscrire pendant deux ans, elle ne correspond à rien d’autre qu’à l’empêchement pour l’enseignant plagiaire d’obtenir une promotion pendant cinq ans : deux ans d’interdiction auxquels s’ajoutent trois ans de préparation d’une nouvelle thèse permettant d’obtenir éventuellement le grade de maître de conférences. Or, quand un étudiant qui a passé sa thèse est convaincu de plagiat, fraude la plus lourde et destructrice qui puisse survenir à l’université puisque le doctorat en est le diplôme ultime, il se voit généralement infliger une interdiction à vie, comme le confirme une décision récente du CNESER à propos d’une thèse plagiée à Toulouse-II : circonstances aggravantes pour les étudiants (voir note 3), circonstances atténuantes pour les enseignants ! Le renversement de cette situation serait plus juste. [...]

Privation de promotion pendant cinq ans : le verdict rendu à l’encontre d’un acte qui bafoue toutes les valeurs de l’Université (qualité et originalité de la recherche, probité et rigueur intellectuelles), qui en menace les fondements mêmes, mérite d’être comparé avec ceux de la justice ordinaire.
Une caissière d’un grand magasin qui dérobe une bricole coûtant 1 euro va se faire renvoyer par son employeur, on a pu le déplorer à plusieurs reprises ces dernières années. Le caissier de banque indélicat ne risque pas de retrouver son emploi derrière la même caisse une fois l’argent restitué. Le trader qui s’affranchit des procédures de contrôle et fait perdre beaucoup d’argent à sa banque sera évidemment remercié. Par contre, le plagiaire est maintenu à son poste, apparemment protégé en tant qu’enseignant par l’esprit de corps suicidaire qui règne encore au sein de l’Université et que dénoncent à juste titre les étudiants (comme dans ce courrier adressé à Michelle Bergadaa). [...]

Surtout, quel que soit son statut, le rôle d’un enseignant est de transmettre aux étudiants – pas à des clients – des connaissances, des méthodes de travail et les valeurs qui fondent l’Université. Contrairement au trader qui adhère aux objectifs cupides du système financier, le plagiaire a porté atteinte aux valeurs qui gouvernent le milieu universitaire : comment pourrait-on dès lors se montrer intransigeants vis-à-vis des étudiants en continuant de protéger les enseignants qui violent les valeurs qu’ils sont censés faire respecter ?

3) À l’Université Pierre Mendès-France (Grenoble 2), on a relevé (1999) une « exclusion de tout établissement public d’enseignement supérieur pour une durée de 3 ans pour tentative de fraude lors d’une épreuve écrite d’examen du DEUG » .

Sur le même site, une autre histoire (il y en a un certain nombre… allez donc y faire un tour !) :

UBU, VICE-ROI DU CNU

On se souvient du cas du vice-président du CNU de Sociologie, le professeur Ali Aït Abdelmaleck de l’Université Rennes 2, pris en flagrant délit de plagiat (cf. Plagiat, silence et excellence).

La découverte des premiers plagiats d’A. A. A., d’abord évoqués sur le blog de Pierre Dubois (2 décembre 2010), a été suivie quelques semaines plus tard du repérage de nouveaux plagiats dans d’autres travaux du même auteur. Le 16 janvier 2011, Michelle Bergadaa mettait en ligne les résultats d’une étude sur ce cas.

Cette situation a conduit l’Association des sociologues enseignants du supérieur (ASES) et l’Association française de sociologie (AFS) à co-signer, le 24 janvier 2011, un communiqué demandant la démission d’A. Aït Abdelmaleck du CNU.

Cependant, à l’occasion de la session du CNU de sociologie-démographie qui s’est tenue du 7 au 11 février 2011, une majorité des participants ont fait valoir leur soutien au vice-président plagiaire. C’est donc avec l’appui de ses pairs qu’un professeur plagiaire a pu être chargé d’évaluer la qualité scientifique d’une part des 610 dossiers (529 candidatures de maître de conférence et 81 de professeur) présentés à cette session.

On comparera cette attitude avec les réactions rapides de l’Université de Bayreuth et des universitaires allemands [pétition à la Chancelière Angela Markel signée par plus de 60.000 universitaires (*)] qui ont imposé la démission du Ministre de la défense à la suite de la découverte des plagiats dans la thèse de « Herr Doktor » Karl-Theodor zu Guttenberg (**).

(**) Notons que le même jour de la démission du Ministre de la défense allemand pour plagiat, Gérard Longuet qui s’est revendiqué plagiaire [cf. cet article du Nouvel Observateur (2004) et cet autre de Libération (2002)] devenait Ministre de la défense dans le nouveau gouvernement Sarkozy.

Sur le site Le plagiat, il y a aussi des exemples intéressants… Celui-ci, par exemple :


16 décembre 2010 : Séraphine, aussi…

Séraphine de Senlis, peintre au destin tragique (1864 -1942), a fait l’objet en 2008 d’un film brillant d’originalité et récompensé de sept prix en 2009 lors de l’Académie des Césars.

Le César du meilleur scénario original est pourtant très contestable puisqu’Alain Vircondelet, auteur d’une biographie de Séraphine, publiée aux Editions Albin Michel en 1986, a obtenu la condamnation pour contrefaçon de l’auteur du scénario et de la Société de TS Productions. Le 26 novembre 2010, le tribunal de grande instance de Paris a condamné le scénariste et la société de production à payer, d’une part, à l’auteur de la biographie 25 000 € en réparation de l’atteinte portée au droit moral (le nom de Vircondelet n’apparaît nulle part dans le générique du film) et, d’autre part, à l’éditeur la même somme en réparation de l’atteinte aux droits patrimoniaux (les droits du livre n’ont pas été rachetés pour la réalisation du film).

Plusieurs cas de plaintes et procès pour plagiat de livres sont évoqués aussi. Il est précisé l’issue des procès, si elle est connue. On y retrouve quelques noms évoqués dans la presse, au fil des ans…

Un autre site, suisse celui-là (le premier peut-être dans l’ordre chronologique), qui a une page d’humour où sont cités quelques courriels :

Bonjour

Je viens de tomber sur votre page avec des sites aidant les étudiants à la fraude. Je peut contribuer a votre travail avec un site qui, j’ai cru, pourra m’aider (je travaille et j’avais pas le temps a ecrire quoi que ce soit).

Mais en resultat j’ai eu un « C » et je pas pu obtenir le retour de mon argent!! Leur site est www.superiorpapers.com.

Merci,
B.
Boston University (USA)

Je suis allée voir ce site (en anglais) : selon l’urgence (de 10 jours à… 3 heures !) et le niveau de qualité (3 niveaux) du travail que vous leur confiez, il vous en coûtera de 20 à 58 $ la page…

Et voilà la « mission » qu’explique le site :

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Bien sûr qu’elle est difficile, la vie d’étudiant, et qu’on a des tas de choses plus importantes à faire que d’écrire des devoirs, dossiers, thèses et autres… Pas bête, cette idée…

Autre échange de courriels (il y a 4 courriels, voici le 3ème) :

Acte 3 :
De ; xxx, collègien
A : yyy, professeur

Merci de la promptitude de votre réponse Mme yyy,

Pour être honnête avec vous, ce n’est pas mon professeur qui me pose pb.. Celui-ci m’a dit que je pouvais changer le nom de la société et faire un « truc » qui grosso modo serait la même chose mais améliorée…

(Il est bo le prof hein…lol)

En revanche le souci vient du fait que ce cas doit être présenté devant l’institut qui apparament répertorie ce genre de cas… Alors oui, je suis dans la panade d’après ce que vous venez de me dire et je ne vous remercie pas! (lol)

Toutefois, si vous aviez une autre étude, vous me sauveriez et je vous en serais très très reconnaissant car je vous avoue que là, je suis un peu abattu car je ne sais plus trop quoi faire à présent..

Très sincèrement Mme yyy
xxx

Est cité un article du Monde :

Un logiciel contre le plagiat scientifique
LE MONDE | 24.01.08 | 14h34 • Mis à jour le 24.01.08 | 14h34

Pour mesurer la fréquence de ces indélicatesses, deux chercheurs du Southwestern Medical Center de l’université du Texas, Mounir Errami et Harold Garner, ont ausculté une base documentaire médicale américaine – Medline – où sont indexés, avec des résumés, 17 millions d’articles publiés dans plus de 5 000 revues de quelque 80 pays. [...]

En se focalisant sur les 7 millions d’articles les plus cités, ils ont repéré un peu plus de 70 000 cas de « haute ressemblance ». Ce qui, compte tenu des limites du logiciel, leur fait estimer le nombre de plagiats à plus de 200 000, sur les 17 millions d’articles référencés. Pas loin de 3 % !

Mais… ce n’est sans doute pas si grave… Une lettre ouverte d’un plagié (il y en a plusieurs…), retrouvant dans une revue étrangère sa conférence et son article, a bien sûr informé la revue où il avait publié… Et voici ce que le Secrétaire Général administratif de ladite revue lui répond :

« Pour des raisons que vous comprendrez aisément, nous estimons qu’il vaut mieux ne pas jeter d’huile sur le feu, surtout lorsqu’il a pour lieu des régions où il se propage aisément…C’est après tout un honneur que d’être pillé. Cela montre et l’intérêt du texte ainsi mis à contribution, et celui que présente la Revue dont il est l’hôte. »

De l’honneur d’être plagié…

Cela ne concerne pas que les enseignants…

Mardi 26 avril 2011

Suite à l’article de Lucien sur les suppressions de postes, quelques éléments de réflexion :

Tout d’abord, la carte des suppressions de postes :

(Au passage : 27 postes en lycées-collèges pour 158 616 élèves parisiens, soit un poste supprimé pour 5874 élèves ; 426 pour 373 000 élèves de l’académie de Créteil, soit un poste supprimé pour 875 élèves… Curieux, comme calculs, non ? Les chiffres sont ceux donnés par les sites des deux académies…)

Puis la motion des Maires Ruraux de France :

Motion adoptée à l’unanimité lors de l’Assemblée générale de l’association des Maires Ruraux de France le dimanche 10 avril 2011 à Lyon

Constatant une fois de plus que les cartes scolaires sont élaborées sur le simple critère du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, que pour la troisième année consécutive, le ministère de l’Education Nationale supprimera à la rentrée 2011 près de 16 000 postes d’enseignants,

Constatant que la dernière enquête PISA classe la France dans les pays possédant les plus fortes inégalités scolaires. Elle souligne en particulier une dégradation des résultats des élèves français,

Conscients que les écoles épargnées cette année seront les premières touchées à la rentrée prochaine et que les autres connaîtront un accroissement du nombre d’enfants par classe,

Regrettant que la logique comptable induise une concurrence inacceptable entre communes,

Regrettant qu’il n’existe aucune véritable concertation ou vision prospective conjointe avec les élus locaux. Les CDEN rendent régulièrement des avis négatifs à l’unanimité que les autorités ignorent systématiquement,

les maires ruraux de France

* rappellent que l’égalité constitutionnelle entre citoyens passe par l’égalité d’accès aux services publics et en premier lieu à l’école de la République,

* demandent que soit enfin prise en compte la question des distances et temps de transport dans l’élaboration de la carte scolaire. L’intérêt des enfants doit primer,

* s’opposent aux suppressions systématiques de postes et dénoncent une politique strictement comptable dénuée de fondement pédagogique, de vision prospective des territoires ou de prise en compte des rythmes de vie des familles. Bien que touchant les villes dans des proportions encore plus importantes, ils rappellent qu’en milieu rural les suppressions de postes sont souvent synonymes de fermeture d’école et de désertification,

* affirment que la centralisation des collèges ruraux qui sont autant touchés que les écoles, répond à la même problématique de dévitalisation des territoires, ils expriment leur solidarité avec les Départements,

* se réservent le droit de mener toute action d’envergure nationale, conjointement avec d’autres organisations, afin d’alerter la population sur les conséquences des suppressions de postes d’enseignants titulaires et remplaçants, de psychologues scolaires, et autres postes RASED…

Enfin, les maires ruraux de France considèrent que « l’arbre ne doit pas cacher la forêt » car si la question du taux d’encadrement dans les établissements scolaires est une donnée importante, elle ne saurait être la seule. En effet, les questions de rythmes scolaires, de formation des enseignants, de méthodes pédagogiques et plus généralement, de l’environnement éducatif ne sont pas réglées, alors qu’elles impactent la qualité de l’enseignement.

Bien que ne vivant pas en milieu rural (en banlieue rurale, tout au plus…), je suis sensible à cette question de fermetures des classes et écoles dans des régions où les enfants auront – et ont déjà ! – à parcourir des dizaines de kilomètres pour se rendre à leur école ou collège. En tant que prof, je sais qu’on ne peut demander la même attention en classe à un enfant ou un ado qui a dû se lever à 6 heures pour prendre un car qui le conduira en 1 heure à la porte de sa classe.

Par ailleurs, un village sans école est peu à peu amené à disparaître : si les habitants ne déménagent pas, il y aura en tous cas peu ou pas de nouveaux arrivants, qui prennent généralement en compte ce facteur. D’où vieillissement de la population, fermeture des commerces, manque de ressources des municipalités… et dégradations progressives du cadre de vie. Je ne suis évidemment pas spécialiste de la question, et ne profère là que quelques évidences… mais je vois des villages se vider, et ne suis pas certaine que le pays ait intérêt à se transformer en grandes villes d’un côté et grandes exploitations agricoles de l’autre. C’est là tout un problème de société auquel il est bon, peut-être, de réfléchir un peu…

Enfin, la pétition des parents d’élèves (FCPE), qui s’inquiète forcément – à juste titre – de l’avenir de leurs enfants :

NOUS EXIGEONS l’arrêt de la politique de démantèlement de l’Ecole publique !

* Le service public d’éducation de proximité doit être accessible à toutes les familles, partout sur le territoire.
* Le nombre d’élèves dans les classes doit permettre une prise en charge personnalisée de chacun.
* Les collèges doivent disposer des moyens nécessaires pour scolariser les 40 000 nouveaux élèves de sixième de la rentrée prochaine !
* L’accès à l’Ecole maternelle doit être un droit pour tout enfant dont la famille le demande, dès l’âge de deux ans !
* L’Education nationale doit assurer la continuité du service public et remplacer les enseignants absents dès la première heure !
* Les RASED doivent être développés pour aider l’ensemble des élèves qui en ont besoin !
* La scolarisation des enfants handicapés doit être effective, avec des personnels d’accompagnement qualifiés et formés lorsque c’est nécessaire.
* La formation des enseignants à la pédagogie et à la psychologie de l’enfant et de l’adolescent doit être rétablie.

Nous voulons une Ecole publique, laïque et républicaine, une Ecole dans laquelle les élèves pourront vivre et apprendre, sans discrimination d’aucune sorte.

Nous voulons une Ecole portée par un projet éducatif ambitieux pour l’enfance et la jeunesse, accompagnant les élèves dans un processus de formation tout au long de la vie et s’appuyant sur une formation initiale solide.

Nous voulons une Ecole bienveillante envers ses élèves et leurs parents, respectueuse de ses personnels et exigeante sur les valeurs de la République.

NOUS EXIGEONS un collectif budgétaire pour l’Education nationale !

Non, les suppressions de postes ne sont pas un cheval de bataille réservé à des enseignants frileux et à des fonctionnaires assurés de leur poste ! Ce qui est en question, c’est l’avenir : celui des enfants, celui des régions, celui du pays…

(Pour un peu, je me ferais de belles envolées politiques… Mais c’est que le sujet me tient bigrement à cœur !)

Haro sur le foulard !

Mardi 15 mars 2011

Il est des jours où je me félicite de ne pas regarder la télé ni écouter la radio… aujourd’hui, par exemple, où je découvre dans le Nouvel Obs que le ministre de l’Éducation-Nationale-Laïque interdit aux mamans d’élèves portant le foulard d’accompagner les sorties scolaires…

Déjà qu’elles ne doivent pas être si nombreuses, ces mamans assez courageuses pour sortir au vu et au su de tous ! Et que ça leur donnait une façon de s’intégrer, et d’exister autrement au regard de leurs enfants…

Au cas où cela vous aurait échappé, rappel des faits :

Luc Chatel interdit les mères portant le foulard aux sorties scolaires

Le ministre répondait aux parents d’élèves de la FCPE d’une école de Pantin (Seine-Saint-Denis). Dans une lettre du 29 janvier, ceux-ci l’avaient alerté sur les «pratiques discriminatoires» de la directrice, qui écartait systématiquement des sorties les mères avec un foulard. La FCPE jugeait «humiliant et discriminatoire de signifier ainsi à certains parents qu’ils ne sont pas éligibles à être de « bons parents d’élèves »».«La décision de la directrice m’apparaît aussi légitime que justifiée», avait répondu Luc Chatel le 2 mars (voir sa lettre en pdf ici). Ces parents volontaires, avait-il argumenté, «sont amenés à participer directement au service public de l’éducation en se plaçant dans une situation comparable à celle des agents publics vis-à-vis des enfants qu’ils encadrent, et acceptent donc de se soumettre aux principes fondamentaux de ce service public».

Luc Chatel contredit ainsi son prédécesseur Xavier Darcos, qui avait laissé les directeurs d’école trancher. Il contredit aussi la Haute autorité de lutte contre les discriminations (la Halde) qui, saisie en 2007 du cas de huit mères interdites de sorties à cause de leurs foulards, avait désavoué ces pratiques (pdf de la décision ici). Il reprend en revanche une recommandation du rapport de janvier 2011 du Haut conseil à l’intégration (HCI), un organisme auprès du Premier ministre, présidé par une ancienne tête de liste UMP aux européennes.

Il ne s’agit encore que d’une prise de position du ministre qui devra être traduite dans un texte. En effet, la circulaire de 2004 sur l’interdiction des signes religieux ostentatoires dans les établissements scolaires stipule que la «loi ne concerne pas les parents d’élèves». «Il n’y aura pas besoin de nouvelle loi, assure-t-on toutefois au ministère, nous faisons simplement une interprétation administrative de la loi de 2004 en introduisant la catégorie de collaborateurs occasionnels.» Officiellement, il s’agit avant tout d’une question de valeurs.

Avant de revenir plus en détails sur certains aspects, je vous invite à voir la page suivante, où figurent un certain nombre de titres d’articles sur « l’affaire » :

On y trouve par exemple (dans tout ce billet, c’est moi qui souligne) :

Pas de voile lors des sorties scolaires

Chatel opposé aux signes religieux lors des sorties scolaires

Luc Chatel interdit les mères portant le foulard aux sorties scolaires

Le ministre ne veut pas de voile à l’école, même pour les mamans

Ecole de Pantin. Refus du port du voile de parents bénévoles accompagnant les sorties scolaires : il faut appliquer la laïcité !

Je suppose que « le voile » attire mieux l’attention du lecteur que « le foulard » ?

L’article du Figaro précise pourtant (tout à la fin !) :

Sorties scolaires: Chatel contre le voile

Le débat porte en l’espèce sur le foulard islamique, qui ne dissimule pas le visage, et pas sur le voile intégral – niqab ou burqa – que la France a par ailleurs décidé d’interdire dans l’ensemble de l’espace public.

Vous voulez mon avis ? Ça pue !

Mais… il faut croire qu’on suit l’exemple venu d’ »en-haut »… car la lettre dudit ministre entretient la confusion :

Lettre du ministre en date du 2/3/2011

Vous avez appelé mon attention sur le refus de Madame la Directrice de l’école élémentaire Joséphine Baker à Pantin, de laisser participer une mère de famille à une sortie scolaire, au motif que cette dame refusait de retirer le voile qu’elle portait, manifestant ainsi ses convictions religieuses de manière ostentatoire.
[...]
C’est au titre de cette participation au service public qu’ils 5les parents d’élèves accompagnateurs] peuvent être qualifiés de collaborateurs occasionnels et bénévoles du service public et bénéficier ainsi d’une protection particulière en cas de dommages. Cette protection a naturellement des contreparties au rang desquelles, le respect des principes fondamentaux du service public.
Dans ces conditions, la décision de la directrice de l’école maternelle, qui est garante du bon fonctionnement du service public, m’apparaît aussi légitime que justifiée.

(Au passage… le ministre ne confond pas seulement le foulard et le voile, mais aussi école élémentaire et maternelle… dommage pour un ministre de l’Éducation !)

Quant à la défense de la laïcité… je n’ai jamais entendu parler de parents à qui on demandait d’enlever leur croix lors de sorties scolaires… C’est sans doute moins « ostentatoire » qu’un foulard…

Conclusion de l’article du Monde :

Luc Chatel ne veut pas de mères voilées pour accompagner les sorties scolaires

« Il ne faut pas transiger avec la laïcité », ajoute M. Chatel qui estime au passage que le
débat sur la laïcité
, lancé par le président de la République et l’UMP est « un bon débat ».

Histoire de « remettre les choses en perspective »… j’ai trouvé intéressant le dernier paragraphe de l’article du Matin :

Pas de voile pour les mères d’élèves

Sarkozy exalte l’héritage chrétien
Le président français Nicolas Sarkozy a exalté jeudi au Puy-en-Velay (centre) «le magnifique héritage de civilisation» laissé par la chrétienté, au moment où sa majorité cherche à relancer un débat sur la place de l’Islam dans la société. «Cet héritage nous oblige, cet héritage, c’est une chance, mais c’est d’abord un devoir, il nous oblige, nous devons le transmettre aux générations, et nous devons l’assumer sans complexe et sans fausse pudeur», a expliqué le président français. Nicolas Sarkozy était en visite au Puy-en-Velay, haut lieu du catholicisme, une des étapes du pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle.
«La chrétienté nous a laissé un magnifique héritage de civilisation», a poursuivi Nicolas Sarkozy, en ajoutant: «président de la République laïque, je peux dire cela».
Pour lui, le «premier devoir» est de «conserver et restaurer» cet héritage, une «mission», a-t-il promis, «à laquelle l’Etat ne peut et ne doit se dérober», a-t-il dit.
Cette exaltation des racines chrétiennes de la France intervient au moment où son parti politique, l’UMP, cherche à relancer le débat sur l’Islam.

La laïcité, d’accord ! Mais chrétienne, hein ? Et même catholique, plus précisément !

Ceci dit, sans les contacts avec le monde arabe (et islamique…), on compterait encore en chiffres romains… et pas sûr qu’on aurait découvert nous-mêmes le zéro et ses applications !

Je répète : ça pue !

Rappelons tout de même la décision de la Halde (haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) en 2007 :

Délibération relative à l’exclusion de mères d’élèves de la participation à des activités éducatives et/ou de l’encadrement de sorties scolaires en raison du port du foulard n° 2007-117 du 14/05/2007

Huit mères d’élèves sont exclues de la participation à des activités éducatives et/ou de l’encadrement de sorties scolaires en raison du port du foulard. La haute autorité rappelle que ni le principe de laïcité, ni celui de neutralité du service public ne s’opposent a priori à ce que des mères d’élèves portant le foulard collaborent, en leur qualité de parents, au service public de l’enseignement dans le cadre d’activités éducatives et de sorties scolaires, le refus de principe apparaissant susceptible de caractériser une
discrimination dans l’accès à une activité bénévole fondée sur la religion
. Elle recommande aux conseils d’école de revoir les règlements intérieurs applicables et/ou leur interprétation en ce sens et au ministre de l’Education nationale de prendre toute mesure pour garantir le respect du principe de non-discrimination religieuse selon les mêmes modalités sur l’ensemble du territoire.

Plus intéressant encore, quelques paragraphes issus des justifications avant cette délibération :

La loi du 17 mars 2004 relative au port de signes religieux à l’école comme sa circulaire d’application indiquent expressément qu’elles ne concernent pas les parents d’élèves. Il n’existe pas de texte ou de jurisprudence claire sur le statut des intervenants extérieurs et leurs éventuelles obligations.
Selon une jurisprudence constante, les principes de laïcité et de neutralité des services publics s’appliquent à l’ensemble des agents publics, qu’ils soient chargés de fonctions d’enseignement ou non, mais non aux usagers.

En outre, le Conseil d’Etat a eu l’occasion de préciser, dans une jurisprudence Syndicat national pénitentiaire Force ouvrière – Direction et autre relative au versement d’une prime de sujétions spéciales aux membres des congrégations religieuses apportant leur concours aux établissements pénitentiaires, que ni le principe de laïcité, ni celui de neutralité du service public ne s’opposaient à l’intervention, exclusive de tout prosélytisme, dans les prisons, de surveillants congréganistes qui apportent leur concours au fonctionnement des établissements pénitentiaires pour l’exercice de tâches relevant non de la surveillance des détenus, mais de fonctions complémentaires de soutien (CE 27 juillet 2001 Syndicat national pénitentiaire
Force ouvrière ; solution réaffirmée dans CE 29 mai 2002 Syndicat national pénitentiaire Force ouvrière).

Oui, mais là, c’est pas pareil : c’est des catholiques, pas des musulmans !

Or, les parents participant aux sorties scolaires semblent être dans une situation similaire dans la mesure où ils apportent leur concours aux établissements scolaires pour des tâches qui ne relèvent pas des missions d’enseignement, au sens strict, mais uniquement à l’occasion de sorties et/ou d’activités annexes.
En conséquence, ni le principe de laïcité, ni celui de neutralité du service public ne s’opposent a priori à ce que des mères d’élèves portant le foulard collaborent au service public de l’enseignement dans le cadre des dispositions précitées.
Par ailleurs, si le recours à des parents d’élèves en qualité d’intervenants extérieurs est facultatif, le choix du directeur de l’établissement scolaire ne peut être contraire au principe de non discrimination. Le respect du principe d’égalité exclut, par définition, que la direction de l’établissement scolaire puisse exercer son pouvoir d’autorisation de manière arbitraire.

Enfin, le Conseil d’Etat a reconnu que le seul port du foulard ne constituait pas par lui-même, en l’absence de toute autre circonstance, un acte de pression ou de prosélytisme (CE 27 novembre 1996 M. et Mme Jeouit).

En second lieu, la directive 2000/78/CE couvre « les conditions d’accès à l’emploi, aux activités non salariées ou au travail ». Par cette expression, le législateur communautaire a entendu prohiber toute discrimination fondée sur la religion ou les convictions, notamment en ce qui concerne l’accès aux activités non salariées ou bénévoles.

Après tout, l’avis de la Halde, et même du Conseil d’Etat, on s’en fiche, hein ?

Je ferais bien quelques recommandations :

- interdiction aux femmes portant un foulard et aux hommes barbus de mettre le pied dans un établissement scolaire « laïque » : non seulement cela nous libérerait d’un certain (quoique petit… ce ne sont pas les parents qu’on voit le plus souvent…) nombre de rendez-vous avec des parents, mais, avec un peu de chance, ils en arriveraient à retirer leurs enfants de « l’école laïque » pour les mettre dans une école confessionnelle : cela pourrait améliorer nos statistiques sur l’échec scolaire…
(J’entends certains objecter : un homme barbu n’est pas forcément un musulman ; et alors ? depuis quand le foulard n’existe-t-il que pour les musulmanes ? Revoyez les pubs et les films des années 60 : les femmes y ont souvent un foulard sur la tête !)

- pour encore plus de laïcité : interdiction à toute organisation relevant de la Fonction Publique, y compris aux chefs d’État et ministres divers de mettre les pieds dans un quelconque édifice religieux.

- interdiction de porter sur la voie publique AUCUN signe d’appartenance religieuse, politique ou idéologique (les bonnes sœurs en civil, comme tout le monde !).

- suppression de tous les jours fériés dus à une religion quelconque.

- instauration du port obligatoire d’un uniforme pour tous les travailleurs et usagers d’un Service Public, et même, tiens, sur tout espace ouvert au public.

J’aurais bien une autre idée : une manif où tous, hommes et femmes, auraient un foulard sur la tête…

Pour conclure, cette petite nouvelle glanée sur le site de la FCPE de Seine-Saint-Denis :

Admission post-bac : la FCPE, l’UNEF et l’UNL menacent de saisir la Halde

Étonnante nouveauté pour l’admission post bac, la nationalité française devient déterminante pour une poursuite d’études …
Les admissions post bac ont commencé sur internet mais pas pour tout le monde puisque les élèves de nationalité étrangère ne peuvent valider leur inscription dans certaines filières de l’enseignement supérieur.

La mise en place d’une mention supplémentaire pour “mieux éclairer les candidats étrangers à une formation en apprentissage” par le ministère de l’enseignement supérieur est une réponse insuffisante qui ne permet pas de garantir l’accès aux études pour tous.

Hé ! Ho ! On a déjà pas assez de sous pour les Français, vous voulez quand même pas qu’on offre aussi des études aux estrangers, non ?

D’un établissement à l’autre…

Mardi 29 juin 2010

Hier, suite au commentaire de Mademoisill, je suis allée sur FaceBook voir ce que disaient mes anciens élèves…

Pas de grande surprise : l’essentiel des commentaires sur les profs tourne autour de leur physique. Je suis « repérée » par ma 2 CV… et ma boucle d’oreille (j’ai appris il y a un an ou deux qu’une ancienne élève, des années plus tard, s’interrogeait encore sur le « pourquoi » de cette boucle unique…). Pas grand chose sur les « contenus », à part quelques voyages scolaires et le « bal des 3èmes ». A lire les 5 pages de commentaires variés, j’ai eu une petite envie de mettre mon mot (mais il faut sans doute s’inscrire pour cela)… mais non : j’étais là en infraction, en « voyeuse » ; ce qui se disait là ne m’était pas destiné, et une intervention de ma part aurait sans doute tout cassé…

Quelques commentaires aussi sur les c… de certains anciens, plus ou moins fiers de leurs bêtises ou de celles de leurs camarades. En voici un, à titre d’exemple :

je pence ke tout les prof surveillant cpe principal ki avai kan jetai la se souviendron de moi, je suis graver dans leur memoire juska la fin de leur vie… apres tou en 17ans de carierre ils ont jamai eu un eleve comme moi.. dapres une prof. dedicass a m… ki ma enmener juskau tribunal d… kan meme lol enfin plin de betise ke je ne regrette pas mai alor vraiment pas du tout :p !!!!!!!!! et les pti du colege foutez les merde!!!! batter vous!!! faites toute les connerie inimaginable!!! pask vou pourier le faire ke une fois dans votre vie sinon vous le regretterai ;)

Je l’ai eu, celui-là… Il doit avoir une bonne vingtaine d’années, maintenant… Et je suis désolée de voir qu’il a si peu « grandi »… C’est vrai que des bêtises, il en a fait pas mal… Des vols, entre autres, et parfois au détriment des « copains »… Mais ce qui l’a conduit au tribunal, c’était une lettre (anonyme, bien sûr !) de menaces à un prof (cité dans le message : je n’ai laissé que l’initiale).

Évidemment, il n’aurait eu aucune chance d’entrer dans un « Internat d’Excellence », où on recrute les élèves sur leur « mérite »…

Je lisais un article à ce sujet dans Marie Claire ce matin… et ai recherché d’autres infos sur le Net, à propos de l’internat de Sourdun…

C’est marrant, mais le discours général sur l’inutilité des effectifs réduits et la suppression de personnels « pléthoriques » (profs, surveillants et autres) n’a pas l’air d’avoir cours ici… Pour 120 élèves actuellement (500 à terme… dans un parc de 50 hectares…), une cinquantaine d’adultes ! A peu près ce que nous avions pour… 700 élèves ! 16 profs, 2 CPE, 12 « assistants de vie scolaire », 5 secrétaires (?), 7 personnels techniques… Et, bien sûr, une infirmière et une assistante sociale… D’accord, c’est un internat, ce qui nécessite plus de personnel (mais le site officiel ne mentionne pas les « techniciens de surface »… qui viennent sans doute d’une société privée)…

Les profs sont recrutés directement par le proviseur, en fonction de leur motivation, « dérogeant aux règles imposées par les syndicats de l’Éducation Nationale », commente Le Figaro Magazine…

Du temps où (c’est loin, tout ça…) il y avait des établissements expérimentaux dans l’Éducation Nationale, le recrutement dans ces établissements était soumis à des règles spécifiques, la motivation étant un critère important… Mais le « mouvement », comme on dit chez nous, restait national, et non au gré du chef d’établissement…

Je ne vais évidemment pas regretter qu’on « donne leur chance » à des gamins de banlieue désireux de bien faire (eux aussi sont sélectionnés selon leur motivation !)… mais j’aimerais bien qu’ »on » pense aussi aux millions d’autres, qui ne pourront intégrer ces établissements (d’après ce que j’ai lu, ils pourraient concerner quelque 5000 élèves…)… et qui galèrent tous les jours dans des classes surchargées, dans des établissements où ils sont mal protégés, face à des profs découragés par les bâtons qu’on leur met constamment dans les roues…

13 : le nombre magique (suite et fin)

Jeudi 10 juin 2010

Dernières fiches magiques, qui vont permettre de faire de sérieuses économies dans l’Éducation « Nationale »…

10- Lycée d’enseignement général et technologique
Rationalisation de l’offre scolaire

Il s’agit pour l’académie de rechercher les gains potentiels liés aux conditions de mise en œuvre de la réforme du lycée, notamment à la rentrée 2011 qui sera déterminante pour le dimensionnement de l’offre scolaire par la suite.

La réforme du lycée général et technologique offre des possibilités significatives d’optimisation aux établissements :

- une dotation horaire globalisée pour la mise en place de groupes à effectifs réduits,
- la possibilité de  » mise en réseau  » des établissements pour assurer certains enseignements de manière optimale,
- la mise en place d’un  » tronc commun  » en première permettant la constitution de classes réunissant des élèves des différentes séries,
- l’organisation de l’enseignement des langues vivantes par groupes de compétence.

La rationalisation de la carte des langues rares et la mise en place de conventions entre établissements pour la mise en place des enseignements d’exploration devront être recherchées. L’utilisation de la dotation globalisée laissée à la disposition de l’établissement doit être la plus efficace possible dans le cadre du dialogue avec les établissements.

(Vous voyez que les profs n’ont pas forcément tort quand ils se méfient d’une nouvelle réforme… Il est clairement dit ici que cette réforme doit permettre de supprimer des postes… contrairement aux discours officiels « rassurants »…)

En 2009/2010 le nombre moyen d’heures constaté pour la classe de seconde au niveau national (métropole + DOM) est de 41,3.

(Non, non, ce ne sont pas les heures de cours suivies par les élèves, rassurez-vous ! Mais celles affectées à la classe, et comportant des heures à effectif réduit…)

A la rentrée 2010, l’ » horaire total élève  » est de 28h30 auquel s’ajoute une enveloppe horaire pour les enseignements en groupes à effectif réduit sur la base de 10h30 par division.

Cet élément de coût rapporté à la division doit naturellement être nuancé par la taille des divisions : ainsi, en fonction du public qu’il accueille, un établissement pourra faire le choix soit de remplir ses divisions, de limiter les petits groupes et d’avoir une offre scolaire importante, soit d’avoir des divisions plus réduites, de favoriser les petits groupes et d’avoir une offre plus resserrée.

(Ça a toujours été le problème, y compris en collège : si on veut créer une nouvelle option – une langue vivante par exemple -, il faut « bourrer » les classes… D’où la suppression inéluctable, depuis pas mal d’années, d’options qui « coûtent cher » en moyens… pour tenter d’alléger un peu les classes…)

Pour la classe de seconde, il s’agit de faire différentes simulations en chiffrant le gain que pourrait dégager une dotation forfaitaire moyenne de 39h par division, 39,5h, 40h.

Par ailleurs, un examen de la carte des options et des enseignements en petits groupes doit être conduit pour l’ensemble du second cycle général de manière à maximiser leur efficacité et chiffrer les gains potentiels.

Pour les classes de première et de terminale générales, il convient d’évaluer les possibilités offertes par le « tronc commun ».

(Donc : « tronc commun » = possibilité de regrouper des élèves de différentes classes… Le « seuil » d’ouverture de classe étant, dans notre académie, à 30 élèves… on peut envisager sans problèmes – y compris de locaux ! – des cours à 40 élèves… Vous avez dit « suivi individualisé » ???)

11- Lycée Professionnel :
Rationalisation de la carte des formations

Les nouvelles grilles horaires présentent des marges d’organisation et d’adaptation locales importantes.

Les spécialités sont regroupées en  » champs professionnels  » devant permettre d’optimiser l’organisation de la formation. Le regroupement des divisions à effectifs réduits sera recherché ainsi qu’une augmentation de la taille des divisions.

(Voilà qui est très clair : toutes les classes doivent être nombreuses ! Quitte, pour les élèves voulant une formation dans un métier moins couru, à faire quelques dizaines de kilomètres pour rejoindre le lycée où elle se fera…)

L’objectif est de rationnaliser la carte des formations et de spécialiser les établissements afin d’optimiser la taille des structures.

La mise en œuvre de la rénovation de la voie professionnelle a conduit la plupart des académies à développer leur offre de CAP afin de permettre aux élèves souhaitant une insertion professionnelle rapide de s’orienter vers ce diplôme de niveau V. Cette stratégie initiale doit être questionnée au regard de l’orientation des élèves et du remplissage de ces structures.

(Ouais… on s’en fiche, de ceux qui visent un CAP ! Z’ont qu’à aller dans le privé, ou en apprentissage !)

12- Itinéraires de découverte : état des lieux

Les itinéraires de découverte sont organisés à raison de deux heures hebdomadaires inscrites à l’emploi du temps de la classe afin de permettre aux élèves de s’investir dans des projets interdisciplinaires et de travailler de façon autonome ou en groupes. Ils portent sur au moins deux disciplines.

Deux heures professeurs sont attribuées aux collèges pour leur organisation.

(Euh… j’ai pas bien compris : 2 heures pour l’ensemble du collège ???)

Dans le cadre de son autonomie, l’établissement peut procéder à des groupements d’élèves de plusieurs classes d’un même niveau.

Il conviendra de décrire les différentes organisations et modalités de financement (en termes de moyens horaires), d’indiquer les évolutions qui pourraient être envisagées en recherchant l’optimisation en terme d’organisation et de coût.

(OP-TI-MI-SER : le mot magique ! Pas optimiser le fonctionnement, l’adéquation de l’enseignement aux élèves, l’ambiance de travail… Non : LE COÛT ! L’Éducation ne rapporte rien, elle doit donc coûter le moins possible ! Revoir l’analyse de 1857 dans l’article Parenthèse)

13- Renforcement de l’efficience des emplois administratifs dans les services déconcentrés et dans les EPLE

(C’est qu’ils ont pensé à tout, pas seulement à diminuer le nombre des enseignants ! Je suis même étonnée qu’ils n’aient pas sérieusement comptabilisé les heures de ménage, cantine et entretien : on pourrait sûrement rogner aussi là-dessus !)

De multiples expérimentations et réformes sont conduites dans les domaines de gestion administrative et financière des rectorats et des inspections académiques (IA). Réorganisation des services, suppressions d’emplois, regroupements immobiliers et mise en place de nouveaux systèmes d’information sont étroitement liés.

(Ben oui, un ordinateur remplace facilement un secrétaire !)

Ainsi, la modernisation de l’organisation et du fonctionnement des services fait l’objet d’une programmation propre à chacune des académies et se décline en un ensemble d’actions qui ont pour effet de :
- réorganiser les services en favorisant la mutualisation au niveau académique, inter-académique, voire interministériel ;
- réduire le nombre d’implantations immobilières conformément aux objectifs de performance fixés par France Domaine (ratio portant sur une norme de 12M² SUN par agent) ;
- opérer des regroupements de structures, variables suivant la configuration géographique et la taille des entités administratives existantes, pour une meilleure articulation des compétences entre échelons départemental et académique et l’amélioration des conditions de travail des agents et de l’accueil du public. Inscrites dans un cadre pluriannuel, les restructurations des services académiques reposent sur deux axes :

¢ la mutualisation des fonctions de gestion sur le rectorat ou la création de plateformes de mutualisation sur une ou plusieurs IA ;
¢ les rapprochements Rectorat / IA chef lieu de région.

Depuis 2006, le nombre d’emplois non enseignants supprimés dans les services centraux et déconcentrés s’élève globalement à 2 900 ETP dont 2 550 ETP pour les académies (cf annexe 1). Les services académiques (rectorats et inspections académiques) ont absorbé plus des 2/3 de ces mesures.

b) départs en retraite et taux de remplacement des départs

Cependant, une forte érosion du nombre de départs en retraite a été constatée en 2009 : le nombre de départs effectifs s’est élevé à 745 contre 877 prévus initialement. Par rapport à 2008, le flux sortant est inférieur d’environ 20%.

(Comme c’est curieux ! On élève l’âge de la retraite, le nombre d’annuités… et les gens ne partent plus en retraite comme prévu ! Ils marchent sur la tête, ou quoi, « là-haut » ? C’est vrai qu’ils n’ont sans doute pas de soucis de ce genre…)

L’année 2009 est donc marquée par un changement de comportement des agents en raison de l’application d’une décote dans le calcul de la pension de retraite par trimestre manquant dans la durée d’assurance : pour les personnels non enseignants, le taux d’érosion entre 2008 et 2009 est estimé à 13% (services centraux, services académiques et EPLE).
En l’absence de recul suffisant sur ce nouveau comportement, la durée moyenne des reports de départs en retraite des agents ne peut être évaluée pour la période 2011-2013.

Dans une famille, en général, quand surgissent des difficultés financières, on essaie aussi de rogner sur beaucoup de choses… A ma connaissance, pourtant, on ne rogne qu’en dernière mesure sur le budget « éducation des enfants »… Mais l’État n’est évidemment pas une famille…

13 : le nombre magique… (suite)

Lundi 7 juin 2010

Après cette petite parenthèse qui nous a renvoyés plus de 150 ans en arrière, je reprends ces fameuses fiches qui vont permettre d’économiser des tas d’argent au gouvernement (on pourra toujours réutiliser cet argent pour traquer les gamins que l’école, ne pouvant plus s’occuper d’eux, rejette à la rue…).

6- Évolution de la taille des classes au collège

Il s’agit pour l’académie de procéder à une analyse du nombre d’élèves par division ou groupe d’élèves au regard des caractéristiques sociales et structurelles de l’académie, des niveaux et types de formation, et d’estimer les gains en emplois qui peuvent être générés dans le cadre d’une optimisation des effectifs dans les structures.

L’augmentation du nombre d’élèves par division (ou groupes) fait partie des mesures destinées à optimiser l’utilisation des moyens d’enseignement sans dégrader les résultats des élèves. Il n’est pas démontré en effet que la taille des classes ait un effet probant sur la réussite des élèves.

(Oui, on nous avait déjà dit ça pour l’école primaire : pas de raisons pour que les collégiens aient davantage besoin qu’on s’occupe d’eux…)

Au niveau national (France métropolitaine et DOM), le nombre moyen d’élèves par division (E/D) dans le second degré public tous niveaux confondus est passé de 24,1 à 23,9 entre les rentrées 2005 et 2009. Sur cette période il est resté stable en collège (24,0).

Une analyse probablement trop schématique montre que le surcroît de moyens au profit de certaines académies, pourtant significatif, ne permet pas d’atteindre une plus grande performance scolaire et d’égaliser les chances. Il est donc permis de douter de l’efficacité de l’emploi de ces moyens additionnels.

(Diminuer les moyens permettra sans doute davantage « d’atteindre une plus grande performance scolaire »… C’est marrant, j’aurais cru que ces « moyens supplémentaires », justement, permettaient de réduire le déficit de ces académies… Maintenant, évidemment, si on espère que cela permettra à une académie « ouvrière » – pour schématiser – d’atteindre les mêmes résultats qu’une académie « bourgeoise »… il y a nettement erreur sur les attentes !)

La méthode consiste donc à faire évoluer le nombre d’élèves par division puis à procéder au calcul du nombre théorique de divisions correspondant.

Exemple : Au sein d’un établissement, 240 élèves sont en 4ème dans 10 divisions soit un nombre d’élèves par division de 24,0. En augmentant le nombre d’élèves par division de 5 élèves on devrait obtenir : 240 / 29 = 8,3 divisions arrondi à 9 (gain d’une division).

Soit un gain théorique en ETP (sur la base d’un coût théorique d’une division de 29 heures) de 1(division) x 29(heures) /18 = 1,6.

(5 élèves de plus, rien que ça ! Et en moyenne, toujours ! En tenant compte des collèges ruraux qui, faisant baisser la sacro-sainte moyenne… conduiront donc leurs homologues urbains à dépasser largement les 30 élèves par classe !

Ceci dit… en 40 ans, j’en ai vu très peu, des classes à 24 élèves – telles que les prônait la réforme Haby, dans les années 70. Si je faisais la moyenne du nombre d’élèves de toutes mes classes – hormis les classes particulières comme CPPN, classes « techno » et autres -, je pense que je serais plutôt à 26-27 qu’à 24…)

7- Évolution du réseau des établissements

L’optimisation de l’utilisation des moyens de même que la nécessité d’une offre de formation diversifiée doit conduire à une évolution du réseau des établissements de petite taille (suppression, fusion, regroupements…).

(Ce qui signifiera, dans certaines régions, des transports scolaires d’une heure et plus pour rejoindre le collège… Mais qui se soucie des élèves ???)

Outre le coût de ces établissements pour les finances publiques (État et collectivités territoriales), cette situation peut nuire à la qualité de la formation dispensée : isolement des enseignants, multiplication des services partagés, difficulté à monter financièrement des projets pédagogiques, difficulté de faire intervenir des partenaires,…

(Mais… c’est qu’on parle pédagogie, dans ces fiches ! Et même qu’on s’attendrit sur le sort des enseignants ! Bon, d’accord, ça vient après le coût financier, mais bon, on y pense !)

A la rentrée 2009, au niveau national, on compte plus de 7900 établissements. Leur taille moyenne (métropole + DOM) est de 477 élèves en collège, 419 en LP et 950 en lycée.

Les établissements ayant 200 élèves ou moins représentent près de 6% du total des établissements et ceux ayant entre 200 et 300 élèves environ 11%.

(Les collèges à 700, 1000 élèves ou plus reviennent sans doute moins cher… Sauf peut-être en termes d’incidents divers, dégradations, bagarres et autres… Un enfant « anonyme » au milieu de 1000 autres sera sans doute plus tenté qu’un enfant « visible » et reconnu… Mais… au diable la psychologie ! On mettra des policiers référents, ça résoudra les problèmes !)

8- Réduction du volume des décharges dans le 2nd degré

Le terme de  » décharge  » est utilisé pour désigner des activités entraînant des aménagements aux obligations règlementaires de service d’enseignement devant élèves (ORS) des personnels enseignants.

C’est à un recensement des activités qu’elles recouvrent qu’il faut procéder pour se limiter à celles qui seront considérées comme confortant l’acte éducatif. C’est une mesure à  » la main des recteurs  » car il apparait par exemple que la mobilisation d’heures d’un professeur pour coordonner l’activité pédagogique en 6ème peut être utile dans certains collèges et pas dans d’autres.

Pour l’année scolaire 2009-20101, près de 357 000 heures de décharges, soit l’équivalent de 19 827 ETP, ont été accordées à près de 181 000 enseignants, ce qui représente une moyenne de 2 heures hebdomadaires de décharges par enseignant [déchargé]. Les décharges représentent 5,4% des effectifs d’enseignants affectés en établissement, elles sont en baisse de -2,7% cette année.

Les décharges non statutaires représentent 40% de l’ensemble des décharges, soit 2,1% des effectifs d’enseignants en établissement. Les 2/3 des décharges non statutaires relèvent de la responsabilité de l’établissement (soutien scolaire, chorale, coordination disciplinaire…), le 1/3 restant relevant de la responsabilité de l’académie (missions académiques, formation et utilisation des TICE…).

(Ça sert à quoi, le soutien scolaire, hein ? Autant le supprimer ! Et la chorale ? Ça a une utilité quelconque, la chorale ? A part permettre à des enfants d’apprendre à former un groupe, à travailler pour le plaisir, à s’écouter les uns les autres, à découvrir leur propre voix et celle des autres, voire à se produire en public et récolter fièrement des ovations – que certains n’auraient peut-être pas dans les « matières scolaires »… D’ailleurs, on devrait peut-être aussi supprimer les enseignements d’Education Musicale, d’Arts Plastiques et d’Education Physique et Sportive… Ça en ferait, tout ça, des économies !

Je n’ai jamais vu, en collège, de collègues ayant une décharge pour « coordination disciplinaire » – entendez par là les collègues qui se chargent – bénévolement à ma connaissance – de regrouper et dispenser les informations concernant leur matière, de prévoir les épreuves communes, d’organiser le matériel pédagogique commun, etc.. Par contre, je sais que les professeurs ayant certaines matières à expérimentation – sciences par exemple – ont une heure de « labo », dite aussi « de vaisselle » pour préparer et ranger les matériels utilisés en cours. Il me semble me souvenir que ces heures ont été réduites, voire supprimées pour certaines matières…

Ce qui existe aussi… c’est les heures de décharge pour l’informatique : un collègue – généralement de Technologie – se voit attribuer la responsabilité du parc informatique du collège : à lui de veiller à son bon état, à le dépanner, le compléter… Ça coûte nettement moins cher que de faire appel à un technicien… C’est sans doute pour cela que le ministre ne cite pas cet exemple de décharge…)

Le taux de compensation des décharges  » mono-motif  » non statutaires est de 31,8% : 16,9% pour les ARA et 38,9% pour les ARE. Les décharges non statutaires non compensées représentent près de 51 000 heures, soit 2 828 ETP.

9- Optimisation du remplacement dans le 2nd degré

Les remplacements des enseignants absents sont assurés soit en ayant recours aux titulaires de zone de remplacement ou à des agents non titulaires (contractuels ou vacataires), soit en faisant appel, notamment pour les courtes absences, aux enseignants de l’établissement rémunérés en heures supplémentaires.

Un dispositif spécifique, régi par le décret n°2005-1035 du 26 août 2005, a été créé concernant le remplacement des enseignants absents pour une courte durée (inférieure à 15 jours). Il peut être demandé aux enseignants de remplacer ponctuellement leurs collègues absents pour une durée inférieure ou égale à deux semaines, dans la ou les disciplines qu’ils enseignent habituellement, en privilégiant le volontariat et en les rémunérant en heures supplémentaires. Ce dispositif donne lieu à la mise en place de protocoles à l’initiative des chefs d’établissement.

(Il faut avouer que cette loi n’a pas très bien marché… Prendre en charge, en plus de ses classes, une autre classe dont on ne sait ni ce qu’elle étudie ni où elle en est du programme, cela signifie un surcroît de travail énorme, même pour moins de 2 semaines !

Quant aux absences de plus de 15 jours… vu qu’on a supprimé une grande partie des Titulaires de Zone de Remplacement (TZR pour les initiés)… elles sont remplacées de plus en plus tardivement ! Évidemment, l’idée qu’on puisse payer un titulaire qui restera chez lui peut-être un mois dans l’année au total fait mal au portefeuille ! L’appel aux non-titulaires, outre qu’il coûte moins cher, permet de les renvoyer chez eux « gratuitement » ensuite…)

Les remplacements des enseignants absents pour une durée supérieure à deux semaines sont assurés par des titulaires de zone de remplacement ou par des agents non titulaires (contractuels ou vacataires), ces remplacements sont régis par le décret n°99-823 du 17 septembre 1999.

Au cours de l’année scolaire 2009-20101, le besoin de remplacement et de suppléance [des congés de plus de 15 jours] des enseignants affectés en établissement est relativement stable par rapport à l’année scolaire précédente ; il s’établit, en janvier 2010, à 13 720 ETP, soit 3,98% de la population enseignante affectée en établissement (4,01% en janvier 2009).

Pour couvrir ces absences, les académies disposent d’un potentiel total brut de 13 190 ETP, en baisse de près de 17% par rapport à l’année scolaire précédente. Les moyens enseignants affectés de façon permanente au remplacement et à la suppléance se distinguent par deux notions : le potentiel brut et le potentiel net ; ce dernier ne comprenant que les personnels réellement disponibles pour effectuer, dès que nécessaire, un remplacement ou une suppléance. En 2009-2010, le potentiel net représente 9 068 ETP. L’écart entre le potentiel brut et le potentiel net, communément appelé  » pertes de potentiel  » représente 4 122 ETP.

Le taux d’efficacité du remplacement et de la suppléance est stable et s’établit à 96,23% cette année1. Quant au taux de rendement, il est de 83,44%, en hausse de plus de 3 points cette année par rapport à l’année précédente sur la même période. Cette hausse du taux de rendement, annonçant une mobilisation plus importante du potentiel de remplacement et de suppléance, résulte d’une baisse sensible du potentiel pour un besoin stable.

Pour optimiser le remplacement dans le 2nd degré, deux principaux leviers peuvent être actionnés :
- la réduction des pertes de potentiel, écart entre le potentiel brut et le potentiel net,
- l’amélioration du taux de rendement du potentiel net (fortes disparités académiques).

¢ Les pertes de potentiel représentent 4 122 ETP en 2009-2010, soit 31,25% du potentiel brut. Cette proportion varie sensiblement d’une académie à l’autre variant de 22,90% à 61,11%. Ces pertes de potentiel sont de plusieurs natures :

- Les quotités faibles, inférieures à 33% de l’ORS difficilement mobilisables, représentent 1 048 ETP, soit 7,9% du potentiel brut. La part de ces petites quotités varie de 2,8% à 14,6% selon l’académie.

- Les enseignants indisponibles représentent 576 ETP, soit 4,4% du potentiel brut. Près de la moitié des enseignants indisponibles le sont pour assurer des missions académiques (49%), d’autres sont dans l’incapacité provisoire d’enseigner (41%), 3% sont prêtés à des organismes extérieurs…

- Les congés des remplaçants représentent 919 ETP, en baisse de -13,6%. Ils représentent 7% du potentiel brut.

- Les surnombres disciplinaires représentent 1 579 ETP, soit 12% du potentiel brut. Ils sont en forte baisse cette année : -24,9%.

Bon, on parlera du lycée une autre fois…

(Parenthèse)

Dimanche 6 juin 2010

Envie de vous faire partager une de mes récentes lectures…

Les salles d’asile sont en réalité des établissements de première éducation où les enfants des deux sexes reçoivent, jusqu’à l’âge de sept ans, les soins que réclame leur développement physique et moral.
Dans les autres écoles, l’enfant, pendant de longues heures, est condamné à l’immobilité et contraint de se livrer à un travail qui n’a aucun attrait pour lui ; à la salle d’asile, au contraire, on s’est efforcé de suivre plutôt que de contrarier les impulsions de la nature, et de donner satisfaction aux tendances du jeune âge.
Ainsi l’enfant aime le mouvement, l’action, le bruit : il a besoin de varier sans cesse ses occupations, ses jeux, ses attitudes ; il est imitateur et contrefait volontiers les gestes, les manières des autres enfants ; il est questionneur, et demande à tout propos : Qu’est-ce que cela ? Pourquoi cela ?
Cette mobilité perpétuelle, cette turbulence, cette singerie imitative, cette incessante curiosité, sont évidemment des ressorts providentiels, qui ont pour but d’amener le développement intégral des facultés physiques et intellectuelles de l’enfant. Comprimer ces ressorts, c’est entraver ce développement, au détriment de sa santé et de son esprit.
[...]
A la salle d’asile, les leçons ne durent jamais plus de dix à quinze minutes, après quoi viennent les exercices corporels. [...]
Les leçons comprennent les premiers éléments de l’instruction religieuse, de la lecture, de l’écriture, du calcul verbal et du dessin linéaire. Des tableaux représentant des sujets tirés de l’histoire sainte, des animaux, des plantes, donnent lieu à des récits ou à des explications simples sur l’histoire naturelle, l’agriculture, la géographie, etc. Puis viennent les leçons de choses, dans lesquelles la directrice, en montrant aux enfants une image représentant un objet, ou cet objet lui-même, leur adresse une série de questions auxquelles ils répondent tous à la fois. [...]

(Je passe sur les descriptions de jeux, chansons, travaux manuels, exercices physiques…)

[...]
Oui, la crèche,la salle d’asile et l’école primaire, partout où elles existent simultanément, améliorent et transforment, au moral comme au physique, les générations naissantes. C’est à l’État, c’est aux administrations locales, c’est aux bons citoyens, c’est aux dames surtout, sans l’inspiration desquelles rien de bien ne se réalise, qu’il appartient de provoquer partout la création de nouvelles crèches et de nouveaux asiles.
Sans doute, il y a la question d’argent qui souvent paralyse la bonne volonté des administrateurs. Mais qu’on y songe. Des institutions qui tendent à prévenir la maladie, le désordre et la misère, préparent pour les travaux de l’agriculture et de l’industrie, aussi bien que pour l’armée, des hommes bien conformés, laborieux et tempérants ; de telles institutions rapportent à l’État et aux communes plus qu’elles ne leur coûtent.

Ne voilà-t-il pas de beaux sujets de réflexion ?

Bien sûr, vous aurez traduit « salles d’asile » par « écoles maternelles ». Comme les crèches, elles ont été créées au départ par des personnes soucieuses de ne pas laisser à l’abandon les enfants des classes laborieuses des villes. Puis progressivement prises en charge par l’État.

Par un décret en date du 16 mai 1855, les salles d’asile de France ont été placées sous la protection de l’Impératrice Eugénie.

Vous aviez bien perçu qu’il s’agissait là d’un texte ancien… C’est un article de L.-A. Bourguin, in La Ruche parisienne (Journal illustré paraissant tous les samedis) n° 38, daté du 11 juillet 1857…