Le Pratos

J’ai toujours adoré le théâtre : celui qu’on joue encore davantage que celui qu’on regarde… Il est possible que j’aie vu mes parents jouer dans un groupe d’amateurs à l’occasion de fêtes de la paroisse ou de la commune. Je ne m’en souviens pas, mais c’est assez vraisemblable. Mon premier souvenir en tant qu’actrice, mais aussi organisatrice, metteuse en scène, habilleuse, etc., remonte à une kermesse de mon village (c’était un village, à l’époque…) quand j’avais une dizaine d’années. J’avais trouvé le texte dans la revue Lisette, petite saynète à 3 ou 4 personnages…

Le souvenir suivant est bien plus tardif : à la fête de l’école, en fin de première, je me retrouvai en Rastignac, assistant le Père Goriot en train de mourir. J’avais été très déçue : j’espérais remporter le rôle titre, Rastignac n’étant guère plus qu’un figurant… mais une autre élève m’avait devancée…

Par la suite, je profitai de mes séjours comme monitrice de colonie de vacances pour monter de petits spectacles, associant souvent danse et théâtre, car la danse était aussi un de mes rêves. Et, bien sûr, dès ma première année d’enseignement, je me hâtai de monter un petit spectacle à partir de La Belle au bois dormant avec mes élèves de 6ème.

Mais ce goût pour le théâtre devait prendre d’autres formes : si j’avais "le feu sacré", il faut bien avouer que je manquais sérieusement de connaissances en techniques théâtrales et en animation! Ces connaissances indispensables, c’est à la MJC que je les acquis…

Il y avait à l’époque un groupe "d’expression corporelle" : j’ignorais totalement ce que recouvrait ce terme, mais quand j’appris qu’il s’agissait d’une certaine forme de théâtre, basée sur des improvisations,je me hâtai de m’y inscrire.

Le Pratos… Tel était le nom du groupe d’une quinzaine d’adultes (jeunes : moins de 30 ans) et d’ados qui se retrouvait chaque semaine pour des séances où l’on apprenait aussi bien la relaxation que l’image fixe, l’utilisation de la voix, la réaction à telle action ou telle posture d’un autre acteur. On apprenait aussi, à la fin de la séance, à "critiquer" ce que nous avions fait. J’écris avec des guillemets, car trop souvent, on entend le mot "critique" comme négatif : ce n’était évidemment pas du tout le propos. Il s’agissait de formuler comment nous avions vécu la séance : observations tant sur le déroulement même que sur les actions/réactions des autres acteurs.

L’animateur (Jacques refuserait-il le terme?) nous ayant fait découvrir de nombreux exercices et leur enchaînement dans une structure à peu près constante (mise en train, exercice, relaxation, exercices, parfois improvisations globales, bilan), nous passa alors le flambeau : chacun notre tour, nous préparions une séance et devenions animateurs. Bel apprentissage!

Nous montâmes même un spectacle : Malaise, bien que ce ne fût pas le but premier du groupe. Mais nous avions envie de mettre à l’épreuve ce que nous avions découvert.

Et, quand je me retrouvai prof dans l’Aisne, je décidai assez vite de me lancer dans l’expérimentation…

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