Travail de groupes (suite)

Beaucoup de pratiques peuvent être dénommées « travail de groupes ». Pour ce qui est de l’organisation, je les classerai en 3 « catégories ».

Travaux à l’intérieur d’une séance

Il s’agit donc d’un travail ponctuel, d’une durée de quelques minutes à une heure. Le plus souvent, on demande aux élèves de faire un exercice par deux, voire par 3 ou 4. Inutile dans ce cas de créer des groupes : chacun travaille avec son voisin, on retourne éventuellement des chaises pour travailler avec les 2 élèves qui sont derrière. (Je rappelle que mes élèves se plaçaient comme ils voulaient, donc, en principe, pas de problèmes d’inimitié…)

Cette forme de travail permet aux élèves de s’expliciter réciproquement consignes, démarches, méthodes, et à l’enseignant de suivre le travail plus facilement que dans le cas d’un travail individuel.

J’ai aussi utilisé cette pratique d’une manière un peu différente, pour aider des élèves en difficulté : après avoir rendu des rédactions, par exemple, je demandais aux « mieux notés » d’aider les « plus mal notés » à reprendre et corriger leur devoir. Une fois les tandems constitués (par des volontaires), les « moyens », eux, retravaillaient leurs rédactions par deux. Que ce soit en grammaire, en rédaction ou en orthographe, cette forme de travail m’a paru bénéfique. Mais je ne l’ai jamais pratiquée que très épisodiquement dans une classe, de peur de constituer de façon visible des groupes « forts » et « faibles ».

Pas de note en général pour ces travaux « courts », sauf dans le cas d’une fiche comportant de nombreux exercices (travail à 3 ou 4, durée d’une heure). Auquel cas je relevais les travaux, mais ne notais généralement qu’une fiche par groupe, la note étant attribuée à tous les élèves du groupe, sauf cas évident de non-travail d’un élément.

Un autre travail était de préparer un texte à jouer devant les autres la semaine suivante (scène de théâtre, fabliau, poème…). Organisation libre du groupe, de 2 à 4. Là, le niveau sonore m’obligeait souvent à envoyer quelques groupes (fiables !) dans le couloir, si nous n’avions pas accès à deux salles voisines ou à une très grande salle…

Travaux sur plusieurs séances

Le travail cette fois doit être planifié et organisé : les élèves savent avec qui ils travaillent, et connaissent les dates des séances (de 4 à 6 séances de 2 heures, en général) où ils se retrouveront.

Je laissais les élèves s’organiser par groupes de 3 ou 4 (à 5, il y en a toujours au moins un qui ne fait rien, ou distrait ses camarades… et le niveau sonore monte beaucoup) ; parfois, certains demandaient à travailler par deux : je le leur déconseillais généralement, vu l’importance du travail, mais les laissais libres ; je refusais par contre le travail individuel… sauf cas extrêmes (moins d’un par an, toutes classes confondues).

Quel travail ?

Le but cette fois est de rendre un devoir unique, qui réunit les recherches de chaque élément du groupe. Il s’agit par exemple d’une recherche en CDI sur un thème donné – sous-thème choisi par le groupe – à organiser sous forme de dossier ou d’exposé. Ou bien d’une étude particulière sur un aspect (à choisir dans une liste) de l’œuvre étudiée en classe. Ou d’une étude à partir de documents proposés d’un thème étudié : l’esclavage, le double, la peine de mort… ceci pour les plus grands, évidemment !

Et, bien sûr, l’objet à rendre peut être un travail d’imagination cadré dans les objectifs du trimestre : « roman » policier ou de science-fiction, conte, pièce de théâtre…

Dans tous les cas, il s’agit d’un travail important, trop important pour un élève seul.

Travail collectif

Là aussi, les élèves doivent connaître le planning de ces heures de travail. La différence avec ce qui précède est que l’objet à produire (texte ou représentation théâtrale) est unique pour toute la classe. Les groupes peuvent être constitués, ou varier selon les séances. En début d’heure, je rappelais où nous en étions, les élèves lisaient ce qu’ils avaient produit lors de la séance précédente, on examinait les pistes possibles, et le travail s’organisait en fonction de ce que les uns et les autres voulaient faire : c’est pourquoi les groupes étaient fluctuants, en fonction des intérêts de chacun. C’est ainsi que mes 5èmes ont écrit Tom le Gnome.

J’ai peu pratiqué cette forme pour la production de texte : elle est très lourde pour le prof, tant pour la correction que pour l’animation et la direction des séances… Par contre, je l’ai beaucoup pratiquée dans l’objectif d’une représentation théâtrale (pendant des années, j’ai « produit » au moins un spectacle par an…). Les groupes alors étaient les acteurs d’une même scène, mais aussi les groupes « costumes », « décors », « accessoires »…

J’essaierai de retrouver quelques-uns de ces travaux pour vous en faire profiter…

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2 Responses to “Travail de groupes (suite)”

  1. Axel dit :

    Finalement, j’ai retenté le travail de groupe cet après-midi, un peu, beaucoup grâce à ta propre persévérance 😉
    Il s’agissait de reprendre un travail d’écriture. D’abord par deux, puis quatre.
    La séance s’est plutôt bien passée (reste à voir quand même si tout le monde a réellement amélioré son travail) mais j’aurais dû arrêter un bon quart d’heure avant la fin pour conserver le calme relatif. A peaufiner encore, donc.

  2. Ex-prof dit :

    Bravo pour ta décision ! Je crois vraiment que c’est une forme de travail très profitable, même si l’apprentissage est aussi difficile pour le prof que pour l’élève ! Bien sûr, ce n’est pas une forme à utiliser constamment, mais je pense que, en moyenne, je devais bien faire appel une fois par semaine à un travail de groupes, fût-il très bref.
    Bien sûr aussi, il y aura toujours des élèves qui « en profiteront » pour ne pas faire grand chose… mais en auraient-ils fait plus en travail individuel ? Je suis loin d’en être persuadée…

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