Premiers pas en expression corporelle

A l’époque, j’étais toujours dans l’enseignement catholique et, n’ayant pas trouvé de poste dans ma région, je répondis à une petite annonce (je crois que c’est ma mère qui l’avait vue) pour un poste dans l’Aisne. Comme beaucoup d’écoles de ce genre, l’établissement (école de filles!) avait une classe de chaque niveau, de la maternelle à la 3ème. Je me retrouvai donc à enseigner le Français en 5ème, mais aussi l’Histoire, la Géographie et l’Instruction civique (on ne disait pas Éducation civique, à l’époque) dans les 4 niveaux du collège. Je dirai peut-être un autre jour les problèmes que cela me posa…

Ma classe de 5ème était très sympathique (les autres aussi, d’ailleurs!), ce qui tombait bien, car je la retrouvai une dizaine d’heures par semaine, dans l’une ou l’autre matière. Je ne sais plus du tout comment j’en vins à transformer l’un de mes cours en séance d’expression corporelle… Il me semble que par la suite, de "vraies" séances (c’est-à-dire de 2 heures) eurent lieu après les cours, mais je n’en suis plus très sûre. Comme les élèves habitaient le village ou étaient internes, cela ne devait pas poser problème.

Ces séances avaient un grand succès et, quand on me parla de la fête de fin d’année, où l’on organisait un grand spectacle dans la salle des fêtes, je pensai bien sûr y associer mes 5èmes.

Petite parenthèse : un des grands principes auxquels je me suis toujours pliée était que dans un spectacle de classe, toute la classe participait. Si l’un ou l’autre élève ne voulait pas monter sur scène, il participait d’une autre manière en s’occupant des costumes, accessoires, maquillages, éclairages, que sais-je! Mais je me refusai toujours à préparer un spectacle où les 2 ou 3 (ou plus, qu’importe!) "meilleurs en théâtre" montaient sur scène tandis que leurs camarades spectateurs étaient réduits à les applaudir…

L’institutrice de cours préparatoire était très intéressée par mon projet, et me demanda de donner des séances d’expression corporelle à ses élèves, puis, par la suite, de les intégrer dans le projet des 5èmes. Ces dernières ayant ébauché un scénario comportant des pickpockets qui dévalisaient les passants, on décida que ce serait sur un fond de fête, comprenant un spectacle de marionnettes : les élèves de CP seraient les marionnettes, qui seraient "manipulées" par des 5èmes (mais sans fils : trop compliqué!). Et les CP élaborèrent elles-mêmes les scénarios (si, si! on peut le dire, en français!) des marionnettes. Les enfants qui ne joueraient pas des marionnettes (la multiplication des sketches aurait entraîné un allongement démesuré du spectacle) joueraient de percussions pour ponctuer la pièce.

Sur ce, l’institutrice de CE1-CE2 voulut participer, elle aussi (à moins que ce ne soit l’inverse : elle d’abord et les élèves de CP ensuite… mes souvenirs sont brumeux sur ce point). La pièce étant censée se dérouler sur environ une année, ses élèves se chargèrent d’illustrer le changement des saisons : avec de grands panneaux peints, mais aussi en expression corporelle (muette), rythmée par les percussions.

(à suivre)

2 commentaires sur “Premiers pas en expression corporelle”

  1. Françoise Geyssens dit :

    J’ai eu le bonheur de faire partie de cette classe de 5ème, un des meilleurs souvenirs de ma scolarité à Notre Dame, merci Christiane pour cette bouffée d’air pur que tu as fait entrer dans cette institution à l’époque si austère !

  2. Ex-prof dit :

    Merci à toi d’avoir été un élément moteur de cette classe… et merci surtout de te souvenir aujourd’hui !

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