Tout va bien ?

En tous cas, notre Gouvernement fait tout pour venir en aide aux élèves en difficulté : CLAIR, ERS, E2C… Voilà un Gouvernement qui se soucie de l’Éducation !

Voire…

Mais peut-être ces sigles vous semblent-ils « chinois » ? Vous n’êtes pas les seuls… Heureusement que j’ai lu quelques articles m’éclairant sur leur sens et leurs fonctions…

E2C : Écoles de la 2ème Chance. En fait, initiées par Édith Cresson (commissaire européenne) en 1997, elles se développent surtout depuis 2009, date à laquelle l’État vient compléter (jusqu’à 1/3) leur financement.
De quoi s’agit-il ? De modules de formation pour les 18-25 ans (sortis du système scolaire depuis 2 ans au moins) qui se remettent à niveau, effectuent des stages professionnels (surtout dans des branches où le recrutement est insuffisant). L’équipe de formateurs (d’horizons différents) accompagne les jeunes pour les aider à former un projet professionnel. D’après l’article du Nouvel Obs du 18/11, il y a actuellement 55 E2C sur 63 sites (???), et il devrait y en avoir 87 à la fin de l’année. 60% des jeunes en sortant (au bout de 9 mois à 35 heures par semaine) peuvent intégrer un travail, une formation, un apprentissage ou un emploi aidé.

Bien… C’est une bonne idée, de mettre à la disposition de jeunes sortis de l’école sans formation un moyen de les aider à se construire un projet professionnel. Une FPA (Formation Pour Adultes) plus ciblée, en quelque sorte. Ils reprennent confiance en eux, en leurs capacités, et peuvent ensuite se projeter dans l’avenir.

J’apprécie moins le surtitre de l’article : « Une leçon de pédagogie »… D’abord, je n’aime guère qu’on me donne des leçons… Ensuite, comment comparer une classe « normale » d’élèves plus ou moins contraints d’être là, avec de jeunes adultes volontaires, stagiaires et rémunérés (320 à 660 € mensuels en Ile-de-France) ? D’autant que… – détail qui a son importance – aucune indication n’est donnée quant au nombre de stagiaires inscrits en même temps dans un de ces établissements (ni dans l’article, ni dans les sites internet consultés d’E2C)…

CLAIR : Collèges et Lycées pour l’Ambition, l’Innovation et la Réussite. Ce projet, initié par Luc Chatel en mars dernier, vise à reclasser un certain nombre d’établissements classés ZEP (Zone d’Education Prioritaire). Les chefs d’établissements recrutent directement les enseignants et CPE (Conseiller Principal d’Education), horaires d’enseignement et programmes sont « adaptés » localement. En bref, il s’agit donc de sous-collèges et lycées… Les établissements qu’on a classés CLAIR n’ont pas eu droit à la parole… Mais le Tribunal administratif, saisi, a conduit le Ministère à revoir sa copie : le dispositif ne peut être imposé sans l’avis du Conseil d’Administration des établissements…

ERS : Établissement de Réinsertion Scolaire. Annoncé en mai dernier par Luc Chatel, ce projet ouvre en septembre 10 ERS qui regroupent « pour une durée d’un an au moins » 15 à 30 élèves de 13 à 16 ans « particulièrement perturbateurs », ayant subi plusieurs exclusions. Là non plus, pas question de discuter avec les établissements : les ERS sont parachutés dans les établissements. Le magazine du SNES Versailles de décembre cite le cas d’un collège où ni lettres, délégations, ou grèves n’ont rien changé… Mais, au 22 novembre, l’ERS n’a toujours ni projet pédagogique, ni matériel, ni téléphone, ni les surveillants, animateurs et éducateur promis !

Un article du Nouvel Obs (25/11) sur ces établissements est plus « dramatique »: 5 renvois à Craon (sur 14), fermeture de l’ERS de Portbail, suite au renvoi des 8 internes…

Mais là, un « détail » éclairant : les jeunes sont encadrés par divers personnels (enseignants, éducateurs, mais aussi personnels de la Protection Judiciaire de la Jeunesse) au taux de… 1 adulte pour un jeune !

***

Entendons-nous : je ne pense pas que l’école puisse, de par sa fonction et son fonctionnement, résoudre tous les problèmes rencontrés dans certains milieux. Cependant, si on améliore (au lieu de le baisser constamment) le taux d’encadrement des élèves dans les écoles, collèges et lycées, si on veille à ce que, dans chaque établissement, il y ait au moins une permanence infirmier, assistant social, conseiller d’orientation (mais ça, j’en reparlerai…), il y aura tout de même un peu plus de chances pour qu’on détecte les élèves qui risquent de devenir « à problèmes », et qu’on tente, avec d’autres administrations locales, un suivi des enfants et de leurs familles…

Avant…

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