Premiers pas en expression corporelle (suite)

Parallèlement, des parents d’élèves jouaient aussi traditionnellement une pièce pour la fête de fin d’année, et me demandèrent de me joindre à eux. Ce que je fis, avec l’institutrice de Cours Élémentaire, Solange. Je leur proposai des séances d’expression corporelle qu’ils acceptèrent sans aucun enthousiasme. Mais ils jouèrent le jeu, et l’ambiance était très sympathique. Cependant, le temps passant, ils s’inquiétaient de ne pas encore avoir de scénario précis, et acceptèrent de tenter l’expérience d’un spectacle d’expression corporelle à condition que je joue dans la pièce écrite qu’ils avaient choisie (l’histoire d’un homme qui a – peut-être – avalé une mini-bombe au lieu d’un cachou… réactions de l’entourage qui sait – ou croit savoir…). Quand nous eûmes un scénario qui se tenait à peu près, je suggérai que 2 élèves de 5ème viennent assister à nos séances, comme spectatrices – et comme critiques ! Car, là aussi, il y avait un bilan de fin de séance. Or, comme je jouais, il m’était difficile d’avoir un « regard extérieur » sur ce que nous faisions. Le père de l’une d’elles acquiesça, et Sylvie vint, avec une camarade, jouer les critiques… Pas trop impressionnées, car rodées depuis des mois à cette technique, elles nous aidèrent beaucoup. Et le père de Sylvie recevait ses critiques comme les autres, ce qui devait lui sembler tout de même assez curieux! Je ne me rappelle plus la fièvre qui précéda les derniers jours, mais je suis sûre qu’il y en avait une, et intense! Même si le public nous était  acquis d’avance (au moins pour la pièce des élèves), je sentais l’importance de l’enjeu en présentant des spectacles qui ne ressemblaient pas du tout aux pièces habituelles. Je me souviens par contre des angoisses d’une maman du groupe de théâtre qui jouait le rôle d’une fleur et dansait sur la scène en justaucorps noir : à l’approche du spectacle, elle hésitait à se montrer ainsi devant tout le monde… J’avais demandé à des amis du Pratos de venir voir « ma production », et ils étaient 3 ou 4 parmi les centaines de spectateurs (combien de centaines? Aucune idée! J’ai totalement oublié la contenance de la salle!) : j’espérais très fort que leurs critiques seraient positives! Je ne me souviens pas de problèmes pendant la pièce des élèves; mais je me souviens des applaudissements quand les quelque 80 gamines vinrent saluer à la fin ! Quelle fierté ! (Forcément, les parents de 80 enfants applaudissent beaucoup plus fort que les parents de 2 ou 3 !). Les pièces des adultes se déroulèrent sans anicroches non plus, et je me sentis la reine de la fête!

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