Un si beau métier…

C’est curieux, mais il semble y avoir comme une désaffection des étudiants pour notre si beau métier…

Bon, d’accord, le nombre de postes aux concours du second degré est passé de 17 200 en 2003 à 8 600 aujourd’hui.

Mais… les inscriptions, elles, ont baissé de 25% cette année… Il y aurait 1 300 inscrits au CAPES de Maths pour 950 postes… Presque sûrs de l’avoir, dis donc ! (Quand je pense que je n’ai eu la chance d’être dans le « peloton de tête » qu’au 3ème essai…)

Bon, d’accord, la réforme de la « formation » des profs a pu avoir un effet dissuasif… surtout si les étudiants connaissent tel ou telle « stagiaire » qui patauge dans la choucroute depuis septembre…

Bon, d’accord, les 4 800 postes à supprimer dans le second degré, en regard des 48 500 élèves de plus à la prochaine rentrée doivent rendre perplexe plus d’un étudiant : 10 élèves de plus = 1 prof de moins… Drôle d’équation !

Bon, d’accord, les déréglementations mises en oeuvre dans certains collèges, où le principal recrute directement les profs, peuvent faire lever plus d’un sourcil.

Bon, d’accord, la suppression de 155 Conseillers Principaux d’Education peut faire frissonner quelques peureux, qui se voient déjà submergés par des élèves goguenards presque assurés de l’impunité. (Et l’éventuel ajout de policiers dans le collège où ils seront nommés ne les rassure pas forcément…)

Mais… c’est un si beau métier, que d’enseigner… Aider des enfants, des ados, des jeunes, à acquérir la maîtrise d’un savoir, d’une réflexion, d’une autonomie…

* * *

Allons ! Tout n’est pas si dramatique ! Les 4 000 000 d’euros attribués en plus à l’enseignement privé peuvent permettre la création de 250 postes…

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7 Responses to “Un si beau métier…”

  1. Lucien dit :

    C’est drôle, étant tombé sur les chiffres que vous évoqués, je pensais moi aussi faire un billet sur la désaffection des jeunes pour le métier !
    Je me suis fait la même réflexion que vous… Plus court et plus percutant que de longs discours, ce simple constat : le plus beau métier du monde n’attire plus ! (Tu m’étonnes…)

  2. Lucien dit :

    hum, que vous évoquez…

  3. Axel dit :

    Soyons positifs : des étudiants se présentent encore aux concours de l’éducation nationale.
    Soyons réalistes : « acquérir la maîtrise d’un savoir, d’une réflexion, d’une autonomie » dans des classes plus chargées, rarement disciplinées, avec de moins en moins de temps pour le faire, grâce à des enseignants décrédibilisés et submergés de tâches annexes… il faut vraiment y croire !

  4. Ex-prof dit :

    Tout à fait d’accord… Je suppose que, bientôt (peut-être est-ce déjà le cas ?), les petits ne rêveront plus d’être « maître » ou « maîtresse »…

    Mais quel dommage, de voir ainsi se dégrader un si beau métier au point de risquer la pénurie d’enseignants !

    Encore que… passé le papy-boom, ça va aider pour supprimer des postes…

  5. Aurélie dit :

    Oui, c’est un beau métier… que je pratique depuis 11 ans, et j’ai encore la foi, après 9 ans en ZEP, et désormais en EREA par choix. Autant dire que j’ai choisi un public très désorienté et qui cumule beaucoup de difficultés. Un choix que j’assume; Mais tant que notre société aura une vision toujours aussi réductrice voire méprisante des profs, ce qui ne changera pas de sitôt avec les réformes en cours, je ne suis toujours pas sûre de faire ça toute ma vie…

  6. Ex-prof dit :

    Je crains que ce ne soit plus grave que ça : ce n’est pas « seulement » la vision des profs, qui est réductrice ou méprisante, mais celle du « peuple », dont les enfants ne sont pas – a priori – appelés à de hautes fonctions et/ou responsabilités… Les enfants de l' »élite » étant majoritairement dans le privé, on peut bâcler tant qu’on veut ce qui se passe dans l’Éducation (dite) Nationale : pour faire de futurs ouvriers ou techniciens, cela suffira toujours…

    Les leçons de l’Histoire sont vite oubliées… Il y a eu pourtant, rien qu’en France, quelques révolutions qui ont obligé les nantis à revoir leur copie… Il y en a eu – et il y en a encore – ailleurs… Mais les gouvernants pensent toujours être assez habiles pour faire avaler les pilules au « bas peuple »… et s’enrichir sur son dos…
    D’où… l’importance de notre métier : à notre petit niveau, on peut essayer d’apprendre aux enfants à réfléchir par eux-mêmes, à mettre en question les « vérités » établies…

    Attention ! Je ne parle évidemment pas de « faire de la politique » en classe ! Cela n’est pas notre rôle ! Mais amener, chacun dans sa matière, les enfants à comparer, discuter, chercher à comprendre ; leur donner des outils qui pourront leur servir plus tard…

    Je sais, je sais, mon propos paraît un peu utopique, et nous quittons chaque année nombre d’élèves qui n’ont pas appris à réfléchir, ou à peine… On ne peut pas réussir à tout coup… Mais qui sait si dans 10 ou 20 ans la « petite graine » n’aura pas fini par germer ?

  7. Amélie dit :

    Je suis instit’ en 6ème dans un EREA. Je n’avais pas demandé ce poste (T2!), je ne suis pas formée mais j’ai eu cette année un gros coup de coeur pour cette école, ces enfants, cette manière de travailler. Cependant, je reste inexpérimentée, motivée mais inexpérimentée…Si vous êtes à la retraite et que vous avez un peu de temps à me consacrer, mon plus gros soucis est de faire progresser les élèves en lecture/écriture…Tous les conseils sont plus que les bienvenus…Les meilleurs manuels ne remplacent aucunement l’expérience des plus anciens…
    Cordialement

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