Enseignants privilégiés…

Hier, j’ai lu avec intérêt le billet de Lucien sur la grève du 10… Et suis tombée en arrêt devant le commentaire d’un certain Axel qui rend les enseignants responsables de tous les maux du monde : non seulement ils prennent les enfants en otages, mais en plus, à en croire son virulent « témoignage », nombreux sont ceux qui « font cours » complètement bourrés… Ce ne sont que de petits fonctionnaires attachés à leurs privilèges (ils travaillent 16 heures par semaine, ont plein de vacances et sont royalement payés – sans compter les ponts d’or qu’ils se font, au noir, avec des cours particuliers), qui refusent d’être notés et sont massivement syndiqués. Ils refusent même les policiers dans les écoles et les détecteurs d’armes ! C’est dire à quel point c’est une engeance horrible !

Je ne reparlerai pas de la « prise d’otages », je me suis déjà exprimée à ce sujet.
De nombreux profs alcooliques ? Je n’en ai jamais rencontré en tant qu’élève, et en ai croisé deux en 40 ans de carrière (dont une qui ne buvait que le soir, après les cours…)… Que les profs ne soient pas plus parfaits que les autres… ben oui, ce ne sont pas des anges descendus du ciel pour faire cours…
16 heures de travail par semaine ? Axel est mal renseigné : c’est 18 heures pour les certifiés, 15 pour les agrégés… Et, évidemment, ces heures se font comme ça, au débotté, sans préparations ni corrections. Il mentionne d’ailleurs que les mêmes cours sont répétés, année après année… Même les profs très paresseux (il y en a, je sais…) sont bien obligés de tenir compte des réformes… au moins une par ministre !
Les vacances et le salaire : j’en ai déjà parlé, et expliqué que le salaire tenait compte effectivement de ces vacances (les « grandes vacances » ne sont pas payées, en fait). Les changements dans la durée du travail des salariés n’ont d’ailleurs rien changé au calcul de notre salaire, fait au début des années 50 si je me souviens bien. Pas plus que l’allongement de l’année scolaire (le calcul a été fait sur 3 mois de vacances… on en est à 1 et demi, pour la plupart des profs).
Les cours particuliers ? A ma connaissance, ils sont massivement donnés par des étudiants, plutôt que par des profs… Quant aux « ponts d’or »… Axel n’a jamais dû appeler un plombier qui lui facture (au noir) 60 € pour une intervention d’une demi-heure… Je n’ai jamais connu de prof qui pratique ce genre de tarif… On fait haro sur les plombiers ?
Au risque de décevoir ledit Axel, il faut savoir que les profs sont notés. Tous les ans. Par l’inspection et par le chef d’établissement : 2 notes qui comptent pour l’avancement. Qu’il y ait à redire sur cette notation, j’en conviens (j’ai été suffisamment « mal notée » pour être d’accord !).
Quant aux syndicats… ils voudraient bien représenter massivement les profs… mais, comme les syndicats des autres professions, le nombre des syndiqués est en chute libre depuis pas mal d’années… J’ai déjà dû mentionner cette réflexion d’un jeune prof : « Tu es syndiquée ? Mais… puisque tu ne demandes pas ta mutation !… »
Pour les policiers… je pense honnêtement qu’un encadrement plus nombreux résoudrait pas mal de problèmes, plutôt que de criminaliser l’école ! Détecteurs d’armes… et pourquoi pas des miradors ???

Bon, maintenant que je me suis épanchée suite à ce commentaire qui m’a hérissé le poil (mais allez le lire, ça en vaut la peine : je n’ai que résumé quelques grandes lignes…), revenons aux choses sérieuses…

Comme vous le savez, la grève d’avant-hier n’avait pas pour objet de défendre quelques « privilèges », ni de demander une augmentation de salaire… Mais de combattre l’idée qu’avec moins d’enseignants on peut « faire mieux »…

Certes, gonfler les classes va demander beaucoup plus de travail aux enseignants, et un travail plus « global », moins individualisé, donc moins intéressant. Mais… ce sont tout de même les enfants les… « otages » de cette réforme ! Ce sont tout de même eux dont on s’occupera moins, qu’on suivra moins attentivement, qu’on ne parviendra pas à « remettre sur les rails » à temps !

Voir l’article de Libération :

Des économies loin d’être indolores

A Suresnes, Paris ou la Réunion, enseignants et élèves sont face aux restrictions budgétaires.

A titre d’exemple, voici ce qui va se passer dans l’académie de Versailles :

Un budget catastrophique (- 493 emplois, + 1159 élèves dans une académie déjà sous dotée et marquée par une aggravation des inégalités)
[…]
Ce sont 11 BTS qui sont fermés dans l’académie pour à à peine 3,5 ouvertures de sections dont 2,5 sous statut d’apprentissage.
[…]
Dans la voie professionnelle, 10% des capacités d’accueil en CAP ont disparu, des CAP ont été fermés comme des divisions de bac pro alors que 7000 élèves n’ont pas eu satisfaction sur leur 1er voeu pour les affectations en voie professionnelle !
[…]
le Recteur […] a décidé dans la plus grande opacité et de manière autoritaire de diminuer de moitié le nombre d’établissements qui, selon lui, doivent recevoir des moyens supplémentaires. Il exclut d’emblée tous les lycées de la liste. Et cela dans un contexte marqué par le renforcement de la pauvreté, l’accroissement des inégalités socio-économiques et dans une académie connue pour sa très forte polarisation sociale, la vivacité des contrastes entre zones de relégation et zones de prospérité, la disparité des résultats scolaires.

Après avoir augmenté les heures supplémentaires, laminé les moyens de remplacement et détruit la formation professionnelle des jeunes enseignants pour récupérer des emplois de stagiaires, le Recteur va faire porter les suppressions d’emplois décidées par le Ministère dans les établissements ;
– En augmentant le nombre d’élèves par classe, en supprimant les dédoublements
– En appliquant partout les horaires planchers
– En réduisant les options

Et, dans la même académie, la « réforme » de la section « Sciences et Technologies Industrielles » (STI)

Le démembrement de la filière STI sous couvert d’une réforme censée la rendre attractive

Alors que la réforme des STI porte atteinte au fondement même de la voie technologique qui a besoin d’être rénovée mais en respectant ce qui en a fait un important vecteur de la démocratisation du lycée ( diversification des méthodes d’enseignement et de ses contenus, débouchés et poursuite d’études…), le Ministère et le Rectorat veulent afficher qu’ils en ont restauré l’attractivité en présentant une capacité d’accueil supérieure de 20 % à celle de l’année précédente.

Ils misent sur une baisse du taux de redoublement des élèves en seconde pour remplir ses capacités d’accueil en faisant l »impasse sur les conditions nécessaires pour faire réussir ses élèves. Non seulement l’enseignement technologique s’aligne sur l’enseignement général avec la disparition des travaux en ateliers et de formations pointues que pouvaient exiger les entreprises mais les divisions passent toutes à 30 élèves, les divisions de 24 élèves et les demi divisions étant supprimées.

D’autre part, autre conséquence des suppressions d’emplois, le Rectorat, sauf pour quelques établissements, ne respecte pas les directives ministérielles qui demandent au moins l’implantation de trois spécialités par établissement. La norme académique est de deux.

En conclusion, je vous suggère la lecture d’un autre article de Libération, que Lucien m’a fait découvrir :
«L’éducation, un investissement qui a de super rendements»

C’est une interview d’ « Eric Maurin, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) », qui « revient sur la politique de réduction de postes dans l’Education nationale. »

– Cela vaut donc la peine d’investir dans l’éducation ?

– C’est un investissement qui a de super rendements pour la collectivité. Des emplois mieux rémunérés génèrent plus d’impôts, moins de chômage, et donc moins de dépenses sociales. Chaque fois que l’on a fait l’effort d’augmenter d’un an la formation d’une classe d’âge, on génère un surcroît de ressources pour la société qui va bien au-delà de ce que coûte l’investissement initial. Ne pas investir, c’est renoncer à ce bénéfice.

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15 Responses to “Enseignants privilégiés…”

  1. Lucien dit :

    J’ai longuement hésité à répondre à ce fameux Alex… J’ai commencé plusieurs réponses sans trouver le ton et l’angle. Et puis, je me suis dit qu’il n’y avait peut-être pas de réponse à apporter à la connerie ! La seule manière de répondre est de continuer à démentir les propos mensongers, à combattre les clichés, à déjouer la désinformation, à traquer les raccourcis… Ce que vous et moi, et tant d’autres, faisons sur nos petits blogs…

    Il y a des gens avec qui, définitivement, il ne sert pas à grand chose de discuter. Occupons-nous des autres !

    Amicalement,

    Lucien.

  2. Ex-prof dit :

    C’est bien pourquoi je n’ai pas vraiment « répondu » sur ton blog… Mais j’étais trop en colère pour me taire totalement… Même encore ce matin !

    Il est des discussions que je clos immanquablement depuis des années… Et pourtant, là, la caricature était telle, et tellement bourrée d’erreurs (et de mensonges ?), que je voulais « faire un sort » à ses assertions… Mais ailleurs…

  3. Valérie dit :

    J’ai lu aussi ce que ce fameux alex avait écrit et j’en suis resté stupéfaite par tant de bétises. C’est bien d’avoir donné une réponse mais je ne suis pas certaine que cela serve à quelque chose car ce genre de personne reste souvent sur leur position pensant q’il a raison de toute façon. Des personne comme lui il y en a beaucoup, j’en ai dans ma famille et même mon mari parfois contre lequel je lutte. Le pire c’est qu’il a subit les heures de travail supplémentaire sque j’avais au lycée et pourtant je l’entend encore dire certaines choses fort déplaisantes contre les enseignant. Mais vous avez raison, il faut répondre mais personnellement je suis fatiguée de devoir continuellement me justifier sur mes heures, mes prétendues vacances (que je passe généralement à corriger et à travailler). Je ne me plaint pas car j’aime ce que je fais mais ces réformes me hérissent le poil car enseigner avec un surcroit d’effectif et des moyens qui vont en diminuant c’est harrassant.
    Alex est en fait le digne représentant de ce que j’entend souvent sur les profs, malheureusement.

    Bonne journée

  4. Valérie dit :

    désolée pour les fautes, je ne me suis pas relue et j’ai un tit loulou à côté de moi qui me harcelle pour que je le change et l’autre qui joue en hurlant! c’est un peu tôt encore pour moi. Trois ans d’inactivité (congé parental) et je m’aperçois qu’il faut que je travaille avant de retourner travailler. Désolée encore.
    biz

  5. Ex-prof dit :

    Ma « réponse » n’était évidemment pas pour Alex : autrement, je l’aurais faite à la suite de son « commentaire »… D’une part, j’avais une grosse colère à exprimer, et d’autre part, je pensais que remettre (une fois de plus…) les pendules à l’heure pouvait faire réfléchir des lecteurs occasionnels…

    Mais vous avez raison : les gens qui sont tellement persuadés que ce travail est une « sinécure » (et qu’eux seuls ont un « vrai » travail ! Avez-vous remarqué la petite phrase où Alex accuse les profs de ne rien connaître de « la vraie vie » ? C’est quoi, « la vraie vie » ? Sommes-nous déjà morts, ou pas encore nés ???)… ces gens, disais-je avant ma trop longue parenthèse, garderont leur position, quels que soient nos arguments. Inutile donc de discuter… Nous restent le mépris, la boutade (« Pourquoi tu postules pas, alors ? On va manquer de profs, justement ! »), le silence plus ou moins provocateur, l’ironie… ou la provocation (« Ben tiens ! C’est bien pour ça que je l’ai choisi ! »)…

  6. Anne62 dit :

    Enseignante retraitée,moi aussi,et une bonne connaissance du milieu: 3 filles:une instit ,coordo en REP;une prof d’anglais en lycée; une CPE;+ 9 petits enfants de la maternelle au lycée; de quoi parler!j’ai battu le pavé lillois jeudi,et écrit une longue lettre …que je ne sais trop où envoyer,à cause ,moi aussi,d’une grosse colère ( et Alex n’y était,à ce moment, pour rien!)Je voulais pourtant déjà répondre à tous les Alex,persuadés que les enseignants sont tous des nantis et des fainéants;leur dire le vrai quotidien d’un instit ou d’un prof,et remettre quelques pendules à l’heure sur nos « privilèges »,évoquant celui d’être nommé,quand on habite Perpignan,à Noeux les mines(62),ou celui,quand on a exercé(brillamment)14 ans dans le même lycée,de se retrouver « titulaire remplaçant »,de Calais à Sains en Gohelle ,(c’est selon),pour prendre en charge,(1journée,ou 3,ou8,c’est selon là aussi)la classe (2nde,1ère ou terminale…ou les 3!)d’un collègue absent;motif: son poste a été supprimé; 1 parmi les 16000 à venir! je voulais aussi dire qu’avoir un emploi,quand on a passé des années à étudier,obtenu après un concours national( en effet pas si facile!)un diplôme,n’est pas un « privilège »mais le juste aboutissement d’un parcours d’apprentissage réussi; c’est « ne pas avoir d’emploi »quand on en a les capacités officiellement reconnues qui est inacceptable et scandaleux;enfin,je voulais rappeler à tous les Alex que les enseignants se battent pour que tous les gamins-les siens aussi!- puissent être poussés vers leur meilleur dans une structure qui leur en donne les moyens,pas pour le plaisir de promener leurs drapeaux sous la pluie!Fille d’ouvriers,si l’école publique,laïque et gratuite n’avait pas existé,je serais allée travailler en usine à 14 ans! J’ai enseigné,avec passion,pendant plus de 30 ans,la littérature( et l’orthographe!) mais aussi la réflexion,la rigueur ,l’honnêteté intellectuelle,et l’esprit critique à travers Voltaire et Hugo! mais peut-être ces notions sont-elles,aujourd’hui,de celles qui dérangent?

  7. Valérie dit :

    Je l’avais compris comme cela. Merci en tout cas pour votre blog que je lis toujours avec autant de plaisir. Même si je ne laisse pas forcément de commentaire.

  8. Ex-prof dit :

    Merci, Anne62, de ton témoignage… Si je n’ai pas eu un parcours aussi difficile, j’ai eu droit à 4 années d’auxilariat dans le privé (le temps de terminer mes études… et de décrocher le CAPES au 3ème essai…) et à une 1ère nomination dans une ZUP (qui n’était pas encore ZEP…) dans le bassin minier… Moins loin que toi de chez moi, mais quand même…
    Au passage, s’il y a des Alex qui nous lisent, qu’ils sachent que nous avons été nombreux – et je pense qu’il y en a encore pas mal – à travailler pour nous payer nos études : bien peu d’enseignants sont nés avec une cuillère en argent ou en or dans la bouche ! En tous cas, je n’en ai que très rarement croisé… Et c’est, à mon avis, une extraordinaire victoire de la République que d’avoir amené des enfants de milieux ouvriers à enseigner dans les écoles, collèges et lycées… On ne le dit peut-être pas assez, on devrait le dire plus souvent…

    Si je peux publier ta lettre, ce sera avec plaisir : mon petit blog n’est pas un forum public, certes, mais il compte environ 70 lecteurs par jour… C’est toujours ça !

  9. beber58 dit :

    Au contraire il faut dénoncer le faible salaire des enseignants ce qui fait que l’élite se détourne de cette profession qui n’attire plus que des ratés et des aigris.

  10. Fred H. dit :

    Pour ma part, je pense que c’est le système qui est malade … et nul ne peut se juger non responsable.
    Que ce soit les politiques, les parents ou les profs… les élèves étant finalement les premières victimes d’une école qui ne joue plus son rôle d’ascenceur sociale.
    c’est bien dommage
    j’ai écrit un article sur ce sujet : http://c-monavis.blogspot.com/2011/02/jai-entendu-que-les-profs-etaient.html

  11. Ex-prof dit :

    Eh bien, eh bien, comme vous y allez ! Quel beau message d’encouragement à tous ces jeunes diplômés qu’on a jetés tout crus dans les classes en septembre, sans aucune formation ! Des ratés et des aigris, dites-vous ? J’admire au contraire leur courage, leur bonne volonté et leur enthousiasme, que les « réformes » à but économique n’ont pas dirigé vers des voies plus prometteuses…

  12. Nguyen dit :

    Privilégié, vous dites?

    Comment le Vice-recteur de Nouvelle Calédonie améliore les résultats du brevet (record historique en 2010)? Réponse : En supprimant les profs qui font leur travail. C’est ce qui m’est arrivé l’année dernière, APRÈS SEULEMENT SIX SEMAINES DE COURS, j’ai même été jugé coupable par le tribunal d’appliquer des notes trop basses! C’est à peine croyable mais pourtant tous les documents officiels sont sur mon blog http://profaupiquet.unblog.fr et cette fois-ci l’Éducation Nationale n’a même pas cherché à faire semblant.

  13. Ex-prof dit :

    Merci de votre témoignage. Sans en arriver à ces extrémités, je crains qu’effectivement, les mauvaises notes soient de plus en plus mal vues par les autorités… Les établissements ayant « obligation de résultats », certains directeurs, principaux ou proviseurs tentent d’influencer la notation de diverses manières…

    Personnellement, il est vrai que je me suis méfiée, a priori, de collègues distribuant surtout de mauvaises notes : cela me semble, souvent, un signe que le travail demandé n’est pas adapté au niveau, ou que les critères de notation ne sont pas suffisamment clairs (pour le prof et/ou pour les élèves). Il m’est arrivé aussi de ne pas noter un devoir manifestement raté par la classe : il m’a semblé (après coup, malheureusement !) que mes exigences avaient été trop fortes. Mais il n’est pas toujours facile de trouver le « juste milieu » entre les exigences d’un programme et le niveau d’une classe… Et des mauvaises notes, j’en ai mis quelques-unes pendant ma carrière !

    Qui veut noyer son chien…

  14. odile dit :

    Mauvaises notes, redoublements…
    Les enseignants seront condamnés à ne pas faire redoubler, sinon, ils seront sanctionnés : double peine. Non seulement ils seront mal notés, mais en plus, on va retirer des heures d’enseignement à leur collège, ainsi c’est tous les élèves (et les profs, mais eux ils sont payés pour ça n’est-ce pas? et puis après tout, ils l’ont bien cherché, non?) qui en souffriront.
    On fabrique des machines à perdre…

    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/02/22/01016-20110222ARTFIG00768-des-colleges-qui-ont-trop-de-redoublantssanctionnes.php

  15. Ex-prof dit :

    Merci pour cette information… qui ne m’étonne malheureusement pas. A vrai dire, je pense même que quelque chose de ce genre existe depuis plusieurs années, vu la façon dont les chefs d’établissements font pression contre les redoublements…

    Encore une fois, ce n’est certes pas une « solution miracle » : j’ai connu des élèves qui « profitaient » d’un redoublement pour se laisser complètement aller. Mais j’en ai connu d’autres qu’une année de plus avait « remis en selle », et qui faisaient ensuite un excellent parcours !

    Depuis pas mal d’années, dans mon collège, quand on discutait de l’éventualité d’un redoublement, la première question qu’on se posait, c’était comment l’élève le prendrait… Si on pensait qu’il y avait peu de chances pour que l’enfant se motive, reprenne pied, on le faisait passer. Si on pensait qu’il pouvait en tirer profit et mieux avancer ensuite, on en discutait avec l’élève et avec ses parents. Difficile évidemment de faire comprendre à un enfant qu’on lui parle de redoublement alors qu’Untel, bien « plus mauvais » que lui, passe… Mais pas impossible… C’est aussi, quand même, une question de confiance…

    (J’ai modifié le lien donné dans le commentaire précédent : il devrait fonctionner, maintenant…)

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