Mon ami Alphonse…

Si un de mes anciens élèves (enfin, disons des 20 dernières années…) vous dit qu’il n’a jamais entendu parler d’Alphonse Allais, n’en croyez rien : il aura peut-être oublié, mais il y a peu de chances qu’il n’ait pas lu ou entendu quelque écrit de cet auteur à un moment ou à un autre…

Voici quelques extraits de cours, où « mon ami Alphonse » a fourni un texte de départ, d’exercice ou d’illustration…

Grammaire en 6ème :

LES DÉTERMINANTS

Si russe

Lorsque tu vois un chat, de sa patte légère
Laver son nez rosé, lisser son poil si fin,
Bien fraternellement embrasse ce félin.

Moralité

S’il se nettoie, c’est donc ton frère.

LE GROUPE NOMINAL

Le monsieur et le quincaillier

(…)
– Je désire acquérir un de ces appareils qu’on adapte aux portes et qui font qu’elles se ferment d’elles-mêmes.
– Je vois ce que vous voulez, Monsieur. C’est un appareil pour la fermeture automatique des portes.
– Parfaitement. Je désirerais un système pas trop cher.
– Oui, Monsieur, un appareil bon marché pour la fermeture automatique des portes.
– Et pas trop compliqué surtout.
– C’est-à-dire que vous désirez un appareil simple et peu coûteux pour la fermeture automatique des portes.
– Exactement. Et puis, pas un de ces appareils qui ferment les portes si brusquement…
– … Qu’on dirait un coup de canon ! Je vois ce qu’il vous faut : un appareil simple, peu coûteux, pas trop brutal, pour la fermeture automatique des portes.
– Tout juste. Mais pas non plus un de ces appareils qui ferment les portes si lentement…
– … Qu’on croirait mourir ! L’article que vous désirez, en somme, c’est un appareil simple, peu coûteux, ni trop lent, ni trop brutal, pour la fermeture automatique des portes.
– Vous m’avez compris tout fait. Ah ! et que mon appareil n’exige pas, comme certains systèmes que je connais, la force d’un taureau pour ouvrir la porte.
– Bien entendu. Résumons-nous. Ce que vous voulez, c’est un appareil simple, peu coûteux, ni trop lent, ni trop brutal, d’un maniement aisé, pour la fermeture automatique des portes.
(…)
– Eh bien ! montrez-moi un modèle.
– Je regrette, Monsieur, mais je ne vends aucun système pour la fermeture automatique des portes.

Alphonse Allais, Pas de bile !

(Si des profs de Français me lisent, ils trouveront sans doute que ce texte est « épatant » pour étudier la composition du groupe nominal…)

Grammaire en 4ème-3ème :

IMPARFAIT DU SUBJONCTIF

Complainte amoureuse

Oui, dès l’instant que je vous vis,
Beauté féroce, vous me plûtes!
De l’amour qu’en vos yeux je pris,
Sur-le-champ vous vous aperçûtes.
Ah! fallait-il que je vous visse,
Fallait-il que vous me plussiez,
Qu’ingénument je vous le disse,
Qu’avec orgueil vous vous tussiez!
Fallait-il que je vous aimasse,
Que vous me désespérassiez,
Et qu’en vain je m’opiniâtrasse
Et que je vous idolâtrasse,
Pour que vous m’assassinassiez!
Alphonse Allais, La Barbe et autres contes

(J’adore ce poème, que les élèves découvraient comme un texte d’une langue étrangère… Le nombre de S dans le dernier verbe les époustouflait ! Je ne sais plus pourquoi, il y a 2 ans, je l’ai donné à mes 5èmes… Une élève a trouvé qu’on pouvait « mieux faire » avec 7 S au lieu de 6 : « assassinasses »… Impressionnant, non, tous ces S ?)

L’EXPRESSION DE LA CAUSE

« Causez de la question du pôle Nord avec un esprit superficiel et vous entendrez des bourdes dans ce goût :
 » Il y a énormément de glaces dans les régions polaires parce qu’il y fait très froid.  »
Alors que c’est tout le contraire qui se passe.
Réformons donc ainsi le propos de l’esprit superficiel :
 » Il fait très froid dans les régions polaires parce qu’il s’y trouve énormément de glaces.  »
Il va de soi, en effet, que, si au lieu d’innombrables icebergs, il régnait dans ces latitudes un courant d’eau chaude, ou simplement d’eau tiède, tel celui du Gulf Stream, MM. les ours blancs du Septentrion jouiraient d’une température dont la bienveillance les autoriserait à échanger leur lourde pelisse contre un léger pet-en-l’air en coutil blanc. »

Alphonse Allais, Dégelons le pôle, in Allais…grement

Exercice de lecture (niveaux divers) :

REPÉRER LA PRÉSENCE DU NARRATEUR
1. Complète le texte suivant dont on a supprimé les marques du narrateur :
Dans l’humble crémerie où je prends chaque jour … modeste repas du matin, … venai… de commander poliment au garçon … deux coutumiers œufs à la coque lorsque, brusquement, un grand jeune homme blond d’aspect fort doux et même timide qui se trouvait à la table voisine de la … se leva, et, sans dire un mot, … décocha, dans la région du cœur, un coup de revolver.
Heureusement, soit que ce pistolet fût de fabrication inférieure, soit que les munitions dont il était chargé appartenaient au genre camelote, la balle, sans pénétrer dans … organisme, se heurta sur l’une de … côtes (que … a… fort dures) et ne … détermina qu’une violente contusion.

Alphonse Allais, Allais…grement

Un exemple de nouvelle (4ème-3ème) :

Les Templiers

En voilà un qui était un type, et un rude type, et d’attaque ! Vingt fois je l’ai vu, rien qu’en serrant son cheval entre ses cuisses, arrêter tout l’escadron, net.
Il était brigadier à ce moment-là. Un peu rosse dans le service, mais charmant, en ville.
Comment diable s’appelait-il ? Un sacré nom alsacien qui ne peut pas me revenir, comme Wurtz ou Schwartz… Oui, ça doit être ça, Schwartz. Du reste, le nom ne fait rien à la chose. Natif de Neuf-Brisach, pas de Neuf-Brisach même, mais les environs.
Quel type, ce Schwartz !
Un dimanche (nous étions en garnison à Oran, le matin, Schwartz me dit :  » Qu’est-ce que nous allons faire aujourd’hui?  » Moi, je lui réponds :  » Ce que tu voudras, mon vieux Schwartz.  »
Alors nous tombons d’accord sur une partie en mer.
Nous prenons un bateau, souquez dur, garçons! et nous voilà au large.
Il faisait beau temps, un peu de vent, mais beau temps tout de même.
Nous filons comme des dards, heureux de voir disparaître à l’horizon la côte d’Afrique.
Ça creuse, l’aviron! Nom d’un chien, quel déjeuner !
Je me rappelle notamment un certain jambonneau qui fut ratissé jusqu’à l’indécence.
Pendant ce temps-là, nous ne nous apercevions pas que la brise fraîchissait et que la mer se mettait à clapoter d’une façon inquiétante.
– Diable, dit Schwartz, il faudrait…
Au fait, non, ce n’est pas Schwartz qu’il s’appelait.
Il avait un nom plus long que ça, comme qui dirait Schwartzbach. Va pour Schwartzbach !
Alors Schwartzbach me dit :  » Mon petit, il faut songer à rallier.  »
Mais je t’en fiche, de rallier. Le vent soufflait en tempête.
La voile est enlevée par une bourrasque, un aviron fiche le camp, emporté par une lame. Nous voilà à la merci des flots.
Nous gagnions le large avec une vitesse déplorable et un cahotement terrible.
Prêts à tout événement, nous avions enlevé nos bottes et notre veste.
La nuit tombait, l’ouragan faisait rage.
Ah! une jolie idée que nous avions eue là, d’aller contempler ton azur, ô Méditerranée !
Et puis, l’obscurité arrive complètement. Il n’était pas loin de minuit.
Tout à coup, un craquement épouvantable. Nous venions de toucher terre.
Où étions-nous ?
Schwartzbach, ou plutôt Schwartzbacher, car je me rappelle maintenant, c’est Schwartzbacher ; Schwartzbacher, dis-je, qui connaissait sa géographie sur le bi du bout du doigt (les alsaciens sont très instruits), me dit :
– Nous sommes dans l’île de Rhodes, mon vieux.
Est-ce que l’administration, entre nous, ne devrait pas mettre des plaques indicatrices sur toutes les îles de la Méditerranée, car c’est le diable pour s’y reconnaître, quand on n’a pas l’habitude ?
Il faisait noir comme dans un four. Trempés comme des soupes, nous grimpâmes les rochers de la falaise.
Pas une lumière à l’horizon. C’était gai.
– Nous allons manquer l’appel de demain matin, dis-je, pour dire quelque chose.
– Et même celui du soir, répondit sombrement Schwartzbacher.
Et nous marchions dans les petits ajoncs maigres et dans les genêts piquants. Nous marchions sans savoir où, uniquement pour nous réchauffer.
– Ah! s’écria Schwartzbacher, j’aperçois une lueur, vois-tu, là-bas ?
Je suivis la direction du doigt de Schwartzbacher, et effectivement une lueur brillait, mais très loin, une drôle de lueur.
Ce n’était pas une simple lumière de maison, ce n’étaient pas des feux de village, non, c’était une drôle de lueur.
Et nous reprîmes notre marche, en l’accélérant.
Nous arrivâmes, enfin.
Sur ces rochers se dressait un château d’aspect imposant, un haut château de pierre, où l’on n’avait pas l’air de rigoler tout le temps.
Une des tours de ce château servait de chapelle, et la lueur que nous avions aperçue n’était autre que l’éclairage sacré tamisé par les hauts vitraux gothiques.
Des chants nous arrivaient, des chants graves et mâles, des chants qui vous mettaient des frissons dans le dos.
– Entrons, fit Schwartzbacher, résolu.
– Par où ?
– Ah! voilà… cherchons une issue.
Schwartzbacher disait : « Cherchons une issue », mais il voulait dire : « Cherchons une entrée. » D’ailleurs, comme c’est la même chose, je ne crus pas devoir lui faire observer son erreur relative, qui peut-être n’était qu’un lapsus causé par le froid.
Il y avait bien des entrées, mais elles étaient toutes closes, et pas de sonnettes. Alors c’est comme s’il n’y avait pas eu d’entrées.
À la fin, à force de tourner autour du château, nous découvrîmes un petit mur que nous pûmes escalader.
– Maintenant, fit Schwartzbacher, cherchons la cuisine.
Probablement qu’il n’y avait pas de cuisine dans l’immeuble, car aucune odeur de fricot ne vint chatouiller nos narines.
Nous nous promenions par des couloirs interminables et enchevêtrés.
Parfois, une chauve-souris voletait et frôlait nos visages de sa sale peluche.
Au détour d’un corridor, les chants que nous avions entendus vinrent frapper nos oreilles, arrivant de tout près.
Nous étions dans une grande pièce qui devait communiquer avec la chapelle.
– Je vois ce que c’est, fit Schwartzbacher (ou plutôt Schwartzbachermann, je m’en souviens maintenant), nous nous trouvons dans le château des Templiers.
Il n’avait pas terminé ces mots, qu’une immense porte de fer s’ouvrit toute grande.
Nous fûmes inondés de lumière.
Des hommes étaient là à genoux, quelques centaines, bardés de fer, casque en tête, et de haute stature.
Ils se relevèrent avec un long tumulte de ferraille, se retournèrent et nous virent.
Alors, du même geste, ils firent sabre-main ! et marchèrent sur nous, la latte haute.
J’aurais bien voulu être ailleurs.
Sans se déconcerter, Schwartzbachermann retroussa ses manches, se mit en posture de défense et s’écria d’une voix forte :
– Ah ! nom de Dieu! messieurs les Templiers, quand vous seriez cent mille… aussi vrai que je m’appelle Durand…!
Ah ! je me rappelle maintenant, c’est Durand qu’il s’appelait. Son père était tailleur à Aubervilliers. Durand, oui, c’est bien ça…
Sacré Durand, va ! Quel type !

Alphonse Allais, Le parapluie de l’escouade, 1893

(Non, vous n’en saurez pas plus ! Il n’y a pas de suite… J’aime cette liberté que prend Alphonse Allais à « balader » son lecteur…)

Jeux de mots (niveaux divers)

Chaque fois que les gens découvrent son mensonge,
Le châtiment lui vient, par la colère accru.
Je suis cuit, je suis cuit !gémit il comme en songe.

Moralité :

Le menteur n’est jamais cru.

Poésie (niveaux divers)

Vers olorimes

« Ainsi que dans le cochon où tout est bon depuis la queue jusqu’à la tête, dans mes vers, tout est rime, depuis la première syllabe jusqu’à la dernière. »

Conseils à un voyageur timoré qui s’apprêtait à traverser une forêt hantée par des êtres surnaturels*

Par les Bois du Djinn, où s’entasse de l’effroi,
Parle et bois du gin !… ou cent tasses de lait froid.

*(Le lait froid, absorbé en grande quantité, est bien connu pour donner du courage aux plus pusillanimes.)

Exhortation au pauvre Dante*

Ah ! Vois au pont du Loing ! De là, vogue en mer, Dante !
Hâve oiseau, pondu loin de la vogue ennuyeuse.

*(La rime n’est pas très riche, mais j’aime mieux cela que de sombrer dans la trivialité.)

(Je n’ai pas retrouvé de cours où figurait ce dernier « poème »… mais je suis sûre de l’avoir fait apprécier par des élèves… au moins en l’écrivant au tableau – et en lisant le contenu de la parenthèse, évidemment !)

* * *

J’ai cherché en vain un texte que je me souvenais avoir donné en 4ème ou 3ème sur la rime… Je pouvais toujours chercher : c’est un texte de Courteline, que je vous livre aussi :

Qu’est-ce qu’une rime ?

« La rime est la rencontre de trois lettres semblables en queue de deux mots différents.
– Parfaitement. Oyez plutôt :
Monsieur Georges Courteline
A l’âme républicaine

– J’ai dit trois lettres, croyant dire quatre. C’est la langue qui m’a fourché !
– A la bonne heure ! Voilà qui change tout… et je le prouve :
J’ai débuté dans Ruche
Vous étiez même assez mouche

– Voyez pourtant, quand cela ne veut pas ! Tout à l’heure, croyant dire quatre, je disais trois et, à présent, croyant dire cinq, je dis quatre…
– Évidemment : témoin, le distique que voici :
Mêlés au bruit des orchestres
Tintent les cristaux des lustres

– C’est tout à fait par exception que les désinences de cinq lettres ne parviennent pas à former rimes. En tout cas, supposez-les de six et je vous garantis que, pour le coup, l’exception cesse d’être possible.
– Ainsi qu’il appert clairement de ces deux vers improvisés :
L’humidité des isthmes
Ne vaut rien pour les asthmes

– Vous êtes un esprit contrariant ! Vous me concéderez pourtant, je l’espère, que des rimes faites des sept mêmes lettres sont ce qu’on peut appeler des rimes ayant du foin dans leurs bottes.
– Et je le démontre sur l’heure :
Les poules du couvent
Ont des œufs qu’elles couvent

– Oui ? Eh bien, il faut en finir. Voulez-vous parier mille francs que des rimes composées de huit lettres pareilles constituent ce qui se fait de mieux dans le genre ?
– Je parie que non : je gagne et je prouve :
Les intérêts publics résident
Dans les pouvoirs du président

Donnez-moi mes mille balles !
– Flûte ! Vous m’agacez ! Allez vous faire lanlaire, vous n’aurez pas un radis ! »

Georges Courteline, cité dans Tout sur tout (France-Loisirs, 1986)

C’est qu’Alphonse aussi s’est amusé avec les « fausses rimes » :

Dans les environs d’Aigues-
Mortes, sont des ciguës
Auxquelles tu te ligues.
Tout vrai poète tient
A friser le quotient
De ceux qui balbutient.

Alphonse Allais, in Le Captain Cap, ch. 27, 1902

Mais… si Courteline s’est arrêté à 8 lettres pareilles, mon ami Alphonse fait beaucoup mieux :

Distique d’un genre différent des précédents pour démontrer l’inanité de la consonne d’appui*

Les gens de la Maison Dubois, à Bone, scient,
Dans la froide saison, du bois à bon escient.

*(C’est vraiment triste, pour deux vers, d’avoir les vingt-deux dernières lettres pareilles, et de ne pas arriver à rimer.)

Alphonse Allais, Sept brefs poèmes, in Allais…grement

En prime, un poème sur le même thème, toujours d’Alphonse, trouvé sur Internet (pas le courage d’aller rechercher la source dans mes livres !) :

Rimes riches à l’œil

Étonnant le jury par sa science en dolmens (èn)
Le champion de footing du collège de Mens, (ens)
Gars aux vaillants mollets, durs tel l’acier de Siemens, (èns)
A passé l’autre jour de brillants examens. (in)
Que je sois foudroyé sur l’heure, si je mens ! (en)
In corpore sano, vive Dieu ! sana mens. (ins ancienne prononciation gallicane, voir examen)

P.S. J’entends murmurer quelques personnes dans l’assistance et prétendre que sur ces six vers, pas un ne rime. Ne vous ai-je point prévenu que ce petit poème était dû à M. Xavier Roux, le poète sourd-muet de Grenoble ? En matière de rimes, les sourds, comme l’indique leur nom, ne connaissent que d’ophtalmiques satisfactions.

* * *
Si je vous ai donné envie d’aller voir d’autres écrits de cet humoriste, j’en serai heureuse !

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3 Responses to “Mon ami Alphonse…”

  1. Karina dit :

    Merci pour cette découverte ! Je vois effectivement combien ces textes sont une mine pour profs de français (dont je suis !) mais ils aussi et surtout très drôles. Je le note dans mes tablettes !

  2. Ex-prof dit :

    Contente de vous avoir permis de découvrir les « vertus pédagogiques » d’Alphonse Allais…

    L’humour est quelque chose qui « passe bien » chez les enfants (tout dépend évidemment de quel humour et à quel âge…), et démarrer un cours de grammaire (a priori ennuyeux…) avec un petit texte qui les fait sourire, les met en « bonnes dispositions »… C’est du moins ce que j’ai trouvé…

    Quant au plaisir personnel de ces lectures… J’ai lu et relu (encore récemment) les « œuvres anthumes » (baptisées ainsi par lui-même) d’Alphonse Allais avec grand plaisir… Tout n’est pas égal, certes, dans les centaines de billets écrits pour les journaux. Sans compter que des aspects nous échappent, faute d’avoir les références de l’époque… Mais c’est un humoriste qui joue merveilleusement avec la langue… et avec les lecteurs !

    Bonnes lectures !

  3. MONNIER Roland dit :

    Absolument fabuleux !
    Un immense merci.