Comme on fait son lit…

Allez donc savoir pourquoi, je me suis surprise, l’autre jour, à réfléchir au proverbe (en est-ce vraiment un ?) « Comme on fait son lit, on se couche »…

Trésor – et difficultés ! – de la langue française… Cette simple petite phrase recèle au moins trois sens différents, grâce à (à cause de ?) cet étonnant mot « comme », qui change de sens comme de chemise…

On considère généralement que cette phrase contient une idée de comparaison : de la manière dont on fait son lit, on se couche. Si l’on fait mal son lit, on dormira mal ; et si on le fait bien, on dormira bien.

Exemple donné par notre cher Monsieur Grevisse*, tiré de La Fontaine : « Comme il sonna la charge, il sonne la victoire. »

Mais cet opportuniste de « comme » peut aussi indiquer la cause : on fait son lit, donc on se couche. Exemple : Comme il était malade, il restait au lit.

Et il peut encore exprimer le temps : quand on a fait son lit, on se couche. Exemple : Comme le soleil se levait, Jeannot partit de la maison, son baluchon à l’épaule.

* * *

Feuilletant récemment un manuel de grammaire (rassurez-vous : pas par nostalgie, mais pour un projet sur lequel on m’a demandé de travailler !), je redécouvrais un petit exercice tout simple :

« Hors contexte, peut-on attribuer un sens différent au mot adresse selon la ponctuation :
Quelle adresse ! Quelle adresse ? »

(Je cite à peu près, n’ayant pas l’exercice sous les yeux)

Et, bien sûr, la réponse est oui !

Imaginons un début de roman (donc : hors contexte) :

« Quelle adresse !
L’acrobate se relevait, saluait, et, dans une étonnante pirouette à la fois sautée et dansée, sortait de scène. »

***

« Quelle adresse ?
– 25 bis rue des Chapeliers fous. »

***

N’est-ce pas étonnant qu’un signe de ponctuation influe sur le sens, non d’une phrase, ce qui est logique, mais d’un simple mot ?

Amis de la langue française, je vous souhaite le bonjour…

* Rectification faite, grâce à un aimable commentateur…

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2 Responses to “Comme on fait son lit…”

  1. Marc81 dit :

    Ce cher Monsieur Grevisse n’apprécierait guère de voir son patronyme ainsi accentué…

  2. Ex-prof dit :

    Désolée, je n’ai pas vérifié l’écriture, me fiant à la prononciation courante entendue lors de mes études (lointaines, il est vrai !).

    Rectification faite, grâce à vous, aimable lecteur !

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