A mes ancien(ne)s élèves…

Bon. Sophie m’ayant priée (euphémisme !) de faire « de grosses bises à mes ancien(ne)s élèves qui passent par ce blog », je m’exécute !

De grosses bises donc à Sophie, Guillaume, Odile (ancienne élève… mais toujours soeur !), Annick et Johan qui m’ont fait l’honneur et le plaisir de laisser leurs commentaires sur ce blog…

Mais aussi à tous ceux et toutes celles qui m’ont contactée via Copains d’avant, à tous ceux et toutes celles qui ont visité mon blog via Facebook…

Je voudrais dire à tous, y compris à ceux qui sont mes amis depuis longtemps, et à ceux qui l’ont été, combien il est gratifiant de recevoir autant de témoignages quand on s’apprête à prendre sa retraite.

Oui, je vous ai aimés, tous, même si nos relations ont été difficiles, problématiques. Même si aujourd’hui j’ai oublié certains de vos noms et de vos visages (environ 4000, tout de même !), je vous ai aimés le temps que nous étions ensemble. J’ai cru en vous, j’ai espéré pour chacun de vous une évolution positive, chacun à votre mesure, chacun selon vos voeux, vos possibilités, vos enthousiasmes. J’ai tenté, avec mes faibles moyens de prof, de vous donner des ouvertures, d’aider votre réflexion. C’est vrai, j’ai parfois baissé les bras, sentant des résistances que je ne pouvais vaincre. Mais je ne crois pas avoir jamais condamné aucun d’entre vous, je ne crois pas avoir jamais terminé une année scolaire en me disant « celui-là (celle-là), on n’en tirera jamais rien ! ».

Et vous m’avez beaucoup apporté, chacun à votre manière, même si vous jouiez le « vilain zozo » qui ne voulait rien savoir. C’est à votre contact que j’ai pu garder le souvenir de ma propre enfance, de ma propre adolescence, et relativiser grâce à ces souvenirs vos révoltes, vos échecs, vos refus. C’est au contact de ceux dont le regard m’assurait de leur confiance que j’ai construit et conservé ma confiance en moi, en mon métier.

Tu avais raison, Sophie, un message à mes ancien(ne)s élèves s’imposait…

A tous et à toutes : merci ! Car ma vie de prof, c’est à vous tous que je la dois…

Tags: ,

2 Responses to “A mes ancien(ne)s élèves…”

  1. Sophie V. dit :

    Je ne pouvais pas « passer par là », sans laisser de commentaire.

    A l’époque de ma 5ème 1, avec toi comme prof de français, il va sans dire que tu représentais une prof plutôt « hors norme » ; impressionnante parce que grande, créatrice de ses vêtements et faisant preuve d’une indéniable autorité (rien de péjoratif là-dedans, d’ailleurs).
    La prof pas si facilement accessible, quoi ! Là encore : rien de péjoratif non plus ; au contraire même. Tu portais ton habit de « prof de français », au service de tous les élèves… les bons comme les moins bons ; les fachés avec le français, comme les autres. Avec la bonne mesure, la juste distance.

    Tu avais une sorte de don de « réconciliation » : réconcilier les élèves avec la langue ; et/ou aussi les réconcilier avec eux-mêmes.
    C’est peut-être éxagéré de parler au nom des autres, mais je suis sûre que tu as contribué, de par la qualité de ton enseignement (ouais, j’sais, c’est peut-être un peu l’instit’ actuelle qui parle…), ton professionnalisme ; de par tes exigences et ta rigueur, à créer ou faire grandir (pour certains) un certain appétit littéraire, à donner (pour les mêmes ou pour d’autres) une image positive de soi. La fameuse estime de soi qu’on perd ici ou là, sur les bords des chemins escarpés de l’adolescence.

    A ce moment de la vie où les relations familiales sont loin d’être évidentes, où la relation à soi, non plus, tu as forcément été une figure marquante, d’une façon ou d’une autre. Tu ne laisses pas indifférente. Ce n’est pas un hasard si tant d’anciens élèves ont repris contact avec toi, même sans forcément aller jusqu’à nouer de profondes relations.

    On ne mesure la richesse et l’apport que tu laisses dans une année scolaire que bien après … (Bon OK, je parle pour moi 🙂 J’avance, je grandis et je me retourne parfois et je me souviens. Je vois des choses, je ré-entends des paroles, je me rappelle des lectures, des projets (Intermezzo, « Chouette » – un journal, « Les Contes à l’Envers », l’histoire du Petit Pois de R. Queneau (que je relis quand il me plait dans « La Petite Fabrique de Littérature »), …). Elles forment de beaux souvenirs. « Se souvenir des belles choses passées » est un rayon de soleil qui réchauffe et qui réconforte, lorsque certains temps du présent ne sont pas toujours gais.
    Et ça fait du bien.

    J’ai la chance de garder une relation (plus) actuelle (et que je considère comme privilégiée) avec toi. J’en suis très heureuse.
    J’aimerais que Mathis connaisse un jour une prof comme toi…

    Donc : MERCI (aussi) !!

  2. Future ex-prof dit :

    Eh bien ! Si avec ça je ne me prends pas pour la reine des pédagogues !…

    Ce que tu dis m’impressionne beaucoup, tu t’en doutes, même si je pense que de nombreux élèves n’auront pas été sensibles à mes « qualités » !

    Mais j’ai toujours espéré que, peut-être, sur la centaine d’élèves que je rencontrais chaque année, il y en aurait peut-être un ou deux à qui j’apporterais quelque chose de plus que la règle de l’accord du participe passé…

    Et je suis très heureuse de voir aujourd’hui que j’avais raison d’espérer…