S.O.S. PROFS (2)

Dans la décennie qui suivit, le problème ne fit évidemment que s’aggraver. D’autant que les nombreux enseignants recrutés dans les années 1960-1970 parvenaient à la retraite les uns après les autres. Il fallut se hâter de trouver quelques solutions. On augmenta légèrement le salaire des professeurs, en échange de quoi ils passèrent progressivement de 18 à 30 heures de cours hebdomadaires. Certains ne purent faire face à cet accroissement de leur temps de travail, et peuplèrent les maisons de repos spécialisées. Un grand nombre, toutefois, parvinrent à assurer leurs cours ; d’autant que, avec l’augmentation des effectifs d’élèves par « classe », il n’était plus question de faire autre chose que des cours magistraux, et qu’ils se trouvaient ainsi libérés des corrections de copies, tâche fastidieuse et ingrate s’il en fût. En effet, comment demander sérieusement à un professeur de corriger les quelque 100 devoirs ou exercices consécutifs à une heure de cours ? Même s’il n’avait exigé qu’un exercice par mois, il aurait dû en corriger 750 par semaine… Tout de même, il y avait des limites…

La plupart continuèrent donc à dispenser leur savoir à une centaine d’enfants et d’adolescents qu’il fallut regrouper dans des locaux divers. Les écoles, collèges, lycées, n’avaient pas été conçus pour rassembler tant de jeunes dans leurs salles. Aussi les salles de classe furent-elles désertées au profit des cantines, salles municipales, salles de sports, et même, parfois, salles de réunion d’entreprises ou de restaurants… On installait un tableau mobile, et le professeur faisait son cours, que les élèves essayaient de suivre tant bien que mal. Il va sans dire que, dans une telle situation, la plus grande discipline était de rigueur. Aussi l’élève chahuteur était-il impitoyablement renvoyé et ne trouvait-il que rarement un autre établissement prêt à l’accueillir.

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