Pour la Justice ?

Le Nouvel Obs du 2 février attire mon attention sur l’Institut pour la Justice (lequel est autant un Institut que mon groupe d’anciens élèves…). Ledit Institut (laissons lui sa majuscule, si cela lui fait plaisir !) a concocté le Pacte 2012, sur lequel il demande aux candidats à la présidentielle de se prononcer. « Ce Pacte 2012 tient en cinq points : égalité des droits entre victimes et accusés, création d’un ministère unique de la Sécurité regroupant Intérieur et Chancellerie, application effective des peines prononcées, perpétuité réelle pour les grands criminels et surveillance à vie des délinquants sexuels, et ouverture d’un débat sur l’élection des procureurs de la République. »

Phrase tirée de l’article : je n’ai aucune envie d’aller compter pour un visiteur de plus sur pacte2012 .fr.

Personnellement, la grande lectrice de polars – entre autres américains – que je suis, tique très fort sur le dernier point, vu le nombre de fois où j’ai regretté pour les USA un tel système, en lisant une enquête faussée par tel ou tel personnage élu (donc sensible à l’opinion de ses électeurs, donc corruptible…)… Je sais : c’est du roman. Pas forcément de l’imagination pure non plus… On peut sans doute aussi corrompre un juge ou un procureur français… Mais sa fonction n’est pas mise en balance (sauf s’il se fait prendre, évidemment !).

Pour le reste… il faut évidemment en lire un peu plus pour savoir de quoi il retourne précisément…

La personnalité « phare » qui sert d’appât à l’Institut est le père d’une victime : son fils est mort de cinq coups de couteau. On est forcé de compatir à la peine d’une famille ainsi plongée dans le drame. On a – j’ai – moins envie de féliciter les responsables d’une association de monter en épingle son histoire, de le filmer disant le texte (écrit par l’association) pour diffuser la vidéo sur internet…

Je ne peux que vous conseiller d’aller faire un tour sur le blog de Me Eolas, qui prend la peine de décortiquer les propos tenus :
Attention manip : le « pacte 2012 » de « l’Institut pour la Justice ». C’est un long billet, mais pas ennuyeux du tout, ni rébarbatif : il se contente de rétablir quelques vérités sur les faits… l’Institut ayant quelques difficultés à ce sujet…

Et qu’est-ce que j’apprends, dans mon article de journal ? Je vous le donne en mille !

« Depuis sa création en 2007 par Marie-Laure Jacquemond, la femme du créateur de l’ultralibérale SOS Éducation, lui-même neveu du fondateur des Contribuables associés, les cadres de l’IPJ ont cherché à faire incarner leur combat par des victimes. »

Quelle famille ! dites-moi… 3 associations dans les mains d’une seule famille… Des « résistants » purs et durs…

C’est curieux : pour moi, « libéral » est à relier à « liberté », « libérer »… Je peine toujours à comprendre que ce mot décrive des gens acharnés contre les libertés, au contraire… Ultra-réactionnaires, dirais-je plutôt. Des nostalgiques de la royauté ou du fascisme…

En tous cas, si vous avez envie d’aller signer ce « pacte », je me permets de vous mettre en garde en reprenant une phrase de Me Eolas :

« Soit des données personnelles collectées en toute illégalité et sans garanties pour les signataires, puisque les mentions imposées par la loi informatique et liberté s’agissant d’un traitement de données nominatif (notamment la désignation de la personne auprès de qui exercer le droit d’accès, de rectification et de retrait) sont absentes du formulaire de signature. »

Vous voilà avertis…

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