Gentil coquelicot, mesdames…

Quand je suis arrivée dans ma nouvelle maison, il y a 3 ans, j’ai été ravie de voir quelques pavots de Californie dans une plate-bande… J’aime leurs vives couleurs, leur simplicité, leur apparence fragile, leur feuillage léger…

L’année suivante, il n’y en avait plus qu’un pied… Leur avais-je déplu ?

Et l’année dernière… plus du tout ! Sauf que… Sauf qu’un avait migré à deux mètres, au pied de l’abricotier défunt (pour le fêter à sa manière ?).

Cette année… cette année, c’est un « massif » de pavots californiens qui entoure le nouvel arbre fruitier ! Et non contents de proliférer ainsi, ils ont appelé à la rescousse un ou deux cousins français : des coquelicots !

Lesquels coquelicots se sont hâtés de se ressemer ici ou là… Il y en a un qui a voulu fuir le soleil (pas trop violent pourtant cette année…) : mal lui en a pris ! Au bout d’une tige d’une douzaine de centimètres, une fleur rouge pâle, presque rose… J’espère qu’il choisira un autre coin l’année prochaine !

Un autre, un ambitieux sans doute, a préféré la compagnie des lis… Why not ?

Quand j’étais petite (ben oui, j’ai été petite… il y a… un certain temps !), un de nos grands plaisirs était d’ouvrir les boutons de coquelicots… C’était une surprise toujours renouvelée de découvrir, sous leur armure verte, une petite chose chiffonnée blanche, grise ou rose pâle… Nous défroissions soigneusement les pétales (enfin… nous essayions !), espérant peut-être varier ainsi les couleurs… Je ne me souviens pas de ce que devenaient ces boutons ainsi forcés… Sans doute leur petite vie ne résistait-elle pas à nos opérations chirurgicales…

Quand j’étais petite (bis), les champs étaient pleins de coquelicots. De bleuets, aussi. Superbes dans les champs de blé mûr…

Et puis… les coquelicots ont disparu, les bleuets aussi. Les champs n’ont plus arboré que leurs propres couleurs. C’était un peu triste, pour qui les avait connus plus partageurs…

Dans ma région, les coquelicots ont ressurgi il y a peut-être une quinzaine d’années. Peu nombreux dans les champs, mais véritables haies sur les bords, sur les talus, devant les maisons. J’en ai été toute ragaillardie… tout en regrettant l’absence des bleuets délicatement découpés…

Certes, je ne me lancerai pas dans la culture des coquelicots… Mais si mon jardin n’est pas très grand, il peut bien en accueillir quelques-uns !

Et puis… et puis, pour moi, c’est une sorte de miracle, ces apparitions de fleurs, graines arrivées d’on ne sait où ! Ainsi, ces multiples sortes d’ancolies qui peuplent mon jardin. Ainsi, les campanules : j’en avais découvert une il y a 2 ans ; l’année dernière, elle avait migré sur ma terrasse, poussant entre mur et ciment ; cette année, une autre campanule a surgi, non loin du coquelicot rachitique. Par mégarde, je l’ai coupée… et me suis hâtée de la mettre dans un vase, à tout hasard !

Savez-vous quoi ? Les campanules se conservent très bien en vase ! La mienne n’avait qu’une fleur éclose et 6 boutons il y a une dizaine de jours : aujourd’hui, elle a 7 fleurs, bien ouvertes sur la hampe fièrement dressée…

Bonnes cueillettes… et bons plaisirs à regarder ces petites choses fragiles qui parviennent à égayer les ciels gris…

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2 Responses to “Gentil coquelicot, mesdames…”

  1. Axel dit :

    J’aime beaucoup les coquelicots !
    Quand j’étais petite, une maîtresse (à moins que ce ne soit un professeur ? mes souvenirs sont rarement précis…) nous avait parlé de la disparition de cette fleur dans les champs. Pourtant, on en voyait encore un peu.
    Et puis un jour, tout comme toi, j’ai vu refleurir les coquelicots en nombre, mais plutôt au bord des champs. Quelques bleuets aussi sur les talus.
    La nature est un perpétuel enchantement, c’est bien dommage que l’on en soit souvent si loin à tous points de vue.

  2. Ex-prof dit :

    C’est vrai que j’ai ressenti un grand plaisir quand j’ai revu ces fleurs, que je croyais disparues à tout jamais ! Et je suis ravie qu’elles décident de hanter mon jardin !

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