Cendrillons…

Je ne sais comment ni pourquoi, s’est imposé le souvenir d’une très ancienne lecture…

Très ancienne… Années 60, probablement…

Je n’en connais pas le titre, et encore moins l’auteur… Mais j’aurais envie de relire cette histoire… Si elle vous rappelle quelque chose, merci de m’en informer…

C’était un feuilleton dans l’Écho de la mode (« le petit écho de la mode », encore à cette époque-là ?) qu’achetait régulièrement ma mère. Un des très rares feuilletons que j’aie jamais lus, sans doute incitée par ma mère. Non que je sois allergiques au genre (ma bibliothèque contient sans doute pas mal de romans qui ont paru en feuilletons, avant d’être reliés), c’est le délai d’attente imposé qui hérisse la dévoreuse de livres que je suis…

Mes lointains (et vagues !) souvenirs évoquent l’histoire d’une femme de ménage en Angleterre, femme « mûre » et sans attraits particuliers, au service d’une patronne plus jeune, riche et élégante. Cette femme de ménage a un rêve : posséder une robe de grand couturier… Je ne sais plus comment elle y parvient, mais un beau jour, elle se rend à Paris et va acheter sa robe de rêve… Lui arrive-t-il de la revêtir, comme Peau d’Âne dans sa chambre, ou se contente-t-elle de l’admirer ? Je ne me souviens plus…
Toujours est-il qu’un jour (pas si beau…), sa patronne va la lui emprunter… Elle la lui rendra défraîchie (je crois me souvenir d’une brûlure de cigarette…)…

Comment diable l’histoire se termine-t-elle ? Aucune idée…

Elle m’avait fait rêver, cette histoire… Sans doute à cause de cette transgression de l’ordre social, qui exige que les objets de luxe appartiennent aux riches… (non, non, je ne parlais pas ainsi à l’époque ! Je tente d’expliquer pourquoi elle m’avait marquée…).

Et… vous savez comment s’enchaînent les pensées, apparemment sans rime ni raison… Me voilà partie chez Maupassant, dans la nouvelle (que je tiens pour une des plus superbes qu’il ait écrites) « La parure »…

Dans « La parure », est mis en scène un jeune couple très modeste, dont la femme rêve de luxe et de douceurs d’une autre classe sociale… Rêves éperdus et tout à fait incongrus… Un jour, son mari rentre, tout content : il leur a obtenu une invitation pour un bal… Mais la jeune femme, contrairement à son attente, ne se réjouit pas, bien au contraire : elle n’a aucune tenue qui pourrait s’accorder à ce genre de festivité ! Le mari va sacrifier ses économies pour lui permettre de se faire faire une robe digne d’elle…

Cependant, à l’approche du Grand Jour, elle se désole : aucun bijou pour orner sa robe ! Son mari lui suggère de faire appel à son ancienne amie de couvent, bien plus « favorisée » financièrement parlant… L’amie n’hésite pas à lui prêter la superbe rivière de diamants qui éblouit la jeune femme.

Et le couple va au bal… Triomphe de la jeune femme, dans son élégante tenue…

Mais au retour… elle s’aperçoit qu’elle n’a plus la parure de diamants…

Recherches inutiles, vains appels dans la presse : il reste à acheter une parure semblable… au prix d’emprunts sans nombre, que le couple mettra 10 ans à rembourser, travaillant dur l’un et l’autre, se privant de tout…

La jeune femme rencontre un jour son ancienne amie, qui ne la reconnaît pas, tant ses besognes l’ont changée…

Et…

Non, je ne vous raconterai pas la fin, cette dernière phrase qui fait tout le sel – et toute l’horreur ! – de cette nouvelle…

* * *

Cette histoire me fait ressouvenir du « Collier de la Reine », de Maurice Leblanc…

Une nuit, chez les Dreux-Soubise, disparaît le fameux « Collier de la Reine », sans que nul ne puisse comprendre comment on a pu s’en emparer…

La réponse arrivera plus de 20 ans après… Invité chez eux, avec d’autres personnes, le chevalier Floriani émet quelques hypothèses sur le « comment » du vol… hypothèses qui, à la grande surprise de l’assemblée, se trouvent vérifiées…

D’après le chevalier, c’est le petit Raoul, âgé de 6 ans, qui a volé le bijou… Fils d’Henriette d’Andrézy, ancienne amie de couvent de la comtesse, recueillie « par charité »… et servante peu onéreuse…

Si vous êtes familier (familière) des histoires de Maurice Leblanc… peut-être vous souviendrez-vous que cette Henriette d’Andrézy avait épousé un certain Théophraste Lupin… et en avait eu un garçon… qui prendra plus tard le prénom d’Arsène…

* * *

Quel rapport entre ces 3 histoires ? me demanderez-vous… C’est bien ce que je me suis demandé…

Ces 3 récits sont centrés sur un objet de luxe, signe d’appartenance à une certaine classe sociale. Or, cet objet passe d’une classe à une autre, « reliant » des gens que tout sépare, leur naissance comme leur richesse. S’il retourne à son légitime propriétaire, c’est transformé, comme si la « transgression » de la séparation des classes avait contaminé l’objet, symbole de la Différence…

Y a-t-il eu « contamination » d’un récit à l’autre ? C’est ce que j’ignore. Tout comme ne me viennent pas à l’idée d’autres récits sur ces bases…

Mais si la première histoire évoquée vous rappelle un titre ou un auteur, ne manquez pas de m’en informer !

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