Gestion mentale et orthographe

Bien sûr, je me hâtai d’approfondir mes découvertes par des lectures, des discussions avec des collègues… et de les expérimenter en classe, particulièrement en orthographe, puisque maintenant, je disposais d’une "clef"! Encore fallait-il que je trouve comment m’en servir…

Au début, je distribuai aux élèves un questionnaire qui devait les amener à identifier leur mode de fonctionnement (visuel ou auditif); et je les aidai à trouver comment passer d’un mode à l’autre, comment utiliser tel mode pour telle tâche. J’approfondis particulièrement ce travail avec une classe de "5ème en 2 ans" qui se heurtait à de nombreuses difficultés, et dont j’étais professeur principal. Je rencontrais sur l’heure (bien courte!) du déjeuner les élèves qui le souhaitaient et qui me posaient des questions pour comprendre comment apprendre leur leçon de maths ou leur carte de géographie. Nous parvînmes ensemble à trouver parfois des réponses. Pas toujours…

J’abandonnai par la suite cette recherche du mode de fonctionnement de chacun. Sans doute quand une nouvelle réforme nous attribua 4 classes au lieu de 3 en français : utiliser ces données personnelles demandait un investissement dont je n’étais plus capable, compte tenu de la surcharge de travail. Plus de classes, donc moins d’heures dans chaque classe… mais le programme ne s’était pas allégé pour autant, et on (parents, élèves, administration) attendait toujours une quantité "raisonnable" de devoirs de grammaire, explication de textes, orthographe, rédaction… J’avoue que je ne réussis jamais à "me faire" à ces 4 classes, et retrouvai un plus grand plaisir à enseigner quand les "cessation progressive d’activité", préparation à la retraite, m’autorisa à moins d’heures… donc 3 classes au lieu de 4.

Fermons la parenthèse…

Non, finalement, rouvrons-la pour quelques lignes : on entend souvent les gens se plaindre que "le niveau baisse" (je reviendrai peut-être sur ce sujet une autre fois…). Mais, en français, j’ai fait un petit calcul : si on compare les horaires obligatoires en français au collège de 1969 et 2008, la différence équivaut à peu près à une année. Oui, les élèves qui sortent du collège aujourd’hui au bout de 4 ans ont eu autant d’heures de français que ceux de 1969 au bout de 3 ans. Je n’ai pas étudié comment cette même matière avait évolué en primaire, mais ce serait sans doute très intéressant de le faire.

Bon, revenons à l’orthographe. Je me souviens d’une classe de 6ème, d’un assez bon niveau global, à qui je donnais parfois des autodictées. Les résultats n’étant pas toujours conformes à mes attentes, je repris mes explications : pour écrire correctement une autodictée, il faut l’apprendre en la visualisant, par groupes de mots de préférence, par mots isolés si les groupes s’avéraient trop difficiles à visualiser. Et nous fîmes quelques essais à partir d’une phrase écrite au tableau. Soudain, une élève (qui avait des notes presque aussi mauvaises en autodictée qu’en dictée) s’écria: "Mais alors, c’est facile!".

Il faut croire qu’effectivement, c’était "facile "pour elle, car elle n’eut plus que des bonnes notes en autodictées… L’amélioration des résultats en dictée furent beaucoup moins spectaculaires…

3 Responses to “Gestion mentale et orthographe”

  1. Nelly dit :

    http://www.profencampagne.com

    Juste un petit passage pour te donner l’adresse de ce blog. Une mine d’info

    Il y a un peu de pllitique mais sans excès

  2. titann dit :

    Je suis arrivée sur cette page par hasard, mais cette lecture me fait immédiatement réagir.
    Je suis une auditive, une de celles qui ont du copier 250 fois des mots mal orthographiés sans jamais les retenir, le lendemain je refaisais la même faute…certains professeurs ont cru que je le faisait exprès !
    Je me fiait à mes oreilles pour l’orthographe, lorsqu’un adulte prononçait « é » à la place de « ai » ou « è », j’écrivais ce qu’il disait et aujourd’hui je le remarque encore de temps à autre.

    Par contre, si j’écoutais consciencieusement en classe mes leçons étaient quasiment sues en rentrant chez moi.
    Que de temps perdu parfois il aurait suffit de m’épeler certains mots à haute voix! Je chantonnais les tables de multiplication, les poésies, les formules mathématiques, et ça fonctionnait bien!
    …pour la petite histoire, je suis devenue musicienne.

  3. Future ex-prof dit :

    Merci de ton commentaire. Il m’a fallu pas mal d’années avant de découvrir cette « clé » de l’orthographe…