Un long fleuve tranquille…

Le chercheur débutant en généalogie s’imagine parfois n’avoir qu’à remonter le fleuve : forcément, en amont, il trouvera ses ancêtres…

Voire…

C’est oublier qu’un fleuve peut s’enrichir de dizaines, de centaines d’affluents… Lequel, lesquels, remonter ? Et que certaines sources demeurent bien cachées…

La vogue de la généalogie conduit des milliers de personnes à rendre leurs données accessibles sur Internet : avec un peu de chance, quelqu’un a sûrement recherché telle branche qui vous pose problème ! Vous n’avez plus qu’à recopier sagement les données trouvées…

Voire (répété-je)…

Car rien ne vous dit que le généalogiste « miracle » n’a pas trouvé ses sources chez un autre, qui lui-même… Il faut donc, de toutes façons, rechercher les actes de naissance ou baptême, mariage, et décès ou sépulture.

Pas trop de difficultés tant qu’on est dans l’état-civil (depuis 1792 pour la plupart des départements). Quand on arrive aux actes religieux (et encore ne parlé-je ici que des registres catholiques, car la situation est bien plus complexe pour les autres religions), cela se complique un peu… D’une région à l’autre, d’une paroisse à l’autre, d’un curé à l’autre, ces actes apparaissent bien différents ! Et les renseignements qu’ils nous apportent ne sont pas forcément ceux qu’on cherche… Il est sans doute tout à fait consolant, si l’on est catholique, d’apprendre que tel ancêtre est décédé « après avoir reçu les sacrements de pénitence, d’eucharistie et d’extrême-onction », qu’il est « décédé en véritable chrétien »… mais on aimerait quand même que soit mentionné le nom de son épouse (le nom de l’époux est généralement indiqué…), que les gens ayant assisté à l’enterrement soient précisés (avec, de préférence, leur lien de famille avec le décédé), et/ou qu’on leur ait fait signer (s’ils savent le faire !) l’acte…

Le curé (trop pressé ?) se montre parfois sibyllin, ne mentionnant pas, par exemple, les parents des époux ; se contentant parfois d’indiquer qu’est décédé « un enfant de Jean Colin »… alors que dans ce village, les Jean Colin pullulent… Quel Jean Colin ? Quel enfant ? Quel âge ? Parfois, il économise le papier, écrivant si petit que l’on n’arrive pas à déchiffrer à coup sûr les noms. Les registres ont pu être abîmés, déchirés, ou avoir pris l’eau… sans parler, évidemment, de ceux qui ont été perdus !

J’ai rarement eu la chance (?) de tomber sur un registre antérieur au 17ème siècle… Mais, avant 1650, il arrive fréquemment que les difficultés de lecture/déchiffrage soient extrêmement gênantes.

Vous voyez ?

Et les « blancs »… Si le curé n’oublie jamais le nom (mais parfois le prénom !) du père de l’enfant baptisé, il oublie parfois de mentionner celui de la mère… encore heureux s’il se souvient de son prénom !

Aux problèmes de déchiffrage d’écriture s’ajoutent ceux des abréviations… Il faut parfois avoir consulté plusieurs actes avant de comprendre que franc) signifie François…

Le dimanche 21 novembre
fut b[aptisé] nicolas fils de
martin Cadou et michelle
masson ses p[ère] et m[ère]
Le p[arrain] nicolas Cattaire (?)
La m[arraine] Marie Laurent

On trouve parfois de belles écritures (pas forcément faciles à lire !) :

De belles signatures, aussi :

Des signatures qui vous font parfois rejoindre l’Histoire (avec un H majuscule) :

Cette signature (si c’en est une… car toutes les « signatures » de cet acte de mariage semblent écrites d’une même main…) a aiguisé ma curiosité : duchesse d’Angoulême… c’était là un titre réservé à la « Maison de France », non ?

Effectivement : Marie Françoise de Nargonne était alors (en 1678) veuve de Charles de Valois, Bâtard de France, comte d’Auvergne, duc d’Angoulême, etc.. Lequel Charles (dont elle avait été la seconde épouse), était le fils de Charles IX (vous savez, celui de la Saint-Barthélémy…) et de Marie Touchet…

C’est toujours impressionnant de croiser un nom « connu »…

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2 Responses to “Un long fleuve tranquille…”

  1. alainstit dit :

    Je viens de découvrir ton blog !
    J’y trouve des points communs avec mon expérience enseignante.
    Ah ! les inspecteurs…
    Une image a attirée mon attention, dans la partie généalogie, la signature de Françoise de Nargonne.
    De quel acte provient-elle ?
    Je suis intéressé à double titre : la généalogie et Mareuil en Brie, lieu de résidence de la duchesse.
    Voir : mareuilenbrie.com, site que je démarre, habitant ce village.
    Cordialement
    Alain

  2. Ex-prof dit :

    Merci de ta visite et de ton commentaire.
    Malheureusement, après recherches dans mes « archives », je ne trouve aucune note concernant ce mariage (étranger à mes recherches). Et je n’ai fait qu’une capture d’écran de la signature, sans autres infos…
    A cette époque (septembre-octobre 2013), j’ai fait des recherches à la période indiquée (1678) à Jaulnes, Ozouer-le-Voulgis, Saint-Fargeau, Esmans (tous 77)et Mondeville (91). Je me souviens que l’acte de mariage était sur la page de gauche, et que les « signatures » (encore une fois, elles me semblaient toute de la même écriture…) occupaient quasiment toute la page de droite…

    En espérant que ces indications te soient utiles…

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