Atelier Généalogie 2

Deuxième classe de 6ème en Atelier Généalogie… deuxième démarrage…

La situation est un peu plus compliquée, car la séance de la semaine dernière a été écourtée, et que 7 élèves étaient absents. Il faut distribuer les feuilles à ceux qui ne les ont pas eues, expliquer sans trop répéter ce qui a été dit la semaine dernière…

Là aussi, plusieurs élèves ont apporté leur arbre, établi par une personne de leur famille.

Une élève vient me voir : sa maman ne veut pas qu’elle fasse ce travail (ma collègue, qui enseigne Histoire et Géographie dans cette classe, m’en avait prévenue). Après avoir donné quelques explications à la classe, je m’arrête près d’elle et lui propose deux solutions : elle établit la généalogie de quelqu’un d’autre, ou elle en invente une. Un peu plus tard, elle me demande si elle peut inventer sa propre généalogie. Et, encore plus tard, si elle peut faire quand même sa généalogie : elle pense que sa mère refuse car elle ne veut pas communiquer des renseignements confidentiels au collège. Je rassure l’élève en lui disant qu’elle seule aura accès aux renseignements qu’elle glanera…

Mais le problème se pose aussi chez d’autres élèves, 3 garçons, entre autres. Non pas de la part des parents, mais de la leur. Je finirai par obtenir que l’un d’eux me dise que « ça ne regarde pas les autres ». Et « les autres », en l’occurence, c’est surtout moi, qui passe dans les rangs pour voir s’ils parviennent à remplir leurs fiches.

J’ai réexpliqué à haute voix que leur travail était à eux, pour eux. Que j’étais là pour les aider, pas pour contrôler ou ramasser les copies…

Mais il faudra que je peaufine un peu mieux mon intervention la (les ?) prochaine(s) fois… Car je crois qu’on touche là à quelque chose de difficilement compréhensible pour certains. Le professeur est là pour me corriger, me noter. S’il me demande un travail (et assurément, ici, il s’agit bien d’un travail), c’est qu’il aura forcément un regard sur ce travail. Or, ma famille, c’est à moi, et je ne veux pas qu’il en connaisse l’histoire…

Il faudra aussi que je fasse très attention quand je passe dans les rangs, justement. Vérifier que l’élève travaille… sans lire ce qu’il écrit…

Il y a peut-être d’autres raisons à ce refus, et comme l’atelier dure jusqu’aux vacances de printemps, je devrai tenter de les trouver, et d’y remédier. Après tout, il m’est arrivé de temps à autre qu’un élève cache son travail quand je m’approche : si je pense ou sais qu’il travaille réellement, je n’insiste pas. Je regarde pour aider l’élève : s’il n’a pas besoin d’aide à ce moment, je ne m’impose pas. Mais peut-être ces « cachottiers » étaient-ils plus âgés ?

J’avoue n’avoir pas envisagé un « bloquage » d’élèves (des parents, oui : un mot a été collé dans les carnets de correspondance pour expliquer les objectifs de l’atelier et insister surtout sur la confidentialité des recherches de l’enfant). Erreur de ma part. A rattraper d’ici la semaine prochaine…

Tags: ,

2 Responses to “Atelier Généalogie 2”

  1. Mademoisill dit :

    C’est vrai que quand tu as évoqué cet atelier généalogie (ce que je trouve très intéressant par ailleurs), j’ai tout de suite pensé à des réticences possibles. Un arbre généalogique tient compte des mariages, des décès. Cela peut être génant pour un élève de montrer, ou de risquer de montrer à une personne « étrangère » le divorce de ses parents, voire le décès de l’un d’entre eux ou de quelqu’un d’autre dans sa famille…ou même, dans un autre registre, la date de naissance d’une mère qui a eu son enfant très jeune etc.
    Je suis sûre que toi et les autres profs qui entreprennent ce genre de projet ont toute la discrétion et la psychologie nécessaire pour éviter tout problème, mais je conçois tout à fait que cela gène certains.

  2. odile dit :

    Je suis tout à fait d’accord avec la remarque de Mademoisill. Il peut y avoir des histoires familiales douloureuses, des secrets de famille, des événements enfouis et qu’on a surtout pas envie de voir ressurgir. Déjà en tant qu’adulte ce n’est pas aisé de les assumer, alors des enfants de 12-14 ans!
    Il y a le regard potentiel ou supposé du prof dont l’enfant peut se méfier, et il y a aussi son propre regard à redouter. Il peut également y avoir de la part des parents, des questions qu’ ils n’ont pas envie d’évoquer avec leurs enfants.

    J’ai connu, dans ma carrière (pas dans l’enseignement!) un jeune qui a appris à l’âge d’une vingtaine d’années, être un enfant adopté. Il avait un jeune frère qui lui n’était pas adopté. Beaucoup de dégâts dans ces silences.

    Ceci dit, ton initiative est une belle façon de travailler la logique avec les élèves, ainsi que l’histoire. Bon courage !