Dépaysements (suite…)

Je poursuis mes lectures dépaysantes, me baladant d’un continent à l’autre, parfois d’une époque à l’autre…

Mention spéciale à Le Chinois, d’Henning Mankell, qui allie ces deux sortes de voyages :
L’auteur nous conduit d’abord dans un petit village suédois, où l’on découvre que presque tous les habitants (une quinzaine) ont été tués… La fille adoptive d’un couple assassiné retrouve de vieilles lettres du siècle dernier, émanant d’un membre de la famille parti aux USA et travaillant à la construction de voies ferrées.
Mankell nous emmène donc un siècle plus tôt, mais pas aux USA (enfin, pas tout de suite…) : en Chine ! Puis aux USA.
Retour dans la Suède d’aujourd’hui, puis voyage en Chine et en Angleterre…
Dépaysements garantis !

On voyage aussi dans le temps avec Un train d’or pour la Crimée, de Michael Crichton, polar et roman historique. L’histoire part d’un fait authentique : le vol dans un train, en 1855, de 12 000 livres d’or en barre destinées au paiement des soldats anglais combattant en Crimée. Crichton relate minutieusement les préparatifs de ce « casse », à partir des comptes-rendus du procès. Mais là où, à mon avis, il devient passionnant, c’est dans sa description de la société anglaise, et de ses transformations dues aux débuts de l’industrialisation… et au chemin de fer ! C’est toute une ambiance (victorienne) qui se met en place sous les yeux du lecteur. J’ai vraiment beaucoup aimé !

Un petit (re-)tour en Chine ? De He Jiahong, Crimes et délits à la bourse de Pékin : roman policier là encore, auquel j’ai trouvé quelques longueurs (entre autres, la partie qui se passe aux USA). Mais ce qui m’a beaucoup intéressée, ce sont les destins croisés des personnages, dont la jeunesse s’est passée sous le régime maoïste : étudiants forcés d’aller passer des années dans les champs, loin de leurs familles, « révisionnistes » tués en assemblée par des « communistes » furieux, engagements dans l’armée « révolutionnaire »… Des ados, des jeunes, dont la vie sera brisée par ces expériences, et qui devront, pour survivre, se créer d’épaisses carapaces…

Allez, un petit dernier : japonais, cette fois : La hache, le koto et le chrysanthème, de Seishi Yokomizo. Encore un polar… Outre l’histoire elle-même (problèmes d’héritage d’un homme propriétaire d’un trust important), c’est le cadre historique qui m’a intéressée : le Japon d’après-guerre (1949), où des armées combattent encore en Birmanie, où de nombreuses personnes ont été déplacées, où les villageois se montrent d’une méfiance extrême vis-à-vis de nouveaux arrivants. Et le Japon d’avant, aussi : l’homme dont on doit lire le testament ne s’est jamais marié, mais a eu 3 filles de 3 concubines… auxquelles il ne s’est jamais beaucoup intéressé d’ailleurs…

Si vous avez lu l’un de ces romans, je serai ravie de savoir ce que vous en avez pensé !

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