Retour sur « la » principale

Pour être honnête, je dirai que cette principale d’il y a… longtemps ! fut la seule incompétente que je rencontrai dans ma « carrière ».

Et, toujours pour être honnête, j’avoue que je suis allergique à l’autorité en tant que telle… Des collègues m’ont baptisée « la rebelle », si vous voyez ce que je veux dire… Quand j’ai été reçue au CAPES (au 3ème essai…), j’ai immédiatement pensé que, maintenant, je ferais ce que je voudrais, et que je me moquais de ce que pensaient les autres. Plus de chômage ni de recherche d’emploi en perspective : je pouvais être « maîtresse » dans mes classes… (bien que mes années dans le privé ne m’aient pas vraiment appris la docilité…).

Le plus souvent (pour ne pas dire presque à chaque fois) que je me trouvais face à un nouveau (une nouvelle) principal(e), nos rapports tournaient vite à l’affrontement : je ne correspondais pas à l’image, je ne faisais pas « ce qu’il fallait ». Ma première année dans le Nord, ma première année en région parisienne, j’eus droit à la visite de l’inspecteur, venu spécialement pour moi, à l’appel du principal. Mais j’avais la conscience tranquille : malgré le travail de groupe, forcément plus bruyant qu’un cours traditionnel, je « tenais » mes classes, et ce que je faisais était peut-être discutable, mais sûrement pas répréhensible. « Ce que vous faites, c’est l’idéal dans l’utopie », me déclara le premier inspecteur. J’ai retenu la formule, tant elle me semblait inadaptée après avoir vu une classe fonctionner pendant une heure. Mon « avancement » s’en trouvait retardé ? Je ne me suis jamais occupée de « faire carrière », je n’ai jamais cherché à « gagner plus ». J’estimais que ce que j’aurais gagné financièrement en courbant l’échine m’aurait coûté le plaisir que je prenais à mon métier.

Cependant, après les premières escarmouches (parfois violentes – verbalement, je vous rassure !), le ou la principal(e) reconnaissait généralement que, si j’étais plutôt « atypique », je faisais mon boulot. Dans la mesure où lui/elle faisait le sien, nous pouvions nous respecter mutuellement. Cela n’excluait pas les désaccords, les luttes même. Mais c’étaient rarement les « personnes » qui s’affrontaient, c’étaient plutôt les fonctions.

Avec « la » principale dont j’ai commencé à vous parler, c’était très différent : classée comme « mauvais prof » (sur des critères que je ne chercherai pas à approfondir), j’ai eu droit, tout le temps qu’elle a sévi, à son mépris et à ses tentatives pour me déstabiliser, voire pour me faire muter. C’était très mal s’y prendre avec moi, vu mon caractère… Je décidai très vite qu’elle partirait avant moi, que je n’avais que quelques années à la subir avant qu’elle prenne sa retraite : il me suffisait de « tenir »…

De mon côté, je ne pouvais non plus respecter quelqu’un d’aussi incompétent. Il suffisait d’entrer dans son bureau pour en prendre la mesure. Vous avez déjà vu un bureau de principal ? Couvert de papiers, de dossiers ouverts, de dossiers empilés, de feuilles volantes…

Rien de tout cela avec « la nôtre » : sur son bureau : un sous-main, un éphéméride. Point. Rien pour écrire, pas un bout de papier ! L’ordre parfait… de quelqu’un qui ne faisait rien…

Un petit meuble vitré renfermait précieusement le Journal Officiel, auquel nous n’avions pas accès. Il n’est pas bon que les professeurs aient un accès direct aux lois : s’il en était besoin, un affichage en salle des profs nous donnait l’information… pas forcément à temps, car elle ne lisait évidemment pas ces textes rébarbatifs. Et l’adjoint(e), sur qui reposaient toutes les questions administratives, n’en avait pas forcément le temps, ou l’idée…

Mais… suffit pour aujourd’hui ! Je vous en reparlerai demain… ou une autre fois !

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