Dernières vacances…

Ben oui, après, ce sera « toujours les vacances » ! Rien à voir…

Il y a quelques années, je n’étais pas si pressée d’être en vacances. C’était une période que je trouvais agréable, certes… mais qui signifiait le plus souvent un gros travail de préparations et corrections. Je ne « lâchais » pas le métier (ou il ne me lâchait pas, comme on veut…). Mais, au fur et à mesure que je me suis ajouté des activités (généalogie, dessin sur ordinateur), la distance s’est accrue entre temps de travail et temps de vacances. J’avoue que cette année, les vacances n’ont pas été de grandes périodes de travail (litote !), et que je les attends de plus en plus… C’est vrai aussi que, malgré mes horaires aménagés, je fatigue de plus en plus… et je pense avec terreur et sympathie à mes jeunes collègues qui ne pourront lâcher le collier avant 65, voire 70 ans ! Je n’étais pas vraiment pressée de prendre ma retraite, mais je rêvais depuis longtemps de n’avoir « plus que » 3 classes au lieu de 4 (j’ai même rêvé, avant la réforme des retraites, de n’en avoir plus que 2…). Et pour cela, je devais m’engager à prendre ma retraite à 60 ans…

C’est vrai qu’on s’habitue vite à un rythme différent : au début de l’année, je trouvais qu’une journée de 5 heures était trop longue pour moi. Et ce trimestre, où je n’avais plus, au maximum, que 4 heures dans la journée… j’ai commencé à trouver que c’était long, 4 heures ! Au 3ème trimestre, je n’aurai plus que des « journées » de 2 heures avec, une semaine sur 2, une « journée » de 3 heures : est-ce que la journée de 3 heures me paraîtra longue ???

Il m’est arrivé, une année, d’avoir une journée de 7 heures… Je ne sais comment font les collègues qui ont ce genre d’emploi du temps : pour moi, il me fallait 2 jours entiers pour m’en remettre ! Et c’était pourtant il y a une quinzaine d’années, ou plus !

Évidemment, vu de très loin, c’est un métier de tout repos : assis au bureau 18 heures par semaine, tout le monde en rêve ! Sans parler du travail nécessaire en dehors des heures de cours, on oublie un peu vite que 30 enfants ou ados demandent « un tout petit peu plus » au prof que de réciter son cours assis face à eux… D’ailleurs, je ne sais dans quelles écoles ont été ces rêveurs, mais je ne souviens pas de cours faits par un prof assis, sauf en Fac !

Je pense que la plus grosse fatigue vient du fait qu’il faut réagir souvent et très rapidement aux interventions des élèves. Sans oublier que la réponse doit tenir compte de la personnalité de chacun : avec tel élève, une réponse « simple », pédagogique ; avec tel autre, l’ironie sera bienvenue ; avec tel autre encore, il faudra élever le ton… Ne jamais se tromper dans l’évaluation de la réponse à donner : les élèves (non seulement l’intervenant, mais les autres également) ne comprendraient pas. Autrement dit, dans mon cours, il faut non seulement que j’aie en tête la « leçon » et son déroulement, mais aussi la cartographie de la classe, la plus précise possible.

Deux petits exemples, pris dans l’heure de 3ème de ce matin :

J’attends que les élèves aient enlevé leur blouson, manteau,… avant de les autoriser à s’asseoir. Mais je m’aperçois quelques minutes plus tard que la nouvelle (oui, on a « touché » une nouvelle élève lundi… son 3ème établissement depuis septembre…) a gardé le sien :

« Tu as besoin d’aide, pour enlever ton manteau ?

– Oui… vous pouvez m’aider, s’il vous plaît ?

– Bien sûr ! »

Je lui tire donc une manche après l’autre, elle prend son blouson et me remercie…

Je donne ensuite des explications sur le travail à faire. Martin (non, il ne s’appelle pas Martin !) clôt mes explications d’un « Oui madame ! » non seulement inutile, mais limite insolent. Je le regarde :

« Martin ?

– … (échange de regards)

– Tu as besoin de précisions ?

– Non madame. »

Ce sont deux tout petits exemples comme il s’en produit des dizaines dans une heure de cours. A chaque fois, il faut « savoir » répondre en fonction de l’élève…

Oui, je crois vraiment que c’est le plus fatigant, dans ce métier !

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