Quelques infos utiles…

Désolée de vous avoir fait faux bond hier, mais j’ai eu quelques problèmes techniques… Alors que je surfais sur le Net en quête de renseignements sur SOS Ed…, Firefox a violemment protesté, s’est planté… et a planté l’ordinateur… Un peu trop tard pour tout redémarrer…

Les citations dont je me faisais l’écho dans mon billet précédent provenaient donc d’un mailing de ladite association…

Et voici les résultats de ma pêche à la ligne…

(Non, je ne suis pas allée sur le site de SOS : je l’ai visité quand j’ai reçu un courriel de leur part il y a plusieurs années, et cela m’a suffi ! Aucune envie de compter parmi leurs visiteurs !)

Tout d’abord, je n’ai pas trouvé la déclaration de création de l’association (2001, d’après ce que j’ai vu), mais 3 déclarations de modifications en 2003, 2005 et 2006, les 2 dernières modifiant l’objet de l’association.

Des renseignements assez complets figurent sur wikipedia . Et, si vous voulez en savoir plus sur le fonctionnement financier et familial de l’association, je vous conseille sos-justice (qui a changé de titre et d’adresse depuis hier…). Le rédacteur se présentant comme « R_SENTIS – Chef d’entreprise, “marketeur” et juriste », je pense qu’il sait de quoi il parle…

Vous pourrez trouver sur les forums de France2 d’intéressantes discussions sur le sujet, et le communiqué de presse de 3 associations :

Communiqué de presse du 24 octobre 2006

École : la défense des savoirs ne passe pas par SOS-Education.

(…)
SOS-Education n’entend nullement remettre l’Ecole publique sur les rails. En créant la confusion dans l’esprit des parents, en les dressant contre les professeurs, elle orchestre, en réalité, sa destruction dans le seul but d’imposer sa propre  » solution  » : le démantèlement de l’Education nationale au profit d’écoles privées financées par le  » chèque éducation « . SOS-Éducation s’inscrit ainsi dans cette nébuleuse d’associations rassemblées autour d’une prétendue  » Révolution bleue  » pour construire en France un pôle d’extrême-droite ultralibérale. Rien ne saurait être plus éloigné de notre propre conception d’une Ecole de qualité, publique, laïque et gratuite.

Reconstruire l’école – Sauver les lettres – Sauver les maths

Le Figaro présente lui aussi cette association :

Les huit permanents de l’association, créée en 2001 et qui revendique 64 000 adhérents, ont à peine 30 ans en moyenne. « Nous vivons uniquement des dons de nos membres qui nous envoient en moyenne 25 euros par an », affirme Delphine Hermange, qui concède recevoir également une subvention de la Fondation de France.
(…)

Quelques députés UMP les « aident et posent à l’Assemblée des questions que nous leur avons suggérées », expliquent les fondateurs du collectif, citant Jean-Paul Garrault, Etienne Blanc, Georges Tron ou Guy Geoffroy. Les syndicats les soupçonnent d’avoir porte ouverte au ministère depuis quelques mois. Faux, rétorque-t-on chez Gilles de Robien, où l’on assure les avoir reçus « une ou deux fois l’an dernier à leur demande ».

Sur le site de Nathan, vous trouverez les réponses de l’éditeur aux accusations de SOS demandant l’interdiction de 2 manuels (jugés parmi les 5 les plus nocifs…) :

La page 3 de la lettre de pétition de SOS Education contient les propos suivants :

« En classe de sixième, le manuel de français Textes & Compagnie, chez Nathan, ne cite ni Montaigne, ni Racine, ni Balzac, ni Flaubert, ni la plupart de nos grands auteurs. »

Réponse de Nathan :
Aucun de ces quatre auteurs n’a jamais été inscrit dans la liste des œuvres à lire en Sixième. C’est le bon sens pédagogique des programmes, des auteurs de manuels et des enseignants qui a présidé à cet évincement, ces grands auteurs étant proprement inaccessibles à des élèves de Sixième (même en lecture cursive), par leurs sujets, leur niveau de langue et leur style.

J’aimerais savoir d’où les dirigeants de SOS tiennent leur « connaissance » (méconnaissance serait plus exact !) des programmes… Effectivement, ces auteurs n’ont jamais été au programme de 6ème ! Leur lecture demande non seulement des connaissances de langue, mais surtout une « maturité » d’esprit pour être compréhensible !

Quelques articles de Libération… Le premier, sur la campagne contre l’expo sur le zizi sexuel :

Le «Zizi sexuel» leur reste en travers de la gorge

ARNAUD Didier

Un comité anti-«Zizi sexuel». Une pétition de 8 000 signatures – selon les organisateurs – pour obliger les chefs d’établissement à expliquer aux parents le contenu de l’exposition dont Titeuf est le héros avant d’y accompagner les enfants. L’association SOS Education, un groupe de pression (lire Libération du 6 janvier 2006) qui dénonce régulièrement l’effondrement du système scolaire, l’omnipotence des syndicats ou la dépravation morale s’en prend cette fois à une expo qui aborde un sujet sensible, la sexualité.


Au ministère de l’Education nationale, on a reçu quatre cartons de pétitions de SOS Education, mais c’est sans commentaires. Vincent Laarman ne parie guère sur ses chances : «On ne s’attend pas à des actes déterminants de leur part.»

Un article présentant SOS de façon générale :

Créée en novembre 2001, SOS Education fait partie des groupes de pression apparus ces dernières années dénonçant l’effondrement du système scolaire et prônant le retour aux vieilles recettes. Ses chevaux de bataille favoris : la baisse de niveau, l’omnipotence des syndicats et des «pédagogistes», la dépravation morale.

Campagnes contre des ouvrages, pétitions, référendums avec en bas un appel au don… Peu présent dans les écoles, SOS Education agit essentiellement par mailings. Comme la loi l’autorise, elle a acheté des fichiers, notamment sur le site «personnes-aisées». «Nous avons besoin d’adresses de femmes de 60 ans et plus, grands-mères, ayant au moins deux petits-enfants toujours scolarisés et donatrices à une cause enfant», y écrit Vincent Laarman. L’association, qui revendique 64 000 adhérents, affirme être financée par les cotisations (15 à 20 euros en moyenne) et les donations. Elle refuse de dévoiler son budget «tant que la presse ne publiera pas celui des syndicats subventionnés par l’Etat».

Un autre contenant le Droit de réponse de SOS :

«(…) SOS Education conteste avec la plus grande véhémence avoir pour but d’affaiblir ou même pire d’anéantir l’école publique comme cela a pu être rapporté.»

Le 17 septembre 2005, Vincent Laarman, le secrétaire général de SOS Education évoquait devant le Cercle de réflexions Bastiat «la destruction de notre enseignement»: «un espoir» de redressement «ne peut renaître que si l’Education nationale se trouve menacée dans sa survie par la concurrence d’un grand secteur éducatif libre», disait-il. Le lecteur jugera.

Enfin, un dernier article sur la « famille » aux commandes :

(…) l’ancien journaliste Alain Dumait, qui a successivement travaillé, entre 1970 et 1979, à Valeurs actuelles, au Figaro, à France-Soir, à Antenne 2 et à l’Express avant de créer «Contribuables associés», association violemment anti-service public. Adjoint d’Alain Dumait est François Laarman, impliqué dans des actions de lobbying pour la défense du libéralisme, des consommateurs et des contribuables.

Or, la famille Laarman est intimement liée à SOS Education. Isabelle, 25 ans, nièce de François, était dans la délégation de SOS Education qui a été reçue au ministère. Ainsi que Vincent, son frère, qui apparaît sur la photo aux côtés de Xavier Darcos. Par ailleurs, Isabelle résidait encore fin 2002 dans le XVe arrondissement de Paris, dans le logement qui a servi de premier siège social à SOS Education. Enfin, Vincent Laarman est présenté comme un des correspondants de l’organisation américaine The Separation of School and State Alliance (Alliance pour la séparation de l’école et de l’Etat). Cette dernière ne réclame rien moins que le renvoi complet de l’éducation à la sphère privée.

Un dernier mot : dans le courrier qu’on m’a confié, figure l’inévitable « Bulletin de soutien » (on fournit même l’enveloppe-réponse !) demandant de cocher 3 affirmations attestant de l’intérêt de l’association, puis la somme envoyée (25, 50 ou 100 €… ou « Autre »). En dessous : « Nous vous enverrons un reçu fiscal de 66% du montant de votre don, dès réception de votre réponse ».

Je n’ai pas réussi à savoir si les dons à SOS bénéficiaient effectivement de la réduction d’impôt… Mais ce que je sais, c’est que les associations envoient un reçu de la somme versée, et non de 66% ! Ce sont les impôts, qui font le pourcentage, non l’association !

De bien curieuses pratiques, en somme…

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