Rentrer… en sixième !

Encore 5 jours de vacances… Après, je serai… à la retraite !

J’avoue que cela n’a pas encore beaucoup de sens pour moi… Cela viendra au fil des jours, je pense…

J’ai envie aujourd’hui de vous parler d’une rentrée particulière, riche en émotions de toutes sortes : la rentrée en 6ème !

Si vous connaissez un enfant qui va vivre cette difficile aventure, conseillez-lui donc la lecture de La Sixième, de Susie Morgenstern : l’auteur décrit ce difficile apprentissage… comme si elle l’avait vécu !

J’ai dû faire étudier ce roman 2 ou 3 fois à mes classes : en 6ème, bien sûr, mais aussi, si je me souviens bien, une fois en 5ème. En tous cas, ce sont des 5èmes qui m’avaient rédigé leurs souvenirs d’entrée en 6ème… qui ne démentaient absolument pas les propos de l’écrivaine !

On a beau, depuis quelques années, faire visiter le collège aux élèves de CM2, en fin d’année, ils sont toujours terrorisés quand arrive la fin du mois d’août. Tant de questions, tant d’inconnues !

La plus importante d’abord : est-ce que je serai dans la même classe que mon copain (ma copine) ?

Ces pauvres petits, qui étaient « les grands » de l’école primaire, vont en effet se retrouver les plus petits. Et non seulement ça, mais on va les mélanger, selon quelque ténébreuse alchimie, avec de parfaits inconnus venant d’autres écoles primaires. Dans ma banlieue, ils se retrouvent même avec des « étrangers » d’autres villages !

Si un grand frère ou une grande sœur a déjà fait l’expérience du collège, se joint la crainte de tomber sur tel ou tel prof, « une vraie peau de vache ». Et aussi, si « le grand » a fait un peu trop parler de lui au collège, la peur d’être trop vite étiqueté par les profs…

Tout cela, on ne peut le savoir que le jour de la rentrée : quelles affres !

En attendant, on la prépare activement, cette rentrée ! On fait les courses, on pointe sur la liste remise par le collège les fournitures achetées, en respectant bien le mot à mot. On achète un nouveau sac (les cartables, c’est terriblement « out » !), voire même un sac à roulettes, car on a entendu parler du poids des mots.

Et on prépare son sac, plusieurs jours à l’avance, qu’on vérifie quotidiennement pour voir si on n’a rien oublié. On va chercher la carte qui permettra d’utiliser les transports scolaires (bien que, le premier jour, on vienne souvent accompagné d’un parent), on repère bien où se trouve l’arrêt du car, et combien de temps il faut pour l’atteindre : si on manquait le car, ce serait terrible !

L’autre cause de souci, dans les préparatifs, c’est la tenue : comment m’habiller ? Souvent, les points de vue des parents et des enfants divergent, à ce propos. Il faut une tenue pratique, certes, mais surtout susceptible de séduire tous ces inconnus qu’on va côtoyer dans la classe. Du neuf, de préférence, mais pas trop classique, un zeste de fantaisie est indispensable. Le matin encore de la rentrée, on s’interroge encore sur le choix du plumage…

La gorge trop serrée pour prendre le petit déjeuner habituel, on presse les parents : et si on allait rater le car ? ou la sonnerie du collège ? Ce n’est pas tant la crainte d’être puni (encore que…), mais plutôt celle d’être remarqué (et moqué) par les futurs condisciples…

Que d’angoisses ! Et si on ne trouvait pas son nom sur les listes ? Et si on avait été oublié ? Et si on était dans la même classe que son pire ennemi ? Et si on avait cet horrible prof dont on nous a parlé ? Et si…

Tant de questions ! Et voilà qu’il est l’heure, qu’il faut absolument partir, qu’une envie irrépressible nous jette dans les toilettes comme dans un havre de paix…

C’est l’heure. Il faut y aller. La peur au ventre, mais, si possible, la tête droite du fier conquérant…

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