Rentrer… en sixième ! (suite de suite)

Voici notre jeune héros sur le seuil de la classe : un peu décevante, cette classe… Beaucoup moins décorée qu’en primaire !

Si le professeur autorise un placement libre, ce sont, le plus souvent, les premiers rangs qui sont occupés d’abord (en 3ème, ils se précipitent au contraire vers le fond, quitte, s’ils ne sont pas très nombreux, à laisser vide tout le premier rang…).

On attend, debout, l’autorisation de s’asseoir (ça aussi, c’est nouveau, pour la plupart !). On sort du beau sac tout neuf les fournitures rutilantes achetées quelques jours plus tôt : on sait qu’on n’en aura vraisemblablement pas besoin ce premier jour… mais… on ne sait jamais ! Et puis, le plaisir d’exhiber le premier classeur, l’agenda, le stylo si joliment orné d’un petit lapin au bout (que notre voisin saisit pour le manipuler d’un air jaloux)…

Assis, bras croisés, dans un silence émaillé de chuchotements, on écoute le professeur faire l’appel. Il faudra réunir tout son courage pour rectifier une mauvaise prononciation du nom ou du prénom… ou attendre qu’un camarade plus hardi le fasse à notre place…

La distribution des livres : c’est vrai qu’il y en a beaucoup ! Tiendront-ils tous dans notre sac ? Pas sûr ! Comment faire, alors ? Un voisin mieux renseigné nous informe de la possibilité de casiers… On feuillette brièvement tous ces manuels, contenant le Savoir à acquérir en un an…

Le carnet de correspondance : il faut commencer à le remplir, en indiquant nom, prénom, adresse, et toutes ces sortes de choses (qu’on aura à répéter sur de multiples fiches !). Et voici, au tableau, que s’inscrit la liste des professeurs, à recopier sur la page adéquate. Chuchotements excités à l’annonce de certains noms : « Il est super, ce prof ! », « Celle-là, elle met tout le temps des heures de colle ! », « Ouais ! C’est la prof de dessin de ma sœur ! Elle fait des trucs extra ! »… On écoute attentivement, à l’affût de toute information sur ces inconnus qui vont nous gouverner pendant un an…

L’emploi du temps : à recopier au crayon sur la couverture du carnet de correspondance. Ouf ! On quitte tous les jours à 3 heures et demie ! Et… « t’as vu ? on a le vendredi après-midi de libre ! ». Et toutes ces heures de sport… super !

Au fur et à mesure que le temps passe, la classe devient plus bavarde, plus agitée, plus décontractée, aussi. On commence à « entrer en 6ème »…

Récréation : ouf ! On avait perdu l’habitude de rester le cul vissé sur une chaise pendant 2 heures !

On retrouve dans la cour le copain de 6ème 8, on échange des impressions, des craintes ; on se rassure, aussi : après tout, ce n’était pas si terrible…

Peu de jeux, peu de cris… et encore moins si d’autres niveaux partagent la cour : là, on passe à l’écart, discrètement, on essaie de se trouver un coin « tranquille », loin des grands…

A la sonnerie, on se range à l’emplacement prévu, sans trop traîner : pour retrouver notre classe, il faut suivre la rangée : on n’a même pas retenu le numéro de la salle !

Mais c’est une « autre » classe qui entre dans la salle : plus animée, plus confiante, ayant éloigné les angoisses premières. On est en 6ème. Eh bien ! On s’y fera ! On est grand, maintenant !

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2 Responses to “Rentrer… en sixième ! (suite de suite)”

  1. françoise charlotte dit :

    Merci pour ce post que je trouve très pertinent

    Je viens de faire ma première rentrée avec des 6ème à 50 ans et sans formation. Suppléante en complément de mon actvité de formatrice professionnelle J’ai été étonnée par leur côté bébé (maîtresse on doit écrire sur quoi ? Madame Adrien y lance des boulettes de papier)) Alors même si c’est sportif, j’essaie de me souvenir que ce sont des crevettes qui n’arrivnet pa à se concentrer plus de 20 minutes sur un sujet. C

  2. Ex-prof dit :

    Oui… on a oublié les réactions qu’on avait en entrant en 6ème, perdus au milieu de tant d’élèves (des « grands », alors qu’on était les « grands » en primaire !), en quête d’attention de ces multiples profs, cherchant à se rassurer avec des « grigris » tels que le stylo à 4 couleurs ou la trousse super-mode… Leurs questions « bébé » cherchent à mettre un ordre dans ce qu’ils ressentent comme un immense chaos…

    Mais… ils s’adaptent vite, les petits ! Et parfois, on a une pensée nostalgique pour leurs questions d’il y a quelques mois…

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