De l’élégance… de l’Art ?

Un immense merci à Muriel Barbery (l’auteur de L’élégance du hérisson), pour m’avoir fait découvrir quelques peintres, dont j’ignorais même le nom : Pieter Claesz, Willem Claesz-Heda, Willem Kalf et Osias Beert, peintres hollandais du 17ème siècle, spécialistes de natures mortes.

Et merci à Internet (et aux moteurs de recherche), sans lesquels ces noms ne seraient restés à peu de chose près que des noms, nantis d’une biographie réduite et, avec un peu de chance, d’une photo de tableau… à supposer que j’aie eu le courage de consulter une encyclopédie…

Je ne suis pas une fan des natures mortes (d’autant qu’on y voit souvent des animaux morts…), mais j’avoue avoir été impressionnée par les jeux de lumières des tableaux que j’ai vus sur mon écran…

(Cela me fait penser qu’il faut que je réemprunte Le peintre des batailles, d’Arturo Perez-Reverte : dans ce superbe roman, sont cités de nombreux tableaux que j’aimerais voir… pour tenter de « reconstituer » la fresque du narrateur…).

Mon amour de l’art n’est pas celui de Renée, une des deux narratrices du roman : je n’y connais absolument rien, et me contente de « ressentir »… ou de ne pas ressentir, d’ailleurs. J’aime particulièrement les formes stylisées, les jeux de couleurs et de lumières… C’est à peu près tout ce que je peux dire sur mes préférences en ce domaine…

Citation extraite du roman :

« Car l’Art, c’est l’émotion sans le désir. »

J’ai beaucoup aimé ce roman… et l’aurais bien vu continuer encore pendant quelques centaines de pages, avec ces récits, réflexions et impressions à deux voix… J’aurais bien vu Kakuro jouer son rôle de catalyseur plus lentement, plus progressivement, pour me laisser le loisir de continuer à découvrir les deux narratrices…

Récemment, une cousine me parlait de ce roman (je n’ai pas osé lui dire que je ne l’avais pas encore lu !), qu’elle avait prêté à une tante : une dame de 96 ans… que son âge n’empêche pas de lire ni de discuter de ce qu’elle a lu.

Or, là : blocage complet ! « Une concierge ne parle pas comme ça ! ». Des discussions avec ma cousine (et une autre cousine) l’ont amenée à reprendre le livre abandonné… mais non, elle ne pouvait pas : une concierge ne parle pas comme ça !
Elle rejoignait ainsi l’opinion des riches propriétaires de l’immeuble de Renée… Une vision « de classe »…

Je dois beaucoup de remerciements à mes parents à ce sujet : ils étaient d’une toute petite classe moyenne (artisan et comptable), mais n’avaient aucun préjugé sur « les classes inférieures » (ni supérieures, d’ailleurs !). Leur premier achat immobilier a été un appartement dans un ancien hôtel particulier, divisé en 5 appartements. La voisine du dessus venait faire le ménage chez nous. Pour autant, elle ne perdait pas son statut de voisine et copropriétaire, donc d’égale ! Ma mère, travaillant par la suite dans un Centre de recherches, secrétaire de direction, côtoyant ingénieurs et autres messieurs importants, n’en tirait pas plus de gloire. Et mon père, passé de l’artisanat au statut de « pointeau » dans une usine de chaudronnerie, s’il regrettait un métier qu’il aimait (mais qui ne le faisait pas vivre), ne se sentait pas « déchu » pour autant.

Ils m’ont ainsi donné une vision particulière du monde qui m’entourait, où la richesse et le statut social étaient moins importants que les personnes elles-mêmes… Ils m’ont permis de côtoyer sans effort particulier des gens très différents (quoique… j’aie toujours eu plus de mal avec ceux qui, justement, étalaient complaisamment leur « place élevée »), et de faire des rencontres quasiment impossibles dans des milieux plus « fermés ».

Ouf ! Que de remerciements, aujourd’hui !

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