En lisant le journal…

Oui, je sais, le Nouvel Obs n’est pas un journal, mais un hebdomadaire… Mais c’est un mot un peu long pour un titre…

Dans le Nouvel Obs, il y a une page que je lis toujours avec beaucoup d’intérêt, c’est la chronique de François Reynaert : j’apprécie son humour, sa façon de traiter des sujets parfois difficiles. Quand j’ouvre le journal (!), je ne me précipite pas pour autant cette page : non, je sais qu’elle est là, quelque part dans les 30 premières pages, et je tourne les pages en lisant ce qui m’intéresse… mais avec la gourmandise secrète de qui convoite la cerise sur le gâteau… Et je lui en veux, à François Reynaert, quand il prend des vacances ! Heureusement, il a la gentillesse de nous prévenir de son absence…

Petite citation de la chronique de la semaine :

« Il y a juste un an, au moment du grand délire viral, quand on sortait d’un avion transatlantique on nous obligeait à porter un masque grotesque pour ne pas contaminer les gens. Maintenant, quand on sort du même avion, après douze jours sans douche et sans changer de vêtements, ceux qui nous accueillent regrettent de ne pas en avoir sous la main pour eux-mêmes. »

Quel « joli » raccourci !

Rien à voir, mais, au fil des pages, je relève 2 titres de livres qui intéresseront peut-être quelques-uns d’entre vous :

La désobéissance éthique, d’Elisabeth Weisman, chez Stock. L’auteur, journaliste et essayiste, y traite des agents de service public (enseignants, postiers, agents EDF-GDF, forestiers, psychiatres, et même policiers…) qui « font de la résistance » contre les Saints Principes du Chiffre, lesquels voudraient nous réduire à n’être que des vecteurs d’enrichissement pour les riches… Je résume… Elisabeth Weisman tient pour éthiques ces résistances qui « portent en elles le souci de l’autre ».
Très envie de le lire, celui-ci !

Le niveau baisse-t-il vraiment ?, de Claude Lelièvre, chez Magnard, collection « L’Avenir de nos enfants en question(s) ». L’auteur est un historien de l’éducation. Une citation me rend plus dubitative : « Pour ne pas se voir eux-mêmes remis en question quand leurs élèves échouent, ils [les professeurs] préfèrent dire que ceux-ci sont de plus en plus mauvais… ».

Autres citations :
« Les fautes d’orthographe, l’ignorance des plus simples éléments de la langue française laissent trop voir qu’un grand nombre se présente à ces épreuves du baccalauréat comme à un jeu de hasard… » (Le Clerc, doyen de la Sorbonne,… 1859 !)
« L’enseignement secondaire se primarise. Les élèves des lycées n’ont ni orthographe, ni vocabulaire exact et varié, ni analyse logique… » (Paul Laumonnier, in La Crise de la culture littéraire… 1929…).

Quand on vous dit que le niveau n’arrête pas de baisser ! Même Platon le disait, alors !

Bonnes lectures… et bon premier mai !

Tags: , , ,

2 Responses to “En lisant le journal…”

  1. odile dit :

    I have a dream…
    mon billet n’a rien à voir avec l’article, mais j’avais envie de vous livrer mon rêve d’une nuit de cette semaine.
    Je me trouvais en salle des profs, une vingtaine de présents peut-être, chacun le nez dans son truc (le café pour certains, les copies pour d’autres etc… enfin, vous imaginez), et moi, je leur disais qu’il y en avait assez, qu’il fallait que nous soyons tous unis et cohérents vis à vis des élèves dont l’attitude était purement insupportable, les incivilités, la violence, le mépris, tout ça il fallait que ça cesse, que nous allions tous craquer. Et ça ne pourrait cesser que si on s’y mettait tous. Alors j’ai proposé des trucs: faire de la présence dans les cours des collègues, pour créer un rapport de force plus favorable aux adultes, faire de l’expression corporelle en classe, que chacun se donne la main dans une grande ronde et appelle les qualités nécessaires à l’écoute et à l’apprentissage, qu’on joue à « la poupée de chiffon » pour redonner de la confiance, enfin des trucs débiles, quoi! Ce que j’ai dit aussi, c’est que j’en avais rien à faire des programmes, que pour moi, il fallait sauver les jeunes et que c’était ça qui comptait, que les apprentissages, on les ferait en même temps, et que si ils redoublaient tous mais qu’on avait réussi à faire changer leurs comportements, et bien on aurait gagné! Ouf! C’était épuisant, mais j’avais réussi à convaincre!

    A noter que 1) je ne suis pas du tout prof dans la vie (juste de soeur de prof…)
    et que 2) en me levant ce matin là j’apprends par la radio qu’un prof venait de se suicider dans sa salle des profs (mais ça ce n’était pas un rêve).
    Troublant, non?

    Et puis permettez moi de vous faire part aussi de ma prochaine lecture, dont j’ai entendu parler sur ces mêmes ondes de service public: « Egobody : la fabrique de l’homme nouveau  » de Robert Redeker; mais il va falloir attendre un peu: il ne sort que début mai.

  2. Ex-prof dit :

    Tu veux pas aller voir le ministre, pour lui répéter ce que tu as dit aux profs, des fois que t’arriverais à le convaincre ? Ce sera sûrement beaucoup plus long et épuisant… mais sait-on jamais ?

    Tu serais pas un peu rebelle comme ta grande sœur, par hasard ???

    Merci en tous cas de si bien ressentir les « problèmes des profs » !

    Bisous…

Leave a Reply