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Des nouvelles des nouveaux…

mardi, septembre 28th, 2010

Article du Nouvel Obs :

« 8300 profs sans formation

Le mal des débutants

Par mesure d’économie, les nouveaux enseignants sont catapultés dans les classes sans y avoir été préparés. Payés 1500 euros par mois pour 15 à 18 heures de cours par semaine, ils rament »

Petite précision sur ce chapeau : ce n’est pas 15 à 18 heures, mais 15 (pour les agrégés) OU 18 heures (pour les certifiés).

Ceci dit, l’article décrit la panique qu’on pouvait supposer…

« Un élève s’est approché de moi avec un cahier, je me demandais ce qu’il voulait. C’était le cahier de textes de la classe que je suis censée remplir à la fin de chaque cours », raconte Antonia, 29 ans. Cette nouvelle enseignante d’anglais a décroché son capes en juillet. Elle a été nommée à la rentrée dans un collège en ZEP de l’académie de Créteil. Pendant les quelques heures de formation express juste avant la rentrée, on lui a répété : « Faites un plan de classe. » Scrupuleuse, elle a essayé d’en imposer un en rangeant par ordre alphabétique ses élèves de troisième. La séance a viré à l’émeute. »

Curieux, cette incitation au « plan de classe » : se présenter face à un public inconnu, aux réactions inconnues, et commencer à vouloir modifier la « géographie » de la classe… Comment peut-on donner de tels conseils ? Au moins aurait-il fallu envisager avec ces « nouveaux profs » les conséquences possibles d’un tel « bouleversement » ! Je sais bien que des collègues pratiquent ce « système », dont je ne vois toujours pas l’utilité, sauf comme remède éventuel (et provisoire ?) à une situation difficile. Mais… ces collègues ont déjà la fameuse « autorité » acquise au fil des ans !

Conclusion :

« Mais l’autre jour, après une nouvelle journée calamiteuse, elle a voulu démissionner. « Je ne me voyais pas retourner au collège. On m’aurait donné six heures, c’était jouable. Mais dix-huit, c’est mission impossible. » Le 15 septembre, Antonia a demandé un congé maladie. »

Voilà une rentrée réussie ! Et comme, dans ce genre de situation, la terreur augmente en approchant du terme du congé… il y a des chances pour qu’Antonia demande de nouveaux congés… en attendant, peut-être, de démissionner.

Il doit y en avoir d’autres, des Antonia, dans nos collèges et lycées ! De jeunes diplômés, désireux de bien faire, aimant leur futur métier… et découvrant qu’ils n’ont pas prise sur leurs élèves… Et je ne suis pas sûre que les videos de l’Institut national de la recherche pédagogique puissent les aider beaucoup…

Quel gâchis ! A peine ont-ils commencé un métier dont ils rêvaient, que ces jeunes se voient déstabilisés, inquiets pour leur avenir, cherchant déjà une autre idée de métier… Et aucune aide psychologique à attendre, évidemment !

Et, bien sûr, des classes sans profs, qui peuvent plus ou moins se glorifier d’avoir fait craquer celui qu’on leur avait parachuté… Toutes prêtes à « mettre le paquet » sur le prochain…

A côté de ces situations extrêmes (mais sans doute trop nombreuses !), les surprises de Jacques paraissent anodines :

« En attendant, les stagiaires font cours en aveugle. « Je n’ai aucune idée de la façon dont un enfant de 11 ans apprend », poursuit Jacques l’historien, tout surpris d’être interrompu par des élèves de sixième qui lui demandent : « Est-ce qu’il faut écrire le titre en rouge ou en vert ? » « 

Tout enseignant en collège s’est trouvé, un jour ou l’autre, interrompu par une question de ce genre… Un des « musts » étant : « Je suis en bas de la page, qu’est-ce que je fais ? ». Forte envie, évidemment, de lui conseiller d’écrire sur la table… mais attention : j’ai déjà parlé de l’imperméabilité à l’ironie de nombreux élèves de cet âge !

Par contre, l’ignorance dont Jacques témoigne quant aux modes d’apprentissage est beaucoup plus dommageable…

Entendons-nous : je ne défendrai pas la façon dont certains IUFM abordaient les questions pédagogiques. J’ai trop entendu d’aberrations à ce sujet. Sans doute en grande partie, d’ailleurs, parce qu’on avait omis de former les professeurs ! Lesquels n’avaient donc que leur propre expérience et la ligne du parti… pardon, du ministère ou du rectorat ! Un peu court pour former de futurs profs… Et, évidemment, il coûte beaucoup moins cher de supprimer ces formations que de tenter de les améliorer…

Nouveaux profs, je suis de tout cœur avec vous… même si cela ne change pas grand chose ! Et j’espère très fort que, dans vos collèges ou lycées, vous rencontrerez des collègues qui pourront vous aider dans ces démarrages difficiles…

Les profs encore en grève !

lundi, septembre 6th, 2010

Ben oui, encore une grève ! Plus exceptionnel : dès la rentrée. Encore plus exceptionnel : grève de 2 jours ! Aujourd’hui pour la défense de l’École publique, demain pour la défense des retraites.

Je me contenterai aujourd’hui de reproduire ici le modèle de lettre aux parents du SNES.

Parce que les réformes entreprises visent à la destruction de notre École (et, plus largement, de nos services publics).
Parce que je ne peux pas accepter qu’on lance sans formation des milliers de jeunes dans des classes.
Parce que les « économies » ne visent que le moment présent, sans prévoir aucunement le prix qui sera à payer dans 15 ou 20 ans pour tous les élèves qui n’auront pas pu, dans des classes de 30, 40 ou plus, accéder à un métier, une situation, un avenir.
Parce que, bien que retraitée, je ne peux me sentir étrangère à ce mouvement de protestation, que j’espère fort et significatif.

Madame, Monsieur,

L’École publique traverse aujourd’hui une période difficile tant au niveau des moyens qui lui sont alloués qu’à celui des missions qui lui sont confiées.

Sous couvert d’une diminution des dépenses publiques, décidée sans prise en compte du rôle social et économique du service public dans l’émergence d’une société plus juste et plus égalitaire, le ministre de l’Éducation nationale réduit l’offre de formation, dégrade les conditions de travail des élèves et des personnels, détruit la formation professionnelle des enseignants, abandonne les jeunes des catégories les plus défavorisées à un avenir précaire. Les conséquences les plus violentes de cette politique sont le désengagement de l’État qui renvoie aux collectivités locales des responsabilités coûteuses qu’il ne veut plus assumer, et l’aggravation des inégalités entre les établissements et entre les élèves.

Ainsi dans (nom de l’établissement), les conditions de vie et d’étude se sont dégradées: donner quelques éléments significatifs (postes, options, dispositifs d’aides et de soutien supprimés, augmentation des effectifs par classe, remplacements non effectués…).

Les personnels ne peuvent se résoudre à cette situation qui les empêche d’exercer leur mission et remet en cause l’idéal démocratique et égalitaire qui les anime.

Porteurs d’un autre projet pour les jeunes qui leur sont confiés, vos enfants, ils interpellent depuis des mois leur administration et leur ministre, sans succès. Pire, les seules réponses à leurs interrogations, préoccupations ou revendications sont le plus souvent marquées du sceau du mépris pour leur travail et leur engagement professionnel, et accélèrent encore le processus de destruction du service public d’éducation.

Dans le même temps le projet de réforme des retraites procède de la même vision de la société : protéger les plus favorisés et faire payer aux moins riches, aux plus défavorisés, aux plus fragiles les conséquences sociales et économiques d’une crise financière provoquée par l’appétit sans frein des spéculateurs.

Décider de cesser le travail est toujours un choix difficile parce qu’il implique une désorganisation de l’établissement et des contraintes pour les familles, mais aussi à cause de ses conséquences financières pour les personnels qui se voient retirer une journée de salaire.

Mais face à une telle situation, les personnels n’ont pas d’autres recours que l’appel à la grève.

Ils seront en grève le lundi 6 septembre dans les collèges et les lycées pour revendiquer une autre politique éducative et l’abandon des réformes en cours.

Ils seront en grève le mardi 7 septembre et participeront aux manifestations aux côtés de l’ensemble des salariés pour exiger l’abandon du projet de réforme des retraites et obtenir une réforme des retraites plus juste.

Les personnels du (nom de l’établissement)

Bonne rentrée !

lundi, août 30th, 2010

En cette période de rentrée scolaire, je ne peux m’empêcher de penser à tous ces « fonctionnaires stagiaires » qu’on va lancer dans les établissements…

Ainsi que l’indique le très sérieux site officiel :

L’année scolaire 2010-2011 sera la première année de la mise en place de la réforme du recrutement des enseignants du second degré et des personnels d’éducation. Les lauréats des concours 2010 ainsi que ceux d’une session antérieure ayant bénéficié d’un report de stage durant l’année scolaire 2009-2010 seront nommés fonctionnaires stagiaires et auront en responsabilité plusieurs classes dans le cadre de leur année de stage. De même, les conseillers principaux d’éducation (CPE) seront affectés en établissement scolaire pour y exercer leurs fonctions.

Réforme de recrutement ? Je ne vois pas très bien en quoi il s’agit d’une réforme du recrutement… Le recrutement s’opère sur les mêmes bases (résultats aux concours). Par contre, les « petits nouveaux » ne connaissent leur établissement d’affectation que depuis quelques jours… s’ils le connaissent ! Des réunions dans les rectorats sont prévues pour les « accueillir » aujourd’hui et/ou demain, et leur donner toutes les informations nécessaires… y compris sur le logement… Génial, de savoir quelques jours avant de prendre son poste qu’on va travailler à quelques centaines de kilomètres de chez soi !

Réforme ? Réforme de non-formation, aurait-on pu écrire, avec quelque souci de la vérité ! Mais, comme dans 1984, les mots ont des sens contradictoires : si le « Miniver » d’Orwell était en réalité le ministère du travestissement de la réalité, le Ministère de la Formation, chez nous, est devenu celui de la non-formation…

Il est vrai que les économies sont toutes bonnes à prendre… plutôt que d’aller « taper » ceux qui ont de l’argent… et en font plus ou moins sur notre dos…

Je me permets donc de souhaiter, malgré tout, la bienvenue à tous ces « petits nouveaux » qui vont se trouver confrontés à tant de questions, pratiques et pédagogiques.

Et bon courage !

Bonne rentrée à tous et à toutes !

Pan ! sur les profs !

mardi, juin 1st, 2010

Article du NO, rubrique Notre époque

Surtitre : Résistances
Titre : Et si les profs étaient conservateurs ?
Chapeau : La réforme du lycée, même a minima, recueille les critiques des enseignants

Les profs ? Tous des vieux croûtons, des fossiles, des machins accrochés à leurs nombreux privilèges, qui refusent tout changement, se fichent de l’intérêt de leurs élèves, ne voient que le leur… Bien payés à rester tranquillement assis à leur bureau pendant 15 ou 18 heures par semaine (sans compter les nombreuses vacances !), ils aboient dès qu’on veut leur retirer un morceau de leur os.

(Est-ce que la nouvelle épreuve « Agir en fonctionnaire » leur apprendra à – enfin ! – obéir aux ordres sans discuter ? Voir le blog TZR et, pour plus de précisions, le document officiel.)

Oui, tous des vilains ! On comprend mieux pourquoi on en supprime à la pelle depuis quelques années, que des dizaines de milliers de postes sont tout simplement effacés de la carte.

« La défense des disciplines et le programme à boucler restent leur dogme. Sortir de ce sacro-saint cadre semble trop risqué. (…) Peu importe que les élèves croulent sous des emplois du temps surchargés. Peu importe que certains aient besoin de soutien. » dit l’article…

Euh… que je sache, les impératifs de programmes sont fixés par le ministère, et non par les profs ! Que ces programmes soient trop denses pour être appliqués ne relève pas de la responsabilité des profs qui doivent, eux, coûte que coûte, « boucler » leur programme ! J’imagine le tollé si on ébruitait le fait que, ben non, les programmes ne sont pas toujours bouclés, faute de temps ; que tels et tels profs ont « préféré » être sûrs que leurs élèves avaient compris telle partie du programme avant d’aborder la suivante… et que, du coup, lesdits élèves seraient désavantagés aux examens… Quand je vois que, ces dernières années, au modeste Brevet des Collèges, on a pris soin de poser des questions sur des notions vues en 5ème… il a bien fallu, en plus du programme de 3ème, revoir ces notions oubliées…

Quant au soutien…

Soyons clairs : je ne nie pas que les lycéens aient besoin de soutien. Je me réjouirais même de voir qu’on leur prévoit un « enseignement » sur la méthodologie…

… laquelle méthodologie fut au « programme » de 6ème pendant 2 ou 3 ans avant d’être supprimée… Je l’ai « enseignée » (je mets des guillemets, car il ne s’agit pas d’un enseignement comme les autres, mais d’une réflexion sur les « comment faire » : comment apprendre une leçon, faire un exercice, organiser son travail, avoir ses affaires, et toutes ces sortes de choses). Personnellement, j’ai trouvé très utile cette heure hebdomadaire, qui permettait aussi aux enfants de discuter entre eux des façons de faire ; il me semble que les élèves ayant suivi cet enseignement, le peu de temps qu’il a duré, s’en tiraient mieux, non seulement en 6ème, mais les années suivantes. Attendre la seconde pour cela me semble un tout petit peu tardif…

… et, vu les mots d’ordre de non-redoublement, vu qu’un collège est « noté » (et donc son équipe dirigeante et ses profs, par la même occasion) en fonction de son taux de passage en seconde… vu qu’en cas de « résistance » d’un conseil de classe ou d’un chef d’établissement, la commission d’appel tranchera, le plus souvent, pour le passage en seconde d’un élève ayant 8 de moyenne en 3ème… je veux bien croire que de plus en plus de lycéens ont besoin de « soutien » : ils auraient surtout eu besoin qu’on s’occupe de leur cas au collège, au lieu de les envoyer en seconde !

Quant au tutorat… il faut avoir sérieusement oublié ce qu’est un lycée pour imaginer qu’un « enseignant référent » suive le lycéen de la seconde à la terminale : les gens qui ont eu cette idée géniale ont-ils une idée du nombre d’élèves dans un lycée ? Pensent-ils réellement que chacun puisse trouver un « tuteur » ? Cela ferait combien d’élèves par « tuteur » ? Et vu la complexité des horaires en lycée, l’occupation constante des salles, où et quand pourraient se retrouver « tuteur » et « tutoré » ?

L’idée est intéressante et généreuse… mais ne tient pas compte de la réalité ! Au collège, nous avons eu aussi des élèves « tutorés » : quelques élèves présentant des difficultés particulières, pas tous les élèves !

Je ne dirai rien des « stages » de remise à niveau… hors du temps scolaire, donc travail supplémentaire pour les profs…

Ben oui, ils râlent toujours, les profs… En 40 ans, j’en ai vu passer quelques-unes, des réformes… Si un jour j’en ai le courage, je vous ferai un petit bilan… En tous cas, chaque réforme s’est traduite par un surcroît de travail pour les profs… gratuit, bien évidemment !

Dès qu’un prof entend parler d’une réforme, il s’inquiète de ce qu’on va exiger de lui en plus de son travail « normal »… On a beau lui dire « mais non, mais non, c’est juste un peu différent », il sait bien, lui, que cette « différence » se traduit par une addition…

Conservateurs, les profs ? Ben… ils aimeraient bien, à défaut de voir leurs salaires augmenter décemment, ne pas se retrouver, à chaque réforme chargés d’un peu plus de travail…

Même les ânes refusent qu’on leur ajoute sans arrêt une charge à porter…

Chez nous, on aime son métier…

samedi, mai 22nd, 2010

J’évoquais récemment la question de la formation des médecins qui coûtait (trop) cher : on en « importait » donc de l’étranger, et de plus en plus de futurs médecins allaient se former à l’étranger…

La question a été résolue de façon beaucoup plus radicale dans l’enseignement : la formation coûte cher ? On la supprime !

A la rentrée prochaine, quelques milliers de jeunes ayant réussi leur concours vont donc se trouver à « faire » leurs 18 heures hebdomadaires (15 pour les agrégés) dans un collège ou un lycée.

J’entends d’ici les ricanements des étrangers (je veux dire : ceux qui ne sont pas dans l’éducation dite nationale) : « 18 heures par semaine ? C’est pas trop fatigant, ça ! Faudrait les voir dans un « vrai » boulot, avec 40 heures, pas 18 ! »

Par pitié pour ces béotiens, je redirai donc, comme nombre de mes collègues le font chaque jour, que, pour assurer 18 heures de cours… il faut les préparer ! On ne déboule pas comme ça dans une classe « Ouvrez vos livres à la page tant, on va lire la leçon ». Il faut avoir réfléchi au programme, à la progression dans l’année, au découpage des notions à enseigner ; puis, pour la notion « du jour », avoir cherché les différentes façons de l’envisager, quels démarrages possibles, quelle progression dans la séance, quel type d’interventions des élèves, quelles traces écrites, quels exercices, quelles suites à donner… etc. ! 18 heures de cours, cela fait au minimum 20 heures de préparations… Si les « vieux briscards » peuvent se reporter à ce qu’ils ont fait les années précédentes, les « petits nouveaux, eux, ont tout à découvrir et à inventer !

Et… je ne parle pas des corrections, qui accaparent beaucoup de temps, plus encore les premières années, où l’on tâtonne forcément !

Chez nous, on aime son métier, on ne compte pas ses heures !

C’est le slogan que je propose pour ces nouveaux jeunes qui vont débarquer en septembre prochain…

Pour eux, on a inventé le 4/3 temps : 3/3 de temps à enseigner, 1/3 de temps (une demi-journée par semaine) à être « formé » (???). 42 heures de « formation »… à partir de novembre ! (les deux premiers mois, ça compte pas !)

Chez nous, on aime son métier, on ne compte pas ses heures !

« Dans la mesure du possible », indique le Recteur de mon académie, on prévoit un abattement de 2 heures sur ces 18. Dans la mesure du possible… Sinon, le « stagiaire » (?) fera ses 18 heures et touchera peut-être 2 heures sup. Si oui… ce sont les collègues qui devront assurer ces 2 heures sup ! Dans la pratique, cela voudra dire dans certaines matières comme les maths, le français, la langue vivante, l’éducation sportive, l’histoire-géographie, une classe donnée aura un prof à certaines heures, et un autre (voire 2 !) pour les 2 heures restantes…

Chez nous, on aime son métier, on ne compte pas ses heures !

Il faudra aussi ménager des heures « libres » par semaine où le petit nouveau pourra rencontrer son « tuteur » : donc des heures de « trou » dans l’emploi du temps, qui allongeront leur temps de présence. Mais chez nous…

Le « tuteur », lui (qui n’aura évidemment aucun allégement de service !), sera rémunéré pour 45 heures de tutorat sur l’année… Un peu plus d’une heure par semaine, donc. Largement suffisant, sans doute, pour discuter des orientations générales, de la progression, de la mise en oeuvre, et pour assister à certains cours du « tutoré »…

Notre recteur envisage d’ailleurs de faire de ces tuteurs des chargés de mission de l’inspection académique… Des sous-inspecteurs, en quelque sorte. Qui auront donc à évaluer leur tutoré. Plus de « conseiller pédagogique » (c’était une des fonctions de l’Institut de Formation)… le tuteur, coiffant une autre casquette, en fera office…

***

Imaginez – deux secondes, mais imaginez quand même ! – ce type de « formation » pour les médecins… Qui débarqueraient dans un hôpital munis de leurs seules connaissances universitaires et se retrouveraient responsables, comme leurs collègues (pardon ! leurs confrères !) des soins aux malades et aux blessés… Une demi-journée de « formation » au bout de 2 mois… Une rencontre hebdomadaire avec un « vrai » médecin travaillant dans le même hôpital…

Ah ! Ben, c’est pas pareil ! Un médecin peut faire de grosses bêtises !

Et un prof ? Sans même parler de la pertinence de son enseignement, ne peut-il par exemple décourager durablement un élève ?

Peut-être… mais ça se voit pas…

Oui… Plus difficile d’attaquer un enseignant en justice parce qu’il a marqué négativement un élève. Un médecin qui s’est planté, il y a généralement des « traces »…

***

Quel respect peut-on avoir pour une profession qui manque à ce point de respect pour elle-même ? J’ai déjà parlé de l’époque où l’on a embauché des institutrices « sur le tas » : un ministre avait décidé d’accorder l’équivalent d’un DEUG (2ème année de Fac) aux mères de 3 enfants (si vous voyez le rapport, faites-moi signe !) ; elles bénéficièrent royalement(et encore, pas toujours !) de… 3 jours de « formation » !!!

Chez nous, on aime son métier, on ne compte pas ses heures !

Et on se fiche bien de l’impact que ces « réformes » peuvent avoir sur les enfants !

Puisque ça ne se voit pas

Tu seras pointeau, mon fils !

samedi, décembre 26th, 2009

pointeau,eaux
(nom masculin)
Tige de métal à forme conique permettant de régler le débit d’un fluide.
Sorte de poinçon servant à marquer un trou.
Employé qui contrôle le temps de travail du personnel dans une usine.

Un métier d’avenir, à en croire les échanges que j’ai eus le soir de Noël avec une infirmière et une prof…

Car l’essentiel, de plus en plus, n’est pas de « bien faire » son métier, mais de coller le plus exactement possible aux « indicateurs », aux « statistiques », aux rapports, aux tâches codifiées de toutes sortes… Soyons productifs, que diable !

Ainsi, tel soin réclame tant de minutes, pas une de plus ! (Une de moins est sans doute possible, si cela conduit à une meilleure « productivité »…). L’infirmier/l’infirmière doit cocher sur l’ordinateur les soins administrés, et veiller à ce que les temps soient respectés… Que la petite dame du 12 ait besoin de parler, que le gamin du 117 soit en larmes, que l’étranger du 234 ne comprenne rien à ce qu’on lui dit et demande, tous ces « détails » n’entrent pas en ligne de compte, et n’ont pas à y entrer ! Pour gagner un peu plus de temps, je préconise d’installer à chaque lit un bouton sur lequel appuiera l’infirmier après son soin : en relation avec l’ordinateur central, ce bouton lancera une impulsion qui remplira automatiquement les fiches correspondantes du malade et du soignant, ce qui fera gagner quelques minutes supplémentaires à l’infirmier pour ajouter de nouveaux soins à sa « grille »…

Mais là, je m’aventure un peu : il y a des chances pour qu’un tel système existe déjà…

Et le prof ? Ben, lui aussi, il doit faire preuve de « productivité » ! C’est-à-dire faire en sorte de « coller » aux indicateurs préconisés… Que ces « indicateurs » soient fiables ou pas, logiques ou non, qu’ils se correspondent entre eux ou pas, n’a rien à voir. On doit les respecter. Point.

L’enseignante avec qui je parlais m’expliquait ainsi que les « indicateurs » à l’entrée du collège prenaient en compte les catégories socio-professionnelles des parents, les évaluations du primaire et de 6ème,… Ceux de la sortie prenaient en compte les réussites au brevet, les orientations en seconde, les taux de redoublement… Le temps où l’on apprenait à NE PAS additionner (ou soustraire !) chèvres et choux doit être révolu…

Le collège où travaille cette collègue avait ses indicateurs dans le rouge, ce qui est évidemment très mauvais. Mais, récemment, ils sont passés au vert : on a réduit au strict minimum les redoublements (vous savez, ces trucs qui coûtent si cher à notre pauvre État !), on a laissé passer en seconde des élèves qui n’avaient absolument pas le niveau. On a fait « comme tout le monde », quoi !

Les inspecteurs, qui n’ont pas trop le sens du ridicule, sont venus s’entretenir avec les profs pour apprendre quels « projets pédagogiques » avaient permis un tel progrès…

Ah ! Les projets pédagogiques ! De plus en plus, c’est sur le papier qu’ils existent ! Fiches à remplir, évaluation des coûts en heures, modes de financement, rapports… La même collègue me contait comment son principal avait convaincu une petite équipe de monter tel projet, pour obtenir des « moyens » (comprenez : des heures supp !). Finalement, le seul « bénéfice » de l’opération consiste en la parution d’un article dans la revue mensuelle de l’académie (ou du département, je ne me souviens plus)… si bien que les profs, en plus de ce « projet » qu’ils font gratuitement, doivent chaque mois pondre un article sur la réalisation de leur projet…

(Tiens, au passage, j’ai appris qu’on ne disait plus « séquence »… mais j’ai oublié le nouveau terme préconisé… Changer les mots, plutôt que les maux…).

Ce qui est bien, avec toutes ces évolutions, c’est qu’on prépare le terrain pour que, demain, des robots nous remplacent : ils sauront sans doute mieux que nous cocher les cases, appuyer sur les boutons et respecter les chiffres de la productivité maximale.

Et l’humain ? demanderont peut-être d’incorrigibles utopistes…

Le quoi ?

Rentrer… en sixième ! (suite de suite)

vendredi, août 28th, 2009

Voici notre jeune héros sur le seuil de la classe : un peu décevante, cette classe… Beaucoup moins décorée qu’en primaire !

Si le professeur autorise un placement libre, ce sont, le plus souvent, les premiers rangs qui sont occupés d’abord (en 3ème, ils se précipitent au contraire vers le fond, quitte, s’ils ne sont pas très nombreux, à laisser vide tout le premier rang…).

On attend, debout, l’autorisation de s’asseoir (ça aussi, c’est nouveau, pour la plupart !). On sort du beau sac tout neuf les fournitures rutilantes achetées quelques jours plus tôt : on sait qu’on n’en aura vraisemblablement pas besoin ce premier jour… mais… on ne sait jamais ! Et puis, le plaisir d’exhiber le premier classeur, l’agenda, le stylo si joliment orné d’un petit lapin au bout (que notre voisin saisit pour le manipuler d’un air jaloux)…

Assis, bras croisés, dans un silence émaillé de chuchotements, on écoute le professeur faire l’appel. Il faudra réunir tout son courage pour rectifier une mauvaise prononciation du nom ou du prénom… ou attendre qu’un camarade plus hardi le fasse à notre place…

La distribution des livres : c’est vrai qu’il y en a beaucoup ! Tiendront-ils tous dans notre sac ? Pas sûr ! Comment faire, alors ? Un voisin mieux renseigné nous informe de la possibilité de casiers… On feuillette brièvement tous ces manuels, contenant le Savoir à acquérir en un an…

Le carnet de correspondance : il faut commencer à le remplir, en indiquant nom, prénom, adresse, et toutes ces sortes de choses (qu’on aura à répéter sur de multiples fiches !). Et voici, au tableau, que s’inscrit la liste des professeurs, à recopier sur la page adéquate. Chuchotements excités à l’annonce de certains noms : « Il est super, ce prof ! », « Celle-là, elle met tout le temps des heures de colle ! », « Ouais ! C’est la prof de dessin de ma sœur ! Elle fait des trucs extra ! »… On écoute attentivement, à l’affût de toute information sur ces inconnus qui vont nous gouverner pendant un an…

L’emploi du temps : à recopier au crayon sur la couverture du carnet de correspondance. Ouf ! On quitte tous les jours à 3 heures et demie ! Et… « t’as vu ? on a le vendredi après-midi de libre ! ». Et toutes ces heures de sport… super !

Au fur et à mesure que le temps passe, la classe devient plus bavarde, plus agitée, plus décontractée, aussi. On commence à « entrer en 6ème »…

Récréation : ouf ! On avait perdu l’habitude de rester le cul vissé sur une chaise pendant 2 heures !

On retrouve dans la cour le copain de 6ème 8, on échange des impressions, des craintes ; on se rassure, aussi : après tout, ce n’était pas si terrible…

Peu de jeux, peu de cris… et encore moins si d’autres niveaux partagent la cour : là, on passe à l’écart, discrètement, on essaie de se trouver un coin « tranquille », loin des grands…

A la sonnerie, on se range à l’emplacement prévu, sans trop traîner : pour retrouver notre classe, il faut suivre la rangée : on n’a même pas retenu le numéro de la salle !

Mais c’est une « autre » classe qui entre dans la salle : plus animée, plus confiante, ayant éloigné les angoisses premières. On est en 6ème. Eh bien ! On s’y fera ! On est grand, maintenant !

Rentrer… en sixième ! (suite)

jeudi, août 27th, 2009

J’ai laissé hier mon pauvre petit sixième en route pour le collège. S’il est parti avec ses parents, il a continué à les abreuver d’interrogations et d’angoisses. S’il a rejoint des camarades, à pied, à bicyclette ou en car, il a pu partager ses craintes avec eux… réconfort tout relatif…

Le voilà donc devant le bâtiment étranger, redouté. Avec un peu de chance, l’établissement n’ouvre ses portes qu’aux sixièmes ce matin : beaucoup de têtes étrangères, mais notre héros aperçoit assez facilement des visages connus, voire sympathiques. Si, malheureusement, la rentrée est pour tout le collège, c’est une foule hostile qu’il perçoit d’emblée, avec des tas de gens beaucoup plus grands que lui, qui parlent fort et rient, alors que lui et ses semblables se font tout petits et discrets, blottis près de l’entrée, de peur de ne pas atteindre à temps le Saint des Saints.

Tout effaré et craintif qu’il soit, le sixième que ses parents ont amené jusque là tente de les persuader de repartir : pas question de passer pour un bébé auprès des autres ! Même s’il n’a qu’une envie : se blottir contre les jambes rassurantes de papa ou de maman, et de fermer les yeux, en espérant vaguement que tout ceci n’est qu’un rêve, voire un cauchemar…

La grille s’ouvre, et les sixièmes entrent en flageolant un peu, malgré leurs airs bravaches. Si d’autres niveaux entrent aussi… ils ne sont pas si pressés, et laissent – pour une fois ! – la priorité aux « petits », qu’ils regardent d’un air à la fois vaguement méprisant et attendri.

Dans la cour, c’est la ruée vers les feuilles qui affichent la composition des classes. On serre très fort la main du copain ou de la copine, pour ne pas se perdre parmi tout ce monde, mais aussi pour forcer le destin à nous réunir dans la même classe.

On parcourt les listes, à la recherche désespérée de son nom. Au passage, on croise tel ou tel nom connu… et tellement d’inconnus ! Et si mon nom ne s’y trouvait pas ? On appelle mentalement au secours papa ou maman, qui sauraient forcément débrouiller la situation…

Là ! Là ! Sixième 6 ! Et qui d’autre, dans cette classe ? Deux ou trois camarades… pas LE copain ou LA copine… Il (ou elle) est en sixième 8…

Pas question de pleurer, évidemment, même si une grosse boule serre la gorge. Renseigné, notre héros échappe à la bousculade et partage ses regrets avec le meilleur copain…

Sonnerie… Vite, on cherche où l’on doit se ranger ! C’est qui, cette prof devant ma classe ? Oh non ! Pas elle ! Prof principale, en plus !

Angoisse, angoisse, angoisse…

Regards autour, dans la rangée : peu de têtes connues, pas de quoi s’affoler non plus. A part un ou deux qui font les « durs », les autres sont aussi accablés que moi… Un ou deux visages sympa, qui m’adressent même une esquisse de sourire, à laquelle je réponds bravement…

Le rang s’ébranle. Pour un peu, ils se tiendraient tous par la main, tant ils ont peur de se perdre dans cet immense bâtiment. En tous cas, ils se tiennent tellement serrés qu’ils se bousculent un peu, se marchent sur les pieds. Quelques chuchotements entre ceux qui ont la chance, eux, de retrouver ami ou amie…

Impossible de repérer quoi que ce soit dans les couloirs. Oubliée, la visite du mois de juin ! On a juste l’impression d’errer dans un labyrinthe où nous guette je ne sais quel monstre antique…

Arrêt. Cette porte, c’est la classe. Enfin, pour ce matin. Car on se rappelle bien qu’on n’aura plus droit à une salle particulière, qu’on devra changer à chaque heure de cours ! Terrible !

Le cœur battant d’émotion, on se prépare à entrer en sixième 6…

La Rentrée ?

lundi, août 24th, 2009

Lulubie, ayant croisé quelques enfants portant leur cartable tout neuf, évoque la prochaine rentrée dans son blog

Déjà ?

J’ai été encore plus surprise quand je suis allée dans un hypermarché vers le 12 juillet : les rayons de papeterie scolaire étaient déjà exposés !

La rentrée ? Le 12 juillet ? Attendez un peu, on vient de sortir !

C’est vrai que, d’ici un mois, on va voir fleurir les décorations de Noël… Et dans deux mois, ce sont les catalogues de « Blanc » qui vont inonder nos boîtes à lettres (tiens ! faut que je pense à essayer de trouver un autocollant « Pas de pub ! » : les anciens propriétaires en avaient un, et j’ai trouvé cela bien pratique…).

Le temps s’accélère…

Certains magazines prennent même une avance d’un mois : ils sortent le numéro d’août fin juin… Si vous n’y pensez pas à ce moment-là, quand vous irez le chercher fin juillet… vous aurez celui de septembre !

Vers quoi se hâte-t-on ainsi, pouvez-vous me le dire ?

Le temps s’en va, le temps s’en va, ma dame ;
Las ! le temps, non, mais nous nous en allons,

Ronsard, Sonnet à Marie

60 ans : la vie devant moi ???

samedi, août 15th, 2009

Je viens de lire un article dans le dernier Marie-Claire (oui, je lis aussi des magazines « féminins » !) intitulé « Feriez-vous un enfant après 50 ans ? ».

Photos de « jeunes quinquagénaires » souriantes, leur enfant dans les bras, de moins jeunes sexagénaires (et plus…) pas toujours souriantes… J’apprends que « le record du monde » est actuellement détenu par une Indienne qui a eu des jumeaux à 70 ans (elle a détrôné une Roumaine qui avait eu une fille à 67 ans)… Fivettes, ovocytes congelés, achetés… la science d’aujourd’hui permet beaucoup de choses, impensables il y a quelques décennies…

Un encart dans l’article rappelle que, dans la Bible, Sarah, épouse d’Abraham, tombe enceinte à 90 ans, et Élisabeth, « avancée en âge », donne naissance à Jean (qu’on appellera « le Baptiste »). Si même le Dieu du Livre se permet ces écarts, alors…

Voici un extrait de la conclusion de l’article :

« Ce qui est vilipendé d’un côté est donc encensé de l’autre, démontrant encore une fois la puissance du tabou condamnant la transgression biologique. Quoi qu’on en pense, les mères âgées sont des pionnières : elles mettent en oeuvre une égalité réelle avec les hommes, elles témoignent aussi d’une société où la procréation est de plus en plus maîtrisée et marchandisée. […] Dans un avenir plus ou moins proche, il est probable que de plus en plus de femmes tordront le cou à leur horloge biologique et programmeront leur vie en fonction de leurs priorités successives. Elles congèleront leurs propres ovocytes, feront carrière et deviendront mères à l’âge de la retraite. »

Bien sûr, les sexagénaires d’aujourd’hui n’ont plus que de lointains rapports avec celles d’il y a 50 ans ou plus… et je veux bien croire que leur condition physique leur permet de vivre une grossesse et de s’occuper d’un enfant.

La question de l' »égalité réelle avec les hommes » me semble davantage sujette à caution… Pour obtenir cette « égalité réelle », on pourrait peut-être aussi stériliser d’office les hommes de plus de 45 ou 50 ans, non ? J’imagine les tollés que susciterait un projet de ce genre !

Et je ne suis pas sûre non plus que le « blocage » (d’après le sondage, 90 % des Françaises interrogées pensent que « les femmes ne devraient pas essayer d’avoir un enfant après la ménopause »), s’il y a blocage, soit une conséquence d’un tabou sur la transgression d’une loi biologique…

Peut-être s’agit-il d’une réflexion sur les conséquences…

Personnellement, c’est à l’enfant, que je pense. A cet enfant né de parents de 50 ou 60 ans (voire plus…). Cet enfant que des parents visiblement plus âgés que ceux de ses copains viendront chercher à l’école. Cet « enfant de vieux » qui devra assumer son histoire : même si les vieux de demain seront « moins vieux » que ceux d’aujourd’hui, il y a des chances pour qu’ils soient, malgré tout, moins adaptables que des plus jeunes…

Et surtout : cet enfant qui, à 20 ans, au lieu de songer à son avenir, à son devenir, à sa propre vie, devra prendre en charge la vieillesse de ses parents. Ils auront alors 70 ou 80 ans, auront vraisemblablement des problèmes de santé : il faudra songer peut-être à leur faire intégrer un établissement spécialisé, une maison de retraite…

Quand la question s’est posée pour ma mère, il y a une dizaine d’années, j’ai trouvé extrêmement difficile cette période. Heureusement qu’avec ma sœur nous pouvions partager nos réflexions : notre mère pourrait-elle revenir chez elle, après son séjour à l’hôpital ? Une aide journalière suffirait-elle ? Fallait-il chercher une maison de retraite ?…

Ces questions ne sont pas simples, et je ne souhaiterais surtout pas les imposer à un jeune de 20 ans ! Nous étions adultes depuis longtemps, ne pouvions héberger notre mère (sans compter que nous travaillions toutes deux, et l’aurions donc laissée seule une bonne partie de la journée), et il nous a fallu plusieurs mois avant de nous résoudre à visiter des maisons de retraite… Car, là non plus, le choix n’est pas simple…

Comment un jeune, qui n’est qu’à l’aube de sa vie d’adulte, pourra-t-il prendre en charge des problèmes aussi lourds ? Comment pourra-t-il lutter contre l’inévitable sentiment de culpabilité (« je me débarrasse de mon vieux parent ») ? Comment pourra-t-il construire son propre devenir alors qu’un tel fardeau repose sur ses épaules ?

Vous remarquerez que je ne parle pas de la « vieille mère », mais bien du « vieux parent » ! Je trouve qu’il est tout aussi inconséquent, même si c’est très courant depuis des siècles, qu’un homme accepte d’être père alors qu’il est déjà âgé ! Même si, statistiquement, sa femme ait des chances de lui survivre, et de prendre en charge son époux défaillant.

Je ne suis pas sûre que les adultes qui décident d’avoir un enfant si tardivement aient réfléchi à cette question. Dans l’article, on parle de l’éventualité pour l’enfant qu’il soit orphelin : certes, c’est un choc difficile à vivre… mais où l’enfant n’a aucune part de responsabilité. Prendre en charge le devenir de ses vieux parents, c’est autre chose…