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Vous avez dit : violence ? (suite)

dimanche, juin 7th, 2009

Pourquoi « tant de violence » ?

Difficile de savoir s’il y en a réellement davantage aujourd’hui qu’il y a 50 ou 100 ans. Ce qui est certain, c’est qu’elle est davantage dévoilée.

Et la violence des jeunes… c’est sans doute aussi le reflet de la violence des adultes. Pas seulement ceux qui les entourent, mais ceux aussi qu’ils voient à la télé ou sur Internet. Ceux qui paraissent dans les actualités, mais ceux aussi qu’ils voient dans des films ou des vidéos (amateurs ou pas).

Fiction et réalité se mélangent. Les notions de bien et de mal s’effacent devant des images émotionnellement violentes : ne reste alors que cette violence subie…

Petit tour sur des sites officiels :

Enquête sur les meurtres entre époux en 2007 :

Les femmes sont toujours majoritairement les victimes (166 soit 86,5 % des cas).
Sur les 26 femmes auteurs d’homicide sur des hommes (11 en zone police et 15 en zone gendarmerie) qui ont été recensées, 10 d’entre elles étaient victimes de violences de la part de leur partenaire (dont 7 en zone gendarmerie).
Aucun fait dans des couples de même sexe n’a été répertorié cette année (4 en 2006).
Il ressort donc qu’au cours de l’année 2007, une femme est décédée tous les 2,5 jours, victime de son compagnon ou ex-compagnon et un homme est mort tous les 14 jours, tué par sa compagne ou ex-compagne.
Rappelons qu’en 2006, le rapport était d’une femme tous les 3 jours et d’un homme tous les 13 jours.

Enquête de victimation 2007 par l’Observatoire National de la Délinquance (c’est moi qui souligne)

Il apparaît ainsi que, selon leurs réponses aux questions de l’enquête, près de 2 millions de personnes de 18 à 60 ans, soit 5,6 % d’entre elles, ont subi des violences physiques ou sexuelles au cours des années 2005-2006.

On compte d’une part 930 000 victimes de violences physiques commises par une personne qui ne vit pas avec elles, dites violences hors ménage, et d’autre part, 820 000 victimes d’un auteur qui vit avec elles (violences intra ménage).

Au sein des ménages, on compte plus de 530 000 femmes et 300 000 hommes victimes de violences physiques. Le rapport homme/femme est encore plus déséquilibré en matière de violences sexuelles hors ménage : alors que 260 000 femmes en ont été victimes en 2005 ou 2006, soit 1,5 % d’entre elles, ce nombre est inférieur à 100 000 pour les victimes masculines, soit 0,5 % d’entre elles.

Toutes formes de violences confondues, ce sont près de 1,1 millions de femmes de 18 à 60 ans qui en ont été victimes en 2005 ou 2006 et environ 900 000 hommes. Ce qui correspond à une proportion de femmes victimes de 6,1 % qui est significativement plus élevée que celle des hommes (5,1 %).

Que ce soit à la suite des violences physiques hors ménage ou en son sein, la proportion de victimes ayant subi des blessures est d’environ 40 %. La fréquence des violences suivies de blessures ne diffère pas selon le sexe lorsqu’il s’agit de violences hors ménage. En revanche, alors que 50 % des femmes victimes de violences intra ménage ont subi des blessures, cette part ne dépasse pas 20 % pour les hommes victimes.

Pour plus de 50 % des 890 000 victimes de violences physiques ou sexuelles au sein du ménage, soit 450 000 personnes, l’auteur des faits subis est le conjoint. On mesure ainsi que 1,8 % des personnes de 18 à 60 ans vivant en couple ont été victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint en 2005 ou 2006. Cette part atteint 2,6 % chez les femmes de 18 à 60 ans vivant en couple. On estime le nombre de femmes victimes de leur conjoint sur 2 ans à plus de 330 000. Il est trois fois supérieur à celui des hommes ayant déclaré avoir été victimes de leur conjoint.

Plus de 75 % des victimes de violences sexuelles hors ménage et 84 % des victimes de violence intra ménage n’ont fait aucun signalement à la police ou à la gendarmerie, que ce soit sous forme de plainte ou de main courante.

Cette violence, qui se vivait cachée, se dévoile de plus en plus. Même si l’énorme majorité des victimes ne porte pas plainte, on en parle, on « sait » que la violence se niche partout parmi nous. (Je n’évoque « même pas » les enfants qui en sont témoins… ou victimes !)

Encore une fois, notre société est-elle plus violente aujourd’hui qu’hier ?

Difficile à savoir ! Les statistiques sont relativement récentes, et leurs critères ni leurs méthodes ne sont tous les mêmes, d’année en année. Et… n’oubliez pas que, jusqu’en 1990 (hier !) il n’y avait pas viol entre mari et femme !!!

Je crois qu’il y a une réelle cassure, plus forte encore chez les jeunes, entre ce qui paraît accessible (biens matériels, avenir professionnel mirifique, liberté, droits) et la réalité de la vie dans une société. Les freins puissants que constituaient la religion et la morale s’effacent devant les rêves offerts par une société « de consommation ». Pourquoi n’aurais-je pas ce que « tout le monde a » ? Et si je ne parviens pas à l’avoir, comment me venger de cette entrave à ma liberté ?

Hum… J’aimerais avoir vos opinions sur ce sujet…

Vous avez dit : violence ?

samedi, juin 6th, 2009

De faits divers montés en épingle aux propos sécuritaires des uns et des autres, l’école apparaît vaguement à ceux qui ne la fréquentent pas comme l’équivalent, en plus jeune, du Chicago des années 30.

Certes, je n’enseigne pas en ZEP, et suis donc mal placée pour en parler. Mais, si l’on accepte comme véridiques et reflétant la réalité les conclusions de la SIVIS pour 2007-2008, on voit que :

– 37% des collèges contactés n’ont déclaré aucun « incident grave » (entre décembre et février) ; 19% en ont déclaré un, 25% 2 ou 3, 19% 4 ou plus.

– Sur ces « incidents graves », 39% sont des violences verbales, 38% des violences physiques, 7% d' »autres atteintes aux personnes » (?) et 16% des « atteintes aux biens et à la sécurité » (parmi lesquelles figurent vol et dommages aux locaux ou aux biens personnels, mais aussi consommation et trafic de stupéfiants, port d’arme blanche – 1,3% ou à feu – 0,1%).

– Le « nombre moyen d’incidents graves déclarés » est de 13,1 pour 1000 élèves.

– Les « incidents graves » crées par des élèves contre des membres du personnels représentent 40% de l’ensemble ; ceux d’élèves contre d’autres élèves, 36%.

Qu’est-ce donc qu’un « incident grave » ?

« Dans le nouveau dispositif SIVIS, pour les faits n’impliquant que des élèves, seuls les incidents présentant un caractère de gravité suffisant, au regard des circonstances et des conséquences de l’acte, sont enregistrés. En particulier, il faut qu’au moins une des conditions suivantes soit remplie : motivation à caractère discriminatoire, usage d’une arme, utilisation de la contrainte ou de menaces, acte ayant entraîné des soins ou causé un préjudice financier important, porté à la connaissance de la police, de la gendarmerie ou de la justice, susceptible de donner lieu à un dépôt de plainte ou à un conseil de discipline. »

Qu’il y ait une « montée de la violence », c’est possible… Tout dépend de ce qu’on appelle « violence ». A l’évidence, en lisant ces statistiques, on ne sent pas bien la nécessité d’installer des portiques de détection, ni d’appeler la police à la rescousse…

Réfléchissons un peu…

Les insultes et les bagarres entre élèves ne datent pas d’hier, ni même d’avant-hier (je crois me souvenir que François Villon avait été arrêté à la suite d’une bagarre entre étudiants, justement) ; personnellement, je me suis assez souvent battue (en primaire, d’accord !)… y compris mon premier jour d’école, en juin 55 ! Je ne dis pas qu’il faille les accepter, voire les encourager, mais… s’interroger sur le fait qu’elles ne sont plus « tolérées » (par les parents, entre autres).

Là où je pense qu’il y a changement, c’est dans la violence, parfois, de ces bagarres (mais, encore une fois, ce n’est pas forcément le cas général) : peut-être que la bagarre d’autrefois avait surtout pour but de montrer qu’on était le plus fort, alors qu’aujourd’hui, il y a parfois le désir de « faire mal » – d’où, très rarement mais quand même, l’intervention d’armes (à peu près inaccessibles aux générations précédentes).

Pourquoi vouloir « faire mal » à un autre ?

Peut-être parce que, soi-même, on a mal. Peut-être parce qu’on ne sait pas très bien où on est, qui on est, où l’on va. La douleur de l’autre donne une certaine forme d' »existence ».

Pourquoi à l’école ?

Rappelons tout de même que l’énorme majorité des problèmes de violence se situent hors de l’école !

Mais bon : pourquoi à l’école aussi ?

D’abord, parce qu’on y passe l’essentiel de son temps ; parce qu’on y est avec ses pairs ; parce qu’on est nombreux, donc anonymes ; parce qu’il y a peu d’adultes (et de moins en moins) pour voir et entendre… et intervenir !

Et puis…

Et puis je pense à tous ces enfants (pardon, ces ados !) souffrant de devoir user les chaises et les radiateurs jusqu’à 16 ans, alors qu’ils ne comprennent rien aux cours, ont abandonné tout espoir de n’importe quoi, et attendent, attendent… sans savoir quoi…

Je pense entre autres à un élève qui nous a posé pas mal de problèmes (mais il vivait avec son père… qui avait besoin qu’un assistant social vienne le faire lever pour aller travailler, alors…) ; orienté en BEP dans une section déficitaire (vu ses notes, il n’avait pas eu la possibilité de choisir…), revenu pour redoubler sa 3ème ; parti dans un autre BEP l’année suivante… qu’il a lâché au bout d’un mois peut-être… Un jour où il « traînait » devant le collège avec d’autres anciens, il me dit « j’attends mes 18 ans ».

Pour faire quoi ?

Il n’en avait aucune idée…

Coupez le son !

mercredi, avril 29th, 2009

Je suis – entre autres choses – une fidèle auditrice de France-Musique. Je n’écoute pas forcément toutes les émissions, mais, la plupart du temps, je suis sensible à la musique qu’on y diffuse. Comme mon bureau est à l’étage, j’y ai placé un transistor, calé sur la même station, afin que je ne sois pas dépaysée en montant ou en descendant les escaliers. Pour éviter – toujours – le dépaysement, mon radio-réveil est sur la même fréquence. Et aussi, cela va de soi, mon auto-radio. Je passe ainsi en douceur de mon lit à la salle de bains, à la cuisine, à la voiture, et j’arrive au collège fraîche et reposée (enfin, ça dépend des jours…).

Eh bien, hier après-midi, je me suis aperçue soudainement… que je n’avais plus de musique ! J’ai accusé aussitôt ma chaîne : elle affiche normalement un petit écran bleu… qui restait noir, justement !

J’ai malgré tout poursuivi mon travail, un peu perturbée par ce silence inhabituel… qui me laissait entendre beaucoup « mieux » les voitures qui passaient et les chiens qui aboyaient…

Mais quand je suis montée dans mon bureau, surprise ! Pas de radio non plus ! Je suis allée voir le radio-réveil : même chose !

A tout hasard, j’ai cherché sur le Net des infos à propos d’une éventuelle panne d’émetteur, et n’ai rien trouvé.

A plusieurs reprises, dans la soirée, j’ai tenté de voir (d’entendre, devrais-je dire !) si le son m’était revenu : rien !

Évidemment, ce matin, le radio-réveil ne m’a rien dit… Pas grave, puisque je ne commençais qu’à 10 h 30…

En montant dans ma voiture : surprise ! France-Musique, comme d’habitude !

Et de retour cet après-midi, toujours « silence radio »…

C’est mon voisin (qui n’avait pas été réveillé comme d’habitude par France-Inter, mais par son portable) qui m’a suggéré d’aller voir le site de Radio-France…

… lequel m’informe que le CSA a réattribué les fréquences ! Il y a une liste de villes avec les nouvelles fréquences, mais mon petit village n’y figure pas, évidemment !

Par contre, une autre page me permet d’entrer ma ville, pour connaître les nouvelles fréquences… sauf que pour France-Musique et France-Inter, il est indiqué « Cette radio n’est pas diffusée à cet endroit » !

La page « Blog » me donne un numéro de téléphone que je compose aussitôt, un peu fâchée quand même ! La personne au bout du fil a quelque peine à repérer mon village… que je dois lui répéter 3 fois (dont 2 fois en l’épelant… il y a quand même 5 lettres, faut pas les mélanger !)… puis me donne des fréquences, se reprend, m’en donne d’autres… Et, comme je m’étonne que ces changements n’aient pas été annoncés, mais se soient opérés brutalement, elle me répond de la rappeler, si le fréquences données ne fonctionnent pas…

J’ai profité de la page « Blog » pour laisser un message mécontent, quand même !

Et je n’ai réussi à me brancher ni sur France-Musique, ni sur France-Inter…

Par contre, j’ai pu vérifier que ma chaîne était tout à fait capable de me faire entendre des CD…

Quelques infos utiles…

dimanche, avril 19th, 2009

Désolée de vous avoir fait faux bond hier, mais j’ai eu quelques problèmes techniques… Alors que je surfais sur le Net en quête de renseignements sur SOS Ed…, Firefox a violemment protesté, s’est planté… et a planté l’ordinateur… Un peu trop tard pour tout redémarrer…

Les citations dont je me faisais l’écho dans mon billet précédent provenaient donc d’un mailing de ladite association…

Et voici les résultats de ma pêche à la ligne…

(Non, je ne suis pas allée sur le site de SOS : je l’ai visité quand j’ai reçu un courriel de leur part il y a plusieurs années, et cela m’a suffi ! Aucune envie de compter parmi leurs visiteurs !)

Tout d’abord, je n’ai pas trouvé la déclaration de création de l’association (2001, d’après ce que j’ai vu), mais 3 déclarations de modifications en 2003, 2005 et 2006, les 2 dernières modifiant l’objet de l’association.

Des renseignements assez complets figurent sur wikipedia . Et, si vous voulez en savoir plus sur le fonctionnement financier et familial de l’association, je vous conseille sos-justice (qui a changé de titre et d’adresse depuis hier…). Le rédacteur se présentant comme « R_SENTIS – Chef d’entreprise, “marketeur” et juriste », je pense qu’il sait de quoi il parle…

Vous pourrez trouver sur les forums de France2 d’intéressantes discussions sur le sujet, et le communiqué de presse de 3 associations :

Communiqué de presse du 24 octobre 2006

École : la défense des savoirs ne passe pas par SOS-Education.

(…)
SOS-Education n’entend nullement remettre l’Ecole publique sur les rails. En créant la confusion dans l’esprit des parents, en les dressant contre les professeurs, elle orchestre, en réalité, sa destruction dans le seul but d’imposer sa propre  » solution  » : le démantèlement de l’Education nationale au profit d’écoles privées financées par le  » chèque éducation « . SOS-Éducation s’inscrit ainsi dans cette nébuleuse d’associations rassemblées autour d’une prétendue  » Révolution bleue  » pour construire en France un pôle d’extrême-droite ultralibérale. Rien ne saurait être plus éloigné de notre propre conception d’une Ecole de qualité, publique, laïque et gratuite.

Reconstruire l’école – Sauver les lettres – Sauver les maths

Le Figaro présente lui aussi cette association :

Les huit permanents de l’association, créée en 2001 et qui revendique 64 000 adhérents, ont à peine 30 ans en moyenne. « Nous vivons uniquement des dons de nos membres qui nous envoient en moyenne 25 euros par an », affirme Delphine Hermange, qui concède recevoir également une subvention de la Fondation de France.
(…)

Quelques députés UMP les « aident et posent à l’Assemblée des questions que nous leur avons suggérées », expliquent les fondateurs du collectif, citant Jean-Paul Garrault, Etienne Blanc, Georges Tron ou Guy Geoffroy. Les syndicats les soupçonnent d’avoir porte ouverte au ministère depuis quelques mois. Faux, rétorque-t-on chez Gilles de Robien, où l’on assure les avoir reçus « une ou deux fois l’an dernier à leur demande ».

Sur le site de Nathan, vous trouverez les réponses de l’éditeur aux accusations de SOS demandant l’interdiction de 2 manuels (jugés parmi les 5 les plus nocifs…) :

La page 3 de la lettre de pétition de SOS Education contient les propos suivants :

« En classe de sixième, le manuel de français Textes & Compagnie, chez Nathan, ne cite ni Montaigne, ni Racine, ni Balzac, ni Flaubert, ni la plupart de nos grands auteurs. »

Réponse de Nathan :
Aucun de ces quatre auteurs n’a jamais été inscrit dans la liste des œuvres à lire en Sixième. C’est le bon sens pédagogique des programmes, des auteurs de manuels et des enseignants qui a présidé à cet évincement, ces grands auteurs étant proprement inaccessibles à des élèves de Sixième (même en lecture cursive), par leurs sujets, leur niveau de langue et leur style.

J’aimerais savoir d’où les dirigeants de SOS tiennent leur « connaissance » (méconnaissance serait plus exact !) des programmes… Effectivement, ces auteurs n’ont jamais été au programme de 6ème ! Leur lecture demande non seulement des connaissances de langue, mais surtout une « maturité » d’esprit pour être compréhensible !

Quelques articles de Libération… Le premier, sur la campagne contre l’expo sur le zizi sexuel :

Le «Zizi sexuel» leur reste en travers de la gorge

ARNAUD Didier

Un comité anti-«Zizi sexuel». Une pétition de 8 000 signatures – selon les organisateurs – pour obliger les chefs d’établissement à expliquer aux parents le contenu de l’exposition dont Titeuf est le héros avant d’y accompagner les enfants. L’association SOS Education, un groupe de pression (lire Libération du 6 janvier 2006) qui dénonce régulièrement l’effondrement du système scolaire, l’omnipotence des syndicats ou la dépravation morale s’en prend cette fois à une expo qui aborde un sujet sensible, la sexualité.


Au ministère de l’Education nationale, on a reçu quatre cartons de pétitions de SOS Education, mais c’est sans commentaires. Vincent Laarman ne parie guère sur ses chances : «On ne s’attend pas à des actes déterminants de leur part.»

Un article présentant SOS de façon générale :

Créée en novembre 2001, SOS Education fait partie des groupes de pression apparus ces dernières années dénonçant l’effondrement du système scolaire et prônant le retour aux vieilles recettes. Ses chevaux de bataille favoris : la baisse de niveau, l’omnipotence des syndicats et des «pédagogistes», la dépravation morale.

Campagnes contre des ouvrages, pétitions, référendums avec en bas un appel au don… Peu présent dans les écoles, SOS Education agit essentiellement par mailings. Comme la loi l’autorise, elle a acheté des fichiers, notamment sur le site «personnes-aisées». «Nous avons besoin d’adresses de femmes de 60 ans et plus, grands-mères, ayant au moins deux petits-enfants toujours scolarisés et donatrices à une cause enfant», y écrit Vincent Laarman. L’association, qui revendique 64 000 adhérents, affirme être financée par les cotisations (15 à 20 euros en moyenne) et les donations. Elle refuse de dévoiler son budget «tant que la presse ne publiera pas celui des syndicats subventionnés par l’Etat».

Un autre contenant le Droit de réponse de SOS :

«(…) SOS Education conteste avec la plus grande véhémence avoir pour but d’affaiblir ou même pire d’anéantir l’école publique comme cela a pu être rapporté.»

Le 17 septembre 2005, Vincent Laarman, le secrétaire général de SOS Education évoquait devant le Cercle de réflexions Bastiat «la destruction de notre enseignement»: «un espoir» de redressement «ne peut renaître que si l’Education nationale se trouve menacée dans sa survie par la concurrence d’un grand secteur éducatif libre», disait-il. Le lecteur jugera.

Enfin, un dernier article sur la « famille » aux commandes :

(…) l’ancien journaliste Alain Dumait, qui a successivement travaillé, entre 1970 et 1979, à Valeurs actuelles, au Figaro, à France-Soir, à Antenne 2 et à l’Express avant de créer «Contribuables associés», association violemment anti-service public. Adjoint d’Alain Dumait est François Laarman, impliqué dans des actions de lobbying pour la défense du libéralisme, des consommateurs et des contribuables.

Or, la famille Laarman est intimement liée à SOS Education. Isabelle, 25 ans, nièce de François, était dans la délégation de SOS Education qui a été reçue au ministère. Ainsi que Vincent, son frère, qui apparaît sur la photo aux côtés de Xavier Darcos. Par ailleurs, Isabelle résidait encore fin 2002 dans le XVe arrondissement de Paris, dans le logement qui a servi de premier siège social à SOS Education. Enfin, Vincent Laarman est présenté comme un des correspondants de l’organisation américaine The Separation of School and State Alliance (Alliance pour la séparation de l’école et de l’Etat). Cette dernière ne réclame rien moins que le renvoi complet de l’éducation à la sphère privée.

Un dernier mot : dans le courrier qu’on m’a confié, figure l’inévitable « Bulletin de soutien » (on fournit même l’enveloppe-réponse !) demandant de cocher 3 affirmations attestant de l’intérêt de l’association, puis la somme envoyée (25, 50 ou 100 €… ou « Autre »). En dessous : « Nous vous enverrons un reçu fiscal de 66% du montant de votre don, dès réception de votre réponse ».

Je n’ai pas réussi à savoir si les dons à SOS bénéficiaient effectivement de la réduction d’impôt… Mais ce que je sais, c’est que les associations envoient un reçu de la somme versée, et non de 66% ! Ce sont les impôts, qui font le pourcentage, non l’association !

De bien curieuses pratiques, en somme…

On nous cache des choses…

vendredi, avril 17th, 2009

Si, si, je vous assure ! A preuve un autre document publiposté, daté du 19 mars 2009, et qui commence ainsi :

« Cher ami,

Les nouvelles de l’école ne sont pas bonnes.

Les médias ont fait savoir que, le 10 mars 2009, 12 élèves et professeurs ont été blessés lors de l’attaque du lycée de Gagny, en région parisienne.

Mais des « fuites » de la police révèlent aujourd’hui que les attaques de bandes cagoulées et armées de barres de fer « dans les collèges et lycées sont devenues monnaie courante » ces derniers temps (voir par exemple, le Figaro du 12 mars 2009, page 10).

Les collégiens poignardés à Meyzieu (Rhône), le professeur roué de coups en plein cours à Corbeil (Essonne), le gardien de collège tabassé pour une histoire de ballon confisqué à Paris, ne sont pas des accidents isolés.

Des milliers d’établissements scolaires sont en train de sombrer dans le chaos. Et si vous et moi ne faisons rien, des milliers d’autres seront bientôt touchés.

Plus que jamais, les parents, les professeurs de bon sens, et tous les citoyens responsables, doivent se réunir pour exiger du ministère de l’Education qu’il reprenne la situation d’une main de fer. »

Est-ce que Le Figaro a modifié son article ? Je n’ai pas trouvé d’article sur Gagny le 12 mars, mais l’article du 11 a pour chapeau (en gras) :

« Événement rare [c’est moi qui souligne], une vingtaine de jeunes armés et cagoulés ont pénétré à l’intérieur de cet établissement de Gagny avant de frapper professeurs et élèves en salle de permanence. »

Et, dans la suite de l’article :

« À la suite de cette intrusion exceptionnelle [c’est moi qui souligne] dans un établissement scolaire (…) »

Est-ce là ce qu’on peut traduire par « monnaie courante » ???

Enfin, quant aux « 12 élèves et professeurs [qui] ont été blessés« , Le Figaro (ce n’est pas ma référence, mais celle du rédacteur !) ne dit pas tout à fait la même chose :

« La scène, d’une violence «extrême» selon les témoins, a duré à peine une dizaine de minutes, au cours desquelles sept personnes ont été blessées, cinq autres étant fortement choquées. »

Au moins, le rédacteur sait additionner 7 et 5, ce qui est déjà quelque chose…

Quant aux autres violences évoquées, l’auteur a dû tout de même remonter à juin 2008 (Corbeil) et avril 2008 (Meyzieu)… Cela n’enlève rien à la gravité des faits… mais beaucoup à leur fréquence !

Suit une attaque en règle des « syndicats d’enseignants (pleins de professeurs de « mauvais sens », sans doute) et la « fédération de parents » FCPE » (la FCPE appréciera la mise entre guillements !) qui « défendent les délinquants contre les élèves« , au lieu de féliciter la police pour ses interventions contre « les trafiquants de drogue » qui sévissent dans collèges et lycées… Et du ministre qui « se range de leur côté » :

« Ainsi, réprimer le trafic de drogue dans les écoles, ce serait mal, pour notre ministre.

Seule la « prévention » serait moralement acceptable. Et une fois que les dealers sont installés et qu’ils distribuent des seringues aux élèves, la police ne devrait plus intervenir ! »

Je vous ai déjà parlé de cette « association loi 1901 » qui entend voler au secours « de nos enfants dans les écoles, qui sont soumis à l’autorité de tant d’institutions irresponsables« …

Je vous en reparlerai…

Un siècle de robots ?

lundi, mars 23rd, 2009

Conseil de classe ce soir, réunion de parents demain… Je ne vais pas être très bavarde !

C’est la « semaine de la presse » : bien que je ne sois pas très sensible aux célébrations organisées, je profite depuis plusieurs années de cette occasion pour faire réaliser à mes 3èmes divers travaux de groupes sur la presse (si cela vous intéresse, je vous en donnerai le détail… mais vous pourrez trouver beaucoup d’autres informations sur le site du CLEMI). L’intérêt de participer à cette « célébration » est de disposer de divers documents pédagogiques, de photos de presse, de journaux et magazines.

Ce matin, mes élèves ont donc exploré les dépêches de l’agence Reuters, surtout (selon mes conseils) la rubrique « Insolite ». Entre autres choses, j’y ai appris qu’aujourd’hui, un robot « féminin » devait animer une présentation de mode à Tokyo. Je n’ai trouvé aucune information pour aujourd’hui, mais des vidéos de la présentation du robot (de la robote ?). Vous pourrez admirer la démarche gracieuse, si délicatement féminine, de HRP-4C (quel joli prénom !)…

Quand j’étais jeune (il y a longtemps), nous imaginions l’an 2000 peuplé de soucoupes volantes, fusées et robots. Sans penser un instant que cette époque, qui nous paraissait si lointaine, nous pourrions la vivre… Nos « robots » (ceux des magazines pour enfants) ne cherchaient pas à imiter l’aspect humain, bien qu’ils aient jambes, bras, yeux, et parfois bouche. Les androïdes succédèrent aux robots… mais l’inconvénient était qu’en dessin, ils ne se différenciaient pas vraiment des humains…

HRP-4C serait-elle un délicieux compromis entre les deux ?

A vous de voir !

C’est le printemps !

samedi, mars 21st, 2009

… Oui, mais… depuis hier ! A 12 h 44 précisément, heure de l’équinoxe…

Vous ne me croyez pas ? Allez donc voir vous-mêmes !

Notre siècle a déjà eu ses deux « 21 mars jour du printemps » en 2003 et 2007. Le prochain sera… en 2102… Ne comptez pas sur moi pour l’attendre ! D’ici là, il faudra s’habituer à la date du 20 mars… ou du 19 ! Enfin, le 19 pour vous, pas pour moi : en 2044, il y a quand même peu de chances que je sois encore là à guetter l’arrivée du printemps…

Pourquoi l’attendons-nous donc le 21, ce fameux printemps ? Tout simplement parce qu’aux 19ème et 20ème siècles, c’était sa date favorite !

Mais la Terre et le Soleil ont une autre mémoire que la nôtre… plus mathématique ! Pour eux, une année ne dure pas 365 (ou 366) jours, mais 365 jours 5 heures 48 minutes et 46 secondes ! Ça change tout !

J’ai trouvé deux pages intéressantes à ce propos, et vous y renvoie pour plus d’explications :

AideCalendes/derive

cest-le-printemps-mais-pourquoi-aujourdhui

Bon printemps quand même !

Ça va couper !

vendredi, mars 13th, 2009

Salut c’est Dédé. Dédé, de Ça-va-couper.fr !

J’ai l’immense plaisir de t’annoncer qu’il y a 72 heures, tu t’es fait flasher à 9072 kbit/s en train de télécharger, illégalement, de la musique sur Internet.

Du coup, j’ai la joie et l’honneur de procéder à la coupure de ta connexion Internet. Quoi ? T’es pas content ?

C’est le message diffusé par UFC Que choisir ? sur son site ca-va-couper.fr/

Quatre videos pour illustrer « la Riposte graduée » discutée dans la loi « Création et Internet »…

Et des informations intéressantes sur ce projet de loi (voté par le Sénat en octobre) :

– la condamnation du délinquant peut être double : pénale (amende et/ou emprisonnement) et « civile » (?) : suspension de l’accès à Internet ;

– le « chef de famille » est responsable des « actes de piraterie » menés sous son toit ;

– il n’est à aucun endroit du texte question de la rémunération des artistes (on croyait naïvement que c’était eux, les perdants de l’histoire : grave erreur !) ;

– il n’est pas prévu de mettre en place un système qui permettrait de télécharger « légalement » ;

– si votre connexion internet est « suspendue », le paiement de votre abonnement ne l’est pas… Vous ne pourrez pas vous abonner chez un autre fournisseur d’accès et, si vous voulez résilier votre abonnement, vous aurez les frais de résiliation à payer ;

– cerise sur le gâteau : il sera très difficile, pour ne pas dire impossible, dans certains cas, de « séparer » les accès couplés internet-téléphone-télévision… Le « pirate » et sa maisonnée peuvent donc être aussi privés de téléphone et de télé ;

– il n’existe pas de « copie privée » (comme pour un CD, par exemple) : si vous adressez par courriel un morceau de musique à un ami, vous êtes dans le cas d’un téléchargement illégal…

Vous vous en fichez ? Vous ne téléchargez jamais rien « illégalement » ? En êtes-vous bien sûr ? Vous vérifiez chaque fois les droits du document, de l’image, de la musique, avant de la télécharger ?

Félicitations !

Mais vous n’êtes pas sauvé pour autant ! On peut très facilement pirater votre connexion Wi-Fi ou votre adresse IP : Que choisir ? en a fait la démonstration devant huissier…

État de droit, vous avez dit ???

Démocratie… ou Darcocratie ?

mardi, février 24th, 2009

… ou Sarkocratie, si vous préférez…

Je viens de recevoir un courriel syndical assez étonnant (encore que…) au sujet des mutations des professeurs.

Les mutations de professeurs se déroulent, depuis plusieurs années, en 2 phases : dans un premier temps, sont décidées les changements d’académie (si l’ensemble des « nouveaux » ne passe plus obligatoirement par le Nord, comme « de mon temps », il n’en reste pas moins que beaucoup sont affectés dans une autre académie que la leur, à quelques centaines de kilomètres de chez eux…) et, dans un deuxième temps, les heureux « gagnants » sont affectés sur un poste dans l’académie où ils ont obtenu leur mutation.

Comment cela se passe-t-il ?

Chaque professeur se voit attribuer un certain nombre de « points » selon son ancienneté, son ancienneté dans le poste, sa situation familiale (rapprochement de conjoints, par exemple), etc.. Ceux qui ont le plus de points, dans une matière donnée, ont donc toutes les chances de se voir attribuer le poste dont ils rêvent…

Une simple addition, donc ?

Oui… et non ! Car des points supplémentaires sont attribués selon des règles moins transparentes… Tel enseignant connaissant bien tel membre important de l’administration se verra attribuer une (ou plusieurs !) centaine(s) de points supplémentaires… Le « fait du prince », en quelque sorte…

D’où l’intérêt des « commissions paritaires » qui, réunissant des membres de l’administration et des syndicats (élus par l’ensemble des professeurs), peuvent rectifier des erreurs (commises par le demandeur ou l’administration) ou… des injustices !

Cette année, les commissions paritaires se réuniront à partir du 10 mars.

Mais… surprise ! Certains enseignants demandant leur mutation ont déjà reçu le résultat ! Par téléphone, s’il vous plaît ! Alors que le projet n’a même pas encore été communiqué aux élus du personnel…

Il est vrai que la suppression de ces commissions reste un projet du gouvernement : quelle jolie manière de montrer qu’elles sont totalement inutiles en donnant les résultats avant leur réunion !

On pourrait peut-être faire la même chose pour les élections, non ? Ça nous permettrait d’aller à la pêche sans remords…

P.S. Tiens, pour vous changer les idées, allez donc faire un tour sur ma galerie, où j’ai mis des poèmes en zimages…

Pé-da-go-gie ! (bis)

lundi, février 9th, 2009

Bien sûr, notre ministre ne pense pas qu’à l’argent… il songe très fort à notre pédagogie, et nous fournit les outils nécessaires.

Ainsi, voici ce qu’on trouve dans ce même discours pour le primaire :

Des ressources pour faire la classe

Des ressources pour faire la classe seront mises en ligne à destination des enseignants et des équipes d’école. Certaines comme “L’enseignement de la Shoah à l’école élémentaire” et “L’histoire des arts” sont disponibles depuis la rentrée.

Au moins, les priorités pédagogiques sont clairement montrées.

Tiens, par curiosité, voici les nouveaux programmes du collège :

Arts plastiques

Le programme d’arts plastiques, comme celui d’éducation musicale, s’articule en deux parties : « la pratique artistique » et « la culture, le champ artistique et l’histoire des arts ».

Éducation musicale

Présenté de manière globale pour l’ensemble du collège et non par niveaux, ce programme s’articule en deux champs de compétences : « percevoir la musique, construire une culture » et « produire de la musique ». Le premier champ a pour objet la contribution de l’éducation musicale à l’enseignement d’histoire des arts, le second s’appuie essentiellement sur la pratique vocale.

Français

Les principes de ce programme sont : un cadre chronologique en relation avec les périodes étudiées en histoire, l’étude des principaux genres littéraires, la progressivité dans l’étude de la langue, l’insistance sur l’écriture comme activité fédératrice des cours de français et la mémorisation des connaissances linguistiques et culturelles.
Les grands champs de connaissances et de compétences sont déclinés à chaque niveau : étude de la langue (grammaire, orthographe, lexique), lecture (textes littéraires, image), expression écrite, expression orale, histoire des arts.

Histoire-géographie-éducation civique

* Histoire : le programme présente un parcours de l’Antiquité jusqu’à nos jours comme dans les programmes précédents. Des choix ont été opérés qui rompent toutefois avec ces derniers tant par les thématiques que par les périodisations attachées à chaque niveau (à l’exception de la classe de 3ème consacrée comme aujourd’hui à la période postérieure à 1914).
L’histoire des arts représente un tiers du programme d’histoire.

Histoire des arts
Les objectifs de l’enseignement de l’histoire des arts :
* offrir à tous les élèves, de tous âges, des situations de rencontres, sensibles et réfléchies, avec des œuvres relevant de différents domaines artistiques, de différentes époques et civilisations ;
* les amener à se construire une culture personnelle à valeur universelle fondée sur des œuvres de référence ;
* leur permettre d’accéder progressivement au rang d’ « amateurs éclairés », maniant de façon pertinente un premier vocabulaire sensible et technique ;
* les aider à franchir spontanément les portes d’un musée, d’une galerie, d’une salle de concert, d’un cinéma d’art et d’essais, d’un théâtre, d’un opéra, et de tout autre lieu de conservation, de création et de diffusion du patrimoine artistique ;
* leur donner des éléments d’information sur les métiers liés aux domaines des arts et de la culture.

Définition

L’enseignement de l’histoire des arts prend appui sur trois piliers :
* Les périodes historiques définies par les programmes d’histoire à chacun des niveaux du cursus scolaire.
* Six grands domaines artistiques : les arts de l’espace, les arts du langage, les arts du quotidien, les arts du son, les arts du spectacle vivant, les arts du visuel
* La  » liste de référence  » ou les  » listes de thématiques  » :
– Dans le premier degré, les professeurs choisissent les œuvres à étudier à partir de la liste de référence du programme de l’école primaire.
– Dans le second degré, collège et lycée, la liste de référence est remplacée par les listes de thématiques.
Les contenus sont définis dans les volets « histoire des arts » des programmes, l’organisation de l’enseignement est fixée par un arrêté spécifique.

http://www.education.gouv.fr/cid23517/point-d-etape-et-programme-d-action-pour-2009.html

(Entre parenthèse, les « piliers » sont un des mots-clés que l’on retrouve un peu partout depuis l’invention du « socle commun ». Dans une forêt de piliers, qu’on se trouve ! Une vraie cathédrale ! Il est vrai que les sympathies religieuses de certains ne sont plus un secret pour personne…)

Pardon ? Vous trouvez qu’il y a quelques « répétitions », dans ces programmes, des « redondances » ? C’est sans doute que j’ai méchamment souligné quelques mots… Autrement, vous ne vous en seriez sûrement pas aperçus… Si ? Ah bon !

Donc : la matière principale du collège devient l’histoire des arts. Bientôt éliminatoire au Brevet, je suppose… Si on lit bien, cette « nouvelle matière » représente la moitié des enseignements artistiques, le cinquième de l’enseignement du Français, le tiers de l’enseignement de l’Histoire. Qu’est-ce qu’ils vont être cultivés, les collégiens de demain ! Il est vrai que les objectifs sont ambitieux :

* les amener à se construire une culture personnelle à valeur universelle fondée sur des œuvres de référence ;
* leur permettre d’accéder progressivement au rang d’ « amateurs éclairés », maniant de façon pertinente un premier vocabulaire sensible et technique ;
* les aider à franchir spontanément les portes d’un musée, d’une galerie, d’une salle de concert, d’un cinéma d’art et d’essais, d’un théâtre, d’un opéra, et de tout autre lieu de conservation, de création et de diffusion du patrimoine artistique

Pauvres parents des futurs collégiens ! Non seulement ils devront écouter – sans toujours comprendre ! – les dissertations des « amateurs éclairés » qu’ils ont engendrés, mais ils devront en plus leur payer des entrées dans des tas de lieux… où les places sont chères ! Prévoit-on d’augmenter la « prime de rentrée », pour que les parents puissent offrir à leurs petits les billets à 20 € ou plus ?

Demander à ce que l’histoire des arts représente un tiers du programme d’Histoire ne vous paraît pas un peu… excessif ? Comme si c’était plus important que la vie des gens qui ont fait cette Histoire ! Et je ne parle évidemment pas ici des rois et hommes politiques (du moins, pas seulement !), mais des grands mouvements paysans, ouvriers et philosophiques qui ont traversé notre pays (et l’Europe, et les autres continents) au fil des âges… Déjà que les professeurs avaient à peine le temps d’évoquer la Révolution française, et qu’ils zappaient le plus souvent les révolutions du 19ème siècle, sans parler de la Commune, carrément hors-programme !

Tiens, une anecdote : en 1988, réunion des profs d’Histoire avec leur Inspecteur qui leur montre (pédagogiquement !) comment découper leur programme de 4ème en heures bien pensées, de façon à couvrir tout le programme. A la fin, des professeurs s’aperçoivent que la Révolution de 1789 (et années suivantes !) doit être traitée… en 2 heures ! Et pof ! on arrive à l’Empire ! Pour l’année du bi-centenaire, ça la fichait plutôt mal ! ils ont réussi à grappiller quelques petites heures, pour étoffer un peu le sujet…

Attention ! Je ne m’élève pas contre l’entrée de l’histoire des arts au collège ! D’ailleurs… elle y est entrée il y a bien longtemps ! Dans toutes les matières citées ci-dessus, les enseignants montrent forcément des œuvres d’art à leurs élèves ! Et je pense que, par exemple, les œuvres modernes étudiées en Arts plastiques évitent à un certain nombre d’adultes de taxer d’un méprisant « C’est du Picasso ! » un tableau ou une sculpture auxquels ils n’auraient pas eu accès sans cela.

Prenez n’importe quel manuel d’Histoire de niveau collège… et vous y trouverez de très nombreuses reproductions de tableaux, scuptures, objets d’art ! Et dans un manuel de Français, vous en trouverez beaucoup aussi !

Alors, quoi de neuf, finalement ?

Ce qui est nouveau, c’est l’extrême importance donnée à l’histoire des arts, au détriment du reste. Cette redondance voulue, obligatoire.

Je me demande s’il y a déjà eu, dans l’histoire des programmes, une telle intrusion des lubies d’un seul homme… Peut-être que oui… mais qu’ils étaient plus discrets ?