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Question de foi ?

dimanche, février 2nd, 2014

Une fois de plus, merci à L’instit humeurs de m’informer sur le soudain absentéisme dans certaines écoles…

Donc, une campagne par SMS et réseaux sociaux a incité des parents d’élèves à ne pas envoyer leurs enfants à l’école pour protester contre l’enseignement de la « théorie du genre » qui y serait enseignée…

J’ai déjà parlé ici de cette « fameuse » (fumeuse ?) « théorie du genre » qui enseignerait que le genre de l’individu n’a que peu (voire pas du tout…) de rapports avec son sexe physique/physiologique : c’était en 2011, alors qu’on osait aborder l’homosexualité dans les manuels de SVT de 1ère L et ES : Science sans conscience

Donc : retour à cette grave question… J’ignore pourquoi certains s’acharnent à démolir cette « théorie » qui n’existe pas : vouloir à tout prix que seul le physique/physiologique détermine le psychisme d’un individu me paraît aberrant… Bien sûr que si l’on est grand/ petit, mince/gros, malade/en bonne santé,… fille/garçon, cela joue un rôle important dans notre histoire. Mais pas que ! Notre entourage, nos rencontres, notre construction psychologique jouent aussi un rôle, qu’il me paraît important de reconnaître.
Sans parler des « anomalies » : Dans Marie Claire de janvier, un hermaphrodite conte son histoire : doté à la naissance d’un minuscule pénis (pas de testicules) et d’un vagin, il a subi toute son enfance et adolescence traitements et opérations pour en « faire » un homme…
Où les adeptes du sexe « purement physique » rangent-ils les hermaphrodites ? Ils les tuent à la naissance pour éviter les questions qui dérangent ? Ainsi que les enfants dont le sexe physique/hormonal/chromosomique n’est pas parfaitement « aligné » ?

Cette fameuse théorie n’aurait peut-être pas suffi à elle seule à déclencher une « grève » des parents… Il fallait donc en rajouter une « légère » couche :

Donc, attention !
Les instituteurs vont dispenser des cours d’éducation sexuelle et de masturbation dès la maternelle.
Ils vont aborder la question de l’homosexualité dès la maternelle
Ils présenteront aux enfants des peluches en forme de pénis et de vagin.

Ben oui, y a des gens qui y ont cru, qui y croient peut-être encore… (voir les commentaires de l’article… et aussi de celui du Nouvel Obs :

Guillaume Brossard, cofondateur de HoaxBuster.com (si vous ne connaissez pas ce site… allez-y vite, pour suivre (et voir démonter) les folles rumeurs qui courent via courriels et autres…) explique comment a été fabriquée la rumeur :

Cet appel au « boycott d’un jour de classe » a ceci d’intéressant qu’il est très politisé, très réfléchi, et que les réseaux sociaux et autres canaux viraux ont servi à blanchir son origine. Nous ne sommes pas face à un mouvement spontané d’internautes, mais face à une instrumentalisation mûrement réfléchie.

On touche ici au fonctionnement même de la rumeur. Un discours tenu par un individu n’a pas beaucoup de poids. Mais si 10, puis 20, puis 50 personnes tiennent le même discours, alors il commence à en avoir. Et peu importe que le propos soit vrai ou pas, puisque de toute façon l’internaute n’a « pas le temps » de vérifier.

C’est exactement ce qu’il s’est passé avec cette supposée « théorie du genre » enseignée à l’école et à l’origine du « jour de retrait ». Des interactions ont été créées pour que les gens en parlent entre eux, pour qu’il y ait de plus en plus de monde au courant.

Cet effet de masse s’est appuyé sur les réseaux sociaux, sur des listes de mails et sur des chaînes de SMS. Comment ces données ont-elles été collectées ? Via des pétitions signées dans la rue ou sur internet, via des « likes » de pages Facebook anonymes, qui permettent d’engranger des adresses mail et des profils « non politisés », ou encore via des abonnements à certaines newsletters.

Cet appel a tout de la rumeur, mais ce n’en est pas vraiment une. Il s’agit d’une manipulation orchestrée, s’appuyant sur les mécanismes de diffusion d’une rumeur. Toute cette histoire est instrumentalisée et parfaitement maîtrisée en amont.

Manipulation, donc… Par des organisations dont certaines sont clairement identifiables…

Et menaces, en prime :

« Ceux des vôtres qui la ramèneront sur ce sujet en conseil d’école seront automatiquement ciblés. » Les sections départementales franciliennes de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) ont reçu, mardi 28 janvier, un mail menaçant leur demandant de « stopper [leurs] activités pro théorie du genre », révèle Le Parisien (abonnés). La fédération de parents d’élèves a réagi en envoyant, jeudi matin, une plainte pour « menaces » au procureur de Melun (Seine-et-Marne).

Au passage, sur Hoaxbuster, j’ai découvert une rumeur concernant la taille des crêpes bretonnes… Laquelle vient du site legorafi.fr qui se définit ainsi :

Tous les articles relatés ici sont faux (jusqu’à preuve du contraire) et rédigés dans un but humoristique. L’utilisation de noms de personnalités ou d’entreprises est ici à but purement satirique.

(Ce qui n’empêche que ses « informations » sont relayées ici ou là !)

J’ignorais ce site… qui n’a pas manqué de s’intéresser au phénomène décrit plus haut : voir

Théorie du genre : Les enfants demandent à leurs parents d’agir un peu plus en adulte

Maintenant, si vous voulez vous informer sur le projet « ABCD de l’égalité »

L’éducation à l’égalité et au respect entre filles et garçons s’inscrit dans les objectifs du Socle commun de connaissances, de compétences et de culture. Elle doit être mise en œuvre dans une approche transversale qui engage l’ensemble des matières enseignées et des activités vécues.

ou sur les indications de l’OMS : Standards pour l’éducation sexuelle en Europe (attention ! « indications » et non décrets de loi ! L’OMS n’émane pas du gouvernement, et le gouvernement n’est pas tenu de suivre ses indications !!!).

C’est moins croustillant… mais vous saurez au moins de quoi on parle réellement…

Bonnes lectures… et, s’il vous plaît, ne frisez pas l’infarctus en lisant certains commentaires des articles cités…

Centenaire…

mardi, janvier 7th, 2014

Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais on va commencer cette année à fêter le centenaire de la guerre de 14, la Grande Guerre, la Der des ders…

Vous le saviez déjà ? Ah bon…

Mais peut-être ignorez-vous, parmi tant de projets de célébrations diverses, celui de la World Wool War 1…

Je ne vous présente plus le blog de Délit Maille, j’en ai déjà parlé. Délit Maille a exposé au Musée de Roubaix, et voilà ce qui s’est passé :

Derrière nous, il y avait les chefs du musée qui papotaient. Ils disaient qu’ils nous laisseraient bien deux espaces au premier étage du musée, sur la coursive qui surplombe le bassin, au pied de la très fabuleuse verrière en soleil, et que dans ces deux espaces, ce qui serait bien, c’est qu’on leur tricote la guerre.

On va faire des tranchées,du bleu horizon, des besaces, des vareuses. On va armer les gens en laine, on va les ranger en colonnes par deux, et puis on va les faire défiler dans un musée magique.

C’est ça qu’on va faire.

La guerre, mais en jersey.

Gros boulot, vous imaginez ! Quand Délit Maille a parlé pour la première fois de ce projet, Odile a commenté :

Mais j’y pense, Délit, pour faire l’armée, si tu envoies les patrons aux tir-coteuses que nous sommes, avec les références et tout et tout, on pourrait te préparer quelques-uns de tes soldats. Te resterait le rembourrage et…les finitions, le regard, enfin tout ce qui leur donne leur âme… Qu’en penses-tu?

Quelle drôle d’idée pour une drôle de guerre, Odile ! (L’inspiration lui est sans doute venue parce que c’était le jour de son anniversaire, et que, comme vous le savez sans doute, c’est un jour où nos petits cerveaux turbinent plus vite que d’habitude…)

Idée reprise illico par Délit Maille :

Et si cette World Wool War, on la faisait avec les gens qui viennent voir les gens en laine depuis trois ans? il a dit.

Hein? on a répondu.

Oui, un truc mondial, comme la guerre.

Du genre effort de guerre. Comme quand les femmes tricotaient des chaussettes pour les troupes au front.

A notre tête, ça devait se voir qu’on ne comprenait pas.

Si. On ferait une guerre en jersey à plein de mains. Les gens qui en auraient envie, ils nous le diraient. On leur enverrait la laine et les explications pour faire des vareuses, des croquenots, des besaces, des ceintures, des bretelles, des sacs à dos pour les troupes en jersey du musée magique, qu’ils enverraient au front une fois tricotés dans des petits paquets en papier kraft.

Si vous voulez participer à l’effort de guerre, si vous vous sentez prêts à affûter vos aiguilles à tricoter, allez vite voir le site de Délit Maille : il y a déjà plein d’inscrits, mais il y aura besoin de beaucoup de petites (et grandes !) mains pour faire le travail !

Cocus, mais contents ?

mercredi, octobre 30th, 2013

Enquête réalisée par le Nouvel Obs, à partir d’un sondage Viavoice auprès de plus de 5000 actifs : 73% des personnes interrogées se déclarent heureuses dans leur travail…

Les « grands gagnants » :

1. les cadres de la fonction publique (hors enseignants et professionnels de santé) : 90%

2. les agriculteurs : 86 %

3. les enseignants : 85 %

(Excusez-moi pour le titre provocateur… mais il s’est tellement imposé que je n’ai pu lui résister… bien que je n’aie jamais été fan de Sardou !)

J’avoue avoir été davantage surprise par le résultat des agriculteurs que par celui des enseignants… mais il est vrai que je n’ai quasiment aucune connaissance de cette profession…

Donc, disions-nous, les enseignants sont heureux dans leur métier…

Avec 2 gros bémols : les conditions matérielles… et la reconnaissance par les supérieurs !

Qui sont les supérieurs ? Essentiellement, des gestionnaires : chefs d’établissement, recteurs, ministres (je mets au pluriel, parce que, quand même, j’en ai « connu » beaucoup ! Et que chacun a tenu à faire sa propre réforme !)… Le terme de « gestionnaire » n’est pas ici péjoratif : mais qu’on reconnaisse qu’il y a quelques différences entre « gérer une classe », « gérer un établissement » et « gérer un ensemble de centaines – de milliers ! – d’établissements ».

Un enseignant sera « reconnu » par ses supérieurs, le plus souvent, parce qu’il s’inscrit dans une ligne fixée par lesdits supérieurs. Rarement pour ses qualités personnelles ou son travail avec ses élèves. D’autant que, hormis les directeurs du primaire, lesdits supérieurs n’ont parfois jamais fait face à une classe… De plus, le chef d’établissement a pour mission de répercuter les « consignes » venues d’en-haut… rarement du goût des enseignants… si bien que la grogne des enseignants contre les nouvelles données se traduit en affrontement contre la direction de l’établissement… Je pense notamment à ces conseils d’administration où l’on discute de la répartition des classes et des services : le rectorat donne une « enveloppe globale » d’heures à répartir (en suivant bien sûr un certain nombre d’obligations). Cette « enveloppe globale », que j’ai vue diminuer d’année en année en termes de H/E (c’est-à-dire heure par élève), est rarement du goût des enseignants, qui voient diminuer ou disparaître dédoublements et heures de cours… et augmenter le nombre d’élèves par classe ! Mais « l’administration » n’a pas d’autre choix que de « faire avec ce qu’on lui donne » ! D’où incompréhension mutuelle, affrontements et rancœurs…

Quant aux inspecteurs, si on les range dans les « supérieurs », eux aussi s’appliquent à se conformer aux directives qu’ils reçoivent, gardant pour eux leurs états d’âme, s’ils en ont ! Et se trouvent donc, le plus souvent, en décalage complet avec l’enseignant qu’ils viennent inspecter… sauf si ce dernier, par chance, applique scrupuleusement toutes les nouvelles manières de suivre le dernier programme en date et ses recommandations… C’est sans doute davantage le cas maintenant : les enseignants héritiers de 68, et donc peu enclins à courber l’échine devant supérieurs et nouveaux règlements, se raréfient forcément…

Le problème, entre autres, est qu’il est fort difficile d’évaluer la « compétence » d’un enseignant, même si ces « évaluations » ont lieu chaque année… J’ai connu une époque où la principale donnait les « bonnes classes » aux « bons professeurs » : excellent choix, vu que les résultats (au brevet, par exemple) étaient bien meilleurs dans ces classes que dans les autres… Mais… cela était-il dû aux élèves ou aux profs ??? Comment le savoir ???

La multiplication, ces dernières années, des tâches administratives dévolues aux enseignants (entre autres : appels et cahiers de textes numériques, qui obèrent le temps d’enseignement) permet, certes, d’évaluer sur ce point les enseignants… Mais est-ce vraiment là l’essentiel ?

Les enseignants, descendants des « hussards de la République », ont bien des choses à reprocher à la façon dont on les traite… Reconnus dès le début pour leur utilité (entre autres, pour assurer l’avenir de l’instruction publique, gratuite et obligatoire, mais aussi, très vite, pour donner des conseils d’hygiène et de vie, et toucher ainsi les parents par le biais des enfants), ils n’ont eu droit que tardivement à une « reconnaissance financière », toute relative… Certes, ils n’ont plus besoin d’assurer leur subsistance en remplissant, en outre, les fonctions de secrétaires de mairie… Mais tels adultes qui poussent de grands cris sur nos « privilèges » (vacances, par exemple !) cherchent pour leur progéniture d’autres métiers, plus gratifiants et rémunérateurs, que celui-là !

Bref, bref… Voici les résultats dudit sondage pour les enseignants :

Moyenne Enseignants Classement
% % (sur 23)
Globalement, dans le cadre de votre travail actuel, diriez-vous que vous êtes heureux ? 73 85 3
Activité professionnelle qui passionne 63 79 7
Reconnu par ses supérieurs (4 professions majoritairement non concernées) 35 31 15/19
Bonnes relations entre collègues 82 86 9
Conditions matérielles satisfaisantes 67 66 16
Travail non pénible 58 63 12
Travail non précaire 76 90 7
Travail utile à la société 79 91 3

Rentrée…

lundi, septembre 2nd, 2013

Rentrée… 5ème rentrée que je ne fais pas…

Des regrets ? Non, vraiment pas… J’ai eu l’énorme chance de terminer mes 40 années d’enseignement par 3 années « en or » : non seulement j’ai pu bénéficier d’une dernière mouture de la Cessation Progressive d’Activité (CPA pour les intimes), et donc de n’avoir plus que 3 classes (2 la dernière année…) au lieu des 4 que je ne sais plus quelle réforme nous avait imposées, mais en plus, ces 3 années, l’équipe « administrative » a été celle que je n’aurais jamais osé rêver, sachant surtout répondre à mes attentes quand un problème se posait avec un élève… J’en ai déjà parlé, tant pis si je radote un peu : après tout, je commence à en avoir l’âge…

Quand j’avais un problème avec un élève, non soluble dans la classe (le problème, pas l’élève !), je faisais appel à « l’administration » ; non, évidemment, pour que ladite administration sanctionne l’élève en question : cela, je pouvais le faire sans aide extérieure ! Mais pour qu’un autre adulte dialogue avec l’élève, hors classe, et tente de savoir quel problème se posait réellement. Parfois, le problème était d’ordre relationnel entre l’élève et moi ; mais, le plus souvent, il s’agissait de bien autre chose, d’ordre familial ou personnel… Que l’une ou l’autre personne de l’équipe puisse parler avec l’ado, l’écouter, comprendre… et me tienne au courant, cela a été d’une grande aide pour ces dernières années. Permettez-moi de remercier encore, ici, ces deux personnes qui étaient vraiment à l’écoute des élèves comme des personnels, et dont je garde un chaleureux souvenir…

Donc, disais-je, pas de regrets de cette « retraite » : après 3 années comme celles-là, j’aurais eu trop de mal à enchaîner avec une équipe administrative plus « classique »… vu mon caractère, les conflits n’auraient pas manqué !

Mais… comment ne pas éprouver, de temps à autre, et particulièrement quand la Rentrée scolaire est à la Une, quelques bouffées de nostalgie ?…

« Retraite »… Beaucoup en rêvent, paraît-il… Cela n’a pas été mon cas : Mon métier était trop une part importante de ce que j’étais pour avoir envie de le quitter, malgré la fatigue croissante. Retraite, retrait, retirer… c’est, brutalement, une part de moi qui s’est arrachée, non sans douleur, évidemment !

On pense souvent : il faut préparer sa retraite, avoir des activités qui font oublier le travail…

Ce n’est pas vraiment le problème : des activités, j’en ai, et assez prenantes… Le problème, c’est de retrouver une identité, quand sa propre identité s’est confondue pendant des dizaines d’années avec son métier… Le problème, ce n’est pas de « faire », c’est d' »être », d’exister, tout simplement…

* * *

Lucien Marboeuf s’est préparé à la rentrée, lui… En allant jouer au prof sur Internet…

Bien que sa description d’une « partie » ne m’ait guère alléchée (mais bien amusée !), je suis allée faire un tour sur ce site où l’on peut « jouer au prof« …

Je ne me suis pas inscrite pour pouvoir jouer à mon tour… Mais qui sait ? Peut-être en aurez-vous envie ?…

Pauvres petits riches…

vendredi, août 9th, 2013

Dossier dans le Nouvel Obs : « Comment vivent les SUPER RICHE$ »…

Bonne nouvelle : ils sont de plus en plus nombreux… ce qui nous permet d’espérer rejoindre leur club un jour ou l’autre… 476 milliardaires (en dollars, bien sûr !) dans le monde en 2003, 1 426 en 2013… Bon, d’accord, en proportion de la population mondiale…

Sans surprise : ce sont les États-Unis qui détiennent le record, avec 442 milliardaires (222 en 2003), puis les Chinois avec 122 (0 recensé en 2003), et les Russes avec 110 (17 en 2003)… 24 Français (autant que de Coréens du Sud…), 58 Allemands…

J’apprends que ces pauvres riches ont besoin, pour gérer leurs milliards, de « family offices » : des équipes chargées de faire fructifier le moindre petit dollar par investissements, fondations ou trusts dans les paradis fiscaux ; « Mais ces structures se préoccupent aussi des tracas et contingences matérielles de la vie quotidienne des hyper-privilégiés. » Pauvres petits riches…

Des spécialistes en marketing de produits de luxe démarchent auprès des « HNWI pour high net worth individuals (« personnes de haute valeur ») ou UHNWI pour ultra high net worth individuals, catégorie qui émarge à plus de 30 millions de dollars d’argent de poche. » Pauvres petits riches…

J’apprends aussi qu’Apple, « réputée championne toutes catégories de « l’optimisation fiscale », possède plus de cash que le Trésor américain, mais ne lui reverse proportionnellement qu’une somme dérisoire. » Et que « Facebook, malgré plus de 1 milliard de profits, n’a pas payé du tout d’impôt l’année dernière. » Pauvres petits riches…

C’est que ça coûte de plus en plus cher, d’être riche ! Si en 1941 un couple de collectionneurs avait payé 7 000 dollars pour « le Rêve » de Picasso, ce tableau a été racheté 48 millions de dollars en 1997, 60 millions en 2001, 155 millions en 2006… Pauvres petits riches…

Et encore, je ne vous parle pas des locations dans les Hamptons, « à l’est de New York », qui peuvent atteindre « un million de dollars pour trois mois ». Bon, d’accord, ce ne sont pas des HLM… Mais quand même ! Pauvres petits riches…

Tiens, pour vous faire rêver un peu :

Le 4 juillet, un pauvre petit riche américain s’est fait livrer un magnum de Dom Pérignon. « La bouteille était bien frappée. et pour cause : elle est tombée du ciel, livrée par un serveur largué en chute libre à plus de 4000 mètres d’altitude… Le prix de ce petit plaisir un rien vulgaire ? 25 000 dollars. »

Pauvres petits riches…

Des dettes et des dates…

mercredi, juin 12th, 2013

(J’aurais bien écrit « dattes » pour le plaisir de la symétrie… mais cette fôte vous aurait enduits d’horreur, chers lecteurs…)

Cette « histoire », lue dans les Nouvel Obs du 16 mai et du 6 juin, me laisse perplexe, et j’espère que l’un ou l’autre d’entre vous pourra m’éclairer un peu.

De quoi est-il question ?
Des allocations chômage.

« De mon temps », quand on était au chômage (mais oui, mais oui, ça m’est arrivé ! Avant que j’obtienne le précieux CAPES au 3ème essai !), on allait s’inscrire à l’ANPE et on touchait des « allocations journalières », augmentées des allocations ASSEDIC si l’on avait la chance que l’employeur précédent y ait cotisé (ce n’était pas mon cas… ). On devait pointer toutes les semaines à la mairie et, évidemment, avertir si l’on avait trouvé un emploi.

Je ne sais pas grand chose de « Pôle Emploi », mais le fonctionnement a l’air d’être plus complexe. Par exemple, l’entreprise qui a employé un chômeur ne déclare sa « fin de mission » qu’une semaine après. Il y a sûrement des raisons pour cela. Et les chômeurs en sont avertis. Mais… il arrive qu’ils l’oublient… Et que, pressés d’obtenir un autre emploi (et, accessoirement, de manger d’ici là), ils aillent se déclarer chômeurs dès la fin de leur « mission »…

Où est le problème ? me demanderont peut-être ceux qui en savent encore moins que moi sur ce sujet…

Le problème est que, pendant cette semaine d’intervalle, le chômeur touche des indemnités qu’il ne devrait pas toucher. Et qu’un « beau » jour on lui demande de les rembourser… Et cela peut atteindre plusieurs milliers d’euros !

Le « cas » détaillé dans l’article du 16/5 expose la situation de Jean, 31 ans, qui n’a pu suivre son entreprise lors de sa « délocalisation » en 2009, faute de logement social. Au chômage, donc. 800 € par mois, dont 400 pour le loyer. Impossible de nourrir femme et enfant avec ça : la femme a pris son bébé sous son bras et est allée vivre chez sa mère.

Et voilà que début 2013, une lettre recommandée de Pôle Emploi lui demande de rembourser 3 300 € pour « allocations indues »… On veut bien étaler le remboursement : 133 € par mois, pendant 2 ans… Mais c’est encore trop pour Jean, dont les missions d’intérim sont irrégulières… et les frais, malheureusement trop réguliers !

D’après Pôle Emploi, il y a actuellement environ (tenez-vous bien !) 500 000 demandeurs d’emploi en dette avec l’organisme, pour un montant moyen de 596 €… et un total de 300 000 000 € !!!

Cela vaudrait peut-être le coup de revoir la façon de procéder, non ???

Je ne comprends pas bien l’histoire du délai d’une semaine (comment le chômeur se nourrit-il pendant cette semaine ???), mais admettons… Quand il vient se déclarer à nouveau chômeur, l’employé ne lui reprécise pas ce délai ? Il n’a pas, sur son ordinateur, les détails des emplois et des allocations de la personne qu’il a en face de lui ? Il ne l’avertit pas qu’il est déjà en dette ? Car enfin, si le chômeur était averti alors qu’il n’est en dette que d’une centaine d’euros, sans doute le remboursement serait-il plus aisé… Alors qu’évidemment, quand il se trouve en dette de plusieurs milliers d’euros, il ne voit pas comment s’en sortir !!!

L’article rappelle d’ailleurs que l’intitulé « indus » a remplacé en 2010 le « trop-perçu » après qu’un demandeur d’emploi se fut suicidé à la réception d’une lettre recommandée lui réclamant un « trop-perçu » de… 8 944,70 € !!!

Le billet de Delfeil de Ton du 6/6 parle d’une chômeuse de 51 ans, devant rembourser environ 1 500 € d’indus… Comme elle s’y refusait, on lui envoya l’huissier. Comme elle n’accueillait pas très bien (on se demande pourquoi ???) ledit huissier, celui-ci (enfin, celle-ci, plus exactement) revint avec des gendarmes.
C’en fut trop pour la chômeuse : arrêt cardiaque et extinction définitive de la dette le 30 mai dernier…

Pour finir sur une note plus gaie, je retourne à l’article du 16/5 : une autre chômeuse, devant rembourser 2 648 €, a eu droit à un échelonnement de sa dette lui permettant d’en rembourser… une partie ! Car si payer 1 centime par mois ne devrait pas lui poser trop de problèmes… la durée du remboursement n’est pas assurée : 22 000 ans !!!

D’ici et d’ailleurs

lundi, mai 13th, 2013

* Pub dans le journal pour ATD Quart Monde :
« Combattre la pauvreté, c’est d’abord combattre nos préjugés.
Les pauvres sont des pros de la fraude aux aides sociales.
(Réponse sous forme de graphique) :
Fraude au RSA : 60 millions €
Travail non déclaré par les entreprises : 190 millions €
Fraude fiscale : 2989 millions €
(Source : CNAF, Délégation Nationale à la lutte contre la Fraude, bilan 2011)

* 30 avril : Caroline du Nord
Une petite fille de 2 ans tuée par son « grand » frère de 5 ans.
« Accident » a conclu le coroner…
Peut-on réellement qualifier d' »accident » le fait qu’un enfant de 5 ans puisse « jouer » avec une carabine, même spécialement conçue pour les enfants (sic !) ?
2 autres « accidents » mortels du même type le mois dernier, précise l’article du Nouvel Obs. Avec cette fameuse carabine, vendue à 60 000 exemplaires par an.
J’oubliais une précision importante : lesdites carabines sont bleues (ou marron) pour les garçons, roses pour les filles…
Jolis « jouets »…

* U.S.A. encore :
38 millions d’étudiants endettés pour leurs études… « en avril, le total de la dette étudiante atteint la somme colossale de 1000 milliards de dollars ! Un montant qui a triplé en 8 ans, d’après la Réserve fédérale de New-York » (Nouvel Obs du 9/5/2013).
« Dans un pays où une année de frais universitaires coûte 15 000 à 50 000 dollars, de nombreux emprunteurs resteront endettés bien au-delà de la quarantaine. Barak Obama lui-même a reconnu qu’il n’avait fini de rembourser son emprunt qu’il y a 8 ans. »

Cela me fait penser à une nouvelle de SF que j’ai lue il y a longtemps : l’auteur imaginait que la dette des parents se transmettait aux enfants quand ils atteignaient l’âge adulte… Ainsi, un jeune commençait à travailler pour rembourser une partie de la dette de ses parents… Ça doit drôlement donner envie de travailler !

* Tiens, en parlant de travail… Une jolie citation de M. Copé, qui en a commis quelques autres (même numéro du Nouvel Obs, dans la chronique de François Reynaert) :

« Il faut redonner toute sa place au travail, seul moyen de faire reculer le chômage. »

Y auriez-vous songé ?

Quand on pense aux dizaines de milliers d’emplois supprimés lors du précédent quinquennat, je trouve ce « remède » particulièrement savoureux…

(Légère) erreur de calcul…

mardi, mai 7th, 2013

Bon, d’accord, bien que prof de Français (enfin… ex-prof !), il m’arrive de faire des fautes d’orthographe. Nul n’est infaillible (à une exception près… mais ce n’est pas là mon sujet).

Il y a cependant une légère différence entre mes erreurs et celles de Mme Reinhart et M. Rogoff : elles ne touchent que peu de gens, et ne vont pas modifier leur vie pour autant…

Cela ne vous dit rien, Reinhart et Rogoff ? Pourtant…

(Mais rassurez-vous, cela ne me disait rien non plus jusqu’à ce que je lise cet article dans le Nouvel Obs du 2/5/2013.)

Ce sont les 2 économistes auteurs de l’article « Croissance en Période de Dette », paru en 2010… et bible pour bien des États de par le monde.

Ce rapport démontrait que les États endettés au-delà de 90% du PIB avaient une croissance moyenne de -0.1% par rapport aux pays moins endettés. Et toutes les « chances » d’entrer en récession…

D’où… Rigueur Obligatoire, Austérité et toutes ces sortes de choses, un peu partout dans le monde…

Un étudiant en doctorat, Thomas Herndon, n’était pas vraiment convaincu : « Intuitivement, j’avais tendance à penser que si l’on virait beaucoup de gens, ce n’était pas bon pour l’économie. Que ces gens n’allaient pas consommer, ni participer à la croissance ». Il a donc repris les calculs des deux économistes…

Et… bingo ! Il découvre l’Erreur dans un tableau : un curseur mal positionné omet dans le calcul 5 des pays étudiés (Australie, Autriche, Belgique, Canada et Danemark)… ce qui change évidemment le résultat : + 2.2% au lieu de -0.1% ! Et, pour l’étudiant, ce « seuil » de 90% n’est pas significatif…

Les économistes susnommés affirment que cela ne remet pas en cause leurs conclusions, et qu’ils ont publié l’an dernier un rectificatif… lequel n’a pas dû recevoir la même publicité que leur étude de 2010…

Je me demande ce que pensent les Grecs, par exemple, de cette erreur de calcul…

Une expo… ébouriffante !

dimanche, février 17th, 2013

Je vous ai parlé plusieurs fois de Délit Maille, et ai affiché ici quelques-unes de ses créations tricotées. Dernièrement, j’avais relayé l’annonce de sa participation au Salon de l’Aiguille en Fête… auquel j’avais bien l’intention de me rendre ! Pour « voir en vrai » ces petits personnages amoureusement tricotés, que j’avais tant appréciés sur son blog.

Peut-être quelques-un(e)s d’entre vous y sont allé(e)s. Moi, oui. Et j’ai été époustouflée ! Heureusement que Délit Maille avait montré des photos de son stand, car je n’imaginais pas une expo d’une telle ampleur !!!

Merveilleusement mis en scène, ces petits bonshommes et bonnes femmes de 15 cm (12 pour l’ex-président – et sa montre) rappellent, maille après maille, des actualités politiques, artistiques, sportives et autres… Voir le livre Tricote ton année 2012.
Je ne résiste pas au plaisir de vous montrer quelques-unes des photos prises là-bas…

Hors actualités, voici :

Le Déjeuner sur l’herbe, d’après Manet

Woodstock

Et, pêle-mêle, quelques « actus » plus ou moins « brûlantes » :

Johnny a la bronchite

Fidel et Benoît

Khadafi

Scène d’intérieur d’un Italien « moyen »

Scène d’intérieur d’un Français « moyen »

Boutique dudit Français : viande non halal

Boutique d’un boulanger défendant les pains au chocolat contre les prédateurs

Mariage pour tous

Exil désolé de pauvres riches après la défaite de leur candidat président

Et enfin, last but not least, un de mes chouchous :
Un panda venu de Chine

P.S. On parle aussi de Délit Maille ici :
Article de 2011.

Et dans le Nouvel Obs de cette semaine.

Vous avez dit La Culture pour Tous ? Vraiment ?

samedi, janvier 26th, 2013

C’est « mon » site de généalogie qui m’alerte… et vu le peu d’échos de mes recherches à ce sujet sur Google, j’alerte à mon tour ceux qui ne sont pas encore au courant…

De quoi s’agit-il ?

De « deux partenariats d’envergure conclus pour la numérisation et la diffusion des collections de la Bibliothèque nationale de France (BnF) »

(dixit le communiqué du Ministère de la Culture et de la Communication du 15 janvier)

Mais encore ?

– Avec la société ProQuest : « numérisation de 70 000 livres anciens français datant de 1470 à 1700 ».
– Avec la société Believe Digital et Memnon Archiveing Service : « numérisation et valorisation de près de 200 000 disques vinyles 78 et 33 tours »

Et alors ?

Si le partenariat pour les disques n’est pas explicité, celui pour les livres l’est : à part « 3 500 ouvrages, choisis par la BnF,(…) en libre accès immédiat sur Gallica », le « reste » des 70 000 (- 3 500) sera, « au fur et à mesure de la numérisation » « accessible à tous les lecteurs de la BnF » (encore heureux !!!) « pendant dix ans avant d’être mis en libre accès à leur tour sur Gallica. »

Si l’étudiant, le chercheur, le généalogiste (et pourquoi pas ?), le « simple » curieux habite loin de Paris, il n’aura donc plus qu’à payer, pendant 10 ans, une société privée pour consulter ces livres du domaine public !

Allez savoir pourquoi, il y a des gens que ces merveilleux projets de « partenariat » fâchent…

Et même des gens sérieux, comme l’Association des Bibliothécaires de France :

« La revente durant 10 années de ces contenus numériques, dont une partie importante relève du domaine public, que ce soit par des firmes privées ou par la filiale commerçante de la BNF, sans autre possibilité d’accès gratuit en ligne sur le site des institutions concernées, serait tout à fait contraire à l’égalité d’accès au patrimoine commun. »

SavoirsCom1, avec d’autres associations, a fait son propre communiqué :

« Non à la privatisation du domaine public par la Bibliothèque nationale de France ! »

Enfin, une pétition sur AVAAZ.org reprend ce titre le 21 janvier et appelle à la signature :

« Face au Souhait de Privatisation de Notre Patrimoine Commun par le Ministère de la Culture, Nous citoyens réclamons la publication immédiate des termes de ces accords de partenariat et la suppression de toute clause réduisant la communication des œuvres concernées à une prestation marchande, quel qu’en soit le bénéficiaire. Nous demandons qu’un accès public gratuit en ligne sur Gallica soit instauré d’emblée pour les œuvres tombées dans le domaine public. »

(3 362 signatures à cette heure)

Voilà. Vous savez (presque) tout… du moins en attendant que lesdits accords soient effectivement rendus publics…