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Un peu de lecture ?

dimanche, février 15th, 2009

Bon, je ne peux pas faire la paresseuse tous les jours, et m’en tirer avec une photo !

Mais si vous voulez bien (sinon, il est trop tard !), je ne vous parlerai pas de mon métier aujourd’hui, mais d’un livre que je suis en train de lire : Les années, d’Annie Ernaux, qu’une trop gentille collègue m’a offert.

Vous l’avez lu ? Alors je ne vous apprendrai rien… je vous dis à demain ?

Vous ne l’avez pas lu ? Alors je vous le conseille, pour des retrouvailles avec votre passé (ou celui de vos aînés).

Il s’agit d’une autobiographie d’un genre très particulier. En effet, l’auteure (oui, j’ose !) ne dit jamais « je », mais « elle », parfois « nous », le plus souvent « on ». Ce n’est pas vraiment un récit, mais plutôt des descriptions de moments particuliers, et surtout d’ambiances particulières. De quoi parlait-on, rêvait-on, dans les années 50, 60, 70 ? (je n’en suis pas plus loin, pour le moment). Titres de chansons, de films, de poèmes ou de romans, nouveautés techniques (machine à laver, réfrigérateur, transistor…), animateurs vedettes de la radio et de la télévision, publicités… tout un univers que les gens de mon âge ont connu, dont les plus jeunes ont entendu parler.

C’est cependant un « récit » personnel, ancré dans une certaine réalité sociale, dans un milieu précis, à des âges précis (un peu plus âgée que moi… l’auteure juge les « yéyés » de très haut, alors qu’ils représentent mes 15 ans…). Annie Ernaux feuillette un album photos (que nous ne verrons pas !) où elle figure à divers âges, et reconstruit l’époque de la photo.

Au fil des pages, je retrouve tant de choses oubliées, disparues ou tellement passées dans la vie de tous les jours qu’on ne songe plus depuis longtemps à s’en étonner : la pilule, le hula-hoop, le nouveau franc, Ma sorcière bien-aimée, le lait en berlingot… Sans oublier Zappy Max (c’est pour pouvoir écouter « Ça va bouillir ! » pendant les vacances que ma mère a acheté son premier transistor !) et Geneviève Tabouis (« Attendez-vous à savoir… »)…

Un catalogue ? Non, vraiment pas, car s’y mêlent les sentiments, les impressions de ceux qui vécurent ces époques… Aucune nostalgie non plus, car l’auteure a toujours l’impression d' »avancer » (du moins, où j’en suis arrivée de ma lecture).

Des retrouvailles ? Oui, des retrouvailles avec un passé qu’on a relégué derrière nous, parce qu’il faut bien avancer, n’est-ce pas ?

Si vous l’avez lu, si vous avez envie de le lire, j’espère que vous me direz ce que vous en pensez…

Bonnes lectures !