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Le pompon…

dimanche, février 20th, 2011

Merci à Lucien de m’avoir fait découvrir ce rapport, arrivé sur le bureau du Premier Ministre, et qui contredit « légèrement » ce qui est répété à longueur de temps par diverses instances officielles, du ministre de l’Éducation au Roi régnant…

Je n’ai lu que la partie consacrée à l’Éducation… mais il y a sans doute des renseignements fort intéressants concernant la santé ou la protection sociale dans notre beau pays…

Ce joli tableau, tout d’abord :

Oh ben ! Oh ben ! V’la-t-y pas qu’on est les avant-derniers de la classe ! Avec des taux presque records de nombre d’enseignants pour 100 élèves dans le primaire et le supérieur ! Nous qu’on croyait naïvement (à force de l’entendre répété sur tous les tons) qu’on avait trop de profs, justement ! Même que c’était pour ça qu’on nous en virait quelques dizaines de milliers tous les ans…

Même qu’on en avait plus qu’avant, paraît-il… Mais je soupçonne l’OCDE de nous en vouloir particulièrement… Voyez plutôt :

Ben oui… Une centaine de milliers d’enseignants de moins en 10 ans… Pas exactement ce dont on nous rebat les oreilles…

Que nous disent les rapporteurs ?

Le resserrement de l’analyse sur le seul personnel enseignant tend à faire régresser la France dans la hiérarchie aussi bien des taux d’administration dans le domaine de l’enseignement que des taux d’encadrement des étudiants.
Le nombre d’enseignants en équivalent temps plein par habitant, quel que soit le statut de l’établissement, se situe en deçà de ce qui est observé dans les pays d’Europe du Nord ou du Sud.

La France a légèrement baissé sa part de dépense publique dans la fonction Enseignement.
En 10 ans, la part en pourcentage du PIB des dépenses publiques en faveur de l’enseignement a diminué de
0,5 point. Cette baisse est de même ampleur que celle observée en Allemagne et en Italie (- 0,4 point) mais est
nettement supérieure à la moyenne des pays de l’OCDE (- 0,2 point).
Le recul est particulièrement prononcé en Norvège (- 1,4 point), au Canada (- 0,92 point) ou en Suède (- 0,75 point) mais à partir de niveaux plus élevés qu’en France.

On est moins mauvais quand on compare les dépenses pour l’enseignement au PIB… mais on est loin d’être les meilleurs !

Cette planche synthétise deux résultats bien étayés (voir OCDE 2010, Regards sur l’Éducation 2010, Paris, 501 p.) :
– les coûts par élève/étudiant sont relativement faibles dans le primaire et le supérieur, en ligne avec les taux d’encadrement, dans la classification de l’OCDE comme dans celle d’Eurostat, qui diffèrent notamment pour le Royaume-Uni. Il est toutefois à noter que, dans le supérieur, la France tend progressivement à rattraper son retard ces dernières années. Dans le supérieur, les services auxiliaires représentent essentiellement des dépenses de R&D.
– la faiblesse de ces coûts tient également au bas niveau relatif de rémunération des enseignants.

Justement, tiens, parlons-en, des salaires des enseignants… on est, là encore, en queue de peloton, que ce soit ou non par rapport au PIB :

En niveau absolu (parité de pouvoir d’achat) comme relatif (part de PIB affectée aux rémunérations par enseignant), le salaire des enseignants apparaît faible en comparaison internationale.
– Le salaire statutaire français paraît notamment sensiblement inférieur à celui qui prévaut au Royaume-Uni ou en Allemagne.
– En revanche, cette caractéristique française est commune avec certains pays d’Europe du Nord, la Suède, la Norvège et à moindre égard la Finlande.

Intéressants, non, tous ces chiffres ? S’il était besoin de prouver que nos chers dirigeants sont des faussaires, manipulant les chiffres au gré de leurs envies d’économies… au détriment des enfants de l’enseignement public !

Pour plus d’informations, vous pouvez vous rendre sur le site de l’OCDE… mais j’avoue qu’après avoir téléchargé plusieurs de leurs feuilles de calculs… j’ai reculé devant le nombre et la complexité…