Posts Tagged ‘Concours’

Des nouvelles de l’école…

lundi, juillet 4th, 2011

Les écoles sont fermées, dites-vous : c’est les vacances, et les écoliers, collégiens et lycéens (sauf quelques-uns pour ces derniers…) profitent d’un repos plus ou moins mérité…

Certes… Mais il y a des gens qui ne sont pas encore en vacances, eux, et qui nous donnent quelques sujets de réflexion…

La « mission d’information sur la formation initiale et les modalités de recrutement des enseignants” (composée de 14 députés) constituée en mars 2010 et présidée par le député du Doubs Jacques Grosperrin, vient de rendre son rapport, qui sera soumis le 6 juillet à la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale.

Je n’ai pas lu le rapport en question, me contentant des 20 propositions finales, parmi lesquelles figurent :

Cette dernière proposition, estime la commission, ne sera réalisable que dans une dizaine d’années, le temps que l’opinion accepte que les enseignants soient des travailleurs « comme les autres », donc embauchés sur CV et entretien avec l’employeur (académie ou établissement)…

C’est un incroyable retour en arrière de presque 2 siècles (loi Guizot de 1833, qui instaurait le recrutement des instituteurs sur concours)…

Je ne suis pas une fan des concours (j’ai tout de même raté 2 fois le CAPES…), mais ils ont, à mon sens, de nets avantages sur le recrutement « direct » par l’employeur : l’assurance de l’anonymat, qui permet à tout un chacun de concourir, quels que soient son milieu et ses relations (d’accord, d’accord, comme pour toutes études, certains milieux sont plus favorisés que d’autres…) et une relative « indépendance » liée au fait que l’employeur est le ministère de l’Éducation (dite Nationale) : l’enseignant ne peut donc être simplement « viré » parce qu’il déplaît, pour quelque raison que ce soit, par son directeur, principal, proviseur ou inspecteur.

L’embauche « directe » permet, a contrario, de faire jouer les relations ou les pressions ; elle permet aussi de se débarrasser facilement d’un enseignant qui n’a pas le petit doigt sur la couture du pantalon. Ce qui signifie aussi la fin de toute pratique pédagogique qui ne serait pas dans les idées du chef d’établissement.

Et, à terme, cela signifie aussi que l’enseignant ne sera plus « titulaire », mais simple « vacataire », corvéable à merci et remplaçable aisément… grâce à Pôle Emploi, par exemple…

Drôle d’école qu’on nous prévoit là…

Pour plus de détails :

* Revue de presse du jeudi 30 juin 2011

Fin des concours enseignants ?
L’actualité commande. Alors qu’on s’apprête à ranger les cartables et à sortir les sacs de plage, l’actualité éducative est encore très riche.La “mission d’information sur la formation initiale et les modalités de recrutement des enseignants” ( composée de 14 députés ) constituée en mars 2010 et présidée par le député du Doubs Jacques Grosperrin (UMP) vient de rendre son rapport ( contenant une vingtaine de propositions ) qui a été adopté par les seuls députés UMP, majoritaires dans la commission (les députés PS n’ont pas pris part au vote). Ce rapport doit être examiné le 6 juillet prochain par la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale.

[…]

« Les lauréats de la session 2010 ont été jetés dans le grand bain sans avoir appris leur métier », déplore l’élu UMP. Il faut donc, selon la commission « professionnaliser » la formation. Les universités devraient revoir l’architecture de leurs masters « Enseignement et formation » pour accorder plus de place à la pédagogique, à la didactique, aux sciences cognitives. Jacques Grosperrin propose de « spécialiser » les masters par niveau scolaire. Il y aurait ainsi des masters « école maternelle », « collège et lycée général », « enseignement professionnel »…

Ils sont marrants, ces députés : « professionnaliser » la formation ! Comme si cela ne suffisait pas de les envoyer se « former » à temps plein devant les classes ! Le ministre l’a dit : ça a très bien marché, cette année ! Pas plus d’abandons ou de congés maladie que les autres années !… (Il est vrai que, pour la manipulation des chiffres, « ils » sont forts…)

* Un député propose la suppression des concours enseignants

Au ministère non plus, on n’est pas encore en vacances : vendredi dernier, le Groupe Français d’Education Nouvelle et le Centre de Recherche et d’Action Pédagogique (qui éditent les Cahiers Pédagogiques, bien connus des enseignants) apprennent que leur subvention est réduite de moitié. Or, cette subvention leur permet de payer 4 enseignants détachés, qui se consacrent à l’étude et à la recherche en pédagogie. « La pédagogie serait-elle devenue à moitié inutile ? » interroge le communiqué.

Violence gouvernementale contre les mouvements pédagogiques

Communiqué du CRAP-Cahiers pédagogiques et du GFEN – Le ministère de l’Éducation nationale vient de nous annoncer la suppression de la moitié de la subvention permettant le paiement des enseignants détachés dont nous disposons.

[…]

Depuis des dizaines d’années, nos deux mouvements pédagogiques ont produit un travail considérable en contribuant à la réflexion sur les apprentissages, à la formation des enseignants, à la promotion d’innovations en faveur d’une meilleure école. Une part importante de ce travail repose sur l’action militante de bénévoles, des adhérents de nos associations, de tous les acteurs du monde éducatif qui nous soutiennent, mais il dépend également de quelques enseignants mis à disposition par le ministère, quatre pour nos deux associations.

[…]

L’annonce de cette décision le vendredi 2 juillet avec effet au mois de septembre ne peut que nous contraindre à une réduction brutale de nos activités.

Est-ce qu’au temps du « socle commun » la pédagogie est devenu inutile ? Il faut le croire… Car tout de même, on a du mal à penser que ces 2 postes qui vont « sauter » grevaient trop lourdement le budget…

(« Pas de nouvelles, bonnes nouvelles », dit-on… Je crains très fort que ce soit effectivement le cas quand il est question de l’Éducation – dite Nationale -, ces temps-ci…)