Posts Tagged ‘Concours de recrutement’

Nouvelles nouvelles de l’école (suite)

mercredi, juillet 27th, 2011

Fermetures de CIO

Les Centres d’Information et d’Orientation sont eux aussi dans le collimateur : à terme, ils seront regroupés avec « Pôle Emploi », supprimant ainsi un excellent outil dédié aux collégiens, lycéens et étudiants. J’ai eu à diverses reprises l’occasion de m’entretenir avec des conseillers travaillant dans le Centre le plus proche de mon collège. Entre autres, au sujet d’élèves turcs qui y suivaient, ou y avaient suivi, des séquences d’apprentissage du Français, de la lecture et de l’écriture… Toutes choses difficiles à assurer dans un collège – sauf si le nombre de ces enfants le justifie… Les Centres offrent aussi (dois-je dire « offraient » ?) entretiens et tests permettant aux jeunes de s’orienter au mieux dans la jungle des formations diverses, de préciser ce qu’ils attendent d’un métier, etc.. Il me semble évident que de tels centres s’adressant spécifiquement à des jeunes (et à leurs parents !) n’ont pas grand chose à voir avec l’ex-ANPE, rebaptisée Pôle Emploi… Par ailleurs, ces « regroupements » ne sont pas seulement « de fond », mais aussi locaux : si le collégien doit parcourir une centaine de kilomètres pour s’y rendre, au lieu des 15 ou 20 actuels… il y a de grandes « chances »… pour qu’il ne fasse pas le voyage ! « Chance », dis-je… car moins de clients, moins de conseillers à recruter… Toutes les économies sont bonnes à prendre ! (sauf sur le marketing et les « jets » privés… mais ceci est une autre histoire…)

Communiqués
Le Ministère de l’Éducation nationale affaiblit délibérément son réseau de CIO !

Par une série d’arrêtés parus au Journal officiel les 8 et 9 juillet, la fermeture et la fusion de plusieurs CIO en France sont désormais officielles. Sous prétexte du retrait des conseils généraux du financement de certains centres d’information et d’orientation, le Ministère de l’Education nationale décide la fermeture de 6 CIO du département du Nord, qui ne sera compensée que par la création d’un seul CIO à Lille et d’un CIO à Dunkerque.

[…]

Le SNES évalue aujourd’hui ces fermetures à une trentaine sur un effectif de 500. Les Centres d’information et d’orientation constituent pourtant les premiers services publics de proximité, inscrit dans un district scolaire, mettant à disposition des informations gratuites et fiables, des conseils personnels et un suivi sur tout ce qui concerne la scolarité et l’orientation.

[…]

Il est pour le moins paradoxal que parallèlement à la mise en place du service d’orientation tout au long de la vie le Ministère de l’Education nationale n’ait de cesse d’affaiblir le réseau public des CIO.

Concours de profs

On savait déjà qu’il y avait, dans certaines disciplines, moins de candidats que de postes ouverts. Les « Bac + 5 » seraient-ils plus mauvais que les « Bac + 3 » ? Peut-être, à en croire les résultats…

Des centaines de postes d’enseignant non pourvus, faute de candidats admis

Les résultats aux concours viennent de tomber et, dans quatre disciplines – mathématiques, lettres classiques, lettres modernes et anglais – au total 978 places offertes aux Capes externes ne sont pas pourvues, a expliqué la directrice générale des ressources humaines du ministère (DGRH), Josette Théophile.

Pas grave, explique cette brave dame, car on avait ouvert 300 postes de plus que nécessaire… Et puis, bien sûr, Pôle Emploi est là pour « boucher les trous » !

Allez donc savoir pourquoi, le SNES (Syndicat National des Enseignants du Second degré) n’est pas d’accord !

Communiqués
Snes Concours de recrutement : il faut pourvoir tous les postes !

Cette situation est la conséquence du sous-recrutement chronique depuis des années, de l’absence de pré-recrutements et de la dégradation des conditions d’entrée dans le métier.

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Le SNES s’était, en janvier, adressé à la DGRH du ministère, pour demander et proposer des mesures permettant de combler les postes non pourvus. Des dispositions réglementaires permettent en effet de recruter parmi les candidats au CAPES interne ou à l’agrégation.

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Dans un contexte de baisse très inquiétante du nombre d’inscrits aux concours, le ministère doit prendre la mesure de la situation et ne peut se permettre d’afficher un manque de recrutements.

A moins que… justement, ce ne soit une justification supplémentaire pour supprimer lesdits concours… et la titularisation, et le statut de fonctionnaire, et… la suppression, à terme, de l’Éducation qui ne serait plus nationale…

Si « on » tient à garder « intact » le niveau des concours de recrutement, « on » n’a pas les mêmes exigences pour les examens… Là, au contraire, il faut garder… le pourcentage de résultats positifs, ou l’augmenter, ce qui est encore mieux !

Le Brevet

Communiqués
Snes Diplôme national du brevet : tous les moyens sont-ils bons pour faire du chiffre ?

Lors de la délibération des jurys, souverains dans la délivrance du diplôme au vu des résultats obtenus en repêchant éventuellement les candidats aux résultats « tangents », des consignes précises semblent avoir été données aux présidents de jurys pour que le diplôme soit attribué à des candidats qui étaient très loin d’avoir obtenu la moyenne de 10 sur 20 : repêcher jusqu’à 8,5 de moyenne !
Déjà l’an dernier, des inspecteurs d’académie avaient fait pression sur certains jurys pour que le taux final de lauréats du diplôme soit au moins égal à celui de l’année précédente.

[…]

[Le ministère] se gardera sans doute de préciser que les enseignants ont été particulièrement déroutés par ce LPC qui comprend 98 items disparates et flous à valider, parfois sans lien direct avec ce qui est enseigné en classe, et qu’ils ont exprimé à plusieurs reprises et de multiples façons leur impossibilité de renseigner sérieusement ce livret.
Il se gardera sans doute aussi de préciser que les chefs d’établissement subissent également des pressions pour que leur établissement affiche un taux « présentable » de validation du socle (en lien avec le contrat d’objectifs qu’ils ont signé avec le recteur) et que c’est eux qui valident in fine les 7 compétences du socle, quoi qu’aient pu dire ou écrire les enseignants qui avaient eu les élèves en classe.

[…]

[Le SNES] demande solennellement au ministre de cesser de faire du « chiffre » en bradant un diplôme national, élément structurant du collège, qui garde une valeur symbolique et initiatique forte pour les élèves, et qui leur permet de passer quelques concours, notamment dans la fonction publique.

Il demande l’ouverture de discussions pour que l’évaluation des élèves soit plus soucieuse de repérer les réussites que de sanctionner les lacunes, mais sans démagogie, ni complaisance.

Au fur et à mesure qu’on le « réforme », ce pauvre Brevet, il perd de plus en plus de sens ! Si, en plus, « on » ne se soucie que de « faire du chiffre »… autant économiser l’examen et le distribuer dans les conseils de classe de fin d’année… en faisant attention à recevoir autant d’élèves que préconisé !

Je serais tout à fait incapable de me remémorer tous les avatars de ce malheureux « examen », mais en voici quelques-uns de ma mémoire de prof :

– examen portant sur toutes les matières enseignées en 3ème, dans un centre d’examen ;
– idem, sauf que certaines matières sont au choix (en 1974, par exemple, géographie ou 2nde langue…) ;
– examen seulement pour les élèves n’ayant pas la moyenne globale sur l’année ;
– retour à l’examen pour tous, avec moins de matières ;
– examen en Français, Maths et Histoire ; comptent également les moyennes de 3ème, sauf celles d’Histoire-Géographie ; l’examen se passe dans le collège ;
– idem, mais on y ajoute les moyennes de 4ème : ajoutées à celles de 3ème, elles comptent pour la moitié des points de l’examen ;
– idem, avec en prime une note de « conduite » (ça s’appelle pas comme ça, c’est un souvenir de mes années d’école… J’ai toujours refusé de participer à cette « notation », estimant que l’attitude d’un élève dans l’établissement n’avait strictement rien à voir avec ses résultats, et encore moins avec un examen ! C’est une aberration totale !) ;
– idem, avec en prime le niveau A2 de 1ère langue, obligatoire ;
– idem, avec en prime l’obtention obligatoire du B2i ;
– idem, avec livret de compétences (je suppose qu’on a supprimé les moyennes ?) et épreuve d' »Histoire des Arts »;
– (à suivre…)

Le SNES a concocté un joli « florilège » à partir de dysfonctionnements constatés dans divers collèges… Je vous en parlerai la prochaine fois…