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Confiance…

Mardi 4 août 2009

[Les Instructions] sont vraiment dignes de cette grande insti-
tution démocratique par excellence, qui ne fait point de
différence entre les enfants qui lui sont confiés et qui veut
les élever tous, les plus humbles et les plus misérables
autant sinon plus que les autres, selon les mêmes princi-
pes de liberté, de justice et d’amour.

[...]

Est-il besoin d’ajouter que nous avons pleine confiance
dans les maîtres de nos écoles ? Ce sont des hommes de
cœur.

[...]

Le premier devoir de nos instituteurs, ils le savent, est
d’adapter leurs leçons au milieu dans lequel ils se trouvent
et de les renouveler d’année en année.

Si les programmes [...] nous servent de guide, il serait
toutefois vain de les appliquer tels quels [...]. Il est[...]
indispensable de tenir compte
du milieu, de la force des élèves, des besoins des popula-
tions. A n’en rien faire on se tromperait gravement.

Adapter nos leçons au milieu, c’est en même temps les re-
nouveler. Ce renouvellement est chose nécessaire. Le labou-
reur ne retourne-t-il pas la terre quand vient l’automne ?
S’il ne le faisait, où serait la moisson ? Si nous ne pre-
nions la peine de labourer, nous aussi, notre champ, de re-
tourner notre fonds, où seraient les résultats ?

J’apprécie grandement – et vous aussi, j’espère -, ce « mandat de confiance » adressé par le Ministère aux instituteurs : les programmes sont un guide – et seulement un guide. Il appartient à l’instituteur d’évaluer le milieu dans lequel il se trouve, la « force des élèves » et les « besoins [de la] population » afin d’adapter au mieux ces programmes.

Et il lui appartient en même temps de remettre en question son travail, afin d’améliorer son enseignement…

Mais vous vous demandez peut-être pourquoi j’ai enlevé des mots du quatrième paragraphe ? Ah ! Il va falloir que je me dévoile… Voici donc ce paragraphe sans coupures :

Si les programmes français nous servent de guide, il serait
toutefois vain de les appliquer tels quels en Tunisie. Il est,
ici plus encore qu’en France, indispensable de tenir compte
du milieu, de la force des élèves, des besoins des popula-
tions. A n’en rien faire on se tromperait gravement.

Pourquoi diable la Tunisie ? C’est que la Tunisie est sous protectorat français… en 1923 !

Voilà mes sources dévoilées…

Instruction Publique

Instruction Publique

Et je ne peux résister au plaisir de vous donner la suite :

Nos écoles sont des écoles laïques. Qu’est-ce à dire, sinon
que, pour en être et rester dignes, il nous faut travailler
sans cesse à notre propre perfectionnement ?

C’est par notre attention soutenue que nos écoles devien-
dront de plus en plus laïques chaque jour. La laïcité, ce
n’est pas seulement une enseigne mise une fois pour toutes
à l’entrée de nos classes, c’est un idéal a la poursuite du-
quel il faut se donner tout entier. Sans doute toute la vie
d’un homme ne suffira pas à l’atteindre et même, à me-
sure que, de génération en génération, on s’en approchera
davantage, il reculera et s’élèvera d’autant. Mais la des-
tinée de l’homme n’est-elle pas de poursuivre une idée qui le
dépasse ? Disons donc de la laïcité ce qu’on peut dire de
toutes les œuvres humaines qui valent la peine d’être faites,
à savoir qu’elle est une création continue.

Laïcité, comme noblesse, oblige : elle oblige au travail.

(Source : Gallica, pages 797 et suivantes)

Je vous en reparlerai, de cette confiance de nos gouvernements en leurs enseignants…