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Des femmes en Afghanistan…

mercredi, février 19th, 2014

C’est un paragraphe de la rubrique de Delfeil de Ton, dans le Nouvel Obs du 13/02, qui m’a alertée :

Le Parlement afghan se compose de deux chambres. Toutes deux ont voté une loi qui interdit aux épouses, aux soeurs, aux filles, aux parentes en général, des hommes coupables de violences domestiques, de témoigner de ce qu’elles ont subi, vu ou entendu.

En fait, la loi est plus globale, d’après ce que j’ai lu :

Le 21 janvier 2014, le Parlement afghan a adopté un nouveau code de procédure pénale. Ce code comporte une disposition (article 26) qui interdirait à la police d’interroger les membres de la famille d’un présumé criminel. Cette interdiction imposerait une restriction importante à l’exercice de poursuites contre les auteurs de crimes à l’encontre de femmes et de filles, notamment la violence familiale et sexuelle, le mariage d’enfants ainsi que le mariage précoce et forcé — crimes pour lesquels les membres de la famille des accusés sont souvent les seuls témoins.

et :

En cas d’agression contre une femme ou une fille de la part d’un membre de sa famille, non seulement la victime ne pourrait pas témoigner contre son agresseur, mais tout autre témoignage d’un proche parent de l’accusé serait également refusé.

Attention ! Ne comprenez pas mal ! Cette loi est faite pour protéger les droits des femmes, justement ! C’est ce qu’explique un responsable dans l’article du Monde :

« Que se passera-t-il si une femme porte plainte contre son mari pour ce qu’elle estime être un comportement violent ? Le mari divorcera. Et aucun autre homme ne voudra ensuite se remarier avec elle. Est-ce cela le droit des femmes ? »

Dans cet article, qui salue les progrès des droits des femmes depuis 2001, on constate une nette dégradation :

Le nombre de cas de violences contre les femmes a augmenté de 24,7 % durant les six premiers mois de l’année 2013 par rapport à la même période de 2012, selon les données recueillies par l’Afghanistan Independent Human Rights Commission.

« La montée de la violence contre les femmes est une réaction des conservateurs face à l’irruption de celles-ci dans des domaines d’activité jusque-là réservés aux hommes », explique Najlla Habibyar, directrice de l’Agence d’Afghanistan de promotion des exportations et figure de la nouvelle génération de femmes à des postes de commandement. Plus celles-ci s’affichent dans l’espace social, plus elles deviennent des cibles.

Mais… une bonne nouvelle : le président a refusé de promulguer cette nouvelle version du code de procédure pénale :

Amnesty International a salué la décision du président Hamid Karzaï de ne pas promulguer la nouvelle version du Code de procédure pénale, qui aurait privé de justice les victimes de viol, de violence domestique et de mariage précoce ou forcé. Le veto du président est une bonne nouvelle car cette version amendée menaçait les avancées réalisées en matière de droits des femmes.

Le projet d’amendement du Code de procédure pénale adopté par le Parlement afghan en janvier 2014 contenait une nouvelle disposition qui aurait empêché les proches d’un accusé de témoigner devant la justice. Dans la mesure où la plupart des cas de violence liée au genre se déroulent dans le milieu familial, cette disposition aurait rendu quasiment impossible l’aboutissement des poursuites dans ce type d’affaires.

Au-delà de la suppression des obstacles qui empêchent de poursuivre les violeurs et autres auteurs de violences, Amnesty International appelle les autorités afghanes à prendre toutes les mesures nécessaires pour faire appliquer pleinement et efficacement, dans tout le pays, la loi de 2009 sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Cette loi érige en infractions une vingtaine d’actes de violence contre les femmes et les filles, dont la violence domestique, les mariages précoces et forcés et les échanges de filles dans le cadre d’une dot ou à titre de compensation pour le prix du sang (baad). Elle constitue une véritable avancée dans la reconnaissance du droit des femmes d’être protégées de la violence et des pratiques préjudiciables.

Reste à croiser les doigts quand même… Car le communiqué de presse du Gouvernement canadien précise :

La loi a été présentée au président afghan Hamid Karzaï, pour signature le 9 février. En vertu des lois afghanes, le président dispose de 15 jours pour sanctionner la loi ou y opposer son veto. S’il sanctionne la loi, elle entrera en vigueur sur-le-champ. S’il recourt au veto, la Chambre basse du Parlement pourra l’annuler par un vote majoritaire des deux tiers. S’il ne fait rien, la loi entrera automatiquement en vigueur après le délai de 15 jours.

Femmes afghanes, nos sœurs… Nos vœux vous accompagnent…

* * *

P.S. 1 qui n’a rien à voir :
J’ai déjà parlé du projet Wool War One de Délit Maille

Voici la carte (provisoire !) des tricoteurs/euses (surtout euses, d’après ce que j’ai vu !) participant au projet (j’ai « blanchi » les noms des tricoteurs/euses) :

En pointant une partie de l’Europe (cliquez sur l’image pour la voir en taille normale) :

P.S. 2 qui n’a rien à voir non plus :
Depuis quelque temps, j’observais avec surprise (et plaisir !) que mon petit blog attirait davantage de lecteurs… Ce matin, un cap a été franchi : celui des 4000 visites en un mois… Çà s’arrose, non ?