Posts Tagged ‘Ecole’

En bref… En vrac… En bref… En vrac… En bref…

dimanche, octobre 9th, 2011

Pub

Après les pubs de Microsoft Office, ce sont des pubs d’Eram que je vais brièvement évoquer. Un article du Nouvel Obs les évoque, citant quelques-uns des messages :

« Comme disent mes deux mamans, la famille c’est sacré. »

« Comme disent ma maman et son petit copain qui a l’âge d’être mon grand frère, la famille c’est sacré. »

« Comme disent mon papa, ma maman et la troisième femme de mon papa, la famille c’est sacré. »

Évidemment, on ne voit pas très bien le rapport entre les messages et la vente de chaussures… Si ce n’est que sous la photo de ladite famille apparaissent les prix des chaussures…

Je ne suis pas très sûre que ces messages génèrent une meilleure acceptation des familles qui ne correspondent pas au schéma traditionnel. Et j’avoue que le 2ème message me choque : mettre dans la bouche d’un gamin de 5-6 ans (et qui a l’air plutôt dubitatif) un tel commentaire sur le « petit copain » me semble davantage accuser la mère que la « banaliser »… Vous me direz peut-être ce que vous en pensez ?

Généalogie

Lu dans un forum de généalogie de la Nièvre, cet extrait d’un acte de mariage :

 » …Jean LOUVRIER fils de René LOUVRIER vivant manouvrier et de Marguerite DESPASTI et Edmée DELEUSME fille de deffunt Jean DELUSME manouvrier et de Edmée DUCROT, je leur ay donné la bénédiction nuptiale avec les cérémonies accoutumées en présence de François DELUSME frère de l’épouse et beau père du mary, de Marguerite DESPATIT leur mère et belle soeur, … »

Comprenons bien :

La mère de Jean Louvrier s’est remariée avec François Delusme (ou Deleusme). Elle est donc devenue la belle-sœur d’Edmée Delusme.

Jean Louvrier, en se mariant avec Edmée Delusme, devient donc beau-frère de sa mère. Et son beau-père, François, devient son beau-frère.

Quant à Edmée, sa belle-sœur devient sa belle-mère… et son frère, son beau-père…

Trop compliqué pour faire une pub, non ?

École

Allez voir, si ce n’est déjà fait, le petit film réalisé avec des playmobiles, qu’Odile nous a récemment signalé, École en danger par le collectif PEC de Besançon et du Doubs :

Effectivement, la récitante n’est pas terrible… Mais le film est assez bien fait, je trouve… Et le propos est clair…

Rentrée 2012

Conseil des ministres : Luc Chatel prévoit la suppression de 14 280 postes (donc 80 280 postes supprimés depuis 2007…). Monsieur TVB a répété que l’école comptait plus de profs et moins d’élèves qu’il y a 20 ans, que le budget de l’éducation représentait 6% du PIB, plus que la moyenne des pays de l’OCDE… C’est drôle : je n’avais pas ce souvenir du rapport de l’OCDE… On ne doit pas avoir eu la même méthode de lecture, lui et moi…

Été indien

Après avoir vu mes rosiers refleurir plus ou moins abondamment, alors que les années précédentes ils s’étaient contentés d’une seule floraison en juin, j’ai failli tomber de saisissement devant une pervenche ! Une pervenche ! Fin septembre ! Mais, lors de mon séjour dans la Meuse, j’ai pu voir un petit massif de pervenches !

Dans la Meuse toujours, j’ai été surprise par des vols d’oiseaux… qui, à coup sûr, étaient des hirondelles ! Comme je les avais vues se rassembler après le 15 août et se préparer au départ en se réunissant sur les fils télégraphiques, je suis restée ébahie… Mais ces vols du début octobre, qui ne se posaient pas sur les fils en rangs serrés, regroupaient seulement quelques dizaines d’oiseaux : des couvées tardives ?

Bon dimanche… avec pulls et parapluies !

Profs mis à nu…

mercredi, septembre 21st, 2011

Merci à Odile qui m’a fourni le lien vers ce site. Au cas où vous ne le connaîtriez pas encore, allez donc voir leur calendrier .

Mis à nu, certes, mais « en tout bien, tout honneur »… Ils ne font qu’illustrer leur certitude que l’école est nue…

Vous connaissez sans doute ce conte d’Andersen, Les habits neufs de l’empereur ? Deux escrocs vont voir l’empereur et lui assurent qu’ils lui feront un splendide habit, tissé d’or et d’argent, qui lui permettra de voir qui est sincère autour de lui (mon résumé est approximatif, je ne l’ai pas lu depuis longtemps…). L’empereur est très ennuyé de ne pas voir ledit costume, mais les courtisans le rassurent en s’exclamant sur la beauté de l’ouvrage. Cortège dans les rues, où chacun s’applique à vanter la munificence dudit costume… jusqu’à ce qu’un petit enfant s’écrie : « L’empereur est nu ! »…

Nous avons nous aussi nos « courtisans » qui proclament que l’école n’a jamais été aussi performante… Sous cet habit de statistiques plus ou moins faussées, volontairement ou non, le collectif du Calendrier proclame que l’école est nue, tant par la réduction drastique des moyens qui lui sont donnés que par la perte des valeurs qui ont fondé l’école républicaine.

Lucien a récemment fait état de deux rapports qui tendraient à contredire notre « roi » :

Deux rapports très critiques pour la politique d’Education française

Celui du Haut Conseil de l’Éducation tire à boulets rouges sur nos fameuses « évaluations » :

[Table des matières]

LES INDICATEURS ANNUELS FOURNIS AU PARLEMENT NE SONT PAS SATISFAISANTS
1.1 Les indicateurs concernant « les compétences de base » en français et en mathématiques sont partiels, peu exigeants, et donc trompeurs quant à la maîtrise du socle commun
1.2 Les indicateurs tirés des évaluations nationales des trois paliers du socle commun ne sont pas fiables pour des raisons de méthode
. Au palier 1 du socle, la confusion entre deux types d’évaluation prive les indicateurs de la rigueur nécessaire
. Aux paliers 2 et 3 du socle, la fiabilité des indicateurs n’est pas assurée
. Le champ des indicateurs existants ne permet pas d’évaluer avec précision la maîtrise du socle

[Conclusion]

Le Haut Conseil de l’Éducation recommande de renoncer aux indicateurs actuels de la LOLF sur la maîtrise des « compétences de base ». Ces indicateurs donnent en effet une image erronée du degré de maîtrise effective du socle commun par les élèves.

[…]

Pour être pertinents du point de vue du socle, les indicateurs devront être attentifs à un certain nombre de caractéristiques : ils devront évaluer des compétences, c’est-à-dire la combinaison de connaissances, de capacités et d’attitudes, et se fonder sur une évaluation en situation complexe36 ; ils devront bien entendu évaluer la totalité des compétences37 et conserver une échelle de valeurs stable permettant la comparaison dans le temps.

[…]

Le moment est venu de confier à une agence d’évaluation indépendante la mise en œuvre d’un tel programme, comme le suggérait la lettre de mission du Président de la République adressée au ministre de l’Éducation nationale en 2007. Il est essentiel en effet que, dans notre démocratie, les données concernant les résultats de notre système éducatif soient objectives et transparentes, donc incontestables.

[Notes]

36 La situation d’évaluation doit permettre la mise en œuvre par l’élève de « tâches complexes », c’est-à-dire qui mobilisent de façon combinée des ressources (connaissances, capacités, attitudes) dans des situations ou des contextes concrets, vraisemblables, quasi-authentiques, qui ne se réduisent pas à l’application d’une procédure automatique. L’évaluation de la maîtrise d’une compétence n’est en aucun cas équivalente à la seule évaluation de la maîtrise de chaque ressource isolément, laquelle est indispensable mais insuffisante, comme l’illustre l’exemple de l’apprentissage des langues vivantes.

37 Il est nécessaire d’avoir des indicateurs pertinents pour chacune des sept compétences, y compris pour les compétences 6 – compétences sociales et civiques – et 7 – autonomie et initiative – dont l’évaluation peut, de prime abord, sembler plus compliquée. Nous ne sommes pas totalement démunis en ce qui concerne leur évaluation, puisqu’ont déjà été menés au niveau international des études et des travaux, comme par exemple l’étude ICCS (International Civic and Citizenship Education Study) de l’IEA déjà citée.

Le rapport de l’OCDE est plus méchant à plusieurs égards :

OCDE (2011), Regards sur l’éducation 2011 : Les indicateurs de l’OCDE, Éditions OCDE.
http://dx.doi.org/10.1787/eag-2011-fr

Le graphique B2.1 de la page 240 nous apprend (?) que la France est un des rares pays qui a consacré en 2008 à l’éducation une plus faible part de son PIB qu’en 2000.

Les dépenses d’éducation tous niveaux d’enseignement confondus ont augmenté à un rythme plus soutenu que le PIB dans plus de trois quarts des pays dont les données de 2000 et 2008 sont comparables. Elles ont progressé de plus de 1.0 point de pourcentage durant cette période au Brésil (de 3.5 % à 5.3 %), en Corée (de 6.1 % à 7.6 %) et en Irlande (de 4.5 % à 5.6 %). Toutefois, les dépenses au titre des établissements d’enseignement ont augmenté à un rythme plus faible que le PIB en Allemagne, en Autriche, en France, en Israël, au Japon et en République slovaque. Parmi ces pays, les variations les plus sensibles s’observent en France et en Israël, où la part du PIB consacrée à l’éducation a diminué d’au moins 0.3 point de pourcentage entre 2000 et 2008 (voir le tableau B2.1 et le graphique B2.1), essentiellement en raison de la diminution des dépenses en pourcentage du PIB dans l’enseignement primaire, secondaire et post-secondaire non tertiaire en France (diminution de 0.4 point de pourcentage) et dans l’enseignement tertiaire en Israël (diminution de 0.3 point de pourcentage).

(C’est moi qui souligne)

Une curieuse « courbe » concernant le pourcentage des jeunes en formation :

pp. 384-385 Pourcentage de jeunes (15-29 ans) en formation :
1997 : 42.6
1998 : 42.9
1999 : 43.9
2000 : 43.9
2001 : 43.1
2002 : 44.1
2003 : 44
2004 : 44.6
2005 : 45.1
2006 : 45.9
2007 : 46.8
2008 : 46.2
2009 : 44

Globalement, à part en 2001 (et, dans une moindre mesure, en 2003), le pourcentage de jeunes en formation (donc ni au travail, ni au chômage) progresse jusqu’en 2007. Puis chute ! En 2009, nous voici revenus au taux de 2003…

Le tableau D2.1 p. 431 nous révèle que le nombre moyen d’élèves par classe en 2009 est supérieur d’un peu plus de 1 en France à la moyenne de l’OCDE, et de plus de 2 à la moyenne de l’Union européenne…

Nous arrivons avant-derniers quant à l’influence du milieu socio-économique sur les résultats aux tests OCDE de compréhension de l’écrit :

Cliquez sur le graphique pour l'agrandir.

Quant aux salaires des enseignants… voyez plutôt :

Cliquez sur le graphique pour l'agrandir.

Pour le salaire statutaire dans l’enseignement public, nous arrivons glorieusement en 22ème position sur 34…

Le salaire des enseignants a augmenté, en valeur réelle, dans la plupart des pays dont les données sont disponibles entre 1995 et 2009. La France et la Suisse font figure d’exception : le salaire des enseignants y a diminué en valeur réelle durant cette période.

La plupart des pays ont assisté à une régression du salaire des enseignants en pourcentage du PIB par habitant entre 2000 et 2009. C’est en Australie, en Corée, en France, au Japon et en Suisse que le salaire des enseignants en pourcentage du PIB par habitant a le plus diminué. Il est toutefois resté nettement supérieur à la moyenne de l’OCDE dans tous ces pays, sauf en Australie et en France.

Et le roi s’indigne qu’on le voie nu ???

Revenons à nos moutons… euh… à nos profs dépouillés…

Ne vous contentez pas de regarder le calendrier ! Allez lire leur manifeste :

Manifeste contre le dépouillement de l’école

Je n’en ferai pas de citations… car il faudrait tout citer ! Il n’est pas très long, et vaut largement la peine d’être lu… voire signé (plus de 12 000 signatures à ce jour). Au moins, contrairement à un certain site dont je parlais récemment, il indique qui constitue ce collectif !

Notre « roi nu » n’a pas aimé, allez donc savoir pourquoi !

Le ministre choqué par les profs qui posent nus pour dénoncer le « dépouillement de l’école »

Luc Chatel s’est dit « choqué » par ces pratiques dans une interview dimanche à France 3. « Ca me choque parce que le rôle d’un professeur (…) c’est de valoriser son institution » et « j’ai une trop haute estime du professeur, de l’image du professeur, de ce qu’il représente dans notre pays et dans la République, pour accepter un tel dénigrement » a ajouté M. Chatel ». « On a le droit de critiquer ma politique, je l’accepte, on a le droit d’être militant syndical (…), par contre je suis choqué que l’on puisse porter atteinte à l’image même du professeur », a poursuivi le ministre qui a indiqué qu' »il n’y aura pas de sanction ».

Vous pourrez lire le communiqué de presse répondant au roi :

Les Dépouillés répondent au ministre de l’Éducation nationale, invité du 12/13 sur France 3 du 18 septembre

Réponse qui commence ainsi :

Monsieur le ministre,

Qui dévalorise l’institution scolaire ?
15 professeurs dénudés symboliquement ou un gouvernement qui envoie les nouveaux enseignants non formés, donc « tout nus » devant les élèves ?

Enfin, la page Revue de presse vous renverra vers quelques articles écrits à leur sujet…

Bonne visite !

Petit problème d’arithmétique…

dimanche, juin 5th, 2011

Tiens, aujourd’hui, je vous propose un petit problème (n’étant pas très forte en math, je préfère avoir votre avis sur la question) :

Soit 14 300 personnes qui mangent au Mac Do. 13 000 ont pris des frites (dont 6 % avec du ketchup), 1 300 des pâtes dont 11 % avec du ketchup).
Peut-on en déduire que :

– 2/3 (environ) de ceux qui ont pris du ketchup mangent des pâtes ?

– 2/3 (environ) des mangeurs de pâtes prennent du ketchup ?

* * *

Un élève, Claude G., a répondu oui aux deux questions : qu’en pensez-vous ? Quelle note lui auriez-vous attribuée ?

* * *

Qu’est-ce qui me prend d’aller faire un problème de math ? C’est encore à cause de Lucien !

Il me renvoie à plusieurs articles de Libé :

Immigrés : Guéant en échec scolaire

On n’arrête plus Claude Guéant. Après avoir dénoncé le «problème» de l’accroissement des musulmans en France, après avoir annoncé la limitation de l’immigration de travail, le ministre de l’Intérieur diagnostique désormais le fiasco de l’intégration à la française. Sur Europe 1, Guéant déclarait ainsi dimanche : «Contrairement à ce qu’on dit, l’intégration ne va pas si bien que ça : le quart des étrangers qui ne sont pas d’origine européenne sont au chômage, les deux tiers des échecs scolaires, c’est l’échec d’enfants d’immigrés.»

Eh oui ! Notre petit élève qui mélange un peu les chiffres, c’est notre Ministre de l’Intérieur !


Guéant s’enfonce à pas de géant

Le dimanche, Guéant déclare que deux tiers de l’échec scolaire en France est imputable aux immigrés. Le mercredi, il affirme que les deux tiers des enfants d’immigrés sont en échec scolaire. A part le fait de suggérer que les enfants d’immigrés réussissent mal à l’école, il n’y a aucun rapport entre les deux affirmations.

Et il explique sa démarche « mathématique », notre « cancre » :

«L’étude de l’Insee […] précise que les enfants de familles immigrées sortent presque deux fois plus souvent du système éducatif sans qualifications que les autres. […] Cette conclusion vient forcément soit de chiffres exhaustifs, soit d’un échantillon qui se divise en trois tiers. Par conséquent, j’ai correctement cité l’étude en déclarant que les 2/3 des enfants qui sortent de l’école sans qualification sont des enfants de familles immigrées.»

J’ai parcouru rapidement (trop rapidement sans doute) l’étude de l’INSEE de 2005 sans trouver les chiffres indiqués. Je me suis donc reportée au Rapport au Premier ministre pour l’année 2010 : Les défis de l’intégration à l’école

… qui cite bien les chiffres indiqués (« Les enfants de famille immigrée sortent aussi presque deux fois plus souvent du
système éducatif sans qualification (11% contre 6% pour les non immigrés) ».) et précise dans l’introduction :

« En 2005, la proportion de jeunes de 0 à 18 ans d’origine immigrée (au moins un parent immigré) est de 18,1% »

Et plus loin :

« Deux tiers des élèves immigrés ou issus de l’immigration vivent dans des familles aux actifs ouvriers et employés contre un peu plus de la moitié pour les non-immigrés:6 (66% contre 53%). »

Car le rapport, bien loin de jeter le discrédit sur l’intégration des enfants immigrés (ou d’immigrés), pointe plutôt les problèmes sociaux que ce constat d’échec dénonce :

Les conditions socio-démographiques du milieu dans lequel vivent les enfants d’immigrés influent sur leur scolarité et leurs parcours scolaires. Rappelons ici que plus des deux tiers appartiennent à une famille ouvrière et employée contre moins d’un tiers pour les non immigrés. Les parents sont moins souvent diplômés : plus de 58% ont un père non diplômé et 62% une mère non diplômée, contre 12% et 14% des non immigrés.
Près des deux tiers des élèves immigrés (63%) vivent dans une famille d’au moins quatre enfants, contre moins d’un sur cinq chez les non immigrés.
Notons enfin que ces élèves sont plus souvent scolarisés en zone d’éducation prioritaire : près d’un sur trois (31%), contre moins d’un sur dix (8,5%) quand les parents ne sont pas immigrés.

[…]

La moindre réussite des enfants d’immigrés à l’école serait donc due pour une très large part au milieu socio-économique, familial, culturel et territorial dans lequel ils vivent. Et si l’on compare les résultats scolaires des enfants d’immigrés à sexe, structure, taille de la famille, diplôme, activité et catégorie socioprofessionnelle des parents comparables avec les élèves non immigrés, leur moindre réussite scolaire s’atténue fortement. Les risques de redoublement à l’école primaire, comme les écarts de performance aux épreuves d’évaluation sont plus ténus. Dans l’enseignement secondaire, à situation sociale, familiale et scolaire comparables, les enfants d’immigrés atteignent plus fréquemment une seconde générale et technologique, obtiennent plus souvent le bac général et technologique sans avoir redoublé et sortent moins souvent sans qualifications que les enfants de personnes non immigrées. Ce constat reflète, toutes choses égales par ailleurs, reflèterait des demandes et des perspectives familiales plus ambitieuses en termes d’orientation.

Nous voilà bien loin de la lecture (hâtive ? mal intentionnée ?) du ministre… qui aurait bien besoin d’un peu de soutien scolaire !

De l’école…

mercredi, mars 30th, 2011

Encore l’école ! Ben oui… Quelques réflexions au sujet du dossier du Nouvel Obs dont je vous avais parlé… Ce dossier est indiqué comme en collaboration avec France Info.

Une chose qui m’a bien défrisée (j’en ai encore les cheveux presque raides !), c’est le titre de couverture : « Echec scolaire : les solutions »… Pour un peu, j’aurais zappé la lecture du dossier, tant ce titre racoleur m’a énervée ! Si encore on avait écrit, plus modestement, « DES solutions » ! Mais non, « LES solutions », les seules, les vraies, la vérité vraie dans un magazine d’information, pas spécialement axé sur l’enseignement ! Heureusement (!), le dossier lui-même est titré différemment : « L’école autrement »…

Allons-y donc pour « L’école autrement »…

Le « constat » de départ est évidemment fait à partir des données de l’OCDE, entre autres des résultats de l’enquête PISA… « Notre école républicaine écrase les plus faibles », écrit le journaliste… oubliant sans doute que les « plus faibles » viennent de milieux « défavorisés », comme on dit (« pauvres », ça ferait pas bien dans le paysage de notre France républicaine…), et que ces « milieux » sont de plus en plus nombreux… et de plus en plus « défavorisés » !

Je ne sais pas si le journaliste (en fait, elles sont deux…) s’est donné la peine d’aller faire un tour dans quelques classes, mais il fait comme si :

« Le prof est sur son estrade, les élèves invités à recueillir la bonne parole et à se taire, beaucoup de travaux écrits, des notes sur 20 avec des commentaires toujours aussi stériles : « pas assez de travail », « confus », « peut mieux faire »… »

Ben… Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, cette description ne correspond que de loin à la réalité d’aujourd’hui ! Le « cours magistral » se pratique peut-être (et encore !) au lycée, mais rarement avant ! Le silence dans la classe est généralement ressenti comme un échec par le prof : si la classe ne participe pas (questions, réponses, commentaires…), c’est que le prof n’a pas réussi à intéresser les élèves, ou que le niveau de son « cours » n’est pas adapté !

OK pour les notes sur 20… encore que d’autres systèmes existent… Une tentative avait été faite, il y a peut-être 30 ou 40 ans, de noter (comme certains le faisaient déjà) en « A, B, C, D, E » : si le ministère avait pris la peine, pour valider cette réforme, de former les enseignants à ce système de notation, cela aurait peut-être marché… Mais bon, la formation, hein, c’est pas très utile… à chacun de se débrouiller… Si ça ne marche pas, de toutes façons, c’est la faute des profs !

« Beaucoup de travaux écrits » : ben oui, tiens ! On ne peut pas à la fois se plaindre que les élèves ne savent ni lire ni écrire, et en même temps, demander à ce que les travaux soient essentiellement oraux ! Surtout que, vu le nombre d’élèves dans les classes (on y revient toujours !), vouloir évaluer systématiquement un travail à dominante orale, c’est quasiment abandonner l’enseignement proprement dit ! Parlez-en aux profs de langues, qui essaient de faire parler, au maximum, les élèves ! Si, en une heure de cours, ils ont obtenu une minute d’oral de chacun, c’est bien le maximum ! Les élèves ne sont pas des magnétophones : ils hésitent, ils se trompent… Les profs ne sont pas des robots : s’ils veulent évaluer le travail, de quelque façon que ce soit, ils ont besoin d’un minimum de réflexion…

« Cette professeur d’une école primaire à Helsinki [il n’y a pas que les auteurs de polars scandinaves, qui ont le vent en poupe ! C’est le modèle à la mode, la Scandinavie !] fait remplir des cartes muettes de la Finlande à ses élèves. Et que fera-t-elle si certains n’y arrivent pas ? « Je trouverai une autre manière de leur expliquer », s’exclame-t-elle. »

Cela vous semble évident ? A moi aussi… Mais il faut croire que nous n’avons, vous et moi, aucune idée de ce qui se passe dans les écoles françaises :

« Chez nous, lorsqu’un élève ne sait pas, c’est qu’il a mal appris et non qu’on lui a mal enseigné. C’est lui le fautif. Et s’il se trompe, il est sanctionné. »

Ben voyons ! C’est bien connu, aucun enseignant français ne prend la peine de réexpliquer autrement quelque chose à un enfant qui n’a pas compris ! Hé ! On parle de la Fac, là, ou quoi ???

Et, par-dessus le marché, « ballotté par les réformes, mis en cause par les élèves, contraint, coincé, soutenu par son syndicat, [le prof] s’accroche à son statut comme à son dernier repère. Quitte à ralentir les meilleures réformes… »

(Ici, un renvoi à un autre article… qui ne traite absolument pas de réformes, mais d’expériences pédagogiques, individuelles ou collectives… pas vu le rapport avec ces vilains profs qui ralentissent les bonnes réformes !)

Bon, quand même, y a pas que les profs qui ont tout faux, mais les ministres aussi : « assouplissement » de la carte scolaire, semaine de 4 jours, impasse sur le primaire, « formation » des profs… (je cite : « Tous les jeunes professeurs réclamaient une meilleure préparation au métier – de la psychologie, de la gestion de groupe, de l’acquisition de « bonnes pratiques » -, et la réforme ne propose rien de tout cela. »… Quelle « réforme » ? Depuis quand « réforme » est-il synonyme de « suppression » ???)

Suite (peut-être…) au prochain numéro…