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Enseignants privilégiés…

samedi, février 12th, 2011

Hier, j’ai lu avec intérêt le billet de Lucien sur la grève du 10… Et suis tombée en arrêt devant le commentaire d’un certain Axel qui rend les enseignants responsables de tous les maux du monde : non seulement ils prennent les enfants en otages, mais en plus, à en croire son virulent « témoignage », nombreux sont ceux qui « font cours » complètement bourrés… Ce ne sont que de petits fonctionnaires attachés à leurs privilèges (ils travaillent 16 heures par semaine, ont plein de vacances et sont royalement payés – sans compter les ponts d’or qu’ils se font, au noir, avec des cours particuliers), qui refusent d’être notés et sont massivement syndiqués. Ils refusent même les policiers dans les écoles et les détecteurs d’armes ! C’est dire à quel point c’est une engeance horrible !

Je ne reparlerai pas de la « prise d’otages », je me suis déjà exprimée à ce sujet.
De nombreux profs alcooliques ? Je n’en ai jamais rencontré en tant qu’élève, et en ai croisé deux en 40 ans de carrière (dont une qui ne buvait que le soir, après les cours…)… Que les profs ne soient pas plus parfaits que les autres… ben oui, ce ne sont pas des anges descendus du ciel pour faire cours…
16 heures de travail par semaine ? Axel est mal renseigné : c’est 18 heures pour les certifiés, 15 pour les agrégés… Et, évidemment, ces heures se font comme ça, au débotté, sans préparations ni corrections. Il mentionne d’ailleurs que les mêmes cours sont répétés, année après année… Même les profs très paresseux (il y en a, je sais…) sont bien obligés de tenir compte des réformes… au moins une par ministre !
Les vacances et le salaire : j’en ai déjà parlé, et expliqué que le salaire tenait compte effectivement de ces vacances (les « grandes vacances » ne sont pas payées, en fait). Les changements dans la durée du travail des salariés n’ont d’ailleurs rien changé au calcul de notre salaire, fait au début des années 50 si je me souviens bien. Pas plus que l’allongement de l’année scolaire (le calcul a été fait sur 3 mois de vacances… on en est à 1 et demi, pour la plupart des profs).
Les cours particuliers ? A ma connaissance, ils sont massivement donnés par des étudiants, plutôt que par des profs… Quant aux « ponts d’or »… Axel n’a jamais dû appeler un plombier qui lui facture (au noir) 60 € pour une intervention d’une demi-heure… Je n’ai jamais connu de prof qui pratique ce genre de tarif… On fait haro sur les plombiers ?
Au risque de décevoir ledit Axel, il faut savoir que les profs sont notés. Tous les ans. Par l’inspection et par le chef d’établissement : 2 notes qui comptent pour l’avancement. Qu’il y ait à redire sur cette notation, j’en conviens (j’ai été suffisamment « mal notée » pour être d’accord !).
Quant aux syndicats… ils voudraient bien représenter massivement les profs… mais, comme les syndicats des autres professions, le nombre des syndiqués est en chute libre depuis pas mal d’années… J’ai déjà dû mentionner cette réflexion d’un jeune prof : « Tu es syndiquée ? Mais… puisque tu ne demandes pas ta mutation !… »
Pour les policiers… je pense honnêtement qu’un encadrement plus nombreux résoudrait pas mal de problèmes, plutôt que de criminaliser l’école ! Détecteurs d’armes… et pourquoi pas des miradors ???

Bon, maintenant que je me suis épanchée suite à ce commentaire qui m’a hérissé le poil (mais allez le lire, ça en vaut la peine : je n’ai que résumé quelques grandes lignes…), revenons aux choses sérieuses…

Comme vous le savez, la grève d’avant-hier n’avait pas pour objet de défendre quelques « privilèges », ni de demander une augmentation de salaire… Mais de combattre l’idée qu’avec moins d’enseignants on peut « faire mieux »…

Certes, gonfler les classes va demander beaucoup plus de travail aux enseignants, et un travail plus « global », moins individualisé, donc moins intéressant. Mais… ce sont tout de même les enfants les… « otages » de cette réforme ! Ce sont tout de même eux dont on s’occupera moins, qu’on suivra moins attentivement, qu’on ne parviendra pas à « remettre sur les rails » à temps !

Voir l’article de Libération :

Des économies loin d’être indolores

A Suresnes, Paris ou la Réunion, enseignants et élèves sont face aux restrictions budgétaires.

A titre d’exemple, voici ce qui va se passer dans l’académie de Versailles :

Un budget catastrophique (- 493 emplois, + 1159 élèves dans une académie déjà sous dotée et marquée par une aggravation des inégalités)
[…]
Ce sont 11 BTS qui sont fermés dans l’académie pour à à peine 3,5 ouvertures de sections dont 2,5 sous statut d’apprentissage.
[…]
Dans la voie professionnelle, 10% des capacités d’accueil en CAP ont disparu, des CAP ont été fermés comme des divisions de bac pro alors que 7000 élèves n’ont pas eu satisfaction sur leur 1er voeu pour les affectations en voie professionnelle !
[…]
le Recteur […] a décidé dans la plus grande opacité et de manière autoritaire de diminuer de moitié le nombre d’établissements qui, selon lui, doivent recevoir des moyens supplémentaires. Il exclut d’emblée tous les lycées de la liste. Et cela dans un contexte marqué par le renforcement de la pauvreté, l’accroissement des inégalités socio-économiques et dans une académie connue pour sa très forte polarisation sociale, la vivacité des contrastes entre zones de relégation et zones de prospérité, la disparité des résultats scolaires.

Après avoir augmenté les heures supplémentaires, laminé les moyens de remplacement et détruit la formation professionnelle des jeunes enseignants pour récupérer des emplois de stagiaires, le Recteur va faire porter les suppressions d’emplois décidées par le Ministère dans les établissements ;
– En augmentant le nombre d’élèves par classe, en supprimant les dédoublements
– En appliquant partout les horaires planchers
– En réduisant les options

Et, dans la même académie, la « réforme » de la section « Sciences et Technologies Industrielles » (STI)

Le démembrement de la filière STI sous couvert d’une réforme censée la rendre attractive

Alors que la réforme des STI porte atteinte au fondement même de la voie technologique qui a besoin d’être rénovée mais en respectant ce qui en a fait un important vecteur de la démocratisation du lycée ( diversification des méthodes d’enseignement et de ses contenus, débouchés et poursuite d’études…), le Ministère et le Rectorat veulent afficher qu’ils en ont restauré l’attractivité en présentant une capacité d’accueil supérieure de 20 % à celle de l’année précédente.

Ils misent sur une baisse du taux de redoublement des élèves en seconde pour remplir ses capacités d’accueil en faisant l »impasse sur les conditions nécessaires pour faire réussir ses élèves. Non seulement l’enseignement technologique s’aligne sur l’enseignement général avec la disparition des travaux en ateliers et de formations pointues que pouvaient exiger les entreprises mais les divisions passent toutes à 30 élèves, les divisions de 24 élèves et les demi divisions étant supprimées.

D’autre part, autre conséquence des suppressions d’emplois, le Rectorat, sauf pour quelques établissements, ne respecte pas les directives ministérielles qui demandent au moins l’implantation de trois spécialités par établissement. La norme académique est de deux.

En conclusion, je vous suggère la lecture d’un autre article de Libération, que Lucien m’a fait découvrir :
«L’éducation, un investissement qui a de super rendements»

C’est une interview d’ « Eric Maurin, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) », qui « revient sur la politique de réduction de postes dans l’Education nationale. »

– Cela vaut donc la peine d’investir dans l’éducation ?

– C’est un investissement qui a de super rendements pour la collectivité. Des emplois mieux rémunérés génèrent plus d’impôts, moins de chômage, et donc moins de dépenses sociales. Chaque fois que l’on a fait l’effort d’augmenter d’un an la formation d’une classe d’âge, on génère un surcroît de ressources pour la société qui va bien au-delà de ce que coûte l’investissement initial. Ne pas investir, c’est renoncer à ce bénéfice.

Mais où va-t-on ???

samedi, février 5th, 2011

Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais notre Gouvernement Bien-Aimé a besoin de faire des économies…

Il a sans doute essayé de tendre la main à ses amis richissimes (voir le billet sur les niches fiscales…), mais ceux-ci se seront montrés intraitables…

Donc : économies !

Et pour faire des économies, vous le savez comme moi, il faut réduire les dépenses ! On peut, par exemple, privatiser quelques petites choses qui relevaient du Service Public… Et pour les choses qui ne peuvent pas tout de suite être privatisées sous peine de risque de révolution (ben quoi… on peut rêver, non ?)… on peut tout bonnement envoyer quelques dizaines de milliers de personnes planter leurs choux, au lieu de coûter des sous à l’État. L’Éducation (dite encore Nationale) et la Police (encore Nationale elle aussi) relèvent de ce dernier cas…

Je ne reviendrai pas (enfin, pas aujourd’hui !) sur les suppressions de postes dans l’Éducation… Ce sont celles de la Police qui m’intéressent aujourd’hui…

Car voilà que j’apprends dans le Nouvel Obs que des CRS risquent d’aller planter leurs choux… Et ce n’est pas ça qui m’épate le plus : c’est qu’ils ont fait « grève de la faim » ou qu’ils se sont fait porter pâles… Même la compagnie 35 de Troyes, « chargée d’assurer le service d’ordre de la visite du président Sarkozy dans le Cher » s’est retrouvée amputée d’une quarantaine de « malades » ! Même « la CRS 39 de Nancy s’est mise « majoritairement en arrêt maladie » dimanche. Elle devait assurer la sécurité du déplacement du Premier ministre François Fillon sur le site de la Ligne à Grande Vitesse Rhin-Rhône »

Mais où va-t-on ? je vous le demande, si les CRS n’assurent plus la sécurité de nos Bien-Aimés Gouvernants !

J’ai lu ça et là, sur Internet, des commentaires à ce prodigieux événement : « on s’en tape », « ils n’ont pas le droit ! », « ils doivent assurer leur service ! », « les médecins qui signent des congés comme ça devraient être interdits ! » et autres du même tonneau, ou de tonneaux voisins…

Loin de moi l’idée de prendre la (courageuse) défense des CRS : certes, je n’ai pas « fait 68 », mais j’étais tout de même en Fac à Paris à l’époque… et ai vu et entendu quelques petites choses assez désagréables…

Mais enfin : si on interdit le droit de grève à un corps de métier, quel qu’il soit, et que ses représentants (hiérarchiques ou syndicaux) ne peuvent se faire entendre, quelles solutions leur reste-t-il pour faire respecter leurs droits ?

* * *

Ce petit tour sur Internet m’apprend que, consolation, si on supprime des CRS, on crée des « policiers volontaires »… Comme c’est intéressant ! Moi qui cherchais justement un petit boulot d’appoint pour compléter ma retraite…

Quelques articles sur la question :

Et Loppsi 2 inventa le policier à la petite semaine

Examinée hier en commission paritaire, la loi prévoit la création d’un statut de réservistes volontaires, formés sur le tas et qui pourront être armés ou dresser des PV…

Le nouveau « Mac Job » ? : Policier !

Et si demain tout le monde (ou presque) pouvait devenir policier ?

Curieuse comme je suis… je suis évidemment allée voir cette loi de plus près (article 37 4 – non, pas 37.2 le matin !)…

Ces citoyens-volontaires-policiers-occasionnels constituent donc la « réserve civile de la police nationale », avec les retraités (volontaires !) de la police.

« Art. 4-2. – Peuvent être admis dans la réserve civile de la police nationale, en qualité de volontaire, les candidats qui satisfont aux conditions suivantes :

« – être de nationalité française ; [encore heureux !]

« – être âgé de dix-huit à soixante-cinq ans ; [bientôt plus de retraités, donc… faut que je me dépêche de me décider !]

« – ne pas avoir été condamné soit à la perte des droits civiques ou à l’interdiction d’exercer un emploi public, soit à une peine criminelle ou correctionnelle inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire ; [ah bon ?]

« – être en règle au regard des obligations du service national ; [en v’là une autre !]

« – posséder l’aptitude physique requise pour exercer une activité dans la réserve, dont les conditions sont prévues par arrêté ministériel. [pas eu le courage d’aller vérifier cet arrêté…]

« Nul ne peut être admis dans la réserve s’il résulte de l’enquête administrative, ayant donné lieu le cas échéant à la consultation des traitements de données à caractère personnel mentionnés aux articles 230-6 et 230-20 du code de procédure pénale, que le comportement ou les agissements du candidat sont contraires à l’honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l’État. [pas vérifié non plus quelles sont ces « bonnes mœurs », par exemple… ni ce qu’on entend par « honneur » ou « probité »…]

« Art. 4-3. – À l’exception de ceux mentionnés au dernier alinéa de l’article 4, les réservistes volontaires peuvent assurer, à l’exclusion de toute mission à l’étranger, des missions de police judiciaire dans les conditions prévues à l’article 21 du code de procédure pénale, des missions de soutien à la demande des fonctionnaires sous l’autorité desquels ils sont placés ou des missions de spécialiste correspondant à leur qualification professionnelle. [en tant que prof, on peut avoir quoi, comme mission ?]

« Art. 4-4. – Les réservistes volontaires souscrivent un contrat d’engagement d’une durée d’un an, renouvelable tacitement dans la limite de cinq ans, qui définit leurs obligations de disponibilité et de formation et qui leur confère la qualité de collaborateur occasionnel du service public. [quelle jolie qualité ! j’en veux !]

« Le contrat d’engagement précise la durée maximale de l’affectation, qui ne peut excéder :

« – pour les retraités des corps actifs de la police nationale, cent cinquante jours par an ou, pour l’accomplissement de missions à l’étranger, deux cent dix jours ;

« – pour les autres réservistes volontaires, quatre-vingt-dix jours par an. [on devrait étendre ce système à d’autres corps de métier… Dans l’Éducation Nationale, par exemple : pensez donc, au lieu de payer des « remplaçants » qui sont parfois – nous dit-on – payés à ne rien faire, on fait appel à des volontaires qui bossent dans le privé et qui quittent leur boulot 90 jours par an au maximum pour remplacer le prof ou l’instit malade… Comme, de toutes façons, les titulaires n’ont plus aucune formation, ça ne changera pas grand chose… Et qu’est-ce qu’on fait comme économies !]

« L’administration peut prononcer la radiation de la réserve civile en cas de manquement aux obligations prévues par le contrat d’engagement. Ce contrat peut également être résilié ou suspendu en cas de manquement, lorsque le réserviste volontaire cesse de remplir une des conditions prévues à la présente section ou en cas de nécessité tenant à l’ordre public. [que diable pourrait être une « nécessité tenant à l’ordre public » qui dénonce des contrats de polciers volontaires ???]

« Art. 4-5. – I. – Les périodes d’emploi et de formation des réservistes de la police nationale sont indemnisées. [merci pour eux !]

« II. – Le réserviste salarié qui effectue une période d’emploi ou de formation au titre de la réserve civile de la police nationale pendant son temps de travail doit obtenir, lorsque leur durée dépasse dix jours ouvrés par année civile, l’accord de son employeur, sous réserve de dispositions plus favorables résultant du contrat de travail, de conventions ou accords collectifs de travail ou de conventions conclues entre le ministre de l’intérieur et l’employeur. [et si l’employeur est pas d’accord, on fait quoi ???]

« Le contrat de travail du réserviste salarié est suspendu pendant les périodes d’emploi et de formation dans la réserve civile de la police nationale. Toutefois, cette période est considérée comme une période de travail effectif pour les avantages légaux et conventionnels en matière d’ancienneté, d’avancement, de congés payés et de droits aux prestations sociales. [la moindre des choses, non ?]

« Lorsqu’un fonctionnaire accomplit, sur son temps de travail, une activité dans la réserve civile de la police nationale, il est placé en position d’accomplissement des activités dans la réserve civile de la police nationale lorsque la durée de sa période de réserve est inférieure ou égale à quarante-cinq jours. [? pas tout compris…]

« La situation des agents publics non titulaires est définie par décret en Conseil d’État. [nous voilà rassurés !]

« Aucun licenciement ou déclassement professionnel, aucune sanction disciplinaire ne peut être prononcé à l’encontre du réserviste de la police nationale en raison des absences résultant des présentes dispositions. [ya des patrons qui vont pas être contents…]

« III. – Pendant la période d’activité dans la réserve civile de la police nationale, le réserviste bénéficie, pour lui et ses ayants droit, des prestations des assurances maladie, maternité, invalidité et décès du régime de sécurité sociale dont il relève en dehors de son service dans la réserve civile de la police nationale, dans les conditions définies à l’article L. 161-8 du code de la sécurité sociale.

« IV. – Les articles 11 et 11 bis A de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires sont applicables aux réservistes pendant les périodes d’emploi ou de formation pour lesquelles ils ont été appelés.

« Le réserviste victime de dommages subis pendant les périodes d’emploi ou de formation dans la réserve et, en cas de décès, ses ayants droit ont droit, à la charge de l’État, à la réparation intégrale du préjudice subi, sauf en cas de dommage imputable à un fait personnel détachable du service. [est-ce que les transports sont « détachables du service » ?]

Bon, ya aussi :

« Section 2

« Du service volontaire citoyen de la police
et de la gendarmerie nationales

Mais… on verra ça (peut-être…) un autre jour…

Vous avez dit « service public » ?

samedi, novembre 13th, 2010

Dossier du Nouvel Obs : SOS services publics…

100 000 postes de fonctionnaires supprimés en 3 ans, « grâce » au remplacement d’un retraité sur deux.

C’est bien, ça coûte moins cher à l’État…

Pour beaucoup de Français, un « fonctionnaire », c’est quelqu’un d’enfermé dans un bureau, qui n’a pas forcément grand chose à faire. Parfois, c’est un de ces employés derrière un guichet qui vous oppose une fin de non-recevoir pour un Xième papier manquant. Et on peste contre ces « incapables », qu’on paie avec nos impôts…

On oublie souvent de penser aux personnels d’enseignement, de santé, de police, qui sont aussi fonctionnaires…

On oublie… que s’il y a moins de personnels aux guichets, cela signifie des attentes plus longues pour les usagers. Moins d’enseignants, ce sont des classes plus nombreuses. Moins de médecins et d’infirmiers, ce sont des délais allongés pour les soins, ou le recours à des cliniques privées. Moins de policiers, c’est l’enfermement de cités « difficiles », devenues lieux de non-droit…

Je ne suis pas économiste, et ne sais absolument pas si, globalement, on peut estimer que les fonctionnaires étaient en « surnombre ». Mais quand je vois que des gens de la Cour des Comptes estiment que l’économie réalisée, au lieu d’un milliard d’euros, est de 800 millions ; que sur ces 800 millions, 60% sont réservés à la revalorisation des traitements, et 200 millions au paiement d’heures supplémentaires (ben oui, on ne supprime pas les usagers dans les mêmes proportions !)… je me dis que le service public paie très cher de bien petites « économies »…

Quelques exemples tirés du dossier :
« La suppression d’un centre territorial sur deux de Météo-France est en partie à l’origine des dégâts monstrueux occasionnés par les pluies diluviennes dans le Var, les 14 et 15 juin » (responsable FO).

« Beaubourg doit fermer par roulement des salles d’exposition du quatrième étage. (Diminution des subventions de 5% et suppression de 18 postes). »

La tarification à l’activité dans les hôpitaux « pousse surtout à privilégier les opérations plus rentables que les soins qui rapporteront moins. »

Dans l’Éducation (dite Nationale ?), « Sur cinq ans, 80 000 emplois ont été supprimés ! Vous imaginez le bruit que ça ferait si c’était dans l’informatique ou la sidérurgie… C’est un véritable plan social. »
« D’autant que l’année de formation en alternance rémunérée vient d’être supprimée… Du coup, certains organismes proposent aux futurs profs angoissés des prépas payantes pendant l’été. »

« Entre 2004 et 2012, les effectifs de la Police nationale auront été allégés, en tout, de plus de 10 000 fonctionnaires. »
« 379 policiers et gendarmes pour 100 000 [l’article dit 1000, mais c’est sans doute une coquille : d’autres sources – dont Le Figaro – indiquent 100 000] habitants, contre 360 en moyenne chez nos voisins » MAIS « 188 agents de sécurité pour 100 000 habitants, contre une moyenne de 237 en Europe. »

Faire plus avec moins, tel est le nouveau refrain dans les services publics, où l’on doit faire preuve de « rentabilité », qu’il s’agisse de soins aux malades, d’arrestations ou d’aide aux élèves… Tout doit être compté, comptabilisé, et rentrer dans les fameuses statistiques… J’ai déjà parlé de tout ça…

On l’aura compris : ces « économies » vont bien profiter… au privé ! De plus en plus, le budget fera la différence entre ceux qui peuvent offrir une école privée à leurs enfants, des soins dans une clinique privée… et les autres !

En attendant de « relancer l’emploi » par des tas d’officines privées tous azimuts, ces « économies » vont d’abord augmenter le nombre de chômeurs…

Le « service public » disparaît au profit… du profit ! Logique, hélas !

13 : le nombre magique (suite et fin)

jeudi, juin 10th, 2010

Dernières fiches magiques, qui vont permettre de faire de sérieuses économies dans l’Éducation « Nationale »…

10- Lycée d’enseignement général et technologique
Rationalisation de l’offre scolaire

Il s’agit pour l’académie de rechercher les gains potentiels liés aux conditions de mise en œuvre de la réforme du lycée, notamment à la rentrée 2011 qui sera déterminante pour le dimensionnement de l’offre scolaire par la suite.

La réforme du lycée général et technologique offre des possibilités significatives d’optimisation aux établissements :

– une dotation horaire globalisée pour la mise en place de groupes à effectifs réduits,
– la possibilité de  » mise en réseau  » des établissements pour assurer certains enseignements de manière optimale,
– la mise en place d’un  » tronc commun  » en première permettant la constitution de classes réunissant des élèves des différentes séries,
– l’organisation de l’enseignement des langues vivantes par groupes de compétence.

La rationalisation de la carte des langues rares et la mise en place de conventions entre établissements pour la mise en place des enseignements d’exploration devront être recherchées. L’utilisation de la dotation globalisée laissée à la disposition de l’établissement doit être la plus efficace possible dans le cadre du dialogue avec les établissements.

(Vous voyez que les profs n’ont pas forcément tort quand ils se méfient d’une nouvelle réforme… Il est clairement dit ici que cette réforme doit permettre de supprimer des postes… contrairement aux discours officiels « rassurants »…)

En 2009/2010 le nombre moyen d’heures constaté pour la classe de seconde au niveau national (métropole + DOM) est de 41,3.

(Non, non, ce ne sont pas les heures de cours suivies par les élèves, rassurez-vous ! Mais celles affectées à la classe, et comportant des heures à effectif réduit…)

A la rentrée 2010, l' » horaire total élève  » est de 28h30 auquel s’ajoute une enveloppe horaire pour les enseignements en groupes à effectif réduit sur la base de 10h30 par division.

Cet élément de coût rapporté à la division doit naturellement être nuancé par la taille des divisions : ainsi, en fonction du public qu’il accueille, un établissement pourra faire le choix soit de remplir ses divisions, de limiter les petits groupes et d’avoir une offre scolaire importante, soit d’avoir des divisions plus réduites, de favoriser les petits groupes et d’avoir une offre plus resserrée.

(Ça a toujours été le problème, y compris en collège : si on veut créer une nouvelle option – une langue vivante par exemple -, il faut « bourrer » les classes… D’où la suppression inéluctable, depuis pas mal d’années, d’options qui « coûtent cher » en moyens… pour tenter d’alléger un peu les classes…)

Pour la classe de seconde, il s’agit de faire différentes simulations en chiffrant le gain que pourrait dégager une dotation forfaitaire moyenne de 39h par division, 39,5h, 40h.

Par ailleurs, un examen de la carte des options et des enseignements en petits groupes doit être conduit pour l’ensemble du second cycle général de manière à maximiser leur efficacité et chiffrer les gains potentiels.

Pour les classes de première et de terminale générales, il convient d’évaluer les possibilités offertes par le « tronc commun ».

(Donc : « tronc commun » = possibilité de regrouper des élèves de différentes classes… Le « seuil » d’ouverture de classe étant, dans notre académie, à 30 élèves… on peut envisager sans problèmes – y compris de locaux ! – des cours à 40 élèves… Vous avez dit « suivi individualisé » ???)

11- Lycée Professionnel :
Rationalisation de la carte des formations

Les nouvelles grilles horaires présentent des marges d’organisation et d’adaptation locales importantes.

Les spécialités sont regroupées en  » champs professionnels  » devant permettre d’optimiser l’organisation de la formation. Le regroupement des divisions à effectifs réduits sera recherché ainsi qu’une augmentation de la taille des divisions.

(Voilà qui est très clair : toutes les classes doivent être nombreuses ! Quitte, pour les élèves voulant une formation dans un métier moins couru, à faire quelques dizaines de kilomètres pour rejoindre le lycée où elle se fera…)

L’objectif est de rationnaliser la carte des formations et de spécialiser les établissements afin d’optimiser la taille des structures.

La mise en œuvre de la rénovation de la voie professionnelle a conduit la plupart des académies à développer leur offre de CAP afin de permettre aux élèves souhaitant une insertion professionnelle rapide de s’orienter vers ce diplôme de niveau V. Cette stratégie initiale doit être questionnée au regard de l’orientation des élèves et du remplissage de ces structures.

(Ouais… on s’en fiche, de ceux qui visent un CAP ! Z’ont qu’à aller dans le privé, ou en apprentissage !)

12- Itinéraires de découverte : état des lieux

Les itinéraires de découverte sont organisés à raison de deux heures hebdomadaires inscrites à l’emploi du temps de la classe afin de permettre aux élèves de s’investir dans des projets interdisciplinaires et de travailler de façon autonome ou en groupes. Ils portent sur au moins deux disciplines.

Deux heures professeurs sont attribuées aux collèges pour leur organisation.

(Euh… j’ai pas bien compris : 2 heures pour l’ensemble du collège ???)

Dans le cadre de son autonomie, l’établissement peut procéder à des groupements d’élèves de plusieurs classes d’un même niveau.

Il conviendra de décrire les différentes organisations et modalités de financement (en termes de moyens horaires), d’indiquer les évolutions qui pourraient être envisagées en recherchant l’optimisation en terme d’organisation et de coût.

(OP-TI-MI-SER : le mot magique ! Pas optimiser le fonctionnement, l’adéquation de l’enseignement aux élèves, l’ambiance de travail… Non : LE COÛT ! L’Éducation ne rapporte rien, elle doit donc coûter le moins possible ! Revoir l’analyse de 1857 dans l’article Parenthèse)

13- Renforcement de l’efficience des emplois administratifs dans les services déconcentrés et dans les EPLE

(C’est qu’ils ont pensé à tout, pas seulement à diminuer le nombre des enseignants ! Je suis même étonnée qu’ils n’aient pas sérieusement comptabilisé les heures de ménage, cantine et entretien : on pourrait sûrement rogner aussi là-dessus !)

De multiples expérimentations et réformes sont conduites dans les domaines de gestion administrative et financière des rectorats et des inspections académiques (IA). Réorganisation des services, suppressions d’emplois, regroupements immobiliers et mise en place de nouveaux systèmes d’information sont étroitement liés.

(Ben oui, un ordinateur remplace facilement un secrétaire !)

Ainsi, la modernisation de l’organisation et du fonctionnement des services fait l’objet d’une programmation propre à chacune des académies et se décline en un ensemble d’actions qui ont pour effet de :
– réorganiser les services en favorisant la mutualisation au niveau académique, inter-académique, voire interministériel ;
– réduire le nombre d’implantations immobilières conformément aux objectifs de performance fixés par France Domaine (ratio portant sur une norme de 12M² SUN par agent) ;
– opérer des regroupements de structures, variables suivant la configuration géographique et la taille des entités administratives existantes, pour une meilleure articulation des compétences entre échelons départemental et académique et l’amélioration des conditions de travail des agents et de l’accueil du public. Inscrites dans un cadre pluriannuel, les restructurations des services académiques reposent sur deux axes :

¢ la mutualisation des fonctions de gestion sur le rectorat ou la création de plateformes de mutualisation sur une ou plusieurs IA ;
¢ les rapprochements Rectorat / IA chef lieu de région.

Depuis 2006, le nombre d’emplois non enseignants supprimés dans les services centraux et déconcentrés s’élève globalement à 2 900 ETP dont 2 550 ETP pour les académies (cf annexe 1). Les services académiques (rectorats et inspections académiques) ont absorbé plus des 2/3 de ces mesures.

b) départs en retraite et taux de remplacement des départs

Cependant, une forte érosion du nombre de départs en retraite a été constatée en 2009 : le nombre de départs effectifs s’est élevé à 745 contre 877 prévus initialement. Par rapport à 2008, le flux sortant est inférieur d’environ 20%.

(Comme c’est curieux ! On élève l’âge de la retraite, le nombre d’annuités… et les gens ne partent plus en retraite comme prévu ! Ils marchent sur la tête, ou quoi, « là-haut » ? C’est vrai qu’ils n’ont sans doute pas de soucis de ce genre…)

L’année 2009 est donc marquée par un changement de comportement des agents en raison de l’application d’une décote dans le calcul de la pension de retraite par trimestre manquant dans la durée d’assurance : pour les personnels non enseignants, le taux d’érosion entre 2008 et 2009 est estimé à 13% (services centraux, services académiques et EPLE).
En l’absence de recul suffisant sur ce nouveau comportement, la durée moyenne des reports de départs en retraite des agents ne peut être évaluée pour la période 2011-2013.

Dans une famille, en général, quand surgissent des difficultés financières, on essaie aussi de rogner sur beaucoup de choses… A ma connaissance, pourtant, on ne rogne qu’en dernière mesure sur le budget « éducation des enfants »… Mais l’État n’est évidemment pas une famille…

13 : le nombre magique… (suite)

lundi, juin 7th, 2010

Après cette petite parenthèse qui nous a renvoyés plus de 150 ans en arrière, je reprends ces fameuses fiches qui vont permettre d’économiser des tas d’argent au gouvernement (on pourra toujours réutiliser cet argent pour traquer les gamins que l’école, ne pouvant plus s’occuper d’eux, rejette à la rue…).

6- Évolution de la taille des classes au collège

Il s’agit pour l’académie de procéder à une analyse du nombre d’élèves par division ou groupe d’élèves au regard des caractéristiques sociales et structurelles de l’académie, des niveaux et types de formation, et d’estimer les gains en emplois qui peuvent être générés dans le cadre d’une optimisation des effectifs dans les structures.

L’augmentation du nombre d’élèves par division (ou groupes) fait partie des mesures destinées à optimiser l’utilisation des moyens d’enseignement sans dégrader les résultats des élèves. Il n’est pas démontré en effet que la taille des classes ait un effet probant sur la réussite des élèves.

(Oui, on nous avait déjà dit ça pour l’école primaire : pas de raisons pour que les collégiens aient davantage besoin qu’on s’occupe d’eux…)

Au niveau national (France métropolitaine et DOM), le nombre moyen d’élèves par division (E/D) dans le second degré public tous niveaux confondus est passé de 24,1 à 23,9 entre les rentrées 2005 et 2009. Sur cette période il est resté stable en collège (24,0).

Une analyse probablement trop schématique montre que le surcroît de moyens au profit de certaines académies, pourtant significatif, ne permet pas d’atteindre une plus grande performance scolaire et d’égaliser les chances. Il est donc permis de douter de l’efficacité de l’emploi de ces moyens additionnels.

(Diminuer les moyens permettra sans doute davantage « d’atteindre une plus grande performance scolaire »… C’est marrant, j’aurais cru que ces « moyens supplémentaires », justement, permettaient de réduire le déficit de ces académies… Maintenant, évidemment, si on espère que cela permettra à une académie « ouvrière » – pour schématiser – d’atteindre les mêmes résultats qu’une académie « bourgeoise »… il y a nettement erreur sur les attentes !)

La méthode consiste donc à faire évoluer le nombre d’élèves par division puis à procéder au calcul du nombre théorique de divisions correspondant.

Exemple : Au sein d’un établissement, 240 élèves sont en 4ème dans 10 divisions soit un nombre d’élèves par division de 24,0. En augmentant le nombre d’élèves par division de 5 élèves on devrait obtenir : 240 / 29 = 8,3 divisions arrondi à 9 (gain d’une division).

Soit un gain théorique en ETP (sur la base d’un coût théorique d’une division de 29 heures) de 1(division) x 29(heures) /18 = 1,6.

(5 élèves de plus, rien que ça ! Et en moyenne, toujours ! En tenant compte des collèges ruraux qui, faisant baisser la sacro-sainte moyenne… conduiront donc leurs homologues urbains à dépasser largement les 30 élèves par classe !

Ceci dit… en 40 ans, j’en ai vu très peu, des classes à 24 élèves – telles que les prônait la réforme Haby, dans les années 70. Si je faisais la moyenne du nombre d’élèves de toutes mes classes – hormis les classes particulières comme CPPN, classes « techno » et autres -, je pense que je serais plutôt à 26-27 qu’à 24…)

7- Évolution du réseau des établissements

L’optimisation de l’utilisation des moyens de même que la nécessité d’une offre de formation diversifiée doit conduire à une évolution du réseau des établissements de petite taille (suppression, fusion, regroupements…).

(Ce qui signifiera, dans certaines régions, des transports scolaires d’une heure et plus pour rejoindre le collège… Mais qui se soucie des élèves ???)

Outre le coût de ces établissements pour les finances publiques (État et collectivités territoriales), cette situation peut nuire à la qualité de la formation dispensée : isolement des enseignants, multiplication des services partagés, difficulté à monter financièrement des projets pédagogiques, difficulté de faire intervenir des partenaires,…

(Mais… c’est qu’on parle pédagogie, dans ces fiches ! Et même qu’on s’attendrit sur le sort des enseignants ! Bon, d’accord, ça vient après le coût financier, mais bon, on y pense !)

A la rentrée 2009, au niveau national, on compte plus de 7900 établissements. Leur taille moyenne (métropole + DOM) est de 477 élèves en collège, 419 en LP et 950 en lycée.

Les établissements ayant 200 élèves ou moins représentent près de 6% du total des établissements et ceux ayant entre 200 et 300 élèves environ 11%.

(Les collèges à 700, 1000 élèves ou plus reviennent sans doute moins cher… Sauf peut-être en termes d’incidents divers, dégradations, bagarres et autres… Un enfant « anonyme » au milieu de 1000 autres sera sans doute plus tenté qu’un enfant « visible » et reconnu… Mais… au diable la psychologie ! On mettra des policiers référents, ça résoudra les problèmes !)

8- Réduction du volume des décharges dans le 2nd degré

Le terme de  » décharge  » est utilisé pour désigner des activités entraînant des aménagements aux obligations règlementaires de service d’enseignement devant élèves (ORS) des personnels enseignants.

C’est à un recensement des activités qu’elles recouvrent qu’il faut procéder pour se limiter à celles qui seront considérées comme confortant l’acte éducatif. C’est une mesure à  » la main des recteurs  » car il apparait par exemple que la mobilisation d’heures d’un professeur pour coordonner l’activité pédagogique en 6ème peut être utile dans certains collèges et pas dans d’autres.

Pour l’année scolaire 2009-20101, près de 357 000 heures de décharges, soit l’équivalent de 19 827 ETP, ont été accordées à près de 181 000 enseignants, ce qui représente une moyenne de 2 heures hebdomadaires de décharges par enseignant [déchargé]. Les décharges représentent 5,4% des effectifs d’enseignants affectés en établissement, elles sont en baisse de -2,7% cette année.

Les décharges non statutaires représentent 40% de l’ensemble des décharges, soit 2,1% des effectifs d’enseignants en établissement. Les 2/3 des décharges non statutaires relèvent de la responsabilité de l’établissement (soutien scolaire, chorale, coordination disciplinaire…), le 1/3 restant relevant de la responsabilité de l’académie (missions académiques, formation et utilisation des TICE…).

(Ça sert à quoi, le soutien scolaire, hein ? Autant le supprimer ! Et la chorale ? Ça a une utilité quelconque, la chorale ? A part permettre à des enfants d’apprendre à former un groupe, à travailler pour le plaisir, à s’écouter les uns les autres, à découvrir leur propre voix et celle des autres, voire à se produire en public et récolter fièrement des ovations – que certains n’auraient peut-être pas dans les « matières scolaires »… D’ailleurs, on devrait peut-être aussi supprimer les enseignements d’Education Musicale, d’Arts Plastiques et d’Education Physique et Sportive… Ça en ferait, tout ça, des économies !

Je n’ai jamais vu, en collège, de collègues ayant une décharge pour « coordination disciplinaire » – entendez par là les collègues qui se chargent – bénévolement à ma connaissance – de regrouper et dispenser les informations concernant leur matière, de prévoir les épreuves communes, d’organiser le matériel pédagogique commun, etc.. Par contre, je sais que les professeurs ayant certaines matières à expérimentation – sciences par exemple – ont une heure de « labo », dite aussi « de vaisselle » pour préparer et ranger les matériels utilisés en cours. Il me semble me souvenir que ces heures ont été réduites, voire supprimées pour certaines matières…

Ce qui existe aussi… c’est les heures de décharge pour l’informatique : un collègue – généralement de Technologie – se voit attribuer la responsabilité du parc informatique du collège : à lui de veiller à son bon état, à le dépanner, le compléter… Ça coûte nettement moins cher que de faire appel à un technicien… C’est sans doute pour cela que le ministre ne cite pas cet exemple de décharge…)

Le taux de compensation des décharges  » mono-motif  » non statutaires est de 31,8% : 16,9% pour les ARA et 38,9% pour les ARE. Les décharges non statutaires non compensées représentent près de 51 000 heures, soit 2 828 ETP.

9- Optimisation du remplacement dans le 2nd degré

Les remplacements des enseignants absents sont assurés soit en ayant recours aux titulaires de zone de remplacement ou à des agents non titulaires (contractuels ou vacataires), soit en faisant appel, notamment pour les courtes absences, aux enseignants de l’établissement rémunérés en heures supplémentaires.

Un dispositif spécifique, régi par le décret n°2005-1035 du 26 août 2005, a été créé concernant le remplacement des enseignants absents pour une courte durée (inférieure à 15 jours). Il peut être demandé aux enseignants de remplacer ponctuellement leurs collègues absents pour une durée inférieure ou égale à deux semaines, dans la ou les disciplines qu’ils enseignent habituellement, en privilégiant le volontariat et en les rémunérant en heures supplémentaires. Ce dispositif donne lieu à la mise en place de protocoles à l’initiative des chefs d’établissement.

(Il faut avouer que cette loi n’a pas très bien marché… Prendre en charge, en plus de ses classes, une autre classe dont on ne sait ni ce qu’elle étudie ni où elle en est du programme, cela signifie un surcroît de travail énorme, même pour moins de 2 semaines !

Quant aux absences de plus de 15 jours… vu qu’on a supprimé une grande partie des Titulaires de Zone de Remplacement (TZR pour les initiés)… elles sont remplacées de plus en plus tardivement ! Évidemment, l’idée qu’on puisse payer un titulaire qui restera chez lui peut-être un mois dans l’année au total fait mal au portefeuille ! L’appel aux non-titulaires, outre qu’il coûte moins cher, permet de les renvoyer chez eux « gratuitement » ensuite…)

Les remplacements des enseignants absents pour une durée supérieure à deux semaines sont assurés par des titulaires de zone de remplacement ou par des agents non titulaires (contractuels ou vacataires), ces remplacements sont régis par le décret n°99-823 du 17 septembre 1999.

Au cours de l’année scolaire 2009-20101, le besoin de remplacement et de suppléance [des congés de plus de 15 jours] des enseignants affectés en établissement est relativement stable par rapport à l’année scolaire précédente ; il s’établit, en janvier 2010, à 13 720 ETP, soit 3,98% de la population enseignante affectée en établissement (4,01% en janvier 2009).

Pour couvrir ces absences, les académies disposent d’un potentiel total brut de 13 190 ETP, en baisse de près de 17% par rapport à l’année scolaire précédente. Les moyens enseignants affectés de façon permanente au remplacement et à la suppléance se distinguent par deux notions : le potentiel brut et le potentiel net ; ce dernier ne comprenant que les personnels réellement disponibles pour effectuer, dès que nécessaire, un remplacement ou une suppléance. En 2009-2010, le potentiel net représente 9 068 ETP. L’écart entre le potentiel brut et le potentiel net, communément appelé  » pertes de potentiel  » représente 4 122 ETP.

Le taux d’efficacité du remplacement et de la suppléance est stable et s’établit à 96,23% cette année1. Quant au taux de rendement, il est de 83,44%, en hausse de plus de 3 points cette année par rapport à l’année précédente sur la même période. Cette hausse du taux de rendement, annonçant une mobilisation plus importante du potentiel de remplacement et de suppléance, résulte d’une baisse sensible du potentiel pour un besoin stable.

Pour optimiser le remplacement dans le 2nd degré, deux principaux leviers peuvent être actionnés :
– la réduction des pertes de potentiel, écart entre le potentiel brut et le potentiel net,
– l’amélioration du taux de rendement du potentiel net (fortes disparités académiques).

¢ Les pertes de potentiel représentent 4 122 ETP en 2009-2010, soit 31,25% du potentiel brut. Cette proportion varie sensiblement d’une académie à l’autre variant de 22,90% à 61,11%. Ces pertes de potentiel sont de plusieurs natures :

– Les quotités faibles, inférieures à 33% de l’ORS difficilement mobilisables, représentent 1 048 ETP, soit 7,9% du potentiel brut. La part de ces petites quotités varie de 2,8% à 14,6% selon l’académie.

– Les enseignants indisponibles représentent 576 ETP, soit 4,4% du potentiel brut. Près de la moitié des enseignants indisponibles le sont pour assurer des missions académiques (49%), d’autres sont dans l’incapacité provisoire d’enseigner (41%), 3% sont prêtés à des organismes extérieurs…

– Les congés des remplaçants représentent 919 ETP, en baisse de -13,6%. Ils représentent 7% du potentiel brut.

– Les surnombres disciplinaires représentent 1 579 ETP, soit 12% du potentiel brut. Ils sont en forte baisse cette année : -24,9%.

Bon, on parlera du lycée une autre fois…

(Parenthèse)

dimanche, juin 6th, 2010

Envie de vous faire partager une de mes récentes lectures…

Les salles d’asile sont en réalité des établissements de première éducation où les enfants des deux sexes reçoivent, jusqu’à l’âge de sept ans, les soins que réclame leur développement physique et moral.
Dans les autres écoles, l’enfant, pendant de longues heures, est condamné à l’immobilité et contraint de se livrer à un travail qui n’a aucun attrait pour lui ; à la salle d’asile, au contraire, on s’est efforcé de suivre plutôt que de contrarier les impulsions de la nature, et de donner satisfaction aux tendances du jeune âge.
Ainsi l’enfant aime le mouvement, l’action, le bruit : il a besoin de varier sans cesse ses occupations, ses jeux, ses attitudes ; il est imitateur et contrefait volontiers les gestes, les manières des autres enfants ; il est questionneur, et demande à tout propos : Qu’est-ce que cela ? Pourquoi cela ?
Cette mobilité perpétuelle, cette turbulence, cette singerie imitative, cette incessante curiosité, sont évidemment des ressorts providentiels, qui ont pour but d’amener le développement intégral des facultés physiques et intellectuelles de l’enfant. Comprimer ces ressorts, c’est entraver ce développement, au détriment de sa santé et de son esprit.
[…]
A la salle d’asile, les leçons ne durent jamais plus de dix à quinze minutes, après quoi viennent les exercices corporels. […]
Les leçons comprennent les premiers éléments de l’instruction religieuse, de la lecture, de l’écriture, du calcul verbal et du dessin linéaire. Des tableaux représentant des sujets tirés de l’histoire sainte, des animaux, des plantes, donnent lieu à des récits ou à des explications simples sur l’histoire naturelle, l’agriculture, la géographie, etc. Puis viennent les leçons de choses, dans lesquelles la directrice, en montrant aux enfants une image représentant un objet, ou cet objet lui-même, leur adresse une série de questions auxquelles ils répondent tous à la fois. […]

(Je passe sur les descriptions de jeux, chansons, travaux manuels, exercices physiques…)

[…]
Oui, la crèche,la salle d’asile et l’école primaire, partout où elles existent simultanément, améliorent et transforment, au moral comme au physique, les générations naissantes. C’est à l’État, c’est aux administrations locales, c’est aux bons citoyens, c’est aux dames surtout, sans l’inspiration desquelles rien de bien ne se réalise, qu’il appartient de provoquer partout la création de nouvelles crèches et de nouveaux asiles.
Sans doute, il y a la question d’argent qui souvent paralyse la bonne volonté des administrateurs. Mais qu’on y songe. Des institutions qui tendent à prévenir la maladie, le désordre et la misère, préparent pour les travaux de l’agriculture et de l’industrie, aussi bien que pour l’armée, des hommes bien conformés, laborieux et tempérants ; de telles institutions rapportent à l’État et aux communes plus qu’elles ne leur coûtent.

Ne voilà-t-il pas de beaux sujets de réflexion ?

Bien sûr, vous aurez traduit « salles d’asile » par « écoles maternelles ». Comme les crèches, elles ont été créées au départ par des personnes soucieuses de ne pas laisser à l’abandon les enfants des classes laborieuses des villes. Puis progressivement prises en charge par l’État.

Par un décret en date du 16 mai 1855, les salles d’asile de France ont été placées sous la protection de l’Impératrice Eugénie.

Vous aviez bien perçu qu’il s’agissait là d’un texte ancien… C’est un article de L.-A. Bourguin, in La Ruche parisienne (Journal illustré paraissant tous les samedis) n° 38, daté du 11 juillet 1857…

13 : le nombre magique…

jeudi, juin 3rd, 2010

Merci à Axel du lien sur son blog, qui m’a permis de prendre connaissance de l’article de l’Humanité et, ensuite, des 13 Fiches Magiques envoyées aux Rectorats…

Vous êtes sans doute déjà au courant : le ministère de l’Éducation (encore Nationale… pour combien de temps ?) a envoyé ces 13 Fiches aux Rectorats, charge à eux de les remplir pour faire le bilan… des postes qui peuvent être supprimés…

Ben oui… Si les mots d’ordre officiels concernant l’Éducation sont « meilleure formation », « augmentation du taux de réussites », « aide aux élèves en difficulté », LE vrai mot d’ordre est : FAIRE DES ÉCONOMIES. Et cela passe, évidemment, par la suppression des postes d’enseignants… (quitte à inventer des « policiers référents » pour « compenser » – ? – le trop faible nombre d’adultes dans les établissements scolaires…).

C’est le site du Café pédagogique qui a eu vent de ces fiches – évidemment non destinées à la publication ! – ; à croire que certains inspecteurs à qui était dévolu le soin de les remplir… en étaient pour le moins choqués…

J’ai lu les fiches en question… et vous offre un petit condensé afin que vous sachiez de quoi il est question…

1 Augmentation de la taille des classes dans le 1er degré

Hors cas ou situations spécifiques, les études et expériences les plus récentes indiquent que la diminution des effectifs dans les classes n’a pas d’effet avéré sur les résultats des élèves et que les très petites écoles ne s’avèrent plus toujours performantes.

(Vous avez dit « suivi individualisé » ???)

La réduction ou le maintien de la taille des classes doit ainsi être réservée aux secteurs relevant de l’éducation prioritaire et être strictement accompagnée (pédagogie) et encadrée (évaluation).
L’augmentation de la taille des classes peut donc être globalement envisagée sans dégradation des résultats des élèves.

La taille moyenne des classes connaît une certaine stabilité depuis plusieurs années.
En France métropolitaine et dans les départements d’outre-mer, le nombre d’élèves par classe (Préélémentaire+Elémentaire+ASH) est passé de 23,28 en 1999 à 23,46 en 2009. En préélémentaire ce taux est égal à 25,54 et à 22,65 en élémentaire.
En théorie, une augmentation de 1 élève par classe en moyenne devrait se traduire, au niveau national, par une économie de près de 10 000 classes, soit un peu plus de 4% du contingent total. Dans les faits, la hausse du seuil d’une unité ne pourra se traduire que par une remontée beaucoup plus limitée du nombre moyen d’élèves par classe (0,6 ou 0,7).

(En théorie… Parce que, dans les faits, pour arriver à cette « moyenne », on additionne des classes à 10 élèves et des classes à 30… Comme les classes à 10 – communes rurales, isolées… – ne risquent guère d’augmenter le nombre de leurs élèves, ce sont les autres qui devront l’augmenter d’autant… pour que la sacro-sainte « moyenne » soit respectée !)

La fermeture de petites écoles est progressive sur le moyen terme et peut encore progresser, en accord avec les communes concernées. En effet, à la rentrée 2009, on recensait 4 971 écoles à classe unique et 11 538 écoles avaient une ou deux classes, soit 23,56 % des écoles. Le nombre de RPI a augmenté ces dix dernières années : il est passé de 4 636 à 4 879 mais dans certaines académies, des regroupements de ce type devraient être développés.

(Très intéressant… Que les gamins soient contraints de se lever à 6 h pour attraper le car de ramassage, qu’ils ne rentrent chez eux qu’une douzaine d’heures plus tard n’aura évidemment aucune incidence sur leur cursus scolaire ni sur leur santé ! Et puis… les parents seront bien obligés de trouver d’autres solutions pour leurs enfants que l’école maternelle ! Autant d’économies…)

2- Réduction du besoin de remplacement dans le 1er degré

Il s’agit pour l’académie d’explorer une voie qui consiste à organiser tout ou partie des sessions de formation continue en dehors des pics d’absence (automne et printemps) ou mieux, en dehors du temps scolaire (mercredi après-midi et pendant les vacances scolaires).

(Mieux, évidemment ! Justement, les instits ne savent pas quoi faire, le mercredi après-midi et pendant leurs vacances… Et les formateurs non plus…)

Par ailleurs, une piste d’optimisation du coût en emplois du remplacement réside dans le recours à des non titulaires en substitution à des titulaires pour assurer une part du remplacement, les non titulaires présentant une ressource plus flexible dont le rendement est proche de 100 %.

(Pourquoi ne pas remplacer les titulaires par des non titulaires, s’ils ont un tel « rendement » – ? – Autant d’économisé !)

Dans le cadre de la réforme du recrutement, il est judicieux d’offrir à des étudiants la possibilité de se familiariser avec la pratique enseignante, en dehors des stages déjà prévus pour les étudiants en master.

(Ça ne vous dérange pas, qu’on confie vos enfants à un étudiant, pour qu’ils le forment ?)

Les cas de figure suivants doivent être examinés :

– le recours aux non -titulaires sur les besoins de remplacement courts, les titulaires étant mobilisés sur les absences de longue durée ;
– le calibrage du remplacement en titulaire sur le niveau moyen annuel du besoin de remplacement et le « financement » des pics d’absence par le recours aux non-titulaires.

En revanche, il est possible d’envisager l’organisation hors du temps scolaire de la formation continue à destination des enseignants organisée dans le cadre des programmes académiques ou départementaux de formation.

Cette pratique existe déjà à des degrés divers dans les académies ; il s’agit a minima d’en accroître l’importance.

– L’enquête DGESCO  » contrôle de l’utilisation des emplois  » auprès des recteurs et des IA à la rentrée 2009, recense 25 819,25 emplois affectés au remplacement en métropole+DOM, soit 8,32 % des emplois d’enseignants du premier degré du programme 140. La répartition de ces emplois est la suivante :
– stages longs ASH : 761 emplois (0,25 % des emplois) ;
– formation continue : 3 133,5 emplois (1,01 % des emplois) ;
– maladie maternité : 21 924,75 emplois soit 7,06 % des emplois).

S’agissant de la substitution de vacataires pour assurer le remplacement des maîtres pour congés de maladie et maternité, il est demandé d’estimer les hypothèses suivantes :

– recours à des non-titulaires à hauteur de 80 % pour les absences de moins de deux jours, de 50 % de trois à cinq jours, de 25 % entre six et dix jours, les vacataires étant supposés avoir un rendement de 100 % ;
– même simulation si l’on se limite aux congés courts prévisibles ;
– calibrage du potentiel de remplacement sur le nombre moyen annuel d’absences journalières (toutes causes confondues) et financement du surplus par des non titulaires avec deux variantes : financement à 100 % du besoin de remplacement et maintien du taux de remplacement actuel.

3 – Baisse de la scolarisation des enfants âgés de deux ans

(Oui, vous savez, ceux qui font la sieste et dont on change les couches…)

I) Définition de la mesure

Il s’agit pour les académies de mesurer les gains en emplois qui peuvent être générés par une baisse de la scolarisation à deux ans lorsque celle-ci peut être considérée comme le « fruit de l’histoire » et ne correspond pas aux objectifs d’égalité des chances assignés à cette politique.

(Là, j’avoue que j’aurais besoin d’explications sur le « fruit de l’histoire » et les « objectifs d’égalité des chances »…)

Les études disponibles ne démontrent pas que la scolarisation à deux ans constitue un avantage évident dans toutes les situations par rapport à d’autres modes de garde alternatifs.

(Ah ! La maternelle est un « mode de garde » ? Je croyais que c’était un moyen d’éducation…)

Sur la base du constat de la rentrée 2009, l’approche générale consiste à calculer les effectifs des écoles sans tenir compte des enfants de moins de deux ans scolarisés, puis d’appliquer à ces écoles les seuils d’ouverture de classes de l’inspection d’académie concernée.

Lorsque la pratique des seuils d’ouverture a été abandonnée, vous retiendrez les seuils suivants : 27 élèves pour les maternelles relevant de l’éducation prioritaire, 32 élèves pour les autres.

(J’aimerais bien les voir, ces messieurs décideurs, face à 32 bambins de 3 ans, pendant toute une journée !)

Le gain en emplois se calculera en prenant en compte les éléments suivants :
– nombre de fermetures liées à la  » déscolarisation  » des deux ans (toutes écoles, hors éducation prioritaire et en éducation prioritaire) ;
– incidence sur le nombre moyen d’élèves par classe, toutes écoles confondues, hors éducation prioritaire et éducation prioritaire ;
– nombre total de fermetures proposées en tenant compte du nombre d’élèves par classe (toutes écoles, hors éducation prioritaire et en éducation prioritaire).

4- Sédentarisation des enseignants « hors la classe »

(« sédentarisation » : comprenez que les enseignants en question vont être tout simplement réintégrés dans le « bloc commun » et affectés dans une classe.)

Un indicateur LOLF recense la part du potentiel enseignant en responsabilité d’une classe. Il représente 83,07 % des emplois. Cet indicateur correspond à plus de 52 000 emplois.
Cela étant, le nombre des enseignants  » hors la classe  » peut être limité à certaines catégories de personnels :
– les enseignants chargés de la prévention et du traitement des difficultés scolaires (dont RASED) : 12 918,5 emplois ;
– les enseignants qui accueillent les primo-arrivants : 920,75 emplois ;
– les enseignants affectés à la scolarisation des enfants malades ou handicapés, hors classe d’inclusion scolaire et classe d’adaptation : 4 102 emplois ;
– les enseignants affectés à l’enseignement à l’extérieur des écoles : 1 987,5 emplois ;
– les conseillers pédagogiques : 3 618,25 emplois ;
– les personnels en situations diverses (MAD, fonctions exceptionnelles, PACD/PALD, décharges syndicales) : 1 783,5 emplois.

Ces personnels représentent 25 353,5 emplois à la rentrée 2009.

La durée de l’enseignement scolaire dans le premier degré est désormais fixée à vingt-quatre heures hebdomadaires dispensées à tous les élèves auxquelles s’ajoutent deux heures d’aide personnalisée en très petits groupes pour les élèves rencontrant des difficultés dans leurs apprentissages. Cet effort représente l’équivalent de 16 000 postes d’enseignants entièrement dédiés à aider les élèves qui en ont le plus besoin.

Dans ce nouveau contexte, la contribution des enseignants spécialisés des RASED, qui s’ajoute à cet effort, doit évoluer.

(On a déjà commencé à les supprimer, d’ailleurs…)

Plusieurs scénarios doivent être examinés :

– suppression des seuls maîtres G (non-remplacement des départs en retraite et affectation en classe) et poursuite de la politique de sédentarisation des maîtres E dans les écoles où la difficulté scolaire se manifeste le plus (sans économie) ;
– suppression des maîtres G et des maîtres E ; pour ces derniers, il convient d’estimer quel est le besoin de maîtres E maintenus en  » surnuméraires  » dans les écoles, voire dans des structures ad hoc (milieu rural par exemple) ;
– un troisième scénario intègre, en plus du scénario précédent, la mise en extinction des psychologues scolaires.

(maîtres E, chargés de l’aide pédagogique, maîtres G, rééducateurs : gens inutiles s’il en fut !)

S’agissant des autres enseignants n’assurant pas la responsabilité d’une classe, conseillers pédagogiques ou « faisant fonction », personnels assurant des fonctions d’animation, de soutien et de coordination pédagogiques ou des fonctions administratives, postes dits  » exceptionnels « , les  » taux d’encadrement  » sont très variables et ne correspondent pas nécessairement aux caractéristiques territoriales et structurelles. Des marges d’optimisation existent et doivent être mises en œuvre. Il s’agit également de recentrer ces personnels sur la politique éducative, d’éviter la dispersion de leur activité au profit d’activités périphériques et de réexaminer le bien-fondé de certaines situations, qui correspondaient à des besoins ponctuels.

A la rentrée 2009, environ 2 000 emplois de RASED ont été supprimés, ces emplois étant principalement occupés par des professeurs des écoles qui n’étaient pas titulaires d’un diplôme d’enseignement spécialisé. 248 emplois affectés aux besoins éducatifs particuliers ont été supprimés. Au total, 2 200 emplois ont été supprimés, alors qu’une mesure de suppression de 3 000 emplois était inscrite au PLF 2009. Par ailleurs 1 248 emplois de RASED ont été affectés en surnuméraire auprès d’une ou deux écoles concentrant des difficultés sociales importantes.

Les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de cette mesure montrent qu’elle nécessite une affirmation et un accompagnement politiques importants. Il vous est demandé ici un exercice d’évaluation du besoin minimal en maîtres E et des conséquences en termes de libération d’emplois de l’absence de recrutement nouveau de psychologues scolaires et de maîtres G.

S’agissant des conseillers pédagogiques ou  » faisant fonction  » (3 618,25 emplois) au nombre d’environ 3 620), le ratio d’encadrement moyen est de 89 enseignants par conseiller et le ratio le plus élevé de 116 enseignants par conseiller. Il est probable que la  » bonne cible  » nationale est comprise entre les deux. Aussi, vous est-il demandé de procéder à un examen de l’activité des conseillers pédagogiques et de leur productivité.

(Oui… un conseiller pédagogique peut facilement prendre en charge une bonne centaine d’enseignants, voire plus… Il n’a pas grand chose à faire…)

Pour les enseignants assurant d’autres fonctions (animation, coordination, activités au profit d’autres organismes), la pertinence de ces missions doit être réévaluée.

Ce vivier doit être recentré sur les missions prioritaires du système éducatif et constitue une véritable marge.

Au titre de l’action  » besoins éducatifs particuliers  » (RASED, scolarisation des enfants handicapés,…), pour une moyenne nationale de 7,75 %, les taux vont de 6,33 % à 9,50 % en métropole seule. Pour le pilotage et l’encadrement pédagogique, pour une moyenne nationale de 4,48 %, les taux vont de 3,7 % à 5,75 %.

Sur la base des projections de départs de maîtres G et de psychologues scolaires et en supposant un niveau de recrutement nul, une fois les départs en formation déjà actés pris en compte, il est demandé d’en déterminer l’incidence sur les emplois.

(Psychologues scolaires ? Ça sert à quelque chose, ces bêtes-là ?)

S’agissant des maîtres E, vous indiquerez le niveau cible correspondant au volume minimum, qu’il vous paraît souhaitable de maintenir soit en surnuméraire dans les écoles où les élèves rencontres les difficultés scolaires les plus importantes, soit dans des structures ad hoc permettant de garantir un maillage territorial suffisant. Il vous appartient de déterminer le rythme d’atteinte de cette cible en utilisant les marges offertes par les départs en retraite et l’affectation de ces enseignants devant une classe.

5 – Intervenants extérieurs en langue vivante et assistants étrangers dans le premier degré

Il s’agit pour l’académie d’examiner dans quelles conditions des emplois d’intervenants extérieurs en langue vivante et d’assistants étrangers peuvent être supprimés sans nuire à la qualité de la formation dispensée aux élèves.

Depuis plusieurs années, le cursus des professeurs des écoles leur permet d’être habilités à enseigner les langues vivantes à l’école. Ce sera également le cas des professeurs des écoles recrutés à compter de la rentrée 2010.

(Ah ben ! S’ils sont habilités, c’est qu’ils sont capables, pas vrai ?)

Le nombre d’emplois délégués pour la rentrée 2010 est le suivant :
– assistants étrangers : 1 059 emplois
– intervenants extérieurs : 1 475,5 emplois

L’écart entre le nombre d’emplois délégués et la consommation est très important de l’ordre d’un millier d’emplois ; la suppression de ce volume d’emplois devrait donc être sans conséquence sur l’enseignement des langues.

Je vous parlerai un autre jour du collège et du lycée…

Petits bonheurs et Grandes Economies…

mercredi, juillet 1st, 2009

J’ai reçu ce texte aujourd’hui… et je me permets de vous le recopier…
Il tourne sur pas mal de sites déjà, mais quelques vérités simples peuvent se permettre d’être répétées…

Un p’tit bonheur…..
A… l’Education Nationale !

Monsieur Le Président,

Merci de lire ce message,
Un p’tit bonheur sur une page,
Une douceur..pour l’Education Nationale.

Je le confie à la toile,
La grande toile du progrès,
Afin qu’il tisse les voiles…
De la solidarité,
Et qu’il rayonne aux ondes…
De l’humanité.

Je suis Professeur des Ecoles
Dans un petit village de l’Eure,
Trois cents âmes y demeurent,
Et vingt- six élèves à l’école…
Une classe, dite « unique »,
Mais cinq cours, dits multiples…

Dans cette école une chance,
Un p’tit morceau de bonheur,
Qui s’écrit avec ces trois lettres:
Employée de la Vie Scolaire.. .

Pour l’Education Nationale,
Un p’tit bonheur, c’est pas banal,
Un léger baume sur le coeur
De cette Grande Dame
Un peu…bancale !

Notre bonheur, c’est Géraldine,
En silence elle participe
A la guérison d’la Grande Dame…
Elle est..une Valeur Ajoutée
HUMAINE rentabilité,
Et c’est du bonheur …assuré !

Dès le matin, elle s’active,
C’est sur le net qu’elle s’incline
Les courriers, les notes de service,
Toutes les infos de l’inspectrice,
Et celles de l’Académie…

Mes mots notés au brouillon,
Les compte-rendus de réunion,
Tapés, imprimés, photocopiés,
Enveloppés, adressés, timbrés,
Prêts à être distribués…

Encadrés, les derniers dessins des CP,
Affichés, sinon…à quoi bon dessiner?
Un CM vient montrer son texte sur le musée,
Elle l’aide à le recopier, à taper sur le clavier…
Retentit le téléphone, qu’elle décroche sans tarder,
Afin de ne pas gêner, le travail commencé,
Un autre enfant vient finir avec elle l’exercice,
Elle explique et décortique, redonne de l’énergie..

Rangée la bibliothèque,
Notés les livres prêtés,
Elle prépare la maquette,
La une du journal scolaire…

Ah! Notre petit journal
« Magique », ils l’ont appelé
Quel travail de fourmi,
J’y passerai……des nuits ?

Sonne la récréation, une mi-temps pour souffler,
Elle me rejoint, souriante, à la main nos deux cafés,
Quelques chaudes gorgées, entre… deux conflits à régler,
Des solutions à trouver, des mots à reformuler,
Une écorchure à soigner, une blessure à consoler…

Et puis…c’est reparti !

Sur les chemins de la connaissance,
Vaincre ainsi sans cesse l’ignorance,
Avec labeur, effort, sérieux,
S’ouvrir l’esprit, être curieux.

Ne pas oublier l’insouciance,
De tous ces êtres en enfance,
La bonne blague!… On la mettra dans le journal,
Les bons gags, et les rires, c’est vital !

Dans les pots
Les peintures sont bien préparées,
Quatre enfants sur un chevalet,
Deux à l’ordi pour recopier,
Les autres en dessin sur papier,
….Sans elle, jamais…
Ce ne serait si bien géré.

Bientôt la fin de la journée,
Plus l’aide personnalisée,
Restent les cahiers à corriger,
Faire le point pour évoluer,
Et demain..tout continuer…..

Le soir, coup de fil…
C’est Géraldine,
A sa voix, je perçois,
Une blessure qui abîme…

Ecoute, me dit-elle…c’est à pleurer !
Du « Pôle Emploi » j’ai reçu…un imprimé,
Dans quelques semaines, c’est marqué,
Votre contrat est terminé…

Ils me demandent ce que j’ai fait,
Pour trouver un futur emploi..
Sa voix se fêle… J’ai..un emploi!
Ils me demandent ce que j’ai fait,
pour me former, pour m’insérer,
Sa voix se gèle…. puis accélère: « Je…suis formée,
depuis trois ans, j’me sens utile, insérée et c’est varié,
Pas bien payé, mais..j’veux rester ! »
Sa voix s’étrangle… c’est à pleurer…

Ils me demandent mes compétences
C’que j’ai acquis, que vais-je répondre?
Il y a l’espace …d’UNE LIGNE
UNE LIGNE…. mais tu te rends compte !

J’ai honte, honte…il aurait fallu UNE PAGE
Au moins UNE PAGE pour répondre,
J’ai honte, honte..pour notre Grande Dame
Pour ceux qui l’ont créée, l’ont fait évoluer,
Qui a tant appris aux enfants,
Qui a tant encore à leur apprendre..

Et Géraldine ???
On n’ lui dira même pas MERCI
Bien sûr, pas de parachute doré,
Et même pas d’indemnité
Ils lui précisent… Oh!..comme ils disent
D’étudier ses droits…pour..le R.M.I.
Elle a raison…c’est à pleurer..

Alors qu’on demande chaque jour,
A nos élèves de dire « Bonjour »
De dire « Au revoir » et…. « Merci »
De s’ respecter, d’être poli
Comme vous dîtes, Monsieur Sarkozy…

Que vais-je dire, à la p’tite fille,
Qui l’aut’re jour, près de moi ,s’est assise,
Et ,toute fièrement, m’a dit:
Tu sais, Maîtresse,moi, quand j’serai grande,
J’irai au collège, comme mon grand frère,
J’irai au lycée, j’passerai mon bac,
Et je ferai…comme Géraldine! »

Je sursaute.. Mon cœur se serre..C’est à pleurer.

C. Picavet
Professeur des écoles
à l’école des Livres Magiques
Saint-Grégoire du Vièvre (Eure)

En hommage à toutes les Géraldine, Florence, Sabrina, Laurence, Elodie,
à tous les Philippe, Sébastien, et bien d’autres qui ont valorisé mon
travail, et participé à la guérison d’la Grande Dame…
qui est encore bien malade…

Je ne crois pas à la peur, je crois à la force et à la magie des mots,
Et pour garder notre bonheur, il suffirait de quelque Euros…

Quel patron, quelle entreprise, après trois ans de formation,
Jetterait son salarié, pour prendre un autre, recommencer ?
Quel jardinier, quel paysan, brûlerait sa récolte mûre, après avoir
semé, soigné?

Je n’ai pas fumé la moquette
Je veux seulement que l’on arrête,
De prendre les gens pour des pions,
Qu’on arrête de tourner en rond !

Torpillé le « Chagrin d’école »
En mille miettes de BONHEUR !

En l’honneur de tous ces p’tits bonheurs..
INONDONS LE NET

les amis, les décideurs,
les chômeurs, les travailleurs,
directeurs, les inspecteurs,
employés et professeurs,
députés, ministres,
r’m’istes ou artistes,
chanteurs, compositeurs, rapeurs, slameurs,
radios, journaux, télés,

et à tous ceux qui sont…parents…d’un enfant..

enfin à chaque être humain de ce pays
qui j’espère un jour dans sa vie,
a bénéficié d’un peu de bonheur,
de cette Valeur Ajoutée
HUMAINE rentabilité,
dans le giron de la Grande Dame.

P.S: Ironie….. A la rentrée, c’est presque sûr
Notre petite école rurale
Sera dotée d’une Valeur Matérielle Ajoutée,
Des fonds ont été débloqués,
Huit ordinateurs et un tableau interactif
Une « classe numérique »
Nous serons à la pointe du progrès ! Et pour cela, je serai formée !

Mais, qui m’aidera à installer, et à gérer, sans Valeur Humaine Ajoutée !