Archive pour le mot-clef ‘Education Nationale’

De l’art de la dissimulation…

Lundi 19 décembre 2011

Je vous propose aujourd’hui quelques visites sur des sites qui ne manquent pas d’intérêt…

- De la dissimulation dans la politique de l’Éducation Nationale

Lire le billet très documenté de Lucien à ce sujet :

Education Nationale : une année de communication mensongère

Curieusement, alors que le budget de la communication explose (« On se souvient que la Cour des comptes avait durement pointé, en novembre dernier, les dépenses de communication des ministères. Celui de l’Education Nationale notamment, dont le budget com’ a progressé de 41% en cinq ans (passant de 6 844 000 euros en 2006 à 9 647 000 euros en 2010). »), le nombre des communications diminue :

Les informations émanant du ministère et destinées au grand public sont en très forte baisse : au début des années 2000, une soixantaine de « notes d’information » sont publiées chaque année ; depuis 2009, moins de 20. Cette année encore une cinquantaine étaient prévues, entre bilans d’expériences menées sur le terrain et études diverses : bilan sur les internats d’excellence (mis en place il y 4 ans !), bilan sur l’expérimentation du sport l’après-midi les collèges (prévu pour novembre), bilan sur le dispositif d’accompagnement éducatif (avril), étude sur  le niveau de lecture en 6ème, sur la vision du collège par les parents, bilan sur l’évaluation de l’assouplissement de l’affectation dans les collèges et les lycées, etc. Les informations sur ce dernier sujet existent, nous dit un statisticien, mais elles sont accablantes pour la politique menée…

- De la dissimulation dans la politique de l’immigration (de l’ex-migration, devrais-je dire…)

Un article du Nouvel Obs traite du placement des enfants en « centres de rétention » :

IMMIGRATION. Ces enfants que la France enferme

Pour atteindre les quotas d’expulsion, des familles entières sont interpellées. En 2010, derrière les grilles des centres de rétention, les associations ont dénombré 356 enfants.

Claude Guéant a ainsi fixé son objectif à 30.000 « éloignements » cette année.

Pour plus de précisions, voir

CENTRES ET LOCAUX DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE, RAPPORT 2010

(C’est moi qui souligne)

L’année 2010 est la première qui voit intervenir cinq associations – l’Assfam, La Cimade, Forum réfugiés, France terre d’asile et l’Ordre de Malte France – dans les centres de rétention administrative. Issues d’horizons variés, elles partagent entre autres valeurs la primauté de la personne humaine et le respect des droits de l’Homme consacrés par les engagements européens et internationaux de la France

Ce rapport annuel témoigne de la vie dans les centres français de rétention administrative. Qu’avons-nous observé de plus marquant ? Tout d’abord, les dégâts causés par la « politique du chiffre » mise en place en 2002 et par un régime d’exception qui se renforce chaque année. En 2010, ce sont plus de 60.000 personnes qui sont passées par un centre de la métropole ou d’Outre-mer. Le nombre de familles et d’enfants enfermés dans les centres s’est accru. Il en va de même du nombre de ressortissant roumains – roms essentiellement -, dans un contexte de surenchère répressive dénoncé par l’Union européenne

A minima, plus de 35 000 éloignements ont été exécutés depuis les territoires d’outremer en 2010. Ainsi, lorsque les autorités françaises annoncent avoir réalisé 28 000 éloignements en 2010, en omettant de préciser que l’Outre-mer n’est pas compté, plus de la moitié de la réalité est escamotée. Seul le préfet de Mayotte communique localement sur les chiffres concernant le 101ème département français (plus de 26 000 en 2010). Par ailleurs, selon le Ministère de l’intérieur, 32 881 étrangers étaient placés en rétention dans les territoires ultramarins (contre 27 401 en métropole).

Ainsi, en France, plus de 60 000 étrangers ont été enfermés dans des centres de rétention en 2010. Et plus de 53 000 ont été éloignés, mais sans forcément passer par des centres de rétention.

Le gouvernement annonce avoir éloigné 28 000 étrangers du territoire français en 2010, se décomposant comme suit :
- 70 % d’éloignements forcés
- 30 % de « retours volontaires »

Selon le Ministère de l’intérieur, 8 400 étrangers seraient donc repartis volontairement. Or, le rapport d’activité 2010 de l’OFII, qui est chargé de la mise en œuvre, fait état d’un total de 14 054 aides au retour. Aucun des chiffres de l’OFII ne correspond exactement au 8 400 « retours volontaires » annoncés par le Ministère. Cependant,parmi les différents types d’aide au retour existants, ce sont les « aides au retour humanitaires » (ARH) qui s’en approchent le plus.

En 2010, 9761 ARH ont été réalisées,touchant 7520 adultes et 2 241 enfants. Dans la réalité, 94 % de ces ARH ont concerné des Roumains et des Bulgares, Roms pour la plupart, fortement incités à accepter 300 euros pour être ramenés dans leur pays, d’où ils pouvaient revenir en France facilement car ils sont ressortissants communautaires.

en 2009, un triste record était battu avec 318 enfants enfermés. 2010 est l’année d’un nouveau record avec 356 enfants placés dans des centres de rétention accompagnés d’au moins un de leurs parents (178 familles au total).

Parmi ces enfants, 57 étaient âgés de moins d’un an, et 210 de moins de six ans.

(Voir les graphiques, très parlants, que je ne peux reproduire ici.)

- Du AAA…

Pas eu le courage de rechercher des infos à ce sujet… mais vous en avez forcément entendu parler… En tous cas, ne ratez pas le feuilleton de Délit Maille à ce sujet : 4 épisodes, s’il vous plaît !

Saga Délit: Tricote ton agence de notation. Opus 1

Bonnes visites !

Et rappelez-vous : c’est très vilain, de mentir !!!

Pan sur les profs ! (encore…)

Dimanche 20 novembre 2011

Bon, d’accord, les enseignants ne sont peut-être pas un électorat à ménager… Mais quand même !

Merci à Lucien qui nous signale les projets de décret et d’arrêté concernant les enseignants et autres personnels d’éducation. Comme il explique très bien les conséquences financières de ce projet, je me contenterai de le citer :

Évaluation des profs : derrière les modalités, la question des salaires

Imaginons un professeur qualifié d’exemplaire par sa hiérarchie : ayant bénéficié de la réduction de 5 mois tous les trois ans, il parviendra au dernier échelon au bout de 26 ans environ, contre 20 ans actuellement.

Rien ne change en revanche pour le « mauvais prof », qui ne verra le dernier échelon qu’après 29 ans : on notera l’ironie d’un projet émanant d’un gouvernement qui voudrait faire une place plus grande au mérite et qui pénalise proportionnellement davantage les « bons profs » que les mauvais !

Concrètement, les enseignants verront leur salaire stagner plus longtemps, ne connaîtront d’augmentation que de loin en loin. Autant dire que leur pouvoir d’achat va sérieusement se dégrader sur la durée. Peu importe, le gouvernement fera ainsi chaque année quelques centaines de millions d’euros d’économies : l’argent des enseignants, celui-là même qui ne leur sera pas versé par la grâce du présent décret…

Merci également à François Jarraud, du Café pédagogique, qui met à notre disposition ces projets :

Décret n°2012- du 2012 portant dispositions statutaires relatives à l’appréciation et à la reconnaissance de la valeur professionnelle des personnels enseignants, d’éducation et d’orientation relevant du ministre chargé de l’éducation nationale

Objet : modification du système de l’appréciation de la valeur professionnelle par la mise en oeuvre d’un entretien professionnel et des modalités d’avancement d’échelon par l’introduction d’un mécanisme de réductions d’ancienneté.
Entrée en vigueur : ce décret entre en vigueur le 1er septembre 2012.

Notice : La réforme du système de l’appréciation et de la reconnaissance de la valeur professionnelle des personnels enseignants, d’éducation et d’orientation constitue l’un des volets du « pacte de carrière » annoncé par le Gouvernement en octobre 2009 puis confirmé en mars 2010 visant à améliorer les conditions d’exercice du métier d’enseignant dans le cadre d’une gestion plus dynamique et personnalisée des ressources humaines.

Voyons un peu le projet d’arrêté concernant la notation des enseignants…

document de travail V4
1
ARRETE
Arrêté du …..relatif aux conditions générales de l’appréciation de la valeur professionnelle des personnels enseignants, d’orientation et d’éducation relevant du ministère chargé de l’éducation nationale

L’entretien professionnel est conduit par le supérieur hiérarchique direct de l’agent. Pour les enseignants du second degré pré-baccalauréat et post-baccalauréat le supérieur hiérarchique est le chef d’établissement ou son (ses) adjoint(s). Pour les enseignants du premier degré le supérieur hiérarchique est l’inspecteur de l’éducation nationale compétent.
En cas de nécessité liée à la continuité du service public, l’autorité hiérarchique peut également désigner un autre fonctionnaire pour mener les entretiens d’évaluation au sein des écoles ou établissements.

Je me suis déjà exprimée sur cette question, mais j’y reviens… Faire noter l’enseignant uniquement par son chef d’établissement me semble une aberration totale. Rappelons que, actuellement, la notation se fait à 40% par le chef d’établissement, sur des critères discutables, certes, mais globalement d’ordre « administratif », et à 60% par un inspecteur pédagogique censé évaluer la pédagogie de l’enseignant en assistant à une heure de cours. Que ce système ait besoin d’être revisité, c’est probable. En supprimant l’inspection, toute discutable qu’elle puisse être ? L’inspecteur a du moins, sur le chef d’établissement, l’avantage de connaître la matière enseignée, et est donc plus à même d’apprécier le travail du professeur, et son « efficacité ».

Comme, dans le même temps, on demande de plus en plus aux chefs d’établissement de jouer le rôle de chefs d’entreprise, et même d’embaucher directement leurs personnels, enseignants ou non… on peut imaginer les dérives ! Si c’est celui qui m’embauche qui me note… mon emploi est à sa merci !

Et que va-t-on faire des inspecteurs pédagogiques ? On les supprime ? En voilà, de belles économies à réaliser !

Mais voyons sur quoi le professeur va être noté :

Article 5
Le processus d’évaluation est engagé par une démarche d’auto-évaluation qui s’appuie principalement sur les compétences définies à l’annexe de l’arrêté du 12 mai 2010 portant définition des compétences à acquérir par les professeurs, documentalistes et conseillers principaux d’éducation. Il s’agit notamment pour l’agent d’évaluer sa capacité à faire progresser :
- chaque élève ;
- les compétences dans sa discipline ou ses domaines d’apprentissage;
- sa pratique professionnelle dans l’action collective de l’école ou de l’établissement, en lien avec les parents d’élève et les partenaires. Cette action se situe conformément aux orientations validées par les instances de l’école ou de l’établissement par la mise en place notamment de projets pédagogiques transversaux et pluridisciplinaires assurant la cohérence d’un enseignement collectif ;
- la qualité du cadre de travail afin qu’il soit propice aux apprentissages et au partage des valeurs de la République, notamment le respect mutuel et l’égalité entre tous les élèves.

Article 6
L’appréciation du positionnement de l’agent au regard des critères décrits à l’article 5 est réalisée par le supérieur hiérarchique au regard, d’une part, de l’analyse des résultats de l’auto évaluation et, d’autre part, de l’examen de la manière de servir de l’agent.

Je ne comprends pas bien « l’auto évaluation » : le prof doit faire lui-même une évaluation de ses compétences ? Et en fournir un rapport à son chef d’établissement ??? Et j’aime bien « la manière de servir »… Voilà qui éclaire singulièrement la profession…

Bon, c’est un détail… Revenons sur le contenu :
- capacité à faire progresser chaque élève :
C’est évidemment ce à quoi tend chaque enseignant (sauf cas pathologiques…). Y arrive-t-il pour autant ? Difficile à dire ! Prenons le cas – au hasard – d’un prof de Français en collège : il a l’avantage, sur nombre de ses collègues, de n’avoir que peu d’élèves, environ 120). Peut-il, honnêtement, déterminer qu’il a fait progresser chacun de ces 120 élèves ? Ou même, la moitié seulement ? J’aurais été bien embêtée si l’on m’avait demandé de dresser un bilan de ce genre ! Pour quelques élèves, c’est évident, mais pour le plus grand nombre… Quant aux profs qui ont la charge de plusieurs centaines d’élèves… je ne vois pas bien comment on peut évaluer leur action sur ce grand nombre d’enfants ou ados !
Le « mieux », alors, serait de donner les « bonnes classes » aux « bons profs » : ayant de bons résultats, elles prouveraient que le prof est bon… Quant aux « mauvais profs », ne parvenant pas à faire progresser leurs « mauvaises classes »… cela justifierait leur… mauvaise note !

- capacité à faire progresser les compétences dans sa discipline ou ses domaines d’apprentissage :
Même problème… compliqué du fait que l’évaluateur ne connaît peut-être rien à la discipline en question ! Ou n’en a que ses propres souvenirs d’élève !

- capacité à faire progresser sa pratique professionnelle dans l’action collective de l’école ou de l’établissement, en lien avec les parents d’élève et les partenaires :
Ça, à mon avis, c’est le plus dangereux… et le plus facile à évaluer par le chef d’établissement ! Il s’agit donc de calculer l’investissement de l’enseignant en dehors de son travail d’enseignement (qui, rappelons-le, comporte des heures de cours, de préparations et de corrections, plus des entretiens avec élèves et parents d’élèves et réunions avec les collègues des mêmes classes… ce qui représente tout de même une bonne quarantaine d’heures hebdomadaires, compte non tenu des travaux réalisés en dehors des périodes scolaires… lesquelles périodes de « vacances », on ne le répétera jamais assez, ne sont en fait pas réellement « payées » !). Exiger en plus que l’enseignant s’engage dans d’autres actions me semble déraisonnable ! Donnons-lui déjà les moyens de faire correctement son travail, on verra le reste après !
Bien sûr que des projets collectifs sont un « plus », pour l’établissement comme pour les élèves. Et tant mieux pour tout le monde si des professeurs se sentent à même de mener ces projets, malgré l’énorme investissement que cela demande en temps et en travail (non payés !). Mais en faire une « norme », quitte à ce que certains, d’une disponibilité ou d’une force de travail moins grandes, en viennent à bâcler leur métier d’enseignant… c’est un non-sens ! Si on veut vraiment « faire la différence »… payons alors les heures de travail effectuées en plus (ou au moins une partie de ces heures…) !

- capacité à faire progresser la qualité du cadre de travail :
Là aussi, nous nous y efforçons tous ! Mais comment faire réellement un « bilan » ? Les classes ont une « individualité » (si j’ose dire) propre, et nous avons tous eu, certaines années, des classes avec lesquelles nous n’arrivions « à rien » (ce qui est certes exagéré… mais c’est ainsi qu’on le ressent). Si, par malchance, l’année de l’évaluation, le prof a justement des classes qui « ne marchent pas », peut-on vraiment lui en faire porter la responsabilité ?

Article 14
L’agent dont le service est partagé entre plusieurs établissements fait l’objet d’un entretien d’évaluation réalisé par le supérieur hiérarchique de l’établissement d’affectation principale. Le supérieur hiérarchique recueille l’avis des autres chefs d’établissement le cas échéant.
Article 15
L’agent en situation de titulaire sur zone de remplacement est évalué par le chef d’établissement de rattachement administratif. Il recueille l’avis des autres chefs d’établissement où l’agent a exercé.

Déjà que les entretiens avec tous les enseignants de son établissement vont lui demander quelque temps (!), mais le chef d’établissement devra aussi (ce qui paraît « normal ») contacter d’autres chefs d’établissement ! Combien d’heures vont lui prendre ces nouvelles activités ? Car un chef d’établissement a deux ou trois petites choses à faire : veiller à l’établissement lui-même, son entretien, sa sécurité, établir des budgets, encadrer tous les personnels (enseignants, mais aussi assistants d’éducation, personnels de service et d’entretien, personnels administratifs…), s’assurer de la sécurité et du « bien-être » des élèves, recevoir parents, élèves, personnels… et j’en oublie sûrement beaucoup !

D’ailleurs, je vais laisser la conclusion à un chef d’établissement, interrogé dans un blog que nous a signalé Lucien :

Dans les coulisses des évaluations : le témoignage d’un chef d’établissement

Je pense que le système actuel d’évaluation est totalement obsolète. Cela dit, le projet du gouvernement ne me semble pas satisfaisant du tout non plus. Cela nous donnerait vraiment de travail en plus, alors que nous en avons déjà beaucoup. Cela créerait aussi des tensions dans les établissements, y compris dans ceux où règnent actuellement un climat apaisé, et, à l’heure où les conditions d’exercice sont dégradées et où les personnels sont tendus, cela ne me semble pas judicieux du tout… »

P.S. Dans le Nouvel Obs du 17/11/2011, cette citation de Nicole Bricq, sénatrice et rapporteur général de la commission des Finances :

« La défiscalisation des heures supplémentaires des fonctionnaires de ce ministère [l’Éducation nationale] coûte 1,3 milliards d’euros par an à l’État. C’est l’équivalent du coût de 40 000 emplois ! Cela relativise l’efficacité du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ».

Bon dimanche !

Demain : Grève…

Lundi 26 septembre 2011

Peut-être le savez-vous déjà : une grève des enseignants est prévue pour demain… Je n’ai pas trouvé beaucoup d’articles sur cette question dans la presse nationale, hormis cet article de L’Humanité :

Forte mobilisation attendue mardi pour la grève des enseignants

Les organisations syndicales veulent peser sur le projet de budget 2012 qui passe mercredi en conseil des ministres et prévoit 14 000 nouvelles suppressions de postes dans l’Education nationale (ce qui en fera 80 000 sur le quinquennat), alors que les effectifs d’élèves augmentent.

[...]

L’enseignement privé sera également du mouvement. Son appel à la mobilisation est historique. Est réclamé « zéro retrait d’emploi pour 2012″. Les enseignants du privé insistent sur le fait qu’ils sont chaque jour devant une classe, aucun professeur n’est en disponibilité, et qu’il n’y a pas de remplaçants.

Par contre, je suis tombée (non, non, je ne me suis pas fait trop mal…) sur un site « armees.com » : très étonnée qu’un site dédié à l’armée parle de la grève des enseignants, je suis allée voir… Il s’agit en fait du blog d’un certain Ivan… qui s’indigne qu’en France la rentrée scolaire soit toujours marquée par une grève, laquelle augmente le déficit de l’État… Visiblement, ce monsieur ignore que c’est tout le contraire, vu que l’État fait alors l’économie d’un certain nombre de journées de salaire (et qu’un prof « manque » ainsi une ou huit heures de cours, on lui soustrait pareillement un trentième de son salaire mensuel…). Profs privilégiés, mythe des classes surchargées… je vous passe les prises de position de ce monsieur…

Plus intéressant à mon avis, le courrier adressé par la FSU aux parlementaires :

Crise : la FSU adresse un courrier aux parlementaires !

La FSU a adressé le 6 septembre un courrier à chacun des parlementaires pour leur faire part de son analyse et de ses propositions.

[...]

Suite aux annonces faites par le Premier ministre « pour réduire le déficit de la France », le parlement examine dès cette semaine les propositions du gouvernement qui consistent à trouver 1 milliard sur le budget 2011 et 10 milliards sur celui de 2012. [...]

La FSU estime que les mesures annoncées par le gouvernement s’inscrivent toujours dans la logique d’une politique d’austérité qui pénalise essentiellement les salariés.

En effet, le gouvernement met peu à contribution les hauts revenus (200 millions sur un plan de 11 milliards), de surcroît il le fait à partir d’un seuil élevé qui va exonérer une large part des bénéficiaires du « bouclier fiscal ». Il ne remet pas en cause la réforme de l’ISF (2 milliards de recettes fiscales en moins). [...]

L’effort demandé face à la crise économique et financière n’est donc pas partagé. D’un côté des mesures ponctuelles et réduites de taxation des hauts revenus et de l’autre, réforme des retraites, suppressions massives d’emplois publics, Révision Générale des Politiques Publiques et stagnation du pouvoir d’achat pour les salariés. [...]

A cela s’ajoute la taxation des contrats d’assurance solidaires. Il s’agit d’une mauvaise solution qui va mettre à mal des dépenses de santé et en difficulté des mutuelles et va aggraver ainsi les possibilités d’accès au soin pour les plus modestes.

Pour la FSU, l’argument de la dette publique dont d’ailleurs la hausse résulte pour l’essentiel des cadeaux fiscaux aux plus riches et des exonérations de charges pour des entreprises décidées ces 4 dernières années, relève d’une mauvaise analyse de la situation. [...]

Dans la situation actuelle, pour faire face à la crise mais aussi aux défis à venir qu’ils soient économiques, scientifiques, culturelles et écologiques, la FSU propose d’agir sur :

La relance de l’emploi
L’Etat employeur devant montrer l’exemple en renonçant au non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite dans la Fonction publique et en créant les emplois nécessaires. Il convient également de mettre fin au développement des heures supplémentaires dans la Fonction publique, comme dans le secteur privé, et de revenir sur les dispositions de la loi TEPA. Les politiques publiques de l’emploi doivent non seulement stabiliser l’emploi mais également participer au développement de l’emploi et de la formation professionnelle. Les minima sociaux et les indemnités chômage doivent être revalorisés.

L’amélioration du pouvoir d’achat et la revalorisation des salaires et des retraites afin notamment de relancer la consommation

La fiscalité
Il s’agit de permettre un autre partage des richesses produites. La nécessité de travailler à la reconstruction d’un impôt réellement progressif s’impose aujourd’hui.

Des investissements productifs pour l’avenir
Les services publics, Education, Formation, Recherche, Santé, Culture, Justice, Logement, Energie, Environnement…sont des « biens communs ». Leur développement est indispensable et notamment en situation de crise. [...]

De nouvelles recettes
En effet, il ne s’agit pas pour la FSU de regarder uniquement à réduire les dépenses mais bien aussi à trouver de nouvelles recettes. L’emploi est un facteur qui y contribue. La fiscalité doit être refondée dans le sens de plus d’équité et d’un autre partage des richesses produites. [...]

Enfin, pour la FSU, il faut cesser de considérer les services publics et la Fonction publique comme une charge pour notre pays. Ce sont bien des investissements productifs indispensables qui sont une chance pour l’avenir de notre société.

Vous vous méfiez des arguments des syndicats ? Alors, peut-être serez-vous sensibles à ceux de l’OCDE, dans le rapport déjà cité :

L’avantage économique que procure l’élévation du niveau de formation profite non seulement aux individus, mais aussi à la société, au travers de la réduction des transferts sociaux et de l’augmentation des recettes fiscales, dès l’entrée des individus dans la vie active. Il est important de tenir compte de l’équilibre entre le rendement public et le rendement privé lors de l’élaboration des politiques.

[...]

Comme les secteurs des services et les systèmes de production deviennent de plus en plus complexes, ils requièrent des travailleurs plus qualifiés. Il est donc important de compter sur une main-d’œuvre hautement qualifiée, non seulement pour pourvoir les postes dans le segment supérieur de compétence, mais également pour garder un avantage salarial compétitif dans les segments inférieurs de compétence. Avec l’intensification de la mobilité des travailleurs dans le monde, il est plus important de trouver un juste équilibre entre l’amélioration de l’équité dans la société et l’offre d’incitations financières persuasives pour attirer et fidéliser des travailleurs qualifiés.

[...]

La littérature foisonne d’éléments à l’appui de la corrélation positive entre l’éducation et un éventail d’indicateurs sociaux, dont l’amélioration de la santé, le renforcement de l’engagement civique et la réduction de la criminalité (OCDE, 2007c ; 2010e). Quelques études, dont le nombre va croissant, suggèrent que l’éducation a un impact causal positif sur ces retombées sociales (voir, par exemple, Grossman, 2006, au sujet de la santé). Selon d’autres recherches, l’éducation peut être un moyen relativement rentable d’améliorer la santé publique et de réduire la criminalité (voir, par exemple, Lochner et Moretti, 2004).

[...]

Dans l’ensemble, les adultes dont le niveau de formation est plus élevé sont plus susceptibles d’être plus satisfaits de leur vie, de participer davantage à la vie de la société (se rendre aux urnes, s’intéresser à la politique et faire preuve de confiance interpersonnelle) et de s’estimer en bonne santé.

[...]

Dans tous les pays de l’OCDE qui ont participé à l’enquête, les élèves de 8e année ayant de meilleures connaissances civiques (c’est-à-dire qui connaissent et comprennent les principes et les concepts de la citoyenneté) sont plus susceptibles, une fois adultes, de voter et d’être favorables à l’égalité entre les sexes.

[...]

Connaissances civiques et retombées sociales

L’éducation peut améliorer les retombées sociales dans la mesure où elle aide les individus à prendre des décisions réfléchies en toute connaissance de cause, à s’informer, et à améliorer leurs aptitudes cognitives et leurs facultés socio-émotionnelles (zèle, image de soi et compétences sociales). En ce sens, l’éducation peut les amener à choisir des modes de vie plus sains et à s’engager davantage dans la société civile. Les établissements d’enseignement peuvent aussi offrir un environnement idéal pour amener les enfants à prendre des habitudes saines, à se montrer coopératifs et à adopter des normes favorables à la cohésion sociale : un climat d’ouverture en classe, une implication concrète dans des matières civiques et une philosophie qui promeut la citoyenneté active peuvent, par exemple, améliorer la participation à la vie de la société.

[...]

Force est d’ailleurs de constater que dans certains pays où le degré perçu de corruption est relativement élevé, plus les individus ont un niveau élevé de connaissances civiques, moins ils sont susceptibles de faire confiance aux institutions civiques (voir l’encadré A11.1). Il ne faut toutefois pas en déduire que l’éducation a nécessairement un « effet négatif ». En fait, si des institutions civiques sont effectivement corrompues dans un pays, une relation négative entre le niveau de connaissances civiques et la confiance vis-à-vis des institutions civiques peut indiquer que le système d’éducation de ce pays inculque aux élèves la faculté de juger les institutions de façon critique et en toute connaissance de cause.

L’Éducation n’est pas le gouffre financier sans fond qu’on voudrait nous faire croire : c’est un investissement à moyen et long terme qui bénéficie au pays tout entier, y compris financièrement. Cela a été la réflexion des politiques du 19ème siècle. Il est regrettable de constater que ceux d’aujourd’hui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez… ou de leur mandat !

Le pompon…

Dimanche 20 février 2011

Merci à Lucien de m’avoir fait découvrir ce rapport, arrivé sur le bureau du Premier Ministre, et qui contredit « légèrement » ce qui est répété à longueur de temps par diverses instances officielles, du ministre de l’Éducation au Roi régnant…

Je n’ai lu que la partie consacrée à l’Éducation… mais il y a sans doute des renseignements fort intéressants concernant la santé ou la protection sociale dans notre beau pays…

Ce joli tableau, tout d’abord :

Oh ben ! Oh ben ! V’la-t-y pas qu’on est les avant-derniers de la classe ! Avec des taux presque records de nombre d’enseignants pour 100 élèves dans le primaire et le supérieur ! Nous qu’on croyait naïvement (à force de l’entendre répété sur tous les tons) qu’on avait trop de profs, justement ! Même que c’était pour ça qu’on nous en virait quelques dizaines de milliers tous les ans…

Même qu’on en avait plus qu’avant, paraît-il… Mais je soupçonne l’OCDE de nous en vouloir particulièrement… Voyez plutôt :

Ben oui… Une centaine de milliers d’enseignants de moins en 10 ans… Pas exactement ce dont on nous rebat les oreilles…

Que nous disent les rapporteurs ?

Le resserrement de l’analyse sur le seul personnel enseignant tend à faire régresser la France dans la hiérarchie aussi bien des taux d’administration dans le domaine de l’enseignement que des taux d’encadrement des étudiants.
Le nombre d’enseignants en équivalent temps plein par habitant, quel que soit le statut de l’établissement, se situe en deçà de ce qui est observé dans les pays d’Europe du Nord ou du Sud.

La France a légèrement baissé sa part de dépense publique dans la fonction Enseignement.
En 10 ans, la part en pourcentage du PIB des dépenses publiques en faveur de l’enseignement a diminué de
0,5 point. Cette baisse est de même ampleur que celle observée en Allemagne et en Italie (- 0,4 point) mais est
nettement supérieure à la moyenne des pays de l’OCDE (- 0,2 point).
Le recul est particulièrement prononcé en Norvège (- 1,4 point), au Canada (- 0,92 point) ou en Suède (- 0,75 point) mais à partir de niveaux plus élevés qu’en France.

On est moins mauvais quand on compare les dépenses pour l’enseignement au PIB… mais on est loin d’être les meilleurs !

Cette planche synthétise deux résultats bien étayés (voir OCDE 2010, Regards sur l’Éducation 2010, Paris, 501 p.) :
- les coûts par élève/étudiant sont relativement faibles dans le primaire et le supérieur, en ligne avec les taux d’encadrement, dans la classification de l’OCDE comme dans celle d’Eurostat, qui diffèrent notamment pour le Royaume-Uni. Il est toutefois à noter que, dans le supérieur, la France tend progressivement à rattraper son retard ces dernières années. Dans le supérieur, les services auxiliaires représentent essentiellement des dépenses de R&D.
- la faiblesse de ces coûts tient également au bas niveau relatif de rémunération des enseignants.

Justement, tiens, parlons-en, des salaires des enseignants… on est, là encore, en queue de peloton, que ce soit ou non par rapport au PIB :

En niveau absolu (parité de pouvoir d’achat) comme relatif (part de PIB affectée aux rémunérations par enseignant), le salaire des enseignants apparaît faible en comparaison internationale.
- Le salaire statutaire français paraît notamment sensiblement inférieur à celui qui prévaut au Royaume-Uni ou en Allemagne.
- En revanche, cette caractéristique française est commune avec certains pays d’Europe du Nord, la Suède, la Norvège et à moindre égard la Finlande.

Intéressants, non, tous ces chiffres ? S’il était besoin de prouver que nos chers dirigeants sont des faussaires, manipulant les chiffres au gré de leurs envies d’économies… au détriment des enfants de l’enseignement public !

Pour plus d’informations, vous pouvez vous rendre sur le site de l’OCDE… mais j’avoue qu’après avoir téléchargé plusieurs de leurs feuilles de calculs… j’ai reculé devant le nombre et la complexité…

Un si beau métier…

Mardi 25 janvier 2011

C’est curieux, mais il semble y avoir comme une désaffection des étudiants pour notre si beau métier…

Bon, d’accord, le nombre de postes aux concours du second degré est passé de 17 200 en 2003 à 8 600 aujourd’hui.

Mais… les inscriptions, elles, ont baissé de 25% cette année… Il y aurait 1 300 inscrits au CAPES de Maths pour 950 postes… Presque sûrs de l’avoir, dis donc ! (Quand je pense que je n’ai eu la chance d’être dans le « peloton de tête » qu’au 3ème essai…)

Bon, d’accord, la réforme de la « formation » des profs a pu avoir un effet dissuasif… surtout si les étudiants connaissent tel ou telle « stagiaire » qui patauge dans la choucroute depuis septembre…

Bon, d’accord, les 4 800 postes à supprimer dans le second degré, en regard des 48 500 élèves de plus à la prochaine rentrée doivent rendre perplexe plus d’un étudiant : 10 élèves de plus = 1 prof de moins… Drôle d’équation !

Bon, d’accord, les déréglementations mises en oeuvre dans certains collèges, où le principal recrute directement les profs, peuvent faire lever plus d’un sourcil.

Bon, d’accord, la suppression de 155 Conseillers Principaux d’Education peut faire frissonner quelques peureux, qui se voient déjà submergés par des élèves goguenards presque assurés de l’impunité. (Et l’éventuel ajout de policiers dans le collège où ils seront nommés ne les rassure pas forcément…)

Mais… c’est un si beau métier, que d’enseigner… Aider des enfants, des ados, des jeunes, à acquérir la maîtrise d’un savoir, d’une réflexion, d’une autonomie…

* * *

Allons ! Tout n’est pas si dramatique ! Les 4 000 000 d’euros attribués en plus à l’enseignement privé peuvent permettre la création de 250 postes…

Le Temps des Cerises…

Mardi 15 juin 2010

Quand j’étais petite (il y a très longtemps, car j’ai grandi très vite), quand on me demandait mon âge, je répondais : « J’aurai 6 ans aux cerises ! ». Fière comme un petit banc, que j’étais, alors…

Les cerises sont passées (les miennes, du moins…), mon anniversaire aussi, et j’avoue que je déprime un peu…

Pas à cause de mon anniversaire, certes, ni à cause des cerises… A cause du temps, sans doute, qui s’obstine dans les gris et dans la pluie, au lieu de nous envoyer les ardents rayons du mois de juin…

Pourtant… pourtant, j’ai aussi des raisons de ne pas déprimer. Par exemple, le fait de voir, depuis quelque temps déjà, que mon modeste blog reçoit 1500 visites par mois, soit une cinquantaine par jour : après la traversée du désert due au Méchant Hacker, ça fait quand même plaisir…

Par exemple, la grande générosité de mon cerisier qui a produit des dizaines de kilos de fruits : amis et voisins en ont pris leur part… mais la plus grande partie tombe ou pourrit, par grappes, sur l’arbre.

Par exemple : dimanche dernier, avec des amies, nous avons pu manger dehors : après la maussade journée de samedi, c’était presque une petite victoire…

A côté de ça, je me réjouis de ne plus écouter la radio ni regarder la télé : l’hebdo que je lis m’apporte suffisamment de mauvaises nouvelles ; encore ce matin, je lisais que notre système de santé se casse la figure, et qu’il faut, de plus en plus, être riche pour se faire soigner… Ça ne remonte pas le moral…

Il y a quelque temps, je voulais vous parler des décisions de Sarko 1er concernant l’école, suite à un article de l’Express lu sur Internet… Je n’ai plus très envie de commenter l’article, mais vous en donne quand même quelques extraits…

la création d’ »établissements de réinsertion scolaire ». Dix structures visant à accueillir pour moins d’un an 20 à 30 élèves en situation de rupture scolaire devraient être ouvertes au cours de l’année 2011. Un fichier des décrocheurs pour recenser les élèves quittant l’école après 16 ans va officiellement être ouvert.

(voir plus bas pour des précisions)

Un policier référent devrait être désigné dans les 53 établissements les plus confrontés à la violence. Les enseignants seront mis à contribution en étant formés à la discipline et à l’autorité. Le plan de sécurisation des établissements scolaires lancé par Luc Chatel, lors des Etats généraux de la sécurité à l’école en avril dernier va être poursuivi. Un diagnostic de sécurité sera réalisé d’ici à fin juin 2010 dans tous les établissements, pour faire face à la violence, a assuré Nicolas Sarkozy.

-Dernier point et non des moindres, le chef de chaque établissement pourra désormais lui-même recruter ses professeurs. Cette mesure expérimentale sera généralisée en 2011.

Alors là… sauf erreur, les chefs d’établissement « embauchent » déjà les vacataires : aurait-on l’intention de leur faire embaucher les titulaires… alors que, jusqu’ici, on essaie de les affecter à des postes au niveau national, avec le moins d’injustices possible ???

Au sujet de ce « fichier des décrocheurs » (un problème ? Créez un fichier ! Avant, c’était : Créez une commission !), un autre article de l’Express :

Ici, le dispositif ne vise plus à collecter des informations sur les élèves scolarisés, mais sur les élèves qui abandonnent l’école sans diplôme. « C’est un outil de plus pour lutter contre le décrochage, qui est avec l’absentéisme, un fléau majeur de notre société », a déclaré Jean Michel Blanquer, directeur général de l’enseignement scolaire au Ministère de l’Education. Ils seraient, selon lui, plus de 100 000 en France à « décrocher » sans qualification. Ce dispositif avait été annoncé par Nicolas Sarkozy à Avignon en septembre 2009.

(…)

Cependant, « aucune information sur la santé de l’élève ou son environnement social et familial ne sera demandé », précise Jean-Michel Blanquer. Sa durée sera de 2 ans et « en aucun cas le fichier ne pourra être transmis à d’autres administrations » a-t-il déclaré. « Ce fichier aura pour objectif le suivi personnalisé de chaque élève concerné » a-t-il expliqué.

La deuxième parti du SDO, un fichage de l’orientation complète de l’élève, devrait voir le jour en 2011.

Oui, évidemment, une fois qu’ils sont fichés, les problèmes sont résolus… Que je sache, l’école n’est obligatoire que jusqu’à 16 ans : est-ce qu’on a l’intention de conduire de force les plus de 16 ans vers une école ? Il me semblait qu’au contraire « on » avait grandement « valorisé » la « solution » de l’apprentissage, dès 14 ans, même… J’ai rêvé, ou quoi ?

Quant à ce fichier… un autre article rappelle les problèmes avec le fichier « Base Elèves » du primaire, obligatoire pour les enfants dès 3 ans :

Le 30 mars dernier, Rémi Riallan et Claude Didier, directeurs d’école primaire dans l’Isère, ont été démis de leurs fonctions de directeur pour ne pas avoir rempli le fichier Base élèves.

(…)

Ce fichier répertorie des informations sur chaque enfant scolarisé dès 3 ans. Elles constituent un dossier nominatif qui peut être conservé pendant 35 ans. Les directeurs d’établissement ont l’obligation de remplir le dossier. Il peut ensuite être transmis à la mairie ou au ministère de l’Education.

(…)

« Avant, les renseignements du fichier Base élèves restaient dans l’école. Il y avait une sorte de confidentialité. Maintenant que le fichier est électronique et nominatif, avec la mention du n° INE (identification nationale de l’élève), il peut remonter au niveau des mairies, des ministères. Ça change tout », critique Mireille Charpy, directrice d’établissement en retraite, fermement opposée au fichier.

(…)

« Avec ce fichier, il y a plus de présomption de son utilisation à d’autres fins que l’éducation » résume Mireille Charpy. Et d’ajouter, « les enfants appréhendent de se présenter à l’école de peur d’être repérés par la police. Les professeurs ne veulent pas briser le lien de confiance qui existe avec les élèves en remplissant ce fichier. L’école doit être avant tout un lieu de protection ».

(…)

En effet, dans un rapport adressé au gouvernement français, les Nations Unies ont pointé du doigt les dangers du système. Le Conseil des droits de l’homme a interpellé le gouvernement français et a donné raison aux deux ex-directeurs qui boycottent le fichier. Il a dénoncé les menaces dans l’exercice de leurs fonctions des deux directeurs pour défendre les droits de l’enfant et a élevé les deux hommes au titre de « défenseurs des droits ». Seule la Commission nationale d’enquête et liberté (CNIL) a cautionné Base élèves.

Sur toutes ces « bonnes nouvelles »… je me demande si je ne vais pas aller me recoucher…

Bonne journée à vous !

13 : le nombre magique (suite et fin)

Jeudi 10 juin 2010

Dernières fiches magiques, qui vont permettre de faire de sérieuses économies dans l’Éducation « Nationale »…

10- Lycée d’enseignement général et technologique
Rationalisation de l’offre scolaire

Il s’agit pour l’académie de rechercher les gains potentiels liés aux conditions de mise en œuvre de la réforme du lycée, notamment à la rentrée 2011 qui sera déterminante pour le dimensionnement de l’offre scolaire par la suite.

La réforme du lycée général et technologique offre des possibilités significatives d’optimisation aux établissements :

- une dotation horaire globalisée pour la mise en place de groupes à effectifs réduits,
- la possibilité de  » mise en réseau  » des établissements pour assurer certains enseignements de manière optimale,
- la mise en place d’un  » tronc commun  » en première permettant la constitution de classes réunissant des élèves des différentes séries,
- l’organisation de l’enseignement des langues vivantes par groupes de compétence.

La rationalisation de la carte des langues rares et la mise en place de conventions entre établissements pour la mise en place des enseignements d’exploration devront être recherchées. L’utilisation de la dotation globalisée laissée à la disposition de l’établissement doit être la plus efficace possible dans le cadre du dialogue avec les établissements.

(Vous voyez que les profs n’ont pas forcément tort quand ils se méfient d’une nouvelle réforme… Il est clairement dit ici que cette réforme doit permettre de supprimer des postes… contrairement aux discours officiels « rassurants »…)

En 2009/2010 le nombre moyen d’heures constaté pour la classe de seconde au niveau national (métropole + DOM) est de 41,3.

(Non, non, ce ne sont pas les heures de cours suivies par les élèves, rassurez-vous ! Mais celles affectées à la classe, et comportant des heures à effectif réduit…)

A la rentrée 2010, l’ » horaire total élève  » est de 28h30 auquel s’ajoute une enveloppe horaire pour les enseignements en groupes à effectif réduit sur la base de 10h30 par division.

Cet élément de coût rapporté à la division doit naturellement être nuancé par la taille des divisions : ainsi, en fonction du public qu’il accueille, un établissement pourra faire le choix soit de remplir ses divisions, de limiter les petits groupes et d’avoir une offre scolaire importante, soit d’avoir des divisions plus réduites, de favoriser les petits groupes et d’avoir une offre plus resserrée.

(Ça a toujours été le problème, y compris en collège : si on veut créer une nouvelle option – une langue vivante par exemple -, il faut « bourrer » les classes… D’où la suppression inéluctable, depuis pas mal d’années, d’options qui « coûtent cher » en moyens… pour tenter d’alléger un peu les classes…)

Pour la classe de seconde, il s’agit de faire différentes simulations en chiffrant le gain que pourrait dégager une dotation forfaitaire moyenne de 39h par division, 39,5h, 40h.

Par ailleurs, un examen de la carte des options et des enseignements en petits groupes doit être conduit pour l’ensemble du second cycle général de manière à maximiser leur efficacité et chiffrer les gains potentiels.

Pour les classes de première et de terminale générales, il convient d’évaluer les possibilités offertes par le « tronc commun ».

(Donc : « tronc commun » = possibilité de regrouper des élèves de différentes classes… Le « seuil » d’ouverture de classe étant, dans notre académie, à 30 élèves… on peut envisager sans problèmes – y compris de locaux ! – des cours à 40 élèves… Vous avez dit « suivi individualisé » ???)

11- Lycée Professionnel :
Rationalisation de la carte des formations

Les nouvelles grilles horaires présentent des marges d’organisation et d’adaptation locales importantes.

Les spécialités sont regroupées en  » champs professionnels  » devant permettre d’optimiser l’organisation de la formation. Le regroupement des divisions à effectifs réduits sera recherché ainsi qu’une augmentation de la taille des divisions.

(Voilà qui est très clair : toutes les classes doivent être nombreuses ! Quitte, pour les élèves voulant une formation dans un métier moins couru, à faire quelques dizaines de kilomètres pour rejoindre le lycée où elle se fera…)

L’objectif est de rationnaliser la carte des formations et de spécialiser les établissements afin d’optimiser la taille des structures.

La mise en œuvre de la rénovation de la voie professionnelle a conduit la plupart des académies à développer leur offre de CAP afin de permettre aux élèves souhaitant une insertion professionnelle rapide de s’orienter vers ce diplôme de niveau V. Cette stratégie initiale doit être questionnée au regard de l’orientation des élèves et du remplissage de ces structures.

(Ouais… on s’en fiche, de ceux qui visent un CAP ! Z’ont qu’à aller dans le privé, ou en apprentissage !)

12- Itinéraires de découverte : état des lieux

Les itinéraires de découverte sont organisés à raison de deux heures hebdomadaires inscrites à l’emploi du temps de la classe afin de permettre aux élèves de s’investir dans des projets interdisciplinaires et de travailler de façon autonome ou en groupes. Ils portent sur au moins deux disciplines.

Deux heures professeurs sont attribuées aux collèges pour leur organisation.

(Euh… j’ai pas bien compris : 2 heures pour l’ensemble du collège ???)

Dans le cadre de son autonomie, l’établissement peut procéder à des groupements d’élèves de plusieurs classes d’un même niveau.

Il conviendra de décrire les différentes organisations et modalités de financement (en termes de moyens horaires), d’indiquer les évolutions qui pourraient être envisagées en recherchant l’optimisation en terme d’organisation et de coût.

(OP-TI-MI-SER : le mot magique ! Pas optimiser le fonctionnement, l’adéquation de l’enseignement aux élèves, l’ambiance de travail… Non : LE COÛT ! L’Éducation ne rapporte rien, elle doit donc coûter le moins possible ! Revoir l’analyse de 1857 dans l’article Parenthèse)

13- Renforcement de l’efficience des emplois administratifs dans les services déconcentrés et dans les EPLE

(C’est qu’ils ont pensé à tout, pas seulement à diminuer le nombre des enseignants ! Je suis même étonnée qu’ils n’aient pas sérieusement comptabilisé les heures de ménage, cantine et entretien : on pourrait sûrement rogner aussi là-dessus !)

De multiples expérimentations et réformes sont conduites dans les domaines de gestion administrative et financière des rectorats et des inspections académiques (IA). Réorganisation des services, suppressions d’emplois, regroupements immobiliers et mise en place de nouveaux systèmes d’information sont étroitement liés.

(Ben oui, un ordinateur remplace facilement un secrétaire !)

Ainsi, la modernisation de l’organisation et du fonctionnement des services fait l’objet d’une programmation propre à chacune des académies et se décline en un ensemble d’actions qui ont pour effet de :
- réorganiser les services en favorisant la mutualisation au niveau académique, inter-académique, voire interministériel ;
- réduire le nombre d’implantations immobilières conformément aux objectifs de performance fixés par France Domaine (ratio portant sur une norme de 12M² SUN par agent) ;
- opérer des regroupements de structures, variables suivant la configuration géographique et la taille des entités administratives existantes, pour une meilleure articulation des compétences entre échelons départemental et académique et l’amélioration des conditions de travail des agents et de l’accueil du public. Inscrites dans un cadre pluriannuel, les restructurations des services académiques reposent sur deux axes :

¢ la mutualisation des fonctions de gestion sur le rectorat ou la création de plateformes de mutualisation sur une ou plusieurs IA ;
¢ les rapprochements Rectorat / IA chef lieu de région.

Depuis 2006, le nombre d’emplois non enseignants supprimés dans les services centraux et déconcentrés s’élève globalement à 2 900 ETP dont 2 550 ETP pour les académies (cf annexe 1). Les services académiques (rectorats et inspections académiques) ont absorbé plus des 2/3 de ces mesures.

b) départs en retraite et taux de remplacement des départs

Cependant, une forte érosion du nombre de départs en retraite a été constatée en 2009 : le nombre de départs effectifs s’est élevé à 745 contre 877 prévus initialement. Par rapport à 2008, le flux sortant est inférieur d’environ 20%.

(Comme c’est curieux ! On élève l’âge de la retraite, le nombre d’annuités… et les gens ne partent plus en retraite comme prévu ! Ils marchent sur la tête, ou quoi, « là-haut » ? C’est vrai qu’ils n’ont sans doute pas de soucis de ce genre…)

L’année 2009 est donc marquée par un changement de comportement des agents en raison de l’application d’une décote dans le calcul de la pension de retraite par trimestre manquant dans la durée d’assurance : pour les personnels non enseignants, le taux d’érosion entre 2008 et 2009 est estimé à 13% (services centraux, services académiques et EPLE).
En l’absence de recul suffisant sur ce nouveau comportement, la durée moyenne des reports de départs en retraite des agents ne peut être évaluée pour la période 2011-2013.

Dans une famille, en général, quand surgissent des difficultés financières, on essaie aussi de rogner sur beaucoup de choses… A ma connaissance, pourtant, on ne rogne qu’en dernière mesure sur le budget « éducation des enfants »… Mais l’État n’est évidemment pas une famille…

13 : le nombre magique… (suite)

Lundi 7 juin 2010

Après cette petite parenthèse qui nous a renvoyés plus de 150 ans en arrière, je reprends ces fameuses fiches qui vont permettre d’économiser des tas d’argent au gouvernement (on pourra toujours réutiliser cet argent pour traquer les gamins que l’école, ne pouvant plus s’occuper d’eux, rejette à la rue…).

6- Évolution de la taille des classes au collège

Il s’agit pour l’académie de procéder à une analyse du nombre d’élèves par division ou groupe d’élèves au regard des caractéristiques sociales et structurelles de l’académie, des niveaux et types de formation, et d’estimer les gains en emplois qui peuvent être générés dans le cadre d’une optimisation des effectifs dans les structures.

L’augmentation du nombre d’élèves par division (ou groupes) fait partie des mesures destinées à optimiser l’utilisation des moyens d’enseignement sans dégrader les résultats des élèves. Il n’est pas démontré en effet que la taille des classes ait un effet probant sur la réussite des élèves.

(Oui, on nous avait déjà dit ça pour l’école primaire : pas de raisons pour que les collégiens aient davantage besoin qu’on s’occupe d’eux…)

Au niveau national (France métropolitaine et DOM), le nombre moyen d’élèves par division (E/D) dans le second degré public tous niveaux confondus est passé de 24,1 à 23,9 entre les rentrées 2005 et 2009. Sur cette période il est resté stable en collège (24,0).

Une analyse probablement trop schématique montre que le surcroît de moyens au profit de certaines académies, pourtant significatif, ne permet pas d’atteindre une plus grande performance scolaire et d’égaliser les chances. Il est donc permis de douter de l’efficacité de l’emploi de ces moyens additionnels.

(Diminuer les moyens permettra sans doute davantage « d’atteindre une plus grande performance scolaire »… C’est marrant, j’aurais cru que ces « moyens supplémentaires », justement, permettaient de réduire le déficit de ces académies… Maintenant, évidemment, si on espère que cela permettra à une académie « ouvrière » – pour schématiser – d’atteindre les mêmes résultats qu’une académie « bourgeoise »… il y a nettement erreur sur les attentes !)

La méthode consiste donc à faire évoluer le nombre d’élèves par division puis à procéder au calcul du nombre théorique de divisions correspondant.

Exemple : Au sein d’un établissement, 240 élèves sont en 4ème dans 10 divisions soit un nombre d’élèves par division de 24,0. En augmentant le nombre d’élèves par division de 5 élèves on devrait obtenir : 240 / 29 = 8,3 divisions arrondi à 9 (gain d’une division).

Soit un gain théorique en ETP (sur la base d’un coût théorique d’une division de 29 heures) de 1(division) x 29(heures) /18 = 1,6.

(5 élèves de plus, rien que ça ! Et en moyenne, toujours ! En tenant compte des collèges ruraux qui, faisant baisser la sacro-sainte moyenne… conduiront donc leurs homologues urbains à dépasser largement les 30 élèves par classe !

Ceci dit… en 40 ans, j’en ai vu très peu, des classes à 24 élèves – telles que les prônait la réforme Haby, dans les années 70. Si je faisais la moyenne du nombre d’élèves de toutes mes classes – hormis les classes particulières comme CPPN, classes « techno » et autres -, je pense que je serais plutôt à 26-27 qu’à 24…)

7- Évolution du réseau des établissements

L’optimisation de l’utilisation des moyens de même que la nécessité d’une offre de formation diversifiée doit conduire à une évolution du réseau des établissements de petite taille (suppression, fusion, regroupements…).

(Ce qui signifiera, dans certaines régions, des transports scolaires d’une heure et plus pour rejoindre le collège… Mais qui se soucie des élèves ???)

Outre le coût de ces établissements pour les finances publiques (État et collectivités territoriales), cette situation peut nuire à la qualité de la formation dispensée : isolement des enseignants, multiplication des services partagés, difficulté à monter financièrement des projets pédagogiques, difficulté de faire intervenir des partenaires,…

(Mais… c’est qu’on parle pédagogie, dans ces fiches ! Et même qu’on s’attendrit sur le sort des enseignants ! Bon, d’accord, ça vient après le coût financier, mais bon, on y pense !)

A la rentrée 2009, au niveau national, on compte plus de 7900 établissements. Leur taille moyenne (métropole + DOM) est de 477 élèves en collège, 419 en LP et 950 en lycée.

Les établissements ayant 200 élèves ou moins représentent près de 6% du total des établissements et ceux ayant entre 200 et 300 élèves environ 11%.

(Les collèges à 700, 1000 élèves ou plus reviennent sans doute moins cher… Sauf peut-être en termes d’incidents divers, dégradations, bagarres et autres… Un enfant « anonyme » au milieu de 1000 autres sera sans doute plus tenté qu’un enfant « visible » et reconnu… Mais… au diable la psychologie ! On mettra des policiers référents, ça résoudra les problèmes !)

8- Réduction du volume des décharges dans le 2nd degré

Le terme de  » décharge  » est utilisé pour désigner des activités entraînant des aménagements aux obligations règlementaires de service d’enseignement devant élèves (ORS) des personnels enseignants.

C’est à un recensement des activités qu’elles recouvrent qu’il faut procéder pour se limiter à celles qui seront considérées comme confortant l’acte éducatif. C’est une mesure à  » la main des recteurs  » car il apparait par exemple que la mobilisation d’heures d’un professeur pour coordonner l’activité pédagogique en 6ème peut être utile dans certains collèges et pas dans d’autres.

Pour l’année scolaire 2009-20101, près de 357 000 heures de décharges, soit l’équivalent de 19 827 ETP, ont été accordées à près de 181 000 enseignants, ce qui représente une moyenne de 2 heures hebdomadaires de décharges par enseignant [déchargé]. Les décharges représentent 5,4% des effectifs d’enseignants affectés en établissement, elles sont en baisse de -2,7% cette année.

Les décharges non statutaires représentent 40% de l’ensemble des décharges, soit 2,1% des effectifs d’enseignants en établissement. Les 2/3 des décharges non statutaires relèvent de la responsabilité de l’établissement (soutien scolaire, chorale, coordination disciplinaire…), le 1/3 restant relevant de la responsabilité de l’académie (missions académiques, formation et utilisation des TICE…).

(Ça sert à quoi, le soutien scolaire, hein ? Autant le supprimer ! Et la chorale ? Ça a une utilité quelconque, la chorale ? A part permettre à des enfants d’apprendre à former un groupe, à travailler pour le plaisir, à s’écouter les uns les autres, à découvrir leur propre voix et celle des autres, voire à se produire en public et récolter fièrement des ovations – que certains n’auraient peut-être pas dans les « matières scolaires »… D’ailleurs, on devrait peut-être aussi supprimer les enseignements d’Education Musicale, d’Arts Plastiques et d’Education Physique et Sportive… Ça en ferait, tout ça, des économies !

Je n’ai jamais vu, en collège, de collègues ayant une décharge pour « coordination disciplinaire » – entendez par là les collègues qui se chargent – bénévolement à ma connaissance – de regrouper et dispenser les informations concernant leur matière, de prévoir les épreuves communes, d’organiser le matériel pédagogique commun, etc.. Par contre, je sais que les professeurs ayant certaines matières à expérimentation – sciences par exemple – ont une heure de « labo », dite aussi « de vaisselle » pour préparer et ranger les matériels utilisés en cours. Il me semble me souvenir que ces heures ont été réduites, voire supprimées pour certaines matières…

Ce qui existe aussi… c’est les heures de décharge pour l’informatique : un collègue – généralement de Technologie – se voit attribuer la responsabilité du parc informatique du collège : à lui de veiller à son bon état, à le dépanner, le compléter… Ça coûte nettement moins cher que de faire appel à un technicien… C’est sans doute pour cela que le ministre ne cite pas cet exemple de décharge…)

Le taux de compensation des décharges  » mono-motif  » non statutaires est de 31,8% : 16,9% pour les ARA et 38,9% pour les ARE. Les décharges non statutaires non compensées représentent près de 51 000 heures, soit 2 828 ETP.

9- Optimisation du remplacement dans le 2nd degré

Les remplacements des enseignants absents sont assurés soit en ayant recours aux titulaires de zone de remplacement ou à des agents non titulaires (contractuels ou vacataires), soit en faisant appel, notamment pour les courtes absences, aux enseignants de l’établissement rémunérés en heures supplémentaires.

Un dispositif spécifique, régi par le décret n°2005-1035 du 26 août 2005, a été créé concernant le remplacement des enseignants absents pour une courte durée (inférieure à 15 jours). Il peut être demandé aux enseignants de remplacer ponctuellement leurs collègues absents pour une durée inférieure ou égale à deux semaines, dans la ou les disciplines qu’ils enseignent habituellement, en privilégiant le volontariat et en les rémunérant en heures supplémentaires. Ce dispositif donne lieu à la mise en place de protocoles à l’initiative des chefs d’établissement.

(Il faut avouer que cette loi n’a pas très bien marché… Prendre en charge, en plus de ses classes, une autre classe dont on ne sait ni ce qu’elle étudie ni où elle en est du programme, cela signifie un surcroît de travail énorme, même pour moins de 2 semaines !

Quant aux absences de plus de 15 jours… vu qu’on a supprimé une grande partie des Titulaires de Zone de Remplacement (TZR pour les initiés)… elles sont remplacées de plus en plus tardivement ! Évidemment, l’idée qu’on puisse payer un titulaire qui restera chez lui peut-être un mois dans l’année au total fait mal au portefeuille ! L’appel aux non-titulaires, outre qu’il coûte moins cher, permet de les renvoyer chez eux « gratuitement » ensuite…)

Les remplacements des enseignants absents pour une durée supérieure à deux semaines sont assurés par des titulaires de zone de remplacement ou par des agents non titulaires (contractuels ou vacataires), ces remplacements sont régis par le décret n°99-823 du 17 septembre 1999.

Au cours de l’année scolaire 2009-20101, le besoin de remplacement et de suppléance [des congés de plus de 15 jours] des enseignants affectés en établissement est relativement stable par rapport à l’année scolaire précédente ; il s’établit, en janvier 2010, à 13 720 ETP, soit 3,98% de la population enseignante affectée en établissement (4,01% en janvier 2009).

Pour couvrir ces absences, les académies disposent d’un potentiel total brut de 13 190 ETP, en baisse de près de 17% par rapport à l’année scolaire précédente. Les moyens enseignants affectés de façon permanente au remplacement et à la suppléance se distinguent par deux notions : le potentiel brut et le potentiel net ; ce dernier ne comprenant que les personnels réellement disponibles pour effectuer, dès que nécessaire, un remplacement ou une suppléance. En 2009-2010, le potentiel net représente 9 068 ETP. L’écart entre le potentiel brut et le potentiel net, communément appelé  » pertes de potentiel  » représente 4 122 ETP.

Le taux d’efficacité du remplacement et de la suppléance est stable et s’établit à 96,23% cette année1. Quant au taux de rendement, il est de 83,44%, en hausse de plus de 3 points cette année par rapport à l’année précédente sur la même période. Cette hausse du taux de rendement, annonçant une mobilisation plus importante du potentiel de remplacement et de suppléance, résulte d’une baisse sensible du potentiel pour un besoin stable.

Pour optimiser le remplacement dans le 2nd degré, deux principaux leviers peuvent être actionnés :
- la réduction des pertes de potentiel, écart entre le potentiel brut et le potentiel net,
- l’amélioration du taux de rendement du potentiel net (fortes disparités académiques).

¢ Les pertes de potentiel représentent 4 122 ETP en 2009-2010, soit 31,25% du potentiel brut. Cette proportion varie sensiblement d’une académie à l’autre variant de 22,90% à 61,11%. Ces pertes de potentiel sont de plusieurs natures :

- Les quotités faibles, inférieures à 33% de l’ORS difficilement mobilisables, représentent 1 048 ETP, soit 7,9% du potentiel brut. La part de ces petites quotités varie de 2,8% à 14,6% selon l’académie.

- Les enseignants indisponibles représentent 576 ETP, soit 4,4% du potentiel brut. Près de la moitié des enseignants indisponibles le sont pour assurer des missions académiques (49%), d’autres sont dans l’incapacité provisoire d’enseigner (41%), 3% sont prêtés à des organismes extérieurs…

- Les congés des remplaçants représentent 919 ETP, en baisse de -13,6%. Ils représentent 7% du potentiel brut.

- Les surnombres disciplinaires représentent 1 579 ETP, soit 12% du potentiel brut. Ils sont en forte baisse cette année : -24,9%.

Bon, on parlera du lycée une autre fois…

(Parenthèse)

Dimanche 6 juin 2010

Envie de vous faire partager une de mes récentes lectures…

Les salles d’asile sont en réalité des établissements de première éducation où les enfants des deux sexes reçoivent, jusqu’à l’âge de sept ans, les soins que réclame leur développement physique et moral.
Dans les autres écoles, l’enfant, pendant de longues heures, est condamné à l’immobilité et contraint de se livrer à un travail qui n’a aucun attrait pour lui ; à la salle d’asile, au contraire, on s’est efforcé de suivre plutôt que de contrarier les impulsions de la nature, et de donner satisfaction aux tendances du jeune âge.
Ainsi l’enfant aime le mouvement, l’action, le bruit : il a besoin de varier sans cesse ses occupations, ses jeux, ses attitudes ; il est imitateur et contrefait volontiers les gestes, les manières des autres enfants ; il est questionneur, et demande à tout propos : Qu’est-ce que cela ? Pourquoi cela ?
Cette mobilité perpétuelle, cette turbulence, cette singerie imitative, cette incessante curiosité, sont évidemment des ressorts providentiels, qui ont pour but d’amener le développement intégral des facultés physiques et intellectuelles de l’enfant. Comprimer ces ressorts, c’est entraver ce développement, au détriment de sa santé et de son esprit.
[...]
A la salle d’asile, les leçons ne durent jamais plus de dix à quinze minutes, après quoi viennent les exercices corporels. [...]
Les leçons comprennent les premiers éléments de l’instruction religieuse, de la lecture, de l’écriture, du calcul verbal et du dessin linéaire. Des tableaux représentant des sujets tirés de l’histoire sainte, des animaux, des plantes, donnent lieu à des récits ou à des explications simples sur l’histoire naturelle, l’agriculture, la géographie, etc. Puis viennent les leçons de choses, dans lesquelles la directrice, en montrant aux enfants une image représentant un objet, ou cet objet lui-même, leur adresse une série de questions auxquelles ils répondent tous à la fois. [...]

(Je passe sur les descriptions de jeux, chansons, travaux manuels, exercices physiques…)

[...]
Oui, la crèche,la salle d’asile et l’école primaire, partout où elles existent simultanément, améliorent et transforment, au moral comme au physique, les générations naissantes. C’est à l’État, c’est aux administrations locales, c’est aux bons citoyens, c’est aux dames surtout, sans l’inspiration desquelles rien de bien ne se réalise, qu’il appartient de provoquer partout la création de nouvelles crèches et de nouveaux asiles.
Sans doute, il y a la question d’argent qui souvent paralyse la bonne volonté des administrateurs. Mais qu’on y songe. Des institutions qui tendent à prévenir la maladie, le désordre et la misère, préparent pour les travaux de l’agriculture et de l’industrie, aussi bien que pour l’armée, des hommes bien conformés, laborieux et tempérants ; de telles institutions rapportent à l’État et aux communes plus qu’elles ne leur coûtent.

Ne voilà-t-il pas de beaux sujets de réflexion ?

Bien sûr, vous aurez traduit « salles d’asile » par « écoles maternelles ». Comme les crèches, elles ont été créées au départ par des personnes soucieuses de ne pas laisser à l’abandon les enfants des classes laborieuses des villes. Puis progressivement prises en charge par l’État.

Par un décret en date du 16 mai 1855, les salles d’asile de France ont été placées sous la protection de l’Impératrice Eugénie.

Vous aviez bien perçu qu’il s’agissait là d’un texte ancien… C’est un article de L.-A. Bourguin, in La Ruche parisienne (Journal illustré paraissant tous les samedis) n° 38, daté du 11 juillet 1857…

13 : le nombre magique…

Jeudi 3 juin 2010

Merci à Axel du lien sur son blog, qui m’a permis de prendre connaissance de l’article de l’Humanité et, ensuite, des 13 Fiches Magiques envoyées aux Rectorats…

Vous êtes sans doute déjà au courant : le ministère de l’Éducation (encore Nationale… pour combien de temps ?) a envoyé ces 13 Fiches aux Rectorats, charge à eux de les remplir pour faire le bilan… des postes qui peuvent être supprimés…

Ben oui… Si les mots d’ordre officiels concernant l’Éducation sont « meilleure formation », « augmentation du taux de réussites », « aide aux élèves en difficulté », LE vrai mot d’ordre est : FAIRE DES ÉCONOMIES. Et cela passe, évidemment, par la suppression des postes d’enseignants… (quitte à inventer des « policiers référents » pour « compenser » – ? – le trop faible nombre d’adultes dans les établissements scolaires…).

C’est le site du Café pédagogique qui a eu vent de ces fiches – évidemment non destinées à la publication ! – ; à croire que certains inspecteurs à qui était dévolu le soin de les remplir… en étaient pour le moins choqués…

J’ai lu les fiches en question… et vous offre un petit condensé afin que vous sachiez de quoi il est question…

1 Augmentation de la taille des classes dans le 1er degré

Hors cas ou situations spécifiques, les études et expériences les plus récentes indiquent que la diminution des effectifs dans les classes n’a pas d’effet avéré sur les résultats des élèves et que les très petites écoles ne s’avèrent plus toujours performantes.

(Vous avez dit « suivi individualisé » ???)

La réduction ou le maintien de la taille des classes doit ainsi être réservée aux secteurs relevant de l’éducation prioritaire et être strictement accompagnée (pédagogie) et encadrée (évaluation).
L’augmentation de la taille des classes peut donc être globalement envisagée sans dégradation des résultats des élèves.

La taille moyenne des classes connaît une certaine stabilité depuis plusieurs années.
En France métropolitaine et dans les départements d’outre-mer, le nombre d’élèves par classe (Préélémentaire+Elémentaire+ASH) est passé de 23,28 en 1999 à 23,46 en 2009. En préélémentaire ce taux est égal à 25,54 et à 22,65 en élémentaire.
En théorie, une augmentation de 1 élève par classe en moyenne devrait se traduire, au niveau national, par une économie de près de 10 000 classes, soit un peu plus de 4% du contingent total. Dans les faits, la hausse du seuil d’une unité ne pourra se traduire que par une remontée beaucoup plus limitée du nombre moyen d’élèves par classe (0,6 ou 0,7).

(En théorie… Parce que, dans les faits, pour arriver à cette « moyenne », on additionne des classes à 10 élèves et des classes à 30… Comme les classes à 10 – communes rurales, isolées… – ne risquent guère d’augmenter le nombre de leurs élèves, ce sont les autres qui devront l’augmenter d’autant… pour que la sacro-sainte « moyenne » soit respectée !)

La fermeture de petites écoles est progressive sur le moyen terme et peut encore progresser, en accord avec les communes concernées. En effet, à la rentrée 2009, on recensait 4 971 écoles à classe unique et 11 538 écoles avaient une ou deux classes, soit 23,56 % des écoles. Le nombre de RPI a augmenté ces dix dernières années : il est passé de 4 636 à 4 879 mais dans certaines académies, des regroupements de ce type devraient être développés.

(Très intéressant… Que les gamins soient contraints de se lever à 6 h pour attraper le car de ramassage, qu’ils ne rentrent chez eux qu’une douzaine d’heures plus tard n’aura évidemment aucune incidence sur leur cursus scolaire ni sur leur santé ! Et puis… les parents seront bien obligés de trouver d’autres solutions pour leurs enfants que l’école maternelle ! Autant d’économies…)

2- Réduction du besoin de remplacement dans le 1er degré

Il s’agit pour l’académie d’explorer une voie qui consiste à organiser tout ou partie des sessions de formation continue en dehors des pics d’absence (automne et printemps) ou mieux, en dehors du temps scolaire (mercredi après-midi et pendant les vacances scolaires).

(Mieux, évidemment ! Justement, les instits ne savent pas quoi faire, le mercredi après-midi et pendant leurs vacances… Et les formateurs non plus…)

Par ailleurs, une piste d’optimisation du coût en emplois du remplacement réside dans le recours à des non titulaires en substitution à des titulaires pour assurer une part du remplacement, les non titulaires présentant une ressource plus flexible dont le rendement est proche de 100 %.

(Pourquoi ne pas remplacer les titulaires par des non titulaires, s’ils ont un tel « rendement » – ? – Autant d’économisé !)

Dans le cadre de la réforme du recrutement, il est judicieux d’offrir à des étudiants la possibilité de se familiariser avec la pratique enseignante, en dehors des stages déjà prévus pour les étudiants en master.

(Ça ne vous dérange pas, qu’on confie vos enfants à un étudiant, pour qu’ils le forment ?)

Les cas de figure suivants doivent être examinés :

- le recours aux non -titulaires sur les besoins de remplacement courts, les titulaires étant mobilisés sur les absences de longue durée ;
- le calibrage du remplacement en titulaire sur le niveau moyen annuel du besoin de remplacement et le « financement » des pics d’absence par le recours aux non-titulaires.

En revanche, il est possible d’envisager l’organisation hors du temps scolaire de la formation continue à destination des enseignants organisée dans le cadre des programmes académiques ou départementaux de formation.

Cette pratique existe déjà à des degrés divers dans les académies ; il s’agit a minima d’en accroître l’importance.

- L’enquête DGESCO  » contrôle de l’utilisation des emplois  » auprès des recteurs et des IA à la rentrée 2009, recense 25 819,25 emplois affectés au remplacement en métropole+DOM, soit 8,32 % des emplois d’enseignants du premier degré du programme 140. La répartition de ces emplois est la suivante :
- stages longs ASH : 761 emplois (0,25 % des emplois) ;
- formation continue : 3 133,5 emplois (1,01 % des emplois) ;
- maladie maternité : 21 924,75 emplois soit 7,06 % des emplois).

S’agissant de la substitution de vacataires pour assurer le remplacement des maîtres pour congés de maladie et maternité, il est demandé d’estimer les hypothèses suivantes :

- recours à des non-titulaires à hauteur de 80 % pour les absences de moins de deux jours, de 50 % de trois à cinq jours, de 25 % entre six et dix jours, les vacataires étant supposés avoir un rendement de 100 % ;
- même simulation si l’on se limite aux congés courts prévisibles ;
- calibrage du potentiel de remplacement sur le nombre moyen annuel d’absences journalières (toutes causes confondues) et financement du surplus par des non titulaires avec deux variantes : financement à 100 % du besoin de remplacement et maintien du taux de remplacement actuel.

3 – Baisse de la scolarisation des enfants âgés de deux ans

(Oui, vous savez, ceux qui font la sieste et dont on change les couches…)

I) Définition de la mesure

Il s’agit pour les académies de mesurer les gains en emplois qui peuvent être générés par une baisse de la scolarisation à deux ans lorsque celle-ci peut être considérée comme le « fruit de l’histoire » et ne correspond pas aux objectifs d’égalité des chances assignés à cette politique.

(Là, j’avoue que j’aurais besoin d’explications sur le « fruit de l’histoire » et les « objectifs d’égalité des chances »…)

Les études disponibles ne démontrent pas que la scolarisation à deux ans constitue un avantage évident dans toutes les situations par rapport à d’autres modes de garde alternatifs.

(Ah ! La maternelle est un « mode de garde » ? Je croyais que c’était un moyen d’éducation…)

Sur la base du constat de la rentrée 2009, l’approche générale consiste à calculer les effectifs des écoles sans tenir compte des enfants de moins de deux ans scolarisés, puis d’appliquer à ces écoles les seuils d’ouverture de classes de l’inspection d’académie concernée.

Lorsque la pratique des seuils d’ouverture a été abandonnée, vous retiendrez les seuils suivants : 27 élèves pour les maternelles relevant de l’éducation prioritaire, 32 élèves pour les autres.

(J’aimerais bien les voir, ces messieurs décideurs, face à 32 bambins de 3 ans, pendant toute une journée !)

Le gain en emplois se calculera en prenant en compte les éléments suivants :
- nombre de fermetures liées à la  » déscolarisation  » des deux ans (toutes écoles, hors éducation prioritaire et en éducation prioritaire) ;
- incidence sur le nombre moyen d’élèves par classe, toutes écoles confondues, hors éducation prioritaire et éducation prioritaire ;
- nombre total de fermetures proposées en tenant compte du nombre d’élèves par classe (toutes écoles, hors éducation prioritaire et en éducation prioritaire).

4- Sédentarisation des enseignants « hors la classe »

(« sédentarisation » : comprenez que les enseignants en question vont être tout simplement réintégrés dans le « bloc commun » et affectés dans une classe.)

Un indicateur LOLF recense la part du potentiel enseignant en responsabilité d’une classe. Il représente 83,07 % des emplois. Cet indicateur correspond à plus de 52 000 emplois.
Cela étant, le nombre des enseignants  » hors la classe  » peut être limité à certaines catégories de personnels :
- les enseignants chargés de la prévention et du traitement des difficultés scolaires (dont RASED) : 12 918,5 emplois ;
- les enseignants qui accueillent les primo-arrivants : 920,75 emplois ;
- les enseignants affectés à la scolarisation des enfants malades ou handicapés, hors classe d’inclusion scolaire et classe d’adaptation : 4 102 emplois ;
- les enseignants affectés à l’enseignement à l’extérieur des écoles : 1 987,5 emplois ;
- les conseillers pédagogiques : 3 618,25 emplois ;
- les personnels en situations diverses (MAD, fonctions exceptionnelles, PACD/PALD, décharges syndicales) : 1 783,5 emplois.

Ces personnels représentent 25 353,5 emplois à la rentrée 2009.

La durée de l’enseignement scolaire dans le premier degré est désormais fixée à vingt-quatre heures hebdomadaires dispensées à tous les élèves auxquelles s’ajoutent deux heures d’aide personnalisée en très petits groupes pour les élèves rencontrant des difficultés dans leurs apprentissages. Cet effort représente l’équivalent de 16 000 postes d’enseignants entièrement dédiés à aider les élèves qui en ont le plus besoin.

Dans ce nouveau contexte, la contribution des enseignants spécialisés des RASED, qui s’ajoute à cet effort, doit évoluer.

(On a déjà commencé à les supprimer, d’ailleurs…)

Plusieurs scénarios doivent être examinés :

- suppression des seuls maîtres G (non-remplacement des départs en retraite et affectation en classe) et poursuite de la politique de sédentarisation des maîtres E dans les écoles où la difficulté scolaire se manifeste le plus (sans économie) ;
- suppression des maîtres G et des maîtres E ; pour ces derniers, il convient d’estimer quel est le besoin de maîtres E maintenus en  » surnuméraires  » dans les écoles, voire dans des structures ad hoc (milieu rural par exemple) ;
- un troisième scénario intègre, en plus du scénario précédent, la mise en extinction des psychologues scolaires.

(maîtres E, chargés de l’aide pédagogique, maîtres G, rééducateurs : gens inutiles s’il en fut !)

S’agissant des autres enseignants n’assurant pas la responsabilité d’une classe, conseillers pédagogiques ou « faisant fonction », personnels assurant des fonctions d’animation, de soutien et de coordination pédagogiques ou des fonctions administratives, postes dits  » exceptionnels « , les  » taux d’encadrement  » sont très variables et ne correspondent pas nécessairement aux caractéristiques territoriales et structurelles. Des marges d’optimisation existent et doivent être mises en œuvre. Il s’agit également de recentrer ces personnels sur la politique éducative, d’éviter la dispersion de leur activité au profit d’activités périphériques et de réexaminer le bien-fondé de certaines situations, qui correspondaient à des besoins ponctuels.

A la rentrée 2009, environ 2 000 emplois de RASED ont été supprimés, ces emplois étant principalement occupés par des professeurs des écoles qui n’étaient pas titulaires d’un diplôme d’enseignement spécialisé. 248 emplois affectés aux besoins éducatifs particuliers ont été supprimés. Au total, 2 200 emplois ont été supprimés, alors qu’une mesure de suppression de 3 000 emplois était inscrite au PLF 2009. Par ailleurs 1 248 emplois de RASED ont été affectés en surnuméraire auprès d’une ou deux écoles concentrant des difficultés sociales importantes.

Les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de cette mesure montrent qu’elle nécessite une affirmation et un accompagnement politiques importants. Il vous est demandé ici un exercice d’évaluation du besoin minimal en maîtres E et des conséquences en termes de libération d’emplois de l’absence de recrutement nouveau de psychologues scolaires et de maîtres G.

S’agissant des conseillers pédagogiques ou  » faisant fonction  » (3 618,25 emplois) au nombre d’environ 3 620), le ratio d’encadrement moyen est de 89 enseignants par conseiller et le ratio le plus élevé de 116 enseignants par conseiller. Il est probable que la  » bonne cible  » nationale est comprise entre les deux. Aussi, vous est-il demandé de procéder à un examen de l’activité des conseillers pédagogiques et de leur productivité.

(Oui… un conseiller pédagogique peut facilement prendre en charge une bonne centaine d’enseignants, voire plus… Il n’a pas grand chose à faire…)

Pour les enseignants assurant d’autres fonctions (animation, coordination, activités au profit d’autres organismes), la pertinence de ces missions doit être réévaluée.

Ce vivier doit être recentré sur les missions prioritaires du système éducatif et constitue une véritable marge.

Au titre de l’action  » besoins éducatifs particuliers  » (RASED, scolarisation des enfants handicapés,…), pour une moyenne nationale de 7,75 %, les taux vont de 6,33 % à 9,50 % en métropole seule. Pour le pilotage et l’encadrement pédagogique, pour une moyenne nationale de 4,48 %, les taux vont de 3,7 % à 5,75 %.

Sur la base des projections de départs de maîtres G et de psychologues scolaires et en supposant un niveau de recrutement nul, une fois les départs en formation déjà actés pris en compte, il est demandé d’en déterminer l’incidence sur les emplois.

(Psychologues scolaires ? Ça sert à quelque chose, ces bêtes-là ?)

S’agissant des maîtres E, vous indiquerez le niveau cible correspondant au volume minimum, qu’il vous paraît souhaitable de maintenir soit en surnuméraire dans les écoles où les élèves rencontres les difficultés scolaires les plus importantes, soit dans des structures ad hoc permettant de garantir un maillage territorial suffisant. Il vous appartient de déterminer le rythme d’atteinte de cette cible en utilisant les marges offertes par les départs en retraite et l’affectation de ces enseignants devant une classe.

5 – Intervenants extérieurs en langue vivante et assistants étrangers dans le premier degré

Il s’agit pour l’académie d’examiner dans quelles conditions des emplois d’intervenants extérieurs en langue vivante et d’assistants étrangers peuvent être supprimés sans nuire à la qualité de la formation dispensée aux élèves.

Depuis plusieurs années, le cursus des professeurs des écoles leur permet d’être habilités à enseigner les langues vivantes à l’école. Ce sera également le cas des professeurs des écoles recrutés à compter de la rentrée 2010.

(Ah ben ! S’ils sont habilités, c’est qu’ils sont capables, pas vrai ?)

Le nombre d’emplois délégués pour la rentrée 2010 est le suivant :
- assistants étrangers : 1 059 emplois
- intervenants extérieurs : 1 475,5 emplois

L’écart entre le nombre d’emplois délégués et la consommation est très important de l’ordre d’un millier d’emplois ; la suppression de ce volume d’emplois devrait donc être sans conséquence sur l’enseignement des langues.

Je vous parlerai un autre jour du collège et du lycée…