Archive pour le mot-clef ‘Formation’

Voilà pourquoi votre fille est muette…

Dimanche 5 février 2012

Suite à l’excellent billet de Lucien sur le « burn out » des enseignants,
Épuisement professionnel des enseignants : enfin une étude !
permettez que je m’interroge un peu sur les raisons de cet épuisement ressenti par beaucoup trop de collègues : qu’est-ce qui fait qu’un enseignant « lambda » va en être atteint ?

Je me garderai bien ici de faire des comparaisons avec tel ou tel autre métier, telle ou telle autre fonction ; je me contenterai de décrire, aussi objectivement que possible, les caractéristiques de ce métier.

« Lambda », donc, débarque dans un établissement fin août ou début septembre. Avec un peu de chance, c’est un établissement « lambda », sans (trop de) problèmes particuliers. Il fait connaissance avec quelques collègues, reçoit quelques conseils ou suggestions, est initié à quelques particularités administratives ou autres. Il reçoit son emploi du temps, la liste de ses classes (oui, je parle plus facilement d’un enseignant en collège… j’en ai davantage l’expérience… mes lecteurs auront l’obligeance d’adapter pour les autres enseignants…).

Une fois qu’il sait à qui il va s’adresser, rentré chez lui, Lambda prépare ses « cours de rentrée » qui sont à la fois prise de contact, annonce du programme et de la démarche pédagogique. Ce n’est pas très facile, avec un public totalement virtuel, c’est aussi un peu angoissant : comment va-t-il être perçu des élèves ? Comment ceux-ci vont-ils le « tester » ? Quelle image veut-il donner ? Les premières prises de contact sont toujours angoissantes, même quand on est dans le même établissement depuis plusieurs années : l’alchimie d’une classe est toujours imprévisible, quelles que soient les précautions prises pour la composer. Même une classe « qui marchait bien » et qu’on a quasiment reconduite l’année suivante, peut se montrer très différente : des évolutions personnelles pendant l’été, des événements qui ont affecté tel ou telle, l’irruption d’un nouveau, la contestation de l’emploi du temps ou de la liste des professeurs…

Face à la classe, Lambda se montre sûr de lui, tente de cerner son public, répond calmement aux questions (je ne parle pas ici d’un débutant sans formation, pour qui la situation est évidemment bien pire !), expose le travail de l’année. Il essaie de retenir quelques noms, quelques réactions, repère quelques têtes « sûres » ou « à suveiller »… Puis passe à une autre classe…

A la fin de la première journée, il essaie de se faire une idée des classes vues, de la manière dont il va aborder son programme avec celle-ci ou celle-là. Il va parfois se renseigner auprès d’un collègue sur tel élève qu’il a remarqué. Et il rentre chez lui…

Les non-enseignants ont tendance à penser qu’un prof a préparé ses cours « une fois pour toutes », ou à peu près. C’est loin d’être le cas pour la grande majorité des profs ! Même si le programme n’a pas changé (et il change quasiment avec chaque nouveau ministre !), l’enseignant adapte son cours à son public : une même notion grammaticale, par exemple, vue dans deux classes de même niveau, ne sera pas forcément étudiée de la même manière. Quand il prépare son cours, l’enseignant a en tête la classe à laquelle il va s’adresser : telle notion sera trop ardue, tel exercice trop difficile (ou trop facile !), un brin d’humour sera bienvenu ici, à proscrire là… Le travail de préparation est précis et contraignant… et ne garantit malheureusement pas le succès ! Avoir passé une ou plusieurs heures à préparer un cours et faire le bilan, une fois le cours terminé, que peu d’élèves semblent avoir bien compris la notion étudiée… est non seulement vexant, mais angoissant : comment faire pour revenir sur cette notion, comment aborder à nouveau le sujet pour une meilleure réussite – et sans que les élèves aient l’impression qu’on leur rabâche la même chose ?…

C’est un métier où les constats d’échec sont fréquents : avec des élèves particuliers, bien sûr (faibles, inattentifs, contestataires…), mais aussi avec la classe, plus globalement. Et un constat d’échec oblige à une remise en question personnelle, ce qui est toujours douloureux. Avoir eu l’impression que les cours « passaient bien »… et s’apercevoir, lors d’un contrôle un peu global, que la majorité des élèves n’a rien compris… remet en cause le travail de plusieurs séances : frustrant ! Si Lambda a la chance de côtoyer un ou plusieurs collègues travaillant un peu dans le même sens, il essaiera d’en discuter avec eux. Ce n’est pas forcément possible : d’abord parce que, dans certaines matières, il est le seul de l’établissement ; ensuite, parce que les collègues de la même matière n’ont pas forcément les mêmes objectifs, les mêmes méthodes, les mêmes façons de percevoir les élèves… Si on lui répond, par exemple, « De toutes façons, ils ne fichent jamais rien ! »… Lambda n’est pas beaucoup plus avancé…

En dehors des strictes questions pédagogiques, se posent aussi des questions relationnelles, avec tel ou tel élève, avec telle ou telle classe… Un conflit avec une classe est une situation extrêmement pénible : si on ne parvient pas à le désamorcer rapidement, l’hostilité va grandir et devenir un état d’esprit… Il m’est arrivé de faire appel à un collègue ou à un principal dans certains cas… Si c’est un élève particulier qui est en conflit, après tentatives personnelles de le résoudre, mieux vaut faire appel à quelqu’un d’extérieur : collègue, parent, principal…

Ces remises en question, que tout enseignant fait de lui-même, ne sont pas les seules… Des collègues, des élèves, des parents d’élèves, des principaux, des inspecteurs… peuvent aussi contester tel ou tel aspect de l’enseignement. Il faut alors répondre, expliquer, se justifier, face à des accusations plus ou moins violentes, plus ou moins acerbes. C’est très difficile, d’autant plus si l’interlocuteur est agressif… Il m’est arrivé une fois de sortir de la salle où je recevais un parent d’élève, tant la discussion tournait à l’agression systématique… Garder son calme quand l’interlocuteur vous accuse d’incompétence est un exercice qui fait vite monter la tension !

Tout cela, c’est l’ordinaire « normal » d’un enseignant… A quoi il faut ajouter les remises en question « politiques » (les enseignants n’apprennent plus rien aux élèves, ne sont pas fichus de faire respecter la discipline, et autres critiques de ce genre émises par des personnalités diverses), reprises évidemment par les média… et donc par le public (les enseignants sont bien payés pour ne pas faire grand chose… Ils travaillent 18 heures par semaine…). A quoi il faut ajouter les réformes, la diminution drastique de la « formation continue », la disparition de la formation initiale, les exigences de plus en plus nombreuses quant aux « tâches annexes » (entre autres, de plus en plus de choses à rentrer dans les ordinateurs !), les menaces pesant sur la profession (accroissement du nombre d’élèves par classe, « assouplissement » de la carte scolaire, regroupement d’établissements, et j’en passe !)…

Il y a des enseignants qui craquent ou sont près de craquer ? Je m’étonne qu’il n’y en ait pas davantage…

Science sans conscience…

Mardi 23 août 2011

Si les élèves de 1ère L et ES, alertés par les débats de toutes sortes, se jettent à la rentrée sur leur manuel de Sciences de la vie et de la terre, ils risquent fort, à mon humble avis, d’être déçus…

Pourtant, la polémique fait rage, paraît-il…

L’homosexualité enseignée à l’école : une pilule qui passe mal

L’introduction, dans les manuels scolaires de la rentrée, d’un chapitre sur l’orientation sexuelle heurte plusieurs associations familiales.

Pour l’éditeur Bordas, «les textes évitent tout esprit polémique (notamment l’influence des religions) et ne font qu’aborder de façon non choquante des questions de société largement médiatisées par ailleurs». Nulle part en effet il est écrit que les élèves doivent multiplier les expériences sexuelles. Mais Familles de France redoute que ces quelques lignes n’entraînent «plus de grossesses précoces et de cas d’infections sexuellement transmissibles».

Les paragraphes sur cette question dans le manuel Bordas.

Si vous avez la curiosité, comme moi, de lire la page incriminée (une page sur plus de 200…), vous contesterez peut-être le titre de Libération : peut-on dire que l’homosexualité soit « enseignée » ici ? On en parle, certes… et alors ?

J’aimerais bien que « Familles de France » m’explique comment parler de l’homosexualité risque d’entraîner « plus de grossesses précoces »… Voir leur lettre au président de la République :

Voulez vous être responsables de plus de grossesses précoces et de cas d’infections sexuellement transmissibles ?

Les « protestataires » s’abritent derrière le fait que ces quelques paragraphes (dans cette édition ou dans une autre) s’appuieraient sur une théorie du « gender », laquelle serait philosophique et non scientifique. J’ignorais jusqu’à ce jour cette théorie qui dit, d’après ce que j’ai lu, que l’identité sexuelle résulte non seulement du sexe génétique, mais aussi de l’environnement socio-culturel. Suis-je totalement stupide ? Je ne vois rien de révolutionnaire là-dedans… Sauf erreur de ma part, l’homosexualité des Grecs anciens était en partie due au fait qu’ils passaient de nombreuses années dans l’armée… Je me trompe ?

Je me souviens aussi avoir lu que le sexe génétique (XX ou XY) n’était pas toujours en accord avec le sexe physiologique (organes) ou hormonal… Anomalies, peut-être, mais bien scientifiques, celles-là…

Voici ce que dit le site Genethique sur cette théorie du genre :

La théorie du gender au lycée : un enseignement idéologique

la théorie du gender a d’abord été l’outil idéologique et subversif d’un féminisme militant : au nom de la non-discrimination entre l’homme et la femme, elle rejette le fondement biologique des sexes comme donné naturellement identifiant pour la personne et affirme que la différence entre l’homme et la femme relève exclusivement d’une construction sociale. Les genres masculins et féminins consistent en des « rôles » socio-culturels arbitraires qu’il est donc possible de déconstruire. En conséquence, aucun dynamisme naturel ne pousse l’homme et la femme l’un vers l’autre : cette inclination ne relève elle aussi que de conditionnements sociaux. Dans cette perspective, c’est l’orientation sexuelle (homosexuelle, hétérosexuelle, bisexuelle, transsexuelle) qui doit primer sur le sexe biologique, génétiquement déterminé par les chromosomes sexuels XX ou XY.

(C’est moi qui souligne : je n’irai sans doute pas lire les textes « officiels » de cette théorie, mais cela m’étonnerait qu’elle nie les différences biologiques !)

Le milieu éducatif et les parents d’élèves ont fermement dénoncé l’intrusion abusive de cette idéologie dans le programme de biologie. Regroupés au sein du collectif « L’école déboussolée », les enseignants du public ont envoyé au ministre de l’Education nationale Luc Chatel une pétition réunissant 33 000 signatures : celui-ci a refusé tout dialogue. Les Associations familiales catholiques (AFC) et l’enseignement catholique ont également protesté.

Je ne sais si L’école déboussolée est un regroupement d’enseignants : je n’ai rien vu dans ce site qui l’indique. Si le site comptabilise effectivement plus de 36 000 signatures à sa pétition, il n’affiche que 6 messages d’enseignants entre le 17 et le 27 juin, et aucun autre depuis…

Pour le philosophe Thibaud Collin, auteur d’essais sur ces questions, « la prime à l’indifférenciation sexuelle promeut en fait l’homosexualité. Ces théories sont une tête de pont pour un changement radical de société ». La dissociation de la sexualité et la procréation est alors consommée : la révolution culturelle voulue par le gender promeut les « droits » à la contraception, à l’avortement et à la procréation artificielle.

Oh ! Les vilains ! Vous vous rendez compte ? La CON-TRA-CEP-TION ! L’A-VOR-TE-MENT ! La PRO-CRE-A-TION AR-TI-FI-CIELLE ! Comment osent-ils !!!

Voir un peu plus bas la position de Christian Vanneste sur la « promotion de l’homosexualité »…

Conclusion
En Espagne, le gouvernement Zapatero a déjà rendu obligatoire les cours sur le gender, entraînant le retrait de dizaine de milliers de familles des écoles appliquant les programmes d’Etat.

Je ne ferai pas de recherches sur le bien fondé de cette conclusion… Si vous avez des lumières à ce sujet, merci de me laisser un commentaire !

Que demande L’école déboussolée dans sa pétition ?

Signez la pétition !

En conséquence, je vous prie donc, Monsieur le Ministre, de bien vouloir :

- Préciser la portée de la circulaire du 30 septembre 2010 et les programmes que vos services ont voulu définir.
- Interdire l’usage des manuels incriminés.
- Garantir que le thème du « gender » ne sera pas à la session 2012 des épreuves anticipées du bac ni aux sessions suivantes.
- Transférer au pire l’étude du « gender » dans le domaine du débat critique de l’éducation civique ou de la philosophie.

36254! signataires depuis le 15/06
RELAYONS
CONTINUONS OBSTINÉMENT !

Je ne connaissais pas Lextimes, mais voici quelques extraits de leur article :

FÉMININ/MASCULIN
Les nouveaux manuels de sciences s’ouvrent à la diversité

« Nous ne pouvons accepter que l’école devienne un lieu de propagande, où l’adolescent serait l’otage de préoccupations de groupes minoritaires en mal d’imposer une vision de la ‘normalité’ que le peuple français ne partage pas », écrit le 31 mai 2011 la présidente du parti chrétien-démocrate Christine Boutin au ministre de l’éducation nationale Luc Chatel

[...]

C’est donc bien un « détournement de l’enseignement au profit du lobby gay », tranche Christian Vanneste pour qui cette « théorie du genre sexuel » ne doit apparaître ni explicitement ni implicitement dans les manuels.

[...]

Un projet de lettre, cosigné par une cinquantaine de députés, circulerait en ce moment et devrait être remis prochainement à Luc Chatel pour dénoncer cette théorie et en exiger le retrait des manuels.

Le « lobby gay »… relayé par les Juifs et les Francs-maçons ?

J’ai lu une autre page… qui m’a laissée perplexe : je pense que, sous la violence des propos, il faut lire l’ironie… Mais celle-ci n’est pas, à mon avis, suffisamment perceptible pour que je puisse citer des extraits… A vous de vous faire une opinion, si vous le désirez :

Courrier des lecteurs
La voix de la sagesse

Bon. Revenons au sujet évoqué dans ces manuels si décriés : faut-il, ou non, aborder les questions de l’homosexualité, de la bisexualité, de la transsexualité ?

Je réponds oui, sans hésitation ! Il m’est souvent arrivé d’aborder le sujet de l’homosexualité avec des élèves, en classe complète, avec un groupe d’élèves ou un élève seul, généralement après qu’un élève avait prononcé l’insulte suprême de « pédé »… Il me semblait de mon rôle d’éclaircir avec eux ce que recouvrait cette insulte, le jugement qu’elle portait. De même qu’un jour j’ai interpellé dans un couloir un élève inconnu qui en appelait un autre « Négro ! ». Il ne s’agit pas de promouvoir tel ou tel « lobby » (!), mais de rendre les élèves conscients d’une diversité et de l’accepter.

Maintenant, que des enseignants se sentent gênés face à ces questions… c’est très dommageable ! Cela prouve une fois de plus que leur formation (quand il y en avait une…) ne les préparait pas suffisamment au dialogue avec les élèves. Et il est beaucoup de questions sur lesquelles le dialogue est primordial, et non pas le « cours », que ce soit sur les « races », l’esclavage, la colonisation, la peine de mort ou autres… Pour pouvoir « enseigner » quelque chose qui a trait à la vie des uns et des autres, il faut s’assurer qu’on est bien sur la même longueur d’ondes, et donc donner la parole aux élèves. Et répondre à leurs questions. Qu’en fin de discussion ils n’aient toujours pas compris, par exemple, que « Négro » était une insulte, n’est pas dramatique : il y a fort à parier que des fragments de cette discussion leur reviendront en mémoire la prochaine fois qu’ils lanceront cette épithète, ou même qu’ils la penseront. Nous n’avons pas à convertir qui que ce soit, mais simplement à expliciter les choses, et donner des arguments en réponse aux leurs.

Les pétitionnaires et autres protestataires exigeant la science « pure » feraient bien de retourner lire Rabelais :

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »

En (très) bref…

Mercredi 13 juillet 2011

Suite au petit problème d’arithmétique que je vous avais posé, voici ce que je lis dans le Nouvel Obs (7/7/2011) :

Le ministre de l’Intérieur ne sait pas compter ou tient des propos malveillants. Contredit à plusieurs reprises par François Bayrou et « Libération », il continuait d’assurer que « les deux tiers des enfants qui sortent de l’école sans qualifications sont des enfants de familles immigrées ». L’insee a fini par le corriger officiellement : « La proportion d’enfants d’immigrés parmi les élèves sortant sans qualification de l’enseignement secondaire peut être estimée à environ 16% ».

Gageons que notre mauvais élève va trouver comment deux tiers équivalent à 16%…

Et, suite à mon billet Des nouvelles de l’école… où il était question d’une commission recommandant la suppression des concours de recrutement des enseignants, voici quelques extraits d’un article du Monde (d’accord, j’aurais pu m’en inquiéter plus tôt… mais vieux motard que jamais, non ?) :

Le rapport proposant la suppression des concours enseignants rejeté

La commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale a voté, mercredi 6 juillet, contre la publication du rapport d’information sur la formation initiale et le recrutement des enseignants.
[...]
Le rapport a recueilli 11 voix pour, 15 contre et deux abstentions. « Des députés de la majorité ont voté contre », rapporte Frédéric Reiss, député UMP du Bas-Rhin. Principale raison de ce rejet : la proposition n° 20 de supprimer les concours enseignants.
[...]
Je suis député depuis 1988 et n’ai jamais vu la publication d’un rapport d’information être rejetée en commission, a réagi le député PS du Nord Yves Durand.

Notre Bien-Aimé Ministre juge que la suppression des concours n’est pas d’actualité… mais pourrait l’être d’ici 15 ans… Wait and see…

Des nouvelles de l’école…

Lundi 4 juillet 2011

Les écoles sont fermées, dites-vous : c’est les vacances, et les écoliers, collégiens et lycéens (sauf quelques-uns pour ces derniers…) profitent d’un repos plus ou moins mérité…

Certes… Mais il y a des gens qui ne sont pas encore en vacances, eux, et qui nous donnent quelques sujets de réflexion…

La « mission d’information sur la formation initiale et les modalités de recrutement des enseignants” (composée de 14 députés) constituée en mars 2010 et présidée par le député du Doubs Jacques Grosperrin, vient de rendre son rapport, qui sera soumis le 6 juillet à la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale.

Je n’ai pas lu le rapport en question, me contentant des 20 propositions finales, parmi lesquelles figurent :

Cette dernière proposition, estime la commission, ne sera réalisable que dans une dizaine d’années, le temps que l’opinion accepte que les enseignants soient des travailleurs « comme les autres », donc embauchés sur CV et entretien avec l’employeur (académie ou établissement)…

C’est un incroyable retour en arrière de presque 2 siècles (loi Guizot de 1833, qui instaurait le recrutement des instituteurs sur concours)…

Je ne suis pas une fan des concours (j’ai tout de même raté 2 fois le CAPES…), mais ils ont, à mon sens, de nets avantages sur le recrutement « direct » par l’employeur : l’assurance de l’anonymat, qui permet à tout un chacun de concourir, quels que soient son milieu et ses relations (d’accord, d’accord, comme pour toutes études, certains milieux sont plus favorisés que d’autres…) et une relative « indépendance » liée au fait que l’employeur est le ministère de l’Éducation (dite Nationale) : l’enseignant ne peut donc être simplement « viré » parce qu’il déplaît, pour quelque raison que ce soit, par son directeur, principal, proviseur ou inspecteur.

L’embauche « directe » permet, a contrario, de faire jouer les relations ou les pressions ; elle permet aussi de se débarrasser facilement d’un enseignant qui n’a pas le petit doigt sur la couture du pantalon. Ce qui signifie aussi la fin de toute pratique pédagogique qui ne serait pas dans les idées du chef d’établissement.

Et, à terme, cela signifie aussi que l’enseignant ne sera plus « titulaire », mais simple « vacataire », corvéable à merci et remplaçable aisément… grâce à Pôle Emploi, par exemple…

Drôle d’école qu’on nous prévoit là…

Pour plus de détails :

* Revue de presse du jeudi 30 juin 2011

Fin des concours enseignants ?
L’actualité commande. Alors qu’on s’apprête à ranger les cartables et à sortir les sacs de plage, l’actualité éducative est encore très riche.La “mission d’information sur la formation initiale et les modalités de recrutement des enseignants” ( composée de 14 députés ) constituée en mars 2010 et présidée par le député du Doubs Jacques Grosperrin (UMP) vient de rendre son rapport ( contenant une vingtaine de propositions ) qui a été adopté par les seuls députés UMP, majoritaires dans la commission (les députés PS n’ont pas pris part au vote). Ce rapport doit être examiné le 6 juillet prochain par la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale.

[...]

« Les lauréats de la session 2010 ont été jetés dans le grand bain sans avoir appris leur métier », déplore l’élu UMP. Il faut donc, selon la commission « professionnaliser » la formation. Les universités devraient revoir l’architecture de leurs masters « Enseignement et formation » pour accorder plus de place à la pédagogique, à la didactique, aux sciences cognitives. Jacques Grosperrin propose de « spécialiser » les masters par niveau scolaire. Il y aurait ainsi des masters « école maternelle », « collège et lycée général », « enseignement professionnel »…

Ils sont marrants, ces députés : « professionnaliser » la formation ! Comme si cela ne suffisait pas de les envoyer se « former » à temps plein devant les classes ! Le ministre l’a dit : ça a très bien marché, cette année ! Pas plus d’abandons ou de congés maladie que les autres années !… (Il est vrai que, pour la manipulation des chiffres, « ils » sont forts…)

* Un député propose la suppression des concours enseignants

Au ministère non plus, on n’est pas encore en vacances : vendredi dernier, le Groupe Français d’Education Nouvelle et le Centre de Recherche et d’Action Pédagogique (qui éditent les Cahiers Pédagogiques, bien connus des enseignants) apprennent que leur subvention est réduite de moitié. Or, cette subvention leur permet de payer 4 enseignants détachés, qui se consacrent à l’étude et à la recherche en pédagogie. « La pédagogie serait-elle devenue à moitié inutile ? » interroge le communiqué.

Violence gouvernementale contre les mouvements pédagogiques

Communiqué du CRAP-Cahiers pédagogiques et du GFEN – Le ministère de l’Éducation nationale vient de nous annoncer la suppression de la moitié de la subvention permettant le paiement des enseignants détachés dont nous disposons.

[...]

Depuis des dizaines d’années, nos deux mouvements pédagogiques ont produit un travail considérable en contribuant à la réflexion sur les apprentissages, à la formation des enseignants, à la promotion d’innovations en faveur d’une meilleure école. Une part importante de ce travail repose sur l’action militante de bénévoles, des adhérents de nos associations, de tous les acteurs du monde éducatif qui nous soutiennent, mais il dépend également de quelques enseignants mis à disposition par le ministère, quatre pour nos deux associations.

[...]

L’annonce de cette décision le vendredi 2 juillet avec effet au mois de septembre ne peut que nous contraindre à une réduction brutale de nos activités.

Est-ce qu’au temps du « socle commun » la pédagogie est devenu inutile ? Il faut le croire… Car tout de même, on a du mal à penser que ces 2 postes qui vont « sauter » grevaient trop lourdement le budget…

(« Pas de nouvelles, bonnes nouvelles », dit-on… Je crains très fort que ce soit effectivement le cas quand il est question de l’Éducation – dite Nationale -, ces temps-ci…)

Vous avez dit « formation » ???

Dimanche 29 mai 2011

Merci, une fois encore, à Lucien, qui suit beaucoup mieux l’actualité que moi (non, je ne parlerai pas ici de DSK ! – pas plus que Lucien, d’ailleurs !), et m’ouvre de nouvelles pistes de réflexion

(Photo sur le site Europe1.fr)

Ça vous intéressait ? Dommage… Le « recrutement » ne se passait que sur une journée…

A défaut de formation, allez donc faire un tour à « Pôle Emploi » (ça fait quand même plus smart que « ANPE », non ?)…

Extraits d’entretien :

Recrutement d’enseignants le 26 mai à Paris

Quel recrutement ?
Avant toute chose, le recrutement d’un enseignant passe par un concours, mais nous sommes amenés à recruter de temps en temps des contractuels pour pallier à des remplacements. Il s’agit de personnes pour le remplacement d’enseignants dans les établissements collèges, lycées généraux, technologiques et professionnels de la Ville de Paris.

Il fut un temps où existaient des « titulaires remplaçants »… Mais, évidemment, ça coûtait plus cher !

Les profils ?
Les pré-requis pour être enseignant contractuel, c’est d’abord un niveau universitaire attendu, le Master ou à défaut la Licence, ou même un niveau inférieur pour certaines disciplines professionnelles, une parfaite maîtrise de la langue française tant à l’écrit qu’à l’oral, une approche de l’animation, le fait de savoir mener un groupe de jeunes et puis une connaissance du monde de l’éducation et du monde de l’école en général.

Si je comprends bien, les « contractuels » seront mieux placés que les « stagiaires » pour affronter une classe : « une approche de l’animation, le fait de savoir mener un groupe de jeunes »… voilà des éléments que les « stagiaires » auraient aimer trouver dans leur « formation » ! (Je mets toujours « stagiaires » entre guillemets, car considérer comme « stage » la prise en responsabilité de classes, avec un emploi du temps de prof titulaire, c’est se moquer du monde ! Comme appeler « réforme de la formation » la suppression de toute formation préalable !)

Quelles perspectives ?
Pour un étudiant, cela peut être un marchepied pour ensuite passer le concours, c’est une excellente expérience professionnelle en vue de préparer ce concours.

Ben la voilà, la solution ! Une « formation » qui ne coûte pas cher !

Pour avoir été « maître auxiliaire » tout en préparant le concours… j’ai raté 2 fois ce dernier ! C’est que, mine de rien, ça prend pas mal de temps de préparer des cours, les assurer, corriger les devoirs… Pour peu que cela vous intéresse, il est difficile de trouver ensuite le temps de préparer sérieusement le concours !

Pôle Emploi recrute des profs remplaçants

Mais alors, comment s’assurer des qualités pédagogiques des candidats ? Selon Benoît Verschaeve, « toutes les garanties sont prises pour que ce soient des personnes en mesure de pouvoir travailler avec des élèves dès la rentrée ».
Un suivi sera mis en place ainsi que des inspections, rappelle en outre le DRH.
[...]
Les candidats recrutés mercredi seront rappelés en septembre. Un contrat de quelques mois ou d’une année entière leur sera proposé. Ils seront surtout sollicités pour des remplacements en urgence, parfois du jour au lendemain. De quoi remédier en partie aux absences ponctuelles, qui ne peuvent être comblés par les titulaires. Ces derniers sont en effet affectés en priorité à des postes à temps plein.

Pas un mot sur les salaires, sur les contrats… On gagne le droit de ne plus être inscrit au chômage (économies… et baisse du nombre de chômeurs !), et remplacements « au pied levé », car chacun sait qu’il n’est nul besoin de préparer quoi que ce soit avant de prendre en charge une – ou plusieurs – classe(s) !

Lisez donc le témoignage d’une de ces « candidates » !

Ma journée au grand marché aux profs de Pôle Emploi

Quiconque verrait un rapport entre ces recrutements « sauvages » et le nouveau projet de « formation des maîtres en alternance » du ministre aurait sans doute mauvais esprit…

Jeunes profs en alternance : nouvelle embrouille de Chatel

[...]

D’abord, il y a une manipulation sémantique. Les masters en alternance prévoient en général un temps quasi-équivalent de stage et de formation. Joël Péhau, secrétaire national du SE-Unsa :

« Dans le projet de Luc Chatel, il n’y a que trois à six heures de terrain prévu par semaine, c’est l’équivalent de 20% du temps sur l’année. C’est un ersatz de master en alternance. »

D’autre part, Luc Chatel n’a pas précisé quelles seraient les conditions d’encadrement de ces contrats d’enseignement. Des étudiants en M1 et M2 (à la fac, pas encore admis aux concours) peuvent-ils prendre en charge des classes ? Joël Péhau :

« C’est comme demander à un maçon de construire une maison tout seul pour se mettre dans le bain. Ce que nous souhaitons, c’est une formation pratique accompagnée. Mais je doute que des tuteurs soient débloqués pour les étudiants en cursus universitaire. »

Luc Chatel a précisé que les étudiants en contrat seraient rémunérés entre 3 000 et 6 000 euros par an. Selon le SE-Unsa, « c’est entre 10% et 50% de moins qu’un contractuel ou un remplaçant en titre ».

A l’IUFM, la formation pratique était assurée par des stages. Des stages d’observation étaient prévus en première année (l’année de préparation aux concours). Une fois admis aux concours, les professeurs-stagiaires alternaient pendant une autre année formation théorique et stages encadrés par des tuteurs.

Luc Bentz, de l’Unsa-Education, rappelle que la conférence des directeurs d’IUFM avait déjà travaillé sur des « vraies formations en alternance » plus exigeantes. Différents modèles ont été proposés. Il regrette que l’un d’eux n’ait pas été retenu.

J’ai déjà parlé ici d’une association des maires ruraux. Ils sont inquiets,les maires !

Luc Chatel : Il faut un traitement différencié en matière de suppression de postes pour l’école-primaire

Ce que vous reprochent un certain nombre de maires, c’est de poursuivre un objectif comptable sans tenir compte des enjeux de l’aménagement du territoire…

L’aménagement du territoire, c’est important. Mais ce qui m’importe le plus, c’est la réussite des élèves, la réussite de ceux qui habitent dans ces zones rurales. Je ne suis pas sûr qu’il soit bien raisonnable, du point de vue des pratiques pédagogiques, d’avoir 12 élèves par classe.

Voilà une nouvelle qu’elle est bonne ! Le souci du ministre est la réussite des élèves ! Et il s’intéresse à la pédagogie : 12 élèves par classe, ça ne fonctionne pas ! C’est lui qui le dit, alors pensez si c’est vrai !

Pendant des années, les maires se sont battus pour conserver au moins une classe par village. Avec le recul, on s’est aperçu qu’il s’agissait d’une fausse bonne idée. Les enseignants se trouvent isolés, on ne peut pas mettre en place d’accueil périscolaire… Aujourd’hui, on privilégie les regroupements intercommunaux, sur un même lieu, souvent un bâtiment moderne, avec demi-pension et garderie.

Que proposez-vous pour éviter une fronde des maires sur les fermetures de classes ?

Je vais demander au premier ministre et au président de la République un traitement différencié pour le primaire. Il n’y aura pas de moratoire sur le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Mais, tout en réalisant le schéma d’ensemble, nous devrons veiller à fermer le moins de classes possible.

Donc, pour arriver au chiffre magique de « 1 sur 2″… il ne reste plus qu’à supprimer davantage de postes – et de classes – dans le secondaire… Ou j’ai mal compris ???

Je lisais dans le Nouvel Obs (25/05/2011) que, d’après un sondage, 72 % des Français font confiance à l’Éducation Nationale (contre 74,2 à la police, 84,8 à la gendarmerie… 55 à la justice et 42,1 à… Pôle Emploi !)… Le score risque de ne pas vraiment s’améliorer dans les années qui viennent…

TOUT VA BIEN !

Dimanche 5 décembre 2010

Ouf ! Nous voilà rassurés ! Surtout que c’est le Ministre de l’Éducation (Nationale ?) qui le dit ! Monsieur TVB en personne ! Si, si si !

« Je tiens à vous rassurer sur la mise en œuvre de (la) réforme » de la formation, a déclaré M. Chatel en présentant « des indicateurs qui ne sont pas particulièrement alarmants », lors d’une conférence de presse, « point d’étape » de l’année scolaire en cours.

« Moins de 1% » des enseignants stagiaires ont été « repérés en difficulté », entre 3 et 4% ont été en congés maladie et 78 avaient démissionné mi-octobre soit moins que l’an dernier, a-t-il détaillé.

« Réforme de la formation », on appelle ça… Comme dans 1984, où le ministère chargé de modifier les faits conformément à la politique du moment se nommait « miniver » pour « ministère de la vérité »…

Si elle est si efficace, cette « réforme », je suggère qu’on l’applique à tous les corps de métier : ça va en faire, des économies, de supprimer les formations CAP, BEP, et toutes les formations particulières : écoles d’infirmiers, internats de médecine, formations d’assistants sociaux… École, et… boulot ! Aussi sec ! On apprend « sur le tas » ! Même plus besoin d’apprentissage, dites donc !

L’article du Figaro précise :

Au ministère de l’Éducation, on fait observer que la formation pédagogique dispensée dorénavant par les universités et non plus par les IUFM comprendra des stages obligatoires. Il est aussi possible «d’améliorer le dispositif actuel», affirme Luc Chatel qui n’exclut pas la possibilité d’une formation «en alternance».

Ah ! On aura peut-être encore besoin de l’apprentissage, alors ? Pour « améliorer le dispositif actuel » ? Remarquez, il ne peut guère être qu’amélioré : faire moins que zéro, cela signifierait une « formation négative »…

L’article du Figaro module un peu l’enthousiasme du ministre :

Selon quatre jeunes filles professeurs stagiaires exerçant à Paris ou dans les Hauts-de-Seine, « la plupart des stagiaires ont des difficultés mais évitent d’en faire part car ils craignent de ne pas obtenir leur titularisation à la fin de cette année. Nous sommes tous dans la débrouille ».

Une autre jeune femme témoigne: « Je ne sais pas du tout comment m’y prendre. Mes élèves sont des cobayes. Devant les parents, je bluffe et affiche une assurance que je n’ai pas. » Cet autre professeur stagiaire a assisté à une manifestation de parents d’élèves, hostiles à l’arrivée d’une débutante.

Tout va bien, on vous dit !

Cet article se réfère à l’enquête menée par le SNES :

81% des stagiaires estiment leur temps de travail supérieur à 40 heures hebdomadaires.

70% des stagiaires consacrent plus de deux heures à la préparation d’une heure de cours.

Tout à fait logique en début de carrière !

18% des stagiaires sont affectés dans des établissements classés ZEP ou considérés comme difficiles. 16% des stagiaires enseignent dans des classes à examens.

Oui, on se doutait bien qu’ils ne seraient pas affectés dans des établissements « vitrines » !

82% des stagiaires ont plus de 4 classes en charge. (Ce nombre dépend bien sûr des volumes horaires par classe de la discipline enseignée.)
Combien de classes avez-vous ?
1 – 3 : 18%
4 – 5 : 40%
6 – 7 : 34%
> 7 : 8%

Un peu plus de 90% des stagiaires ont un tuteur…

… qui n’est pas toujours dans l’établissement

Non : 35%

… ni dans la même discipline.
Non : 5%

73% des stagiaires auront eu moins d’une semaine, voire aucun jour, de formation avant les vacances d’automne.

Après deux mois dans le métier, ce sont en effet les sentiments d’épuisement et d’inquiétude qui dominent chez les stagiaires.
Parmi les qualificatifs suivants, quels sont les trois (au plus) qui décrivent le mieux comment vous vous sentez depuis le début de l’année dans votre nouveau métier ?
(Plusieurs réponses possibles)
Satisfait : 20%
Épanoui : 19%
A l’aise : 21%
Débordé : 60%
Fatigué : 86%
Stressé : 39%
Angoissé : 22%

Mais, bien sûr, ce n’est là qu’une enquête portant sur quelques centaines de « stagiaires »… Sans doute les quelques pour cent estimés par Monsieur TVB !

Des nouvelles des nouveaux…

Mardi 28 septembre 2010

Article du Nouvel Obs :

« 8300 profs sans formation

Le mal des débutants

Par mesure d’économie, les nouveaux enseignants sont catapultés dans les classes sans y avoir été préparés. Payés 1500 euros par mois pour 15 à 18 heures de cours par semaine, ils rament »

Petite précision sur ce chapeau : ce n’est pas 15 à 18 heures, mais 15 (pour les agrégés) OU 18 heures (pour les certifiés).

Ceci dit, l’article décrit la panique qu’on pouvait supposer…

« Un élève s’est approché de moi avec un cahier, je me demandais ce qu’il voulait. C’était le cahier de textes de la classe que je suis censée remplir à la fin de chaque cours », raconte Antonia, 29 ans. Cette nouvelle enseignante d’anglais a décroché son capes en juillet. Elle a été nommée à la rentrée dans un collège en ZEP de l’académie de Créteil. Pendant les quelques heures de formation express juste avant la rentrée, on lui a répété : « Faites un plan de classe. » Scrupuleuse, elle a essayé d’en imposer un en rangeant par ordre alphabétique ses élèves de troisième. La séance a viré à l’émeute. »

Curieux, cette incitation au « plan de classe » : se présenter face à un public inconnu, aux réactions inconnues, et commencer à vouloir modifier la « géographie » de la classe… Comment peut-on donner de tels conseils ? Au moins aurait-il fallu envisager avec ces « nouveaux profs » les conséquences possibles d’un tel « bouleversement » ! Je sais bien que des collègues pratiquent ce « système », dont je ne vois toujours pas l’utilité, sauf comme remède éventuel (et provisoire ?) à une situation difficile. Mais… ces collègues ont déjà la fameuse « autorité » acquise au fil des ans !

Conclusion :

« Mais l’autre jour, après une nouvelle journée calamiteuse, elle a voulu démissionner. « Je ne me voyais pas retourner au collège. On m’aurait donné six heures, c’était jouable. Mais dix-huit, c’est mission impossible. » Le 15 septembre, Antonia a demandé un congé maladie. »

Voilà une rentrée réussie ! Et comme, dans ce genre de situation, la terreur augmente en approchant du terme du congé… il y a des chances pour qu’Antonia demande de nouveaux congés… en attendant, peut-être, de démissionner.

Il doit y en avoir d’autres, des Antonia, dans nos collèges et lycées ! De jeunes diplômés, désireux de bien faire, aimant leur futur métier… et découvrant qu’ils n’ont pas prise sur leurs élèves… Et je ne suis pas sûre que les videos de l’Institut national de la recherche pédagogique puissent les aider beaucoup…

Quel gâchis ! A peine ont-ils commencé un métier dont ils rêvaient, que ces jeunes se voient déstabilisés, inquiets pour leur avenir, cherchant déjà une autre idée de métier… Et aucune aide psychologique à attendre, évidemment !

Et, bien sûr, des classes sans profs, qui peuvent plus ou moins se glorifier d’avoir fait craquer celui qu’on leur avait parachuté… Toutes prêtes à « mettre le paquet » sur le prochain…

A côté de ces situations extrêmes (mais sans doute trop nombreuses !), les surprises de Jacques paraissent anodines :

« En attendant, les stagiaires font cours en aveugle. « Je n’ai aucune idée de la façon dont un enfant de 11 ans apprend », poursuit Jacques l’historien, tout surpris d’être interrompu par des élèves de sixième qui lui demandent : « Est-ce qu’il faut écrire le titre en rouge ou en vert ? » « 

Tout enseignant en collège s’est trouvé, un jour ou l’autre, interrompu par une question de ce genre… Un des « musts » étant : « Je suis en bas de la page, qu’est-ce que je fais ? ». Forte envie, évidemment, de lui conseiller d’écrire sur la table… mais attention : j’ai déjà parlé de l’imperméabilité à l’ironie de nombreux élèves de cet âge !

Par contre, l’ignorance dont Jacques témoigne quant aux modes d’apprentissage est beaucoup plus dommageable…

Entendons-nous : je ne défendrai pas la façon dont certains IUFM abordaient les questions pédagogiques. J’ai trop entendu d’aberrations à ce sujet. Sans doute en grande partie, d’ailleurs, parce qu’on avait omis de former les professeurs ! Lesquels n’avaient donc que leur propre expérience et la ligne du parti… pardon, du ministère ou du rectorat ! Un peu court pour former de futurs profs… Et, évidemment, il coûte beaucoup moins cher de supprimer ces formations que de tenter de les améliorer…

Nouveaux profs, je suis de tout cœur avec vous… même si cela ne change pas grand chose ! Et j’espère très fort que, dans vos collèges ou lycées, vous rencontrerez des collègues qui pourront vous aider dans ces démarrages difficiles…

Zerro fôte !

Vendredi 9 juillet 2010

Un article du NO d’avril m’apprend qu’à l’université de Villetaneuse, l’enseignement de l’orthographe et du français est obligatoire pour les étudiants de première année… Ils font trot de fôtes…

Je me souviens (mais j’ai déjà dû le dire) que ma mère, secrétaire de direction dans un centre de recherches, tempêtait souvent contre les ingénieurs qui faisaient beaucoup de fautes… Il s’agissait pourtant de gens nés dans les années 30-40, peu suspects d’avoir subi une « méthode globale » imaginaire… Et il lui arrivait souvent de devoir aller voir le « fautif » pour tel problème d’accord… que sa « formation scientifique » (ou son absence de… ma mère n’est allée à l’école que jusqu’à 13 ans, la mort de son père l’ayant poussée sur le marché du travail) ne lui permettait pas de résoudre : selon le sens, le mot devait s’accorder avec tel ou tel mot… ce qui changeait radicalement le sens du rapport…

L’enseignement de l’orthographe s’arrêtant à la fin du collège, il me semble évident que les élèves qui n’ont pas eu la chance d’acquérir à ce moment-là les « réflexes » d’écriture auront du mal à les acquérir par la suite, d’autres disciplines requérant leur énergie. C’est particulièrement vrai dans le domaine scientifique, où l’apprentissage de notions très complexes mobilise toute la concentration des lycéens et étudiants (et celle des profs !). Dans les formations littéraires, on porte un peu plus attention à « la forme », autant chez les étudiants que chez les enseignants (ceux-ci conditionnant ceux-là).

La « démocratisation de l’enseignement » (entendez par là le nombre de plus en plus important de jeunes accédant au lycée, puis à la Fac) conduit évidemment à ce que de plus en plus de jeunes « ignorants » en orthographe suivent un enseignement supérieur.

Par ailleurs, ne pas oublier que les heures d’enseignement du Français, tant en primaire qu’en collège, se sont réduites au fil des ans : entre 1969 et 2009 (ma « carrière »), l’équivalent d’une année de moins au collège ! Logiquement, on peut en déduire qu’un élève de 3ème sortant du collège en 2009 a le niveau d’un élève de 4ème sortant du collège en 1969… Mais… même pas en orthographe ! Car, entre temps, on a ajouté tellement d’autres notions à enseigner que, forcément, le nombre d’heures consacrées à l’orthographe a nécessairement diminué ! Si j’ai commencé à travailler en consacrant 1 heure par semaine à l’orthographe, je n’ai pu par la suite y consacrer qu’une heure par quinzaine pour les niveaux de la 5ème à la 3ème…

Enfin, autre élément qui a son rôle à jouer : les enfants écrivent beaucoup plus aujourd’hui qu’avant : SMS, courriels, blogs… Toutes ces écritures qui n’ont à répondre à aucune norme autre que celle de la compréhension du correspondant ne s’inquiètent évidemment pas des formes à respecter : l’orthographe n’apparaît plus alors comme une nécessité de communication, mais comme une matière purement scolaire, détachée de la « vraie vie ».

Oui, cela me paraît une bonne idée de faire entrer cet enseignement en Fac… D’autant que les étudiants, ayant davantage de recul sur la « matière », doivent se trouver plus motivés pour progresser…

Mais… il faudrait tout de même réfléchir au nombre d’heures qu’on accorde à l’enseignement du Français au primaire et au collège…

Sans parler de la réflexion sur les méthodes d’enseignement…

… et sans parler de la formation des enseignants !!!

De la formation…

Mardi 25 mai 2010

J’espère que personne ne me jugera atteinte d’un ego surdimensionné si je me lance dans cette question de la formation des profs… Mes réflexions sont toutes personnelles, et marquées évidemment par mon « expérience »… toute personnelle elle aussi !

Je parlerai donc de la formation des profs (et non des instits – pardon, des « professeurs des écoles » !) telle que je la vois au jour d’aujourd’hui… Cette vision pouvant évidemment évoluer au fil du temps – et peut-être au fil de vos commentaires !

Que demande-t-on à un prof ?

D’abord, d’être compétent dans la matière qu’il enseigne. D’où la nécessité d’avoir, dans cette matière, un niveau de connaissances très largement supérieur à celui de ses futurs élèves. Non pas, d’ailleurs, que ces connaissances en tant que telles vont lui être utiles dans son enseignement : de ce que j’ai étudié en Fac, bien peu de choses sont repassées, d’une manière ou d’une autre, dans mon enseignement. Mais ce savoir « purement intellectuel » donne des pistes d’analyse, des modes opératoires, qui permettent de « dominer » la matière et de savoir la penser.

Ensuite… eh bien, ensuite… de savoir enseigner cette matière ! Et c’est là que le bât blesse ! Car s’il faut 2 ans pour apprendre un métier manuel et se préparer à un CAP… apprendre le métier de prof n’est plus, aujourd’hui, d’actualité ! Ce qui est pour le moins regrettable, puisqu’on confie à ces gens l’avenir d’un pays…

Comme je l’ai déjà dit, je suis passée, après le Bac, par un stage de formation d’instituteurs à l’École Normale Catholique. Et j’estime y avoir eu une formation valable, dont je tirerai plusieurs éléments.

Ce stage durait un an. Les cours y tenaient la plus grande place, mais nous avions aussi 3 stages de 15 jours en école (1 en CP, 1 en CE, 1 en CM), plus un d’une semaine en maternelle (« pour connaître » : nous n’étions pas destinées à enseigner en maternelle). J’y reviendrai…

Les cours, donc. Un enseignement que j’ai trouvé essentiel pour ma vie professionnelle a été celui des grands systèmes pédagogiques. Connaître ce qu’ont pu écrire ou réaliser Platon, Freinet, Rousseau, Rabelais et autres Montessori sur la pédagogie me semble essentiel. J’ai bien dit « connaître » (« naître avec »), et non « savoir ». Tous ces gens qui ont réfléchi à l’enseignement, d’une manière ou d’une autre, ont tous quelque chose à nous apporter, quelle que soit l’époque à laquelle ils ont vécu. En mettant l’accent sur telle ou telle composante de l’esprit humain, sur tel ou tel aspect de l’homme, ils nous font réfléchir, trouver des idées que nous n’aurions sans doute pas eues par nous-mêmes. Ils nous apprennent surtout (et c’est là une notion qui me semble oubliée depuis pas mal d’années) qu’il N’ y a PAS de pédagogie magique et unique. A chacun, selon son tempérament, sa façon de penser et d’être, de « piocher » dans les idées de l’un et de l’autre pour en faire son propre « système ». Qui sera évidemment appelé à évoluer au fil du temps, d’autres idées surgissant de par le monde (je me souviens avoir longuement médité, plusieurs années après, sur la lecture de Libres enfants de Summerhill…).

La psychologie de l’enfant… Ben oui, c’est quand même utile d’en avoir une petite idée ! Quand nous commençons à enseigner, notre enfance est déjà assez lointaine, et nous n’en avons de toutes façons qu’une vision très subjective. Nous avons, par exemple, souvent oublié nos difficultés d’apprentissages, nos petits (ou gros) échecs. Il est très utile de se les rappeler quand on est face à des élèves, histoire de ne pas exiger d’eux ce que nous-mêmes n’avons pas su faire à leur âge…

Mais, évidemment, l’étude de la psychologie de l’enfant va bien plus loin que cela : elle nous permet de situer les étapes de formation de l’individu, et entre autres de sa formation intellectuelle, de savoir à quels âges on peut aborder tel ou tel type de démarche intellectuelle ou manuelle. Connaître aussi les modes de « révoltes » des ados, comment ils s’expriment et ce qu’ils peuvent signifier, est primordial… Une réflexion sur la violence et la sexualité ne serait pas inutile… On a appris depuis longtemps que l’enfant n’était pas « une argile molle » : encore faudrait-il, avant de se retrouver face à 30 gugusses hurlant, avoir une vague idée de ce qu’il est…

Droit et règlements : il est indispensable de connaître un certain nombre de lois régissant notre métier, nos statuts, nos programmes. Et il me semble très important d’avoir une connaissance de l’histoire de l’enseignement dans notre pays, et des différentes réformes importantes qui y ont eu cours. Ne serait-ce… que pour relativiser l’importance ou le bien-fondé de la réforme en cours…

Enfin, la « didactique », la préparation plus directe à l’élaboration de cours, de progressions. Cela ne s’improvise pas, et se retravaille d’année en année. Mais… il faut bien commencer et, pour cela, il est indispensable de savoir comment s’y prendre ! Comment répartir l’heure de cours entre différentes activités, comment focaliser l’heure sur un point ou une attente précise, quels types de réponses attendre des élèves…

Les stages. Nous avions, disais-je, 3 stages de 15 jours. Pendant ces stages, nous suivions l’emploi du temps de l’institutrice qui nous accueillait. Les premiers jours, nous regardions et écoutions. Ensuite, nous étions chargées de « faire la classe » nous-mêmes quelques heures, suivies de discussions avec l’instit. A la fin du stage, une inspectrice venait assister à une de nos « leçons », et s’entretenait avec nous des points forts – et faibles ! – qu’elle avait remarqués.

(Vous remarquerez peut-être que je parle toujours au féminin… c’est que la mixité n’était pas encore très à la mode, à l’époque !)

L’année suivante… nous étions chargées de classe ! Et, ma foi, assez bien formées pour nous en tirer sans trop de casse ! A la fin de l’année, l’inspectrice venait, et nous donnait (je n’ai pas souvenir d’exceptions !) le CAP (Certificat d’Aptitude à l’enseignement Primaire)…

C’est ce « modèle » que je propose (j’ai sûrement oublié beaucoup de choses sur cette année de formation…) pour la formation des profs…

En résumé :

  • une formation intellectuelle dans la matière, assurée par l’Université
  • une formation pédagogique d’un an assurée par l’Éducation Nationale, comprenant :
  • – la connaissance d’une douzaine (au moins…) de systèmes pédagogiques
    – le droit, la réglementation, les réformes et l’histoire de l’enseignement en France
    – la psychologie de l’enfant
    – la pédagogie pratique : il me semble indispensable que ces cours soient organisés par matière, les questions étant très différentes d’une matière à l’autre
    – 3 stages de 15 jours minimum (1 en collège, 1 en lycée, 1 en lycée technique) pendant lesquels le stagiaire suit l’emploi du temps de son tuteur, et assure lui-même quelques heures de cours ; l’idée d’une inspection à la fin de chaque stage me paraît intéressante, pour aider le stagiaire à « voir » ce qu’il a fait (et cela permettrait peut-être à l’enseignant de ne pas voir dans l’inspecteur quelqu’un qui n’a pour but que de le « sanctionner »…).

    Une autre question serait celle des formateurs… J’y reviendrai peut-être un autre jour…

    Chez nous, on aime son métier…

    Samedi 22 mai 2010

    J’évoquais récemment la question de la formation des médecins qui coûtait (trop) cher : on en « importait » donc de l’étranger, et de plus en plus de futurs médecins allaient se former à l’étranger…

    La question a été résolue de façon beaucoup plus radicale dans l’enseignement : la formation coûte cher ? On la supprime !

    A la rentrée prochaine, quelques milliers de jeunes ayant réussi leur concours vont donc se trouver à « faire » leurs 18 heures hebdomadaires (15 pour les agrégés) dans un collège ou un lycée.

    J’entends d’ici les ricanements des étrangers (je veux dire : ceux qui ne sont pas dans l’éducation dite nationale) : « 18 heures par semaine ? C’est pas trop fatigant, ça ! Faudrait les voir dans un « vrai » boulot, avec 40 heures, pas 18 ! »

    Par pitié pour ces béotiens, je redirai donc, comme nombre de mes collègues le font chaque jour, que, pour assurer 18 heures de cours… il faut les préparer ! On ne déboule pas comme ça dans une classe « Ouvrez vos livres à la page tant, on va lire la leçon ». Il faut avoir réfléchi au programme, à la progression dans l’année, au découpage des notions à enseigner ; puis, pour la notion « du jour », avoir cherché les différentes façons de l’envisager, quels démarrages possibles, quelle progression dans la séance, quel type d’interventions des élèves, quelles traces écrites, quels exercices, quelles suites à donner… etc. ! 18 heures de cours, cela fait au minimum 20 heures de préparations… Si les « vieux briscards » peuvent se reporter à ce qu’ils ont fait les années précédentes, les « petits nouveaux, eux, ont tout à découvrir et à inventer !

    Et… je ne parle pas des corrections, qui accaparent beaucoup de temps, plus encore les premières années, où l’on tâtonne forcément !

    Chez nous, on aime son métier, on ne compte pas ses heures !

    C’est le slogan que je propose pour ces nouveaux jeunes qui vont débarquer en septembre prochain…

    Pour eux, on a inventé le 4/3 temps : 3/3 de temps à enseigner, 1/3 de temps (une demi-journée par semaine) à être « formé » (???). 42 heures de « formation »… à partir de novembre ! (les deux premiers mois, ça compte pas !)

    Chez nous, on aime son métier, on ne compte pas ses heures !

    « Dans la mesure du possible », indique le Recteur de mon académie, on prévoit un abattement de 2 heures sur ces 18. Dans la mesure du possible… Sinon, le « stagiaire » (?) fera ses 18 heures et touchera peut-être 2 heures sup. Si oui… ce sont les collègues qui devront assurer ces 2 heures sup ! Dans la pratique, cela voudra dire dans certaines matières comme les maths, le français, la langue vivante, l’éducation sportive, l’histoire-géographie, une classe donnée aura un prof à certaines heures, et un autre (voire 2 !) pour les 2 heures restantes…

    Chez nous, on aime son métier, on ne compte pas ses heures !

    Il faudra aussi ménager des heures « libres » par semaine où le petit nouveau pourra rencontrer son « tuteur » : donc des heures de « trou » dans l’emploi du temps, qui allongeront leur temps de présence. Mais chez nous…

    Le « tuteur », lui (qui n’aura évidemment aucun allégement de service !), sera rémunéré pour 45 heures de tutorat sur l’année… Un peu plus d’une heure par semaine, donc. Largement suffisant, sans doute, pour discuter des orientations générales, de la progression, de la mise en oeuvre, et pour assister à certains cours du « tutoré »…

    Notre recteur envisage d’ailleurs de faire de ces tuteurs des chargés de mission de l’inspection académique… Des sous-inspecteurs, en quelque sorte. Qui auront donc à évaluer leur tutoré. Plus de « conseiller pédagogique » (c’était une des fonctions de l’Institut de Formation)… le tuteur, coiffant une autre casquette, en fera office…

    ***

    Imaginez – deux secondes, mais imaginez quand même ! – ce type de « formation » pour les médecins… Qui débarqueraient dans un hôpital munis de leurs seules connaissances universitaires et se retrouveraient responsables, comme leurs collègues (pardon ! leurs confrères !) des soins aux malades et aux blessés… Une demi-journée de « formation » au bout de 2 mois… Une rencontre hebdomadaire avec un « vrai » médecin travaillant dans le même hôpital…

    Ah ! Ben, c’est pas pareil ! Un médecin peut faire de grosses bêtises !

    Et un prof ? Sans même parler de la pertinence de son enseignement, ne peut-il par exemple décourager durablement un élève ?

    Peut-être… mais ça se voit pas…

    Oui… Plus difficile d’attaquer un enseignant en justice parce qu’il a marqué négativement un élève. Un médecin qui s’est planté, il y a généralement des « traces »…

    ***

    Quel respect peut-on avoir pour une profession qui manque à ce point de respect pour elle-même ? J’ai déjà parlé de l’époque où l’on a embauché des institutrices « sur le tas » : un ministre avait décidé d’accorder l’équivalent d’un DEUG (2ème année de Fac) aux mères de 3 enfants (si vous voyez le rapport, faites-moi signe !) ; elles bénéficièrent royalement(et encore, pas toujours !) de… 3 jours de « formation » !!!

    Chez nous, on aime son métier, on ne compte pas ses heures !

    Et on se fiche bien de l’impact que ces « réformes » peuvent avoir sur les enfants !

    Puisque ça ne se voit pas