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Nouvelles méthodes…

jeudi, janvier 14th, 2010

Désolée de vous avoir fait faux-bond pendant plus d’une semaine : je me suis retrouvée à nouveau avec un problème – sans doute dû à un hacker – et il a fallu que je réunisse tout mon courage pour m’attaquer encore à la tâche de télécharger des fichiers, et les corriger… J’espère que maintenant le site est un peu plus sécurisé et que je n’aurai plus de problème de ce genre…

Je veux vous faire part d’un texte que j’ai lu hier dans la revue de Généalogie lorraine, émanant de Punerot (Vosges) :

Aujourd’hui 19 février de l’année 1753, l’après-midi sont comparus les maire, lieutenant de maire syndic, habitants et communauté dudit Punerot, lesquels ont reconnu et confessé avoir loué et engagé,

Christophe Aubert, régent d’école audit Punerot pour servir en ladite qualité audit lieu, à commencer à la saint Georges prochaine et finir à pareil jour, à charge par lui d’exercer les fonctions de bon maître d’école qui sont de faire tous les jours : la prière le matin et le soir ; sonner l’angélus aussi le matin et le soir ; sonner en temps et saison convenables comme il s’est toujours pratiqué audit Punerot. Faire l’école pendant toute l’année et surtout, depuis la Toussaint jusqu’à Pâques sans discontinuation, conformément à la nouvelle méthode et au règlement et distribution aux exercices de l’école. Apprendre la lecture, l’ortographe (sic), l’arithmétique autant qu’il lui sera possible, à tous les enfants qui lui seront envoyés.

Eh oui ! déjà la nouvelle méthode en 1753 ! Il y en a eu quelques autres, depuis… J’espère que vous apprécierez l’ordre dans lequel sont énumérées les tâches du maître d’école… Mais ce n’est pas tout, et je m’en voudrais de vous priver de la suite :

Chanter à l’église quand il sera nécessaire, tenir les ornements, linge, et l’église propre ; apprendre le chant aux enfants autant qu’il sera possible. Conduire lorloge (sic), porter l’eau bénite les dimanches chez tous les habitants comme aussi vivre conformément aux règlements et statuts de Monseigneur l’évêque. Le tout à quoy le dit Aubert s’est entièrement soumis, pour raisons de quoy il percevra par chaque mois 6 sols par chaque écolier, percevra pareillement pour ses droits honoraires 12 sols par chaque laboureur.

À l’égard des manoeuvriers : 26 sols, savoir 12 pour le gage et 14 pour l’eau bénite, que chaque habitant paye argent au cours de Lorraine, payable dans ladite année et pour sonnage, il percevra sur chaque laboureur : deux gerbes de bled et autant de gerbes d’orge, item Monsieur le curé présent et acceptant, veut bien accorder audit maître, par grâce spéciale, une javelle de bled à prendre et percevoir sur chaque laboureur, qu’il devait par an, pour l’eau bénite, suivant l’ancien usage du lieu.

Jouira pareillement le dit Aubert des droits d’autel et émolument y attribué, comme on a fait par le passé et ne sera tenu à aucune taille ni imposition comme il s’est toujours pratiqué audit Punerot, sera seulement attenu de faire les rolles (sic) gratis de chaque année. Ce que les parties ont accepté de part et d’autre.

Quand même… la séparation de l’Église et de l’État a eu du bon !

Où l’on reparle… d’une principale…

lundi, mars 16th, 2009

Ben oui, pour changer un peu, je vais vous reparler d’une principale (depuis longtemps en retraite, y a prescription !). Vous savez, celle qui ne frappait pas aux portes…

Mon premier contact avec elle fut téléphonique… et je me souviens de ma surprise ce jour-là.

Après les préambules sur ma nouvelle affectation, le fait que j’allais bénéficier des « bonnes classes » prévues pour l’excellente collègue que je remplaçais, la principale entra dans le vif du sujet :

« L’année dernière, nous avons eu deux [ou trois, ma mémoire est imprécise sur ce point] petits bébés…

– …

– Vous avez des enfants ?

– Non…

– Vous êtes mariée ?

– Non…

– Ne vous inquiétez pas, on vous trouvera un gentil petit mari ! »

Texto ! Je vous jure !

Malheureusement (ou heureusement ?), elle n’en trouva pas… D’ailleurs, nos rapports ayant très vite tourné à l’aigre, je crois qu’elle arrêta aussitôt de chercher…

Mais imaginez un peu : vous croyez débarquer dans un collège, et on vous annonce une pouponnière couplée à une agence matrimoniale ! Y a de quoi surprendre, non ?

Je débarquai donc dans un collège où il y avait de « bonnes » et de « mauvaises » classes (les bonnes classes, moins nombreuses, étaient composées de latinistes et germanistes), de « bons » et « mauvais » profs : les bons profs avaient les bonnes classes et, la preuve qu’ils étaient bons… c’est qu’ils avaient de meilleurs résultats au brevet que les autres…

Je me rangeai très vite dans la catégorie des « mauvais » profs : la 2ème année, je n’eus plus de 3èmes ; la 3ème année, je n’eus plus de 4èmes… Heureusement (j’ose !) que sa santé l’obligea à nous « abandonner », car elle aurait peut-être été obligée d’adjoindre une petite section de maternelle (vous savez : les couches et les biberons) au collège, exprès pour moi !

Notre désaccord était total : elle voulait que j’enseigne le Français comme on le lui avait enseigné. Entre autres, que je fasse étudier Montaigne en 5ème… Je n’ai jamais su si elle confondait Molière et Montaigne, ou si ses souvenirs étaient un peu brouillés : personnellement, on m’a fait aborder Montaigne en 1ère… et c’était déjà assez difficile, de langue et de pensée. En 5ème ??? Une version type « Reader Digest », peut-être ???

Il y eut un jour, pourtant, où j’aurais pu me « rattraper » et regagner une certaine estime de sa part…

Ce jour-là, l’inspectrice de Français nous réunit dans le bureau de la principale (toutes les réunions où elle devait – ou voulait – être présente se déroulaient dans son bureau, de crainte qu’un appel téléphonique ne lui échappe si elle était dans une autre pièce… pas de portables, à l’époque !). Bien tassés (le bureau n’était pas conçu pour des réunions de plus de 3 ou 4 personnes…), nous écoutâmes religieusement la Bonne Parole. Je ne sais plus du tout de quoi il fut question… hormis que cela concernait forcément l’enseignement du Français ! Mais à un moment, l’inspectrice posa une question : y avait-il parmi nous des enseignants qui pratiquaient de « nouvelles méthodes » ?

La principale me regarda. Et son regard était une invitation : elle gagnerait quelques points si des enseignants répondaient à l’inspectrice ; et j’étais son joker…

Mais je restai muette…

Après la réunion, une collègue (une « bonne » !) me reprocha de n’avoir pas répondu alors. Et comme je lui rétorquais que je ne faisais rien de bien neuf :

 » Quand même ! Tu fais du travail de groupes ! »

Du travail de groupes ! Cela pouvait encore être considéré comme une « nouvelle méthode » dans les années 80 ! Alors que les initiateurs de cette forme de travail étaient tous morts, ou à peu près ! Alors que je travaillais de cette façon depuis plus de 10 ans !

Non, honnêtement, je ne pouvais me targuer devant l’inspectrice de « nouvelles méthodes » ! Même pas (et surtout pas, pour être honnête !) pour me « réhabiliter » aux yeux de la principale !