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Pause Lectures…

mardi, novembre 30th, 2010

Un des (nombreux…) avantages de la retraite, c’est qu’on peut se plonger « à corps perdu » dans les livres…

J’ai toujours adoré lire, et je ne me souviens pas de période où je n’aie pas eu un livre en cours. Je crois même que les « jours sans » pourraient se compter, sinon sur les doigts d’une main, du moins avec deux chiffres… Une dévoreuse, je vous dis !

Mais, évidemment, quand on travaille – et entre autres quand on travaille chez soi de nombreuses heures -, on ne peut se laisser emporter impunément par un livre, si passionnant fût-il, pendant des heures et des heures… Chose que l’on peut faire quand les « obligations professionnelles » ont disparu… Et c’est un grand plaisir que de pouvoir se dire, alors qu’on vient de plonger pendant une heure dans un univers inconnu : « Allez ! Je continue ! J’ai trop envie de connaître la suite… ».

Les deux derniers romans que j’ai lus m’ont effectivement fait voyager dans le temps et l’espace, et je les ai beaucoup aimés.

Le dernier (fini hier soir) : La couleur des sentiments, de Kathryn Stockett. Récit à 3 voix de femmes, deux Noires et une Blanche, dans le Mississipi du début des années 60. Époque de Martin Luther King…
Deux Noires : toutes les deux bonnes chez des Blanches ; une qui a élevé avec amour plusieurs petits Blancs, l’autre qui est souvent renvoyée pour une « insolence » qui n’est rien d’autre que sa révolte constante contre l’injustice faite aux Noirs.
Une Blanche : de retour chez ses parents après ses études, elle est très choquée de découvrir que sa bonne, sa nounou, au service de ses parents depuis 26 ans, est partie sans même lui en parler dans ses lettres. Elle sent vite qu’il y a là-dessous des choses qu’on ne veut pas lui dire, mais… il lui faudra du temps (et au lecteur aussi !) pour connaître la vérité.

Pas d’excès, me semble-t-il, dans ce roman, même s’il y a des caricatures… qui n’apparaissaient sans doute pas comme telles à l’époque, où les Blanches « de la bonne société » se jugeaient comme infiniment supérieures à ces Noires… auxquelles elles n’hésitaient pourtant pas à confier leurs enfants…
Histoires d’amours et parfois de haines, non pas entre des « communautés », mais dans les rapports maîtresse-servante.
Oui, je vous le conseille : il est très prenant, et très éclairant sur une époque pas si lointaine…

Beaucoup plus éloigné dans le temps, mais moins dans l’espace, La compagnie des menteurs, de Karen Maitland. Un « thriller » d’un genre très particulier.

Le cadre : la peste en Angleterre en 1348, avec ce qu’elle entraîne comme tentatives de réponses, aussi illusoires les unes que les autres, basées sur la méfiance vis-à-vis des « autres » : étrangers, juifs, « sodomites »…

Les personnages : à partir du narrateur, un camelot vendant de soi-disant reliques, une « compagnie » se constitue : 9 personnes cherchant à fuir la peste et voyageant de conserve… Mais il n’y a pas que la peste qui les guette : un loup hurle parfois la nuit, à proximité de leur campement, bien qu’ils ne le voient jamais. Et un premier mort est bientôt suivi d’un second, puis d’un troisième… Morts violentes, qui ne peuvent être imputées à la maladie. Mais alors, à qui, à quoi les imputer ?

J’hésite toujours à lire un « roman historique » : j’ai souvent été déçue. Ou bien le cadre historique est tellement fouillé que j’ai envie de dire à l’auteur : mais laissez donc tomber votre histoire, et faites un livre d’Histoire ! Ou bien le récit fourmille de ce qui me semble être des erreurs ou des anachronismes, ce qui m’agace.

Rien de tel ici – me semble-t-il. Le cadre reste un cadre dans lequel les personnages évoluent, soumis aux aléas de cette époque très particulière. Leur lent voyage « vers le nord », où ils espèrent échapper à la peste, est parsemé de bonnes et mauvaises rencontres, de villages désertés et de villageois hostiles. Une certaine humanité…

Petite réserve toutefois sur la fin, qui ne m’a pas vraiment convaincue… Mais bon, je vous le conseille quand même : sa lecture est très prenante !

Dans un tout autre genre, j’ai lu aussi Nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises, de François Reynaert (écrivain et chroniqueur au Nouvel Obs… dont je lis avec délices les chroniques !).

Une visite de l’Histoire de France… sans les oriflammes qui, au cours des siècles, l’ont embellie. Visite rapide puisque, en quelque 500 pages, nous allons des Gaulois à nos jours.
Très intéressant : l’auteur explique à chaque fois comment et pourquoi est né tel ou tel « mythe ». Il joue parfois à imaginer ce qui aurait pu arriver si telle ou telle bataille avait été perdue…

Si vous aimez l’Histoire, cette lecture est, à mon avis, indispensable !

J’ai lu aussi Danse de terreur, de Robin Hobb, le 7ème tome de Le Soldat chamane. J’avoue moins apprécier cette saga que l’Assassin du Roi ou Les Aventuriers de la mer… mais j’achète chaque nouveau tome dès qu’il paraît à France-Loisirs.

Et aussi L’oiseau de mauvais augure, de Camilla Ltickberg (4ème roman – policier – de la série). J’attends la suite (pas encore traduite) !

Les personnages principaux sont toujours attachants, avec leurs hésitations et leur empathie.
Et l’histoire toujours aussi palpitante !

Un autre Suédois que je ne vous recommanderai pas : Mons Kallentoft, dont j’ai lu deux romans Hiver et Eté. Je ne sais pas pourquoi la bibliothécaire m’a donné les deux d’un coup… ni pourquoi j’ai lu le deuxième, alors que le premier ne m’avait pas tellement plu : le parti pris de faire parler les morts (qui, bien évidemment, ne disent rien au lecteur de leur assassin ou des conditions de leur mort, mais qui suivent avidement l’enquête) m’a agacée… Mais le pompon revient au deuxième tome…

2ème roman de la tétralogie. Les morts continuent à parler (mais la victime qui a survécu reste amnésique, même sous hypnose…).
Ladite victime a été violée par un objet qui a laissé dans son vagin des traces de peinture bleue (on peut vraiment trouver cela chez une personne vivante ?) : c’est sûrement un gode, puisque pas de lésions (!). Donc sûrement par une lesbienne (!) ou un homme émasculé… (Ben oui, vous ne saviez pas que le commerce des « sex-toys » s’appuyait essentiellement sur ces deux clientèles ?)
L’enquête s’oriente donc en priorité vers le club féminin de foot (toutes lesbiennes, c’est connu !), élimine vite l’homme émasculé (1 seul), mais n’oublie pas de malmener quelque peu des jeunes issus de l’immigration…

En prime : une des suspectes (pas lesbienne peut-être, mais étrangère !) a « commis un crime » : réfugiée de Bosnie où son mari et ses 2 enfants ont été tués, prisonnière de troupes serbes qui l’ont violée pendant 2 semaines avant qu’elle ne parvienne à s’évader, elle a osé se faire avorter en Suède alors qu’elle était enceinte d’au moins 24 semaines !
« Un être vivant avait été tué pour permettre à quelqu’un d’autre de vivre. » (p. 243)

Pour terminer sur une note plus optimiste : en octobre, j’ai relu – dans l’ordre – tous les « Mallausène » de Pennac. J’aime beaucoup cette tribu pour le moins atypique (mot à la mode !). Mais mon préféré reste décidément La Fée Carabine