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Les notes sur Internet

mercredi, juin 10th, 2009

C’est bien, les notes sur Internet !

Drôlement pratique : de chez vous, vous tapez vos notes, elles arrivent toutes fraîches sur le serveur du collège ; le prof principal, qui prépare ses bulletins, allume son ordinateur et, tranquillement, imprime notes et appréciations de toutes les matières, pour toute sa classe !

Génial, non ?

Je prévois que, d’ici quelques années, les conseils de classe pourront se tenir ainsi : chacun chez soi, devant son ordi, et cliquant sur telle ou telle petite case pour faire connaître son avis…

Mais bon, ça, c’est encore de la fiction (enfin… j’espère !).

Tandis que les notes sur Internet, ça existe ! Même que parents et élèves, munis d’un mot de passe, peuvent aller consulter leurs résultats ! C’est beau, le modernisme !

Bien sûr, cela pose quelques petits problèmes.

Par exemple, pour moi (je prends mon cas au hasard) : je ne vous dirai même pas que je préfère les appréciations manuscrites, parce que plus personnelles, ce genre de réflexion est totalement périmé, depuis longtemps. Il n’est pas non plus utile de mentionner que je trouve absurde une « moyenne de Français », où se confondent notes de dictées, de contrôles de lecture, de rédaction, etc..

Mais quand même : je refuse que le logiciel calcule mes « moyennes » en jetant en vrac mes 20 ou 30 notes du trimestre. Je veux que mes moyennes, puisque moyennes il y a, soient calculées à partir des moyennes de grammaire, d’orthographe, d’explication de textes et de rédaction : la moyenne d’un élève est donc la moyenne de ces 4 moyennes.

Vous me suivez, là ?

Ça fait une différence ?

Oui, et pour deux raisons : d’abord, parce qu’ainsi, on ne privilégie plus le nombre de travaux (si j’ai donné 10 travaux d’orthographe et 2 de rédaction… la « moyenne de français » serait surtout une moyenne d’orthographe !). Ensuite, parce que justement, si on « mélange tout », les élèves faibles en orthographe (et ils sont nombreux !) seraient fortement pénalisés… à moins de ne pas noter les travaux d’orthographe… ce qui ne serait pas non plus très logique !

Pour tout « simplifier », j’attribue aussi des points de « bonus », suite à certains travaux. Le logiciel de notes a bien prévu cela… mais il ajoute les bonus à la moyenne… Je l’ajoute plus modestement avant le calcul de la moyenne… (C’est d’ailleurs ainsi que j’arrive à avoir des élèves qui ont 21/20 en orthographe… ça, le logiciel, il voudrait pas ! Il cracherait de fureur en tous sens !).

Donc : j’entre mes notes dans le logiciel de notes… avec un coefficient 0 (ça, il veut bien ! une chance !) pour qu’il ne me fasse pas de calculs intempestifs. Je les colle dans le presse-papiers pour les importer dans mon tableur, où je n’ai plus qu’à les recopier dans les bonnes colonnes ; je recopie dans mon tableur les points de bonus dans les colonnes correspondantes ; je lance le calcul des moyennes par « sous-matière » (j’ai un ami qui m’a fait une super macro pour ça)… et je fais calculer la moyenne globale au tableur.

Après quoi, si j’ai assez de temps, je recopie mes 4 moyennes dans le logiciel de notes, avec coefficient 1, et je le laisse calculer ce qu’il veut ; sinon, je ne recopie que la moyenne globale (avec coefficient 1 également).

C’est simple, hein ?

On a eu tout de même pas mal de problèmes… Par exemple : plusieurs profs (dont moi) se sont aperçus que les notes ne correspondaient pas… Ben oui, c’est un peu lent, l’entrée des notes via Internet… Si on veut taper à la vitesse « normale » une suite de nombres telle que : 15 12 7 20… le logiciel enregistre à peu près un chiffre sur 2… ou saute carrément une case… Se voir attribuer un 0 quand on avait 20… c’est assez vexant, avouez !

Il faut donc avoir un oeil sur la liste de notes manuscrites, un sur l’écran… et un, accessoirement, sur le clavier… C’est pas ça qui va arranger mon strabisme divergent ! Surtout que le 3ème œil, hein…

Enfin bref, on s’y fait comme on peut…

… quand le serveur du collège veut bien répondre !

Figurez-vous que les dates des conseils de classe sont fixées nationalement pour les 3èmes : nous devons tous avoir entré nos notes aujourd’hui… Certes, des professeurs bien mieux organisés que moi les ont entrées la semaine dernière. Mais je ne dois pas être la seule retardataire… car le serveur est indisponible !

Une collègue à qui j’ai téléphoné (car le collège est fermé le mercredi après-midi, évidemment !) m’a dit qu’hier, ça « ramait » tellement, même après 22 heures, qu’elle s’était levée à l’aube ce matin pour terminer sa saisie… Elle m’a conseillé de mettre mon réveil à 5 heures demain matin… mais ça m’étonnerait que je suive son conseil !

Sans compter que, les notes étant directement « pompées » par l’académie pour le Brevet (pourquoi ont-ils besoin des notes aujourd’hui alors que le Brevet a lieu les 30 et 1er ? Je ne saurais vous dire !), si elles sont transmises cette nuit… il manquera un certain nombre de notes de Français… et que le logiciel n’a évidemment calculé aucune moyenne pour le 3ème trimestre (voir plus haut).

Ah ! Le progrès !

Taux d’encadrement : les calculs…

mardi, janvier 20th, 2009

Je reviens aujourd’hui sur le commentaire d’Axel.

Il me semble avoir lu sur une revue syndicale que le ministère divise le nombre d’élèves par le nombre d’enseignants en activité (donc il compte les congés longue durée, les détachements, les tiers temps, les décharges comme des temps pleins d’un côté, les options, les langues rares, les dédoublements de l’autre), dit-elle.

C’est effectivement sans doute ainsi que s’opère le calcul.

Hier, la discussion à la cantine (pardon : au restaurant scolaire !) a tourné autour des suppressions de postes. A ma grande surprise, j’ai appris que notre collège « gérait » 2 collègues que nous n’avions jamais vus. Non, pas des TZR ou collègues en attente d’affectation, mais des collègues – comment dire ? « incapacités » ? – à qui on ne pouvait plus confier de classes. Le ministère serait incapable de fournir le nombre de ces collègues, que, parfois, on réaffecte provisoirement sur un poste… avant de les en retirer rapidement. Mais ils seraient très nombreux, « gérés » administrativement par des collèges (et lycées ?), au moins 1 par collège en moyenne. Une collègue bien au fait de ces problèmes assurait que, sur le nombre de suppressions de postes prévues, sans doute la moitié étaient en fait les « postes » (non pédagogiques… mais budgétaires !) de collègues ainsi « incapacités » arrivant à la retraite.

Bien sûr, j’en ai connu, de ces collègues qui, selon des modes très divers, se révélaient incapables de « tenir » une classe. Certains à la limite de la folie. Je n’imaginais pas qu’ils fussent si nombreux. Et je n’avais jamais réfléchi au fait que, bien qu’ils soient en congé depuis des années, ils émargeaient toujours au budget de l’Education Nationale… et étaient comptabilisés dans les « postes ». Et donc, participaient au « taux d’encadrement » des élèves ! Tout de même, bizarre manière de calculer ce fameux taux, en y insérant des gens qui ne voient jamais les élèves !

Axel s’étonne que je cherche encore à comprendre… Mais ces chiffres, donnés par des ministres (revoir la « révision » des chiffres de Mme Dati), sont assénés avec autorité, faisant croire à la plupart des citoyens que, réellement, les profs ont 10 élèves par classe ! Et qu’ils osent se plaindre, en plus ! Je suis sûre que bien des parents regrettent ne pas avoir connu ces fameuses « classes de 10 » où, sans doute, leur enfant aurait eu plus de chances de progresser…

Quant au sens des « moyennes »… il est sûr qu’en additionnant les effectifs de collèges de banlieues surpeuplés et de collèges de campagne qu’on hésite à supprimer à cause de leur petit nombre d’élèves… on arrive à des chiffres qui ne signifient pas grand chose (comme les « moyennes » des élèves, d’ailleurs… mais j’en reparlerai un autre jour…).

Pour reprendre l’exemple d’Axel sur l’espérance de vie, 40 ans au XVIIème siècle ne signifie évidemment pas que les gens mouraient tous à 40 ans (moi aussi, j’ai eu du mal à comprendre !), mais qu’il y avait une mortalité infantile effrayante. Quand on fait la moyenne entre l’enfant mort à la naissance et le vieillard mort à 80 ans, on trouve effectivement 40… Mais quel sens cela a-t-il ?

Au passage, je signale à Axel (et à mes autres lecteurs, bien sûr !), qu’il n’y avait pas que les riches et les nobles qui vivaient vieux. Férue de généalogie, j’ai récemment « épluché » l’état-civil d’une petite commune de Seine-et-Marne où l’essentiel de la population est paysanne. J’y ai rencontré nombre de décès à plus de 80 ans, et même plus de 90 (vérification faite entre l’acte de baptême et l’acte de sépulture) aux XVIIème et XVIIIème siècles.

Il me semble avoir appris en primaire qu’on n’additionnait pas des poules et des cochons… mais ça devait être avant l’invention des statistiques !